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La dilatation et l'état physique de l'eau

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Academic year: 2021

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Texte intégral

(1)

HAL Id: jpa-00241644

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00241644

Submitted on 1 Jan 1911

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Jacques Duclaux

To cite this version:

Jacques Duclaux. La dilatation et l’état physique de l’eau. J. Phys. Theor. Appl., 1911, 1 (1),

pp.105-109. �10.1051/jphystap:0191100102010500�. �jpa-00241644�

(2)

LA DILATATION ET L’ÉTAT PHYSIQUE DE L’EAU (1) ;

Par M. JACQUES DUCLAUX.

On sait qu’il est difficile de trouver une formule simple qui repré-

sente exactement la dilatation de l’eau dans un grand intervalle de

température. En particulier les formules paraboliques ordinaires :

qui sont les plus commodes pour les calculs, ne conviennent pas, à moins que le nombre des termes ne soit très grand : auquel cas ces

calculs deviennent très pénibles. Avec quatre termes, par exemple,

ces formules sont valables dans un intervalle de 30° au plus, et cet

intervalle se réduit encore au voisinage du maximum de densité. On

a de meilleurs résultats avec la formule de Mendéléeff :

qui donne, entre et 100°, des nombres s’écartant peu des nombres

expérimentaux : cette formule est cependant insuffisante. Elle a été

reprise, sous une forme un peu différente, par Thiesen, Scheel et Diesselhorst, qui écrivent

d désignant la densité. Cette dernière formule est très exacte, mais elle a l’inconvénient de donner la densité et non le volume spéci- fique, qui intervient dans la plupart des calculs. Il est évidemment

facile de l’en déduire pour chaque température ; mais l’expression algébrique à laquelle on arrive est trop compliquée pour qu’on puisse l’utiliser ; et l’inconvénient devient encore plus grand si on

cherche à représenter algébriquement la dérivée du volume (c’est-

à-dire le coefficient de dilatation), car cette dérivée se présente sous

la forme d’une fraction rationnelle tellement complexe qu’il est pra- tiquement impossible de s’en servir.

(1) Communication faite à la Société française de Physique : séance du 18

no

vembre 1910.

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:0191100102010500

(3)

Les recherches théoriques sur les propriétés de l’eau (notamment

son état de polymérisation) devant être grandement facilitées par la connaissance d’une formule simple et exacte, j’ai cherché à en dé-

terminer une. J’ai été amené par des considérations théoriques à

penser que des formules contenant des exponentielles (sous une

forme que la théorie ne permet pas de préciser) pourraient proba-

blement convenir. Après un grand nombre d’essais, j’ai reconnu que la meilleure forme à donner à ces fonctions est :

t étant la température centigrade et T la température absolue. (On

peut évidemment exprimer le volume en fonction de cette dernière

seulement, mais l’introduction de la température ordinaire facilite les

calculs.) La signification théorique de cette formule est la suivante : L’eau est, à la température ordinaire, d’après Rôntgen, une solu-

tion de glace, c’est-à-dire qu’elle contient des molécules polyméri-

sées qui sont probablement identiques à celles qui forment la glace

solide. Ces molécules sont d’autant plus abondantes que la tempéra-

ture est plus basse ; elles sont plus légères que l’eau, c’est-à-dire que leur formation augmente le volume du liquide. La dilatation de l’eau au-dessous de 4° est due à ce que cette augmentation de volume par

polymérisation dépasse la diminution de volume, par contraction

thermique, des molécules non polymérisées. Dans la formule écrite

plus haut, les termes :

représentent la dilatation thermique du liquide qui serait formé exclusivement de molécules non polymérisées (si ce liquide pouvait exister). Le terme complémentaire :

représente, à chaque température, l’augmentation du volume due à la polymérisation. Ce terme est donc à peu près proportionnel

au nombre de molécules de glace existant dans l’eau ordinaire à toute température; on voit que la signification en est très simple (1).

f 1) J’ai déjà indiqué

ces

formules,

sous une

autre forme (Société de Physi-que,

18 novembre 1910). Par suite d’une grave

erreur

de calcul, la conclusion de cette note préliminaire [d’après laquelle la molécule de glace serait H10)3J est fausse.

La polymérisation est

en

réalité plus grande.

