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MEMOIRE DE FIN D’ETUDES SUR LE THEME :
Présenté par : EDOUARD NDECKY
Sous la direction de :
M. Amadou DIOP Dr MAME CHEIKH NGOM Maître de Conférences Secrétaire municipal CATSM
Année universitaire : 2008-2009
DECENTRALISATION ET DEVELOPPEMENT LOCAL : EVALUATION DU PROGAMME D’APPUI AU
DEVELOPPEMENT LOCAL URBAIN (PADELU) DANS LA COMMUNE D’ARRONDISSEMENT DE
THIAROYE SUR MER
DEDICACE
A mon oncle Paul MALOU arraché à notre affection pendant que nous faisions ce travail.
Qu’il repose en paix.
A ma famille, mon épouse Bélise et mes enfants Paul Christophe Cécilien et Roseline Edouarda.
REMERCIEMENTS
Qu’il me soit permis de dire ici toute ma reconnaissance à :
M. Amadou DIOP, directeur du master et à travers lui, tout le corps professoral ;
M. Ndiaga NIANG, maire de la commune d’arrondissement de Thiaroye sur mer ;
M. Mame Cheikh NGOM, secrétaire municipal de la commune d’arrondissement de Thiaroye sur mer pour son encadrement et sa générosité ;
L’ensemble de mes collègues, pour la pierre que chacun a apporté à l’édifice, sans oublier mon ancien directeur et "camarade de classe", M. Ousmane NDIAYE, pour sa collaboration et son humilité ;
Mes frères et sœurs, particulièrement Henri pour ses conseils et ses encouragements ;
L’ensemble des personnes qui m’ont facilité la collecte de donnés.
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS
CA : Commune d’Arrondissement CAE : Cellule d’Animation Economique
CATSM : Commune d’Arrondissement de Thiaroye sur Mer CCDE : Comité Communal de Développement Economique CNCAS : Caisse Nationale de Crédit Agricole du Sénégal CREE : Créer son Entreprise
DAO : Dossier d’Appel d’Offres
DCL : Direction des Collectivités Locales
DDI : Direction de la Dette et de l’Investissement FED : Fonds Européen de Développement
GA : Groupement d’Affaires GERME : Gérer Mieux son Entreprise
GIE : Groupement d’Intérêt Economique GPF : Groupement de Promotion Economique ICS : Industries Chimiques du Sénégal MAEU : Micro Activités Economiques Urbaines MOS : Maître d’œuvre Social
MOT : Maître d’œuvre Technique MPE : Micro et Petite Entreprise
OCB : Organisation Communautaire de Base
ONUDI : Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel PADELU : Programme d’Appui au Développement Local Urbain
PAPES : Projet d’Appui aux Petites Entreprises du Sénégal RN1 : Route Nationale numéro 1
SAR : Société Africaine de Raffinage SCM : Société de Cautionnement Mutuel SLEC : Savoir Lire et Ecrire
TDR : Termes De Référence
UCD : Unité Communale de Développement
INTRODUCTION GENERALE
Depuis la chute du mur de Berlin en 1989 et la fin de la guerre froide, le monde est devenu unipolaire avec pour doctrine la Démocratie. Et qui dit démocratie, dit la loi du grand nombre d’où la nécessité de la participation de tous. Dans un tel contexte, la Décentralisation s’avère incontournable comme politique de gestion des Etats. Et cela, le président français, François Mitterrand l’avait très tôt vu venir, en atteste cette adresse au Conseil des Ministres du 15 juillet 1981 : « La France a eu besoin d’un pouvoir fort et centralisé pour se faire. Elle a aujourd’hui besoin d’un pouvoir décentralisé pour ne pas se défaire ».
Le Sénégal n’est pas en reste, il avance sur cette voie de la décentralisation depuis longtemps lentement mais sûrement. Cependant, la décentralisation n’est pas une fin en soi, elle a pour but le développement des collectivités territoriales. Un vaste chantier qui nécessite des ressources humaines bien formées. Le master en Aménagement du territoire, Décentralisation et Développement Local trouve bien sa justification dans un tel contexte.
Aussi, le Programme d’Appui au Développement Local Urbain (PADELU) mis en œuvre au Sénégal entre 2000 et 2007 n’avait-il pas les mêmes ambitions ? Il avait une démarche innovante qui responsabilise les communes bénéficiaires. C’est ainsi qu’elles ont assuré la maîtrise d’ouvrage de toutes les infrastructures qui ont été réalisées. Cela a été rendu possible par l’option de l’appui budgétaire utilisée par le programme. Les fonds passaient par le trésor public et étaient pris en compte dans le budget de la commune bénéficiaire.
Pour relever le pari de cette innovation, le PADELU avait mis à la disposition de chaque commune un maître d’œuvre technique pour le suivi de la réalisation des infrastructures et un maître d’œuvre social pour assurer l’appropriation du programme par les populations bénéficiaires et prendre en charge la gestion et l’entretien des infrastructures. Des opérateurs qui ont été recrutés par les communes elles-mêmes. Mais aussi, le PADELU a assuré, à travers plusieurs sessions de formation et séminaires, le renforcement de capacités des agents des services techniques communaux.
Poursuivant toujours son objectif de lutte contre la pauvreté, le PADELU a mis œuvre le volet Micro Activités Economiques Urbaines qui vise la création d’emplois et de revenus pour les bénéficiaires. La commune d’arrondissement de Thiaroye sur mer figure parmi les communes bénéficiaires du programme. Côté infrastructures, grâce au PADELU, la commune a pu
répondre au besoin exprimé par les populations avec la construction d’une maternité doublée du logement de la sage-femme et une maison de la femme pour un coût global de plus de cent millions de francs CFA. Bénéficiaire également du volet MAEU, la commune a pu mettre en réseaux ses nombreux acteurs sur le plan socio-économique et renforcer leurs capacités.
Il était important pour nous d’en savoir plus sur ce programme qui est un terrain approprié d’expérimentation des enseignements de ce master et une occasion pour la commune de faire le point sur ce programme.
PROBLEMATIQUE
1. CONTEXTE ET JUSTIFICATION
Le Sénégal a une longue tradition de décentralisation qui remonte à la période de la colonisation avec la création des quatre communes à Saint Louis et Gorée en 1872, à Rufisque en 1880 et à Dakar en 1887. Différentes étapes ont ponctué ce processus depuis l’accession du pays à la souveraineté internationale en 1960. Nous pouvons citer parmi les plus marquantes :
- l’élargissement de la décentralisation au monde rural en 1972 par la création des communautés rurales par la loi 72-25 du 19 avril 1972;
- l’uniformisation du statut des communes en 1990 (par la loi 90-35 du 09 octobre 1990) qui deviennent toutes de droit commun et le transfert de la gestion du budget de la communauté rurale du sous-préfet au président du conseil rural ;
- la régionalisation doublée du transfert de compétences aux collectivités locales dans neuf domaines par les lois du 22 mars 1996 et l’institution d’un contrôle allégé dit de simple légalité.
Il apparaît donc que le Sénégal est dans l’optique d’une politique de décentralisation progressive, prudente, mais irréversible.
