Académie d’Orléans –Tours Université François-Rabelais
FACULTE DE MEDECINE DE TOURS
Année 2014 N°
Thèse pour le
DOCTORAT EN MEDECINE
Diplôme d’Etat Spécialité Médecine Générale Par
DREUX-AUDEVARD Laetitia Née le 01/12/1983
A ORLEANS
Présentée et soutenue publiquement le 20 juin 2014
TITRE
ANALYSE RETROSPECTIVE AMBULATOIRE SUR DEUX ANS ET 2930 PATIENTS PORTANT SUR LA FREQUENCE DES DOSAGES DE
L’HEMOGLOBINE GLYQUEE (HBA
1c) EN FONCTION DE SON TAUX ET DE L’ORIGINE DE SA PRESCRIPTION
Jury
Président de Jury : Madame le Professeur Anne-Marie LEHR-DRYLEWICZ Membres du jury : Monsieur le Professeur Alain CHANTEPIE
Monsieur le Professeur Jean-Christophe PAGES Monsieur le Professeur Dominique HUAS Monsieur le Docteur Pierre ARCHAMBAULT
05 mai 2014
UNIVERSITE FRANCOIS RABELAIS
FACULTE DE MEDECINE DE TOURSDOYEN
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VICE-DOYEN
Professeur Henri MARRET
ASSESSEURS
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Professeur François MAILLOT, Formation Médicale Continue Professeur Philippe ROINGEARD, Recherche
SECRETAIRE GENERALE
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********
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MAITRES DE CONFERENCES
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MAITRE DE CONFERENCES ASSOCIE
Mmes HUAS Caroline ... Médecine Générale RENOUX-JACQUET Cécile ... Médecine Générale M. ROBERT Jean ... Médecine Générale
CHERCHEURS C.N.R.S. – INSERM
M. BOUAKAZ Ayache ... Chargé de Recherche INSERM – UMR CNRS-INSERM 930 Mmes BRUNEAU Nicole ... Chargée de Recherche INSERM – UMR CNRS-INSERM 930
CHALON Sylvie ... Directeur de Recherche INSERM – UMR CNRS-INSERM 930 MM. COURTY Yves ... Chargé de Recherche CNRS – U 618
GAUDRAY Patrick ... Directeur de Recherche CNRS – UMR CNRS 7292 GOUILLEUX Fabrice ... Directeur de Recherche CNRS – UMR CNRS 7292
Mmes GOMOT Marie ... Chargée de Recherche INSERM – UMR CNRS-INSERM 930 HEUZE-VOURCH Nathalie ... Chargée de Recherche INSERM – U 618
MM. LAUMONNIER Frédéric ... Chargé de Recherche INSERM - UMR CNRS-INSERM 930 LE PAPE Alain ... Directeur de Recherche CNRS – U 618
Mmes MARTINEAU Joëlle ... Chargée de Recherche INSERM – UMR CNRS-INSERM 930 POULIN Ghislaine ... Chargée de Recherche CNRS – UMR CNRS-INSERM 930
CHARGES D’ENSEIGNEMENT
Pour la Faculté de Médecine
Mme BIRMELE Béatrice ... Praticien Hospitalier (éthique médicale) M. BOULAIN Thierry ... Praticien Hospitalier (CSCT)
Mme CRINIERE Lise ... Praticien Hospitalier (endocrinologie) M. GAROT Denis ... Praticien Hospitalier (sémiologie) Mmes MAGNAN Julie ... Praticien Hospitalier (sémiologie)
MERCIER Emmanuelle ... Praticien Hospitalier (CSCT)
Pour l’Ecole d’Orthophonie
Mme DELORE Claire ... Orthophoniste MM. GOUIN Jean-Marie ... Praticien Hospitalier
MONDON Karl ... Praticien Hospitalier Mme PERRIER Danièle ... Orthophoniste
Pour l’Ecole d’Orthoptie
Mme LALA Emmanuelle ... Praticien Hospitalier M. MAJZOUB Samuel ... Praticien Hospitalier
REMERCIEMENTS
Je remercie les personnes qui m’ont accompagnée durant ces nombreuses années et sans qui je n’en serais pas là aujourd’hui.
Je remercie les membres du jury qui en acceptant ce rôle me permettent de clôturer mes années d’études et de devenir officiellement « Docteur ».
Merci à Dominique Huas, d’avoir accepté d’être mon directeur de thèse.
Merci également à Pierre Archambault pour son aide précieuse et sa patience vis-à-vis d’une novice en statistiques et en Excel.
Je tiens à remercier Mme Arnéodo-Jahier, biologiste co-responsable du laboratoire Delaporte et directrice du laboratoire de Châteauneuf-sur-Loire, qui grâce à la transmission de ses données a permis la réalisation de cette thèse.
Un énorme merci à mes parents qui ont cru en moi et qui m’ont accompagnée par leur amour, leur soutien, et leur confiance durant toutes ces années (merci aussi pour les bons petits plats du dimanche soir !).
