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Mesure cinétique des températures
M. Fournet
To cite this version:
25
MESURE
CINÉTIQUE
DES TEMPÉRATURESpar M.
FOURNET,
Laboratoire de Physique de Sud Aviation
Résumé. 2014 La méthode
proposée permet la mesure des températures élevées atteintes par des
gaz dans des phénomènes transitoires rapides, tels que ceux que l’on rencontré dans les tubes à choc utilisés en aérodynamique, dans les études de plasmas, etc...
Pour cela on détermine le spectre des vitesses des molécules gazeuses en mesurant leur temps de
transit dans le vide. L’enceinte où a lieu ce
transit
est séparée du gaz chaud par une membranedont la rupture brusque libère un jet de particules, d’une part, et permet de définir convenablement
une origine des temps, d’autre part. Les molécules atteignent en fin de parcours un détecteur. Le début du signal de réponse de ce détecteur ne dépend que de la température.
Une première partie est un exposé théorique de la méthode. Une seconde partie décrit quelques
expériences qui montrent la valeur des mesures effectuées : Mesure de la
température
ambiante ;Mesure de la température d’explosion d’un mélange hydrogène-oxygène.
Utilisation de l’appareil pour mesurer la température produite par la décharge d’un condensa-teur dans une
éprouvette
résistante ; les vitesses des particules éjectées sont comprises entre 20 et 50 km/s, ce qui correspondrait à une température de l’ordre de 106 degrés K.Abstract. 2014 The
proposed method allows the
measurement of
high gas temperature in fasttransient phenomena, such as those encountered in shock tubes used in aerodynamics, plasma
stu-dies, etc...
For this purpose, we get the gas molecules velocity spectrum, by measurement of their time of
flight in vacuum. The transit chamber is separated from the hot gas by a diaphragm the sudden
burst of which, on one hand releases a jet of particles and on the other, enables the time
origin
to becorrecly defined. The molecules reach a detector at the end of their flight. The start of the
response signal of this detector depends only on the temperature.
2014 The first part is a theoretical account of the method. The second part describes certain
expe-riments showing the value of measurements made : Ambient temperature measurement ;
Explo-sion temperature of a hydrogen-oxygen mixture.
Use of instrument to measure the temperature produced by a capacitor discharging into a test
resistance ; the ejection speeds of the particles are between 20 and 50 km/sec, corresponding to
an approximate temperature of 106 K.
PHYSIQUE
PHYSIQUE APPLIQUÉE . TOME 23, MARS 1962, PAGE
I. INTRODUCTION.
Parmi les mesures
physiques
qui
soulèvent desproblèmes délicats,
il convient de faire uneplace
spéciale
à certaines mesures detempérature
de gaz.Par
exemple
dans le cas desphénomènes
transi-toires,
où unetempérature
maximale est atteintependant
untemps
très court. Plusgénéralement
dans le cas destempératures élevées,
et afortiori
dans les cas des
températures
élevées etfugitives.
Ces cas seprésentent
par exemple
avec les tubas à chocs utilisés enaérodynamique,
dans les
études deplasmas
et de fusioncontrôlée,
dans les études de filamentsexplosifs... Lorsque
lesexpérimental-teurs ne renoncent pas tout
simplement
à lamesure
des
températures,
ils font engénéral appel
à des méthodesoptiques.
Lerayonnement
thermique
du gaz, lié à satransparence,
est faible,
même dans ledomaine des
températures
nécessaires à la fusionthermonucléaire,
et n’est pas utilisable.L’analyse
du
spectre
de raies ou debandes,
appuyée
sur
un certain nombre de théoriesplus
ou moinsvérifiées,
ne fournit pas des mesures des
températures
tou-jours dignes
de foi.Le but de cette note est
d’indiquer
une méthodethéoriquement
légitime,
utilisable dans denom-breux cas,
déjà
utilisée avecsuccès,
qui
est baséesur la définition
cinétique
destempératures
etpermet
l’observation directe de larépartition
sta-tistique
des vitesses desparticules.
II.
EXPOSÉ
THÉORIQUE
DE LA
MËTHOÛE UTILISÉE.
(Fig. 1,
p. 26A.)
