A NNALES DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE T OULOUSE
C H . H ERMITE
Sur la transformation des fonctions elliptiques
Annales de la faculté des sciences de Toulouse 1resérie, tome 6, no4 (1892), p. L1-L13
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L.I
SUR LA.
TRANSFORMATION DES FONCTIONS ELLIPTIQUES,
PAR M. CH.
HERMITE,
Professeur d’Algèbre supérieure à la Faculté des Sciences de Paris.
Extrait des Mémoires de l’Académie tchèque de Prague.
Dans
le §
32 desFundamenta,
Jacobi a fait la remarqueque,
si l’ondé-, signe par À l’un
des modules relatifs à la transformation d’ordreimpair n,
.par À’ son
complément,
on a, entre les fonctionscomplètes A,
A’analogues
à K et K’ et le
multiplicateur M,
les relations suivantesoù a,
a’,
a, a’ sont des nombresimpairs, b, b’, ~, ~’
des nombrespairs
sa-tisfaisant aux conditions aa’ + bb’ = n, aoc’ +
))’
~ r . Puis ilajoute
ennote : Accuratior numerorum a,
a’, b, b’,
... determinatio pno..sill- gulis
eiusdem ordinistransformationibus gravibus
laborarediflicul-
tatibus videtur. Immo h0153c
determinatio, nisi egregie fallimur
maximea
limitibus pendet,
inter quos modulus k versatur, ita ut limitibus diversisplane
alia evadat :quod
quanoe intricatam reddatquestionem,
expertus cognoscet,
etc. C’est dans le but d’éviter ces difficultés quej’ai
modifié le
point
de vue dugrand géomètre
dans la théorie de la transfor-mation ; j’ai
suivi une marcheinverse : j e
rne suis donné apriori
les rela-tions entre
K, K’, A,
A’ pour en conclure les formulesanalytiques
de latransformation que
Jacobi,
aucontraire,
établit enpremier lieu,
etj’ai posé
laquestion
comme il suit(’ ~ :
:( 1 ) Cours de la Faculté des Sciences de Paris, !~e édition, p. ~65.
Soient,
avec unelégère
modification des notationsemployées
dans lesFun.damenia,
les mêmes
quantités
que K etK’,
relatives à un autre module 1 et à soncomplément
l’ =i
- l~. On propose de déterminer cemodule,
ainsi que la constanteM,
de telle sorte que ~L cn ‘~, l dn ’~, l )
admet-tent pour
périodes
2 K et 2iK’,
ets’expriment,
parconséquent;
au moyen des fonctions doublementpériodiques
de module k.Nous
ferons,
pourcela,
a,
b, c, d
étant des nombres entiersquelconques,
avec la condition que le déterminant ad - bc soitpositif,
afin que lapartie
réelle duquotient L’/L
soit
positive.
On aura ainsi leségalités
puis
Cela
étant,
la recherche des formules de transformation repose en entiersur les
propriétés
de la fonctionqui
consistent dans les relations suivantesCe sont aussi ces
égalités
dontje
ferai usage pourl’objet
de cetteNote,
etj’indiquerai
d’abord une méthode facile pour yparvenir.
~
.
Je remarque, à cet
effet, qu’ayant
,nous pouvons écrire
si l’on pose, pour
abréger,
Remplaçons
maintenant dans le dernier terme iL’ par la valeur tirée de lapremière
deséquations (A) :
on obtient ainsiou bien
De cette nouvelle
expression
résulte immédiatement que l’on ale
changement
de x en x + 2 K se trouve donc ramené à celui de m en ni. + bqui peut toujours
se faire dans une série s’étendant à toutes les valeurs de l’entier m. Nous parvenons de cettemanière,
enayant égard
au facteur( -
à lapremière
deségalités
à démontrer.La seconde découle de l’identité
on l’établit en transformant comme il suit la
quantité
Je tire d’abord des
équations ( A ~,
par l’élimination deL’,
cetteexpression
au moyen de
laquelle
lepremier
termedevient ; je remplace
en-suite,
dans le dernier terme, iL’ par la valeur tirée de la seconde de ces°
égalités.
Nous obtenons ainsice
qui
démontre le résultat annoncé. On enconclut,
comme toutà l’heure,
et, en
simplifiant
c’est la relation
qu’il s’agissait
de démontrer.De là résulte immédiatement que, si l’on pose
les fonctions
holomorphes II(x), II, (x), ~, (x)
satisfont à des relationsanalogues,
et il s’ensuit que lesquatre quotients
vérifient les
égalités suivantes, qui
sont d’unegrande importance :
Ces
quantités
sont donc desfonctions
doublementpériodiques ayant
unpôle unique x
=iK’,
et, sauf un facteur constantqui
resteindéterminé,
elless’expriment
sous forme entière au moyen de snx, cnx, dnx(’ ).
Nous endonnerons une
expression
différentequi s’obtient,
en introduisant les fonc- tions de M.Weierstrass,
définies par les relationsLa constante J
désigne
dans ces formulesl’intégrale complète
de secondeespèce,
et l’on a, comme onsait,
.."
Posons,
afin de passer aumodule l,
~( 1 ) Cours d’Analyse, p. ~g 1 .
nous pourrons écrire
Soit enfin
au lieu du
quotient ~~‘x~ ~
> on sera amené en déterminant par la condi- tionS(o) =
i le facteur arbitrairequi
entre dansS(x),
à la nouvelleformule
et les relations
nous donneront
pareillement
La
quantité
Nqui
est mise en évidence dans cesexpressions
me sembleappeler
l’attention et avoir dans la théorie de la transformation un rôle im-portant.
