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GÉOPHYSIQUE ENCYCLOPÉDIEDELAPLÉIADE

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ENCYCLOPÉDIE DE LA PLÉIADE

GÉOPHYSIQUE

VOLUME PUBLIÉ SOUS LA DIRECTION DE JEAN GOGUEL

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Tous droits de traduâion, de reproduHion et d'adaptation réservés pour tous pays, y compris l'U.R.S.S.

© 1971, Éditions Gallimard.

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NOTE DE L'ÉDITEUR

Selon l'usage adopté dans l'Encyclopédie de la Pléiade, chacun des chapitres de cette Géophysique est suivi d'une bibliographie sommaire qui rassemble les ouvrages essentiels auxquels se sont référés les auteurs, d'une part, et des conseils de lecture pour l'étude complémen- taire de sujets particuliers, d'autre part.

En outre, afin de faciliter les recherches à l'intérieur même des chapitres, le lecteur pourra consulter les index et les tables qui figurent à la fin du volume dans l'ordre

suivant

1° Index des noms de personnes.

2° Index des matières.

3° Index géographique.

4° Table analytique des matières.

5° Table des illustrations.

6° Table générale.

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LA PLANÈTE TERRE

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LA TERRE DANS L'UNIVERS

Dans sa ronde autour du Soleil, la Terre est accompa-

gnée des autres planètes, de Mercure, très proche

du Soleil, à Pluton dont l'orbite sert pratiquement de fron-

tière au « système solaire ». A l'échelle immédiatement

supérieure, le Soleil n'est qu'une étoile parmi dix mil- liards d'autres étoiles qui forment notre Galaxie. Enfin, la Galaxie est elle-même plongée dans un vaste Univers peuplé d'autres galaxies. Jusqu'où ces systèmes s'em-

boîtent-ils les uns dans les autres ? Y a-t-il une limite

et comment peut-on en montrer l'existence ? C'est là une question où la science le dispute à la philosophie, du moins tant que l'observation n'aura pas apporté de preuves décisives.

Si le mouvement de la Terre et des autres planètes autour du Soleil est bien visible, il faut en revanche des observations délicates pour mettre en évidence le dépla- cement du système solaire, et d'ailleurs de toutes les étoiles dans la Galaxie. Et cependant, les astres sont per- pétuellement entraînés dans un gigantesque ballet au cours duquel ils naissent, vivent et meurent sous nos yeux. Quelle est la place du système solaire dans cette ronde, d'où vient-il et où va-t-il ? La structure et l'évo- lution des étoiles sont maintenant des branches de l'as-

trophysique suffisamment avancées pour qu'on puisse commencer à répondre à ces queStions.

LA TERRE DANS LE SYSTÈME SOLAIRE

LES PLANÈTES

Autour du Soleil gravitent les neuf planètes princi- pales Mercure, Vénus, la Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune et Pluton. Elles décrivent des orbites

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LA PLANÈTE TERRE

elliptiques d'excentricité faible, c'est-à-dire pratiquement circulaires, dont les caractéristiques détaillées sont don-

nées dans le tableau ci-dessous. Les dimensions des

demi-grands axes sont données en unités astronomiques (U.A.). En effet, les unités ordinaires cessent d'être

« parlantes » pour des dimensions aussi considérables et les astronomes ont l'habitude d'utiliser des étalons de mesure appropriés aux objets qu'ils étudient. L'unité astronomique est égale au demi-grand axe de l'orbite terrestre et vaut 149 675 00o km. Cette unité, très conve- nable tant qu'on ne s'intéresse qu'au système solaire, est toutefois très petite par rapport aux distances des étoiles même très proches. On utilisera alors un nouvel étalon de longueur, lié au précédent la distance à laquelle un observateur verrait le demi-grand axe de l'orbite ter- restre sous un angle d'une seconde d'arc. Cette unité s'appelle parsec et vaut 3,0857X io13 km, c'est-à-dire environ 30 millions de millions de kilomètres. On utilise aussi parfois l'année de lumière, distance parcourue par la lumière dans le vide pendant une année cette année de lumière est plus satisfaisante pour le physicien car elle ne fait appel à aucune mesure astronomique pour sa définition. Le problème reste néanmoins à résoudre de rapporter un étalon de longueur astronomique aux unités légales on cherche en fait à mesurer ce qu'on appelle la

« parallaxe solaire », angle sous lequel on voit du So- leil le rayon équatorial de la Terre utilisé comme base.