La politique de décentralisation a cependant pour objectif, le développement local. Or, il est établi que ce dernier ne pourra être atteint que par la démarche de projets, en particulier, les projets structurants. Mais face à la modicité des ressources des collectivités locales, l’Etat du Sénégal, de concert avec ses partenaires a élaboré et mis en œuvre des projets et programmes de développement local dès 1998 parmi lesquels nous pouvons citer :
- le Programme d’Appui aux Régions (PAR) ;
- le Programme d’Appui aux Communes (PAC), financé par la Banque Mondiale. Il est exécuté en trois phases : PAC1, PAC2, PAC3 par l’intermédiaire de l’Agence de Développement Municipal (ADM) ;
- la Programme National d’Infrastructures Rurales (PNIR), financé par la Banque Mondiale ;
- l’Agence du Fonds de Développement Social (AFDS) financée par l’Association Internationale pour le Développement (AID) ;
- le Programme National de Développement Local (PNDL), fruit de la synthèse du PNIR et de l’AFDS est un ambitieux programme financé par la Banque Mondiale et l’Etat du Sénégal à hauteur de 100 milliards de francs CFA ;
- le Programme de Renforcement et d’Equipement des Collectivités Locales (PRECOL) sur financement de l’Etat du Sénégal, de la Banque Mondiale et de l’Agence Française de Développement (AFD) ;
- le Programme de Soutien aux Initiatives de Développement Local (PSIDEL) destiné aux communautés rurales et financé par l’Union Européenne ;
- le Programme d’Appui à la Décentralisation en Milieu Rural (PADMIR) fonctionne sur financement du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), du Fonds d’Equipement des Nations Unies (FENU) et de la Coopération Luxembourgeoise ;
- le Projet de Promotion des Communautés Rurales (Pro-CR) intervenant dans le bassin arachidier sur financement de la Coopération Allemande (GTZ/KFW) ; - le Programme d’Appui à la Décentralisation et au Développement Local
(PRODDEL) qui a pris le relais du Pro-CR.
A ceux-là s’ajoute entre autres, le Programme d’Appui au Développement Local Urbain (PADELU) qui était le pendant du PNIR en milieu urbain. Il est mis en œuvre entre 2001 et 2007 et a donné le relais au Programme d’Appui au Développement des Collectivités Locales (PADEC/PADELU).
Le PADELU est un important programme national d’un financement de 6,2 milliards de francs CFA (9,5 millions d’euros) de l’Union Européenne dans le cadre du huitième Fonds Européen de Développement (8ème FED) qui a été mis en oeuvre dans 17 Communes et communes d’arrondissement parmi lesquelles la commune d’arrondissement de Thiaroye sur mer, objet de notre étude. Thiaroye sur mer fait partie des communes de la deuxième génération et a mis en œuvre le programme entre 2003 et 2007 avec un important volet infrastructures à travers la construction d’une maison de la femme pour un coût de 72.358.000F et une maternité avec le logement de la sage-femme d’un coût de 44.850.000F et un volet communication et renforcement de capacités non moins important qui a permis à la commune d’arrondissement de mener à bien la maîtrise d’ouvrage de ce programme.
Un troisième volet qui est aussi d’une grande importance, c’est le volet Micro Activités Economiques Urbaines (MAEU) mis en œuvre par le Projet d’Appui aux Petites Entreprises du Sénégal (PAPES/ONUDI) et qui a consisté à l’encadrement des Groupements d’Affaires (GA) de la CA pour qu’ils puissent bénéficier de financements à
la Caisse Nationale de Crédit Agricole du Sénégal (CNCAS) grâce à un fonds de garantie de 340 millions de francs CFA qui y est logé par le PADELU.
Deux ans après la fin de la mise en œuvre, que reste-il du programme PADELU? Qu’en est-il de la fonctionnalité des infrastructures que le programme a aidé à réaliser, au regard du mode de gestion préconisé? L’entretien de ces infrastructures obéit-il au guide édicté par le programme ? Est-ce que la responsabilisation de la CA à travers la maîtrise d’ouvrage a favorisé une plus grande appropriation des infrastructures par les populations ? Le volet MAEU a-t-il permis aux groupements de la CA de mener des activités génératrices de revenus afin de lutter contre la pauvreté ? Quel est le résultat de ces activités économiques menées par les groupements d’affaires.
Voila un ensemble de questions qui, si elles sont bien répondues, permettront d’avoir une idée précise de l’apport du PADELU dans la CATSM.
2. LES OBJECTIFS DE RECHERCHE
Objectif général :
L’objectif général de cette étude est d’évaluer l’impact de la mise en œuvre du PADELU dans la vie de la commune d’arrondissement de Thiaroye sur mer.
Objectifs spécifiques :
Pour mesurer l’impact du PADELU dans la CA de Thiaroye sur mer, nous nous intéresserons particulièrement à:
1- Evaluer la fonctionnalité et le système de gestion et d’entretien des infrastructures mises en place dans le cadre du PADELU à la lumière des guides de gestion et d’entretien édités par le programme.
2- Evaluer le système mis en place par le PAPES/ONUDI dans le cadre du volet MAEU et les activités menées par les groupements d’affaires bénéficiaires du crédit CNCAS.
3. LES HYPOTHESES DE RECHERCHE
Hypothèse principale :
La mise en œuvre du PADELU dans la CA de Thiaroye sur mer a eu un impact positif pour la commune.
Hypothèse secondaire 1 :
La communication et le renforcement de capacités par le PADELU ont permis la mise sur pied d’un système performant de gestion, de maintenance et d’entretien des infrastructures et équipements de la commune.
Hypothèse secondaire 2 :
A travers les MAEU, le PADELU a permis aux groupements d’affaires de créer de la richesse et de lutter contre la pauvreté.
4. DISCUSSION CONCEPTUELLE
Dans le souci de lever toute ambiguïté et de faciliter la compréhension des termes clés de cette étude, nous rappelons ici l’acception qu’il faut en avoir dans ce contexte.
Décentralisation :
Les échecs répétés des politiques de centralisation et les crises de gouvernabilité qui s’ensuivirent ont précipité le processus de transformation du paysage institutionnel et consacré la décentralisation.
La décentralisation en Afrique de l’Ouest prend son essor dans les années 1990 avec des réformes institutionnelles profondes.
D’après le Toupictionnaire1, « la décentralisation est une politique de transfert des attributions de l’Etat vers les collectivités territoriales ou des institution publiques pour qu’elles disposent d’un pouvoir juridique et d’une autonomie financière. Le transfert de ces attributions, qui restent néanmoins sous la surveillance de l’Etat, permet à ce dernier de décharger ses administrations centrales et de confier les responsabilités au niveau le plus adapté. »
Elle est entendue ici comme une option politique par laquelle, l’Etat délègue un certain nombre de ses prérogatives à des collectivités locales. Le pouvoir de décision, naguère exercé par l’Etat dans la conduite de certaines activités au niveau local est donné à des personnes publiques élues par les administrés au sein d’une collectivité territoriale déterminée. Ainsi, le pouvoir de décision est détenu par les entités émanant de la volonté populaire et non par des agents ou des personnalités nommées par le pouvoir central.
1 Dictionnaire multimédia, disponible sur http://www.toupie.org/Dictionnaire/
La décentralisation vise à donner aux collectivités locales des compétences propres, distinctes de celles de l'État, à faire élire leurs autorités par la population et à assurer ainsi un meilleur équilibre des pouvoirs sur l'ensemble du territoire. La décentralisation rapproche le processus de décision des citoyens, favorisant l'émergence d'une démocratie de proximité.