Un deuxième énorme merci à ma sœur Céline, son mari Eric et leurs trois princesses : Charlotte, Mathilde et Alice qui ont ponctué d’encouragements et de joie ces nombreuses années.
Merci à mes grands-parents qui m’ont accompagnée et qui m’accompagneront chaque jour par la sagesse qu’ils m’ont transmise.
Je remercie également mon bien aimé Wilfried qui m’a soutenue, encouragée dans cette dernière ligne droite et sans qui la fin de mes études n’aurait pas laissé place au même bonheur.
Je dédie également ma thèse :
A Marie-Laure et Aurélie B. pour tous les fous rires passés ensemble, pour cette mémorable colocation durant laquelle la musique et la danse ont balayé les moments difficiles.
Aux pionnières déjà thésées : Anaïs, Aurélie D, Magali, Mylène, Lolita et Stéphanie qui m’ont brillamment montré la voie à suivre!
A mes fidèles amis : Aude, Virginie, Romain, Alix, Stéphane, Elise qui ont su faire preuve de
patience et sont restés présents à mes côtés malgré le peu de disponibilité que mes études
me laissaient.
RESUME :
Objectif :
En France, en 2013, la Haute Autorité de Santé (HAS) recommandait quatre dosages d’hémoglobine glyquée (HbA1c) par an chez les patients diabétiques de type 2. L’objectif de notre travail a été de déterminer si la fréquence réelle des dosages d’HbA1c dépendait du niveau de l’ HbA1c ou de la qualité du prescripteur (médecin généraliste, endocrinologue).
Matériel et Méthodes :
Etude rétrospective descriptive des dosages d'HbA1c réalisés dans un laboratoire de biologie médicale en milieu semi rural sur une période de deux ans.
Résultats :
L’étude a porté sur 9071 dosages d'HbA1c concernant 2930 patients. Mille deux cent trente- neuf patients (42,3%) ont bénéficié d’un seul dosage en deux ans, uniquement prescrit par des médecins généralistes. Dans ce groupe, le taux moyen d’HbA1c était égal à 6%. Le taux maximal moyen d’HbA1c des patients ayant bénéficié d’au moins deux dosages en deux ans était de 7,4%. Concernant la fréquence de prescription d’HbA1c, il existait une différence significative entre les groupes de patients suivis par des médecins généralistes versus ceux suivis par un binôme médecin généraliste/endocrinologue et entre ceux suivis par un binôme médecin généraliste/endocrinologue versus endocrinologues (p<10
-5). Les patients suivis par un binôme généraliste /endocrinologue avaient un suivi biologique de leur diabète le plus en accord avec les recommandations de la HAS (35,8%). Dans le groupe de patients suivis exclusivement par des médecins généralistes (n=1446), l’intervalle de temps moyen entre deux dosages diminuait lorsque le taux d’HbA1c augmentait (r= -0,25), et la proportion de patients (30,9%) bénéficiant d’un suivi trimestriel, selon les recommandations 2013 de la HAS, était significativement plus importante (p<10
-3) chez ceux dont le taux d’HbA1c dépassait 8%. Il n’a pas été possible de mettre en évidence ce phénomène chez les patients dont le suivi était réalisé par un endocrinologue ou par un binôme médecin généraliste/endocrinologue.
Conclusion :
Dans notre étude les patients suivis par un binôme généraliste /endocrinologue avaient un suivi biologique de leur diabète le plus en accord avec les recommandations de la HAS. Les médecins généralistes appliquaient davantage les recommandations de la HAS en matière de suivi biologique du diabète lorsque l’HbA1c de leurs patients était supérieure à 8% mais cette proportion restait faible dans l’absolu.
Mots clés : diabète, dosage, hémoglobine glyquée, fréquence, recommandations,
IS THERE A RELATIONSHIP BETWEEN THE RATE OF GLYCATED HEMOGLOBIN (HBA1c), ITS ORIGINAL PRESCRIPTION AND THE FREQUENCY OF ITS DOSAGES?
A RETROSPECTIVE OUTPATIENT STUDY OVER TWO YEARS ON 2930 SUBJECTS
ABSTRACT:
Objective:
In France in 2013, the Haute Autorité de Santé (HAS) recommended four glycated hemoglobin’s dosages (HbA1c) per year in patients with diabetes type II. The objective of our work was to determine if the actual frequency of HbA1c assays depended on its level or on the quality of the prescriber (general practitioner (GP) or endocrinologist).
Materials and Method:
A retrospective descriptive study of HbA1c conducted in a medical biology laboratory in semi-rural areas over a period of two years.
Results:
The study focused on 9071 dosages of HbA1c on 2930 patients. Thousand two hundred thirty nine patients (42.3%) received a single dosage in two years, only prescribed by general practitioners (GPs). In these latter, the average of HbA1c was equal to 6%. Among the remaining 1691 patients who had at least two dosages in two years, the maximum rate of HbA1c was 7.4%. Regarding the frequency of prescription of HbA1c, there was a significant difference between the groups of patients followed by GPs versus association GP/endocrinologist and between association GP/endocrinologist versus endocrinologist (p<10
-5). Patients treated by an association GP/endocrinologist had a biological monitoring of their diabetes more in line with the HAS recommendations (35.8%). In the group of patients followed exclusively by GPs (n=1446), the average time interval between two successive dosages decreased with increased HbA1c (r= -0.25), and the proportion of patients (30.9%) receiving a quarterly basis according to 2013 HAS recommendations was significantly greater (p<10
-3) among those whose HbA1c exceeded 8%. It was not possible to demonstrate this phenomenon in patients whose follow-up was done by endocrinologists only or by an association GP/endocrinologist.
