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Long-term systemic glucocorticoid therapy: Patients' representations prescribers' perceptions and therapy adherence [La corticothérapie systémique au long cours: représentations des patients perceptions des prescripteurs et observance thérapeutique]

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Article original

La corticothérapie systémique au long cours : représentations des patients, perceptions des prescripteurs et observance thérapeutique

Kawtar Nassar

a,∗

, Saadia Janani

a

, Christian Roux

b

, Wafaa Rachidi

a

, Noufissa Etaouil

a

, Ouafaa Mkinsi

a

aServicederhumatologie,facultédemédecineetdepharmaciedeCasablanca,centrehospitalieruniversitaireIbnRochd,Casablanca,Maroc

bServicederhumatologieB,hôpitalCochin,27,rueduFaubourg-Saint-Jacques,75679Pariscedex14,France

i n f o a r t i c l e

Historiquedel’article: Acceptéle7avril2013

DisponiblesurInternetle24juillet2013

Motsclés: Corticostéroïdes Observance

Maladieinflammatoire Effetssecondaires

ré s um é

Introduction.–Lesglucocorticoïdessontutilisésenthérapeutiquedepuis1948,dansplusieursmaladies inflammatoires,pourleureffetaussibienanti-inflammatoirequestructural.Leurusagedemeurel’objet decontroverses.Lespatientssouscorticothérapieaulongcoursontcertainesinquiétudesconcernantce traitement.Lesfacteursdelamauvaiseadhésionthérapeutiquesontnombreux.

Objectifdutravail.–L’évaluationdeseffetsindésirableslesplusimportantsselonlespatientsetselon l’expériencedesmédecins,ensuitelesreprésentationsassociéesautraitementetàlamaladie,àtravers ladéterminationdudegréd’adhésionthérapeutique,envued’optimiserlapriseenchargeetd’améliorer l’information.

Méthodes.–Nousavonsréalisédeuxenquêtesdescriptives,entredécembre2011etmai2012,menées auprès125patients,suivisauservicederhumatologiedeCasablanca,recevantunecorticothérapiesys- témiqueprolongéeet85praticienshospitaliersdediversesspécialités.

Résultats.–Lespatientsinterrogésrecevaientenmoyennelescorticoïdesdepuissixans.Ladosemaximale moyenneprescriteétaitde44,87mg/jour,leplussouventpourunrhumatismeinflammatoire(50,4%).

Parmiles125patients,56%onteudeseffetsindésirablesneuropsychiques.L’effetindésirableconsidéré commeleplusgênantparlespraticiensétaitlaprisedepoids.Lessignesneuropsychiquesétaientsigni- ficativementsous-estimésparlesmédecins(27%)(p=0,034).Onarecensé64%demauvaiseobservance.

Dans22cas,ontéténotéesdesépisodesd’arrêtthérapeutique.

Conclusion.–Lestroublesneuropsychiquesdelacorticothérapiesontsous-estimésparlesprescrip- teurs.L’évaluationrégulièredespatientsaucoursdutraitement,avecrecueildeseffetssecondaires systémiques,permettraitd’optimiserl’adhésionautraitement.

©2013SociétéFrançaisedeRhumatologie.PubliéparElsevierMassonSAS.Tousdroitsréservés.

1. Introduction

Les glucocorticoïdes ont un rôle majeur dans de nombreux domainesthérapeutiques.Onestimeque0,2%à0,5%delapopu- lationrec¸oitunecorticothérapiesystémiqueprolongée,prescrite durantaumoinstroismois[1,2],etjusqu’à1,7%chezlesfemmes deplusde55ans[2].Sileseffetsbénéfiquessontincontestables,les effetsindésirablescliniquesetparacliniquessontsouventobservés [3,4].Lasurvenued’effetssecondairesetlacraintedeceseffets indésirablessontdesfacteursdenon-adhésionauxtraitements.

