Soutenue le 4 ovembre 1974, devantIs Om111l sion d'Examen.
PHYSIQ E
Univer ité de Poitiers
University of Lsrylsnd ( .. A) niver ité de Tou/ou e
Univer itë de Poltier.
Un/ver ité d Poirier.
Untver ite de Poitier.
IR LE GRADE DE
THE
Epar
S SCIE CE
PRE E "TT .E A
IVER IT£ DE POITIER
Pierre GROSBRA
SCIENCES FO DAME TALES ET APPLIQ!JýES
PO R OB
DE L'
DO TEUR
ULT D
inétique des transformations ordre· désordre dans les alliages Fer· Cobalt.
n .utnin tcurs: J. J.\
P.
Pré ident: J AI
\Jemhr lnvlt
L
d Ordre 200
A.U du. R J04H
N·d'ONN:.
A.O. dll C.N.".S. : 104"
THÈSE
PReSENTeE A
LA FACULTý DES SCIENCES FONDAMENTALES ET APPLIQYJES
DE L'UNIVERSITý DE POITIERS
POUR OBTENIR LE GRADE DE
DOCTEUR ýS SCIENCES PHYSIQUES
par
Pierre GROSBRAS
Cinétiques des transformations ordre- désordre dans les alliages Per- Cobalt.
Soutenue le 4 Novembre 1974, devantla Commission d'Examen.
Président: J. CAISSO Université de Poitiers
Membres Invités: M..J. MARCINKOWSKI University of Maryland (U.S.A J
P COULOMB Université de Toulouse Examinateurs: J. JACQ!2ESSON
A. RACHMAN P. MOINE
Université de Poiriers Université de Poitiers Universite de Poitiers
Le tMvail. pltue.n.tl ý ce mlmobLe a. Uý 1tlati6l glUÎce a la.
c.oUabo1U1tion du membILu de l' lqlLipe "olLdJr.e-duolLdlte" - M. P.MOINE, ýe.6 J. MOINE a N. JUN(ýUA, MM. J.P. EYMERY, J.L. DEMENET, J.C.DESOYER
e.t J. F. DINHUT -, e.t a ceUe de nombJLeLlx cheJLcheuM e.t technicien& du l4bolt4to-ilLe de MU:a..tluJLg.ie. Phy.6.ique de lA. Fa.c.uUl du Sue.ncu de Poilie.JL.6. ALL.6.6.i. je voudltw .i.e..<. lu JLeme,.'l.e..<.eJL tow., tAè.,6 .6.incýe.me.nt.
P.ieJL1te MOINE a eu un !!.Ô.e.e p!llpondéJt.a.nt tout au long de cette Uude; depu.,i6 me,ý pllemièJr.U "marUp.6" - nOM paJt;tag.iOn.6 le même. bLLJLe.a£L
a ce.tte.lpoque, e.t.il tj ava.it ta également Jea.n-Pa.u.t COTTU - jMqU'à.
l'a.bou.t.i.64eme.nt ac.tu.e..t, j'ai Ué tIlè6 .6en6.ib.e.e il -6on aide COn.6ta.nte.
e.t am.i..c.ai.e.
La. pa!lt..icJ.,pa,t.Wn de Jean-Paul EYMfRY ct été .6.i. é;tJwae. que
ceJLt.a...i.n.6 Jtuý .60nt COrtnun.6 il 110.6 âeux til è.6e6 : je tien.6 il CÜJte comb.ien j'a..<. a.pplléc..ié. -6a méthode. de tlr.a.vail et .6on e.xcelle.nte. c.oopéJto.-
.ucm. J'ai éga.£.eJnent eu la chance. de pouvo.(_![. c.ompteJL .6Wl .e.'aide. de.
