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Céphalées et intoxications · BabordNum

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(1)

ENTRtSDUSLEN' 60,309

FACULTÉ DE MÉDECINE ET DE PHARMACIE DE BORDEAUX

ANNÉE 1899-1900 81

«

THÈSE POUR LE DOCTORAT EN MÉDECINE

Présentée et soutenue publiquement le II mai 1900

PAR

André-Charles BOUTER

à Avignon (Vaucluse) le 19 juillet

ANCIEN INTERNE DES HOPITAUX DE BORDEAUX

MEMBRE DE LA SOCIÉTÉ D'ANATOMIE ET DE PHYSIOLOGIE DE BORDEAUX

Examinateurs de la Thèse:

MM.MOUSSOUS,professeur.... .Président.

COYNE, professeur

RONDOT, agrégé Juges RÉGIS,chargédecours...)

Le Candidat répondra aux questions qui lui seront faites sur les diverses parties de l'Enseignement médical.

BORDEAUX

G. GOUNOUILIIOU, IMPRIMEUR DE LA. FACULTÉ DE MÉDECINE

II, RUE GUIRAUDE, II

»

I900

mu mu imii m 11 ni m

0 BXM 0010618

(2)

FACULTÉ DE MÉDECINE ET DE PHARMACIE DE BORDEAUX

M. de NABIAS Doyen. | M. PITRES... Doyenhonoraire.

MM.

Clinique interné Cliniqueexterne. . .

Pathologie etthérapeu¬

tiquegénérales. . .

Thérapeutique. . . .

Médecineopératoire . Cliniqued'accouchements.

Anatomiepathologique. .

Anatomie

Anatomie générale et histologie

Physiologie

Hygiène LAYET.

PROFESSEURS :

MICÉ <

DUPUY ] Professeurshonoraires.

MOUSSOUS (

MM. MM.

jPICOT. Médecine légale . . . MÔRACHE.

'

|PITRES. Physique ;

BERGONIÉ.

DEMONS. Chimie BLAREZ.

LANELONGUE Histoire naturelle . . GUILLAUD.

Pharmacie FIGUIER.

VERGELY. Matièremédicale. . . DENABIAS.

ARNOZAN. Médecineexpérimentale . FERRÉ.

MASSE. Cliniqueophtalmologique. BADAL.

LEFOUR. Clinique des maladies chi-

COYNE. rurgicalesdesenfants . PIÉGHAUD.

CANNIEU. Cliniquegynécolôgiqué BOURSIER.

Cliniquemédicale des

VIAULT. maladies des enfants A. MOUSSOUS.

JOLYET. Chimie biologique . . DENIGÈS.

AGREGES EN EXERCICE:

section de médecine (Pathologie interneetMédecinelégale.)

Pathologie externe

Anatomie .

MM.CASSAET.

ÀUGHÉ.

SABRAZÈS.

SÈCTiON DE CHIRURGIE

MM.DENUCÉ.

VILLAR.

BRAQUEHAYE CHAVANNAZ.

SECTION DES SCIENCES ANATOMIQUES ET PHYSIOLOGIQUES

(MM; PRINGETEAU. | Physiologie . . . MM.PAGHON.

'

'( N... I Histoirenaturelle. BEILLE.

MM. LEDANTEC.

HOBBS.

ETACCOUCHEMENTS

AccoachementS.lMM^BRELENT-

Physique.

SECTION DES SCIENCESPHYSIQUES

MM.SIGALAS. Pharmacie. . M. BARTHE.

COURS COMPLEMENTAIRES Clinique des maladiescutanéeset syphilitiques

Clinique desmaladies des voies urinaires

Maladies dularynx, desoreillesetdunez. . Maladiesmentales

Pathologie externe Pathologie interne Accouchements Chimie

Physiologie Embryologie Ophtalmologie

Hydrologieetminéralogie

MM.DUBREUILH.

POUSSON.

MOURE.

RÉGIS.

DENUGÉ.

RONDOT.

CHAMBRELENT.

DUPOUY.

