HAL Id: jpa-00240845
https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00240845
Submitted on 1 Jan 1903
HAL is a multi-disciplinary open access archive for the deposit and dissemination of sci- entific research documents, whether they are pub- lished or not. The documents may come from teaching and research institutions in France or abroad, or from public or private research centers.
L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est destinée au dépôt et à la diffusion de documents scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, émanant des établissements d’enseignement et de recherche français ou étrangers, des laboratoires publics ou privés.
Sur la polyrotation des sucres
E. Roux
To cite this version:
E. Roux. Sur la polyrotation des sucres. J. Phys. Theor. Appl., 1903, 2 (1), pp.903-909.
�10.1051/jphystap:019030020090301�. �jpa-00240845�
Les nombres précédents indiquent que, dans la région du point
d’inflexion (Voir fiq. 2), à
c’est-à-dire qu’une variation de 1 de l’intensité de la radiation se
Î9--2
traduit par un changement dans la déviation galvanométrique de
1 division. Les divisions de l’échelle du galvanomètre sont de 1 milli- mètre, il est facile d’apprécier le quart de division.
O~a peut dire que la précision des est li1nitée seulement par les variations d’intensité des sources de lumière à comparer.
Remarque : Si l’intensité des radiations étudiées est trop faible pour que les mesures correspondent à la région du point d’inflexion,
il faudra voiler préalablement la plaque : c’est un procédé ana- logue à celui qui consiste à employer dans les relais des électro aimants polarisés.
1.4 octobre.
SUR LA POLYROTATION DES SUCRES;
Par M. E. ROUX.
On sait depuis longtemps que, lorsqu’on observe à plusieurs reprises une solution de glucose fraîchement préparée, on trouve un pouvoir rotatoire qui diminue rapidement avec le temps et ne devient constant et égal à 52°,0 qu’après plusieurs heures.
Cette limite est atteinte d’autant plus vite que la température est plus élevée. On y parvient instantanément en portant la solution à
l’ébullition, ou bien encore en l’additionnant d’une trace d’alcali.
Cette curieuse propriété optique a été observée pour la première fois, sur le glucose, par Dubrunfaut (1) ; depuis on a reconnu qu’elle
existe pour tous les sucres réducteurs.
Certains auteurs, tels que Jacobi (1), Brown et Pickering (3), attri-
buèrent la multirotation à la formation d’hydrates ; d’autres, tels que
(1) C. R., t. XXIII, p. 38.
(‘’) A., t. CCLXXII, p. 170.
~3) J. chem. Soc., t. LXXI, p. 756 et 783.
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:019030020090301
904
Béchamp (’ ), Tollens (2) , admirent l’hypothèse inverse d’une déshy-
dratation. Dubrunfaut (3) avait pressenti qu’il y avait là des trans- formations isomériques, et la découverte, par M. Tanret, des formes
tautomères des sucres a donné l’explication très nette de ce phéno-
mène.
La théorie permettait d’assigner aux sucres réducteurs, en géné-- ral, trois formes tautomères : M. Tanret a montrée) que ces sucres
se présentent effectivement sous trois formes distinctes, d’activité optique très différente, qu’il a désignées par les lettres «, ~3, y.
Le glucose ordinaire, solide, est le glucose o~; son pouvoir rota-
toire est supérieur à 106°. Dès qu’on le dissout, il se transforme en ~,.
forme stable de ce sucre en dissolution ; sous cet état, son activité
optique est de + ~~°, 5.
Le glucose y, que M. Tanret a fait connaître, est également solide.
Son pouvoir rotatoire est inférieur à --~- ~~°. Il est également instable en
dissolution et prend peu à peu la forme 3. Il présente donc une-
multirotation inverse, car son activité optique augmente avec le
temps, au lieu de diminuer ; mais la limite est la même dans les deux
cas : qu’on parte de a ou de y, on arrive toujours à p.
Cette théorie de la multirotation étant admise, on voit qu’il s’agit
-là d’une transformation continue, qui, pour une température donnée,
est seulement fonction du temps.
Effectivement, M uller ( 5 ) avait déjà constaté que la courbe obte-
nue en portant les temps en abscisses et les pouvoirs rotatoires en
ordonnées est une logarithmique. Ayant soumis au calcul les résultats.
obtenus antérieurement par Parkus et Tollens (6) dans leurs obser-
vations sur les sucres doués de polyrotation, il a constaté que $ ce est
bien une constante pour des intervalles de temps égaux, « et «’ dési- gnant les excès observés aux temps t et t’ sur le pouvoir rotatoire
stable final.
En prolongeant la courbe jusqu’à l’axe des ordonnées, Muller a
pu ainsi mesurer la déviation initiale et déterminer le rapport qui
existe entre le pouvoir rotatoire initial et final des sucres étudiés, (1) C. R., t. XLII, p. 640.
(2) B., t. XXVI, p. 1~99.
(3) C. R., t. XLII, p. 739.
(4) C. R., t. CXX, p. 1060;
-et Bull., 3e série, t. XIII, p. 625.
(5) C. R., t. CXVIII, p. 425.