Ceci, pour mettre en pratique le principe de subsidiarité qui veut qu’une responsabilité soit exercée par le plus petit niveau d'autorité publique compétent pour résoudre le problème.
C'est donc, pour l'action publique, la recherche du niveau le plus pertinent et le plus proche des citoyens. Il conduit à ne pas faire à un échelon plus élevé ce qui peut être fait avec la même efficacité à un échelon plus bas. Le niveau supérieur n'intervient que si le problème excède les capacités du niveau inférieur (principe de suppléance).
Le Petit Larousse2 définit la décentralisation comme étant un système d’organisation des structures administratives de l’Etat qui accorde des pouvoirs de décision et de gestion à des organes autonomes régionaux ou locaux (collectivités locales, établissements publics).
La décentralisation consiste donc en un transfert de responsabilités ou de compétences et de ressources du pouvoir central à des autorités ou collectivités sous nationales relativement indépendantes et autonomes et responsables devant le citoyen et l’état central. Elle a été marquée au Sénégal par le transfert de compétences, en 1996, dans 9 (neuf) domaines aux élus et l’érection de la Région comme collectivité territoriale depuis cette date.
La décentralisation permet d’améliorer la participation des populations dans le processus décisionnel. Sur le plan économique et social elle peut rendre plus efficiente et plus efficace la mise en œuvre des politiques publiques locales;
La décentralisation crée les conditions pour l’émergence d’une gouvernance territoriale qui a pour objectif le développement local.
Développement local :
L’émergence du local trouve ses racines dans les années 1960-1970 et a une signification du rejet du pouvoir central et apparaît comme une réponse à la mondialisation.
« Le développement local est l’expression de la solidarité locale créatrice de nouvelles relations sociales et manifeste la volonté des habitants d’une micro-région de valoriser les richesses locales, ce qui est créateur de développement économique »3.
2 Le Petit Larousse 2008
3 JL Guigou, colloque de Poitiers sur le thème du développement local 1983 p3
Un projet de développement local est un projet qui s’efforce de changer la situation d’un territoire.
Pour la DATAR4 le développement local est « La mise en œuvre le plus souvent, mais pas exclusivement, dans un cadre de coopération communale, d’un projet global associant les aspects économiques, sociaux, culturels du développement ». Généralement initiée par des élus locaux, un processus de développement local s’élabore à partir d’une concertation large de l’ensemble des citoyens et des partenaires concernés et trouve sa traduction dans une maîtrise d’ouvrage commune.
Pour Xavier Greffe « Le développement local est un processus de diversification et d’enrichissement des activités économiques et sociales sur un territoire à partir de la mobilisation et de la coordination de ses ressources et de ses énergies. Il sera donc le produit des efforts de sa population, il mettra en cause l’existence d’un projet de développement intégrant ses composantes économiques, sociales et culturelles, il fera un espace de contiguïté, un espace de solidarité ».
A travers ces définitions, nous notons que le développement local ne se limite pas seulement aux aspects économiques mais tient compte des aspects sociaux et culturels. Il nécessite la mobilisation de la population locale autour du projet et l’utilisation des ressources locales. Il s’organise autour du triptyque territoire, acteurs et gouvernance territoriale.
Le couplage des deux termes « développement » et « local » appelle l’articulation de deux caractéristiques essentielles : la durée qui doit marquée toute démarche de développement, et l’espace, c’est-à-dire le territoire local concerné par cette démarche. Il a été défini par Jacqueline MENGIN5 comme « une intervention structurée, organisée, à visée globale et continue dans un processus de changement des sociétés locales en proie à des déstructurations et des restructurations »
L’aspect durabilité a amené les auteurs à parler de développement durable défini dans le rapport Brundlandt « Our Common Future » publié en 1987, comme « un développement répondant aux besoins actuels sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. »
4 Délégation à l’Aménagement du Territoire et à l’Action Régionale
5 MENGIN (J),Guide du développement local, l’Harmattan, 1989.
Partant de cette définition, le développement durable se caractérise par trois principes fondamentaux :
La responsabilité des générations actuelles envers les générations futures
La gestion rationnelle des ressources naturelles
L’équivalence des intérêts sociaux, écologiques et économiques
Mais la définition qui correspond le mieux à notre contexte d’étude est celle de LONGHI6 selon laquelle « le développement local est un mouvement ascendant, un processus de développement reposant sur une démarche de mobilisation des acteurs d’une zone géographique donnée, désireux de prendre en charge leur avenir autour de projets autonomes ».
Appui budgétaire :
Il consiste pour un partenaire au développement à accepter que son concours financier (investissements retenus) soit inscrit dans le budget de la collectivité locale bénéficiaire et que les dépenses soient exécutées conformément aux règles de la comptabilité publique nationale.
Ainsi, le financement s’effectue à travers les circuits du Trésor Public pour assurer une meilleure traçabilité des dépenses.
De manière plus générale, «l’appui budgétaire est une modalité de mise en oeuvre de l’aide au développement qui consiste à apporter des aides financières aux Trésors des pays bénéficiaires. Ces aides permettent d’augmenter les ressources de l’État bénéficiaire pour exécuter son propre budget selon ses propres procédures »7.
Maîtrise d’ouvrage :
On appelle maître d'ouvrage (parfois maîtrise d'ouvrage, notée MOA) l'entité porteuse du besoin, définissant l'objectif du projet, son calendrier et le budget consacré à ce projet. Le résultat attendu du projet est la réalisation d'un produit, appelé ouvrage.
La maîtrise d'ouvrage maîtrise l'idée de base du projet, et représente à ce titre les utilisateurs finaux à qui l'ouvrage est destiné.
Ainsi, le maître d'ouvrage est responsable de l'expression fonctionnelle des besoins mais n'a pas forcément les compétences techniques liées à la réalisation de l'ouvrage.
Dans le cadre du PADELU, la maîtrise d’ouvrage est assurée par les collectivités locales que sont les communes, une manière pour le programme de les responsabiliser pleinement.
6 Longhi Ch.,Spindler J., 2000, Le développement local, L.G.D.J., Coll. Politiques Locales, Paris.
7 L’appui budgétaire « Et si on essayait le respect et la confiance » Louis Michel Communautés européennes, 2008.
Maîtrise d’œuvre sociale :
La maîtrise d’œuvre sociale est un concept innovant qui a vu le jour au Sénégal avec l’avènement du PADELU. Le Maître d’œuvre Social (MOS) est une personne physique ou morale chargée de la vulgarisation, la sensibilisation et l’implication des acteurs au processus d’appropriation et d’entretien des infrastructures mises en place.
« A l’image du Maître d’œuvre Technique (MOT) qui est le réceptacle de toutes les considérations techniques au cours de la construction d’une infrastructure, le MOS est le réceptacle de toutes les préoccupations d’ordre social dans le cadre de la réalisation de l’infrastructure »8.
Le MOS a principalement un rôle de facilitateur du processus d’ingénierie sociale à jouer pour que la finalité de l’ouvrage puisse correspondre aux attentes des bénéficiaires.