PACHON.

N...

LAGRANGE.

CARLES.

LeSecrétaire delaFaculté: LEMAIRE.

Par délibération du 5 août 1879, la faculté a arrêtéque les opinions émises dans les

thèses qui lui sontprésentées doivent être considérées comme propresà leursauteurs, et

qu'elle n'entend leurdonnerniapprobationniimprobation.

(3)

A MA

MÈRE

A MON

PÈRE, LE DOCTEUR ROUYER

EX-MÉDECIN INSPECTEUR DES EAUX

A MES PARENTS

A MONSIEUR L. DELGURROU

ANCIEN PREMIER PRÉSIDENT A LA COUR D'APPEL DE BORDEAUX CONSEILLER A LA COUR DE CASSATION

OFFICIER DE LA LÉGION D'HONNEUR

(4)

A MONSIEUR

LE DOCTEUR MARTIN DU MAGNY

MÉDECIN DES HOPITAUX

A

MONSIEUR LE DOCTEUR ROCAZ

CHEF DE CLINIQUE MÉDICALE A LA

FACULTÉ

DE

MÉDECINE

DE BORDEAUX

A MES

AMIS

LES DOCTEURS F.

MARTIN, ROTHAMEL, SOL LÉ

(5)

A MON PRÉSIDENT DE THÈSE

MONSIEUR LE PROFESSEUR MOUSSOUS

MÉDECIN DES HOPITAUX OFFICIER DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE

Hommage d'une profonde reconnaissance

(6)
(7)

A MONSIEUR

LE DOCTEUR RÉGIS

CHARGÉ DU COURS DES MALADIES MENTALES A LAFACULTÉ DE MÉDECINE

DE BORDEAUX

OFFICIER D'ACADÉMIE

Faible témoignage de gratitude

(8)

A MES MAITRES

DE LA FACULTÉ

ET DES HOPITAUX

MM. LES DOCTEURS ARNOZAN, AUCHÉ,

CASSAËT, DAYEZAC, DUMUR, MANDILLON, MESNARD,

MOURE,

PITRES, YERDALLE

Hommage d'une profonde reconnaissance

(9)

AVANT-PROPOS

La céphalée paraissant insaisissable dans ses degrés, son

siège précis, son étiologie et sapathogénie, échappe à une définition précise et scientifique. Le malade seul la définit en l'appelant mal de tête.

Le degré, la modalité, comme dans tout symptôme doulou¬

reux, nepeuvent être exactement appréciés; la douleur ne se

gradue pas et ne s'enregistre pas. Le clinicien, qui exige une modalité de céphalée, néglige peut-être trop le caractère sub¬

jectifde ce symptôme, n'obtient de son malade qu'un terme

de comparaison souventapprécié et décrit avec son imagina¬

tion, et c'est ainsi que les modalités de céphalée, en casque,

en clou, en étau, peuvent paraître bien artificielles. Diviser le

mal de tête en céphalée et céphalalgie, c'est également retom¬

ber dans le degré, et chercher une nuance dans la durée.

L'étiologie subit la même incertitude; elle paraît d'autant plus confuse que les causes de céphalée sont plus nombreuses

et plus diverses. Le siège de cette cause souvent éloigné du

cerveau, la variété des affections qui lui donnent naissance,

ontpour ainsi dire découragé bien des auteurs qui se sont dès

lors contentés d'une constatation et d'une énumération des causes, sans en rechercher le lien.

