ENTRtSDUSLEN' 60,309
FACULTÉ DE MÉDECINE ET DE PHARMACIE DE BORDEAUX
ANNÉE 1899-1900 81
«
THÈSE POUR LE DOCTORAT EN MÉDECINE
Présentée et soutenue publiquement le II mai 1900
PAR
André-Charles BOUTER
Né à Avignon (Vaucluse) le 19 juillet
ANCIEN INTERNE DES HOPITAUX DE BORDEAUX
MEMBRE DE LA SOCIÉTÉ D'ANATOMIE ET DE PHYSIOLOGIE DE BORDEAUX
Examinateurs de la Thèse:
MM.MOUSSOUS,professeur.... .Président.
COYNE, professeur
RONDOT, agrégé Juges RÉGIS,chargédecours...)
Le Candidat répondra aux questions qui lui seront faites sur les diverses parties de l'Enseignement médical.
BORDEAUX
G. GOUNOUILIIOU, IMPRIMEUR DE LA. FACULTÉ DE MÉDECINE
II, RUE GUIRAUDE, II
» —
I900
mu mu imii m 11 ni m
0 BXM 0010618
FACULTÉ DE MÉDECINE ET DE PHARMACIE DE BORDEAUX
M. de NABIAS Doyen. | M. PITRES... Doyenhonoraire.
MM.
Clinique interné Cliniqueexterne. . .
Pathologie etthérapeu¬
tiquegénérales. . .
Thérapeutique. . . .
Médecineopératoire . Cliniqued'accouchements.
Anatomiepathologique. .
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Physiologie
Hygiène LAYET.
PROFESSEURS :
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DUPUY ] Professeurshonoraires.
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LeSecrétaire delaFaculté: LEMAIRE.
Par délibération du 5 août 1879, la faculté a arrêtéque les opinions émises dans les
thèses qui lui sontprésentées doivent être considérées comme propresà leursauteurs, et
qu'elle n'entend leurdonnerniapprobationniimprobation.
A MA
MÈRE
A MON
PÈRE, LE DOCTEUR ROUYER
EX-MÉDECIN INSPECTEUR DES EAUX
A MES PARENTS
A MONSIEUR L. DELGURROU
ANCIEN PREMIER PRÉSIDENT A LA COUR D'APPEL DE BORDEAUX CONSEILLER A LA COUR DE CASSATION
OFFICIER DE LA LÉGION D'HONNEUR
A MONSIEUR
LE DOCTEUR MARTIN DU MAGNY
MÉDECIN DES HOPITAUX
A
MONSIEUR LE DOCTEUR ROCAZ
CHEF DE CLINIQUE MÉDICALE A LA
FACULTÉ
DEMÉDECINE
DE BORDEAUX
A MES
AMIS
LES DOCTEURS F.
MARTIN, ROTHAMEL, SOL LÉ
A MON PRÉSIDENT DE THÈSE
MONSIEUR LE PROFESSEUR MOUSSOUS
MÉDECIN DES HOPITAUX OFFICIER DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE
Hommage d'une profonde reconnaissance
A MONSIEUR
LE DOCTEUR RÉGIS
/»
CHARGÉ DU COURS DES MALADIES MENTALES A LAFACULTÉ DE MÉDECINE
DE BORDEAUX
OFFICIER D'ACADÉMIE
Faible témoignage de gratitude
A MES MAITRES
DE LA FACULTÉ
ET DES HOPITAUX
MM. LES DOCTEURS ARNOZAN, AUCHÉ,
CASSAËT, DAYEZAC, DUMUR, MANDILLON, MESNARD,
MOURE,
PITRES, YERDALLE
Hommage d'une profonde reconnaissance
AVANT-PROPOS
La céphalée paraissant insaisissable dans ses degrés, son
siège précis, son étiologie et sapathogénie, échappe à une définition précise et scientifique. Le malade seul la définit en l'appelant mal de tête.
Le degré, la modalité, comme dans tout symptôme doulou¬
reux, nepeuvent être exactement appréciés; la douleur ne se
gradue pas et ne s'enregistre pas. Le clinicien, qui exige une modalité de céphalée, néglige peut-être trop le caractère sub¬
jectifde ce symptôme, n'obtient de son malade qu'un terme
de comparaison souventapprécié et décrit avec son imagina¬
tion, et c'est ainsi que les modalités de céphalée, en casque,
en clou, en étau, peuvent paraître bien artificielles. Diviser le
mal de tête en céphalée et céphalalgie, c'est également retom¬
ber dans le degré, et chercher une nuance dans la durée.
L'étiologie subit la même incertitude; elle paraît d'autant plus confuse que les causes de céphalée sont plus nombreuses
et plus diverses. Le siège de cette cause souvent éloigné du
cerveau, la variété des affections qui lui donnent naissance,
ontpour ainsi dire découragé bien des auteurs qui se sont dès
lors contentés d'une constatation et d'une énumération des causes, sans en rechercher le lien.
