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Avertissement général sur l’évaluation des risques
Les informations sur les bio-agresseurs qui sont données dans ce bulletin correspondent à des observations réalisées dans quelques parcelles seulement. Elles ne peuvent en aucun cas remplacer les observations de chaque producteur dans ses cultures.
Le risque annoncé correspond au risque potentiel connu des rédacteurs, sans tenir compte de la façon dont les problèmes peuvent être gérés par les producteurs dans les abris ou les parcelles.
En culture sous abri plus encore que dans d’autres types de cultures, chaque parcelle est une entité spécifique, plus ou moins isolée de l’extérieur. L’arrivée et l’évolution des problèmes sanitaires dans ces parcelles, même si elles sont influencées par les conditions extérieures (pression des ravageurs, environnement, climat…), dépendent aussi beaucoup du type d’abri, des équipements, des techniques culturales et surtout de la stratégie mise en œuvre par le producteur.
Cultures
Tomate sous abri page 2
Fraise sous abri page 4
Salade sous abri page 5
Epinard page 8
Navet page 8
Fréquence de parution :
La parution du bulletin a lieu tous les 15 jours, sauf piégeage ou information particulière.
Bulletin n°87
du 23 janvier 2015
TOMATE SOUS ABRI
Culture en hors sol : 3 parcelles en cours
Plantation Nb de
parcelles Stade moyen
Début Août 1 R13
Octobre 1 F7
Novembre 1 F6
Décembre 1 F2
Informations sanitaires d’après des observations réalisées du 9 au 23 janvier 2015
AleurodesCette année, les aleurodes présentent un niveau de population plus élevé que d’habitude, directement lié aux températures douces qui se sont prolongées. Le froid arrivant est une aide dans la réduction des populations extérieures et du risque virus, mais n’a aucun impact sur les cycles en cours dans les abris chauffés. Même si Bemisia tabaci n’est plus observé actuellement, les adventices à proximité des serres peuvent héberger du TYLCV, notamment le laiteron, la mauve. Un entretien des abords toute l’année s’impose.
Dans la serre précoce, la pression en Trialeurodes vaporariorum est toujours élevée et la dispersion de la population atteint depuis 15 jours son niveau maximum : 100 % des plantes hébergent des larves et des adultes d’aleurodes. La proportion de plantes présentant plus de 3 adultes augmente progressivement, surtout au niveau des parois.
Les Macrolophus sont présents sur toutes les plantes observées mais les effectifs stagnent à 11/plante en moyenne (de 3 à 20 par plante). La difficulté est de gérer les foyers d’aleurodes en parois où l’équilibre est plus difficile à atteindre en attendant la progression des Macrolophus. Des interventions complémentaires sont nécessaires localement. Les parasitoïdes, notamment Encarsia formosa peuvent intervenir pour réguler les larves.
Dans la parcelle d’automne la plus touchée, l’attaque est jugée moyenne mais toujours en augmentation (adultes et larves) : 90 % des plantes sont maintenant occupées au lieu de 60% il y
a 15 jours. Les Macrolophus et les parasitoïdes lâchés sont visibles mais sont encore en trop faibles quantités pour avoir un contrôle sur des populations d’aleurodes en augmentation. Les pupes parasitées par Encarsia sont présentes en parois. Un renforcement d’auxiliaires doit se faire pour espérer parvenir à un équilibre.
Pour les autres parcelles, la présence est faible, voire inexistante dans la culture la plus récente.
Punaises, cyrtopeltisLe cyrtopeltis est déjà signalé dans une parcelle en quantité faible pour l’instant. Il est particulièrement visible en tête de plantes et a déjà occasionné quelques anneaux.
Tuta absolutaTuta est présente dans toutes les parcelles suivies mais avec une pression faible. Dans la culture précoce, les piégeages sont en augmentation significative depuis 1 mois (+10/jour) mais aucun dégâts sur plante n’est observé. Dans les jeunes cultures, les piégeages sont insignifiants et la présence sur plante est estimée entre 5 et 30 %. Dans une parcelle, le nombre de galeries semble augmenter avec des larves de taille moyenne.