5- APPROCHE METHOLOGIQUE
5-1. La revue documentaire
Cette phase a commencé dès le choix du thème et s’est déroulée en deux étapes. Dans un premier temps, l’objectif était d’approfondir les concepts qui font le contour de notre question de recherche tels la décentralisation, le développement local, la gouvernance, la proximité, le jeu des acteurs etc. Pour ce faire, nous avons exploité les ouvrages qui était à notre disposition dont principalement : « Développement local, gouvernance territoriale : Enjeux et perspectives » de A. Diop; « Economie de proximité » de Pecqueur B. et Zimmermann J. B. ;
« Les acteurs, ces oubliés du territoire » de Hervé Gumuchian, Eric Grasset, Romain Lajarge, Emmanuel Roux.
D’autre part, pour mieux cerner les attentes des uns et des autres sur notre thème qui porte sur l’évaluation du PADELU dans la commune d’arrondissement de Thiaroye sur mer, nous avons approché, eu des entretiens et recueilli une documentation technique et pratique auprès des autorités municipales, de la Direction des Collectivités Locales (DCL) et du secrétariat permanent du PADEC/PADELU.
5-2. La collecte de données sur le terrain
a) Le choix des structures à enquêter
8 Guide pratique d’entretien et de maintenance des infrastructures et équipements urbains, PADELU, Décembre 2007
La méthodologie utilisée aussi bien pour le volet infrastructures que pour le volet micro activités économiques urbaines, est un choix raisonné tenant compte de certains acquis. C’est ainsi qu’en ce qui concerne le volet infrastructures, précisément la maison de la femme, un travail avait été fait par le maître d’œuvre social à partir d’une base de données (non disponible) d’environ 80 groupements de femmes répartis dans cinq unités communales de développement (UCD), un comité de gestion a été mis en place avec 25 femmes dont cinq par UCD. Partant de cet acquis, nous avons accès notre travail de collecte sur le comité de gestion jugé représentatif de tous les groupements de femmes.
S’agissant du volet micro activités économiques urbaines, notre méthodologie est le prolongement du travail de la cellule d’animation économique qui avait fait le recensement de l’ensemble des micro entreprises, GIE, réseaux de GIE et ASC. La synthèse de cette base de données est présentée ci-dessous :
Tableau N°1 : Base de données des MPE de la CATSM
MPE Micro entreprises/
ateliers
OCB/ASC GIE et réseaux
Nombre 102 21 21
Source : Rapport d’exécution technique du PAPES juin 2007
A partir de cette base de données, la cellule d’animation économique, sur la base de critères et de concert avec les autorités municipales, a sélectionné 10 groupements d’affaires (GA) qui devaient constituer la première vague de projets à financer. Il faut cependant préciser que ces GA sont des réseaux constitués de plusieurs GIE ou micro entreprises. Pour exemple, le GA des menuisiers regroupe les 18 ateliers de menuiserie recensés dans la base de données. Cela nous a amenés à considérer ces GA que nous avons enquêtés.
b) Les instruments de collecte utilisés
En ce qui concerne aussi bien le volet infrastructures du programme que le volet micro activités économiques urbaines (MAEU), des guides d’entretien ont été utilisés pour collecter des informations auprès de certaines structures et leur offrir ainsi largement la possibilité de s’exprimer. Il s’agit des autorités municipales, du comité de gestion de la maison de la femme,
de la sage-femme, du comité de santé, de la société de cautionnement mutuel (SCM), de la fédération des SCM, de l’animatrice du PAPES et de l’animatrice locale.
Par contre les dix groupements d’affaires dans le cadre du MAEU ont été enquêtés sur la base de questionnaires.
5-3. Le traitement et l’analyse des données
Après dépouillement et afin de faciliter l’analyse, les données collectées ont été organisées sous forme de tableaux. C’est ainsi qu’un tableau fait le point sur l’utilisation des services offerts par la maternité, un autre livre la situation actuelle des groupements d’affaires ou encore le compte d’exploitation du groupement des femmes avicultrices qui est présenté afin d’appréhender leur niveau de résultat.
I- PRESENTATION DU PADELU ET DE LA ZONE D’ETUDE
I-1. THIAROYE SUR MER, UNE COMMUNE ENTRE TRADITION ET MODERNITE
I-1.1. Une commune littorale
Carte N°1 : Situation de la commune dans la Région
La commune d’arrondissement de Thiaroye sur mer est une bande d’environ 3 km² de terre comprise entre la route nationale N°1 (RN1) et l’océan Atlantique. Elle s’étire sur 6 km depuis l’intersection du boulevard du centenaire de la commune de Dakar avec la RN1 jusqu’à la route de l’hôpital psychiatrique de Thiaroye. Cette commune de l’ouest du département de Pikine est limitée :
Au nord par la RN1 du pont de Pikine jusqu’à la route de l’hôpital psychiatrique de Thiaroye.
A l’est par la route de l’hôpital de Thiaroye et son prolongement jusqu’à la mer.
A l’ouest par le boulevard du centenaire de la commune de Dakar.
Au sud par le littoral sud de l’océan Atlantique.
I-1.2. Les aspects physiques et démographiques
Au plan topographique, la commune de Thiaroye sur mer est relativement plate avec des sols sableux, par endroit hydromorphes où le maraîchage se pratique toute l’année, la nappe phréatique étant à environ six mètres.
Au plan démographique ; l’évolution de la population se présente comme suit :
Tableau N°2 : Estimation de la population de la CA de Thiaroye sur mer
Années 2005 2006 2007 2008 2010 2012 2013 2014 2015 Nbre
d’hbts
39717 40656 41612 42586 44582 46646 47702 48776 49798
Sources : estimation de la population sénégalaise de 2005 à 2015 DPS janvier 2005
Comme dans toute la périphérie Dakaroise, la population de Thiaroye sur mer s’accroît à un rythme soutenu.
La population de Thiaroye sur mer est composée en majorité de wolofs, ensuite suivent les poulars et les sérères installés dans le village traditionnel de Mbatal. On note aussi la présence d’autres ethnies minoritaires tels que les diolas.
I-1.3. La vie économique à Thiaroye sur mer
Elle tourne autour de la pêche qui constitue la principale activité économique pour les hommes et principalement les jeunes. C’est pourquoi la forte pression sur la ressource halieutique qui a conduit à sa rareté ces dernières années a poussé les jeunes vers l’émigration clandestine pour laquelle Thiaroye a payé un lourd tribut en vies humaines.
Les femmes quant à elles s’activent principalement dans la transformation et la vente de produits halieutiques, mais aussi le petit commerce.
Au plan industriel, Thiaroye sur mer est une banlieue à forte concentration industrielle. On y dénombre plus de trente industries allant des industries alimentaires à celles textiles et mécaniques, en passant par les industries chimiques et plastiques.
Cependant, ces industries loin d’être une source de revenus pour la CATSM, constituent plutôt une source de pollution.
I-1.4. Le cadre de vie
L’habitat
Carte N°2 : L’habitat de la commune
Au plan de l’habitat, la CATSM présente deux visages : d’un côté, nous avons la zone abritant le village originel qui garde l’aspect traditionnel avec ses quartiers non lotis et d’un autre côté, la zone Est donnant l’exemple de zone d’habitat régulier et planifié. On y dénombre 11 cités, signe de modernité et d’un niveau de vie plus élevé.