Or,laperceptiondeceseffetssecondaires,deleurgravitéetde leursconséquences peutêtredifférente selonlespatientsetles

DOIdel’articleoriginal:http://dx.doi.org/10.1016/j.jbspin.2013.07.001.

Nepasutiliser,pourcitation,laréférencefranc¸aisedecetarticle,maislaréfé- renceanglaisedeJointBoneSpineavecledoici-dessus.

Auteurcorrespondant.Étage1,appartement2,résidenceYoussef,33,avenue du2-Mars,Casablanca,Maroc.

Adressee-mail:[email protected](K.Nassar).

médecins.Nousavonsdoncconduituneenquêtechezlespatients et les prescripteurs spécialistes, afin de connaître les effets indésirablesqu’ilsestimentlesplus importants.Cetravaila été conduitdans lebut d’améliorer l’informationdes patients, et à termed’améliorerleuradhésionautraitement,selonl’analysedes résultatsobtenus.

2. Méthodes 2.1. Typedel’étude

Nous avonsréalisédeux enquêtesdescriptivestransversales, entre décembre2011et mai2012.Cent vingt-cinqpatientsont étéinclus,consécutifs,vusenconsultationouhospitalisésdansle servicederhumatologiedeCasablanca,etrépondantauxcritères d’inclusionssuivants:patientsâgésdeplusde18ans,souscorti- cothérapieoraledepuisaumoinsunmois,àunedosesupérieure à5mg/jour. Les patientsayant rec¸us des bolus oudes infiltra- tionsintra-articulairesdecorticoïdesavantlacorticothérapieorale 1169-8330/$seefrontmatter©2013SociétéFrançaisedeRhumatologie.PubliéparElsevierMassonSAS.Tousdroitsréservés.

http://dx.doi.org/10.1016/j.rhum.2013.04.008

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actuelleontétéégalementinclus.Étaientexcluslespatientsdont l’étatgénéralnepermettaitpaslaréponseauquestionnaire,ainsi queceuxrecevantlacorticothérapiedepuismoinsd’unmois.

Ladeuxièmeenquêteaétéconduitechez85médecinsspécia- listesducentre hospitalier universitaire deCasablanca, qui ont acceptévolontairementderépondreauquestionnaire.

2.2. Déroulementdel’enquêteauprèsdesmédecins

Un questionnaire a été créé à partir du logiciel de sondage phpESP,duservice debiostatistiques-épidémiologieetinforma- tique médicale, comportant des questions à choix unique ou multiple,répartiesentroisitems,rempliparlesmédecinsetremis surplaceauxenquêtrices:la premièrepartiea étéconsacréeà l’identité,àlaspécialitéetauniveaud’expériencedesmédecins, jugéparlenombredepatientsprisencharge;ladeuxièmepartiea concernéleursactivitésentermesdeprescriptiond’unecorticothé- rapiesystémiqueprolongée;latroisièmepartieaétéconsacréeà l’estimationdeseffetsindésirablesdescorticoïdeslesplusgênants, observésparlesmédecinsselonleurexpérience.

2.3. Questionnaireauprèsdespatients

Unquestionnaireanonymerédigéenfranc¸ais,comportantdes questionsàchoixuniqueoumultiple,aétérempliuneseulefois parl’enquêtriceauprèsdupatient,lesquestionsontététraduites, poséesetexpliquéesenarabeaumaladesinécessaire.L’enquête portaitsurleniveausocialdespatients,lamaladietraitéeparla corticothérapie,laposologieetladuréedutraitement,lasourcede l’informationsurleseffetsdutraitement.Ladeuxièmepartieaété consacréeàl’observancethérapeutique,jugéeparlesmodalitésde dégressiondescorticoïdes,lerespectdelaprisedestraitements adjuvants(protectiongastrique,letraitementvitamino-calcique, potassique,régimepauvreensel),lerespectdesrendez-vousde consultations,l’automédication,définie parla prisedespatients eux-mêmesdescorticoïdesendehorsdetouteprescriptionmédi- cale, l’absence de suivi de la prescription. Puis l’enquêtrice a proposéaupatientunelisteferméed’effetssecondairespossibles.