Au xixe siècle on utilisait pour cela les passages de la planète Vénus devant le disque solaire, observés de

différents points de la surface de notre Globe. On pré-

fère maintenant déduire la parallaxe solaire de l'étude des mouvements apparents des petites planètes Eros ou Amor. La précision de cette détermination n'est pas

très élevée en valeur relative on utilise la valeur 8 ",790 ± o",ooi. C'eSt en utilisant cette détermination que l'unité astronomique a été calculée. L'année de lumière qui est égale à 9,46. io12 km vaut environ

0,307 parsec.

Les orbites décrites par les diverses planètes sont bien connues grâce à l'accumulation des données d'observa- tion pendant de nombreuses années. Le mouvement des planètes autour du Soleil obéit en première approxima- tion aux lois de Kepler a) elles décrivent des ellipses

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LA TERRE DANS L'UNIVERS

dont le Soleil occupe un des foyers; b) le rayon vecteur qui joint le Soleil à une planète balaye des aires égales en des temps égaux (loi des aires); c) les cubes des demi- grands axes des ellipses décrites sont dans un rapport constant avec le carré des périodes.

Les orbites seront donc caractérisées, outre la lon- gueur du demi-grand axe et la période qui lui est liée, par l'excentricité, qui est le rapport de la distance des

foyers à la longueur du grand axe, et par une indication

relative à l'orientation du plan de l'orbite dans l'espace on utilise l'inclinaison de ce plan sur le plan de l'orbite terrestre ou plan de l'écliptique.

On notera qu'à l'exception de Pluton les planètes principales ont des orbites sensiblement circulaires situées dans des plans très voisins de l'écliptique le système solaire est très aplati. De plus, le sens de rota- tion autour du Soleil est le même pour toutes les pla- nètes sans exception. Un observateur regardant le sys- tème solaire par sa face Nord les verrait tourner dans le sens direâ (c'eSt-à-dire inverse de celui des aiguilles d'une montre); c'eft aussi le sens de rotation de la plu- part des satellites sur leurs orbites, ainsi que le sens de rotation sur elles-mêmes de toutes les planètes principales, Uranus et Vénus exceptées. On voit qu'ainsi tous les

mouvements contribuent dans le même sens au moment

cinétique de rotation de l'ensemble du système solaire.

Mais une étude plus soignée du mouvement des planètes peut nous apporter d'autres informations pré- cieuses en effet leur mouvement n'a pas lieu exactement suivant les lois de Kepler. Elles s'attirent mutuellement suivant la loi de gravitation universelle de Newton et il en résulte des perturbations de leur mouvement. L'étude de ces perturbations conduit à la détermination de la masse des planètes. Dans le cas des planètes ayant des satellites, il suffit d'étudier le mouvement de ceux-ci pour en déduire la masse de la planète. Par contre, seules les perturbations permettent de trouver la masse des planètes sans satellites, Mercure, Vénus et Pluton. Mais ces planètes ont de petites masses et n'exercent que de faibles perturbations. Pluton, en particulier, situé très loin, a une aâion presque insensible sur les autres planètes. En bref, la masse de Vénus est bien connue, celle de Mercure est entachée d'erreurs, celle de Pluton eSt incertaine.

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LA PLANÈTE TERRE

La mesure du diamètre apparent des planètes conduit immédiatement à leur diamètre réel. Le quotient de leur masse par leur volume est leur masse spécifique moyenne.

Toutes ces données sont résumées dans les deux tableaux

qui suivent.

DONNÉES MÉCANIQUES SUR LES PLANÈTES

PLANÈTES a a T excen- incli-

(U.A.) (io° km) (années) tricité naison

Mercure 0,387 57,94 0,241 o,zoG 7° oo'

Vénus 0,723 108,27 0,615 0,007 3° 23'

Terre 1,000 149,68 1,000 0,017 o° 00'

Mars 1,524 228,06 1,881 0,093 i"si'

Jupiter 5,203 778,73 11,862 0,048 i° 18' Saturne 9.539 1427,7 2g, 457 0,056 z° 29'

Uranus 19,191 2872,4 84,0133 0,047 o° 46'

Neptune 30,071 4500,8 164,783 0,009 i°47'

Pluton 39,517 5914,8 248,421 0,247 17° 18'