Conclusion:
In our study, patients treated by an association GP/endocrinologist had a biological monitoring of their diabetes more in line with the HAS recommendations. GPs more applied the HAS recommendations in biological monitoring diabetes when HbA1c of their patients was superior to 8% but this proportion remained low.
Keywords: diabetes mellitus, dosage, glycated hemoglobin, frequency, practice guidelines
SERMENT D’HIPPOCRATE
En présence des Maîtres de cette Faculté, de mes chers condisciples
et selon la tradition d’Hippocrate,
je promets et je jure d’être fidèle aux lois de l’honneur et de la probité dans l’exercice de la Médecine.
Je donnerai mes soins gratuits à l’indigent,
et n’exigerai jamais un salaire au-dessus de mon travail.
Admis dans l’intérieur des maisons, mes yeux ne verront pas ce qui s’y passe, ma langue taira
les secrets qui me seront confiés et mon état ne servira pas à corrompre les mœurs ni à favoriser le crime.
Respectueux et reconnaissant envers mes Maîtres, je rendrai à leurs enfants
l’instruction que j’ai reçue de leurs pères.
Que les hommes m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses.
Que je sois couvert d’opprobre et méprisé de mes confrères
si j’y manque.
Table des matières
INTRODUCTION ... 1
MATERIEL ET METHODES ... 3
1-
PATIENTS... 3
2-
DEFINITION ET ANALYSE DES DONNEES... 3
RESULTATS ... 5
DISCUSSION... 10
1-
LES FORCES DE L’ETUDE... 10
2-
LES FAIBLESSES DE L’ETUDE... 10
3-
COMPARAISONS AVEC LA LITTERATURE... 11
BIBLIOGRAPHIE ... 13
SIGNATURES ... 16
DEPÔT DE SUJET DE THESE ... 17
1
INTRODUCTION
Le diabète est une maladie chronique touchant d’après l’International Diabetes Federation (IDF) 382 millions de personnes à travers le monde.
1On peut dire de cette maladie en pleine expansion qu’elle prend actuellement la forme d’une épidémie.
En novembre 2010, suite à une étude des données de l’assurance maladie, l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) notait dans son bulletin épidémiologique hebdomadaire une progression de la prévalence du diabète traité de 2,6 % à 4,4 % de 2000 à 2009.
2En 2006 il ne prévoyait une telle progression qu’à partir de l’année 2016.
L’augmentation rapide de la prévalence du diabète a des conséquences notamment sur la morbidité et la mortalité des patients ainsi qu’un coût économique annuel pour l’assurance maladie de plus de 15 milliards d’euros en 2013.
3En 1998, l’étude United Kingdom Prospective Diabetes Study objectivait qu’une baisse de l’Hémoglobine glycosylée (HbA1c) diminuait les risques de complications micro et macro vasculaires.
4Cependant, si de nouvelles études sur l’intensification du contrôle glycémique ont confirmé une diminution de la survenue d’événements coronariens, elles n’ont pas mis en évidence de baisse de la mortalité globale.
5,6,7En effet, une étude réalisée en 2010 au Royaume Uni chez des patients diabétiques de type 2 montrait une augmentation de la mortalité lorsque l’HbA1c dépassait 8% et lorsqu’elle était inférieure à 7,4%.
8En France, les résultats de ces études et l’apparition de nouveaux traitements antidiabétiques oraux ont conduit la Haute Autorité de Santé (HAS) à publier en janvier 2013 de nouvelles recommandations concernant la stratégie médicamenteuse et les objectifs à atteindre pour l’HbA1c.
9Le suivi du diabète devait s’effectuer toujours par son dosage, mais son niveau cible devait être maintenant adapté à chaque patient en fonction des facteurs de risque cardiovasculaires associés.
En 2013, le nombre de dosages annuels d’HbA1c recommandé par la HAS pour les patients
diabétiques restait fixé à 4 par an, alors que l’American Diabetes Association (ADA)
préconisait quant à elle déjà d’« effectuer un dosage d’HbA1c au moins deux fois par an pour
les patients ayant atteint l’objectif du traitement (et ayant un contrôle glycémique stable) ou
d’effectuer un dosage d’HbA1c tous les trimestres pour ceux dont le traitement a changé ou
qui n’ont pas atteint l’objectif ».
9,11La HAS vient tout juste d’adopter ces mêmes
recommandations en mars 2014.
12En France comme à l’étranger plusieurs travaux ont
montré qu’en médecine ambulatoire la pratique s’éloignait parfois des recommandations de
suivi du diabète.
