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.N56. U d7»f OriAHA '1317

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(1)

3853 .N56 1909

U d7»f OriAHA

3900301056'1317

(2)
(3)
(4)
(5)
(6)

ESPAGNOLE

ET ITALIENNE

DE

CET

OUVRAGE

SONT

EN

PRÉPARATION

(7)

Pour

l'Art

PREMIÈRE EDITION

MCMIX

BIBLIOTHECÂ

Ottavlan»^

(8)

MSù

(9)

TELS

QU'ILS SONT,

TELS

QU'ILS

DEVRAIENT ÊTRE

^

(10)

2010

fundingfrom Universityof

Ottawa

(11)

AVANT-PROPOS

^

(12)
(13)

LES

idées que j'expose ici seront

sans doute contredites par quelques-uns, acceptées par d'au- tres et

même

complétées, peut- être, par certains ; je profiterai volontiers des enseignements de ces derniers et je ne manquerai pas de répondre aux contradic- teurs, puisque c'est de l'Art qu'il s'agit et non de nous-mêmes.

Quelques amis se croiront peut-être visés dans ces pages ; ils auront grandement tort, car je ne m'a- dresse à personne en particulier.

Si toutefois, quelqu'un tient ab- solument à se reconnaître, je le regretterai autant potir lui que pourmoi : cela prouvera qu'il se trouve compris dans l'odieuse catégorie dont je vais parler.

Au-

quel cas, il ne pourra m'en vou- loir de suivre, en Art, une route

(14)

Opposée à celle que nous suivons dansr Amitiéetdansla Vie.

Quoi qu'il en soit, je tiens égale-

ment à rendre

hommage

à ceux de nos virtuoses contemporains, qui, par leur sincérité et leur honnêteté artistique, m'ont ins- piré quelques-unes de ces ré- flexions. Certes, ils ne sont pas nombreux;ils lesontassez,cepen- dant, pour que l'on ne puisse jamais opposer aux tentatives de purifcation de notre Art, des objections d'ordre utilitaire, con- trairement à l'opinion de ceux qui prétendent que l'honnêteté et la probité artistiques sont incom- patibles avec lesavantages maté-

riels.

Quantaustyledemesécrits, jedirai une fois pourtoutes aux puristes et grammairiens qui les liront, ce que disait Couperin-le-Grand, dans la Préface de son troisième livre de Pièces : «J'y parle de

(15)

mon

art, et si jem'assujettissais à imiter la sublimité du leur, peut- être parlerais-je moins bien du

mien... "

J.-JOACHIM NlN.

l^f

(16)
(17)

envisager lart, .von

comme ux prompt moyen d'arriver a d'Égoïstes jouissances, a une sté- rile célébrité, mais comme une force qui rapproche et unit les HOMMES.

Franz LISZT.

l'art n'est

qu'une

sorte dereligion.

Georges

RODENBACH.

(18)
(19)

o

Nnesaitpasassezlesdifficultés quientravent nos premiers pas d'artistes ; on voit trop peu les obstacles qui se dressent,au dé- but de notrecarrière, dans l'ho- rizonde notre avenir ;on ne veut pas connaître les dangers qui nous menacent et les ennemis qui nous guettent sur le difficile

chemin de laGloire. L'un deces ennemis, chaque jour plus re- doutable, car il grandit etgran- dira peut-êtrejusqu'à tuer notre âme,bien avant que noussoyons arrivésau but. c'est le mercanti- lisme.

Cet agent destructeur d'un Art auquelnous avonsvouénosexis- tencesetnos énergies estdevenu dangereux surtout par la faute des faibles, de ceuxqui, n'osant pas lutter sainement et pure-

ment

pour l'idéal, se sont ven-

(20)

dus au public

qu'ils craignent

'de touteleur lâcheté

et reçoi- vent en échange une illégitime célébrité, rendue stérile par leur faiblesse

même.

Oubliant que leur devoirétaitde s'imposerau public, de l'enseigner et de le

conduire parla vérité àla com- préhension de l'œuvre, aux dé- pens

même

de leur vanité per- sonnelle et de leur ambition, ils se sont avoués vaincus d'avan- ce par crainte de la lutte; et,

dans leur égoïste pusillanimité,

ils n'ont songé qu'au succès fa- cile, à la consécration

anonyme

etinconsciente dela foule, et à la recette, qui en est la consé- quence immédiate.

Fascinée par cet appât factice et vilqu'onappelle la virtuosité, la foule naïve et souvent igno- rante lespaye,les approuve, les acclame, comble tous leurs dé- sirs, satisfait tous leurs ca- prices et ne leur accorde, en

un

(21)

mot, cette consécration, que ponrdevenir ensuiteleurvictime leurrée mais convaincue.

Auprèsdeces cabotins,dontlaruse égale la dextérité, tout pâlit, car leur auréolen'est point faite de la bonne lumière qui guideet éclaire les esprits; c'est l'éclat criard et éblouissant du cir-

que ou du music-hall, reflété à l'infini parle succès mondain.