Lepatientacochédanscettelisteleseffetsindésirablesconsidérés parluicommegênants.Plusieursréponsesétaientpossibles.Les donnéesdel’étudeontétéanalyséesparuneseuleenquêtricequia participéauxdeuxquestionnaires.Certainessontprésentéessous formedeleurmoyenne.LetestexactdeFisheraétéutilisépour comparerlesvariablesqualitatives.

3. Résultats

Les 85médecins étaient; 16rhumatologues (18,8%), 15dermatologues, 12néphrologues, dix gastrologues, huit internistes, huit neurologues, six pneumologues, cinq infec- tiologues,troisoncologuesetdeuxpédiatres.LeTableau1,résume les modalités de la corticothérapie prescrite par les médecins.

Cent vingt-cinq patients été inclus. Leurs caractéristiques sont

Tableau1

Modalitésdelacorticothérapieprescriteparlesmédecins.

Modalitésdelacorticothérapie(CTC)prescrite Nombredes médecins(%) PrescriptiondelaCTCoraleprévuepourunedurée1an 62,3(n=53) Typedecorticoïdes:prednisone 82,35(n=70) Posologieinitialeprescriteà20mg/j 48,23(n=41) Motifd’initiationdelaCTC

Connectivité 40(n=34)

Rhumatismeinflammatoire 29,5(n=25)

Autresindications:néoplasie,GNEM,vascularite, sarcoïdose,myositeinflammatoire

34(n=29)

Tableau2

Caractéristiquesdespatientsinclusdansl’étude,souscorticothérapiesystémique.

Sexe

Femmes 82,4%(n=103)

Âgemoyen 46,5ans±10

Niveausocioéconomique

Bas 67,2%(n=84)

Moyen 22,4%(n=28)

Élevé 10,4%(n=13)

Maladienécessitantlaprisedelacorticothérapie

Polyarthriterhumatoïde 50,4%(n=63)

Lupussystémique 17,6%(n=22)

Autresindications(sarcoïdose,dermatomyosite, vascularite,sclérodermie,syndromede chevauchement)

32%(n=40)

Naturedescorticoïdes:prednisone 98(78,4%) NombredepatientsrecevantlaCTCpourunedurée1an 71,2%(n=89)

Duréemoyennedutraitement 73,6mois

Nombredepatientsrecevantàunmomentdu traitementunedose20mg/jpendantaumoins 2mois

60%(n=75)

LEDetautres n=62

PR n=13

Dosemaximalemoyenne 44,87mg/j

Doseactuellemoyenne 11,41mg/j(n=62)

Informationsurlamaladieetleseffetsdutraitement avantsoninstauration

80%(n=100)

Parlesmédecins 64,8%(n=81)

Auto-information 15,2%(n=19)

Non-information 20%(n=25)

résuméesdansleTableau2.Concernantl’observance,66patients (53%)respectaientlaprescriptiondetraitementssupplémentaires, dont 52respectaient la prise de supplémentation vitamino- calcique,potassique etun protecteur gastrique. Un régime peu saléétaitsuivipar14patientsseulement.

Soixante-quatrepourcentavaientunemauvaiseadhésionau traitement: arrêtthérapeutique momentanéchez22maladeset prise continuedes corticoïdesparlespatientseux-mêmessans prescription médicale pour 58patients. Le Tableau 3, résume les raisons évoquées par ces patients pour la non-adhésion thérapeutiqueetl’automédication.