17,19,20,21,222
Une étude américaine publiée dans le Clinical Chemistry en 2012 notait que seulement 49%
des demandes d’HbA1c étaient en accord avec la fréquence recommandée par leur référentiel.
13Face à un tel écart entre la réalité et les recommandations d’HbA1c, nous nous sommes demandé à quelle fréquence étaient effectués en pratique ambulatoire les dosages d’HbA1c dont bénéficiaient les patients diabétiques, et si en particulier la fréquence de ces contrôles dépendait du niveau d’HbA1c, et de l’origine de la prescription (médecin généraliste ou endocrinologue). L’hypothèse était que pour chaque patient, la fréquence des dosages variait en fonction du taux de l’HbA1c. Mais si elle existait, quel était le sens de cette variation ?
Dans ce but, nous avons réalisé une étude descriptive rétrospective en milieu ambulatoire,
portant sur une période de deux ans, décrivant l’origine de la prescription, le taux maximal
d’HbA1c sur cette période pour chaque patient inclus et la fréquence des dosages d’HbA1c
dont il avait bénéficié. Nous avons ensuite cherché à voir si l’intervalle entre les dosages
variait de façon significative en fonction du type de prescripteur, du niveau d’HbA1c et dans
l’affirmative quel sens et quelle forme pouvait prendre cette relation.
3
MATERIEL ET METHODES
L’ensemble des données a été collecté dans le laboratoire de Châteauneuf-sur-Loire, ville semi rurale du Loiret. Ce laboratoire a été choisi pour sa position géographique. Il était le seul laboratoire dans un rayon de 15 kilomètres. Ceci laissait penser que les patients venaient réaliser l’essentiel de leur suivi biologique dans cette unité. Nous n’avons retenu ni les dosages ayant été prescrits par un spécialiste autre que diabétologue ou endocrinologue puisqu’ils ne suivaient pas et donc n’adaptaient pas le traitement anti diabétique, ni les dosages réalisés en accès direct sans ordonnance par les patients.
1. PATIENTS
L’unité statistique de notre travail était constituée par chaque patient ayant bénéficié d’au moins un dosage d’HbA1c sur une période de deux ans dans un laboratoire de biologie médicale. Il s’agissait donc d’une étude descriptive quantitative rétrospective sur deux ans à partir des données ambulatoires exhaustives fournies par ce laboratoire. Pour chaque unité statistique devaient être disponibles la qualité du prescripteur (médecin généraliste ou autre spécialiste endocrinologue ou diabétologue), la date et le résultat de chacun des dosages effectués.
2. DEFINITION ET ANALYSE DES DONNEES
Pour les patients n’ayant eu qu’un seul dosage, nous avons utilisé les méthodes de la statistique descriptive.
25Pour ceux ayant eu au moins deux dosages, nous n’avons retenu pour chacun d’entre eux que le taux maximal d’HbA1c, et non pas la moyenne. Nous avons calculé l’intervalle de temps moyen qui séparait deux dosages successifs en divisant l’intervalle de temps qui séparait le premier dosage du dernier dosage (durée de présence) effectué dans le laboratoire durant l’étude par le nombre total de dosages effectués moins un.
Pour mettre en évidence l’existence d’un lien entre le taux maximal d’HbA1c et l’intervalle de temps moyen séparant deux prélèvements, nous avons classé les patients en trois catégories en fonction de leur taux d’HbA1c maximal relevé sur la période : inférieur à 6%, entre 6 à 8% et supérieur à 8%. Pour chacune de ces trois catégories nous avons ensuite classé les patients selon l’intervalle de temps moyen séparant deux prélèvements successifs.
Les bornes choisies tenaient compte des recommandations de la HAS : inférieur à 3 mois,
entre 3 et 4 mois et supérieur à 4 mois. Un test du Khi 2 a été réalisé, afin de déterminer si
les effectifs des classes ainsi constituées variaient de façon significative en fonction du
niveau maximal d’HbA1c.
4
Enfin, nous nous sommes intéressés à la forme de cette relation en réalisant un test de corrélation linéaire entre le taux d’HbA1c maximal et l’intervalle moyen séparant deux dosages d’HbA1c.
Les données ont été analysées avec le tableur EXCEL®.
22Les routines de programmation ont
été réalisées avec le langage Visual Basic for Application (VBA).
5
RESULTATS
Entre le premier janvier 2011 et le 31 décembre 2012, 9071 dosages d’HbA1c ont été effectués dans le laboratoire de Châteauneuf-sur-Loire, sur 2930 patients. Le nombre de dosages par patient variait de 1 à 43. Le taux d’HbA1c d’un patient n’ayant eu qu’un seul dosage manquait. L’analyse finale a donc porté sur 2929 observations (9070 dosages).
Parmi cet effectif, 1239 patients (42,3 %) ont bénéficié d’un seul dosage en deux ans, prescrit exclusivement par des généralistes. Le taux maximal d’HbA1c dans ce groupe variait de 4,1 à 14,2% avec une moyenne égale à 6 % (écart-type ± 0,97) et une distribution (fig. 1) de type gaussien, biaisée à gauche.