Ilssontlesidolesde notresiècle ;

etcependant, lisez lesbons criti-

ques : vous verrez ce qu'ils pen- sent de ces sinistres pantins :

fréquentez les meilleurs cercles intellectuels : vous saurez quelle opinion on y professe sur tel ou

tel virtuoseconsacré parune re-

nommée

en apparence immar-

cessible.

J'ai

nommé

les deux fléaux qui rongent, en la torturant, notre vie d'artiste : le mercantilisme dontl'âpretéenlaidit tout, parce

II

(22)

qu'il aboutit infailliblementà la virtuosité à outrance et

quand même;

la virtuositéparcequ'elle tue l'Art, en affaiblissant notre sensibilité et en faussant notre goût.

Ce qui devait être pour nous une mission est devenu, par la vir- tuosité,

un moyen

d'arriver, car c'est, en effet, par la virtuosité que l'on attirele plus facilement la foule; c'est par la virtuosité quel'onest

tombé

danslesexcès

du

mercantilisme que nous dé- plorons tous, et c'estencorepar la virtuosité que l'on est par- venu à transformer les salles de concerts en boutiques et les ar- tistes en grotesques marchands.

C'estainsiqu'aujourd'huil'onnous juge par la quantité surtout :

quantité de mémoire, quantité de force, quantité de vitesse, d'endurance, etc., éléments bien secondaires,pourtant, dans l'art

(23)

de l'interprétation, mais qui y occupent actuellement la place prépondérante ; et c'est ainsi que la lutte entre l'artiste et le

publicdevientde plus enplus pé- nible.

Le

public est gavé de vir- tuosité inutile; les performances où l'on exécute toujours les

mêmes

tours de force, avec les

mêmes

gestes et le

même

appa-

rat, ne l'intéressent plus que si ellessont réaliséespar dessujets en vedette, c'est-à-dire par des gens qui, généralement, ont sa- crifié toute leur vie,

non

à ob- serveretàétudierlaBeauté pour

la faire comprendre, mais à se faire une technique infaillible, grâce à laquelle ils ontévidem-

ment

plusde chancesqueles au- tres d'accomplir ces prodiges avec adresseeten toutesécurité.

(24)

pas impossible. Il travaillerait,

ilcultiveraitsonesprit, ilforme- rait son âme, et voudrait enfin fairepart

un

jour à son prochain dessainespensées quil'animent.

Alors, il parlerait, et il parlerait doucement, avec la sérénitéque comporte le noble idéal vers lequel il aurait élevé son âme, après de graves réflexions. Il dirait de belles choses, et il les dirait avec la puissance, mais en

même

temps avec la sim- plicité quedonnent laFoi et la Conviction. Ses idées seraient claires, parce qu'elles refléte- raient la lueurnaissanteet pure de l'aurore de sa vie, qu'il vou- drait belleetdégagée dela

ma-

tière.

Il s'écouterait, parce qu'il serait jeune et fier de sa jeunesse;

mais, que verrait-il?...Qu'on ne l'écoute pas, qu'on ne l'entend plus !...

(25)

Ilavaitcru parlerà son prochain^

etilse trouve enfaced'unefoule qui sourit narquoisement, avec cet aird'intelligencequi signifie presque toujours qu'ellenecom- prend pas.

Irrité, blessédans ses croyance-et ses principes

principes et croyances affermis

un

à

un

au prix des plus grands efforts d'observation intérieure et des plusvolontairesrenonciations

il parle plus vite, plus fort: il crie, il gesticule, il s'emporte,

il invective, et alors, seulement, onl'entend et onl'écoute ; alors onlui prête attention.

Découragé, écœuré surtout par ce premier contact avec la dure

réalité, mais fort de saraison, il

songera bien vite à

recommen-

cer... Mais

comment

?... Sous quelle forme exprimera-t-il ce qu'il croit, ce qu'il pense et ce qu'ilsent ?...

(26)

La

lâche ambition sera pour lui dire : «

Renonce

à ta noble entreprise!... tu es jeune, mais

faible.

Tu

fais fausse route; tu n'aboutiras par qu'à la mé-

diocrité, sinon à la misère. Si tu t'entêtes à parler intelli-

gemment

aux imbéciles, tu ne seras jamaisriche!... Ici,del'au- tre côté, la fortune t'attend. Ce sontles

mêmes

imbéciles,maistu leur parlerassottement, et ils te comprendront, ilste combleront d'honneursetderichesses.

Va

!...

dis-leur des sottises ; ils t'écou- teront et te porteront en triom- phe, car tu leurdonnerascequ'ils réclament : la satisfaction sans

l'effort.