JacqueLine. MOINE e-t de. Jean- Luc. VEMPJET pou.''!. de. nomblle.LL.6 u e.xpéJUe.nc.eýý, de. Jean-Paui RIVIERE pOWl .r 'ýat.ion de -6011 pont de mUu.JLe du
Jtu.i4tancu, de Ikc.{lÛ JAULI'ý (dott-t .t'amUié lLemonte. aux annéu dt ê.tu- cU.a.rtt4), Ch. FAIX et c. FAYOUX qu.<. ont lLéM,ý.i. a vainClle. t.' ob.6t,.Uta.,üon
.ini.tiale. du po,rte.-écltanti.Llon du cLi66Jtac.tomètlle., de. M.E. VI LLENEUVE qui
",'a. t'Ll6 40uvent nesuiu. 4eJLv.iCe., de Mme. MaJt.ie.-HUýne 8IZARO et de.
MM. Ch. MONI'JET, A. GUILLON e.t J. CHARON qu.i .6e .6ont chalt.gû de. la.
lLlaLi.6a.ti.on - pall60.i4 .inglLtLte - de ca ouvlUlge..
.../ ...
Je. voudJuLé.6 19a1emen.t ltemeJLCielt M. JuiJl...6 CAISSO : gJUÎce. a ý4
&Jt.anc.h.c:6e. d4IU lu ltela.ü.on6, ýon ouveJLtwt.e aux autlLu, .it ut agltlable.
de tltavaiUeIt da.n.l, ce taboJr.at.o-iAe. Il m'a. pelL40nneLlement a.idl bien ýouvent,
et notamnen.t dan6 l' Uw:I.e du thlolLiu de la. mUe en olLdlr.e.. Je .6ouIta.U:.e 4U.6.6i ltemelLCieJl M. Jean GRILHE : le la.boJULto.iJte. a. pIt06U! de .6on dlJno.-
mi6me et ýon dlvouemen.t pous: moi, ýu nomMeux COn6e..i.l4 m'ont: W tlr..ù pIllc..ieux.
Je ýu.i.6 tJtù horwJt1 de .ta plLuenc.e dt;uu, mon JUIUJ de
M. M.J. MARCINKOWSKI, PIlO6UýewL a l'UYLiveJL6Ul du MalUJta.nd (U.S.A.);
.it a. bien voulu LUte .eo. plLe.mi.èJt.e Itédac.ûon ma.igltl la. cUý ýélLence du languu et me 6ahLe paILt de ý u CJl.li.iquu tJtù LLtiiu.
Je ýu.i.6 éga..iement lte.c.ott.n.a-W6a.nt a M. P. COULOMB, PJt06uýewL a l'UnivelL4Ul de. Touiou»e , de i' -i.ntéJtU poul a ce tJta.vaU, ma.n.i6utl
pail ýý iec.twLe býe du mémù-iAe_ et ýa. palLtiupation au JUIuJ.
MM. J. JACQUESSON ex «. RACHMAN m'on;t 6a.U applt£c..ie.IL ta. theJtmOdlj- nam.ique penda.n;t tu annéu où j'a..(. 6a.U palLtie. de .ta même lquipe
d'ýugnemen.t qu'eux. C'ut ýý doute pOUll c.et:te Jta.i6on que tu thbnu
de JtecJuvLche auxquw je me ýtU6 a..tt.a.c.hé ont quelquu Ue.n6 avec c.et:te
wc..ipLine. Je .tu Iteme}[.ue_ éga..iement de 6' we .intM.uýlý a mon tJta.VlLÛ..
Je ýý ýý-ib{e a ia c.ompJtéhetûl-ton dont S.unone, ma. 6C'","e,
a. 6a.U plLeuve J.Ju.lLtout au c.oý de ces de.ILYLieM moý et a .f..'a..ide qu' ei.1.e
m'a. appoule no.ta.rrrnent eH coJtlLigeo.nt le texte; je c.IlOý que j'a..(. ýJ.J-l
a me 6ahLe palLdoymeJt palL JeA.n-FILa.Yl.Ç.cý, TIU.eM.lj et XaV-leIL leA VllC4rtC.U tJwp coUJr.tu de .e' été deJtn,(.eJt.