BotrytisLes 2 parcelles au stade proche récolte sont concernées sur 10% des plantes avec une intensité faible. La parcelle précoce signale la présence de botrytis sur tige en intensité faible également.
Les techniques de prophylaxie et une bonne gestion du climat permettent de limiter son développement.
SclerotiniaUne parcelle du réseau signale quelques plantes avec des symptômes de sclerotinia sur tige (attaque faible).
OïdiumDeux parcelles sont touchées dans le réseau. La serre précoce maintient une attaque généralisée avec 50% des plantes touchées (oïdium blanc) mais les taches semblent être en régression. La présence sur une culture au stade récolte date de 15 jours et reste faible pour l’instant (oïdium jaune sur 10% des plantes). L’éradication de ce champignon est difficile et son développement peut être accentué par des conditions sèches.
AdventicesDans 2 des parcelles, la présence d’adventices est toujours signalée avec une intensité faible.
Les adventices représentent des réservoirs de ravageurs pour la culture de tomate. Hors des serres et dans les serres, ils peuvent maintenir des ravageurs et des maladies transmissibles à la culture.
VirusToCV : Le virus est signalé sur une des parcelles suivies au stade F7.
TSWV : une parcelle est concernée avec des symptômes de TSWV (virus transmis par les thrips)
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SYNTHESE des niveaux de pression observésFAIBLE MOYEN ELEVE
Tuta
Adventices Botrytis Virus
Aleurodes Oïdium
FRAISE SOUS ABRI
Le réseau d’observation est réalisé actuellement sur les variétés de printemps sur un total de 6 parcelles :
Type de culture
Nbre de parcelles en
cours d’observations
Département Stade Serre
chauffée
4 13 et 84 Début floraison
Serre froide 2 13 et 84 Développement
végétatif
PuceronsOn observe la présence de pucerons dans 3 parcelles d’observation, avec 4 à 93 % de plantes touchées et des niveaux d’attaque faible à élevé.
Hors parcelle d’observation, on observe aussi la présence de pucerons dans plusieurs cultures
Pucerons sur fraisier
OïdiumOn observe la présence d’oïdium dans une parcelle d’observation, avec 7% de plantes touchées et un niveau d’attaque faible.
SALADE SOUS ABRI
Parcelles fixes du réseau : Date de
plantation
Nbre de
parcelles Stade Zone
Mi-octobre 1 Récolte Vaucluse
Début
novembre 1 19-24 feuilles Nord 13
Mi-novembre 2 10-13 feuilles à
Pré-pommaison Vaucluse Début
décembre 1 19-24 feuilles Vaucluse Début
décembre 1 19-24 feuilles Nord 13
Mi-décembre 2 10-13 feuilles
14-18 feuilles Vaucluse Fin
décembre 1 3-4 feuilles Vaucluse
Début
janvier 2 5-6 feuilles et
3-4 feuilles Nord 13
Mi-janvier 1 3-4 feuilles Nord 13
Douze parcelles sont en cours d’observation. Le temps pluvieux de début de semaine risque de favoriser le développement des champignons. Fermés au faîtage, les tunnels doivent cependant rester ouverts sur les côtés pour aérer le plus possible. Si le mistral se lève attention cependant à la déshydratation des salades et brider l’aération au nord. Les gelées de ces derniers jours ont provoqué sur quelques parcelles l’apparition de nécroses sur les salades.
MildiouIl est observé sur deux parcelles hors réseau sur 2% et 10% des salades dont la résistance au bremia est incomplète. Attention avec un climat humide, le développement de la maladie est favorisé.
Bien aérer les abris, commencer à aérer progressivement lorsque les salades sont enracinées.
Elles vont s’endurcir et résister au froid. Proche de la récolte la culture est plus sensible au gel.