La

foule est bête, mais

elle t'aimera si tu ne l'obliges point à penser.«

Toutes lesfoisqu'une réaction fa- vorable se préparera dans l'es- prit

du

jeune artiste,, la

même

voix sera pour lui répéterles

mêmes

parolesdémoralisanteset

(27)

les

mêmes

promesses corrup- trices. Alors, peut-être, il flé- chira et sedécidera enfin à dire ces sottises, au lieu de prêcher labonnedoctrine,maisen

même

temps il en réglera le débit, il

fixera le prix des inepties qu'on

lui demande... Il reniera donc son passé jeune et sain, sesillu- sions légitimes, son avenir large et sans compromissions, car sa lâche faiblesse aurafermétoutà lafoissaconscience etson

âme

!

Et

ce sera

un

cabotin de plus!..

Ainsi arrive-1-il à la plupart des jeunes gens qui ont le rare bonheur d'avoir des ambitions d'Art, mais qui, victimes de

l'état d'esprit actuel,

manquent

delavolonténécessairepourtra- ceretsuivre leur destinée.

De

là,la virtuosité poussée jusqu'à seslimitesextrêmes, carelleper-

17

(28)

met

de s'imposer par laruse et lavanité, bien

mieux

que par la loyauté et la raison.

De

là,l'uni- formité des

programmes

actuels, carleschosesabsurdes sontd'au- tantplusappréciéesqu'ellesnous sontplus familières.

De

là,toutes les contrefaçons artistiques que d'habiles

barnums

nous offrent au

nom

de l'Art, dans le but, avoué ou non, de nous tromper par le faux,au lieudenouscon- vaincre par le vrai.

De

là, enfin, toutes les imitations, toutes les simulations, tous les trafics et toutes les forfaitures c^ue nous voyonscommettretouslesjours, à toute heure, et par les

mêmes

individus, toujours au

nom

d'un Art qu'ils souillent de leur contact, d'une Beauté qu'ils ne comprennent ni ne compren- dront jamais, et d'une Vérité qu'ils ont

méconnue

pour eux-

mêmes comme

pourlesautres!...

Qu'importe!...

On

ne s'adresse plus àson prochain ; ons'adresse

(29)

à la foide.

Le

but devenant uni-

quement

mercantile, tous les procédés sont bons,etlepire sera sans doute le meilleur : la Vir- tuositépourlaVirtuosité.

Ilfaudrait donc réagir par tousles

moyens, dans le rayon d'action oùil nous estpermis de le faire, contre la virtitosité, considérée

comme

but et

non comme

outil, et, surtout, contre le mercantilisme.

Il faudrait nous libérer de l'état de

mensonge

et de conventionoù nous

sommes

enchaînés par la

turpitude etl'ambition desuns;

par la peur et la veulerie des autres.

Il faudrait nous affranchir de tout ce qui,de près ou de loin, peut êtreconsidéré

comme

une entra- ve àlaVérité,carsanselle, nulle beauté n'est possible, et tout l'Art n'est queBeauté.

19

(30)
(31)

II

JAIMEBEAUCOUP MIEUX CE QUI ME TOUCHE QUECE QUI ME SURPREND.

COUPERIN

LE

GRAND.

AMANT ALTERNA CAMEN/€.

VIRGILE.

(32)
(33)

Tl faudrait, autant que possible,

^ renouveler et élargir le réper- toire actuel, troplimité dans le

domaine

moderne

aussibienque dansle

domaine

ancien.

La

répé- tition constante des

mêmes œu-

vres, avec les

mêmes

gestes et

dans les

mêmes

circonstances n'est pas favorable à la forma- tion

du

goûtet

du

jugement

du

public;parcontre,elledevientla sourceinévitablede perpétuelles rivalités techniques et de que- rellesde détail aussi fastidieuses qu'inutiles. Sans doute, en sou- mettant au public des œuvres nouvelles ou inconnues, on s'ex- pose à le dérouter dans ses

jugements sur l'interprète.

Tant

pis : c'est l'œuvre que l'on doit écouter et non celui qui l'exé- cute.

En

entendanttrop

fréquemment

les

2)

(34)

mêmes

œuvres,lepublicestporté àleur prêtermoinsd'attention et à placer l'interprète au premier plan, alors que celui-ci devrait toujours s'effacer devant l'œu- vre; ainsi s'est répandue, peu à peu, cetteaberration quiconsiste à ne voir,entendreetjugerdans uneaudition, quel'exécutant,au méprisdu respectdûau créateur etàsonœuvre.

Connaître Bach.

Hœndel

etMozart, par exemple, n'estpas connaître

le xviiie siècle; mais c'est sur- tout le xviiie siècle français et italien qui soufïre de l'indiffé- rence de nosvirtuoses actuels.

Pourneparierquedespianistes

l'espècelaplusrépandue

com- bien d'entre nous connaissent à fond, et jouent les œuvres de François Couperm, ditleGrand, ou de

Domenico

Scarlatti, dont on s'entête à nous servir inva- riablement les trois ou quatre

(35)

POUR

LART

mêmes

pièces truquées et défor- mées, avec de faux titres, tandis que nous avons de lui plus de trois cents Sonates ?...