En6in, je vou.dJuJ..i6 ý.unpiemen;t d.iJte .ici. que j e doý beaucoup à. mu pa,rtent6. MOJt pèJte. a.irnaU ta Mý.ie : je ýou.ha.Ue que ce tltava.ii .6oU un hormeage lt ýa mlmo.iJte.
Pages
INTRODUCTION
CHAPITRE I - RAPPELS SUR LES ALLIAGES ORDOHNES
1 - Paramètres d'ordre 1
1.1 - Ordre à courte distance 2
1.2 - Ordre à grande distance 3
2 - Thýorie des transitions ordre-dýsordre 4
2.1 - Position du problème 4
2.2 - Thýorie de Gorski-Bragg-Williams 6
2.' - Théorie quasi-chimique 7
2.4 - Théorie de Cowley 8
, - ïPéorie des Cinétiques des transformations
ordre-dýsordre 9
'.1 - Mise en ordre homogène 9
'.1.1 - Etude das équations
:inéarisées 10
'.1.2 - Cinétiques d'ordre à grande
distance 12
3.1.2.1 - Théorie de Dienes 13 3.1.2.2 - Théorie de Vineyard 14 '.2 - Mise en ordre par germination-
-croissance 15
'.2.1 - La germination 16
'.2.2 - Croissýnce des germes 17
'.2.'.-
Coalescence des domaines 174 - Domaines antiphases 18
, - Résistivité 10 5 - Lt' lacunes dans les alliages ordonnés 20
6 - Diffraction des ravons X par les solutions
solides ordonnées 23
21 21 22
TECHNIQUES EXPERIMENTALES
5.1 - Concentration des lacunes 20 5.1.1 - Modèle de ýifalco 20 5.1.2 - Modèles de Krivog1az et
Smirnov et de Schapink 5.1.3 - Modèles de Cheng et al 5.2 - Migration des lacunes
4 - Préparation des échantillons 10
4.1 - Compoýition deR alliages 10 _.2 - Préparation des échantillons 11
".3 - Trai terre nts thermiques 12
1 - Diffraction des rayons X 1
1.1 - Mesure de l'état d'ordre par diffrac-
tion des rayons X 1
1.1.1 - Principe de la mesure de S 1
1.1.2 - Principe de la mesure de la taille moyenne des domaines
d'ordre 2
1.2 - Le diffractornètre utilisé 3 1.2.1 - Les difficultés de la mesure
de S 3
1.2.2 - Description de l'appareillage 4
1.2.3 - Possibilités et emploi da
l'appareil 5
2 - Microscopie électronique 7
2.1 - Diffraction des électrons 7 2.2 - Observation des parois d'antiphase 8
2.3 - Appareils utilisés 9
CHAPITRE II
1 - Résultats expérimentaux _1 1.1 - Influence de la température de restau-
ration 2
1.1.1 - Etude des domaines d'ordre 2
1.1.1.1 - FeCo 50-50 2
1.1.1.2 - FeCoV 3
1.1.1.3 - PeCo 40-60 4
1.1.1.4 - Comparaison avec la microscopie élec-
tronique 4
2.1 - Variations du degré d'ordre à grande
distance 8
2.1.1 - Alliages binaires
PeCo 50-50 et FeCo 40-60 8 2.1.2 - Alliage ternaire PeCoV 8
2.2 - Domaines antiphases 9
2.' - Configuration des dislocations 9 2.4 - Discussion des résultats 10
2.4.1 - Influence de la vitesse de
trempe la
2.4.2 - Comparaison avec les théories
thermodynamiques la
2.4.3 - Comparaison entre le FeCo
50-50 et le FeCoV 13
2 - Variations de l'état d'ordre avec la
temperature de trýýp'ý 7
2 2 3 5 6 6 6 7
ETUDE DES ETATS DI OHDRE D'EQUILIBRE
TRANýPORMATION DESORDRE-ORDRE
1 - Etat recuit initial 1.1 - FeCo 50-50 1.2 - PeCoV
1.3 FeCo 40-60
1.4 - Autres alliages fer-cobalt 1.4.1 - FeCo 60-40
1.4.2 - FeCo 30-70 1.4.3 - FeCo 70-30
CHAPITRE IV
CHAPITRE III
1.1.2 - Etude du degré d'ordre à
grande distance 5
1.1.2.1 - PeCo 50-50 5
1.1.2.2 - PeCoV 7
1.1.2.3 - PeCo 40-60 7
1.2 - Influence de la température de trempe 8
1.2.1 - Domaines ordonnés 8
1.2.1.1 - FeCo 50-50 8
1.2.1.2 - FeCoV 9
1.2.2 - Degré d'ordre à grande dis-
tance 10
1.2.2.1 - FeCo 50-50 10
1.2.2.2 - FeCoV 10
1.'
