LES DERNIERS COMPLOTS
D
RL’ARISTOGRA TIÉ^
Fondés
futlesDécretsmême de
rAffembléfi Nationale^
0 U
TRAIT DE LUMIERE
1
T
COUP DE MASSUE;
Servant de Supplément
aux zo
premiers.Numéros
des Révolutions'de PariséL E Comte de Mirabeau
difoif, dans la féance orageufedu Mardi matin
3
Dé- cembre
, qu’ilne comprenoit
pointcom- ment un
projetde Décret
, qui intéreffok lesenfans des
Nobles &le
Clergé,pouvoir
exciter des réclamationslitumultueufes*
Sa
A
ro
furprife eût été bien plus grande,
&
fansdoute plus utile à fa Patrie
, s’il eût appris dansce
moment
lesnouveaux
complots des.Ariftoerates
, s’il eût fu qu’ilsélevoient fur lésDécrets
même
del’Aflemblée Nationale, les bafes d’unnouveau
fyftême d’oppref- fion. Puifliez-vous ,ô
vous tousgénéreux
défenfeurs de la liberté nationale ,vous
dignes vengeurs des droits del’homme &
du Citoyen
! puifîiez-vous , tranfportés d’un zele héroïque , rendre denouveau
impuiffansles
nouveaux
efforts desennemis du
bien public !en
vain ont-ilsvoulu
pa-roitre-innocens
de
toutes leurs anciennes machinations, afin de n’être plus foup-çonnés
d’en former de nouvelles !en
vainont-ils
répandu
, par toutes les voiçs pof- fibles, leurs prétendus
moyens de
juftifica- tion, lés faifant diftribuer gratisaux
uns,&
offriraux
autres àun
prix excefîîfquiexcitât la curiofiîé (i) , leur
impudence
qui avoir déjà fi heureufementfait échouer&
conftater leurs premiers forfaits, les atrahis
une
troifieme fois ;on
fait qu’ils ontdit dans leur folle ivrefie
, ie verre
û
lamain
(&
des Citoyensnon
privilégiés lesont entendus : ) .
(?) C’eirce que nous avonsvii praîi?|u^rpourla bro- chure mdtulée; ouvre^lcsyeux.
i*lk
( 3 )
' Les 'clrconftances nous ont forcé
de
confentir au rachat des droits féodaux; mais de
deux
chofesFune
,ou
ce rachat» n’aura pas lieu , grâces à nos fages
me-
fures pour faire avorter tous les deffeins
» de
FAffembiée
Nationale ^ou
bien les» plans projcttés fortiront
en
partie leur effet.Dans
ce dernier cas, lesPayfans ne
pourront fe racheter qu’en nous aban-yr
donnant
lesmorceaux
de terrein dont ilsfont propriétaires, fi bien
que
lesrachats n des droits féodaux ferontun
excellentmoyen
d’arrondir de toutes parts nos» vaftes
domaines
,&
fans cet arrondiffe-»
ment
préalable , autorifé parun Décret
,nous ne
confentironsà rien«
La
loi quinous permet
d’exercer tous» lés arts, toutes les profefEons, fans dé-
» roger ^ efl: la plus*belle invention
que
» nous eulîions à defirer. Pofiefieurs
de
la» plupart des richeffes foncières
du
»
Royaume,
unis entrenous
par Fefprit»
&
l’intérêt deCorps
, quelle facilité»- n’aurons-nous pas
pour
envahiren peu
»
de temps
destréforsimmenfes
,& nous
»
emparer
de tout leRoyaume
!ne
crai-gnez
point ,ô
bravesGentilshommes
,
>>
que
ce foient là des efpéranceschimé-
>> riques ! des* loix conftituîionnelles
nous
n en font
elle-mêmes
le garant certain*A
2(
4
)» Rappellez-voüs le
fameux Décret
qui» dit qu’il
ny
a plus de diftinftion d’ordre» entre tous les Citoyens François;
&
cet» autre
Décret
qui décide,
que pour
êtremembre d une
Affemblée Nationale , il faudra être propriétaire& payer en im-
» pots la valeur
au moins
d’unmarc
d’ar-» gent !