Cependant surtout sans système de chauffage hors gel, l’aération doit être maintenue pour limiter le gouttage de l’eau des bâches sur les salades gelées. L’aération assure aussi un dégel des salades plus rapide.
BotrytisDu botrytis est nouvellement observé sur une parcelle sur des plantes au stade 14-18 feuilles. Sur cette parcelle 2%
seulement des plantes sont touchées. Il faut rester vigilant cependant avec un épisode pluvieux, il peut y avoir une recrudescence des attaques de botrytis déjà présent sur les parcelles. Attention aussi aux plantes qui ont subi des dégâts de gel et qui ont des nécroses sur lesquelles peuvent se développer le champignon. L’aération est importante.
Botrytis sur salade
SclérotiniaIl est présent par endroit. Une parcelle hors réseau est fortement touchée jusqu’à 25% de plantes atteintes. Les conditions sur cette parcelle ont été favorables au développement du champignon car la serre est restée très confinée.
Pensez à sortir les plantes atteintes des parcelles, car le champignon se conserve dans le sol sous forme de sclérotes (petits cailloux noirs).
En préventif, la solarisation aura une action efficace sur les sols contaminés. Il peut-être utile aussi de réduire les densités pour une meilleure aération des plantes. Un produit de bio-contrôle à base de Coniothyrium minitans agit sur les formes de conservation du champignon dans le sol et limite le développement de la maladie. Le produit doit être appliqué sur le sol avant plantation et après la récolte. L’utilisation répétée du produit augmentera son efficacité.
Big VeinIl est observé hors réseau. Virus véhiculé par un champignon, Olpidium brassicae, il est présent le plus souvent sur des parcelles avec une humidité du sol élevée (parfois sous les fuites du réseau d’arrosage). Les températures froides sont favorables à son développement. Les plantes ont des feuilles déformées, boursoufflées, les nervures des feuilles sont bien visibles.
Le Big Vein est souvent associé au virus de la tache orangée. Ce virus provoque l’apparition de taches en anneaux orangées sur le limbe et les côtes des salades, il est aussi véhiculé par Olpidium brassicae.
La solarisation est efficace pour réduire les problèmes de Big Vein et de tache orangée. Veillez à ce qu’il n’y a pas de zone d’accumulation d’eau dans les parcelles.
Big vein sur salade
NématodesElles sont encore observées sur des salades au stade récolte. Les salades marquent des retards de croissance. Les plantations de début novembre habituellement épargnées par les attaques de nématodes ont par endroit étaient touchées. Les températures douces en automne peuvent expliquer la présence des nématodes tard en automne.
RongeursIls sont observés régulièrement dans les abris où ils se refugient l’hiver et où ils trouvent de quoi manger. Ils rongent entièrement le collet et le cœur des salades. Dans une parcelle observée hors réseau, ils ont occasionné des pertes de l’ordre de 0.5 à 1.6% des salades.
Dégâts de rongeurs sur salades
PuceronsUne parcelle hors réseau en agriculture biologique présente une attaque élevée sur 98% des plantes observées (plus de 10 pucerons par plante). Surveillez l’arrivée des pucerons sur les parcelles. La détection du premier foyer est importante. Eliminer les premières plantes atteintes.
Noctuelles défoliatricesDeux parcelles présentent des dégâts faibles de noctuelles défoliatrices. Les noctuelles peuvent être ponctuellement présentes en hiver dans les parcelles mais les attaques restent de faible intensité.
EPINARD
Acariens (Tyrophagus)Des acariens de type tyrophagus sont présents sur plusieurs parcelles d’épinards avec des dégâts allant parfois jusqu’à 50% des plantes atteintes.
Cet acarien se développe au cœur des plants d’épinard. Difficilement visible à l’œil nu, il est de couleur beige translucide. Il provoque des déformations de feuilles et des perforations.
Lorsque la feuille grandie elle est déformée, boursouflée, trouée en plusieurs endroits et parfois nécrosée. Les conditions favorables au développement de ces acariens sont la présence d’un fort taux d’humus ou de matière végétale en décomposition (engrais vert) dans les sols et une hygrométrie élevée.