Tout aussi discuté est le siège anatomique. Le fait seul que l'excitation du cerveau et du cervelet les laisse insensibles, a fait naître une série d'hypothèses qui refusent à la céphalée

(10)

10

le caractère de douleurencéphalique, et en

font, soit

une

dou¬

leur épicranienne, soit une

douleur méningitique, soit une

douleur osseuse (os et périoste du

crâne). Et quand la théorie

des localisations cérébrales s'est affirmée et

précisée, quand

on a pu découvrir la

fonction jusque-là si mystérieuse de cer¬

taines cellules cérébrales, les auteurs ont

voulu rechercher

aussila localisation de la céphalée. Longet,

Poincaré revien¬

nent au cerveau, constatentque l'état

pathologique peut déve¬

lopper de la

sensibilité dans

un organe

qui

en

est normale¬

ment dépourvu. Chaumié,

Lemoine sont plus affirmatifs et

déclarent que «la

céphalée

est

le cri de douleur de l'encéphale

malade». Ils localisentavecPierret le substratum

anatomique

de la céphalée dans la

région sphéno-occipitale. «Seules, les

cellulesganglionnaires

sensitives

se

rencontrent dans la moelle,

dans le bulbe, dans la région

postérieure de l'encéphale. Les

ganglions

médullo-bulbaires sont les premiers centres de

réflexion de lasensibilité. Ceux de la région

sphéno-occipitale

du cerveau sontles centres de seconde réflexion.

C'est là qu'il

faut chercher le substratum anatomique de la

céphalée.

» (Lemoine,

d'après Pierret.)

La pathogénie est encore

plus obscure. Ne pouvant s'ap¬

puyer sur la nature

du symptôme si variable dans ses degrés

et ses caractères, surune

étiologie à

causes

si différentes,

sur

un siège longtemps

indéterminé, elle devait fatalement subir

la fortune desgrands processus

morbides

en

pathologie géné¬

rale et reposer tour

à

tour sur

l'inflammation, la congestion,

l'anémie, les réflexes.

Et c'est avec deséléments aussivariables,

aussi changeants,

aussi disparates, que

l'on devait synthétiser, unifier, classer.

Degrés, causes,

siège, pathogénie devaient servir de bases

aux classifications des céphalées etles

multiplier à l'excès.

Voicilesprincipales

classifications proposées par les auteurs :

(Pawset.)

(11)

11

Céphalées

Céphalées

Céphalées

directes,

sympathiques.

passagères, chroniques, symptomatiques.

(Jolly.)

(GeorgetetCalmeil.)

frontales, pariétales,etc.

périodiques.

continues.

(Burder.)

/ parperturbations nerveuses.

^ par

congestions sanguines des centres

nerveux.

Céphalées paraltérationsde la boîte osseuse.

symptomatiques detroubles des fonctions

de ladigestion.

(Monneret.)

Céphalées

accidentelles

habituelles

essentielles,

symptomatiques.

essentielles,

symptomatiques.

(BecquetetWillis.)

Céphaléesr

j

essentielles.

n - v. i • diffuses.

Cephaleesr . ..

/ circonscrites.

(Bouchut.)

(Colin.)

Telles étaient lesthéories, les classifications admises, lors¬

qu'il se produisit pour la pathogénie de la céphalée ce qui

s'était déjà produit pour son siège anatomique à l'époque des

«localisations cérébrales». Leprofesseur Bouchard, en 1887,

venait de démontrer l'importance en pathologie des auto¬

intoxications. Le rôle de l'intoxication se faisait jour et péné¬

trait de plus en plus dans la pathologie générale. Chaumier, s'inspirant des idées en cours, écrit: «Si la cellule cérébrale

(12)

12

manifeste par de la

douleur de fines altérations de

sa

nutrition,

le phénomène sera

bien plus marqué lorsque les humeurs, au

lieu d'être seulement pauvres en

principes nutritifs, renferme¬

ront des particules

nuisibles (virus solubles

ou

insolubles,

déchets excrémentitiels) », et il cite en

exemple la céphalée

syphilitique et

palustre, la céphalée des dyspeptiques qu'il

rattache aux céphalées des

arthritiques, faisant ainsi prendre

rang aux

céphalées d'intoxication, place

encore

bien modeste,

mais proportionnée

à l'étendue de connaissances

encore

trop

nouvelles. Lemoine, peu de temps

après, aborde la physiologie

pathologique

de la céphalée et conclut

: «

La congestion ou

l'anémie cérébrale, les intoxications

du

sang et

de la lymphe

parun poison

vivant

ou par un

poison chimique, les diathèses

dont l'altération des humeurs est l'accompagnement,

forcé,

sontles états qui prédisposent le

plus

au

mal de tête, et

en

dehors desquels il n'apparaît

qu'exceptionnellement.