L’enceinte A contient le gaz dont on veut mesu-rer la
température.
Ce gaz estsupposé
en équilibre
maxwellien.
L’enceinte A estséparée
d’uneco-jtonne
C où l’on fait un videpoussé,
par une mem-brane Msusceptible
de s’ëffacer à un instant biendéterminé,
et en untemps
infiniment bref.L’ex-pansion
du gaz contenu enA,
est alors détectée en D ,au moyen d’une sondeappropriée.
Ensimplifiant
àl’extrême,
nous supposerons toutd’abord
quela
tôtalité dupetit
volume A est libérée en memetemps
à l’instant 0 et que toutes les moléculesqui,
26
à cet instant ont des vitesses
dirigées
vers l’entréedu
détecteur,
sont effectivementcapables
d’at-teindre ce dernier sanscollision ;
nousnégligerons
Fie. 1.
Schéma de
principe.
FIG. 1 b is.
provisoirement
les autresmolécules,
et,
connais-sant la
répartition
desvitesses,
nous allonsdéter-miner la
répartition
des instants d’arrivée audé-tecteur,
c’est-à-dire en fin decompte
laréponse
du détecteur.La
répartition
des vitesses est définie par le nombre de molécules de vitessescomprises
entre vFIG. 2. -
Représentation de la fonction normalisée 03BE(v)
00
0
g(v)
du = n = nombre total desparticules
dont le vecteur vitesse est bien
dirigé,
v, est la vitesse laplus probable,
p p ’ définiepar d g(v) ==
p0.
dv
Cette vitesse est liée à la
température
absolue par la relation :(Elle
est différente de la vitessequadratique
moyenne :
Soit L la distance
séparant
le volume A dudétec-teur D. L’instant d’arrivée en D d’une
particule
de vitesse v est : t =llv.
Entre lesépoques
t ett + dt
(dt
>0)
lesparticules
qui
arrivent sont celles dont les vitesses sontcomprises
entre v + dvet v avec dv = -
(1/t2 )
dt(dv
0).
Elles sont en nombre :En identifiant
N(T)
dr etN(t) dt,
on obtient laréponse normalisée
d’un détecteurqui
fonctionne-rait à la manière d’uncompteur :
FIG. 3. 2013 Différents modes de détection.
1
1, Détection du flux de matière.
j’(T)
= 1/4 e-l/-r2
2, Densité instantanée au voisinage de la jauge
3, Quantité de mouvement
4,
Énergie
cinétique.5, Densité accumulée.
On constate au
simple
examen dudiagramme
dela fonction
j(T)
-l’intérêtthéorique
etexpérimental
de la méthode : c’est le retard assez net OA
mani-festé par la détection du
phénomène.
Onpeut
alors examinerplus
en détail le mécanisme del’expan-sion,
et au lieu del’hypothèse simpliste
faitepré-cédemment,
décomposer
lephénomène
enphases
successives :
10 Dès la
rupture
de lamembrane,
lespremières
particules qui
peuvent
sortir,
sont cellesqui
étaientsituées au
voisinage
immédiat de lamembrane,
dans une couched’épaisseur
inférieure àcinq
fois le libre parcours moyen pour fixer les idées. Selonles cas cette couche
peut
être à latempérature
del’ensemble du gaz ou à une
température inférieure,
si letemps
d’interaction avec la membrane n’a pas éténégligeable.
Dans le
premier
cas, laréponse
du détecteur àl’arrivée de cette
première
couche seracaracté-ristique
de latempérature
du gaz.20 Dans le deuxième cas, les
particules
de la couche de contact sortiront à faiblevitesse, puis
seront
rattrapées
etdépassées
par lesparticules
de la couche
plus profonde
à latempérature
que l’on cherche à mesurer. Ce sont ces dernièresqui
provoqueront
le début de laréponse
de lajauge.
Comme le
temps
d’écoulement de lapremière
couche est
négligeable
parrapport
au retardOA,
on aura bien encore une
réponse
caractéristique
dela
température.