- Influence de la vitesse de trempe Il1.3.1 - FeCo 50-50 Il
1.3.2 - FeCoV 12
1.4 - Influence de l'écrouissage 12
2 - Interprétations 15
2.1 - Premier stade de croissance des
domaines 15
2.1.1 - Hypothèse de la germination
croissance 15
2.1.2 - Hypothèse de la mise en ordre
homogène 19
2.1.3 - Influence des conditions de
trempe 24
2.1.4 - Influence de l'écrouissage 25 2.2 - Etude du degré d'ordre à grande dis-
tance 26
2.2.1 - Pendant le premier stade 26 2.2.2 - Pendant la coalescence des
domaines 29
2.' - Etude de la coalescence des domaines 31 2.4 - Comparaison entre les trois alliages 34 2.4.1 - Influence du vanadium 34 2.4.2 - Influence de la compos1 tian -» 35
2 - Influence de la. tc'·r.rl.!'ature de restauration 3
3 - Comparai !'Jon avec 1..1 L-:.·>:-rie de Vineyard 4
4 - Détel'r:1ination des énergies de lacunes 6
CHAPITRE V - RESTAURATION DE L'ETAT D'ORDRE APRES
!REMPE DEPUIS DES TEMPERATURES INFE- RIEURES A LA TEMPERATURE CRITIQUE.
6 8 9
ETUDE DE LA RESISTIVITE AU COURS DES RESTAURATIONS
4.1 - Energie d0 formation 4.2 - Energie d'autodiffusion 4.3 - Energie de migration
1 - Influence de la température de trempe 2
1.1 - FeCo 50-50 2
1.2 - FeCoV 3
1.3 - FeCo 40-60 3
l - Résistivité des alliages ordonnés 2
1.1 - Influence du degré d'ordre à grande
, distance 3
1.2 - Influence de l'ordre à courte distance 4
1.3 - Influence des domaines antiphases 4 5 - Comparaison entre les trois alliages 10
5.1 - Influence du vanadium 10
5.2 - Influence de la composition 10 6 - Etude de la restauration au cours de la
trempe 11
2 - Résistivité du FeCo 50-50 4
2.1 - Variation de la résistivité en fonction
de la température de trempe 4
2.2 - Variation de la résistivité au cours
des restaurations 6
2.2.1 - Influence de la température de
restauration 6
2.2.2 - Influence de la température de
trempe 7
CHAPITRE VI
"
, "
_,'t,;," .\¥
t""1'-
"-ý-..._
; 1..
" "'
.. j
..
..""
.-
ý '.,
" ; :
" .
- : ..
." .;: ...."
ý "'
" ýý. ...,'ý ::ý.
Calcul de la résistivité résiýaelle en
fonction du degré d'ordre 12
, - R'aistivi té du PeCoV 8
'.1 - Variation du la résistivité en fonction
de la température de trempe 8
'.2 - Variation de la résistivité au cours
des restaurations 10
3.2.1 - Restauration isochrone de la
résistivité après trempe 10
3.2.2 - Restauration de la résistivité
à T - 480°C 10
ANNEXE
CONCLUSION BIBLIOORAPHIE
INTRODUCTION
Lorsqu'on se propose d'étudier les propriétés d'une solution solide à l'équilibre týermodynamique, la question se
pose de savoir si l'état d'équilibre est effectivement atteint;
il est alors important de connaftre les ýécanismýs et les cinétiques des transformations qui y conduisent. Ces trans-
formations se produisent par réarranger.Ents atomiques (diffusicn) qui font passer l'alliage d'un état métastable à un autre état d'énergie libre ýoins élevée; la vitesse de réaction dépýnd
de la barrière de potentiel à franctir pour passer d'un état
à l'autre.