»

Puis,

peu à peu, les

réactions du système

nerveux

se précisent et

s'affirment; ses troubles

fonctionnels, moteurs et sensibles,

s'éclairentde cettepathogénie toute

nouvelle; certains troubles psychopathiques même

y

prennent place, grâce au travail de

notre maître, le Dr Régis (*); c'est dans ce

travail qu'il signale

l'importance dela

céphalée dans

ces

états d'intoxication; c'est

sur son conseil que nous

abordons

notre

sujet

pour

mettre

en présence la

céphalée et l'intoxication,

nous

proposant d'étu¬

dier lacéphalée dans

les états d'intoxication, opposant

aux

oscil¬

lations de la physiologie

pathologique de l'intoxication l'oscil¬

lation clinique de toute une

série de troubles névropathiques

etcérébraux, dans lesquels

la céphalée tient la place prépon¬

dérante par son

caractère de constance et de fixité. Sans

oublier qu'elle est notre

point d'étude,

nous ne pourrons

omettre à côté d'elle des troubles nerveuxqui sontsouvent ses satellites. Ce sera un bloc

symptomatologique dans lequel la

céphalée dominera, et

qui constituera

un

véritable syndrome

d'intoxication du système nerveux.

Bien des céphalées échap-

(*) Auto-intoxications et Délires.

(13)

peront ànotre sujet, non point peut-être qu'elles échappent à l'intoxication, mais bien parce que le rôle de l'intoxicationy est encore inconnu, et qu'il serait hypothétique et téméraire

de vouloirtrop généraliser. Nous allons dans un premier cha¬

pitre étudier la céphalée dans les principaux états toxiques,

tout en subdivisant ces états selon la source de l'intoxication

qui leur donne naissance. De ce groupement, de cette opposi¬

tion, nous voudrions tirer l'unité pathogénique de la céphalée.

Dansun chapitre de considérations générales, nous essaierons

de trouver dans l'intoxication le lien et la synthèse de toutes

les causes attribuées jusqu'ici à la céphalée.

C'est là le but de notre tâche, puisse-t-il se réaliser dans

notre si modeste travail !

(14)

.

v

'

A• ' .

(15)

CÉPHALÉES ET INTOXICATION

PREMIÈRE

PARTIE

La

Céphalée dans les Intoxications.

Voulant d'abord étudier la concordance clinique de la céphalée avec les processus d'intoxication, nous devons, pour

régulariser et ordonner notre étude, proposer une définition

de l'intoxication et une division des états dont elle dirige la pathogénie.

Nous dirons avec Roger qu'il y a intoxication « toutes les

» fois qu'il se produit une modification dans la constitution

» chimique du milieu intérieur ».

Nous suivrons le classement que notre maîtreM. le Dr Régis

a proposé dans son étude des « délires d'auto-intoxication».

R les classe en délires par auto-intoxications primitives et

en délirespar auto-intoxications secondaires, avec des subdi¬

visions que nous adopterons. Nous ne ferons dans ce clas¬

sement qu'une substitution de termes, et nous diviserons

avec le terme plus général d'intoxication les céphalées en

céphalées dans les intoxications primitives et en céphalées

dans les intoxications secondaires, voulant ne supposer encore que la relation et non la cause, la concordance et non la

conséquence.

(16)

- 16

Voici d'ailleurs ce classement:

I. Céphalées dans

^

les intoxications ,

primitives

/

I

gastro-intestinales.

)

hépatiques.

A. spéciales

j rénales.

. 1 c

\ B. générales ) inanition.

I croissance.

» menstruation.

it

A. auxinfections.

' aiguës.

, .

^edecarlWne,plomb,

SClXmuailCS Q"V r,rt,£!r,r>co-rncranoa -

utéro-ovarienne.

diathèse.

surmenage.