3° L’écoulement ne continue pas ainsi
indéfi-niment : les molécules
qui
sont sorties dès le début del’expansion
avec des vitesses faibles ou maldirigées
(et
qui
sont enmajorité)
frappent
lesparois, perdent
leurénergie
cinétique
et s’accu-mulentprogressivement
entrel’emplacement
dudiaphragme
et le détecteur en limitantconsidéra-blement le libre parcours des
particules
chaudessortant
postérieurement.
Ces dernières sont donc arrêtées ouralenties,
etatteignent
le détecteuravec un
retard
considérable parrapport
au débutde la
réponse.
Deplus
lesparticules
sortant ainsiavec un certain retard auront
déjà
subi unpremier
refroidissement à l’intérieur de l’enceinte
A,
parsuite de l’interaction avec la
paroi
s’ils’agit
d’uneexplosion,
et par suite de la détentemacroscopique
amorcée dès le début de
l’expansion.
De sorte que detoute
façon le
début de laréponse
de lajauge
nedépend
bien que de latempérature
despremières
par-ticules chaudes
qui
sortent,indépendamment
de la durée duvidage.
Remarques.
- 10 Dans le cas où ledépart
desparticules
« utiles » se feraitpendant
untemps
nonnégligeable,
T’,
laréponse
de lajauge
serait d’une forme voisine de : ,ce
qui
aurait pour effet d’adoucir le front de mon-tée et de retarder lemaximum,
sans affectersen-siblement le retard OA
(fig. 2).
Latempérature
déduite directement dans ce cas parcomparaison
avecj(T)
pourrait cependant
subir une erreursen-sible
(par défaut).
Lesexpériences
effectuées nelaissent supposer une telle erreur que dans le cas de
l’hydrogène
à latempérature
ambiante. Maisencore dans ce cas, il est
possible
que ce soit lavitesse de
rupture
de la membranequi
soit en cause. 20 Il est clair quechaque
fois que laquantité
degaz lâché dans la colonne n’est pas
négligeable,
il n’est paspossible
d’obtenir mieux que le début dela
réponse.
En sortequ’il
estlégitime
de concevoirl’expérimentation
defaçon
à n’observer que ce début deréponse,
cequi
peut
êtreavantageux
aupoint
de vuepratique.
30 Fonctionnement du détecteur. Nous avons
supposé
que le détecteur fonctionne d’unefaçon
analogue
à uncompteur
departicules
ou, cequi
revient au
même,
qu’il
mesure le flux due matière28
non. pas la densité
(1).
Il estprobable
que cettehypothèse
n’est pas tout-à-faitvalable
dans laplupart
des cas, notamment dans le cas de lajauge
dePenning,
utilisée dans lesexpériences
qui
vont être décrites. Eneffet,
une tellejauge
pro-voque une accumulationpartielle
du gazqui
ypénètre,
à cause de sagéométrie,
en sorte que laquantité
détectée serait une fonction dutemps,
d’allure intermédiaire entre
j(r)
et f0 T
j(t)
dt.L’in-tégration
de la fonction normaliséej(T)
a pour effet d’adoucir le front demontée,
mais dans lapratique
l’accroissement de la densité entraîne un accroissement dugain
dudétecteur,
de sortequ’il
n’est paspossible
de savoir si cet effet estbénéfique
ou non dupoint
de vue de la raideur du front dusignal.
Pour lesavoir,
il faudrait faire desexpériences comparatives
avec deuxjauges
simi-laires,
dont l’une serait traversée facilement par lesparticules
et l’autre serait bouchée à l’extrémité aval.On
peut
aussiimaginer
d’autresdétecteurs,
decaractéristiques,
très différentes. La mesureins-tantanée de la
pression,
c’est-à-dire de laquantité
demouvement
du flux departicules
se traduirait par une courbe de la forme :Toutefois le
paramètre
enquestion
semble diffi-cile à mesurer defaçon
instantanée.Également
l’énergie
cinétique
duflux,
mesurableplus
facilement,
par desprocédés calorimétriques
ultra-rapides,
feraitapparaltre
la fonction :dont le front très raide serait une
caractéristique
intéressante.
