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LES ANIMAUX ET LA GUERRE

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Academic year: 2022

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LES ANIMAUX

ET LA GUERRE

La guerre ne s'est pas contentée de faire participer des hommes au combat. Elle a toujours compté sur l'aide plus ou moins active des animaux. Sans remonter aux éléphants d'Annibal, sans nous attarder sur le rôle capital du cheval à travers l'histoire des batailles, sans insister sur le rôle de toutes les bêtes de somme qui ont rendu aux soldats des services divers, comme le mulet, l'âne, le dromadaire, l'autruche, le bœuf et tant d'autres, il est juste de réserver une large place à l'animal qui a de tout temps accompagné, précédé, récon- forté, — voire sauvé, — le combattant d'hier et d'aujour- d'hui : le chien.

Dévoué, fidèle, courageux parfois jusqu'à l'héroïsme, ce camarade de tranchées, sur lequel tant de poilus de la Grande Guerre ont collectionné d'émouvants souvenirs, vient de reprendre sa place sur le front. On le voit tantôt tirant une voiturette, tantôt portant un message, tantôt veillant à l'orée d'un bois, tantôt participant à une expédition de reconnais- sance. Toujours, il recueille des témoignages de gratitude de la part de ceux dont il partage les peines, les périls, la patience.

« Point exigeant sur le rapport de la solde, de l'armement et des honneurs », comme l'écrivait déjà Pline, le chien de guerre est choisi avec soin, élevé avec art et préparé à toutes les surprises de la lutte.

Un service spécial, commandé par un capitaine, au minis- tère de la Défense nationale, et rattaché à la direction de l'Infanterie, centralise tout ce qui touche à cette question.

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LES A N I M A U X ET LA GUERRE. 359 Selon la race, la taille, la force, le flair et surtout l'intel- ligence, un chien peut être mobilisé comme chien de trans- mission, de guet, de patrouille ou de trait. Seules, certaines races, d'ailleurs, ou certains types de chiens sont susceptibles d'être utilisés. Ce sont, notamment, les diverses races de chiens de berger français de la Brie, de la Beauce, d'Alsace, bouviers, etc. ; chiens de berger belges : Malines, Groenendael, Tervueren ; chiens de berger anglais : Ecosse, auxquels on peut ajouter les airedales-terriers et les grands loulous, ainsi que tous les bâtards de ces races chez lesquels domine le sang berger.

Pour avertir, pour être le parfait auxiliaire des sentinelles, le chien doit non seulement être en possession de tous ses moyens, mais pouvoir utiliser tous ses sens ; pour la plupart des chiens avertisseurs, le sens qui paraît jouer le rôle prin- cipal est l'ouïe, sens très développé chez le berger dont l'oreille est, en général, droite ou demi-droite, et dont la conque, dirigée en avant, forme un étonnant réceptacle d'ondes sonores. Les dogues, les mâtins, les bouviers sont plutôt utilisés comme patrouilleurs. Dressés à l'attaque, ils sont lancés contre l'ennemi et capturent des prisonniers.

Tous ceux qui n'ont pas les qualités requises pour devenir guetteurs ou patrouilleurs sont utilisés comme chiens de trait ou chiens porteurs.

Grâce à différentes sociétés, et notamment à la Société canine de l'Ile-de-France, les chiens sont actuellement recueillis chez les particuliers (ceux-ci les offrent à titre gracieux) par des camions militaires. Les nouvelles recrues sont dirigées sur le chenil de Versailles, puis, par groupes de vingt, les bêtes sont conduites en Seine-et-Marne, dans un chenil central où l'on procède à leur éducation, où l'on vérifie leurs aptitudes. De là, les chiens rejoignent les chenils d'armée où ils se familiarisent avec leurs nouveaux maîtres et se préparent à remplir leur mission.

L'éducation du chien de guerre est un art. Elle demande beaucoup de patience et surtout beaucoup de douceur alliée à beaucoup de fermeté. Le premier exercice auquel le sujet est soumis est celui, — très simple en apparence, — qui con- siste à suivre le soldat à la laisse. Puis on passe au dressage :

« Assis ! Couché ! » Lorsque le candidat a su exécuter méca-

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niquement ces deux mouvements, il est obligé d'apprendre à ne bouger sous aucun prétexte de l'endroit où il est assis ou couché. Puis on l'oblige à revenir vers son maître sur un simple appel.

Cette première partie de l'éducation terminée, — l'ensei- gnement primaire, si l'on veut, — s'ouvre alors la phase déli- cate de l'enseignement secondaire. Le chien, dans son camp d'instruction, est entraîné à entendre tous les bruits de la guerre, sans se sauver, sans frémir, sans aboyer. Les balles crépitent autour de lui, fusils, revolvers, mitrailleuses font entendre leur vacarme. Rien ne doit déceler une émotion chez l'élève. La sûreté de réflexe acquise, viennent les leçons de vigilance (quel est ce chuchotement, ce bruit de pas ?) et d'orientation. Le chien, en effet, doit être capable de retrouver son conducteur sans qu'il l'appelle ou le siffle.