On explique le démarrage de la transformation par
l'instabilité de la solution solide vis à vis des fluctuations qui se produisent. Ceci permet d'ailleurs de distinguer deux grands types de transformations, les fluctuations pouvant êtr2 de deux sortes :
- des fluctuatioýs très localisées, de grande amplitude ýt de faible longueur d'onde spatiale p=uvent conduire à une ger- mination ; on peut individualiser des régions où la trans- formation est faite et qui ont dýs interfac0s nets, d'ýssýz grande énergi2. La transformatioý est dite ýétérogène (ýlle voit la coex1sý3nce des dýux pýases). on peut classer ýýýs
cette catégorie la rýcristýllisatiýý, lý préciýitation ..".
_ des fluctuations diffuses, de faib13 amplitude et de grýýjý longueur d' )nde ; on ne peut pas localiser des régions avant
subi individuellýment la transforýation, celle-ci intéressant slmultanémen: '.:out le volume. S'il y a des interfaces, 11s sont diffus ý: de faible Én3rgie. Dans cette catégorie, ýn trouve par ýxer:-::le la décomposition spinodal.?
Les transfor..,atlons ordre-désordre sont l'objet d'o;:i- nions contradictoires en ce qui concerne leur apýartenance à l'une
ou l'autre de ee s ca t é gcr-Les. Ces t.r-ans f or-ma t f ona se or-odut serit
dans r'!es S:)1'.1 t t ons solides qui dans certaines condit ions présentent
une structure yrdonnée stable à des týýpératures inférieures à une
température critique T au delà de laquelle la structure devient
dé sord onné -=. c
Le premier à supposer l'existence de tels arrangements ordonnýs d'atomes fut TAMMAN (1919). Cette existence fut effec- tivement établie quelques années plus tard par BAIN (IS23) par diffraction des rayons X. Très vite, de nombreuses structures
ordonnées ont alors été découvertes, et parmi tous les travaux pUbliés il faut citer ceux JOHANSSON et LINDE (1925) sur CuAý de BRADLEY et JAY (1932) sur Fe3A1 et de JONES et SYKES (1937) sur Cuzný. Les cherc ýleurs se sont intéressés aussi bien à
l'étude des états d'ordre d'équilibre qu'à l'étude des cinétiques des transformations ordre-désordre ou à l'étude des propriétés
du solide en fonction de l'état d'ordre.
Les premières théories reliant l'état d'ordre d'équilibre
à la température sont dues à GORSKY (1928), puis à BORELIUS et al (1928) et à DEHLINGER et GRAF (1930). Mais la première théorie complète définissant le degr¬ d'ordre à longue distance et
étudiant sa variation en fonction de la température fut proposée par BRAGG et WII·LIAMS (1934). L'année suivante, le concept
d'ordre à courte distance a été introduit par BETHE (1935) qui
a aussi étudié théoriquement les variations de l'ordre à grande
et à courte distance. L'avantage de cette týéorie est d'expliquer
la rersistance d'un état d'ordre aux température supérieures
à Tc et de comprendre le comp0rtement des alliages à ces
températures (notaýýent la variation de la chaleur spécifique).