MASSES, DIAMÈTRES, DENSITÉS

PLANÈTES m m ijm diamètre diamètre p (grammes) ( ffl = 1) ( © = 1) (km) ( ffi = 1) eau =1

Mercure 3,45. 10" 0,054 6120000 5000 0,39 4,19 Vénus 5,24 10" 0,82 408645 12400 0,973 4,9 Terre 5,976. 10" 1 324425 12742 1,000 5,52 Mars 6,389. io!* 0,108 3110000 6780 0,532 3,85

Jupiter 2,032 io30 318,85 J 047,40 139760 10,97 1,33

Saturne 6,08. io!* 95,3 3499 115 100 9,03 0,71 Uranus 9,31. 10'8 14,58 22870 51000 4,00 1,26 Neptune 1,102. 10" 17,26 19310 44 600 3,50 2,22 Pluton 5,9 1027 0,9? 360000? 12700 1,0? 5,5 ?

Un autre paramètre permet de préciser dans certains cas la structure interne des planètes il s'agit de l'apla- tissement a qui mesure l'écart à la forme sphérique par- faite on peut montrer que cette quantité eSt liée au moment d'inertie par rapport à l'axe de rotation de la planète. La mesure directe de cet aplatissement au téles- cope permet donc une détermination du moment d'iner- tie or ce moment, pour une planète de masse m et de rayon R, peut aller de z/3 X m R2 pour une sphère creuse

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LA TERRE DANS L'UNIVERS

à o pour une sphère où la masse serait concentrée sur l'axe, en passant par 2/5 m R2 pour une sphère homo- gène. On voit donc que, puisque m et R sont connus, la mesure du moment d'inertie peut donner des indica- tions sur la répartition de la masse à l'intérieur de la planète.

L'examen du deuxième tableau montre que les pla- nètes peuventse classer en deux catégories les planètes qui ont une masse spécifique comparable à celle de la Terre et celles qui ont une masse spécifique nettement plus faible. Les premières sont les planètes dites « tel- luriques » Mercure, Vénus, la Terre et Mars, aux- quelles il convient d'ajouter notre satellite naturel, la Lune, qui possède des propriétés analogues.

On peut admettre que la composition chimique eft uniforme dans ce groupe de planètes; alors la masse commande la pression centrale, et sans doute les dis- continuités de densité analogues à celles que l'on ren- contre à l'intérieur de la Terre. C'est ce qu'on observe en gros, malgré une valeur de la densité moyenne un peu forte pour Mercure qui pourrait donc avoir une com- position chimique différente. Remarquons que dans le cas de la Lune la théorie ne prévoit pas de discontinuité de la densité, ce qui e§t confirmé par l'observation de son moment cinétique qui correspond à celui d'une sphère homogène. On prévoit pour Mars une discon- tinuité de la densité à environ zoo km de profondeur, et pour Vénus une Structure analogue à celle de la Terre, mais sans noyau intérieur. Toutefois, l'accord entre les prédictions des théories (qui ne sont que les transposi- tions aux autres planètes des théories relatives à la Terre) et les observations n'est pas totalement satisfaisant dans le cas des planètes telluriques.

Les grosses planètes sont fort différentes. Leurs den- sités moyennes sont faibles, et leurs moments d'inertie, faibles également, indiquent que la masse est concentrée au centre. Il esT: vraisemblable qu'elles sont constituées d'un mélange d'hydrogène et d'hélium, qui en raison de la grande masse de ces planètes se trouve dans des condi- tions de pression très élevée qui font passer très rapide- ment les gaz à l'état liquide vers l'intérieur de la planète, puis pour l'hydrogène à l'état solide; une pression encore plus élevée peut le faire passer enfin à l'état métallique,

GÉOPHYSIQUE 2

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LA PLANÈTE TERRE

ce qui expliquerait la permanence du champ magnétique de Jupiter.

La température au sein des planètes n'est sûrement pas décrite par un processus de lent refroidissement, mais est sans doute entretenue, comme pour la Terre, par le jeu des réactions nucléaires.

L'atmosphère des planètes e£t mieux connue; en effet, l'observation speârographique et, parfois, la mesure de la polarisation de la lumière qu'elles réfléchissent, appor- tent de précieux renseignements sur la composition de l'atmosphère et sur sa température. De plus, des sondes spatiales ont été envoyées dans le voisinage immédiat de Mars et de Vénus. L'une d'elles s'est même posée sur cette dernière planète; d'autres sont à l'heure actuelle en préparation, en particulier à destination de Jupiter.