L’environnement
Il est fortement pollué par les industries qui sont sur le territoire de la commune d’arrondissement ou à proximité. C’est le cas de SENCHIM, des ICS ou de la SAR. Ces industries utilisant des produits hautement toxiques constituent une poudrière au milieu des habitations. La pression foncière aidant, les populations occupent des zones qui devaient être interdites à l’habitation. C’est le cas des emprises des pipe-lines, conduites souterraines d’hydrocarbures allant du port de Dakar à la SAR.
Un autre problème d’environnement de la commune, c’est la pollution de la baie transformée en dépotoir d’ordures par les populations riveraines. Et quand elles se mélangent à des algues marines qui échouent à une certaine période de l’année, le décor n’est pas beau à voir.
I-1.5. Les infrastructures et équipements de la commune
Carte N°3 : Les infrastructures et équipements de la commune
Maternité + logement Maison de la femme Maternité + logement Maison de la femme
Les infrastructures scolaires
La commune compte quatre écoles primaires publiques dont deux dans un état de vétusté avancé. Il se pose également un problème de promiscuité et de suivi des élèves au niveau de ces écoles publiques où la moyenne est de 65 élèves par classe. Aucun établissement public moyen ou secondaire n’existe dans la commune ce qui pose un problème de déplacement et de transport aux élèves après la classe de CM².
Les établissements privés quant à eux sont plus nombreux mais ne sont pas toujours accessibles aux couches les plus démunies. Il en existe même deux d’enseignement secondaires tous établis dans le quartier moderne de Thiaroye Azur mais aussi des écoles privées de type franco-arabe.
Il faut noter aussi la présence de deux centres de formation sur le territoire communal.
Il s’agit du centre d’enseignement technique féminin et du Centre National de Formation des Techniciens de Pêche et d’Aquaculture (CNFTPA).
Les infrastructures sanitaires
Elles sont constituées de deux postes de santé couplés chacun à une maternité et d’une case santé. Ces deux postes de santé se trouvent, l’un dans le noyau traditionnel, au quartier Mandiaye Diop et l’autre dans le quartier Thiaroye Azur. Ce dernier vient d’être complété par une maternité en 2007, grâce à l’intervention du PADELU.
La commune abrite également l’hôpital psychiatrique de Thiaroye qui polarise tout le pays et même la sous région. Il a une capacité de 250 lits et a pour but d’assurer des prestations de soins de santé mentale à toutes les populations et à moindre coût.
A noter aussi que la commune dispose de deux infrastructures communautaires très modernes, en l’occurrence, le foyer des jeunes et la maison de la femme. Cette dernière est construite et équipée dans le cadre du PADELU.
I-1.6. L’organisation administrative de la CATSM
L’organisation de l’administration communale
Graphique N°1 Organigramme de la CATSM
Le conseil municipal est passé de 36 à 56 membres à l’occasion de la présente législature. Il est l’organe délibérant les décisions devant engager la commune, il est composé de commissions spécialisées qui sont au nombre de huit :
-la commission santé ; -la commission éducation ; -la commission environnement ; -la commission pêche ;
-la commission halles marchés et patrimoine
CONSEIL .MUNICIPAL
3e ADJOINT 1ER ADJOINT MAIRE 2e ADJOINT 4e ADJOINT
Sec. Maire
SEC. MUNICIPAL
Sec.SM
Recettes et fiscalité
Administration Générale et Finance Etat Civil
JeunesseSports et loisirs
-La commission formation
-La commission domaine et aménagement du territoire -La commission sport
-La commission administrative -la commission culture
Les commissions sont chargées de faire l’état des lieux et de faire des propositions, chacune dans son domaine.
Le Bureau Municipal (le maire, ses quatre adjoints et le secrétaire municipal) est l’organe exécutif ;
L’administration est coordonnée par le secrétaire municipal. Elle comporte quatre services : recettes et fiscalité, administration générale et finance, Etat civil et jeunesse sports et loisirs.
Appui budgétaire et budget communal
Budget des six dernières années
0 50000000 100000000 150000000 200000000 250000000
Année
Budget
Année Budget
Année 2004 2005 2006 2007 2008 2009
Budget 87223365 223089919 209424218 155795000 120033302 125370000
1 2 3 4 5 6
Source: Commune d’arrondissement
Graphique N°2 : Evolution du budget communal ces six dernières années de la CATSM Le budget de la commune qui, certes augmentait progressivement de 2002 à 2004, a tout d’un coup, plus que doublé en 2005. L’explication réside dans l’intervention du PADELU, un programme d’appui au développement local qui procède par appui budgétaire. Ce qui signifie que les fonds du projet sont pris en compte dans le budget de la commune et sont décaissés par le trésor public.
C’est une occasion donnée à la commune pour investir massivement et cela se ressent sur le budget d’investissement qui a été multiplié par 8. Alors que d’ordinaire, il était très en deçà du budget de fonctionnement, pendant l’exécution du projet, l’investissement a même doublé le budget de fonctionnement. C’est ainsi qu’il est passé de 16.677.469 FCFA à 139.464.711
FCFA de 2004 à 2005 pendant que le fonctionnement passait de 70.545.896FCFA à 83.625.208FCFA.
Le budget de la commune a atteint son pic en 2005 car, c’est l’année où l’ensemble du coût du PADELU a été budgétisé et au fur et à mesure que les réalisations sont financées, il est normal que le budget décroisse.
I-2. PRESENTATION DU PADELU
I-2.1. Contexte d’intervention du Programme
Initié en 2000 par le Gouvernement du Sénégal et l’Union Européenne, dans le cadre du Huitième Fonds Européen de Développement (8ème FED), le Programme d’Appui au Développement Local Urbain (PADELU) s’inscrit dans une stratégie globale de lutte contre la pauvreté en milieu urbain. Il vise l’amélioration du cadre de vie des populations urbaines pauvres et leur accès aux services collectifs de base, par le soutien à des initiatives concertées et programmées par les acteurs locaux.
En effet, la contribution du PADELU à la réduction de la pauvreté s’est traduite par la réalisation d’infrastructures et d’équipements de base, l’accompagnement et l’appui conseil aux communes, la formation des acteurs de la décentralisation et enfin la facilitation de l’accès des Micro et Petites Entreprises (MPE) aux services financiers décentralisés.
I-2.2. Le pari de l’innovation
a)- La maîtrise d’ouvrage communale
C’est une démarche de rupture qui responsabilise davantage la commune. C’est à elle que revient la charge d’assure :
• La consultation et le choix des maîtres d’œuvre et entreprises
• La supervision et la validation des études
• La signature et la gestion des marchés
• Le suivi et la surveillance des travaux
• La réception des travaux et fournitures
• L’ordonnancement pour paiement
b)- Appui budgétaire
L’approche se traduit de manière suivante :
• Requêtes des communes adressées au Comité de Financement
• Signature de la Convention Etat/Collectivité Locale et inscription en recettes et dépenses des activités et montants accordés dans le budget de la commune
• Passation des marchés et mise en œuvre des projets
• Ordonnancement et paiement des dépenses par préfinancement du Trésor
• Audit des opérations
• Remboursement des dépenses exécutées et auditées
c)- Rôle des acteurs dans la mise en œuvre des projets
Les communes qui jouent le rôle de maître d’ouvrage :
Pour la première fois, les communes ont été responsabilisées, ce qui n’a pas manqué de créer quelques difficultés (retard dans la prise de décision, manque de suivi des travaux, déficit en communication, etc.)