& admirons
ici laprévoyance de
» nos habiles Légiflateurs! aprèsnousavoir
» dépouillés de nosprivilèges
, ils
donnent
»
aux
riches propriétaires le privilège ex-» clufif d’être
membres
de l’Affemblée» Nationale! mais puifque
nous fommes
la^ plupart richespropriétaires,
& que nous
» le deviendrons
de
plus en plus,que
nous» refte-t~il
^ à faire
pour
triompher desDémagogues
? c’eftde
nous fervirde
» nos liens
,
de
notre afcendantpour
être»
Députés en grand nombre
àla prochaine» Légiflature.
Le moyen
eft sûr;& nous
n’avons pas à craindre qu’un réfultat
du
» Confeil vienne réduire les
Députés de
w notre ordre au quartde
la totalité des M Repréfentans de la Nation.Nous
en for-I#
merons donc
plusde
la moitiéou même
plus des
deux
tiers 5&
dès-lorsnous
» voilà maîtres
du
fortdu Royaume, &
bien fûrs
de
réduire lesDémagogues
âla raifon
& aux
fers ».Pour marcher
plus rapidement à Texl-( 5 )
cuîion de cebarbare projet,unique but
de
toutes leurs conceptions deftruftives , les îniènfés ont encore dit dans leur délire tyrannique : « rendons-nous maîtres de la
9^ diftribution de toutes les grâces^ en fai- n fant décider
que
leRoi
n’en accordera» plus
aucune
fans l’avis de fon Confei! ^ dans lequel nousfommes
affurésque
les nôtres domineront toujours.Cependant
»
comme
rien n’égale la hardieile 'des 9Démagogues
, prévenons le casoù
ilsnous enleveroient encore ce
nouveau
» genre de domination.
Renouvelions
,» multiplions, à l’envi nos tentatives
pour
» rendre la
Reine
odieufe au public, Sc» infenfiblement
au Roi
j&
par là nous» viendrons enfin àbout de
donner
à celui-» ci des maîtrelTes
que
nous changerons à» notre gré , afin de diriger par elles le n
Monarque ou
la diftriburion des grâces fuivant nos intérêts.Quelle
hontede
» n’avoir
pu
encore réuffir dansune
dif-» grâce
que
le vieux de Fleuri avoit fii fî» glorieufement
ménager &
effeftuer fous» l’incomparable Louis
XV
l >C’eft ainfi qu’ils ont ourdi leur
trame
meurtrière,&
ilsne
fe fontpas apperçus,les infenfés
,
que
cette derniere combinai- fon fe détruifoit par elle-même.Car
enfin dèsque
la Nation aura eu le loifirdy
(
6
)fonger,elle découvrirafanspeine
Fouvrage
des Ariftocrates dans tous les bruits inju- rieux relatifs à la Reine.La Nation
fe rappellera d’abordque
les Ariftocrates avoient leur partie faitepour
fe partager entr’eux leRoyaume
fous ladomination
d’unnouveau Roi
prisparmi
eux, d’où il s’enfuitque
leur intérêt étoit diamétralcrment
oppofé à l’mtéiêtdu Roi & du Dau-
phin ^
&
par coiiféquent à l’intérêt de laReine. (ï)
La Nation
verra enfuiteque
la fureur^j les cabales de la gente ariftocratique n’ont celTë d’être lesmemes, malgré
la réfidencede
laReine
au milieu de la Capitale ,&
que
fi leurs bruitscalomnieux
avoient été fondés, le Confeil ne feroit pointdevenu
le diftributeur de toutes les grâces.
La Reine_y
a confenti&
lailTe confentir fonmari
,&
les Ariftocrates ont continuéleurs odieufes
manœuvres. Donc
elle avoit été calomniée.Donc
elle l’eft,encore au- jourd’hui parceux
qui ont toujours lemême
intérêt à la calomnier.Donc
laNar
tion s’apperçevra enfin qu’il eft
également de
fon intérêt&
de la juftice de repouiTer(i)Il exifte au Greffe du Châtelet deux lettres qui prouvent qu’en voulant faire partir le Roi pour Metz
,
onavoit deflein d’exécuter en routele plus horrible des attentats
,
&
de réàlijfereette fcélérate partie^faiu^d’uneilluitrerejetton desplus graiideaPrin- celTes, dontle frontait jamais été ceint
àn
diadème. ^
AlorslaNation fe rappellera avec atten- driflement les premières années de la vie françoife de cet illuftre rejetton^ l’excel- lente éducation qu’il avoit reçue
, fatendre aftéâion
pour
fes enfans , fes parolesmé-
morablesaux
diverfes députations qui luiBaftille. (i) Etalors enfin la
Nation
recon-fi)
On
fera peut-être charmé de connoître laréponfe qu’elle a dû faire à l’une de ces députations: nous la.tenons d’une des Dames de fa fuite.