Tout aussi discuté est le siège anatomique. Le fait seul que l'excitation du cerveau et du cervelet les laisse insensibles, a fait naître une série d'hypothèses qui refusent à la céphalée
10 —
le caractère de douleurencéphalique, et en
font, soit
unedou¬
leur épicranienne, soit une
douleur méningitique, soit une
douleur osseuse (os et périoste du
crâne). Et quand la théorie
des localisations cérébrales s'est affirmée et
précisée, quand
on a pu découvrir la
fonction jusque-là si mystérieuse de cer¬
taines cellules cérébrales, les auteurs ont
voulu rechercher
aussila localisation de la céphalée. Longet,
Poincaré revien¬
nent au cerveau, constatentque l'état
pathologique peut déve¬
lopper de la
sensibilité dans
un organequi
enest normale¬
ment dépourvu. Chaumié,
Lemoine sont plus affirmatifs et
déclarent que «la
céphalée
estle cri de douleur de l'encéphale
malade». Ils localisentavecPierret le substratum
anatomique
de la céphalée dans la
région sphéno-occipitale. «Seules, les
cellulesganglionnaires
sensitives
serencontrent dans la moelle,
dans le bulbe, dans la région
postérieure de l'encéphale. Les
ganglions
médullo-bulbaires sont les premiers centres de
réflexion de lasensibilité. Ceux de la région
sphéno-occipitale
du cerveau sontles centres de seconde réflexion.
C'est là qu'il
faut chercher le substratum anatomique de la
céphalée.
» (Lemoine,d'après Pierret.)
La pathogénie est encore
plus obscure. Ne pouvant s'ap¬
puyer sur la nature
du symptôme si variable dans ses degrés
et ses caractères, surune
étiologie à
causessi différentes,
surun siège longtemps
indéterminé, elle devait fatalement subir
la fortune desgrands processus
morbides
enpathologie géné¬
rale et reposer tour
à
tour surl'inflammation, la congestion,
l'anémie, les réflexes.
Et c'est avec deséléments aussivariables,
aussi changeants,
aussi disparates, que
l'on devait synthétiser, unifier, classer.
Degrés, causes,
siège, pathogénie devaient servir de bases
aux classifications des céphalées etles
multiplier à l'excès.
Voicilesprincipales
classifications proposées par les auteurs :
(Pawset.)
— 11 —
Céphalées
Céphalées
Céphalées
directes,
sympathiques.
passagères, chroniques, symptomatiques.
(Jolly.)
(GeorgetetCalmeil.)
frontales, pariétales,etc.
périodiques.
continues.
(Burder.)
/ parperturbations nerveuses.
^ par
congestions sanguines des centres
nerveux.Céphalées paraltérationsde la boîte osseuse.
symptomatiques detroubles des fonctions
de ladigestion.
(Monneret.)
Céphalées
accidentelles
habituelles
essentielles,
symptomatiques.
essentielles,
symptomatiques.
(BecquetetWillis.)
Céphaléesr
j
essentielles.n - v. i • diffuses.
Cephaleesr . ..
/ circonscrites.
(Bouchut.)
(Colin.)
Telles étaient lesthéories, les classifications admises, lors¬
qu'il se produisit pour la pathogénie de la céphalée ce qui
s'était déjà produit pour son siège anatomique à l'époque des
«localisations cérébrales». Leprofesseur Bouchard, en 1887,
venait de démontrer l'importance en pathologie des auto¬
intoxications. Le rôle de l'intoxication se faisait jour et péné¬
trait de plus en plus dans la pathologie générale. Chaumier, s'inspirant des idées en cours, écrit: «Si la cellule cérébrale
— 12 —
manifeste par de la
douleur de fines altérations de
sanutrition,
le phénomène sera
bien plus marqué lorsque les humeurs, au
lieu d'être seulement pauvres en
principes nutritifs, renferme¬
ront des particules
nuisibles (virus solubles
ouinsolubles,
déchets excrémentitiels) », et il cite en
exemple la céphalée
syphilitique etpalustre, la céphalée des dyspeptiques qu'il
rattache aux céphalées des
arthritiques, faisant ainsi prendre
rang aux
céphalées d'intoxication, place
encorebien modeste,
mais proportionnée
à l'étendue de connaissances
encoretrop
nouvelles. Lemoine, peu de temps
après, aborde la physiologie
pathologiquede la céphalée et conclut
: «La congestion ou
l'anémie cérébrale, les intoxications
du
sang etde la lymphe
parun poison
vivant
ou par unpoison chimique, les diathèses
dont l'altération des humeurs est l'accompagnement,
forcé,
sontles états qui prédisposent le
plus
aumal de tête, et
endehors desquels il n'apparaît
qu'exceptionnellement.
