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Logique Linéaire et Analyse fonctionnelle

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

Logique Linéaire, Différentielle et Analyse

13ème Forum des jeunes mathématicien-ne-s Novembre 2013

Marie Kerjean, Laboratoire PPS, Université Paris 7

(2)

La logique linéaire résulte d’un dialogue entre syntaxe et sémantique, et enrichit celui-ci.

I Un exemple via des concepts algébriques.

I Un exemple via des outils de l’analyse.

On aboutit à retrouver les constructions de la logique linéaire dans celles de l’analyse fonctionnelle [K., Tasson 2013].

(3)

Logique, Programmes et Maths

Logique Linéaire

Logique Linéaire Différentielle et modèles continus

(4)

Logique, Programme et Maths

(5)

Curry-Howard

Programmes

Terme Type Evaluation

Logique

Preuve Formule Règle de coupure

(6)

Exemple

Programmes Logique

Entiers nat :=∀X(X →X)→(X →X)

Fonction :N→N nat →nat.

P de typeA [P]preuve deA

Sif :nat→nat,n:nat, on peut définir[f][n]grace à la règlecut : [n]

nat

[f] nat→nat nat

La procédure d’élimination des coupures dans[f][n]correspond au calcul de f (n). La preuve sans coupures ainsi obtenue est égale à [f(n)].

(7)

Sémantique dénotationnelle

Programmes : Syntaxe

Terme P =λxA.yB

Type A Évalutation Pt β t0

Sémantique catégorique

Fonction f :A→B

ObjetA Égalité

Logique : Syntaxe

Preuve

`A⇒B

Formule A Elimination des

coupure

(8)

Un exemple : Catégories cartésiennes close

Programmes Sémantique catégorique Logique λ-calcul Catégories Cartésiennes closes Logique minimale

Définition

Une Catégorie Cartésienne Close est une catégorie cartésienneC telle que pour toutA,B,C ∈ C

C(A×B,C)' C(A,C(B,C))

Cela correspond à la possibilité de Curryfier ou non un programme : f :x,y 7→x+y 'f :x 7→(y 7→x +y)

(9)

Un exemple : Catégories cartésiennes closes

Programmes Sémantique catégorique Logique λ-calcul Catégories Cartésiennes closes Logique minimale

C(A×B,C)' C(A,C(B,C))

Cela correspond à la possibilité de Curryfier ou non un programme : f :x,y 7→x+y 'f :x 7→(y 7→x +y)

Les catégories cartésiennes sont la bonne interprétation du

fonctionnement d’un programme et de leur application, des preuves et de la règlecut.

(10)

Logique Linéaire

(11)

Rappel

Une preuve c’est quoi ?

[π]

: A1, ...An`B

(12)

Syntaxe de la logique linéaire

Découverte par Girard en 1988 à partir d’une étude d’une bonne catégorie cartésienne close, la logique linéaire distingue les preuves non-linéaires des preuves linéaires.

I A⇒B est l’implication usuelle, non linéaire

I A(B est l’implication linéaire.

Unepreuve linéairedeB sous l’hypothèse Aest une preuve de A(B. C’est une preuve qui utilise une fois seulement l’hypothèse A.

(13)

Syntaxe de la logique linéaire

Découverte par Girard en 1988 à partir d’une étude d’une bonne catégorie cartésienne close, la logique linéaire distingue les preuves non-linéaires des preuves linéaires.

I A⇒B est l’implication usuelle, non linéaire

I A(B est l’implication linéaire.

Unepreuve non-linéairedeB sous l’hypothèseA est une preuve de A⇒B. C’est une preuve qui utilise plusieurs fois seulement l’hypothèseA.

(14)

Sémantique de la logique linéaire

Interpréter deux sortes de preuves par deux sortes de fonctions.

Fonctions linéaires A ( B,⊗,` Fonctions non-linéaires

A ⇒ B,&,⊕

!

U

Catégorie cartésienne close Catégorie monoïdale close Un modèle de la logique linéaire est une bonne adjonction entre une catégorie cartésienne close, et une catégorie monoïdale close.

(15)

Un exemple : Rel

Syntaxe Sémantique Formule A Ensemble[A]

I [A]est un ensemble.

I [A(B]est l’ensemble des relations de [A]vers [B].

I On définit [!A]comme l’ensemble des multi-ensembles finis de [A].

I [A⇒B] est l’ensemble des relations de[!A]vers [B].