La mobilisation des maîtres d’œuvre techniques et sociaux :
Des maîtres d’œuvre techniques et sociaux sont recrutés par les communes :
o Le maître d’œuvre technique a en charge l’élaboration des études en vue de la constitution du dossier d’appel d’offres pour le choix de l’entreprise. Il représente la commune sur le chantier et supervise pour elle, les travaux.
o Le maître d’œuvre social est chargé d’accompagner la commune ou les porteurs du projet dans la gestion, l’entretien et la maintenance des ouvrages. Il a pour principales tâches :
Créer une dynamique au sein des bénéficiaires pour une appropriation des projets ;
Accompagner les porteurs de projets et la commune dans la gestion, l’entretien et la maintenance des ouvrages et équipements;
Mettre en place et faire fonctionner les comités de gestion. Selon les secteurs, on peut citer les exemples suivants : les cellules de qualité
chargées de l’entretien des écoles (Education), les comités eau (Adduction d’eau), les comités de gestion (Equipements de jeunesse).
L’implication des cadres de concertation :
Ils constituent un creuset de la participation populaire.
Les membres des comités de gestion sont souvent désignés au sein de cet espace.
L’apport des services déconcentrés de l’Etat :
Ils viennent en appoint aux services techniques communaux
Les autorités administratives :
Elles représentent l’Etat (Préfet, Sous Préfet) et veillent au bon déroulement des projets ainsi qu’au respect des dispositions de la Convention liant l’Etat aux communes
I-2.3. Les réalisations du PADELU
a)- Volet infrastructures
Un total d’environ 150 infrastructures ont été contruites dans les 17 communes d’intervention, et cela dans tous les secteurs. Le tableau figurant en annexe 1 donne le détail de toutes les infrastructures construites par le programme.
Répartition des investissements réalisés par secteur
Source : Cahier des réalisations du PADELU
Graphique N°3 Répartition des investissements réalisés par secteur
L’Education apparaît comme le premier secteur d’investissement du PADELU. Ensuite suivent les équipements communautaires, la voirie, les équipements de jeunesse et la santé.
Répartition des investissements réalisés par commune
Source : Cahier des réalisations du PADELU
Graphique N°4 Répartition des investissements réalisés par commun
Les communes de Louga, Ziguinchor et Rufisque sont celles qui ont le plus bénéficié du volet infrastructures du PADELU à cause du coût élevé de la nature des investissements (voirie, équipements communautaires).
b)- Volet communication et renforcement des capacités
Accompagnement
En tant que structure d’appui conseil, le Secrétariat Permanent apporte un appui constant à toutes ses communes d’intervention. Cet appui est matérialisé, de façon régulière, par des visites de terrain, des séances de travail, des actions de sensibilisation, des échanges d’expériences, etc.
Formation
Plusieurs sessions de formation ont été organisées à l’intention des élus, des techniciens municipaux, des services déconcentrés de l’Etat et des acteurs de la société civile sur les thématiques suivantes :
• Passation de marchés publics
• Conduite et suivi des travaux de BTP
• Appui budgétaire et transferts financiers
• Stratégies d’entretien et de maintenance des infrastructures, etc.
Echanges d’expériences
Pour accompagner la réalisation d’infrastructures, le PADELU a initié la tenue de plusieurs rencontres d’échanges d’expériences sur les pratiques de gestion, d’entretien et de maintenance des infrastructures entre communes bénéficiaires du Programme et d’autres communes. Ces échanges permettent de véhiculer les meilleures pratiques de gestion et de partager sur les stratégies de mobilisation de ressources (humaines, financières, sociales, etc.) en vue d’une meilleure pérennisation des ouvrages réalisés.
Communication
Plusieurs actions de communication ont été initiées par le programme, à savoir : les émissions de radio, les reportages TV, l’organisation de rencontres et visites, l’édition d’un press book.
Mise à disposition d’outils / Capitalisation
Pour contribuer au renforcement des capacités des acteurs, des outils ont été conçus et mis à la disposition des communes et des autres partenaires. On peut citer:
- le recueil d’outils d’appui à la maîtrise d’ouvrage (DAO types, TDR types, Avis types, Contrats types)
- le Guide pratique de réalisation des infrastructures et équipements urbains
- le Guide pratique d’entretien et de maintenance des infrastructures et équipements - le cahier des réalisations
- un film institutionnel
- des plaquettes de présentation pour les communes
- une étude de capitalisation de l’expérience de la maîtrise d’oeuvre sociale
c)-Volet Micro Activités Economiques Urbaines (MAEU)
Dans le cadre de son intervention, le PADELU apporte un soutien dans le secteur de l’appui aux Micro et Petites Entreprises (MPE), sources d’emplois et de revenus afin de faciliter l’expansion des activités économiques. Cette composante, dont la mise en oeuvre a été confiée à l’ONUDI, vise à promouvoir, de façon pérenne, l’accès des micros et petites entreprises à des appuis techniques et financiers. Pour ce faire, la logique d’intervention est structurée autour de :
• Appuis techniques : qui permettent de prendre en charge la formulation, la mise en oeuvre et la réussite des projets économiques (individuels et collectifs).
• Appuis financiers : qui permettent de faciliter l’accès au crédit pour les PME afin de financer leurs projets économiques.
• L’animation économique sur le territoire communal : il s’agit ici, de doter les communes de capacités pour promouvoir des services techniques d’appui au développement économique local.
Communes bénéficiaires
Alors que 17 communes avaient bénéficié du volet infrastructures, seulement 10 ont été éligibles au volet MAEU. Ce sont : Thiaroye sur Mer, Louga, Sédhiou, Khombole, Nioro, Pout, Yeumbeul Nord, Guédiawaye, Dioffior et Passy.
Cibles
Elles sont constituées des Petites entreprises, des Micro entreprises (GPF, GIE, etc.) et des Créateurs d’activités (femmes et jeunes).
Secteurs touchés
Le volet MAEU a touché presque tous les secteurs d’activité, de l’agriculture au commerce en passant par l’agroalimentaire, la menuiserie bois, la menuiserie métallique, la pêche, l’habillement, la tannerie etc.
Activités de formation
Ces activités permettent de renforcer les capacités techniques et managériales des MPE.
Plusieurs formations ont été faites dans les domaines suivants :
• Autodiagnostic
• Formation des entrepreneurs
• Gérer mieux son entreprise (GERME)
Quelques chiffres
• 130 groupements sélectionnés
• 2732 membres de groupements bénéficient de l’appui
• 52% des groupements touchés sont des groupements féminins
• 39% des groupements sélectionnés s’activent autour du commerce et des services
II- ANALYSE ET INTERPRETATION DES RESULTATS
II-1. VOLET INFRASTRUCTURES
C’est le volet le plus important du PADELU autour duquel gravitent tous les autres.
Dans la commune d’arrondissement de Thiaroye sur mer, il a consisté en la construction entre 2005 et 2007 de deux infrastructures communautaires que sont la maternité avec le logement de la sage-femme et de la maison de la femme. Ces infrastructures ont fait l’objet d’une large demande des populations de la commune d’arrondissement et ont été inscrites dans le plan d’investissement 1998-2003 de cette dernière.