Combien

peuvent parler, en con- naissancedecause, de Jean-Phi- lippe

Rameau,

legrand

Rameau,

dont l'œuvre consiste exclusive- ment, pour beaucoup de gens, en uneGavotte variée,

un fameux

Tambourin et

un

certain Rappel des Oiseaux?

QuiconnaitlesDurante, les

Dagm-

court,les]Martini, lesMarcello:..

Qui se doute que

Daquin

n'est pas seulement l'auteur

du

Cou-

cou, et que Paradies écrivit des Sonates charmantes, où l'on re- trou\'e toute la crânerie napoli- tame, alliée à l'élégance et à la simplicité latines ?...

Dans

le xviif siècle allemand

même,

connaît-onlesSonates di- tes bibliques de

Johann Kuhnau,

-5

(36)

ce véritable

monument

que nous rencontrons,lepremier,au début de ce siècle merveilleux ? A-t-on jouésouvent lesConcerti et

les Sonates de Karl-Philipp-

Emanuel

Bach, de Wilhelm-Frie-

demann

Bach, ou de Johann- Christian

Bach

?... A-t-on vu mettre sur beaucoup de pro-

grammes

la belle Sonate en

mi

bémol,deJohann-Heinrich RoUe,

et celles plus belles encore de Wilhelm Rust, ce précurseur de Beethoven que l'on veut trop ignorer ?...

Combien

defoisa-t-on entendules Sonates de Hœssler, empreintes d'une suprême élégance et d'un charmeinfini ?

C'estpourtant de la belle musique queje cite là !... Pointn'est be- soin d'être

un

érudit. ni un spé- cialisie (oh ! les vilains mots !),

pourencomprendrelavaleur1...

(37)

Elle est à la portée de tous les esprits bien organisés pour la musique.

Et même du

grand Johann-Sebas- tian Bach, dont l'œuvre colos- saledoitnousêtre familière, que joue-t-on habituellement ?...

La

Fantaisie chromatique et Fugue, piteusement revue et corrigée par lesuns etles autres, le Ccii- certo italien, quelque autre Con-

certo avec orchestre, plus rare- ment, mais surtout des arrange- ments et des transcriptions !...

alors que tant d'œuvres origi- nales de toute beauté

dorment

oubliées etinconnues.

De

Hœndel,joue-t-ongénéralement autrechosequelesVariations

du

Forgeron harmonieux, dont le

thème

est précisément d'un au- tre auteur ?...

Si nous remontons au xvii^ siècle,

l'onretrouvedéjà Couperin-le-

(38)

Grand, l'oubli est plus honteux encore,parcequ'il estplusgéné- ral: Frescobaldi, Scheidt,

Cham-

bonnières, Kerll, Louis Couperin, Froberger, Pasquini (dont le

Coucou estprécisément

un

petit chef-d'œuvre),

Johann

Pachelbel, Purcell, Alessandro Scarlatti...

autant de

noms

illustres aban- donnésjusqu'ici,parl'incuriedes unset l'ignorancedesautres,àla seule curiositédes érudits,réelle-

ment

accablante pour beaucoup de musiciens.

En

ce qui concerne le xvie siècle, quid'entrenousa jamaiseu sous la

main

les œuvresd'Antoniode Cabezôn, ce génialaveugle de la

Courde PhilippeII, enEspagne, remises à jour, depuis quatorze ans déjà, par l'éminent maître espagnol FelipePedrell ?

Qui donc parle encore du Hollan- dais Sweelink, continuateur de Cabezôn ?

(39)

Combien

defoisavez-vousentendu

les œuvres des virginalistes an- glais,

comme

Byrd,Bull,Gibbons et autres •>

Ceseraittropdemander.

A

chacun de ces auteurs appartient, pour=

tant, une œuvre, tout au moins, susceptible d'être jouée en pu- blic.

Ne

pas le fairene revient-il pas à prétendre que dans notre public les imbéciles constituent la majorité ?...

Ce

même

oubli, cette

même

crainte de jouer une chose inconnue et d'encourir

un

risque;cette

même

terreurà l'idée de faire

un

geste nouveau, de créer

un

précédent, seretrouvepour lesauteurs

mo-

dernes, et combien injustement aussi !...

Les conséquences de cettemanière d'agir sont trop nombreuses et trop palpables pour que j'y in- siste ici. Il ne faut cependant

29.

(40)

pas"oublierque nous

sommes

les premiers àenpâtir.

Ceux

quiont connu l'insuccès n'ont jamais

manqué

d'en chercher l'origine

dans l'ignorance du public. Cer- tes, lepublicest loindesavoir ce qu'il devrait, mais... à qui la faute ?...

A

qui revient la tâche d'initierle public, de former son goût, de le faire évoluer, de le

guider dans ses inévitableshési- tations ?

Quelle est donc notre fonction so- ciale ?... Car nous enavonsune, ce

me

semble!...

Rester indifférents aux époques passées et aux époques nouvel- les équivaut à faire preuve non seulement d'ignorance,mais encorede négligence envers notre public. Or, cela ne nous est pas permis. Solliciter du

pubUc un

appui et le payer d'indifférence seraitdu purcynisme.