Les mesures ainsi effectuées in situ permettront bien sûr d'améliorer nos connaissances actuelles de la structure

des atmosphères planétaires. Sans entrer dans le détail, il est cependant possible de mettre en lumière les pro- blèmes qui se posent pour toutes les planètes, y compris la Terre les paramètres à déterminer sont la composi- tion chimique, la température, la densité et la pression au niveau du sol d'abord, en fonction de l'altitude ensuite. Les observations ne donnent que rarement iso- lément ces paramètres, et il est nécessaire de faire appel à la description théorique (parfois spéculative) des divers mécanismes contribuant à l'équilibre de l'atmosphère et aux processus de perte de celle-ci. Parmi les mécanismes qui sont susceptibles d'avoir enrichi ou de continuer à enrichir l'atmosphère des planètes, citons les molécules restées à l'état de gaz lors de la condensation initiale de la matière formant la planète, l'apport de matière dans la haute atmosphère par le « vent solaire », dont nous parlerons plus loin, la vaporisation des gaz occlus dans

les météorites lors de leur entrée dans les couches

denses de l'atmosphère, le dégazage de la matière cons- tituant la planète volcans, geysers par exemple et les réactions chimiques qui se produisent à la surface du sol. Les planètes peuvent d'autre part perdre ou avoir perdu les divers constituants de leur atmosphère sous l'in- fluence de réactions chimiques différentes, du vent solaire qui peut balayer une atmosphère ténue, ou plus simplement par échappement si l'atmosphère est assez

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LA TERRE DANS L'UNIVERS

chaude, les molécules qui la constituent pourront acqué- rir une vitesse thermique supérieure à la vitesse minimum requise pour échapper au champ de gravitation de la planète (vitesse de libération) et dans les hautes couches de l'atmosphère, là où les collisions entre molécules sont rares, une fraction du gaz s'évadera continûment. L'équi- libre thermique résulte d'un bilan complexe qui, comme pour la Terre, met en jeu les sources d'énergie rayon- nement solaire et radioactivité par exemple, mais aussi contraction de la planète, les pertes par rayonnement et enfin les processus de transfert de l'énergie dans l'at- mosphère conduction thermique, radiation, convection.

Enfin, si les conditions sont favorables, les atmosphères planétaires peuvent comporter une ionosphère et, si la planète possède un champ magnétique assez intense, une magnétosphère et des ceintures de radiations ana- logues à celles que nous connaissons autour de notre Globe et qui seront décrites plus loin (Aéronomie).

On trouvera dans Y Astronomie, volume paru dans la même collection, une description des propriétés de chacune des planètes. Ajoutons, cependant, quelques

résultats récents.

Mercure ne présente pas toujours la même face vers le Soleil, mais tourne sur lui-même en 58,6 jours, c'est-à- dire effectue exactement un tour et demi pendant les 88 jours de sa révolution autour du Soleil; son atmo- sphère, si elle existe, serait constituée de gaz carbonique et peut-être d'argon sous une pression très faible, infé- rieure au cent millième de la pression de notre atmo- sphère.

Vénus possède une atmosphère très dense et difficile à percer; les observations effectuées par les sondes spa- tiales soviétiques et américaines qui s'en sont approchées indiquent une composition riche en gaz carbonique (90 %) accompagné d'azote (io %), une température au sol voisine de 75o degrés, et une pression très élevée comprise entre 20 et 100 atmosphères.

La surface du sol de la planète Mars a pu être observée de près par la sonde Mariner 4, et les images retransmises à la Terre; le sol eSt assez semblable à celui de la Lune et montre de nombreux cratères. L'atmosphère pourrait être constituée essentiellement de gaz carbonique sous une pression d'un centième d'atmosphère.

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LA PLANÈTE TERRE

Jupiter possède une ionosphère très importante mais très complexe révélée par les observations radio-astro- nomiques on a pu mettre en évidence des phénomènes voisins de nos orages magnétiques tels qu'ils sont décrits au chapitre Magnétisme externe de cet ouvrage.

Entre Mars et Jupiter circulent des dizaines de milliers de petits objets les petites planètes. Quelques milliers sont observés, mais on estime à plus de vingt mille le nombre de ces astéroïdes plus brillants que la douzième grandeur qu'il reste à découvrir actuellement.