II-1.1. La maternité avec logement
II-1.1.1. Un joyau qui polarise la zone d’habitat planifié de la commune
La maternité se situe au niveau de la cité RST ou cité ISRA à Thiaroye Azur, à hauteur du km 14 sur la route nationale N°1 (cf. carte N°3 : Equipements et infrastructures de la commune). C’est une zone d’habitat aménagée, contrairement à la grande majorité du territoire de la commune d’arrondissement.
Photo N°1 : La maternité de Thiaroye Azur
Source : Photo prise dans le cadre du mémoire le 24/10/09
Il s’agit d’un édifice de niveau R+1 construit sur un terrain de 342 m² qui abrite la maternité au rez-de-chaussée et le logement de la sage-femme à l’étage. Cette maternité, contiguë au poste de santé vient compléter ainsi le complexe sanitaire de la localité et renforcer la carte sanitaire de la commune d’arrondissement. Il faut préciser que la CATSM comptait déjà une maternité couplée au poste de santé du quartier Mandiaye Diop du noyau traditionnel de la commune. Ce joyau d’un coût de 44.850.000F du PADELU et d’un équipement de 10.000.000F fourni par la ville de Pikine polarise les 11 cités dans la zone d’habitation planifiée de Thiaroye Azur et les villages traditionnels de Mbatal, Keur Ngadieul et Bagdad. La maternité compte deux bureaux, une salle d’accouchement, une suite de couche, un vestibule et des toilettes. Le logement de la sage-femme quant à lui est du type trois chambres plus un salon.
Graphique N°5 : Diagramme de polarisation de la maternité de Thiaroye Azur
II-1.1 .2. Les services offerts par la maternité
Les différentes prestations offertes au niveau de la maternité sont : les consultations prénatales, la planification familiale, les accouchements et les consultations postnatales. Elles ont démarré dès l’affectation de la sage-femme en janvier 2008 et bien avant la mise en service de la maternité qui n’est intervenue que six mois plus tard. La sage-femme s’était trouvée un bureau au niveau du poste de santé où elle offrait ses services hormis les accouchements. L’utilisation des services de la maternité exceptées les consultations postnatales qui ne font pas l’objet de monitoring mensuel est présentée dans le tableau suivant :
Tableau N°3: Utilisation des services de la maternité de Thiaroye Azur
1er semestre 2008 2ème semestre 2008 1er semestre 2009
O.FALL
DPV RA)
Cité
Ousmane Fall
MBATAL
SOCABEG
ALIZE
ISRA
SAFCO2
SEPCO2 SAFCO1
Bagdad
SEPCO1
SAPI
K.NGADIEUL
S.Sociale
Maternité Thiaroye Azur
Source : Registres de la maternité, octobre 2009
*Le taux de 104% d’utilisation des services de consultations prénatales dénote une sous- estimation de la base de calcul (nombre de femmes attendues) qui a augmenté avec les déplacements de populations du fait des inondations de l’hivernage 2008. Les statistiques démographiques de cette partie de la commune méritent d’être actualisées.
**Au premier semestre 2008, les accouchements n’étaient pas encore effectifs à cause de la non fonctionnalité de la maternité.
A l’analyse, on se rend compte que la maternité joue bien son rôle et elle a un taux moyen d’utilisation des services très acceptable. Il faut savoir que le taux de planification familiale qui pourrait paraître comme faible est largement au dessus de la moyenne nationale qui est 12%.
La maternité a également pour effet la création d’emplois car, en plus de la sage-femme, quatre matrones y officient. Un autre impact, c’est l’abandon des accouchements à domicile par des matrones non formées avec tous les risques y afférents. Elle évite aussi aux femmes à terme de faire de longues distances jusqu’aux maternités de Diamaguène ou de Mbao qui polarisaient la zone.
- La gestion, l’entretien et la maintenance
A signaler que la maternité est régie par le comité de santé du poste de santé qui existait déjà depuis 1996. Ce comité composé d’un président, un vice président, un trésorier et un trésorier adjoint a été mis en place à la suite d’une assemblée générale regroupant l’ensemble des délégués de quartiers (présidents d’amicales des 11 cités et les 2 villages traditionnels), les présidentes de GPF et les présidents d’ASC. Ce comité assure la gestion, l’entretien et la maintenance du complexe sanitaire poste et maternité. Pour cela la commune d’arrondissement a mis à sa disposition un gardien et une technicienne de surface qu’elle prend en charge.
Ce mode de gestion rejoint celui de co-gestion communautaire préconisé par le guide pratique d’entretien et de maintenance des infrastructures et équipements urbains édité par le PADELU.
Nature des
services Nb de femmes attendues
Nb de femmes
vues
Taux d’utili- sation
Nb de femmes attendues
Nb de femmes
vues
Taux d’utili- sation
Nb de femmes attendues
Nb de femmes
vues
Taux d’utili- sation Consultations
prénatales
156 95 60,89% 172 73 42% 173 181 104%*
Planification familiale
1586 181 11,4% 2039 254 12% 2039 433 21%
Accouchements ** ** ** 172 80 46% 173 68 39%
II-1.1.3. Les insuffisances constatés dans le fonctionnement
- Les manquements de l’entreprise
Dès le début, le chantier a connu des retards sur le calendrier des travaux dus aux inondations qui ont accompagné les fortes pluies de 2005 et qui ont rendu la zone inaccessible par les camions. Mais ce retard a été également accentué par la mise à disposition tardive des équipements par la ville de Pikine.
Une autre difficulté liée à la maîtrise d’ouvrage a été les manquements de l’entreprise quant aux travaux de finition qui ont posé de sérieux problèmes d’installation électrique et de plomberie. Des réparations qui ont été finalement pris en charge par la commune d’arrondissement pour l’électricité et le comité de santé en ce qui concerne la plomberie.
A cela s’ajoute l’insuffisance de salles soulignée par la sage-femme. En effet, la maternité ne dispose pas de salle de garde ni de salle de préparation des femmes à terme avant l’accouchement.
- La sage-femme à l’épreuve du gain de confiance des femmes
Une timide fréquentation du poste a été notée au début mais dès que la confiance s’est installée entre les femmes de la localité et la sage-femme, le taux de fréquentation s’est nettement amélioré. Il faut cependant noter que le taux d’utilisation du service accouchement aurait pu être meilleur, il se trouve que les cités sont en majorité habitées par des salariés qui ont la facilité de la prise en charge de l’accouchement de leurs épouses au niveau des grands établissements sanitaires publics ou privés.
Une autre question qui préoccupe le comité de santé et la sage-femme, c’est la faiblesse de la motivation financière du personnel communautaire qui se partage 25% des recettes issues de la vente des tickets.
Il faut enfin signaler la non mise en place d’un comité de gestion au niveau d’aucun des postes de santé de la commune d’arrondissement. Une situation qui n’est pas conforme aux textes de loi de la décentralisation en matière de santé. Le comité de gestion qui est composé du Maire, du Président Comité de Santé, du trésorier du comité de santé et de l’Infirmier Chef de Poste aurait pu être un cadre adéquat de concertation et de prise de décisions.