»Puis,
peu à peu, les
réactions du système
nerveuxse précisent et
s'affirment; ses troubles
fonctionnels, moteurs et sensibles,
s'éclairentde cettepathogénie toute
nouvelle; certains troubles psychopathiques même
yprennent place, grâce au travail de
notre maître, le Dr Régis (*); c'est dans ce
travail qu'il signale
l'importance dela
céphalée dans
cesétats d'intoxication; c'est
sur son conseil que nous
abordons
notresujet
pourmettre
en présence lacéphalée et l'intoxication,
nousproposant d'étu¬
dier lacéphalée dans
les états d'intoxication, opposant
auxoscil¬
lations de la physiologie
pathologique de l'intoxication l'oscil¬
lation clinique de toute une
série de troubles névropathiques
etcérébraux, dans lesquels
la céphalée tient la place prépon¬
dérante par son
caractère de constance et de fixité. Sans
oublier qu'elle est notre
point d'étude,
nous ne pourronsomettre à côté d'elle des troubles nerveuxqui sontsouvent ses satellites. Ce sera un bloc
symptomatologique dans lequel la
céphalée dominera, et
qui constituera
unvéritable syndrome
d'intoxication du système nerveux.
Bien des céphalées échap-
(*) Auto-intoxications et Délires.
peront ànotre sujet, non point peut-être qu'elles échappent à l'intoxication, mais bien parce que le rôle de l'intoxicationy est encore inconnu, et qu'il serait hypothétique et téméraire
de vouloirtrop généraliser. Nous allons dans un premier cha¬
pitre étudier la céphalée dans les principaux états toxiques,
tout en subdivisant ces états selon la source de l'intoxication
qui leur donne naissance. De ce groupement, de cette opposi¬
tion, nous voudrions tirer l'unité pathogénique de la céphalée.
Dansun chapitre de considérations générales, nous essaierons
de trouver dans l'intoxication le lien et la synthèse de toutes
les causes attribuées jusqu'ici à la céphalée.
C'est là le but de notre tâche, puisse-t-il se réaliser dans
notre si modeste travail !
.
v
'
A• ' .
CÉPHALÉES ET INTOXICATION
PREMIÈRE
PARTIELa
Céphalée dans les Intoxications.
Voulant d'abord étudier la concordance clinique de la céphalée avec les processus d'intoxication, nous devons, pour
régulariser et ordonner notre étude, proposer une définition
de l'intoxication et une division des états dont elle dirige la pathogénie.
Nous dirons avec Roger qu'il y a intoxication « toutes les
» fois qu'il se produit une modification dans la constitution
» chimique du milieu intérieur ».
Nous suivrons le classement que notre maîtreM. le Dr Régis
a proposé dans son étude des « délires d'auto-intoxication».
R les classe en délires par auto-intoxications primitives et
en délirespar auto-intoxications secondaires, avec des subdi¬
visions que nous adopterons. Nous ne ferons dans ce clas¬
sement qu'une substitution de termes, et nous diviserons
avec le terme plus général d'intoxication les céphalées en
céphalées dans les intoxications primitives et en céphalées
dans les intoxications secondaires, voulant ne supposer encore que la relation et non la cause, la concordance et non la
conséquence.
- 16
Voici d'ailleurs ce classement:
I. Céphalées dans
^
les intoxications ,
primitives
/
I
gastro-intestinales.
)
hépatiques.A. spéciales
j rénales.
. 1 c
\ B. générales ) inanition.
I croissance.
» menstruation.
it
A. auxinfections.' aiguës.
, .^edecarlWne,plomb,
SClXmuailCS Q"V r,rt,£!r,r>co-rncranoa -
utéro-ovarienne.
diathèse.
surmenage.
B. aux poisonsexogènes alcool, etc.
A. Céphalée bans les Intoxications primitives
spéciales.
1° Céphalée et
intoxication gastro-intestinale.
—L'étude du
chimisme
gastro-intestinal
aéclairé d'un jour tout nouveau
l'aspect clinique
de certaines maladies du tube digestif. Les
troubles, pour ainsi
dire inséparables du chimisme et du
mécanisme (motricité) de
l'appareil digestif, ont permis de
comprendre
le rôle considérable de l'intoxication dans la
symptomatologie
nerveusede
cesaffections. Troubles méca¬
niques
(dilatation,
stase,rétention), troubles chimiques (excès,
diminution, altération des
sécrétions, fermentations anor¬
males, rôle plus ou moins
actif des agents figurés), coïncident
cliniquement avec toute une
série de troubles pathologiques
parmi
lesquels
nousn'avons à retenir que la céphalée, isolée
ou accompagnée d'autres
symptômes
nerveuxconcomitants.
Nous devons savoir que ces différentes
perturbations consti¬
tuent autant de sources d'intoxication.
L'estomac et l'intestin renferment des agents
figurés. La
sécrétion acide ne les détruit pas, comme on
l'a
cru pen¬dantlongtemps.
Minkowski
amontré
quel'estomac renferme
— 17 —
renferme des microbes, microbes qui ne sont nullement
détruits par le sucgastrique et qui produisent des gaz et des
substances toxiques. Bien que ces bactéries aident la diges¬
tion en aidant les sécrétions, elles peuvent exagérer les fer¬
mentations, revêtir dans certaines circonstancesune extrême virulence et ajouter leur apport de toxines.