LeTableau4décrit leseffetsindésirablesrapportésàlacor- ticothérapie,parlespatients,ils’agitdeseffetsressentislesplus gênantsenrapportavecletraitementencours.Pourlesmédecins, il s’agit des effets les plus importantsdans leur expériencede prescripteur. Ce tableau montre que les patientssous-estiment toutefois les complications considérées comme fréquentes par lesmédecins,alorsquelessignesneuropsychiquesétaientsigni- ficativementsous-estimésplutôtparcesderniers.Ainsi,56%de signesneuropsychiquesontétérapportésparlespatients,alors

Tableau3

Lesraisonsévoquéesparlespatientspourlanon-adhésionthérapeutiqueetde l’automédication.

Raisonsdel’inobservancethérapeutiqueetde l’automédication

Nombredepatients n=80(64%) Absentéismethérapeutiquemomentanéetsescauses n=22

EffetsindésirablessévèresdesCTC n=9 Peuretréticencevis-à-visdesCs n=7

Non-information n=6

Recourscontinueauxcorticoïdesparautomédication,en dehorsdesprescriptionsmédicales

n=58

Soulagementdessymptômes n=21

Non-information n=15

Auto-informationinsuffisante n=12

Rendez-vousdesconsultationsjugéséloignés n=11 Traitementpascher//TTTdefonds n=6 AccèsfaciledesCTCauprèspharmaciens n=5

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Tableau4

Effetsindésirablesrapportésvécusparlespatientscommeétantlesplusgênants danslaviequotidienneencomparaisonauxdonnéesobtenuesauprèsl’expérience desmédecins.

Patients(%) Médecins(%) p

Prisedepoids 41,6 63,5 0,001

Complicationscutanées (érythrosefaciale,vergetures, fragilitévasculaire,acnés)

28,8 41 0,002

Diabète 18,4 50,6 0,003

Déséquilibretensionnel 14,4 35,2 p<0,0001

Lipodystrophie 0 38,2 p<0,0001

Complicationsneuropsychiques

Irritabilité 16,8 7 NS

Insomnie 18,4 5,8 NS

Dépression 7,2 3,5 NS

Somnolence 6,4 2,3

Tentativesdesuicides 1,6

Céphalées 3,2

Tremblement 1,6

Déliredepersécution 0,8

Anxiété 8,2

Lessignesneuropsychiques 56% 27% p=0,03

Asthénie 1,6 4,5 NS

Myopathies 20,8 15,2 NS

Œdèmedesmembresinférieurs 0 12,9 p<0,0001 Modificationdeshabitudes

alimentaires

8,8 10,5 NS

Dyslipidémie 12 0 p<0,0001

Ostéoporose 4 32 p<0,0001

Fractures 1,6 0 NS

ONA 1,6 18,2 p<0,0001

Pyrosisouépigastralgies 6,4 12 NS

Cataracte 1 0 NS

Glaucome 4 0 NS

Infectionsàrépétitions 2,4 0 NS

Hirsutisme 1 0 NS

Hypersudation 1 18,8 p<0,0001

Sécheressebuccale 1 0 NS

Aménorrhées 1 10,5 p=0,001

Aucunecomplication 8,8 0 p=0,001

queseulement27%dessymptômesontétémentionnésparles médecins(p=0,034).Concernantlesneufpatientssouffraientde dépression,cettesymptomatologien’étaitpasdétectableavantla miseenroutedelacorticothérapie.Lamajoritédesespatientsétait debasniveausocioéconomique.Parmicesderniers,deuxcasde tentativesdesuicidesurvenantdansuncadredeproblèmesocial, ontétérecensés.Leseulcasdedéliredepersécutionestsurvenu sansaucunantécédentpsychiatrique.Touslespatientsprésentant unsyndromedépressif cortico-induit,ont bénéficiéd’un traite- mentantidépresseuretunaccompagnementpsychiatriqueainsi qu’une dégression de la corticothérapie. Le Tableau 5 décrit la population des patients avec manifestations neuropsychiques.

Lacomparaisonaveclespatientssanstroublesneuropsychiques montreque ladoseestdifférente,significativementplus élevée chezlespatientsavecmanifestationsneuropsychiatriques.