(41)

m

ODI PROFAXUM VULGUS...

HORACE.

31

(42)
(43)

IL

faudrait donner

aux

program-

mes

une raisond'être,uneorien- tation quijustifieleur existence, et leur développement.

Le

pro-

gramme

doit être l'expressionla plusclairedes intentionsdel'in- terprète; son orientation, sa rai- son d'être, pourront, en tout cas, limiter bien des excès, et permettront, surtout, déjugerle

degré deculture de celui quil'a

composé.

On

se préoccupe beaucoup d'être personnel dans l'interprétation des œuvres, c'est-à-dire de se substituer, souvent, à l'auteur;

mais ceux-là

mêmes

quece souci hanteleplusfâcheusement, met- tent précisément en évidence leurprofondeimpersonnalité, en offrant au public des program-

mes

absolument dépourvusd'or- dre, d'initiative et de

bon

sens.

}^

(44)

POUR

L ART.

Nous

devrions considérer

comme un

plagiatlefaitdecomposer

un programme

identique àceluid'un de nos confrères, et cependant,

il n'estpoint de jour oùcela ne se fasse. Pour un

programme

intéressant, pensé, organisé, rai- sonné et construit logiquement, combien d'autres qui sont arle- quinesques en leurpolychromie bigarrée, et absurdes en leur défaut total d'orientation! ..

Nul

souci de l'époque,

du

style nidela forme!... Nulle préoccu- pation esthétique !... Nulle trace d'ordre ni de raison !...

Combien un menu

savoureux est plus intelligent quetouscesprogram- mes-là!...

Il est évident que si le

progamme

aétéconçuaveclogique,s'ilpart d'un principe qui enrégitledéve- loppementetqui enfaitunesorte d'organismevivant,aucuneaddi- tion imprévue n'y sera possible, et sous aucun prétexte.

On

évi-

(45)

tera ainsi les « his » irrespec- tueux et le spectacle toujours pénible de l'enthousiasme dé- croissant, à chaque nouveau morceau accordé à la

demande

du public.

Quelquesartistesconsciencieuxont le soin vraiment louable de ne jouer

comme

«bis »que des

œu-

vres

du

dernierauteur présenté;

mais ceux-là sont rares. Généra- lement, on entend dansle chapi- tredes extra, soitdes ignominies commises par le virtuose lui-

même

et imposées par lui, sub- repticement, soit des «laissés

pour

compte

» des autres con- certs.

Dans

lesdeuxcas, ons'ex- posegravement auridicule, sans justifier pour cela les épithètes sisouhaitées de « prodigieux »,

«colossal », «génial », etc.. épi- thètes aussi disproportionnées que saugrenues,

quand

elles s'appliquent à

un

modesteinter- prète.

•35

y

(46)

En

réalité,il faudraitopposer tou- jours

un

refusformel au «bis«:

d'abord, parce qu'on ne peut

y

obéir sans satisfaire, nécessaire- ment, les préférences de cer- tains auditeurs seulement; et ensuite, parce que ces préféren- ces sont généralement injustes etsouventvexantes, sinon pour nous-mêmes, du moins pour les autresœuvresqui ontété jouées.

Tous ceuxquiont quelque expé- rience du public le savent très bien.

Pourles artistesqui m.éritent vrai-

ment

ce nom, l'exécution d'une

œuvre

intéressante

et on ne doit jouer que de celles-là

exige une certaine préparation spirituelle,une sorted'é!atd'âme dans lequel on doit chercher à concentrer toute son émotion.

Recommencer,

pourlecapriceir- réfléchi et puérile d'une partie des auditeurs,

un

effortconsidé- rable, est aussi peu naturel que

(47)

de répéter une phrase de notre conversation. sous prétexte qu'elle contient une idée juste ou que notre façon de la dire aplu à notreinterlocuteur.

Pourquoi faire répéter une chose que l'on a parfaitement enten- due ?... Te comprends que l'on réclame avidement le «bis » pour

un

tour de passe-passe, pour quelque facétie d'escamo- teur, pour une plaisanterie de clown ou pour quelquemerveille acrobatique; mais pour une

œu-

vre que l'on vient d'interpréter en y mettant toute son âme, toute l'énergie spirituelle dont notre volontéestcapableauxplus

beaux moments

de notre vie.

c'est-à-dire, tout ce qu'ily a de meilleur en nous...

non

!... jene

le comprends pas.

Au

surplus, l'enthousiasme du pu- blicesttoujoursmoindreàla se-

conde audition, et pour cause,

37

(48)

carriennes'émousseplusrapide-

ment

quela sensibilitéauditive.

Iln'3-aqu'uncasoùnousdevrions recommencer : c'est lorsque le

public n'a pas compris. Mais alorsil ne crie jamais « his ' »

Sile public acomprisparce que nous avons bien joué, c'est que nous avons tous deux fait notre devoir: alors,notrerôleest fini.

'DF

(49)

IV

ETIAMSI OMNES, EGO NON.