« Meffieurs
,jen’ignore point les préventionsmalheu-
5) reufes que vous avez contre moi. Je n’entreprendrai
3) point d’examiner fi la renommée qui , d’ordinaire
,
» grofiif tous les objets, n’auroit pas été trop injufle à
» monégard. Je me félicite, au contraire, d’avoir enfin
3> dans lîîes infortunes, une occafion certaine de vous
J) dévoiler tous les replis de mon ame ,
&
de vous en5) établir juges. Rappeliez-vous les premières années oue
» j’aivécu aumilieu de vous.J’étoisheureufealors d’être aimée d’un Peuple fenfible
&
bienCaifant. Pouvois-je3) prévoir qu’en m’attachant aux perfonnes quim’appro-
33 choieî\t journellement
&
fe dévtucient àmon fervice.« je deviendrois la plusmalheureufe des Reines?Faut il 3) que je me défefpere aujourd’hui, pour n’avoir pas été
SJ indifférente
, infenfible aux foins
, aux prévenances
,
îj au dévouement de ces perfonnes? François,vousêtes
>B trop juftes pour imputei: à crime des avions louables.
( 8 )
iioîtra
combien
il étoit impoflible qubine pi.yiionoinie lur laquelle font peintes lai> dans leur principe. Convenez plutôt que, parmi les
M abus de vos anciennes inftitutions, il en eft un qui M m’a été aufli lunefte qu’à vous, celui de n’entourer
•» vos Souverains que de Nobles, divifés d’intérêts
&
a» de lentimens d’avec la malîe de la Nation. Votre
3» bonheur, le bonheur de vos Rois
&
de vos Reines3} exigent que, par la nouvelleConftitution,il foitfévé-
» rement remédié à cet abus, Iburce fatale, à ce que
» je vois , de tant de maux publics
&
particuliers^3f François, je n’ajouterai qu’un mot; c’eft que, mère
« d’unDauphindeüiné parles loixàrégnerfurvous;c’eft 3i qu’époufechérie,j’oieledire,d’unPrince,reRaurateur
9» delalibertéfrançoife,monbonheurScmesintérêts, ainfî
3} que les vôtres, leront toujours les mêmes que cens
39 de mon mari
&
de mes enfans ».Si, parmi nos Ledeurs, il en eft quelqu’un pour qui cette réponfe ne foit pas un vrai trait de lumière fur le compte de la Reine, nous le prierons de nous dire pourquoi FAuteur famélique d’un libelle forti des noirs repaires de la rage
&
de la cupidité en travail, n’apas ofé entreprendre de difputer à la Reine fes brillantes qualités du cœur&
de Felprit? N’eft-ce pas de crainte que la calomnie ne parût trop grofliere? Le Libellifte a cru que certains excès , au milieudes qualitésles plus deftrables, acquerroient plus de créance que des incul- pationsqueîout auroitmanifeftement démenties. Content de cette idée, il s’eft tait un jeu de fouler aux pieds toutes les réglés du vraifemblabîe . des poftibles, des incompatibles,&
iln’a plus redouté deparoîtreabfurde*Nous nous bornerons donc à lui demander, s’il aura pour leéleufs beaucoup de peres de famille qui puiffent fe vanter de pofteder une époufe chérie qui lui rend*
amour pour amour, une époufe, mere de plufieurs en- fans, à qui elle foittendrement attachée! Ah! puiflen^
ces qualités les plus rares, les plus éminentes,ainfique les plus précieufes dans une mere de famille , devenir
^apanage de soutes meies d« failliep comme elijgs
bonté, rafFabilité
, la
douceur
,la fenfibilité
&
la bienfaifance, annonçâtune ame de
font de la première d’entr’elfesî mais on luireproche avec raifon d’avoir diffipé trop d’argent! -«««oo Je ré- pondrai à ce reprochepar une queihon. N'eft-ce pas un
privilègedesDamesfrançoifesde dépenferle plus qu’elles peuvent? Tant pis pour le mari, s’il permet quel’Inten- dant ouvre fans réfervele coffie-fort. C’étoit à vos Mî-
îiiftre*à refuferde donner cequ’ilsn’avoieni:qu’en dépôt, pour en être les fideles adndnillrateurs. Ohî il étoit fi commode d’accorder quelque choîe au rang pourdonner beaucoup à des maîtrelTes, àtoutesfortesdeprodigalités, faut à tout rejet'er lur qui il appartiendroit1 ." "'i*— Mais
n’eft-ce pas ehe qui avoit choili ces mauvais Miniftres?