(16)

Un appel à d’autres modèles

... Tournés vers l’algèbre linéaire.

Problème : avoir une catégorie cartésienne close en mathématiques est assez exigeant.

Exemples :

I Domaines de Scott.

I Espaces compactements engendrés et fonctionsk-continues.

I Espaces convenants et fonctions lisses de Frölicher.

(17)

Différentielle et modèles continus

(18)

Un va-et-vient entre Syntaxe et Sémantique

Syntaxe

λ-calcul

Logique linéaire Logique linéaire

différentielle λ-calcul différentiel

Linéarité Sémantique quantitative Différentiation

Sémantique

CCC Lambek 70’s Espaces cohérents

Girard 88

Espaces de finitude Erhard

2005

Espaces Réflexifs K., Tasson 2013

(19)

Un va-et-vient entre Syntaxe et Sémantique

Syntaxe

λ-calcul

Logique linéaire Logique linéaire

différentielle λ-calcul différentiel

Linéarité Sémantique quantitative Différentiation

Sémantique

CCC Lambek 70’s

Espaces cohérents Girard 88 Espaces de finitude

Erhard 2005 Espaces Réflexifs

K., Tasson 2013

(20)

Un va-et-vient entre Syntaxe et Sémantique

Syntaxe

λ-calcul Logique linéaire

Logique linéaire différentielle

λ-calcul différentiel

Linéarité Sémantique quantitative Différentiation

Sémantique

CCC Lambek 70’s

Espaces cohérents Girard 88 Espaces de finitude

Erhard 2005 Espaces Réflexifs

K., Tasson 2013

(21)

Un va-et-vient entre Syntaxe et Sémantique

Syntaxe

λ-calcul Logique linéaire

Logique linéaire différentielle

λ-calcul différentiel

Linéarité Sémantique quantitative Différentiation

Sémantique

CCC Lambek 70’s Espaces cohérents

Girard 88

Espaces de finitude Erhard 2005 Espaces Réflexifs

K., Tasson 2013

(22)

Un va-et-vient entre Syntaxe et Sémantique

Syntaxe

λ-calcul

Logique linéaire Logique linéaire

différentielle

λ-calcul différentiel

Linéarité Sémantique quantitative Différentiation

Sémantique

CCC Lambek 70’s Espaces cohérents

Girard 88

Espaces de finitude Erhard 2005 Espaces Réflexifs

K., Tasson 2013

(23)

Un va-et-vient entre Syntaxe et Sémantique

Syntaxe

λ-calcul

Logique linéaire λ-calcul différentiel

Logique linéaire différentielle

Linéarité Sémantique quantitative Différentiation

Sémantique

CCC Lambek 70’s Espaces cohérents

Girard 88 Espaces de finitude

Erhard 2005 Espaces Réflexifs

K., Tasson 2013

(24)

La logique linéaire différentielle (DiLL)

Preuves

P :A⇒B est une preuve non-linéaire deA⇒B

DP :A⇒(A(B)modélise le comportement linéaire deP en chaque point

Catégorie

f :E →F est lisse Df :E ⇒E (F est l’approximation linéaire def enx ∈E.

La logique linéaire intègre dans ses règles la possibilité de passer d’une preuve non-linéaire à une preuve linéaire.

(25)

La logique linéaire différentielle : un appel à la continuité ...

... Mais :

I La catégorie des espaces topologiques et des fonctions continues n’est pas cartésienne close.

I On veut une interprétation "continue" des preuves.

La preuve deB à partir deA etA→B : (E×E ⇒F →F

x,f 7→f(x)

Convergence uniforme sur E ⇒F

La preuve de(A⇒B)⇒B à partir deA: (E →(E ⇒F)⇒F

x 7→evx :x 7→(f 7→f(x))

Convergence simplesur E ⇒F

(26)

La logique linéaire différentielle : un appel à la continuité ...

... Mais :

I La catégorie des espaces topologiques et des fonctions continues n’est pas cartésienne close.

I On veut une interprétation "continue" des preuves.

La preuve deB à partir deA etA→B : (E×E ⇒F →F

x,f 7→f(x)

Convergence uniforme sur E ⇒F

La preuve de(A⇒B)⇒B à partir deA: (E →(E ⇒F)⇒F

x 7→evx :x 7→(f 7→f(x))

Convergence simplesur E ⇒F

(27)

La logique linéaire différentielle : un appel à la continuité ...