Les sécrétions qui se déversent dans l'estomac son't égale¬
ment plus ou moins toxiques. L'acide chlorhydrique, qui jusqu'à ces derniers temps avait passé pour un antiseptique s'opposant aux fermentations microbiennes, est au contraire
un produit toxique (Bouveret et Devic), diffusible dans l'orga¬
nisme, témoin la rapidité avec laquelle l'urine augmente d'acidité dans les casde crises hyperchlorhydriques (Tréheux),
et qui favorise même, à la faveur de son excès, la production
de poisons nerveux (Ferré, Gassaët, Benech). La pepsine est
un poison nerveux(Bergmann, Edelberg, Hildebrand). Injec¬
tée, elle produit une paralysie des membres postérieurs du lapin. La trypsine injectée dans le sang produit, d'après Ross- bach, une paralysie du système nerveux.
Quant aux fermentations, soit gastriques, soit intestinales,
elles fournissent toute une série de substances : des acides, acétique, butyrique, certains éthers composés, un alcool éthy- lique qui va même jusqu'à imprégner le cerveau (alcool éthylique trouvé par Bechamp et Rajewski chez des animaux
n'en ayant jamais ingéré), une série de substances aromati¬
ques, des alcaloïdes, des gaz, substances qui sontparfaitement
résorbables dans l'organisme, malgré l'opinion de Stich (Die
acuteWirkungpulriderStofein Blute Charité Annalen, 1853),
témoin la rapidité avec laquelle les substances aromatiques se retrouvent dans l'urine, apparition variable avec l'augmenta¬
tion ou la diminution des putréfactions intestinales. Ces subs¬
tances sont essentiellement toxiqùes (travaux de Bouchard) et
sont surtout des poisons nerveux (cas de Lepine où des matiè¬
res stagnant au-dessous d'un anus artificiel produisirent des
accidents analogues à ceux del'atropine).
Ces troubles duchirnisme, déviationdans laquantité et pour
2
- 18 -
ainsi dire dans la qualité des
sécrétions, dans leur nature et
leur abondance,ont servi de base aux
classifications cliniques
des atfections de l'estomac et les ont
ainsi subordonnées indi¬
rectement à des processus toxiques.
C'est ainsi
quese sont
établies des dyspepsies
hypoacides, hyperacides,
parfermen¬
tations anormales, dyspepsies
parfois provoquant
unedila¬
tation d'estomac, parfois
produites
aucontraire
parune
dilatation primitive.
Mais quelque absolues et rigoureuses que
puissent paraître ces
classifications basées sur des types de
chimisme souvent associés, il n'en est pas
moins vrai
quela
céphalée et
certains troubles
nerveux seretrouvent la plupart
du temps dans ces
diverses catégories d'affections, coïncidant
avec laprésence de processus
toxiques
que noussavons main¬
tenant être constants.
Dans tous ces états, nous pouvons retrouver
la céphalée
avec des heures d'apparition
concordant
avecles troubles du
chimisme. Chez les hiypercMorhydriques
elle survient
aumoment de leurs crises (maladie de Reichmann
et gastroxie
de Lépine), pouvant
revêtir alors
uneacuité extrême; puis,
quand une
certaine quantité d'HGl
aété neutralisée par le
bicarbonate de soudeou soustraite par
des vomissements
ou par un lavage
d'estomac, le plus souvent la douleur de
tête cède, et fait important, quenous
signalons
pourle retenir
plus tard, au moment
où cette soustraction se produit, l'urine
devient moins acide (Tréheux)(2).
Chez le dilaté, à l'heure où les
fermentations anormales
se produisent, setraduisant souvent
pardes éructations plus ou
moins acides, la céphalée devient
continue, tenace, diffuse.
Toute la pléiade nerveuse,
accablement, somnolence, insom¬
nie, courbature,
vertiges, peut l'accompagner, réalisant ce
que
Bouchard appelle le type névrosique de la dilatation et
qui constitue un
véritable état neurasthénique. Puis, quand
(*) Casd'Huchard,Pseudomigrainepar criseshyperchtorhydriques.Leçon
faite
à Necker, 1895.
(2)Recherchessurl'acidité urinaire aprèsle repaschez l'hommesainet
chez
lesdyspeptiques(Thèse deParis, 1895).
sous l'influence du régime, d'une médication appropriée, les
fermentations diminuent, quand les éructations, elles-mêmes,
soustraient une partie de ces gaz toxiques, la céphalée cède
ou tend à s'amender.
Dans la constipation où la rétention des matières fécales entraîne la diffusion dans l'organisme de tous les produits de
ce « laboratoire de poisons» qu'est l'intestin, la céphalée se
retrouve avec une ténacité caractéristique. C'est là le lot de bien des femmes chez qui la constipation est pour ainsi
dire véritablement essentielle. C'est également le cas de certains dyspeptiques à fermentations putrides et exagérées
se produisant dans l'intestin aussi bien que dans l'estomac,
et qui ont ainsi, par le fait de leur dyspepsie et de leur constipation, une double raison d'intoxiquer leur système
nerveux.