B. aux poisonsexogènes alcool, etc.

A. Céphalée bans les Intoxications primitives

spéciales.

Céphalée et

intoxication gastro-intestinale.

L'étude du

chimisme

gastro-intestinal

a

éclairé d'un jour tout nouveau

l'aspect clinique

de certaines maladies du tube digestif. Les

troubles, pour ainsi

dire inséparables du chimisme et du

mécanisme (motricité) de

l'appareil digestif, ont permis de

comprendre

le rôle considérable de l'intoxication dans la

symptomatologie

nerveuse

de

ces

affections. Troubles méca¬

niques

(dilatation,

stase,

rétention), troubles chimiques (excès,

diminution, altération des

sécrétions, fermentations anor¬

males, rôle plus ou moins

actif des agents figurés), coïncident

cliniquement avec toute une

série de troubles pathologiques

parmi

lesquels

nous

n'avons à retenir que la céphalée, isolée

ou accompagnée d'autres

symptômes

nerveux

concomitants.

Nous devons savoir que ces différentes

perturbations consti¬

tuent autant de sources d'intoxication.

L'estomac et l'intestin renferment des agents

figurés. La

sécrétion acide ne les détruit pas, comme on

l'a

cru pen¬

dantlongtemps.

Minkowski

a

montré

que

l'estomac renferme

(17)

17

renferme des microbes, microbes qui ne sont nullement

détruits par le sucgastrique et qui produisent des gaz et des

substances toxiques. Bien que ces bactéries aident la diges¬

tion en aidant les sécrétions, elles peuvent exagérer les fer¬

mentations, revêtir dans certaines circonstancesune extrême virulence et ajouter leur apport de toxines.

Les sécrétions qui se déversent dans l'estomac son't égale¬

ment plus ou moins toxiques. L'acide chlorhydrique, qui jusqu'à ces derniers temps avait passé pour un antiseptique s'opposant aux fermentations microbiennes, est au contraire

un produit toxique (Bouveret et Devic), diffusible dans l'orga¬

nisme, témoin la rapidité avec laquelle l'urine augmente d'acidité dans les casde crises hyperchlorhydriques (Tréheux),

et qui favorise même, à la faveur de son excès, la production

de poisons nerveux (Ferré, Gassaët, Benech). La pepsine est

un poison nerveux(Bergmann, Edelberg, Hildebrand). Injec¬

tée, elle produit une paralysie des membres postérieurs du lapin. La trypsine injectée dans le sang produit, d'après Ross- bach, une paralysie du système nerveux.

Quant aux fermentations, soit gastriques, soit intestinales,

elles fournissent toute une série de substances : des acides, acétique, butyrique, certains éthers composés, un alcool éthy- lique qui va même jusqu'à imprégner le cerveau (alcool éthylique trouvé par Bechamp et Rajewski chez des animaux

n'en ayant jamais ingéré), une série de substances aromati¬

ques, des alcaloïdes, des gaz, substances qui sontparfaitement

résorbables dans l'organisme, malgré l'opinion de Stich (Die

acuteWirkungpulriderStofein Blute Charité Annalen, 1853),

témoin la rapidité avec laquelle les substances aromatiques se retrouvent dans l'urine, apparition variable avec l'augmenta¬

tion ou la diminution des putréfactions intestinales. Ces subs¬

tances sont essentiellement toxiqùes (travaux de Bouchard) et

sont surtout des poisons nerveux (cas de Lepine où des matiè¬

res stagnant au-dessous d'un anus artificiel produisirent des

accidents analogues à ceux del'atropine).

Ces troubles duchirnisme, déviationdans laquantité et pour

2

(18)

- 18 -

ainsi dire dans la qualité des

sécrétions, dans leur nature et

leur abondance,ont servi de base aux

classifications cliniques

des atfections de l'estomac et les ont

ainsi subordonnées indi¬

rectement à des processus toxiques.

C'est ainsi

que

se sont

établies des dyspepsies

hypoacides, hyperacides,

par

fermen¬

tations anormales, dyspepsies

parfois provoquant

une

dila¬

tation d'estomac, parfois

produites

au

contraire

par

une

dilatation primitive.