La nature physique des petites planètes n'est pas connue directement. Cependant, il est possible de s'en faire une idée grossière tout d'abord l'observation pho- tométrique indique une forme irrégulière de ces objets;

d'autre part les météorites, ou bolides, que la Terre rencontre régulièrement dans sa ronde annuelle ont des orbites de même nature que les orbites des petites pla- nètes. La nature physique et minéralogique des météo-

rites nous donne donc des indications sur la nature des astéroïdes.

Les plus gros des astéroïdes (Cérès, 770 km, Pallas 480 km, Junon 190 km, Vesta 380 km) sont sensible- ment de forme sphérique. L'hypothèse a donc été avan- cée suivant laquelle on devrait distinguer entre les astéroïdes secondaires, formés par suite de la collision entre quelques-uns des astéroïdes primaires. Au début du xixe siècle, Olbers avait déjà suggéré que Pallas et Cérès étaient des fragments d'une planète brisée. Cette hypothèse est étayée par l'observation du groupement de 15 des astéroïdes en familles, les orbites des membres de chaque famille pouvant partir d'un point

commun, où s'est produite la fracture qui leur a donné

naissance. Seules les familles récemment formées (moins de ioo ooo ooo d'années) peuvent être actuellement iden-

tifiées. On compte actuellement 29 familles, les plus importantes étant celle de Floria II, d'Éos et de Thémis.

COMÈTES ET MÉTÉORES

Les comètes sont des objets d'une nature entièrement différente. Du point de vue mécanique, leurs orbites sont très elliptiques, alors que celles des petites planètes sont encore peu différentes du cercle. Si l'on porte sur un

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LA TERRE DANS L'UNIVERS

graphique le nombre d'orbites d'astéroïdes et de comètes en fonction de l'excentricité, on obtient les courbes de la figure i, indiquant la séparation complète des deux types d'objets. Du point de vue de la constitution physique, les comètes sont beaucoup mieux connues que les astéroïdes.

FIG. I. RÉPARTITION DES EXCENTRICITÉS (sin<p = e)

DES ORBITES DES ASTÉROÏDES ET DES COMÈTES

On découvre en moyenne près de quatre cents comètes par siècle. Mais avant 1850, le nombre de découvertes est beaucoup plus petit, si bien qu'y compris le retour

des comètes périodiques, on compte, depuis l'Antiquité

jusqu'à nos jours un peu moins de deux mille comètes.

Les orbites ne sont connues que pour un tiers d'entre

elles seulement.

Les comètes sont caractérisées par la présence de la chevelure (coma), nuage transparent et faiblement lumi- neux, d'ordinaire grossièrement circulaire ou ovale. On trouve souvent un noyau, point brillant plus ou moins semblable à une étoile; enfin la queue est un pinceau lumineux qui accompagne les comètes brillantes et souvent les comètes qui ne sont visibles qu'au télescope.

La queue est toujours opposée à la direction Comète-

Soleil.

L'observation au speârographe montre dans la

lumière de la chevelure de nombreuses bandes brillantes dues aux molécules de CN, Q, OH, CH, N2+, OH+, NH, CO+ et Cs. Il s'agit, au sens des chimistes, de radi- caux libres, dont la recombinaison est pratiquement

impossible par suite de la raréfaction des gaz. L'excita-

tion des bandes d'émission est due à la fluorescence. La

lumière solaire reçue par les molécules est absorbée puis

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LA PLANÈTE TERRE

restituée ensuite sans changement de longueur d'onde.

Les dimensions sont énormes la tête de la comète, c'eSt-à-dire l'ensemble noyau-chevelure, a un diamètre de 50 000 à 200 000 km. Plus petite, elle échapperait à l'observation. Une queue peut avoir plusieurs millions de kilomètres. Au cours de l'observation l'aspect et les dimensions d'une comète peuvent subir d'importants changements. On peut dire que la tête eSt d'autant plus

grande que la comète eSt plus proche du Soleil. La masse des comètes est très petite, sans doute inférieure au

milliardième de la masse de la Terre.

Le noyau des comètes pourrait être constitué d'un amas sans grande cohésion de poussières et minéraux réfraâaires, et de composés plus volatils qui s'échappent sous l'effet de la chaleur lorsque la comète s'approche du Soleil hydrates de méthane, d'ammoniac, de cyano- gène. Une fois expulsés, ces corps sont dissociés par le rayonnement solaire. Les produits de décomposition sont excités, produisant le spectre de bandes brillantes

observé.