I I Etmoi jevousdemande: N’eft-il pas reconnu que vous en avez eu de bons, que ce n’eftpoint la Reine qui les a tait congédier? Vous n’avez qu’à vous rap- pellerlespremiersniinifleresdeM,Necker
&
Malsherbes, leminiftere du vertueux Turgot que la cabalecombinée du Clergé&
des Financiers fit pfrcire dans l’esprit du Roi, parlemoyen internai du fecret des poftès, fecrer quin’étoit i*efrétque de lettres fuppoféesl UnePrinceffequi étoit attachée à Louis XVI, ne pouvoit femontrer l’ennemie de ces dignes Minudres; Sc celle qui a vu ÔC
laitTé en place de tels Miniftres, ne peut être rerpon- fable s’ils ont été malremplacés. D’ailleurs', les femmes en France ne font refponlabîes de riena tandis qu’elles font en puitlancede mari : puique le Roi efi,defoa
côté, impeccable
,
&
ne fait qu’un avec ton époufe,
c'eft une double preuve que la Reine ne fçauroit, feus aucun point de vue, être confidérée comme refponfable de quoique ce foit. Et certes! ceux qui, (sm y avoir
réfléchi, i’avoient cru reiponfable de tcut le mal, de- vroient bien au moins avoir l’équité de lui attribuer le bienqui s’opère, depuisquelescirconftances laretiennent plus près que jamaisdefonaugufle époux! Voulez-vous connoître les vraies fources de tout le mal? Remontei aux cabales de la Gent ariftocratique qui eft caufe de depuis qu'elle devenue, fousle long régnéde
la
meme trempe que
celle d’un barbare Ariftocrate.Hâtez-vous
donc
, généreux défenfeurs
de
la liberté Nationale ! hâtez-vous de détruire& dempêcher
l’effet de ces dé^teftables combinaifons forties
du
fein des noirs abîmes d’oùémanent
toutes lespen-
fées des Ariftocrates.
Que
ferviroit d’avoir rendu les Minillres refponfables de tout l’exercicede
leur portion d’autorité ,ü
perfonnene
pouvoir élever contreeux
lamoindre
plainte, fans élever par cela feul
un mur de
féparation entre lui&
les grâcesdu Monarque
? Etque
ferviroit de remédier à cetinconvénient livous n
aviez foinde
remédieren même temps
à l’autre,
en
dif-fipant
au
loin tous lesgermes
de divilion qu’une race oppreffive&
deftruftive n’a pas craintde fomenter
contreun
couplefortuné, dont le
bonheur &
le vôtrene
^
peuvent
fe trouverque
dans l’extirpationde
cette racemaudite
(i)?Ceft donc,
nosLouis
XV
, auffi puiffante qu’elle le fut autrefois fous les foibles fucceffeurs de Charlemagne;&
fongez, en frémiffant, que cette Gentaudadeufe avoit&
a{départiefaite pour imiter en tout l’antique révolution quiréduifit
auxfers des millions de Françoisl
(i) L’Affemblée Nationale a fuffifamment prouvé par fes diverfesdéputations au Roi
&
à la Reine, combienelle avoit à cœur de détruire les germes ariftocratiques dedivifion dont les fuitesferoientfifuneftes àla France*
(
îO
digues Mandataires , c’eft à rextirpatîon radicale de Tliydre ariftocratique ,
que vous devez
travailler fans relâche fivous
voulez opérer réellement,& pour
toujours,
la régénération
du Royaume.
Et fouffrezque
je vous indique lesmoyens que
j’aiconçus
d^effeftuer efficacement cette im- portante extirpation.Premièrement.