Ce sont là les états cliniques chroniques des affections gastro-intestinales que nous venons d'étudier; même céphalée
se produit dans les états aigus. Ici, à la faveur de cette rétention que nous venons de décrire, vient s'ajouter un élément de plus, l'extrême virulence des agents figurés, hôtes
habituels du tube gastro-intestinal. Nous retrouvons la
céphalée au premier plan d'accidents nerveux et généraux plus bruyants; c'est le cas de certaines crises de coprostase, des hernies étranglées, etc.
La céphalée n'y survient souvent que comme simple épisode, pouvant s'effacerdevant d'autres symptômes nerveux
plus graves; elle n'en a pas moins d'importance, car elle vient les annoncer.
Mais quel que soit le type du chimisme auquel elle se lie,
cette céphalée gastro-intestinale, envisagée d'une manière
générale, révèle son origine par des caractères un peu spé¬
ciaux. Elle aune apparition le plus souvent régulière, surve¬
nant chez le même malade, chaque jourâvec un retour fixe et constant qui lui donne un caractère véritablement chronique.
Elle est si tenace, si obsédante, que c'est presque pour elle
seule que les maladesréservent leur luxed'imagesetdecompa-
raisons, pour
l'appeler céphalée en casque, en bandeau, en
étau, etc.
Mais elle traduit encore, et bien mieux, cette source
gastro-intestinale,
en cequ'elle s'accompagne de toute une
série de troubles
fonctionnels et douloureux de l'appareil
digestif:
apparaissant à jeun, le matin au réveil ou avant le
repas, en
même temps que des régurgitations pituitaires ou de
simples crampes
d'estomac; survenant au contraire après
le repas, avec une venue
plus ou moins retardée dans le temps
de la digestion,
mais accompagnée de renvois, de flatulence
ou de pyrosis et
d'aigreur. Quelquefois, et cela dans certaines
constipations, on ne
retrouve avec elle qu'un seul état saburral
de la langue, et une
simple fétidité de l'haleine.
Dans tous ces états
gastro-intestinaux, états aigus ou chro¬
niques,la
céphalée n'est souvent qu'un premier stade d'intoxi¬
cation, elle s'unit aux
troubles nerveux et psychiques élémen¬
taires, constituant un
véritable état neurasthénique, comme
par
exemple le type névrosique de la dilatation d'estomac; elle
annonce et se jointsouvent
aussi à de véritables psychoses, à
de véritables délires
décrits
parM. Régis.
2° Céphalée et
intoxication d'origine rénale. — Depuis les
travaux de M.
Bouchard
surla toxicité urinaire, le rôle de
l'intoxication dans
certaines affections par lésions rénales,
a pris une
place prépondérante dans la genèse de leurs
accidents. D'une part,
le rein peut être considéré comme
ayant une
double fonction; l'une probable, pour ainsi dire
active, fonction
antitoxique, dépendant d'une sécrétion interne,
l'autre certaine, pour
ainsi dire passive, fonction d'élimination
et de filtration; d'autre
part,
nousconnaissons les poisons
que
renferme l'urine, poisons surtout nerveux, recherchés
etétudiés par M.
Bouchard, qui nous a décelé des alcaloïdes,
des substances convulsivantes,
narcotiques, myotiques, etc.;
nous sommes donc
avertis qu'à
unelésion rénale qui
entraînera la rétention
de
cessubstances, ou en entravera
la neutralisationdes effets
devra correspondre toute une série
d'accidents nerveux. Et
c'est
encorela céphalée que nous
— 21 —
retrouvons au premier plan de ces réactions nerveuses, apparaissant à la
moindre insuffisance rénale,
seretrouvant
dans des états aigus, comme dans des états
chroniques, dans
les néphrites aiguës aussi bien que dans
les néphrites chro¬
niques.
— Dans les néphrites aiguës qui surviennent dans
des
infections déjà en cours comme une complication
épisodique,
la céphalée passe inaperçue; elle
préexistait déjà
etavait
pu se diffuser et disparaître au milieu d'une
symptomatologie
nerveuse plus bruyante; quelquefois cependant
elle redouble
avec l'apparition de cettenouvelle surcharge toxique,
mais
sansles œdèmes, sans les signes urinaires, elle ne suffirait pas à déceler la néphrite aiguë. Quelquefois, au contraire, dans
la
néphrite aiguë à frigore, c'est souvent unecéphalée très
vive, très pénible qui donne l'éveil, alors que les œdèmessont eux-mêmes peu accusés, fugaces, apparaissant peu
marqués à la faceetauxmalléoles «tandisquetel autresymptô¬
me, la dyspnée, la céphalée, le vomissement, prend dès
le
début de la maladie une place prépondérante. » (Dieulafoy.)
Dans les néphrites chroniques, lacéphalée est un des symp¬
tômes les plus constants parmi les signes du brightisme,
souvent le premier en date, se combinant avec les autres
accidents nerveux pour constituer un véritable état neurasthé¬
nique brightique décrit par M. Régis.