SAINT

PIERRE.

39

(50)
(51)

L faudrait bannir sévèrement

de toute audition publique, toute

œuvre

qui n'est pas abso- lument originale; je

veux

dire par que les transcriptions, réductions, amplifications et ar- rangements devraient être con- sidérés, tout au plus,

comme

des sujets d'étude privés. Les œuvres qui peuvent être pré- sentées au public telles qu'elles furent conçues par leur auteur, ne devraient pasl'êtreautrement.

C'est une déformation esthéti- tique trop fréquente encore au- jourd'hui, que celle quiconsiste à arranger une

œuvre

ancienne aumo3-en de doublures, remplis- sages et ornements, sous pré- texte de l'embellir; ou bien, à jouer une

œuvre

écrite pour

un

instrument de caractèreopposéà celuidontonsesert,croyantainsi enaugmenterlavaleur,ouenfa- ciliter lavulgarisation.

41

(52)

Nos

aïeux l'on fait,maisnos aïeux ignoraient

nombre

de choses que nousne voudrions pas igno- rer.L'acquisitiondes chefs-d'œu- vre, quiestaujourd'hui àla por- tée de tout le

monde

pour des

sommes

minimes, était malaisée et souvent très coûteuse, il y a cinquante ans. Mainte Fantaisie etmainteTranscriptiontirentde leurorigine.Maisiln'enest plus ainsi àprésent. Lessources sont accessibles à tous; ce qui ré- pondait alors à

un

besoin n'a plusderaison d'être aujourd'hui.

De même

que nous serions sévère-

ment

punis si nousosions retou- cher ostensiblement une

œuvre

de Velasquez, de Durer, de Michel- Ange, ou toute autre réalisation des conceptions artistiques hu- maines, ainsi l'on devrait pour- suivre ceux qui dénaturent ou- vertement, effrontément,lescon- ceptions artistiques

non

moins précieusespournous,d'unjohann-

(53)

Sébastian Bach, d'un Haendel, d'un

Rameau,

d'un Karl-Phi- lipp-Emanuel Bach, d'un Schu- bert ou d'un Chopin.

L'œuvre

doit êtresacréepournous.

Respectons-la, si nous voulons être respectés

nous-mêmes

: car

ilestévidentquesinousjonglons aveclesidéesdesautres, onjon- glera aussi, tôt ou tard,avecles nôtres...etnousl'aurons mérité.

Ce qui est simple doit rester sim- ple ; ce qui est petit doit rester petit ;touteviolationdece prin- cipe est

un

acte de vandalisme.

qc

43

(54)
(55)

V

Parlenomdepexsée, je comprends tout ce qui est tellement en NOUS QUE NOUS l'APER- CEVONS IMMÉDIATEMENT PAR NOUS-MÊMES ET EN AVONS UNE CONNAISSANCE INTÉRIEURE...

DESCARTES.

45

(56)
(57)

L faudrait donner

aux

études techniques, dans le sens musi- cal

du

mot, et surtout

aux

étu- des d'analyse, autant ou plus d'importance qu'aux études ins- trumentales. Cela nous condui- rait à rechercher, dans les

œu-

vres que nous voulons jouer, la musicalitéavanttoutet toujours, le reste n'a^^ant, au fond, au- cune importance réelle; à juger plus sûrement, avec plus de conscience, si la valeur esthé- tique de l'œuvre se trouve en rapport avec le travail matériel qu'exige son exécution; à éli-

miner de nos

programmes

et de notre répertoire toute

œuvre

dont la difficulté se trouve en évidente dispropor- tion avec l'émotion qu'elle est susceptible d'exprimer. J'ap- pellerais volontiers anormales de telles œuvres, dont le dyna-

misme

excessif dissimule

mal

47

(58)

POUR

L

ART

l'absence de substance et la fai- blessede conception.

A

cette catégorie appartiennent toutescesœuvresabsurdesethy- pertrophiées, contraires au

bon

sens, et dites «de virtuosité »,

qui constituent l'appât préféré dupetit bourgeois,parcequ'elles agissentsur lui

comme

lesboni- ments grossiers et chaotiques des charlatans, sur les naïfs et lesignorants.

Si elles sont applaudies, ces

œu-

vres-là, c'est parce qu'ellesmet- tent en jeu la périphérie ner- veuse

lasensibilité extérieure

sansexiger, nilacollaboration

du

cerveau, ni surtout, la véri- tableémotion.

Je comprends qu'on veuille quel- quefois effleurer l'âme sans la meurtrir;mais, de àla «cha- touilleravec desplumesdepaon>>

ilyaune nuance!...

(59)

Et

cependant,cesœuvres oùl'in- térêt ne trouverien à quois'ac- crocher, ces œuvres, effrayantes devacuité, encombrentnotrevie deleur

nombre

etdeleurtapage, sans mériter nullement le titre

d'Œuvresd'Art, souslequelelles se sont pourtant imposées à la foule,etsans avoir d'autreutilité

que celle

bien relative

de cacher, sous des excès d'adresse, l'absence de pensée.