Un
principe incontef- table dans notre droit public, c’eft
que
ftles biens de la
Couronne
peuvent être alié- nés par la Nation, ils nepeuvent
point très-certainement être aliénés par leRoi
feul , ni par l’effet d’une ufufpâtion de la part de fes fujets.
Or
, il eftprouvé
par l’hiftoire de laMonarchie que
les fiefs faifoient originai-rement
partie des biens de laCouronne
;Tout le monde fe rappelle encore que le furlendemain de Ion arrivée à Paris
, étant allée en Corps rendre fes devoirsau Monarque, elle paffadefouappartementdans celui de fa Bien-aimée , pour lui préfenter le même hommage. Je nés parlerai point de fa touchante réponfe au compliment du Préfident qui la pria de montrer à l’Affemblée le Dauphin entre fes bras. Je dirai ce qu’on n’a point rapporté dans les Papiers publics: Comme la foule étoit immenfe autour de la Reine, elle eut l’at-
tention d’avancer vers les Députés éloignés;
&
l’und’eux lui ayant dit que la foule étoit trop fatigante, elle lui répondit:// ejl impojjible que je fois fatiguée (Tunepa-
reille cérémonie;
&
elle continua à s’ouvrir un pafTage<ians la foule, le Dauphin entre fes bras.
N
( 12 )
que
nos Roisen
donnoient Fufufruit fous le titre de bénéfice&
à. la chargedu
fervice militaire,
& que
jamaisaucune
Affemblée
Nationale n’aprononcé
l’alié-nation de ces fiefs
ou
bénéfices militaires.Par
conféquent cette aliénation ne peut^point avoir été faite, elle
ne
peutdonc
point être cenfée exifter. Ainfi dans le principe tous les fiefs font encore partie des biens de l’Etat,
Cependant pour ne
point porter le trouble dans les familles des poffeffeurs aâuels de fiefs^ il
nous
femble qu’on pourroit
un peu
fléchir le principeen
faveur des peresde
famille ex- ciufivement,
& aux deux
conditions fui-vantes.
[y
La
première confifteroit à réglerque
lorfqu’un pofleflTeur aftuel
de &fs non
aliénés par la
Nation
décédera fans laifler d’héritiersen
ligne direfte&
defcendante , fon fiefou
fes nefs rentrerontdans lamafle des biens de laCouronne. ~ La
fécondécondition porteroit
que
lesperes de famille qui defirerontquon
falTe fléchiren
leur faveur le principe de rinaliénabilité des biens de laCouronne,
feront tenus de fepréparer à cettegrâce par
une
renonciation formelle&
précife à tous leurs prétendustitres de
D uc
,ou
Pair,ou Gentilhomme^
«U Noble ou
ennobli,&,d’èn
apporter les.
l
>3 ),
prétendus titres
pour
les voir jétter au feu&
réduire en cendres.—
Telles font lesdeux
conditions fous lefquelles ilnous
femble qu’on pourroit laifferaux
peresde
famille la jouiflance de leurs biens fdrtis illégalement
de
la maffe des biensde
l’Etat. .
Secondement.
Puifque l’AffembléeNa-
tionalea fupprimé lesdîmesecciéfialHques,
il eft indifpenfable
de
fupprimer auffi lesdîmes inféodées. Sans cela elle n’auroit point établi l’égalité proportionnelle
de
l’impôt.
Des
Provinces entières feroientexemptes
de toutedîme,
telles que. laProvence
j&
d’autres au contraire ,la Normandie
parexemple
, feroient furchar- gées
de
tout le poids des dîmes inféodées.Ceux
qui objeélerontque
ces dînies inféodées fontune
fimpleredevance
an- nuelle, repréfentative de la rente d’un
Fermier ou
d’un Cenfitaire, doivent pro- duire les titresfurlefquels ilss’appuient,
&
faute
de
ce, être déclarés déchus
de
tout droità leurs dîmes inféodées.Troifiemement.Ueft
prouvé
parl’hiftoireque
la Nobleffe héréditaire eft née de l’hé- réditéillégaledesfiefs;par conféquent cette invention meurtrière eftelle-même
illégale aulïi. Ilfautdonc
fe hâter de la profcrire à jamaisdu
milieude
nousj il fautque
cette( 14 ) pfofcription'foit efficace
,
prompte &
uni-verfelle. Quelle
époque
fut jamais plus propre àfavoriferune
telle opération,que
celle
où
il a déjàété décrété qu’il n’yauroit plusde
diftinftion d’ordre entre les Ci- toyens François?Ainfi il faudra réglerj
I
Que
lesDucs
,Comtes
,Marquis
,
Barons
& Vicomtes
, qui enverront danstm
mois leur renonciation&
leurs titres,
conferveront , leurvie durant, leurs titres,
aftuels de
Ducs
,
Comtes, &c.