Tous ces exercices doivent se dérouler sans que le chien reçoive un seul coup. Frapper l'animal, c'est s'aliéner sa sympathie. Or, toute l'éducation est fondée sur des rapports de camaraderie. Donc, douceurs et friandises récompen- seront le bon élève. Quelles punitions administrera-t-on au mauvais sujet ?

En premier lieu, on le grondera. S'il le faut, on l'attachera ou bien on le forcera à demeurer couché un certain temps.

La peine suprême sera la suppression de récréation. Seul dans son box, le chien désobéissant ou trop étourdi assis- tera aux jeux de ses compagnons sans y prendre part.

Lorsque le cycle primaire et le cycle secondaire auront été parcourus avec succès, le candidat verra s'inscrire sur son livret individuel de bonnes mentions. Puis, il sera admis à l'enseignement supérieur. S'il doit être utilisé comme sen- tinelle, c'est-à-dire comme chien de guet, on lui apprendra à signaler le danger par un simple grognement. S'il doit servir comme chien de liaison, on lui apprendra à retrouver son conducteur à trois kilomètres en terrain accidenté.

Enfin, mentionnons les exercices auxquels sont soumis les chiens de trait qui, nous l'avons vu, sont les braves bêtes incapables de remplir les fonctions précitées. On les entraîne à tirer, par groupe de deux, jusqu'à 200 kilos de matériel monté sur roues. Ou bien, à l'aide d'une sorte de bât, on leur fait transporter des vivres ou des munitions, dans des sen-

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tiers inaccessibles aux mulets eux-mêmes, ou à travers les lignes où sifflent les balles.

Enfin, des chiens de l'Alaslca, que l'armée a achetés récemment, tirent, sur les neiges des Alpes ou des Vosges, des traîneaux de ravitaillement ou des brancards fixés sur skis.

Les services rendus par les chiens en temps de guerre sont innombrables et les actes de courage qu'ils ont accomplis demanderaient, pour être tous rapportés, un volume. Conten- tons-nous de reproduire ce passage d'un rapport lu devant le front des troupes le 4 juin 1918 :

Le lieutenant-colonel commandant le 52e R. I. porte à la connaissance de tous la mort du chien-sentinelle Lion, numéro matricule 147, et du chien de liaison Lion, numéro matri- cule 108, tués tous deux à la cote 304.

Ces deux fidèles camarades du soldat avaient rendu, en de nombreuses circonstances, les plus précieux services au régiment.

*

* *

Bien que de la plus haute antiquité nous soient venus, à travers les historiens, des traits montrant que le chien n'avait pas cessé de collaborer avec les hommes dans leur lutte contre d'autres hommes, on eut grand'pcine, — alors qu'en Allemagne et en Autriche la question était résolue depuis fort longtemps, — à admettre un organisme officiel consacré aux chiens de guerre.

Dans son Histoire des mœurs et des guerres des peuples du Nord, l'archevêque d'Upsal, Olaus Magnus, raconte que les Finlandais étaient fort habiles, au x v ie siècle, à dresser des chiens pour combattre la cavalerie ennemie. C'est ce même Olaus Magnus qui rapporte que le roi Henri VIII, envoyant une armée auxiliaire à Charles-Quint, mit à la solde du monarque espagnol une troupe de quatre cents chiens.

Au x i xe siècle, Horace Vernet immortalise le « chien du régiment » : Moustache, qui fit les guerres du Premier Empire et fut décoré par le maréchal Lannes ; Misère, de la Garde ; Pompon, du 48e de ligne ; Mitraille, du 2e d'artillerie, deux fois blessé au siège d'Alger.

En 1887, le lieutenant Jupin publie les Chiens militaires dans l]armée française et, en 1890, Tactique et chiens de guerre.

Une résistance opiniâtre de l'Administration s'oppose aux

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efforts des cynophiles. En 1913, un chenil militaire est créé à Toul par le lieutenant Faucher. Puis, c'est la guerre.

Les généraux de Castelnau et Maud'huy, commandant la deuxième et la septième armée, s'adjoignent des chiens.

Quatre chenils fonctionnent, officieusement. M. Alexandre Millerand, ministre de la Guerre, reconnaît officiellement le « service des chiens de guerre » qui est affecté à la direction de l'Infanterie.

Sous le ministère Lyautey, le capitaine Mairie et M. Paul Mégnin, à qui nous avons emprunté les plus intéressants détails de cette étude, mettent sur pied, définitivement, le recrutement, l'éducation et l'utilisation des chiens de guerre tels que nous les avons décrits.