III. DESCRIPTION DES
EXPÉRIENCES
Trois séries
d’expériences
ont étéeffectuées,
deux en vue de vérifier la théorieexposée ci-dessus,
la troisième série pour déterminer effectivement des
températures
inconnues.Expérienees
de vérification etd’étalonnage
LeS températures
connues sont latempérature
ambiante d’unepart,
290OK,
et latempérature
d’explosion
d’unmélange d’hydrogène
etd’oxy-gène,
de l’ordre de 3000,DK,
d’autrepart.
L’appareillage
est assez semblable dans ces deux sériesd’expériences : (fige
4)
une cavité d’environ 1 cm3 estplacée
au sommet d’une colonne d’un mètre de hauteur. Dans cette cavité est introduit le gaz dont on veut mesurer latempérature.
Elle estséparée,
par une feuille decellophane,
de lacolonne où
règne
un vide de 10--’mmHg.
A la(1) Cette dernière suit une évolution de la forme :
A(1/’T:8) e-(1/t2).
base de la colonne se trouve une
jauge
dePenning
qui
remplit
le rôle de détecteur departicules.
Son fonctionnement est trèssimple :
unedécharge
continue est établie dans le gaz ambiant entre deux
électrodes,
l’efficacité du processus d’ionisation estaugmentée
par unchamp
magnétique
judicieuse-ment’placé,
cequi
permet
de mesurer despres-sions très basses
(de
l’ordre de 10-5mmHg).
Lesignal
est obtenupar
la mesure du courantqui
passe dans le gaz entre les deux électrodes. La
tension -
de 1 200 V - est
appliquée
à lajauge
par l’intermédiaire d’un condensateur de0,25
uF,
lui-même
chargé
à travers une résistance trèséle-vée,
de 20 MQ. Cetteprécaution
a pour but delimi-ter l’observation au seul début de la
réponse
et d’éviter l’obscurcissement du cliché par lesphéno-mènes
parasites qui
seproduiraient
après
(accom-pagnés
deplusieurs balayages inutiles).
10 MESURE DE LA TEMPÉRATURE AMBIANTE.
-Le gaz -
oxygène
ouhydrogène
- est introduitsous
pression
dans la cavité par un tubecapillaire.
Lapression
d’éclatement de la feuille decellophane,
environ 3
kg/cm2,
est atteinte enquelques
secondes.La membrane a reçu avant sa mise en
place
sur lacolonne,
undépôt
d’argent
parpeinture
sous formed’un
trait réunissant deux électrodes fixes. La rup-ture de la membrane provoque,ainsi,
l’ouvertured’un circuit et le déclenchement de
l’oscillos-cope
(flg.
5abcd).
Avec chacun des deux gazuti-lisés, on;a
obtenu deux clichés montrant unerepro-ductibilité très satisfaisante. Le
dépouillement
estassez délicat. Il est fait par deux méthodes
diffé-rentes. Dans les deux cas on admet que la courbe
enregistrée
estreprésentative
de la fonctionj«)
déjà
étudiée(fin. 3).
a)
Après
labrusque
courburequi
suit ledépart
apparent
duphénomène
(’t"
~0,25),
la courbepré-sente une
partie
presquerectiligne,
latangente
encette
région
coupe l’axe destemps
à l’instant t~0,34.
Si l’intervalle destemps
ainsi mesuré surl’oscillogramme
est At on en déduit :m étant la masse de la
particule, k
la constante deBoltzmann et 1 la
longueur
dutrajet.
D’où endéfi-nitive : .
M étant la masse
atomique
et Atétant,exprimé
enmillisecondes.
b)
Lafonction j
(r) présente
les valeurs sui-vantes :Il est
possible
de reconstituer cetteprogression
l’ins-29
tant
Ati correspondant
à T =0,25.
Latempéra-ture est alors donnée par :
Les résultats obtenus par cette deuxième
mé-thode de
dépouillement,
pour unetempératue
réelle de
290,DK,
sont :pour les deux clichés.