4. Discussion

Notre travail montre que les effetssecondaires de la corti- cothérapie sont fréquents, selon l’avis des patients commeles prescripteurs.Lesmaladessous-estimentleseffetssecondaires.En revanche,lestroublesneuropsychiquessontsous-estimésparles médecins.Nousconfirmonslesdonnéesconnuesdanslalittéra- tureàproposdescomplicationsdelacorticothérapieaulongcours.

MaiscommelesétudespubliéesparFardetetal.etKayanietal.

[5,6],nousconfirmonsladiscordanced’appréciationdestroubles neuropsychiques,quisontsous-estimésparlesmédecins.

Les corticoïdes endogènes ouexogènes ont des effets phar- macologiquescérébraux,agissantsurl’humeur,lamémoireetla

Tableau5

Descriptiondelapopulationavecsignesneuropsychiques.

Nombredepatients avectroubles neuropsychiatriques n=44(35,2%)

Patientssanssignes psychiatriques n=81(64,8%)

p

Sexe 39femmes,

5hommes

64femmeset 17hommes

0,07

Âgemoyen 43,5ans 49,5ans NS

NSE

Bas 28 56 NS

Moyen 12 16 NS

Élevé 4 9 NS

Duréemoyennedu traitement

69,2mois 78mois NS

Dosemaximalemoyenne desCTC

46,4mg/j 43,34mg/j 0,01

Dosemoyenneactuelle 12,5mg(n=20) 10,32mg/j(n=42) 0,07

Automédication 10 48 0,01

Absentéisme momentané

9 13 NS

Bonneobservance thérapeutique

25 20 0,02

régulationveille-sommeil[7,8].Laprévalencedes troublesneu- ropsychiquesaétéestiméeà15%[9].Leurprésentationclinique esttrèsvariable,leplussouventmineurs,maisparfoisgraves,sus- ceptiblesdelimiterl’autonomieetd’entraînerunenon-observance thérapeutique,etilestsouventdifficiledefairelapartentreiatrogé- niepsychiatriqueetdépressioninduiteparunemaladiechronique etinvalidante. Cesmanifestationspeuventallerdestroubles du sommeil, à la dépression, àla manie, en passant par des épi- sodespsychotiquesouconfusionnels[10,11].Lafréquencedeces effetssecondaireslorsd’unecorticothérapieprolongéeararement étéévaluéedefac¸onsystématique[12].Devéritablesdépressions corti-induites ont été décrites, avec risque suicidaire[10].Une étuderéaliséeauprèsdesmédecinsinternistesfranc¸aisapermis demettreenévidencequelesmanifestationsneuropsychiatriques étaientcitéescomme«effetsindésirableslesplusgênants»par16% despatientsmaismoinsde5%desmédecins.

Laméthodologiedenotretravailnenouspermetpasd’établir lesdéterminantsdecettecomplication,maislacomparaisonentre lespatients avecet sanstroubles neuropsychiquesmontre que cesmanifestationssontdosedépendante.Générauetal.,faisant étatdedeuxsuicidesimputablesàlacorticothérapie,soulignent queleseffetsneuropsychiquesrégressentavecladécroissancedes doses[13].

Récemment,Fardetetal.,ontidentifiéparmi372696patients souscorticothérapie oralefaisantpartiedes patientsdugroupe desmédecinsgénéralistesbritaniques,109casdesuicideouten- tativedesuicideet10220incidentsneuropsychiatriquessévères.

L’incidence globale étaitde 22par 100patients-années.Compa- rativement aux patients sans corticothérapie et suivis pour les mêmespathologies,lerisquedéfiniparleHazardRatio(HR)était de 6,89pour suicide ou de tentatives de suicides, 1,83pour la dépression,4,35d’étatmaniaque,5,14pourlesépisodesdedélire, confusionoudésorientationetde1,45pourlesattaquesdepanique.