Mille six cent quatre-vingt-dix patients ont eu au moins deux dosages d’HbA1c au cours des deux années étudiées, pour un total de 4297 dosages d’HbA1c. Dans ce groupe, le taux maximal d’HbA1c variait de 5,1 % à 14,9 % avec une moyenne égale à 7,4 % (± 1,5), et une distribution (fig.1) elle aussi gaussienne, biaisée à gauche. La différence entre ces deux moyennes était statistiquement significative (p < 10
-9).
0 5
59 328
437
230
82
35 20 14 5 5 4 1 9 2 1 2 0
0 0 3
63 190
310 275
243 151127
91 64 55 38 46
22 8 3 1 0
50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
3,8 4,3 4,8 5,3 5,8 6,3 6,8 7,3 7,8 8,3 8,8 9,3 9,8 10,3 10,8 12,3 12,8 14,3 14,8
Effectifs
Taux d'HbA1c (centre des intervalles)
Fig 1 : distribution du taux maximal d'HbA1c dans les différents groupe
1 dosage n = 1239 cas
> 1 dosage n = 1690 cas m1 = 6 ± 0,97
m2 =7,4 ± 1,51
6
La durée de présence dans l’étude, c’est à dire l’intervalle de temps séparant le premier et le dernier dosage (fig. 2) variait de 1 à 24 mois avec une durée moyenne de 15,3 mois (± 5,97).
La prescription des dosages provenait soit d’un ou plusieurs médecins généralistes (groupe MG, 1446 observations), soit d’endocrinologues ou diabétologues seuls (groupe SPE, 82 observations) ou enfin de binômes généralistes/endocrinologues ou diabétologues (groupe MG/SPE, 162 observations). La proportion de patients suivis par au moins un endocrinologue ou diabétologue était de 14,4%. La durée de présence au cours des 24 mois et l’intervalle de temps moyen entre deux prélèvements successifs variaient selon l’origine de la prescription.
Les différences entre les groupes MG versus MG/SPE et MG/SPE versus SPE étaient significatives (p < 10
-5) (Tableau I).
6 11 24
42 40 31
51 47 40
55 68
47 64
83 67
82 80 95
126 142
153 164
111
61
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180
0,5 1,5 2,5 3,5 4,5 5,5 6,5 7,5 8,5 9,5 10,5 11,5 12,5 13,5 14,5 15,5 16,5 17,5 18,5 19,5 20,5 21,5 22,5 23,5
Effectif
Durée en mois de présence dans l'étude (centre des intervalles) Figure 2. Histogramme des effectifs en fonction de la durée de participation à l'étude
groupe > 1 dosage n = 1690
Tableau I. Durée moyenne de présence et intervalle de temps moyen (en mois) entre deux prélèvements selon l’origine de la prescription
n (%) Durée moyenne (écart type)
Intervalle moyen (écart-type)
MG* 1446 (85,6) 14,9 (6,05) 5,8 (3,7)
SPE† 82 (4,8) 17,2 (4,96) 5,9 (3,3)
MG/SPE‡ 162 (9,6) 17,8 (4,81) 4,1 (1,9)
Total 1690 (100) 15,2 (5,97) 5,6 (3,6)
* Médecin généraliste MG vs. MG/SPE : p <10-5
† Médecin spécialiste SPE vs. MG/SPE : p <10-5
‡ Binôme généraliste/spécialiste MG vs. SPE : NS
7
Les intervalles de temps moyens entre deux prélèvements successifs dans les différents groupes sont représentées figures 3 et 4.
6 38
164 360
225 164
123 75 55
40 47
22 28 22 15 13 16 9 8 4 7 0 4 1 0
50 100 150 200 250 300 350 400
0,5 1,5 2,5 3,5 4,5 5,5 6,5 7,5 8,5 9,5 10,5 11,5 12,5 13,5 14,5 15,5 16,5 17,5 18,5 19,5 20,5 21,5 22,5 23,5
Effectifs
Intervalle moyen en mois entre deux prélèvements successifs (centre des intervalles)
Figure 3. Histogramme des effectifs en fonction de l'intervalle moyen des prélèvements sanguins d'HbA1c (médecins généralistes seuls)
MG n = 1446
m = 5,8 ± 3,7 mois
2 1
34 57
36
14
7 5
1 1 2 1 0 0 0 0 1
0 1 2
14 19
13 17
6 3 2 1 0 1
0 10 20 30 40 50 60
0,5 1,5 2,5 3,5 4,5 5,5 6,5 7,5 8,5 9,5 10,5 11,5 12,5 13,5 14,5 15,5 16,5 Effectifs
Intervalle moyen en mois entre deux prélèvements (centre des intervalles) Figure 4. Distribution de l'intervalle de temps moyen entre deux prélèvements
sanguins successifs d'HbA1c : groupes avec spécialiste(s)
MG/SPE
SPE (n=82) m = 4,1 ± 1,9 mois
m = 5,9 ± 3,3 mois
8
Afin de déterminer si le niveau maximal d’HbA1c avait une influence sur la fréquence des dosages, nous avons séparé les patients en trois classes dans chacune des deux dimensions étudiées, selon les recommandations 2013 de la HAS. (Tableau II).