N.B. - Le
systématisme
qui
apparait
pourl’hydrogène
estpeut-être
dû enpartie
ou en totalité à la lenteur relative de larupture
de la membrane.20 MESURE DE LA TEMPÉRATURE D’EXPLOSION
DU
MÉLANGE HYDROGÉNE-OXYGÉNE. -L’explo-sion étudiée est celle d’un
mélange d’hydrogène
etd’oxygène
dont lesproportions
sont définiespar
l’équation
de réaction :Ce
mélange
a été choisi car il ne laisse pasd’hy-drogène
en excèsqui
donnerait uneréponse
pré-maturée. Il ne
peut
laisser que del’oxygène
en excès sous les formes :O2 :
M =32,
qui
arrive au détecteur avec ungrand
retard.0 : M =
16,
qui
peut
entrainer une erreur(par
excès)
inférieure ouégale
à 12%.
A 3 000 OK la concentration en
oxygène
ato-mique
peut
atteindrequelques
centièmes.La
température
atteinte dans une flamme ainsialimentée,
à lapression atmosphérique,
est de2 900 oK
(Réf. 1).
A volume
constant,
si l’on admet que ledegré
de dissociation est le
même,
la différence entreen-thalpie (pression
constante)
eténergie
interne(vo-lume
constant)
est,
pour la même,température
et pour unemolécule-gramme
deH20 :
m(C - c) (T
-373)
.--- 5 kcal cequi
entraîne une correction de 60° environ. D’où finalement unetempérature
del’explosion
comprise
entre 2 950et 3 000 oK.
Le
mélange, réglé
au moyen de deux débitmètres àperte
decharge,
entre dans la cavité et en sortpar deux
petits orifices,
et labalaye
en permanenceà une
pression légèrement supérieure
à lapression
atmosphérique.
L’explosion
est proi1quée
par uneétincelle
électrique
à l’intérieur de kcavité,
étin-cellequi
déclenche en mêmetemps
lebalayage
del’oscilloscope.
Unpremier
détecteur est constituépar deux
petites
électrodes distantes de 1 mm,placées
immédiatement en aval de la membraneet soumises à une différence de
potentiel
de 400 V(fin.
4):
Au moment de larupture, les
gaz decom-bustion sont suffisamment ionisés pour
qu’une
petite
décharge
ait lieu. Lecourant
qui
passealors entre les deux électrodes est
enregistré
surl’une des deux voies d’un
oscilloscope
bicourbe,
tandis que l’autre voie est affectée ausignal
de lajauge
dePenning.
Le déroulement duphénomène
est le suivant : à
partir
de l’instant de l’étincelleFig. 4a. - Mesure de la température ambiante. 1, mem-brane. -
2, capillaire. -
3, bouteille 150 kg.
-4, déclenchement. -
5, dépôt
d’argenti
reliant lesélectrodes. --6, sommet de la colonne.
Fig. 4b. - Mesure de la
température d’explosion du
mélange hydrogène-oxygène. 1, fuite réglable. - 2,
éclateur à étincelles. -
3, débitmètre. -
4, signal de
rupture.
le retard à la
rupture
de la membrane est de200
Us.]
L’écoulement à fortepression
et
fortedensité dure environ 100 vs. Il est suivi pen· dant
200 us
d’un’écoulement à
plus
fàible
den-sité,
autantqu’on puisse
enjuger
par lesignal
du.30
FIG. 5a-b) Oxygène à la température ambiante (290 OK). Le déclenchement de l’oscillographe - instant 0 -
est
pro-voqué par la rupture de la membrane. La température déduite des deux oscillogrammes est 295 °K.
Fie. 5c-d. -
Hydrogène à la température ambiante. Même processus qu’en a-b). Les températures déduites sont :
c) 262 oR, d) 254 oR.
Fie. 5e-/) Explosion du mélange oxygène-hydrogène. Le front de la courbe supérieure correspond à la rupture de la
mem-brane. La courbe inférieure est la réponse de la jauge de PENNING. Les tempéraiuressonte) 300 OK f) 3 480 OK.
jauge
dePenning
se situe à 140 ys environ del’instant de la
rupture,
et parconséquent
avantla fin de l’écoulement.