« Les accidents nerveux du petit brightisme de Dieulafoy appartiennent, en effet, au type neurasthénique, et ils consti¬
tuent une variété de neurasthénie analogue à celle de l'arthri- tisme, mais surtout à celle de l'artério-sclérose, avec laquelle
elle se confond... Il s'agit de neurasthénie vraie, présentant
tout ou partie des stigmates classiques, à savoir: somatique- ment, la céphalée, la sensation d'étau, de craquement ou de
vide crânien, le mauvais sommeil, la rachialgie et les topoal¬
gies, l'amyosthénie, les troubles vaso-moteurs gastriques et génitaux; psychiquement latorpeur, l'impotenceavecdifficulté
de l'effort et fatigue rapide, la diminution de la volonté et de l'attention, l'hypocondrie spéciale avec souci analytique et
— 22 —
émotifde la santé mentale etphysique, les
obsessions diverses
et une tendance àl'angoisse vertigineuse se
produisant surtout
sous forme de topophobies. C'est en un
mot dans
sontableau
le plus complet la
neurasthénie dite vertigineuse
ouhypocon¬
driaque suivant le symptôme
prédominant (1).
»Cette céphalée de la
néphrite chronique qui domine souvent
ce tableau neurasthénique, augmente
à la moindre surcharge
d'intoxication nouvelle agissant sur un
organisme où
unedes
principales fonctions
d'élimination est entravée. Toute fatigue,
tout surmenage exagérant la
production de produits toxiques
d'élimination, toutécart de régime venant
augmenter les fer¬
mentations
gastro-intestinales, amènent
unevéritable exaspé¬
ration du mal de tête.
Ce mal de tête coïncidant avec une lésion
rénale chronique
et ancienne se retrouve souventchez des sujets où
elle est loin
de laisser supposer cette origine.
C'est la céphalée de certains
goutteux que l'on
prend
pour unemigraine et qui trahit la
lésion d'un rein irrité par le passage
de sable, de graviers,
d'acide urique.
C'estla céphalée de certains
syphilitiques atteints de syphilo-
brightisme, que l'on
prend
pourde la céphalée spécifique et
qui montre l'importance
de l'analyse des urines chez un
syphilitique à n'importe
quelle période.
C'est la céphalée de certaines
anémiques,
quel'on met sur
le compte d'une chlorose et
qui est,
enréalité, une manifes¬
tation du chloro-brightisme.
C'est la céphalée de certains
adolescents
quel'on appelle
parfois
céphalée de croissance et qui coïncide dans ce cas avec
des lésionsrénales ayant suivi une
scarlatine du premier âge.
C'est, enfin, la céphalée
de certaines jeunes femmes dont le
rein a été touché au moment de leur grossesse
et qu'on
déclare être des céphalées nerveuses,
neurasthéniques.
Dans ces états aigus ou chroniques,
la céphalée
ad'autant
plus de valeur,
qu'elle prédomine dans la symptomatologie et
(') Régis,Auto-intoxicationsetDélires.
— 23 _
que souvent même elle est presque isolée, s'accompagnant
d'une légère dyspnée, de légers œdèmes malléolaires, de légère bouffissure de la face, alors que les urines même
11e renferment pas d'albumine. Leur toxicité et leur quantité
ont seulement diminué et, fait important, la céphalée suit
souvent les oscillations de la dépuration urinaire, augmentant
ou diminuant suivant le taux quantitatif de l'urine.
Et quand cette quantité d'urine va en diminuant, que sa toxicité s'affaiblit de plus en plus, trahissant l'imperméabilité progressive du rein, la céphalée est là pour annoncer le danger et donner le signal des grands accidents urémiques, délirants, convulsifs, comateux.
3° Céphalée et intoxication hépatique. — Depuis que le syndrome urologique a permis d'étudier les altérations fonc¬
tionnelles de la cellule hépatique, depuis que fixé sur son
pouvoir antitoxique on a pu suivre par l'examen de la toxicité
urinaire les variations de cette fonction d'arrêt des poisons
dans les différentes affections hépatiques, bien des faits clini¬
ques se sontgroupés autour d'une [même pathogénie, qui est
l'intoxication. Dire quel'une quelconque des fonctions de cette
cellule est amoindrie ou supprimée, c'est dire qu'ily a insuffi¬
sance hépatique; toutes les fonctions de cette cellule sontsoli¬
daires et, comme le ditRoger, « lorsque l'une d'entre elles est perturbée, les autres le sont aussi. » Dans toutes les affections
où cette cellule sera lésée et où il y aura insuffisance hépa¬
tique, la fonction antitoxique sera diminuée ou abolie; le syndrome urologique, témoin fidèle, le prouvera en montrant l'augmentation de la toxicité urinaire, en même temps que
l'apparition de la glycosurie alimentaire, l'urobilinurie, l'hy- poazoturie.
