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LEUVEN
Nathaniel R
UDAVSKY-B
RODYi.
Ce n’était jamais le même train, bien qu’en principe les heures ne soient pas indéfiniment divisibles, les horaires des trains
si vertigineusement déclinés aux moments possibles, au temps et aux hasards ii.
Pendant deux ans je venais chaque jour au bout d’une heure (plus d’une heure) de tram et de train, et chaque jour je rentrais, au bout d’un jour (plus d’un jour) de travail par un autre train vers
une vie devenue irreconnaissable iii.
Ville que j’ai connue pour la première fois
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au hasard d’une journée refusée au travail, le début d’une fin parmi d’autres ; ville à laquelle plus tard je suis retourné pour travailler chaque jour, comme je viens de dire
iv.
Ville d’églises tronquées et de rues décousues,
ville déformée par le miroir concave de son propre regard pour refléter un ciel la taille d’une ville : encerclée par
son train pendant que d’autres trains rouillaient paisiblement à l’entrée de la gare
v.
où les portes de l’esprit étaient ouvertes mais je ne pouvais les passer, les cours pavées des siècles passés sont restées vides, les vocables de l’esprit se vendaient aux coins des rues mais je ne pouvais les acheter de mon temps trop cher
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vi.
où à midi je
suivais pourtant les rues neuves et anciennes
confondues comme l’idée abstraite d’un livre
et j’aimais même l’avenue écorchée au bord de l’eau sale du port (si un canal peut avoir un port) qui me ramenait chaque jour à ma journée ouvrable
vii.
Ville où je n’ai rien appris si ce n’est l’apparence
d’apprendre, l’idée abstraite d’un livre ouvert au
petit ciel parfaitement rond d’une ville qui n’en a
jamais connu d’autre viii.
Ville que je rêverais toujours d’apprendre