Tableau II. Répartition des patients en fonction du taux maximal d’HbA1c et de l'intervalle de temps moyen entre deux prélèvements selon l’origine de la prescription
< 6 % 6-8 % > 8 % Total
n (%) n (%) n (%) n (%)
< 3 mois 17 (8,6) 124 (13,3) 63 (19,9) 204 (14,1) MG*, § 3-4 mois 18 (9,1) 248 (26,6) 98 (30,9) 364 (25,2)
> 4 mois 162 (82,2) 560 (60,1) 156 (49,2) 878 (60,7) Total 197 (100,0) 932 (100,0) 317 (100,0) 1446 (100,0)
< 3 mois 1 (16,7) 0 (0,0) 2 (2,6) 3 (3,7) SPE† 3-4 mois 2 (33,3) 2 (5,6) 10 (13,0) 14 (17,1)
> 4 mois 3 (50,0) 28 (77,8) 34 (44,2) 65 (79,3) Total 6 (100,0) 36 (100,0) 77 (100,0 82 (100,0)
< 3 mois 0 (0,0) 15 (22,1) 21 (22,8) 36 (22,2) MG/SPE‡ 3-4 mois 2 (100,0) 23 (33,8) 33 (35,9) 58 (35,8)
> 4 mois 0 (0,0) 30 (44,1) 38 (41,3) 68 (42,0) Total 2 (100,0) 68 (100,0) 92 (100,0) 162 (100,0)
* Médecin généraliste
† Médecin spécialiste
‡ Binôme généraliste/spécialiste
§ khi2 = 59,12 (p<10-3)
Il existait une différence significative entre les 3 catégories dans le groupe MG. La proportion de patients qui bénéficiaient d’un dosage trimestriel de l’HbA1c selon la recommandation de la HAS était significativement plus importante (30,9% ; p <10
-3) quand leur HbA1c dépassait 8%. Les conditions de validité d’un test du Khi 2 (faiblesse des effectifs dans certaines classes) n’étaient pas réunies pour sa réalisation dans les 3 catégories des groupes SPE.
Dans le groupe MG/SPE, les conditions de validité d’un test du khi2 étaient réunies uniquement pour les catégories 6-8% et >8%. Ce dernier était non significatif. Le niveau d'HbA1c n'avait donc pas une influence significative sur la fréquence de prescription pour les patients dont le taux d’HbA1c dépassait 6%.
Nous avons ensuite calculé le coefficient de corrélation entre le taux maximal d’HbA1c et l’intervalle de temps moyen entre deux dosages successifs et testé l’hypothèse nulle d’une absence de relation (répartition aléatoire des deux variables) dans chacun des 3 groupes.
Dans le groupe MG uniquement (fig. 5), le coefficient de corrélation était égal à - 0,25 (p <
10
-6). Il existait donc une relation linéaire négative de faible intensité statistiquement
significative entre les deux variables (variation expliquée = 6,4%). Concernant la validation
9
du modèle, la normalité des résidus ne semblait pas vérifiée, avec un mauvais signe d’indépendance.
Pour
les groupes SPE et MG/SPE, aucune corrélation n’a pu être mise en évidence (r = 0, NS, fig. 6).
R² = 0,0658
0,00 5,00 10,00 15,00 20,00 25,00
0,00 2,00 4,00 6,00 8,00 10,00 12,00 14,00 16,00
Intervalle moyen en mois
Taux maximal (en %) d'HbA1c
Figure 5. Intervalle moyen entre deux dosages successifs en fonction du taux maximal d'HbA1c: médecins généralistes
0,00 5,00 10,00 15,00 20,00 25,00
0,00 2,00 4,00 6,00 8,00 10,00 12,00 14,00 16,00
Intervalle moyen en mois entre deux dosages d'HbA1c
Taux maximal (en %) d'HbA1c
Figure 6. Intervalle moyen entre deux dosages en fonction du taux maximal d'HbA1c : groupe avec spécialiste(s)
MG/ SPE (n=163) SPE (n=82) r MG/SPE= 0 r SPE= 0 NS
10
DISCUSSION
Sur l’échantillon observé, notre travail a permis de mettre en évidence que la fréquence des prescriptions d’HbA1c dépendait du type de prescripteur et du taux maximal observé quand le prescripteur était uniquement médecin généraliste.
1- LES FORCES DE L’ETUDE
La récupération des données auprès du laboratoire s’est faite par informatique afin que le nombre de dosage d’HbA1c par patient et leurs résultats soient exhaustifs.
L’effectif total de 2929 patients et la localisation géographique isolée de ce laboratoire ont permis de recueillir une population représentative de cette zone géographique.
Le coté rétrospectif nous a permis d’objectiver les pratiques réelles de prescriptions de dosage d’HbA1c, en évitant ainsi tout effet Hawthorne.