Ce

sont des pièges à l'aide desquels les vir- tuoses se livrent au braconnage danslesbois sacrésde laGloire;

le gibier qu'ilsrapportent s'ap- pelleargentet succès.

^C

49'

(60)
(61)

VI

ILFAUTTUER ENSOI LE VIRTUOSE POUR ÊTRE AR- TISTE;ET SOUVENT, QUIA ÉTÉ VIRTUOSE NE PEUT JAMAIS CESSERDEl'ÊTRE.

André SUARÈS.

51

(62)
(63)

LES

conditions d'évolution de notreArtrendent notre mission chaque jour moins aisée. Il fau- drait donc, par tousles

moyens

possibles, chercher à la simpli- fier; nous pourrions ainsi être infiniment plusutilesà notreArt et àlacause

commune.

Soyons modestes nous-mêmes, et,

pendant que les grands favoris suivent,aveuglésparl'ambition, leur course insensée vers la re- cette, marchons, nous, d'unpas discret, lent, mais sûr et cons- cient, vers la clarté et la simpli- cité. L'emphase est odieuse sur- tout enArt.Jouons,peu importe enquelletenue: enhabit, en re- dingote ou en veston...

comme

chez nous!... Allons

aux

salles de concert l'humilité dansl'àme et la musique sousle bras. Met- tonscelle-citoutsimplementsur

53

(64)

lepupitre,

comme

nouslefaisons chez nous aussi, aux heures de bon travail, lorsque seule notre consciencenousécoute...

comme

le faisaient nos ancêtres, et

comme

le font encore quelques artistes, hélas! trop rares, li-

bres de préjugés et indifférents au «qu'endira-t-on ».

Soyons sincères!... Jouer par

cœur

nous gêne souvent.

A

quoi

bon

ce nouvel effort ?... Est-ce l'ef- fort que l'on veut de nous, ou est-ce seulement l'évocation vraie et honnête de l'œuvre que l'on vient écouter ?... Peut- on considérer, en tout cas,

un

effort de

mémoire comme

une manifestation d'énergie volon- taire,oubienfaut-iln'yvoirautre chose que le résultatde phéno-

mènes

passifs, secondaires etin-

dépendants de notre volonté ?...

En

outre,àquoi

bon

sacrifierlebon senset lalogiquenaturelle àune

(65)

POUR

L ART

idée

purement

conventionnelle

d'ailleurs

moderne —

et ins-

pirée souvent par une inutile vanité?..

Que

sommes-nous, en effet, à côté des œuvres que nous jouons ?...

Que

devient notre faible effort,

en comparaison de l'effort im-

mense du

créateurde l'œuvreelle-

Un

jour, ;Mendelssohn ayant, dit- on. remarqué l'absence de sa partie de piano, au

moment

où l'on allait

commencer

l'exécu- tion de son Trio en juinenr, refusa d'abord de le jouer, bien qu'il le sût entièrement par cœur, craignant, disait-il, de faire croire à une bravade ;

on ne put le faire revenir sur son premier refus qu'enluipro- mettant formellement demettre devant sesyeux, sur le pupitre, une partition quelconque, dont on tournerait les pages à inter-

yy

(66)

valles réguliers,afin d'éviterque

lepublicne s'aperçûtqu'iljouait par cœur.

Il se peut que cette anecdote soit fausse, mais en ce cas elle méri- terait d'être vraie.

Pourquoi nous exposer, si nous jouons seuls, au ridicule d'une défaillance de mémoire, ou, si

nous jouons accompagnés par l'orchestre,

aux

conséquences pénibles de cette

même

défail- lance, puisque,dans

un

cascom-

me

dans l'autre, l'Art ne peut qu'y perdre ?... (i).

Avant

Liszt,

on ne jouait pas autrement qu'avec la musique. Les orga- nistes en font généralement au- tant, sans que cela les

empêche

d'être très souvent des artistes,

dans le sens le plus élevé du

(1) Quant à l'existence de ces défail- lances les plus grands virtuoses nous en donnent trop souvent le spectacle pour qu'il soitpossible d'en douter.

(67)

mot.Pourl'orchestre,pourla

mu-

siquede chambre, pourleschan- teurs deliedev, on

admet

la pré- sence du texte musical, et cela ne gêne

aucunement

l'auditeur.

On

a voulusouvent comparerl'exé- cution d'une

œuvre

musicale à une représentation scénique, et lesinterprètes

aux

acteurs. C'est du purarbitraireI

Dans

l'œuvrethéâtrale,danslejeu scénique, il y a l'époque, le lieu etle fait à évoquer; l'acteurre- présente

un

être vivant dans

un

cadre quicomporte des éléments detemps, de

mouvement,

d'ac- tion et d'espace, dont l'illusion scénique est le corollaire indis- pensable. Cetteillusion scénique n'existe pas dans l'exécution musicale ; s'il y a

un

lieu, une époque,

un

sentiment ou

un

fait à évoquer, c'est d'une façon toute indirecte, subjective et d'ailleurs strictement conven-

57

(68)

tionnelle.