Gomme dans l'insuffisance rénale, les troubles nerveux dans
l'insuffisance hépatique suivent une progression dans leur
intensitéet dans leurdurée, proportionnelle au degré de l'alté¬
ration fonctionnelle de l'organe. C'est ainsi qu'il y a un véritable complexus nerveux allant depuis un simple état
neurasthénique jusqu'aux
grands accidents délirants
oucon-
vulsifs. Dans cet état neurasthénique décrit par
M. Régis, la
céphalée domine souvent,
céphalée frontale la plupart du
temps, siégeant
quelquefois derrière les oreilles et même à
l'occiput. (Harley.) Toute une
série de troubles nerveux l'ac¬
compagnent, symptômes
analysés
parLévi et Régis.
11 y a une véritable
modification du caractère. Le malade
devient triste, irritable,
quelquefois indifférent. Ajoutons
à cela une asthénie musculaire plus ou moins
prononcée,
des vertiges, de l'insomnie, et nous
obtenons
unvéritable état
neurasthénique. (Lévi et
Régis.)
Cette céphalée, la plupart
du
temps sanscaractères fixes
et précis, ne peut
trahir
sonorigine
quegrâce à une concor¬
dance d'autres symptômes
pathologiques. C'est ainsi
quedans
certains états elle ne prend un
caractère hépatique qu'en
s'accompagnant d'ictère ou
de subictère, d'augmentation de
volume du foie, devenu sensible
à la palpation et à la
percussion.
C'est le
casde la céphalée qui se produit dans
certaines congestions actives
hépatiques, dans des ictères
bénins, dus à une infection ou
à
uneintoxication gastro¬
intestinale passagère. Dans
la cirrhose atrophique, le mal de
tête peut apparaître avec tout ou
partie du cortège nerveux
que nous avons
étudié plus haut, bien avant que les signes
de l'affection se soient franchement établis. Elle
débute dans
la période préascitique,
mais dans
ce cas, commedans
les cas précédents, le
syndrome urologique avait coïncidé dès
le début avec le surmenage ou avec
la lésion de la cellule
hépatique; dès cette
première période, la toxicité urinaire,
si elle est recherchée, traduit l'intoxication
concomitante.
Quand l'insuffisance
hépatique devient de plus
enplus
marquée, la
céphalée dans cette toxhémie hépatique comme
dans la toxhémie rénale,peut devenir
de plus
enplus tenace
et violente. Elle précède, annonce, et accompagne
parfois les
grands accidents
de l'urémie hépatique. C'est ce qui a lieu
dansles états de grandes
destructions de la cellule, dans les
périodes
avancées de certaines cirrhoses, dans le cancer
primitif, dans l'ictère grave
primitif, périodes de maladies
oumaladies elles-mêmes dans lesquelles la fonction de l'organe
est détruite ou annihilée.
4° Céphalée et intoxication surrénale. —
On connaît
au¬jourd'hui la fonction si longtemps
mystérieuse de
cesglandes
surrénales; on sait que leur produit de
sécrétion
a unpouvoir
antitoxique, en particulier vis-à-vis
des déchets de la
combustion musculaire. Toute la symptomatologie de la
maladie d'Addison marcheparallèlement à l'altération de cette
fonction. Tout à fait au début de l'affection, la céphalée peut
se retrouver avec cette apathie physique et intellectuelle caractéristique de l'affection, associée à quelques vertiges,
à quelques douleurs erratiques musculaires, siégeant
dans les
lombes, dans les membres, symptômes qui, lorsqu'ils se
trouvent ainsi réunis, réalisent un véritable état neurasthé¬
nique, précédant souvent les autres grands symptômes carac¬
téristiques de l'affection.
5° Céphalée et intoxication thyroïdienne. — Gomme les glandes surrénales, la thyroïde a unesécrétion interne quineu¬
tralise ou détruit les substances nocives élaborées au cours des
échanges nutritifs qu'elle active et régularise. Toute une série
de symptômes nerveux apparaissent quand cette fonction est perturbée, soit qu'il y ait hypothyroïdisme et diminution de ce pouvoirantitoxique, dysthyroïdisme et perversion de la sécré¬
tion interne, ou hyperthyroïdisme, et que cette sécrétion
interne devenue par trop abondante exagèrele mouvement de
dénutrition et encombre l'organisme de déchets toxiques.
Gomme exemple de céphalée dans l'hyperthyroïdisme, nous pouvons citer les deux cas de M. Mossé(1) où cet état se trouve
réalisé chez des sujets sains qui se sont volontairement prê¬
tés à une absorption progressive de suc thyroïdien.
Lacéphalée ytient une place très marquée dans la série des
(*) Mossé.— Rapportsurl'opothérapie(Congrès de méd. de Montp.,1898).
✓
— 26 —
accidents nerveux qui se sont produits,
coïncidant
avecde
l'excitation cérébrale, du vertige, de l'insomnie, etc.