Le
dépouillement,
effectué par les deux méthodes poursept clichés,
fournit les valeurssuivantes,
affectées chacune d’erreurs de l’ordre
de :1:
10%
et
qui
sont : 3 300o 3 48Qo 3 4800 3 6800 -3 3000 - 3480o - 3 480 OK. La moyenne est3 450
OK,
l’incidence des erreurspurement
acci-dentelle
(dosage
dumélange, rapidité
derupture
de lamembrane,
dépouillement)
étant de l’ordre de 1000. Il semble doncqu’il
y ait une erreursys-tématique
assezimportante,
latempérature
théo-rique
del’explosion
’étant de 3 000,OK. Mais uneexplication
possible
que nous avançons sans autre preuve est que le début de laréponse
est dû nonpas à de la vapeur d’eau
(.H 20
=18),
mais à unmélange
de vapeur d’eau etd’oxygène
atomique
(0
=16). Auquel
cas latempérature
mesurée serait une valeur intermédiaire entre 3 000 et 3 450 OK. Lapondération
ne se fait pasproportionnellement
auxconcentrations,
elle «avantage
» lesparticules
légères.
Les résultats de ces deux séries
d’expériences
montrent que la méthode est
valable,
et que, si elle fournitparfois
des valeurs entachées d’erreurssystématiques,
ces erreurs sont assez faibles en valeur relative. Onpeut espérer
qu’une
améliora-tion de la théorie de la méthodepermettra
de lesprévoir
en fonction dudispositif expérimental
et d’obtenir en fin decompte
une thermométrieExemple
de détermination d’unetempérature
inconnue. - Ils’agit
desphénomènes provoqués
par des
impulsions
de courant intenses -dans des conducteurs résistants(réf. 2) (fig. 6, 7).
FIO. 6.
- Température des explosions de fils; dispositif
expérimental. 2013 1, oscilloscope (mesure du courant).
--2, résistance coaxiale en carbone (0,01 fi). - 3,
écla-teur. - 4, colonne. - 5, collecteur. - 7, oscilloscope. - 8, dépôt de graphite. FIG. 7. -
Température des explosions de fils.
Enregis-trement des phénomènes.
La
décharge
d’un condensateur dans un fil finplacé
dans le videproduit
unplasma
detempéra-ture très élevée. De nombreux travaux ont
permis
de montrer que ces
températures
atteignent
le million dedegrés.
Nous avons cherché à déduireces
températures
des vitessesd’éjection
desparti-cules à
partir
duplasma.
L3 condensateur de 2
gF
estchargé
à 5 000 V.Il se
décharge,
par une étincellecommandée,
dansle conducteur résistant à étudier
qui
constitue,
avec ses
connexions,
l’exploseur.
C’est une boîtemétallique
communiquant
avec l’enceinte à videpar
un trou de 1 cm. Lesparois
de la boite servent de conducteur de retour et lasymétrie
de l’en-semblepermet
de rendrenégligeable
l’actionma-gnétodynamique
sur la matièreéjectée.
On
enregistre
le courant sur unoscillographe
enrecueillant la tension
produite
aux bornes d’unerésistance de
0,01 Q
placée
en série dans le circuit.La self du circuit et du condensateur donne une
fréquence
d’oscillation de 150KHz. ,
L’exploseur
estplacé
au sommet de la colonnedéjà décrite,
recouverte intérieurement degra-phite.
La vitesse desparticules
éjectées
est mesurée à la base de la colonne nonplus,par
unejauge
dePenning,
mais par un détecteur departicules
com-portant
deuxélectrodes,
une ciblecylindrique
portée à
unpotentiel
négatif
et un collecteur axial mis à la terre à travers une résistance de mesurede 100 Q. La
couche
degraphite qui
couvreinté-rieurement la colonne est mise à la terre à travers une résistance de 5 000 03A9. Les
particules
émisespar
l’exploseur
bombardent la cible en luiarra-chant des électrons
qui
sont recueillis par lecol-lecteur. Les
précautions prises
(écrans
électriques
judicieusement placés)
et les.expériences
complé-mentaires effectuées amènent à la conclusion que lesparticules
détectés sont des atomes neutres, excités ou non.Le
premier
conducteuressayé
est un fil de3/100e
de millimètre enalliage
de 40%
de cuivreet 60
%
de nickel. Onplace
enparallèle
unedi-zaine de brins de 8 mm, la résistance de l’ensemble
étant environ 1 03A9. A la
pression atmosphérique,
ladécharge
d’uneénergie
de 10joules
détruitimmédiatement l’ensemble de ces brins. Par
con-tre,
dans un bon vide les filaments résistent à unecentaine d’essais. Dans ce cas une
évaporation
par-tielle se manifeste à la surface du matériau avant que la masse centrale
puisse
fondre et dans cettevapeur â
faiblepression
un arcs’amorce,
sa résis-tance est si faiblequ’il
shunte etprotège
le fil.. Nous supposons que la
propagation
del’énergie
est amorcée par une onde à front raide. Le
champ
électrique perpendiculaire
à la surface serait trèsélevé
et,
quoique
de faibledurée,
seraitsusceptible
d’arracher au conducteur desparticules
chargées.