2^.
Que
lesNobles
qui n’auront pointfait leur renonciation
&
l’envoi de leurstitres dans
un mois
, à l’époque
où
l’Affem-'
blée Nationale
prononcera
définitivement là nullitéde
tous prétendus titres deNo-
blefle héréditaire , fe trouveront dès cet inftant,
&
par lemême
Décret, privéspour
toujours deleurs fitres deDucs
,&c.
3^.
Que
lesDucs &
Pairs, lesmembres
aftuelsde l’AfiembléeNationaleadrelTeront leur renonciation
&
leurs ^titres à l’Affem-blée Nationale elle-mênje.
4^.
Que
dans les villes&
villages lesautres
Nobles
feront cet envoi à laMuni-
cipalité de la ville
, chef lieu
de
leur Dif- .trift d’où il parviendra direéfement à l’Afi*
femblée Nationale, dès
que
lenombre
des(
M
)renonciations fera dans
chaque
Diftrift,
jugé déjà confidérable.
5^.
Que parmi
tous lesmembres
d’une Municipalité, d’un Direftoire
&
d’unConfeil, foit de Diftriâ:
ou
de Départe-ment
,& parmi
tous lesDéputés
d’unmême
Diftriftou Département,
foità l’Af-femblée Nationale , foit aux Affemblées adminiftratives, il ne pourra
y
avoir au-delà d’un quart des ci-devant privilégiés.
Ainfi
donc
, fuppreffion de la NoblelTe héréditaire, fopprdiion plusou moins
pro- chaine detousles fiefs, fuppreffiondu Def-
potifme miniftériel tendant à envahir la diftribution de toutes les grâcesdu Mo-
narque
j réductiondu nombre
des ci-de- vant privilégiés qui feront admiffibles à la fois dansune
aggrégationquelconque
d’Officiers publics.
Ce
font là desmoyens
vraiment indifpenfablespour empêcher
à jamaisune
race maudite de renaître de fes cendres. Sans cesmoyens
décififs tous les autres feront infuffifans,
&
dansun
inter-valle plus
ou moins
long, la
France
fera encore expofée à devenir la proie de leur dévorante&i
infatiable ambition. Etque
deviendra alors cettepalme
immortellede
gloire à laquelle ont déjà prefque atteint tant.de vengeurs intrépides des droits
de
Fhomme & du Citoyen
?( )
Siau contraire
vous
extirpez dans toutes (es ramificationsun
arbrepefiilentiel élevéau
milieude
vous, à votre infçu& pour
notre ruine
commune,
la gloiredont vous vous
couvrez tous les jours fera véritable-»-ment
immortelle,
&
laFrance
deviendraalors ce qu’elle doit être par la fécondité
de
fon fol, l’mduftrie de fes habitans&
fapofition heureufe , le premier
empire de
rUnivers, fournisà laforme
de Gouverne-*ment
le plusconvenable
àfon étendue.La Reine
délivrée alo-S des perfides Arifto-*crates qui l’ont fi cruellement outragée , aura le plaifir de -coûter plus
que
ioncœur
naturellementbon
, Jufte ,honnête
&
compatiflant ,&
le plaifir dene
pointl’écputer
en
vain.Les François retrouveronten
elle cette aimableDauphine
, cettemere
tendre qu’une cabale infernalepou-
voirfeule leur faire méconnoîtreô Ilsla ché- rirontcomme
ils chériffent fon augufteépoux
j&
leTrône, &
la Nation refteront alorsimperturbablement unis parune
con- fiance bien méritée de part&
d’autre,&
par les liens indiflblubles d’un
bonheur &
d’un
amour
réciproques. Ainfi foit41.Sous Prejfi.
LettredelaMeredesAnges furlesdangers
&
rinutiliti^dfis