Mais quelque absolues et rigoureuses que

puissent paraître ces

classifications basées sur des types de

chimisme souvent associés, il n'en est pas

moins vrai

que

la

céphalée et

certains troubles

nerveux se

retrouvent la plupart

du temps dans ces

diverses catégories d'affections, coïncidant

avec laprésence de processus

toxiques

que nous

savons main¬

tenant être constants.

Dans tous ces états, nous pouvons retrouver

la céphalée

avec des heures d'apparition

concordant

avec

les troubles du

chimisme. Chez les hiypercMorhydriques

elle survient

au

moment de leurs crises (maladie de Reichmann

et gastroxie

de Lépine), pouvant

revêtir alors

une

acuité extrême; puis,

quand une

certaine quantité d'HGl

a

été neutralisée par le

bicarbonate de soudeou soustraite par

des vomissements

ou par un lavage

d'estomac, le plus souvent la douleur de

tête cède, et fait important, quenous

signalons

pour

le retenir

plus tard, au moment

où cette soustraction se produit, l'urine

devient moins acide (Tréheux)(2).

Chez le dilaté, à l'heure où les

fermentations anormales

se produisent, se

traduisant souvent

par

des éructations plus ou

moins acides, la céphalée devient

continue, tenace, diffuse.

Toute la pléiade nerveuse,

accablement, somnolence, insom¬

nie, courbature,

vertiges, peut l'accompagner, réalisant ce

que

Bouchard appelle le type névrosique de la dilatation et

qui constitue un

véritable état neurasthénique. Puis, quand

(*) Casd'Huchard,Pseudomigrainepar criseshyperchtorhydriques.Leçon

faite

à Necker, 1895.

(2)Recherchessurl'acidité urinaire aprèsle repaschez l'hommesainet

chez

lesdyspeptiques(Thèse deParis, 1895).

(19)

sous l'influence du régime, d'une médication appropriée, les

fermentations diminuent, quand les éructations, elles-mêmes,

soustraient une partie de ces gaz toxiques, la céphalée cède

ou tend à s'amender.

Dans la constipation où la rétention des matières fécales entraîne la diffusion dans l'organisme de tous les produits de

ce « laboratoire de poisons» qu'est l'intestin, la céphalée se

retrouve avec une ténacité caractéristique. C'est là le lot de bien des femmes chez qui la constipation est pour ainsi

dire véritablement essentielle. C'est également le cas de certains dyspeptiques à fermentations putrides et exagérées

se produisant dans l'intestin aussi bien que dans l'estomac,

et qui ont ainsi, par le fait de leur dyspepsie et de leur constipation, une double raison d'intoxiquer leur système

nerveux.

Ce sont là les états cliniques chroniques des affections gastro-intestinales que nous venons d'étudier; même céphalée

se produit dans les états aigus. Ici, à la faveur de cette rétention que nous venons de décrire, vient s'ajouter un élément de plus, l'extrême virulence des agents figurés, hôtes

habituels du tube gastro-intestinal. Nous retrouvons la

céphalée au premier plan d'accidents nerveux et généraux plus bruyants; c'est le cas de certaines crises de coprostase, des hernies étranglées, etc.

La céphalée n'y survient souvent que comme simple épisode, pouvant s'effacerdevant d'autres symptômes nerveux

plus graves; elle n'en a pas moins d'importance, car elle vient les annoncer.

Mais quel que soit le type du chimisme auquel elle se lie,

cette céphalée gastro-intestinale, envisagée d'une manière

générale, révèle son origine par des caractères un peu spé¬

ciaux. Elle aune apparition le plus souvent régulière, surve¬

nant chez le même malade, chaque jourâvec un retour fixe et constant qui lui donne un caractère véritablement chronique.

Elle est si tenace, si obsédante, que c'est presque pour elle

seule que les maladesréservent leur luxed'imagesetdecompa-

(20)

raisons, pour

l'appeler céphalée en casque, en bandeau, en

étau, etc.