Ces dernières
engendreraient ensuite,
parbombar-dement,
la couche gazeuse où seproduit
l’arc. Cetarc à basse
pression
durequelques
microsecondes,
pendant lesquelles
il atteint unetempérature
trèsélevée.
L’expansion
de ce gaz, observée au moyen du détecteur à deuxélectrodes,
fournit unsignal
de .duréevariable,
à frontraide,
retardé de 20 à 40 ys parrapport
au début de ladécharge.
Lesvitesses des
particules
détectées sontcomprises
entre 20 et 50km/s,
cequi
correspond
à deséner-gies
de 150 à 800eV, réputées
suffisantes pour pro-voquer une émission secondaire d’électrons par32
de transformer
simplement
cesignal
enspectre
des vitesses ou desénergies.
Il faudraitpour
cela con-nattre le nombre y d’électrons émis par atomeinci-dent en fonction de
l’énergie
de celui-ci. Onpeut
cependant
faire leshypothèses grossières
que y estconstant pour les
énergies
lesplus
élevées et quela distribution des vitesses est
maxwellienne,
comme dans les
expériences
précédentes.
La valeur ainsi déterminée est d’environ 10" OK. Unetempé-rature aussi élevée est considérée comme
probable
par
SERRERqui
écritl’équilibre
entrel’énergie
rayonnée
par le gaz chaud etl’énergie électrique
introduite
(réf. 3).
.Des
expériences identiques
ont été conduites enremplaçant
le fil fin par un morceau de mine de crayon de 25 mm et 2mm de diamètre. Dans le vide lesphénomènes
sont très semblables à ceuxobservés avec les fils : lueur vive et
éjection
dematière de vitesse
comparable.
En admettant que. la matière
éjectée
est ducarbone,
latempérature
observée serait d’environ 150 000,DK. IV. CONCLUSION.
L’originalité
de la méthode décrite - caractèrequ’elle
partage
d’ailleurs avec les méthodesop-tiques
- estqu’elle
ne fait pasappel
à unéchange
de chàleur entre lé corps
étudié
ét unautrerorps.
Or,
on dit souventdes
thermomètresqu’ils
nemesurent que leur propre
température.
Ici iln’y
a pasinteraction
mutuelle : lesparticules
issues du corps ont bien une action sur lajauge,
mais inversement lajauge
n’a pas d’action sur le gazétudié. Par
rapport
aux méthodesoptiques,
letsavantages
sont dedeux
sortes :--10 La théorie de
départ
est trèssimple
d’une
part,
et vérifiéepar
l’expérience
d’autrepart,
cequi
tend à prouver sa validité.20 Le domaine
d’application
estbeaucoup
plus
étendu,
aussi bien du côté destempératures
bassesque du côté des
températures
trèsélevées,
sansqu’il
soit besoin dechanger
dephénomène
phy-sique
de base. D’autre,part,
la facilité de mise en oeuvre est à peuprès
du même ordre que celle desméthodes
optiques.
,La continuation des
rechercha
comportera
uneamélioration de la
théorie,
fondée
sur uneanalyse
plus
fine du mécanismed’éjection
au niveau de lamembrane,
d’autres sériesd’expériences
dans des casconcrets,
et enfin des déterminations faites en concurrence avéô dés méthodesoptiques.
BIBLIOGRAPHIE
[1]
Techniques
de l’Ingénieur. Généralités, tome I, A 540-10.[2] C. R. Acad. Sc., 1961, 252, 2084-2086.
[3] SCHERRER (V. E.), « Exploding wires », Plenum Press