Les auteursont signalé que lessujetsjeunes sontlesplus sus- ceptibles au risque de suicide alorsque les patientsâgés sont prédisposésaux étatsdedélire, deconfusion dedésorientation ouauxétats maniaques.Les patientsàhaut risquedetroubles neuropsychiquessontceuxavecunehistoirededésordresneuro- psychiquesettraitésàfortesdosesdecorticothérapie.Lesmêmes auteurs,onttrouvéqueladoseinitialedecorticothérapieestpré- dictive de ces désordres neuropsychiques. Dans l’étude Boston CollaborativeDrug,lessymptômespsychiatriquesgravesontété signaléschez1,3%despatientstraitésavecmoinsde40mg/jourde prednisone,comparéà18,4%deceuxrecevantplusde80mg/jour

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[14].Endehorsdel’âgedupatientetladosedelacorticothérapie,le sexefémininestadmiscommeunfacteurderisquesurajouté,asso- ciéàlasurvenuededépressionaprèslaprisedecorticoïdes[15].

Cestroublesdoiventêtremieuxprisencompteparlesmédecins afind’améliorerlapriseenchargedes patientssouscorticothé- rapieaulongcours.Leclinicien pouvantméconnaîtreceseffets passéssoussilenceparlespatients,la discordanceentre lafré- quence réelle de ces effets et le ressenti des praticiens, peut êtreexpliquépar le faitque les patientsne lesrapportent pas spontanément à leur praticien. Dans l’étude de Reckart et al., qui a analysé la fréquence des plaintes psychiatriques,portant surdessujetssouscorticothérapieoralependantcinqans, 50% despatientsseplaignaientdesymptômesdiversmais 62%n’en avaientpasinforméleprescripteur[10].Néanmoins,malgrétous les effets indésirables connus des corticoïdes au long cours et lesétudes confirmantleureffetsdélétères, cesontdepuissants agentsanti-inflammatoiresàeffetsymptomatique,etégalement àeffet structural de courtedurée et pour des doses inférieure à10mg/jour.Parconséquent,denombreuxpatientsdeviennent dépendants,justifiantleur utilisationau long cours,principale- mentpoursoulagerlessymptômesinflammatoiresliésàlamaladie.

Notretravailmontrequelescasd’inobservancethérapeutiqueou derecoursauxcorticoïdesparautomédicationétaientnombreux.

Lacauseprincipaledel’automédicationétaitlesoulagementdes symptômesdelamaladiepourlaquellelacorticothérapieaétéins- taurée.Enrevanche,l’abstentionthérapeutique,étaitunarrêtsuite auxeffetsindésirablesjugéssévèresparlespatientsouparpeur decesderniers.Nosrésultatsconcordentaveclalittérature;les effetsindésirablespeuventavoirunretentissementsurl’adhésion thérapeutique;leseffetssecondairesdescorticoïdessontlaraison laplusfréquemmentcitéeparlespatientsquisedisentréticents àrecevoirunecorticothérapie[16–18].Uneétuderéaliséeauprès de80patientssuivisenmédecineinterneetdébutantunecortico- thérapiesystémiqueamontréaprèstroismoisdetraitement,53 (66%)des80patientssedisaientgênésoutrèsgênésdansleurvie quotidienneparaumoinsuneffetindésirable[3].Àl’inverse,de nombreuxpatientsdeviennentdépendantssurleplanfonctionnel, aboutissantàleurutilisationprolongée,comptetenudesbénéfices symptomatiquesdutraitement.

Certainesétudesserépartissententroiscatégories:cellescen- tréessurlesreprésentationsindividuellesassociéesàlamaladie, cellesaxéessurlesreprésentationsindividuellesportantsurletrai- tementet cellestraitant simultanémentlesdeux. À proposdes représentationsassociéesàlamaladie,lalittératuredesdixder- nièresannéesrendplusspécifiquementcomptedelaplacecentrale delamanièredontsontinterprétéslessymptômesetdontilssont misenlienaveclamaladieetaussilafac¸onaveclaquellelespatients perc¸oiventl’impactdelamaladiesurleurquotidien.Plusl’individu perc¸oitsessymptômesetlesrelieàlamaladieinflammatoire,plus ilserasusceptibled’adhérerauxprescriptionsmédicales[19–21].