Il serait injuste, en parlant du chien de guerre, de ne pas mentionner le cltien sanitaire, précieux auxiliaire du service de santé et célèbre par son courage et son inlassable dévouement.

En 1908, aidé du capitaine Tolet, M. Lepel-Cointet fondait la « Société du chien sanitaire ». 11 lui fallut une foi invin- cible, une ténacité de tous les instants, pour déraciner les préjugés, surmonter les difficultés, vaincre les lenteurs administratives.

Pendant la guerre de 1914-1918, la « Société du chien sanitaire et des chiens de guerre » a envoyé au front 3 251 chiens dressés. Des initiatives privées, des articles de propagande, signés de M. Lucien Descaves, de Mm e Séverine et surtout de Mm e Yvonne Sarcey, réussirent à déclencher une campagne, à réunir les fonds nécessaires.

A la revue du 14 juillet 1914 figurait une petite escouade de bouviers des Flandres, à la moustache de grognards crayonnés par Raffet, dont le défilé eut un vif succès de sympathie. On ne se doutait guère alors qu'ils allaient avoir à exercer leurs talents, à dépenser leur dévouement sur le champ de bataille. Ici, c'est le chien Truc qui, dans les Vosges, sauve cent cinquante blessés ; là, c'est Rip qui, la tournée des brancardiers finie, retrouve encore trois blessés ; c'est Domino qui découvre un blessé sous un parapet éboulé et ramène les brancardiers pour l'enlever. Un soldat, enfoui

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LES ANIMAUX ET LA GUERRE. 363 sous un amas de cadavres, désespéré, croyait mourir. Il sent une caresse sur son front : c'est le chien sanitaire qui le récon- forte et file à la recherche des infirmiers, aboie, se démène et revient enfin avec les sauveteurs.

Les chiens parcourent les lieux de la bataille, en quête du blessé perdu parmi les morts, ne se trompant jamais. Ils saisissent un objet : mouchoir, képi, galopent vers le poste de secours, déposent leur témoignage et guident les bran- cardiers. Ils furent légion les soldats qui durent la vie sauve aux chiens sanitaires. Mais ils furent légion aussi les cou- rageux animaux qui moururent au combat.

Le plus précieux témoignage de reconnaissance qu'ils aient jamais connu est sans doute le chagrin qu'exprimaient leurs compagnons d'armes, les poilus, qui savaient de quel silencieux et patient héroïsme étaient capables les bêtea qu'ils avaient perdues.

* * *

Moins célèbre et moins familier que le chien, le pigeon voyageur est aussi un précieux auxiliaire du soldat. Il est capable de rendre les plus grands services et de supporter les épreuves les plus rudes. Les formations de transmission du Génie qui l'utilisent nous fournissent sur lui les détails les plus curieux.

Le pigeon voyageur moderne de grande race est capable en effet de franchir, à des vitesses allant jusqu'à 80 kilo- mètres à l'heure, des distances de 700 à 900 kilomètres en une seule journée.

Sa tête est convexe, son front développé, son bec robuste.

L'œil est remarquable par la faculté d'accommodation toute spéciale qu'il possède pour la vision à courte et à longue distance. La poitrine est large, saillante à l'avant, les reins puis- sants, le ventre réduit au strict minimum. Mais ce qui frappe surtout chez le pigeon voyageur, c'est le plumage. Les ailes sont solidement attachées à de fortes épaules. Déployées, elles s'incurvent. Les grandes plumes sont nerveuses, longues et larges, et se couvrent les unes et les autres comme les ardoises d'un toit.

Tout, dans l'allure du pigeon, est noble. C'est à son main- tien qu'on reconnaît un « voyageur » d'un « domestique ».

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L'amour du colombier est extrêmement développé chez tous les pigeons voyageurs : jeunes et vieux, mâles et femelles.

Il augmente d'ailleurs avec l'âge et se manifeste par l'instinct de la propriété chez le mâle, l'instinct maternel chez la femelle.

La facilité de retour du pigeon est la résultante de ces instincts, exploités et développés par l'homme au cours des siècles. Mais ce sens de la direction, cette force prodi- gieuse qui pousse irrésistiblement le pigeon vers son colombier lorsqu'on le lâche à 700 ou 800 kilomètres de sa demeure, reste un phénomène mystérieux dont on cherche encore à expliquer la nature.

Les pigeons voyageurs mobilisés sont soumis à des règles sévères qui constituent les principales occupations du colom- bophile en temps de paix.