(4)

Des formules de ce genre peuvent représenter exactement la dila- tation de l’eau dans un grand intervalle de température, même si l’on

ne prend qu’un petit nombre de termes : en particulier l’expression

donne de très bons résultats, quoiqu’elle ne renferme que quatre

constantes. (En effet, il existe entre cc, b, c, k une relation expri-

mant que, par définition, le volume est égal à 1 à la température

du maximum de densité.) Les valeurs à donner à ces constantes varient un peu, suivant que l’on veut représenter les résultats de tel

ou tel expérimentateur.

. Des tables de la dilatation de l’eau entre 0° et 100° ont été données par Thiesen, Scheel et Diesselhorst, et peuvent être prolon- gées, au-dessous et au-dessus de ces limites,par les nombres d’autres

expérimentateurs (’). Pour représenter ces nombres, les valeurs à donner aux constantes sont :

La comparaison des nombres calculés avec les nombres observés

(qui sont, en réalité, calculés par une formule d’interpolation) donne

les résultats suivants :

maximum de densité (V

=

1 ) à 3°,9811.

(1) LA:’iDOLT et BÔPWSTEIN, Tables physico-chilniques.

(2) Pour cette température, les diverses formules d’interpolation employée

par Thiesen, Scleel et Diesselhorst donnent des résultats variant entre 1,00 î8194

et 1,00 i8i70. J’ai pris le nombre moyen 1.00-~ ~S’18.

(5)

Dans ce premier tableau, les écarts sont partout (sauf peut-être au-

dessus de inférieurs aux erreurs expérimentales.

2. La dilatation de l’eau à tous les degrés entre et ~0°, et la

dilatation globale de ont été déterminées dans trois séries

d’expériences par M. Chappuis(1). Les résultats sont un peu diffé- rents des précédents : pour les représenter, il faut donner aux cons- tantes les valeurs suivantes :

Le calcul donne les différences suivantes :

maximum de densité (V

=

1) à 3°,9878.

La concordance ici est un peu moins bonne. Mais il faut remar-

quer que les nombres de M. Chappuis sont calculés au moyen de trois formules d’interpolation (0

-

10 ; 10

-

13; 13

-

41) représentant

trois courbes qui se coupent, à 10° et à 13°, sous un certain angle. Il

est, par suite, impossible de les placer tous sur une courbe unique.

D’ailleurs, les trois séries d’expériences de M. Chappuis présentent

entre elles des différences qui, exprimées en millionièmes, atteignent

en moyenne 1 de 0° à 10°, 3 vers 30° et 4 de 30’ à 400 ; de telle sorte

qu’ici encore l’emploi de la formule n’introduit pas d’erreur supé-

rieure aux erreurs expérimentales.

Si, pour finir, nous prenons la moyenne des nombres de Thiesen et de ceux de M. Chappuis, nous verrons que la dilatation de l’eau,

entre

-

10, et + t 10°, est représentée d’une façon parfaite par l’ex-

pression :

1143

V

=

0,9918335 + 0,000 6t + 0,0000028444t2 + 5,3977 . 10

T 7

Le coefficient de dilatation

«

est donné par

(1) Travaux du Bureau des Poids et Mesures, t. XIII (190’~).

(6)

Ces deux dernières formules ont servi à calculer la table sui- vante :

J’ajouterai en terminant que les raisons théoriques (polymérisa-

tion) qui m’ont fait penser à une formule de ce type sont les mêmes

pour tous les liquides à molécules associées (alcools, acides orga-

niques, etc..., et probablement mercure à basses températures). Il est

donc probable que c’est par des expressions analogues que l’on pour- rait le mieux représenter la dilatation de ces liquides. Mais les don- nées expérimentales (sauf peut-être pour le mercure) ne sont pas

assez précises pour justifier l’abandon des formules paraboliques.

Enfin, malgré la concordance remarquable de la formule que j’ai

donnée - formule prévue théoriquement - avec l’expérience, il y a des raisons de croire que le terme exponentiel ne représente en réa-

lité qu’assez grossièrement les variations de la quantité de molécules

polymérisées. J’aurai bientôt l’occasion d’examiner plus complète-

ment cette question.

ROTATION SPONTANÉE ET ROTATION DANS UN CHAMP MAGNÉTIQUE DE L’ARC

A MERCURE. 2014 OBSERVATION DU PHÉNOMÈNE DE DOPPLER (1) ;

Par M. A. DUFOUR.

Rotation spontanée de l’arc.

-

On a utilisé un arc à mercure jail-

lissant sous une faible pression entre deux électrodes concentriques

en mercure, séparées l’une de l’autre par un tube de quartz cylindrique

(1) Communication faite à la Société française de Physique, séance du 6 jan - vier 1912.

,

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