Parconséquent,lepatientévalueraitlasévéritédesessymptômes etdoncdesamaladie,d’aprèslamanièredontcettedernièreaffecte saqualitédevie,cequiinfluenceraitl’observance:lasévéritédes symptômesjustifieraitounonlaprisedutraitement.Celaaété montrépourlescorticoïdesinhalésdansl’asthme:lanon-adhésion s’expliquedansunemajoritédecasparl’absencedesymptômes perc¸us[22].

Concernantlesreprésentationsliéesauxcorticoïdes:Lepatient nonseulementperc¸oitsessymptômesdansladécisiond’adhérer autraitementmaisilvaaussiévaluerlerapportbénéfice–risque.

Cetteévaluationcontribueà19%d’adhésiondansl’étudedeHorne et Weinman [9], ce qui contribuerait à ancrer chez le patient l’idéed’untraitementnécessairemêmedansuncontexteasymp- tomatique.D’autresétudesontmontré unecorrélationnégative entrelespréoccupationsrelatives autraitementet l’observance [9,23,24].Les facteursleplussouventcitésétaient: lapeurdes

effetssecondaires,lafaiblessedel’efficacitéperc¸uedescorticoïdes surlecontrôledessymptômes,laconvictiondenepasavoirbesoin dutraitementprescritdeparl’effetdecontrainte,etlacraintede développerunecortidépendance[25–28].Tousceséléments,géné- ralementnonexpriméspeuventparticiperàl’arrêtdestraitements.

Ilexistevraisemblablementdesvariablesdulienentrereprésenta- tionsetl’observancenonencoreprisesencompte,etlalittérature rendcompted’assezpeudedonnéesconcernantlesraisonspou- vantexpliquerlesdifférencesinterindividuelles.

Notrepopulationestparticulièreparl’âgejeunedes patients etlaprédominanceféminine.Elleaunaccèsfacileauxcorticoïdes auprèsdes pharmacienssansprescriptionmédicale.Lamajorité despatientsétaientdebasniveausocioéconomique,cequijustifie pourcertainslerecoursauxcorticostéroïdesparautomédication, médicamentsmoinsonéreuxqueletraitementdefonds.

Notretravailprésentecertaineslimites;lesrésultatsobtenus chezdespatientsinterrogésauseind’uneunitéspécialisée,nesont pasforcémenttransposablesàunepopulationsuivieenambula- toirepar des médecinsgénéralistes,aussibienentermes dela maladienécessitantlacorticothérapie,quelapratiquedesprati- ciens,probablementdifférente.

Lesbénéficestirésdelacorticothérapien’ontétérecherchésque chezlespatientsquiontpoursuiviletraitementparautomédica- tion.

En conclusion, les troubles neuropsychiatriques sont sous- estimés par les prescripteurs de corticothérapie. Ils sont une plainte,etunecraintemajeuredespatients.Leurévaluationdevrait êtresystématique,cequipourraitaméliorerlapriseenchargedes patients.Ilexisteunegrandedisparitédesformesd’observance, dontle sens est spécifique d’un patient à l’autre.L’observance demeureunphénomènecomplexe.Lesconclusionsissuesdenotre travailetdelalittératuremontrentqu’ilexisteuneinfluenceréci- proqueentrelescroyancesetlescomportementsdespatients.Cela soulignel’importancedelarelationentrelemédecinetlepatienten vuedemieuxcomprendrelesfacteursdel’observance.Ilimporte derechercherd’autrestypesdereprésentationsquecellesatta- chéesàlamaladieouautraitement,enparticulierlesattenteset lescraintesdespatients.

Déclarationd’intérêts

Lesauteursdéclarentnepasavoirdeconflitsd’intérêtsenrela- tionaveccetarticle.

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