Quand cette fonction aulieu d'être
exagérée
setrouve
sup¬primée ou
diminuée,
commedans le
casde myxœdème spon¬
tané des adultes ou dans le cas de myxœdème
post-opératoire,
lacéphalée peut se retrouver
associée à de la torpeur céré¬
brale précédant les grands
accidents convulsifs
oupsycho-
pathiques qui peuvent se
produire. Enfin, dans le goitre
exophtalmique, la
théorie thyroïdienne explique aujourd'hui
la nature des accidents, soit qu'il s'agisse d'altération,
d'insuf¬
fisance ou d'exagération de la
sécrétion. La céphalée prend
place dans les
crises paroxystiques tout à côté des autres
symptômes nerveux,
tachycardie, palpitation, excitation ner¬
veuse, insomnie, etc.
6° Céphalée etintoxication
ovarienne.
—L'intoxication
parlésion ovarienne est une question toute récente
de la phy¬
siologie pathologique et
qui doit prendre place à côté des
intoxications thyroïdiennes grâce
à leur analogie dans les
ma¬nifestations cliniques nerveuses et
dans la pathogénie.
« Le rôle de l'ovaire s'est affirmé et précisé durant ces
der¬
niers temps. Cet organe est
aujourd'hui considéré
comme:
d 1° Une glande avec
sécrétion externe, celle de l'ovale;
Jouin.—Bull,de la Soc. obst. etgyn., oct.1896.
Thouvenaint.—Bull,de laSoc. obs.etgyn.,1896.
Maurange.—Bull, de thérap.,1897.
Dalché.—Bull, de thérap.,1898.
Delaunay.—Presseméd.,27 janv.1899.
Spillmann etEtienne.—CommunicationauCong.deméd. deNancy,
1896.
Toulouse etMarchand.—Thérapeutiqueovarienne chez les épileptiques.— Bull,
dela Soc.debiol., fév.1899,etRev. depsychiatrie, mars1899.
Cérenville,Gilbert etCarnot, A.Mossé.—Del'état actuel del'opothérapie.—Rap¬
portsauCong.deméd.,Montpellier,1898,
Liseac. — Troublesconsécutifs à lacastration chez les femmes.— Opothérapie
ovarienne.Th. deParis,1896.
Gomès.—Actionphysiologiqueetthérapeutiquedel'ovaire.Th. de Paris, 1898.
Démangé.—Pathogénie dela chlorose.—Opothérapieovarienne.Th. de Nancy.
1898.
Lebreton.—Opothérapieovarienne.— Rôle ducorpsjaune. Th. deParis,
1899,
Gilbert.— Contribution àl'étude de l'opothérapie ovarienne (aménorrhée et
dysménorrhée).Th.de Paris,1899.
A.Mossé.—Prophylaxie desaccidents del'opothérapie.— Cong. desSoc. savantes
(Toulouse, 1899), Journ.officiel,8,9 avril1899.
— 27 —
» 2° Une glande chargée
d'éliminer
parle
sangmenstruel
l'excès des toxines organiques
formées
enexcessive quantité
dans l'organisme féminin et
qui augmentent
encorependant la
période cataméniale;
»3° Commeuneglande ayantune
sécrétion interne jouant
unrôle important dans la
nutrition
etdans la neutralisation des
déchets de désassimilation, » (Etienne et
Démangé.)
Ces différentes attributionsconstituentcequ'on peutappeler
la fonction ovarienne, car, bien que ces
trois fonctions soient
en réalité indépendantes, on peut
dire qu'elles sont solidaires
et qu'elles s'exercent ensemble.
L'absence
oul'irrégularité
du llux menstruel, quand une lésion
ovarienne est
en cause, permet donc de supposerqu'il
y ainsuffisance
oualtération
de la fonction ovarienne, enparticulierde la sécrétion
interne.
Cette fonction ovarienne s'exerce pour ainsi dire d'une façon providentielle à l'époque des
règles,
carà
cemoment
« l'organisme de la femme est saturé
de produits de déchets,
la toxicité du sérum du sang est en croissance;
les nourrices
qui par hasard conservent leurs menstrues,à
cemoment plus
qu'à tout autre, donnent des diarrhées,
des éruptions à leurs
nourrissons. A ce moment également, chez de
nombreuses
femmes, l'herpès, la fièvre ne sont pas rares;puis l'écoule¬
ment se produit et tout rentre dans
l'ordre. Les migraines
cessent, les douleurs musculaires disparaissent,
l'appétit
revient, les signes d'empoisonnements'évanouissent
»(Charrin,
Pathogénie appliquée). « Je pense, ajoute Charrin, que cette
fonction menstruelle,qui avant tout prépare la
greffe ovulaire,
purge aussi l'économie de certains poisons. Les organes
géni¬
taux ont un rôle d'élimination. »
La céphalée correspondant à cette période, et que nous
retrouvons citée par Charrin, coïncide donc avec un
état
toxique; elle se rencontre chez nombre de femmes, revientà l'échéance mensuelle qu'elle annonce, en même temps que
surviennent de l'insomnie, des vertiges, une irritabilité parti¬
culière du caractère,véritable syndrome nerveux qui constitue
le molimen cataménial, et qui disparaît à lafin des règles.