Dès le jour de sa naissance, le pigeon doit se familiariser avec ses entraîneurs. Cette période d'adaptation dure quinze jours. Du vingt-cinquième jour au deuxième mois, le pigeon est amené à prendre son colombier comme point d'attache en même temps qu'il s'initie à des vols journaliers. C'est alors seulement qu'on lui fixe aux pattes des tubes porte- messages, ou colombogrammes, comprenant un tube en alu- minium attaché par deux brides dans lequel est roulé un papier portant le texte du message.

On apprend aussi au pigeon à transporter une pochette en toile imperméabilisée de 10 centimètres de long sur 6 centi- mètres de large, qui se fixe sous le corps au moyen d'élastiques se croisant sur le dos. Cette minuscule musette peut contenir une feuille entière de papier écolier.

L'opération la plus délicate, en matière d'entraînement des pigeons, c'est Vadduction. Elle consiste à habituer l'animal à voler autour du colombier, sur un nouvel emplacement, et à rentrer à l'appel du colombophile. Le mode d'appel employé pour faire rentrer le pigeon est le sifflet métallique, de modèle et de sonorité uniformes, qui permet de changer de colom- bophile sans changer de signal.

Une antre opération délicate est l'entraînement au vol nocturne. C'est un savant espagnol, M. Estopina, qui a découvert que les pigeons pouvaient accomplir des vols de nuit. Les expériences faites au cours de la guerre de 1914-1918

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LES ANIMAUX ET LA GUERRE. 365 ont montré que le pigeon était capable, dans l'obscurité,

d'accomplir des vols de liaison. On a même constaté que le messager ailé regagnait plus sûrement son colombier par nuit noire que par clair de lune.

En vol, le plus redoutable danger qui menace le pigeon, c'est le fil électrique ou téléphonique contre lequel, à une grande vitesse, le pigeon risque de s'écraser. C'est pourquoi, dans certaines gares où ont lieu fréquemment des lâchers de pigeons, — sur le réseau du Nord en particulier, — on peut voir d'innombrables bouchons fixés sur les fils pour indiquer le danger au pigeon. Paris est, de toutes les villes, la cité la plus sûre pour les pigeons, puisque aucun fil ne tend son piège au-dessus des toits.

La tâche du sapeur colombophile n'est pas des plus simples. Ami du pigeon, le sapeur doit être ferme avec lui et ne jamais le gaver, ce qui constitue une faute grave. De la camaraderie, oui. De la sensiblerie, jamais ! Même lorsque, sur le champ de bataille, quand toutes les communications ont été rompues par la mitraille et qu'on envoie à travers les lignes le sapeur avec un ou deux pigeons en bandoulière, dans un panier d'osier, pour rétablir la liaison, aucune ten- dresse excessive ne doit se manifester. Le sapeur doit tou- jours être ferme.

E t pourtant, combien tentante à caresser et à cajoler est cette tête soyeuse et douce, intelligente et vive, coura- geuse et hardie, qui participe au combat, endure les misères des hommes, essuie leur feu et file, file, avec le précieux message qui sauvera des vies et décidera peut-être d'un succès alors que tout semblait compromis !

* * *

Avant de terminer cette étude sur les animaux de liaison au service de l'armée, il faut encore examiner le cas, — fort curieux, d'ailleurs, — de l'utilisation, comme messagères ailées, des abeilles dans la guerre moderne. Des essais très intéressants ont été faits au Japon d'abord, en Allemagne ensuite. Grâce à un procédé chimique et à la microphoto- graphie, de minuscules messages ont été confiés à des abeilles qui les portaient collés à leur corselet. Si ce moyen de trans- mission offre un avantage considérable sur l'utilisation du

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chien et celle du pigeon voyageur, par la discrétion du mes- sager et la quasi-impossibilité dans laquelle se trouve l'ennemi de l'empêcher de passer, il présente un double inconvénient : il est impossible de l'employer en hiver, les abeilles ne suppor- t a n t pas le froid ; il est difficile de demander à une abeille de regagner sa ruche si elle est trop éloignée du lieu d'où part le message. Moins sûre, dans son sens du « retour au foyer », que le pigeon, l'abeille risque de s'égarer facilement et, par consé- quent, de perdre son « pli ». Il ne semble donc pas que ces essais aient été très concluants. L'attaché militaire japonais que nous avons consulté à ce sujet se montre, en effet, sceptique. Il n'en est pas moins intéressant pour nos services de renseignements et de contre-espionnage de savoir où en est la question du côté allemand.

Nous avons vu comment, au cours de l'histoire, certains animaux particulièrement doués et éduqués avec patience ont pu rendre d'inestimables services aux soldats.

Au moment où, une fois encore, le monde est sur le pied de guerre, il n'est pas inutile d'appeler l'attention sur ces bons et dévoués collaborateurs de tout poil et de toutes plumes qui, par leur courage et leur intelligence, ont sauvé des vies, aidé à remporter des victoires.

L. GABRIEL-ROBINET.

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