II-1.2. La maison de la femme
II-1.2.1. Une localisation avec des force et des faiblesses
La maison de la femme est implantée dans la cité Ndiouga Kébé, au sud de la route nationale N°1, à hauteur du bureau de poste de Thiaroye. Elle est encadrée par le marché, la voie ferrée, le quartier Ngagne Diaw et la route nationale N°1 (cf. carte N°3 : Equipements et infrastructures de la commune).
Photo N°2 : La maison de la femme
Source : Photo prise dans le cadre du mémoire le 24/10/09
- Un imposant édifice mais mal entouré
C’est un édifice de niveau R+1 construit sur un terrain de 342 m² et comportant : - Une (01) grande salle de spectacle
- Une (01) salle polyvalente
- Trois (03) salles d’activités génératrices de revenus (art culinaire, couture, transformation de jus de fruits)
- Deux (02) salles de bureaux - Un (01) magasin
- Deux (02) autres magasins donnant sur la rue et devant servir de centrale d’achat et de salle d’exposition.
- Une (01) terrasse pouvant servir à diverses manifestations
La maison dispose d’un équipement mis en place par le projet et qui est constitué de : - un (01) réfrigérateur (GM 2 portes)
- six (06) machines à coudre - une (01) table de réunion - trois (03) ordinateurs fixes - trois (03) fauteuils
- six (06) chaises visiteurs - une (01) chaîne à musique - cent (100) chaises en plastique - un (01) poste téléviseur (51cm)
L’ouvrage et son équipement ont coûté 72.358.000F au PADELU dont 10% de la commune d’arrondissement.
Cependant son emplacement pose de sérieux problèmes d’accessibilité surtout en hivernage car la zone est inondable. Il se trouve également que le bâtiment ne donne pas sur une rue importante, ce qui ne permet pas de ressortir toute son esthétique. En plus du manque d’espace, la Maison cohabite avec des garages de mécaniciens qui malgré les nombreuses injonctions de déguerpissement encombrent toujours les ruelles qui l’entourent. Comme nous pouvons le constater sur la photo N°3, les épaves de véhicules et des véhicules en panne font le décor de cet environnement.
Toutefois la maison de la femme, se situe à proximité de ce qu’on pourrait appeler le quartier d’affaires de la commune avec ses quatre agences de banque (CBAO, BRS, Bank of Africa et Atlantic Bank) et le bureau de poste. Ce qui constitue un énorme potentiel pour le volet art culinaire ou restauration de la Maison.
Elle est aussi située dans le quartier le plus densément peuplé où la pauvreté est plus perceptible et donc très proche des femmes qui ont le plus besoin d’y pratiquer des activités génératrices de revenus. Même si la forme étirée de la commune ne facilite pas l’accès à la maison aux femmes de l’extrémité Est, c’est-à-dire Thiaroye Azur.
II-1.2.1. Une structure qui fédère les GPF de la commune d’arrondissement
- le comité de gestion
La maison de la femme est dirigée par un comité de gestion mis en place dès la réception provisoire de l’ouvrage prononcée le 08 juin 2007 (voir annexes). Il faut cependant signaler qu’il ne faisait que prendre le relais du collectif des femmes de la CATSM qui a porté la demande du projet et a suivi sa réalisation. Le comité de gestion a été mis en place de manière démocratique à partir des cinq zones de la commune ou Unités communales de Développement (UCD). Les groupements de femmes de chaque UCD ont désigné cinq représentants au niveau du comité de gestion. Soit au total 25 femmes membres du comité de gestion. Un bureau a été installé avec une présidente, une vice présidente, une secrétaire générale, une secrétaire générale adjointe, une trésorière et une trésorière adjointe. Ce bureau est aidé dans sa tâche par quatre commissions que sont : la commission organisation, la commission formation, la commission information et communication et la commission fiance et social et deux commissaires aux comptes. Chaque commission est composée de quatre membres qui désignent en leur sein une présidente. Le bureau élargi aux commissions se réunit une fois par trimestre et est renouvelable tous les trois ans. Par contre les membres du bureau se voient tous les jours puisque cinq d’entre elles sont agents de la commune affectées à la maison de la femme ce qui montre le caractère créateur d’emplois de l’infrastructure.
Le mode de gestion préconisé par la commune pour cette infrastructure, c’est le régime de concession de service public qui est la forme de gestion préconisée pour les infrastructures communautaires par le guide pratique d’entretien et de maintenance des infrastructures et équipements urbains édité par le PADELU. Cependant, la convention de délégation d’exploitation et de gestion n’est toujours pas signée entre la commune d’arrondissement et le comité de gestion.
Le regroupement de 40 groupements de femmes parmi un total d’environ 80 identifiés par le maître d’œuvre social autour de la Maison de la femme a permis la création de l’union des groupements de promotion féminine de la commune d’arrondissement. Ce qui est impact non négligeable au plan de la structuration des Organisations Communautaires de Base (OCB) en réseau dans la commune car avant, il n’existait aucune structure qui pouvait fédérer les femmes.
- Les GPF membres de la Maison de la femme
La maison de la femme, bien qu’étant à la disposition de tous la GPF de la commune, chaque groupement qui désire en devenir membre, doit verser des frais d’adhésion d’un montant de 10.000F et acquérir une carte de membre à 1000F. Jusqu’en octobre 2009, 40 GPF se sont
acquitté de cette formalité (cf. Annexe 2). Ce qui est révélateur d’un manque de dynamisme du comité de gestion qui devrait mener des campagnes de sensibilisation pour amener l’ensemble des GPF de la commune à adhérer à la Maison de la femme. Les groupements membres de la maison sont présentés dans le tableau suivant :
- Les activités pratiquées
Il faut signaler que la maison de la femme n’est pas encore entièrement fonctionnelle et les activités menées sont l’alphabétisation, le micro jardinage sur table, les séminaires de formation. Les thèmes de formation déjà dispensés aux femmes portent sur l’aviculture, la teinture, la micro jardinage, GERME (Mieux Gérer son Entreprise) et la transformation des fruits et légumes.
Le comité de gestion loue également la salle de spectacle pour diverse manifestation à 25000F.
En attendant une pleine fonctionnalité de la maison de la femme et la signature de la convention de concession, la commune d’arrondissement appuie le comité de gestion en prenant en charge le gardien et les factures d’eau et d’électricité et en le dotant de produits d’entretien et de fournitures de bureau. Pour maintenir la bâtisse en l’état, en plus de l’entretien régulier assuré par les deux femmes de charge, les femmes du comité de gestion se mobilisent une fois par mois pour la nettoyer à grande eau.
II-1.2.3. Un investissement encore insuffisamment exploité
La pleine fonctionnalité de la maison de la femme est retardée par la réception définitive qui n’est pas encore prononcée à cause d’un contentieux qui oppose la CATSM, maître d’ouvrage à l’entreprise et portant sur les travaux de finition (étanchéité et peinture) mais aussi le manque de dynamisme du comité de gestion.
La non signature de la convention générale de concession de service public entre la commune et le comité de gestion ne favorise pas la prise d’initiatives par ce dernier.
Le comité de gestion devrait mener une campagne d’information et de sensibilisation pour amener l’ensemble des groupements de la commune à adhérer à la maison de la femme.
II-2. VOLET MICRO ACTIVITES ECONOMIQUES URBAINES (MAEU)