(ô) Liebig Ann., t. CCLYII, p. 160 et Ii8.
par ces auteurs. Il a ainsi trouvé pour le glucose le nombre 2,07.
Cependant Muller avait constaté que, parmi les observations des
Parkus et Tollens, les nombres relatifs au glucose ne fournissaient pas une vérification satisfaisante de la loi précédente ; il a fait per- sonnellement deux expériences, qui lui ont donné une constante
convenable, mais qui l’ont conduit au rapport 1, 895 au lieu de 2,07- Au moment où le travail de Muller a été publié, on ne connaissait pas la véritable cause du phénomène de la multirotation; on igno--
rait notamment l’existence des sucres y à faible pouvoir rotatoire,
car les remarquables expériences de Tanret ,n’ont été connues que- l’année suivante.
Fio. 1.
Dès lors, on pouvait supposer que les observateurs précédents-
avaient opéré sur des sucres non définis et que leurs résultats pou- vaient être entachés d’erreur. Je me suis donc proposé d’étudier la multirotation des sucres réducteurs en partant de variétés oc et y bien déterminées.
J’ai vérifié que les courbes de transformation répondent bien à,.
906
une formule telle que A , A étant l’excès de déviation à l’origine,
z~ l’excès au temps t et K une constante.
Le sucre étudié étant finement pulvérisé, sa dissolution est très
rapide, de telle sorte que l’origine des temps peut être déterminée
avec une incertitude inférieure à une demi-minute.
La déviation finale stable était donnée par l’observation faite le
lendemain, ou par une détermination spéciale portant sur une par- tie de la liqueur chauffée un instant à l’ébullition.
Au lieu de prendre comme constante oc par minute, j’ai pris
plus simplement 2013? c’est-à-dire le rapport des excès de déviation,
y
par demi-heure. Ce rapport mesure naturellement la vitesse du
phénomène.
L’excès de déviation A, à l’origine, est donné par la formule :
tirée de l’équation de la courbe. J’ai constaté que la valeur de A ainsi déterminée est sensiblement la même que celle qu’on obtient
en prolongeant graphiquement la courbe des déviations observées
jusqu’à l’axe des y, c’est-à-dire à l’origine des temps.
Expériences sur le glucose.
--Glucose «.
-On admet que le glu-
cose ordinaire, qui est le glucose ce de Tanret, présente, en solution fraîche, un pouvoir rotatoire de + 105, (Parkus et Tollens, A., t. CCLVII, p. 160), + 106, (Tanret, Bull., 3e série, t. XIII,
p. s~~), c’est-à-dire sensiblement double de son pouvoirstable 52° ,50,
donné par la formule de Tollens :
,~ désignant la richesse centésimale de la liqueur en volume.
Les résultats que j’ai obtenus montrent que la transformation de
ce sucre ce en sucre ~ se fait bien suivant la loi précédente.
J’ai trouvé pour pouvoir rotatoire initial == + 1090, tO, ce
qui donne pour le rapport des pouvoirs rotatoires :
La vitesse de transformation est à peu près indépendante de la concentration, car j’ai trouvé pour t’ - t = 30 minutes : -.
.les conditions de température étant sensiblement les mêmes.
Il est probable que le glucose employé par Muller, dans les deux
expériences personnelles qu’il a fait connaître, était un mélange de os
.
et de ~3, ce qui explique que le pouvoir rotatoire initial trouvé par cet auteur est trop faible.
Glucose y.
-Je dois à l’extrême obligeance de M. Tanret un
échantillon de ce produit, dont la préparation est assez délicate.
J’ai trouvé pour y, la valeur 1,40 en moyenne, pour une concentra- y
tion de 8 0/0 vers 181, c’est-à-dire une vitesse de transformation à
peine plus grande que celle du sucre précédent.
Le pouvoir rotatoire initial est -f-19°,80, ce qui donne pour le rap-
port
Le nombre + 19°,80 est très inférieur au nombre donné par M. Tanret; mais ce savant a bien voulu me faire connaître que,
d’après ses observations personnelles, le pouvoir rotatoire du glu-
cose y diminue avec le temps, et ce résultat ne l’a pas surpris.
Les résultats de mes expériences sur les glucoses « et y sont
représentés par la fig. 1.
Mélange de a et de y.
-Le mélange suivant : -.
possède, à l’origine, un ~pouvoir rotatoire de 52° ,6, en solution à 6 0/0,
c’est-à-dire se comporte comme du glucose ~. J’ai constaté qu’un pareil mélange donne une déviation constante et se conduit comme
une sorte de racémique. Ce fait montre que, pour ces concentrations
respectives du moins, les vitesses de transformation des deux sucres x
et y en psont les mêmes: il y a compensation à tous les instants.
Un pareil mélange aurait été considéré, autrefois, comme un glu-
cosse particulier, non doué de multirotation.
908
Expériences sur le lactose.
-Lactose a.
-J’ai trouvé + 83°,16 pour
pouvoir rotatoire initial, et 4,334 pour la vitesse de transformation, mesurée, comme précédemment, pour une concentration de 6 0/0
à 181.
-