2- LES FAIBLESSES DE L’ETUDE
La localisation géographique semi-rurale interdit toute généralisation des résultats à plus grande échelle et notamment à un milieu urbain.
Le caractère rétrospectif de l’étude ne nous a pas permis de décrire précisément la population étudiée (sexe, âge, ancienneté du diabète, facteurs de risque et comorbidité associés). Nous ne savions pas si les patients étudiés réalisaient des dosages d’HbA1c dans d’autres laboratoires. Certains patients ont cessé d’effectuer leurs dosages en cours de période et d’autres sont rentrés en cours de période sans que l’on soit en mesure d’expliquer ce phénomène (décès, déménagement, changement de médecin ou de laboratoire).
Après récupération informatique des données, celles-ci ont été triées manuellement. Des
erreurs de recopiage ont pu avoir lieu.
11
3- COMPARAISONS AVEC LA LITTERATURE
En 2013, selon la HAS, le dosage de l’HbA1c devait être réalisé trimestriellement dans le cadre du suivi du patient diabétique.
Dans notre étude, 42,3% des patients ont bénéficié d’un dosage unique d’HbA1c en deux ans, uniquement prescrit par des médecins généralistes. Ce résultat, très éloigné des recommandations de la HAS laisse penser qu’il existait un mésusage du dosage de l’HbA1c. Il est possible que ce test ait été inclus dans un bilan standard à visée diagnostique pour des patients non diabétiques. A l’inverse des recommandations de la HAS, l’International Diabetes Federation (IDF) et l’European Association for the Study of Diabetes (EASD) recommandent depuis 2009 l’utilisation de l’HbA1c pour le diagnostic du diabète.
11Le seuil est défini par une HbA1c ≥ 6,5%. L’ADA a également adopté ce critère en 2010. Le nombre élevé de dosage unique d’HbA1c laisserait supposer que les médecins généralistes de notre étude appliquaient les recommandations internationales en matière de dépistage en contradiction avec celles encore en vigueur de la HAS. Les critères d'attribution de l’exonération du ticket modérateur par l’assurance maladie (au moins deux glycémies à jeun supérieures ou égales à 7mmol/l), le fait que les médecins de l’étude aient peu appliqué les recommandations de la HAS en matière de suivi, et qu’aucun endocrinologiste n’ait prescrit de dosage unique ne plaident pas en faveur de cette hypothèse.
12Une autre hypothèse serait liée au caractère rétrospectif de l’étude, celle-ci n’ayant pas pris en compte un éventuel changement de prescripteur pour diverses raisons déjà évoquées (déménagement, changement de laboratoire, début de suivi par un endocrinologue à distance du laboratoire étudié voire décès).
Le nombre élevé de dosage unique ne semblait pas lié à la taille de notre échantillon ni à la localisation semi rurale de notre étude. En effet, dans sa thèse, Lobadowsky Thubert P. a inclus dans son étude uniquement les dosages d’HbA1c de patients identifiés comme diabétiques par leur médecin généraliste.
1721% des patients diabétiques de type 2 avaient bénéficié d’un dosage unique d’HbA1C dans l’année 2010. Le résultat moins élevé que le nôtre pourrait-il confirmer dans notre étude la présence de patients non diabétiques ayant bénéficié de dosage d’HbA1c ?
En 2009 une étude de grande ampleur réalisée par Andrew W Lyon dans quatre régions différentes d’Alberta (milieu rural, semi rural et urbain) a mis en évidence que les dosages uniques d’HbA1c représentaient en fonction des régions de 54% à 62% du nombre total d’HbA1c réalisé.
14Ils avaient estimé le nombre de dosage d’HbA1c de patients non diabétiques de 18% à 34% du nombre total des HbA1c réalisé en fonction des régions.
Une autre donnée fournie par notre travail est que 85,6% des dosages d’HbA1c ont été
prescrits par des médecins généralistes pour des patients non suivis par des
endocrinologues.
12
Seulement 14,4% des patients ont eu au moins une fois une prescription par un endocrinologue sur les deux ans. Le milieu semi rural a probablement eu un impact. L’accès à l’endocrinologue se heurtait à l’éloignement géographique cumulé à un déficit démographique en endocrinologues. D’après des données déjà anciennes de la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés en 2002, 5,7% de patients ont consulté au moins une fois un endocrinologue.
23Plus récemment, l’étude ENTRED 2007 retrouvait que 10% des patients avaient consulté au moins une fois un endocrinologue dans l’année, 12% si l’on comptait les hospitalisations.
16Cet écart pourrait-il être expliqué par l’importance du diabète ? Les médecins généralistes adressent ils aux endocrinologues les patients diabétiques en échec de thérapie orale ? Il serait intéressant de comparer la population diabétique suivie par les médecins généralistes à celle suivie par les endocrinologues. On pourrait également faire une enquête prospective sur les motifs d’une première consultation chez un endocrinologue.
Concernant la fréquence des dosages, aucune différence significative n’a été retrouvée entre les patients du groupe suivi par des généralistes seuls (groupe MG) (n=1446) et ceux du groupe suivi pas des endocrinologues (groupe SPE). L’effectif de groupe SPE étant de petite taille (n=82), il serait intéressant de voir si ce résultat serait confirmé sur un plus grand échantillon.