La queue est produite par l'action de la pression de

radiation sur les molécules et sur les grains de poussière

arrachés du noyau par évaporation des gaz. À cette ac-

tion s'ajoute celle du flux de particules en provenance du Soleil (vent solaire). Les particules sont violemment repoussées, ce qui explique que la queue suive la comète quand elle s'approche du Soleil et la précède quand elle s'en éloigne.

On admet aujourd'hui l'existence d'un nuage général de comètes, situé à grande distance du Soleil (30 000 à 150000 unités astronomiques). Les comètes nouvelles seraient précipitées vers le Soleil par suite des perturba- tions dues aux étoiles. Ultérieurement, les perturbations dues à Jupiter transformeraient certaines orbites para- boliques en orbites elliptiques.

Les comètes ne s'accumulent pas indéfiniment au voisinage du Soleil; l'action accumulée de la chaleur solaire finit par les désagréger, quelquefois après une

explosion qui les brise en plusieurs comètes, comme la

comète de 191qui se divisa en deux après son passage près du Soleil. Elles donnent alors naissance aux essaims

de météores.

Les météores, ou étoiles filantes, constituent une classe

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LA TERRE DANS L'UNIVERS

importante d'objets. Lorsqu'une météorite pénètre dans notre atmosphère à la vitesse de plusieurs dizaines de kilomètres par seconde, elle ionise l'air sur son passage

et le rend lumineux. La colonne ionisée ainsi formée

réfléchit les ondes électromagnétiques l'emploi du radar a fait faire de grands progrès à l'étude des météores.

On a découvert ainsi qu'aux essaims nocturnes déjà connus s'ajoutaient de nombreux essaims diurnes. Les météores paraissent provenir d'un point du ciel, le radiant. Il s'agit d'un effet de perspective les trajectoires des météorites sont parallèles à leur entrée dans l'atmo- sphère le radiant donne leur direction commune. Les observations faites à l'aide du radar ont montré que les météores appartenaient au système solaire.

Dans une dizaine de cas, on a pu associer les essaims

de météores à une orbite cométaire. Il est donc vraisem-

blable que si les météores ne sont pas produits par rup- ture des comètes, météores et comètes ont une origine

commune.

Les météores sont dus à de très fines particules (quelques milligrammes), volatilisées avant leur arrivée au sol par frottement sur l'atmosphère.

LE MILIEU INTERPLANÉTAIRE

L'espace dans lequel se meuvent les planètes autour du Soleil n'est pas complètement vide dans les régions où l'écliptique est haut dans le ciel (régions de basse latitude) on peut observer, si le ciel est clair, un peu avant le lever du Soleil, ou immédiatement après son coucher, une lueur assez étendue connue sous le nom de lumière zodia- cale. Dans la direction opposée au Soleil, on peut égale- ment observer, au milieu de la nuit, une lueur étendue le gegenschein. La lumière zodiacale est également obser- vable lors des éclipses de Soleil, et apparaît comme le prolongement de la couronne solaire dont nous par- lerons plus loin.

Le gegenschein est dû à la diffusion de la lumière solaire par la queue gazeuse qui accompagne la Terre dans son mouvement (géocouronne). La lumière zodiacale est due à la diffusion de cette même lumière par un nuage de poussières interplanétaires qui s'étend depuis le Soleil jusqu'à une distance sans doute supérieure à l'orbite

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TABLES

La foudre, par Jean B/7'My~ 709

Les prévisions météorologiques, par André T~iaut, Michel Trochu et Marcel Cambon 721 Les climats terrestres, par Charles Maurain, de

l'Institut. 762

L'HYDROSPHÈRE

Les océans, par Paul Tchernia 795

Les mouvements de la mer, par André Gougen-

heim, de l'InStitut. 819

L'hydrologie des eaux de surface, par Louis

Serra 896

Physique des glaciers, par Louis Lliboutry. ~60 LA GÉOPHYSIQUE APPLIQUÉE, par Léon

Migaux 1027

INDEX DES NOMS 12 19

INDEX DES MATIÈRES. 1225

INDEX GÉOGRAPHIQUE 1239

TABLE ANALYTIQUE 12533

TABLE DESILLUSTRATIONS 1291

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Références

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