Dégâts d’acariens tyrophagus sur épinard
NAVET
COMPLEMENT BSV du 9 janvier 2015 : Charançon et « grosse altise » sur navetDans le précédent bulletin, nous avons cité la présence de charançons sur navet, ce sont plus précisément des baris qui ont été identifiés (une espèce de charançon). L’analyse a aussi révélé la présence de larves d’altises dans les raves de navet. Les « altises d’hiver » sont notamment des ravageurs du colza. Ces altises d’hiver ou « grosses altises » ont un vol à l’automne. Les adultes consomment les feuilles en créant des trous et affaiblissent la plante. Ils pondent au collet des plantes, les larves consomment l’intérieur des tiges (colza) ou les raves (navet). Les éclosions débutent en octobre et s’échelonnent jusqu’en janvier (Midi Pyrénées et Aquitaine).
(cf. CETIOM Info technique Colza : Altises d’hiver – info et moyen de lutte - Septembre 2011).
(cf. photos ci-après).
Symptôme 1 : Larve de baris Larve de grosse altise Symptôme 2 : Larve de grosse altise Photo : F. Villeneuve Ctifl Photo : F. Villeneuve Ctifl
--- Crédit photo : APREL, CETA 13 et 84, Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône, Chambre d’Agriculture de Vaucluse, GDA du Comtat, François Villeneuve Ctifl
LES OBSERVATIONS CONTENUES DANS CE BULLETIN ONT ETE REALISEES PAR LES PARTENAIRES SUIVANTS : Louis Brisson (CETA Saint Anne), Laurent Camoin (Chambre d'Agriculture des Bouches-du-Rhône), Martial Chaix (CETA d’Eyguières), Marcel Caporalino (Terre d’Azur 06), Christine Chiarri (Chambre d’Agriculture de Vaucluse - GDA Sud Luberon), Marion Chauprade (CETA du Soleil), Marianne De Coninck (CETA de Berre), Thierry Corneille (CETA de Châteaurenard), Frédéric Delcassou (CETA d’Eyragues), Jean Luc Delmas (CETA Durance Alpilles), Florian Ducurtil (CETA Saint Anne) ; Henri Ernout (CETA des serristes de Vaucluse), Sara Ferrera (Chambre d’Agriculture de Vaucluse - GDA du Comtat), Emeline Feuvrier (CETA de St-Martin-de-Crau), Isabelle Forest (Chambre d’agriculture du Var), Sylvia Gasq (Chambre d’Agriculture de Vaucluse - GDA du Comtat), Jérôme Lambion (GRAB), Catherine Mazollier (GRAB), Sabine Risso (Chambre d’Agriculture des Alpes Maritimes), François Veyrier (CETA d’Aubagne)
COMITE DE REDACTION DE CE BULLETIN :
Catherine Taussig, APREL 13210 Saint-Rémy-de-Provence, [email protected] Claire Goillon, APREL 13210 Saint-Rémy-de-Provence, [email protected]
Daniel Izard, Chambre d’Agriculture de Vaucluse, [email protected] Isabelle Hallouin, Chambre d’Agriculture des Bouches-du-Rhône, i.hallouin@bouches-du- rhone.chambagri.fr
N.B. Ce Bulletin est produit à partir d’observations ponctuelles réalisées sur un réseau de parcelles. S’il donne une tendance de la situation sanitaire, celle-ci ne peut pas être transposée telle quelle à chacune des parcelles. La Chambre régionale d’Agriculture et l’ensemble des partenaires du BSV dégagent toute responsabilité quant aux décisions prises pour la protection des cultures. La protection des cultures se décide sur la base des observations que chacun réalise sur ses parcelles et s’appuie, le cas échéant, sur les préconisations issues de bulletins techniques.
Action pilotée par le ministère chargé de l’agriculture, avec l’appui financier de l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques, par les crédits issus de la redevance pour pollutions diffuses attribués au financement du plan Ecophyto.