Par ailleurs les différences entre les groupes MG versus MG/SPE et MG/SPE versus SPE étaient significatives. En 2010, dans sa thèse sur les inégalités sociales de prise en charge des patients diabétiques, Elisabeth Harrar estimait que l’excès de dosage annuel d’HbA1c était souvent dû à l’association d’un suivi par un médecin généraliste et un endocrinologue hospitalier ou non.
20Notre étude a montré que les patients du groupe MG/SPE avaient de façon significativement plus fréquente, un intervalle de temps moyen entre deux prélèvements de 4 ,1 mois ce qui en faisait le groupe le plus proche des recommandations de la HAS.
En dernier lieu, nous avons mis en évidence une corrélation linéaire faiblement négative entre le taux maximal d’HbA1c et l’intervalle entre deux prélèvements uniquement dans le groupe MG. Plus le taux d’HbA1c maximal était élevé, plus l’intervalle entre deux prélèvements diminuait. On pourrait penser que les patients qui avaient une HbA1c la plus élevée étaient ceux dont le suivi était le plus rigoureux. Notre travail ne permet pas de tentative d’explication de cette constatation. Cette corrélation de faible intensité, non retrouvée dans les autres groupes étant peut-être fortuite.
Les hypothèses soulevées par les résultats de notre travail mériteraient d’être confirmés par
de nouvelles études, méthodologiquement plus robustes et réalisées à une plus grande
échelle. Une meilleure efficience des soins en dépend, véritable enjeu de santé publique
face au défi que représente l’épidémie actuelle de diabète.
13
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16 Vu, le Directeur de Thèse
Vu, le Co-Directeur de Thèse
Vu, le Doyen
de la Faculté de médecine de TOURS
18 Académie d’Orléans – Tours
Université François-Rabelais
Faculté de Médecine de TOURS
DREUX-AUDEVARD Laetitia
Thèse n°28 pages – 2 tableaux – 6 figures
Résumé :
Objectif : En France, en 2013, la Haute Autorité de Santé (HAS) recommandait quatre dosages d’hémoglobine glyquée (HbA1c) par an chez les patients diabétiques de type 2. L’objectif de notre travail a été de déterminer si la fréquence réelle des dosages d’HbA1c dépendait du niveau de l’ HbA1c ou de la qualité du prescripteur (médecin généraliste, endocrinologue).
Matériel et Méthodes : Etude rétrospective descriptive des dosages d'HbA1c réalisés dans un laboratoire de biologie médicale en milieu semi rural sur une période de deux ans.
Résultats : L’étude a porté sur 9071 dosages d'HbA1c concernant 2930 patients. Mille deux cent trente-neuf patients (42,3%) ont bénéficié d’un seul dosage en deux ans, uniquement prescrit par des médecins généralistes.
Dans ce groupe, le taux moyen d’HbA1c était égal à 6%. Le taux maximal moyen d’HbA1c des patients ayant bénéficié d’au moins deux dosages en deux ans était de 7,4%. Concernant la fréquence de prescription d’HbA1c, il existait une différence significative entre les groupes de patients suivis par des médecins généralistes versus ceux suivis par un binôme médecin généraliste/endocrinologue et entre ceux suivis par un binôme médecin généraliste/endocrinologue versus endocrinologues (p < 10-5). Les patients suivis par un binôme généraliste /endocrinologue avaient un suivi biologique de leur diabète le plus en accord avec les recommandations de la HAS (35,8%). Dans le groupe de patients suivis exclusivement par des médecins généralistes (n=1446), l’intervalle de temps moyen entre deux dosages diminuait lorsque le taux d’HbA1c augmentait (r = -0,25), et la proportion de patients (30,9%) bénéficiant d’un suivi trimestriel, selon les recommandations 2013 de la HAS, était significativement plus importante (p<10-3) chez ceux dont le taux d’HbA1c dépassait 8%. Il n’a pas été possible de mettre en évidence ce phénomène chez les patients dont le suivi était réalisé par un endocrinologue ou par un binôme médecin généraliste/endocrinologue.
Conclusion : Dans notre étude les patients suivis par un binôme généraliste /endocrinologue avaient un suivi biologique de leur diabète le plus en accord avec les recommandations de la HAS. Les médecins généralistes appliquaient davantage les recommandations de la HAS en matière de suivi biologique du diabète lorsque l’HbA1c de leurs patients était supérieure à 8% mais cette proportion restait faible dans l’absolu.
Mots clés : - diabète - dosage
- hémoglobine glyquée - fréquence
- recommandations
Jury :
Président : Madame le Professeur Anne-Marie LEHR-DRYLEWICZ Membres : Monsieur le Professeur Alain CHANTEPIE
Monsieur le Professeur Jean-Christophe PAGES Monsieur le Professeur Dominique HUAS Monsieur le Docteur Pierre ARCHAMBAULT
Date de la soutenance : 20 juin 2014