Au

théâtre, l'effet est réel,alors que,seules, les causes restent conventionnelles.

D'autres prétendentqueleseulfait

deregarderletexte musicaletd'en tourner les pages enlève toute poésie àl'interprétation del'œu- vre. C'est,d'abord, admettre que

lapoésied'uneinterprétation

mu-

sicalerésideailleurs que dans les rapportsdesonorité etde

mouve-

ment, cequiestscientifiquement inexact. Ensuite, c'est supposer queles éléments matériels indis- pensablesà toute exécution musi- caleontunevaleur esthétique en rapport immédiat avec l'œuvre exécutée, ce qui est proprement absurde.

Si

un

simplecahierdemusiquepeut nuire à lapuissance évocatrice d'une interprétation musicale, que dire alors des lustres élec- triquesquinousaveuglent;dela décoration écrasante et horrible

(69)

de la plupart de nos"salles de concert ;

du

mouchoir avec le-

quel on s'éponge après

un

long

morceau

; decebanal habit que nous retrouverons, en sortant, aurestaurantleplusproche; du bruit assourdissant par lequel l'auditeur

moderne

manifesteson assentiment ou son enthousias-

me

; de l'estrade dénuée de tapis et couverte de poussière;

de nos

monstrueux

pianos; de l'alignement,

du

numérotage des places etdel'argentqu'onapayé pourlesoccuper,etc.,etc. ?

Autant de choses totalement in- compatibles avec l'idéal réclamé par quelques-uns!...

A

les encroire, ilfaudrait

un

décor spécial pour l'exécution de cha- que

œuvre

!...

Non

!... N'allons passiloin.

Le

faux apparat dont nous nous entourons souvent, nous rapproche déjà bien trop duthéâtre. Restons.en !...

59

(70)

Jouons donc naturellement, sans fanfaronnade, sans charlatanis- me,aveclamusique devantnous,

quand même

nouslasaurionspar cœur, etnousferons ainsi

un

pas de plus vers la modestie et la simplicité; car, en vérité, nous n'avons guèreledroit d'êtrefiers,

notreinférioritévis-à-visdel'œu- vre étant trop évidente.

Peut-être les applaudissements se- ront-ils moins nourris, les rap- pelsmoins nombreux, les succès moins bruyants. Peut-être aussi descritiques s'élèveront-ellescon- tre nous, car la routine règne parmiles faibles d'esprit!...

Peu

importe!... Pour nous

du

moins, la salle de concert doit être

un

temple d'où toute vanité sera sévèrement bannie. L'applaudis- sement, lui-même,est-ilsinéces- saire?..

(71)

CONCLUSION

KAXXST DU NICHT GE- FALLEN- DURCH DEINE THAT UXD DEIN KUXST- WERK.

mach'es

w

enigen recht;vielen gefallen ist schlimm.

SCHILLER.

CULTIVONS NOTRE JAR- DIN ET NE LEVONS PLUS LA TÊTE POUR ENTENDRE CRIER LES CORNEILLES.

Gustave

FLAUBERT.

(72)
(73)

LE

véritable Art

le seul 'qui soit

n'admet pas le

men-

songe;soyonsdonclo^^aux.Atti- rons notre public, puisque son concoursnous est indispensable,

non

pas avec des

moyens

fac- tices:virtuositéfanfaronne,ges- tes faux ou sensiblerie lar-

moyante, mais par la sincérité etlavaleurréellede notreeffort.

Plaçons-nous, pour

communiquer

avec lui, dans uneatmosphèrede Foi,de Conscienceet de Volonté, à travers laquelle nous pour- rons

mieux

prêcher la Beauté.

Cherchons dansl'émotion quise dégagede toute

œuvre

véritable-

ment

belle, le talisman qui doit nous mériter les suffrages des gens sensés.

Ne

simulons pas l'émotion, si elle n'est pas en nous avec la Vie elle-même:moinsencore,sil'œu-

h

(74)

vre ne la contient pas : nousne laretrouverions plus le jour où nous la souhaiterions. Pensons que cette oppression inique du

mensonge

et de la parodie fini- rait, à la longue, par endurcir nos cœurs etpar les rendre in- sensibles. Alors, notre vie, qui peut encoreêtretrès belle,aurait perdutoutesavaleur ettoutson charme.

Et

surtout, et toujours, et avant tout, songeons àceque, de tous les sentiments que l'âme hu- maine peut éprouver, les plus beaux sont les plus simples :

n'oublions pas, encore une fois,

quetoutl'Artest faitdeBeauté.

So3'Ons donc simples afin de le servirplus dignement.

J.-JOACHIM

NIN.

Professeur honorairedelaScholaCantorum de Paris.

Berlin-Chsrlcttenburg,

XX

octobre,

MCMV

III.

64.

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(75)

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JCAC POUR L'ART

(80)

Références

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