Auxéquations algébriques
entre k et1,
entre lemultiplicateur
~1et le module
doivent,
eneffet, s’ajouter
cellesqu’on peut
former entre Net
k ; j’ai essayé
d’ouvrir la voie à ces nouvelles recherches par les remar- quesqui
vont suivre.En
premier lieu, rétablirai
les relations entre les deux fonctions com-plètes
de secondeespèce, qui correspondent
auxégalités
Je remarque d’abord que, si l’on pose ad - bc = n, on en déduit
de sorte
qu’en
tirant del’équation ( B )
nous trouvons
J’introduis maintenant la seconde fonction
complète
de secondeespèce
enemployant
la relationje remplace,
à ceteffet, 2 par J’- ~~~,
et ilvient après
une réduc-tion
facile,
C’est la
-première
relation queje
voudraisobtenir ;
une autresemblable, qui
concerne > se conclut de
Inégalité
d’où l’on tire
en éliminant
J,
au moyen del’équation (B).
Nous substituerons donc lavaleur
ce
qui
donneCela
étant,
si l’on écrit d’abord~t qu’ensuite
onremplace
K - ibL’M paraLM,
et L’M in ~~~’ ,
,cette
expression
devientet, par
conséquent,
Il
importe
d’observer que dans ces résultats laquantité N,
comme nousallons
l’établir,
est une fonctionalgébrique
du module.Considérons,
pouren donner un
exemple,
le cassimple
de la transformation du secondordre;
au théorème II du
§
37 desFudamenta, qu’en remplaçant q
parq2,
les.quantités k
K et K.’ deviennent I - k’ ,I ~- k_ K, ~
-~- k’K’,
nous a’ oute-ron s que J et J’ se
changent
enJ ; ^, J - i ( I - lc’ ) K
etI , J - (
-k’)K.
On remarquera encore que les relations
auxquelles
nous venons de par- venirpeuvent
êtreprésentées
sous une formeplus simple ;
en serappelant qu’on
aposé
ad - bc = n, on en déduit aisément leségalités
dont nous allons montrer les
conséquences.
Multiplions
lapremière par J’,
la seconde parJ,
et retranchons membre àmembre,
on obtiendra d’abord cette nouvelleexpression
deN,
à savoiroù n’entrent que les
intégrales complètes
de secondeespèce.
Soient ensuite
on a ces deux relations
que je vais employer pour différentier, parrapportà k , ~ l’ é g ~alité ~
= aL + zh I~’ou bien K = MU.
Nous trouvons ainsi
cela
étant, j’exprime
au moyen de J et K le secondmembre,
enrempla-
çant U et V par les valeurs
Ce calcul nous donne
ce
qui
est une relation linéairehomogène
entre J et K. On aurait évidem-ment le même résultat en J’ et
K’,
enposant
pour différentier
l’égalité
+idL’ ) ;
il faut donc que les coef-ficients de J et K soient
séparément nuls,
le déterminant J’K - JK’ étant différent de zéro. Nous avons, parconséquent,
La
première
de ces relations a été découverte par Jacobi et donnée dansle §
32 desFundamenta;
on saitqu’elle
est d’uneimportance capitale
dansla théorie de la transformation. Elle permet d’écrire la seconde sous la forme
et nous en tirons
l’expression
suivantequi
est purementalgébrique,
commenous l’avons
annoncé,
j e
vais en fairequelques applications.
Je considère d’abord le cas de la transformation du second ordre où l’on a
On en conclut aisément
nous avons donc
ce
qui
donne immédiatementEn passant au cas de n =
3, j’emploierai
lesexpressions
des deux mo-dules et du
multiplicateur qu’obtient
Jacobi dansle §
13 desFundamenta,
à savoir
On en tire
d’abord,
par un calculfacile,
d’où
et, par
conséquent,
Ayant
ainsi la formulenous écrirons d’abord
En
remarquant
ensuite que l’on anous parvenons à
l’expression
suivanteOn en
conclut,
si l’on résout parrapport
à a,et, en substituant dans la valeur de
k2,
on trouvel’équation
entre N etk2,
à
laquelle
nous voulionsparvenir,
à savoirNous
rapprocherons
ce résultat de la formuleen considérant le
numérateur,
elle fait voirsur-le-champ
que l’on am et n étant deux entiers
quelconques.
EXTRAIT D’UNE LETTRE
ADRESSÉE
A M.HERMITE,
PAR M. BRIOSCHI.
Rome, q décembre 1892.
Voici
quelques
réflexions relatives à laquantité N, qui
découlent devotre relation
Soit,
ensupposant n impair,
on a
ou
On sait que
L.I3 par
conséquent
votre valeur de Npeut
s’écrireMais de
l’équation
aux diflérencespartielles
deJacobi, à laquelle
satis-font U et
V,
on tirede là résulte
l’expression
où j’ai
faitDans mon travail
[Die Auflosung
derGleichungen
vonGraden
(Mathematische Annalen,
t.XIII,
p.j’avais
considéré.. ’
. B J
les
équations
en~’
--. v.J’en ai donné
deux,
pour n ==3,
c’est la
vôtre,
pour n =5,
En