La théorie quasi chimique (1ère approximation) developpée par FOWLER et GUGGENHEH1 (1940) conduit aux mêmes résultats que
celle de Bethe: les deux mvdèles reposent en fait sur les mêmes hypothèses, et bien qu'abordant le problème de deux façons dif- férentes ils sont rigoureusement équivalents. Les autres théories sont généralement soit des améliorations de celles existantes, soit des théories part Lcu Lt èr-emerrt établies pour des types donnés
de surstructures : la théorie de KIRKWOOD (1938) est par exemple
un raffinement de celle de Bragg et Williams, tandis que la
thýoýie de YANG et LI (1947) donne une description plus correcte
d es _: ::ructures or-do.. r. ýes cubiques à faces centrées. Pour être complet, il faut aussi mentionner la. théorie matricielle due à KRAýS et WANNIER (1941) et à ONSAGER (1944). Enfin, d'autres auteurs comme COWLEY (1950), CLAPP et MOSS (1966) ne tiennent pas seulement compte des interactions entre plus proches voisins, mais entre toutes les paires d'atomes possibles, quelle que soit
la distance qui les sépare.
L'avantage de ces dernières théories est de faire intervenir les paramètres d'ordre introduits par WARREN (1953) qui sont accessibles directement par l'expérience.
Ces théories - ainsi d'ailleurs que de nombreux autres aspects des transitions ordre-désordre - ont fait l'objet de plusieurs travaux de synthèse, notamment ceux de MUTO et TAKAGI
(1955), de GUTTMAN (1956), DOMB (1960), KRIVOGLAZ et SMIRNOV (1965), COREW (1968).
En ce qui concerne les mécanismes par lesquels les états d'ordre sont atteints, on trouve dans la littérature deux descriptions opposées correspondant l'une à une transformation hétérogène, l'autre à une transformation homogène. La première théorie élaborée, celle de BRAGG et WILLIAMS (1934) expliquait
la transformation par échanges directs entre atomes se faisant simultanément dans tout l'alliage, de façon homogène. Mais DEHLINGER et GnAAF (1930) avaient observé dans cu3Au des élargissemJnts de raies de surstructure et avaient introduit pour les expliquer le concept de domaines antiphaseS; ces
derniers résultent de la croissance dans le matériau désordonné
de domaines d'ordre formSpar germination; lorsqu'il n'y a plus de zone désordonnée, la structure en domaines antiphases obtenue évolue à son tour par un processus de coalescence.
Les nombreuses études publiées établissent selon les alliages considérés l'existence de l'un ou l'autre de ces
processus. Ainsi, citoýs par exemple pour la mise en ordre par germinatýon-croissance les travaux de JONES et SYKES (1931) et de BURNS et QUIMBY (1955) dans cu3Au, de NEWKIRK ýt al (19ý0) dans ýPt, de KUCZYNSKI et 0.1 (1955) dons Cu Au, de IRANI et Cfd-IN
(1970) dans Cu Pt """ et pour la mise en ordre homogène de CHIPMAN
et '11ARFEN (1950) dans Cu znp SOUTHWORTH et RALPH (1968) dans
Cc::.ïý. FU-WENLING et ý':'i\RKE (1911) dans Ni4fl1o, CLEGG et BUCKLEY
(1:;J",'j dans Fe Co.
Une théorie de la germination des domaines d'ordre a été faite par BURNS et QUIMBY (1955). Généralement on considère
ce phénomène de façon analogue à la recristallisation et on
transcrit dans le ras des domaines d'ordre les lùis de la
croissance des grains recristallisés: RUDMAN (1961). Il faut signaler enfin que la germination peut être homogène ou
hétérogène ; dans ce dernier cas, les sites de germination pré- férentielle sont les joints de grains, les dislocations ou les frontières antiphases I TANNER (1972). La coalescence des
domaines antiphasescst, elle, analogue au grossissement normal des grains: RUDMAN (1967ýLIFSHrTZ (1962), ENGLISH (1966).
Outre la théorie déjà citée de BRAGG et WILLIAMS (1934)
il en existe d'autres pour rendre compte de la mise en ordre homogène. On peut les classer en trois groupes :
TAKAGI et al (1950) ont appliqué ici la théorie des vitesses
de r'action d'EYRING. DIENES (1955) a ajusté les constantes
de vitesses de r6action de maniýre à trouver â l'équilibre lee états d'ordre donnés par les calculs de BRAGG et WILLIAf·'lS.