... Mais :

I La catégorie des espaces topologiques et des fonctions continues n’est pas cartésienne close.

I On veut une interprétation "continue" des preuves.

La preuve deB à partir deA etA→B : (E×E ⇒F →F

x,f 7→f(x)

Convergence uniforme sur E ⇒F

La preuve de(A⇒B)⇒B à partir deA: (E →(E ⇒F)⇒F

x 7→evx :x 7→(f 7→f(x))

Convergence simplesur E ⇒F

(28)

La logique linéaire différentielle : un appel à la continuité ...

... Mais :

I La catégorie des espaces topologiques et des fonctions continues n’est pas cartésienne close.

I On veut une interprétation "continue" des preuves.

La preuve deB à partir deA etA→B : (E×E ⇒F →F

x,f 7→f(x)

Convergence uniforme sur E ⇒F

La preuve de(A⇒B)⇒B à partir deA: (E →(E ⇒F)⇒F

x 7→evx :x 7→(f 7→f(x))

Convergence simplesur E ⇒F

(29)

Une solution : utiliser des bornés

Théorème de Banach-Steinhaus

Parmis les fonctions linéaire continues, un ensemble est uniformément bornésssi il est simplement borné.

I Lorsqu’un ensemble de fonctions est muni de la topologie de la convergence uniforme, les bornés qui en découlent sont les uniformément bornés :

B ⊂ F(E,F),B(BE)⊂BF

I Lorsqu’un ensemble de fonctions est muni de la topologie de la convergence simple, les bornés qui en découlent sont les simplement bornés :

B ⊂ F(E,F),B({x})⊂BF

(30)

Une solution : utiliser des evtlc

Linéarité Algèbre Linéaire

Différentiation Analyse

Espaces vectoriels complexes localement convexe et réflexifs

Sémantique quantitative Séries entières

Logique Classique Réflexivité

(31)

Bornés dans un evt

Définitions

I B est bornédans un espace vectoriel topologiquessi pour tout voisinage U de 0, il existe λ∈C tel queB ⊆λU.

I Une fonction est dite bornologique quand elle envoie un borné sur un borné.

Bornés et ouverts

I Entre Banachs, une fonction linéaire est bornologique ssi elle est continue.

I Dans un evt, un ouvert n’est pas forcément borné.

(32)

Interpréter la logique classique

Logique classique

I Le tiers-exclu est démontrable A∨ ¬A.

I De manière équivalente : de ¬¬A, on peut déduire A.

Objet dualisant

En sémantique, cela se traduit par la nécessité d’un objet dualisant

⊥tel que[¬A] :=A(⊥.

I On veut interpréter (A(⊥)(⊥'A.

[A(⊥] := [A]× =Lb([A],C), ledual bornologique deE.

Définition

On interprète les formules par des espacesréflexifs: tels que E××'E.

(33)

Un nouveau modèle de DiLL

[A⇒B] =S([A],[B]) [A(B] =Lb([A],[B])

Espaces réflexifs Fonctions linéaires bornologiques⊗,` Séries entières

&,⊕

Catégorie cartésienne close Catégorie monoïdale close

(34)

Un exemple de conservation de réflexivité : L(E , F )

I L(E,F) est l’espace de toutes les fonctions linéaires deE vers F, muni de la topologie simple.

L(E,F)×' ⊕x∈X(Fx)×={X

fi ◦evxi|fi ∈F×,xi ∈E} L(E,F) est réflexif.

I Principe de la borne uniforme : SurLb(E,F), quandE et F sont réflexifs, bornés simples et bornés uniformes

correspondent.

Lb(E,F)×=Lbs(E,F)× etLbs(E,F)⊂L(E,F)

I Hahn-Banach bornologique : Toute forme linéaire bornologique sur un sev F deE peut être prolongée en une forme linéaire bornologique surE.

On peut étendreφ∈ Lb(E,F)× enφ˜∈L(E,F)×

I Conclusion:

Lb(E,F)×' {

n

X

i

fi◦evxi|fi ∈F×,xi ∈E}

(35)

Proposition

E est réflexifssi δ :x 7→(l ∈E×7→l(x))est surjective deE dans E××.

Théorème

LorsqueE et F sont réflexifs,Lb(E,F) l’est aussi.

Lb(E,F) Lb(E,F)××

Lb(E,F××) δ

δ∗ φ

(36)

Merci de votre attention !

Références

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