La théorie de DIENES a été mûdifi8e par NOWICK et WEISBERG (1958) pour les cas de faibles variations du degré d'ordre,
et dans le cas des faibles températures leur résultat est analogue à celui donné par ROTHSTEIN (1954).
- ý---ý---la mise en ordre résulte de mouvements d'atomes sous l'in-
On trouve ici les théories de BRAGG et WILLIAMS, de IIDA (1955).
VINEYARD (1956) écrit les équations des vitesses d'échanges entre atomes, en tenant compte de l'ensemble complet des
fonctions de probabilité. Cependant pour pouvoir résoudre les équations, VINEYARD suppose que les fonctions de probabilité
de l'ensemble des aýomes s'expriment pur le produit des fonc- tions de probabilit.é pour un atome. Le calcul a été fait dans
le cas d'un échange direct entre atomes et aussi dans le cas plus probable d'un échange par l'intermédiaire des lacunes.
MPTSUDA et al (1911) ont proposé une théorie basée sur l'ap- proximation de BRAGG et WILLIAMS mais en tenant compte aussi bien des échanges directs entre atomes que des échanges par
l' intermédiaire de s lacunes dont la concentration dépend du
degré d'ordre.
- une troisiýme approche consiste â écrire une équation de dif- fusion formulée, comme dans le cas de la décomposition spi- nodale, de manière à tenir compte de l'influence des gradients
de concentration sur l'énergie libre; la mise en ordre s'ef- fectue par développement de fluctuations de concentration. Ce
modèle a été développé par COOK et al, DE FONTAINE (1969, 1971),
les théories de la mise en ordre homogène (DIENES 1955 , VINEYARD 1956) concluent à la nécessité de fluctuations pour
le démarrage de la transformation et prévoient des courbes
de la même forme "Sigmolde" que celles obtenues dans le cas de germination croissance.
CHRISTIAN (1965) indique qu'on peut donc appliquer les théories
de la mise en ordre homogène dès que la taille des domaines
o
est inférieure ù 70 A.
dans un même alliage, les deux modes de transformation peuvent exister selon les conditions de température, simultanément
ou non (TANNER 1972) TANNER et LEAMY (1973).
CHRISTIAN (1965) indique qu'à la limite les transformations hétérogènes sont homogènes; LIPSON (1950) avait suggéré
que mýme une réaction homogène pouvait aboutir à la formation
de domaines antiphases, ce qui semble être confirmé par les travaux de TAYLOR et al (1951) et de EDMUNDS et HINDE (1952).
La théorie de CC>OK et de FONTAINE (1969) prévoit elle aussi la création de doýaines antiphases sans qu'il y ait eu de
germination.
degré d'ordre
du type 12 o ) ;
Les expériences qui permettent de déterminer l'ordre thermo dynamique des transitions ordre-désordre (mesures de degré
d'ordre, de chaleur spécifique ..." en fonction de la température sont délicates au voisinage de Tc et leurs résultats assez
controversés. Ainsi, pour certains alliages, oý il ne faisait pas de doute que la transition était de 1er ordre, cette
certitude est remise en cause : par exemple pour Copt (SOUTHWORTH et RALPH, 1968).
qu'une ligne marquant la tranýformation, et le varie de fýçon continue à Tc (cas des alliages
en fait les cýoses ne sont pas si simples :
D'après CHRISTIAN (1905)1 la transformation est
hétérogène ou homogène selon que le changement de phase est du
premier ou du second ordre thermodynamique. Si la tranýition est du 1er ordre, il y a discontinuité des dérivées premières de
l'énergie libre F à Tc , c'est-à-dire de l'entropie et du volume:
il y a un domaine biphasé dans le diagramme d'équilibre, une
chaleur latente dG transformation et une discontinuité du degré d'ordre (cas des alliages du type Ll2) ; si la transition est
du 2ème ordre, il y a seulement discontinuité des dérivées secondes
de F, c'est-à-dire de la chaleur spécifique et du coefficient
de compressibilité: on ne trouve dans le diagramme d'équilibre