Mais elle traduit encore, et bien mieux, cette source

gastro-intestinale,

en ce

qu'elle s'accompagne de toute une

série de troubles

fonctionnels et douloureux de l'appareil

digestif:

apparaissant à jeun, le matin au réveil ou avant le

repas, en

même temps que des régurgitations pituitaires ou de

simples crampes

d'estomac; survenant au contraire après

le repas, avec une venue

plus ou moins retardée dans le temps

de la digestion,

mais accompagnée de renvois, de flatulence

ou de pyrosis et

d'aigreur. Quelquefois, et cela dans certaines

constipations, on ne

retrouve avec elle qu'un seul état saburral

de la langue, et une

simple fétidité de l'haleine.

Dans tous ces états

gastro-intestinaux, états aigus ou chro¬

niques,la

céphalée n'est souvent qu'un premier stade d'intoxi¬

cation, elle s'unit aux

troubles nerveux et psychiques élémen¬

taires, constituant un

véritable état neurasthénique, comme

par

exemple le type névrosique de la dilatation d'estomac; elle

annonce et se jointsouvent

aussi à de véritables psychoses, à

de véritables délires

décrits

par

M. Régis.

Céphalée et

intoxication d'origine rénale. Depuis les

travaux de M.

Bouchard

sur

la toxicité urinaire, le rôle de

l'intoxication dans

certaines affections par lésions rénales,

a pris une

place prépondérante dans la genèse de leurs

accidents. D'une part,

le rein peut être considéré comme

ayant une

double fonction; l'une probable, pour ainsi dire

active, fonction

antitoxique, dépendant d'une sécrétion interne,

l'autre certaine, pour

ainsi dire passive, fonction d'élimination

et de filtration; d'autre

part,

nous

connaissons les poisons

que

renferme l'urine, poisons surtout nerveux, recherchés

etétudiés par M.

Bouchard, qui nous a décelé des alcaloïdes,

des substances convulsivantes,

narcotiques, myotiques, etc.;

nous sommes donc

avertis qu'à

une

lésion rénale qui

entraînera la rétention

de

ces

substances, ou en entravera

la neutralisationdes effets

devra correspondre toute une série

d'accidents nerveux. Et

c'est

encore

la céphalée que nous

(21)

21

retrouvons au premier plan de ces réactions nerveuses, apparaissant à la

moindre insuffisance rénale,

se

retrouvant

dans des états aigus, comme dans des états

chroniques, dans

les néphrites aiguës aussi bien que dans

les néphrites chro¬

niques.

Dans les néphrites aiguës qui surviennent dans

des

infections déjà en cours comme une complication

épisodique,

la céphalée passe inaperçue; elle

préexistait déjà

et

avait

pu se diffuser et disparaître au milieu d'une

symptomatologie

nerveuse plus bruyante; quelquefois cependant

elle redouble

avec l'apparition de cettenouvelle surcharge toxique,

mais

sans

les œdèmes, sans les signes urinaires, elle ne suffirait pas à déceler la néphrite aiguë. Quelquefois, au contraire, dans

la

néphrite aiguë à frigore, c'est souvent une

céphalée très

vive, très pénible qui donne l'éveil, alors que les œdèmes

sont eux-mêmes peu accusés, fugaces, apparaissant peu

marqués à la faceetauxmalléoles «tandisquetel autresymptô¬

me, la dyspnée, la céphalée, le vomissement, prend dès

le

début de la maladie une place prépondérante. » (Dieulafoy.)

Dans les néphrites chroniques, lacéphalée est un des symp¬

tômes les plus constants parmi les signes du brightisme,

souvent le premier en date, se combinant avec les autres

accidents nerveux pour constituer un véritable état neurasthé¬

nique brightique décrit par M. Régis.

« Les accidents nerveux du petit brightisme de Dieulafoy appartiennent, en effet, au type neurasthénique, et ils consti¬

tuent une variété de neurasthénie analogue à celle de l'arthri- tisme, mais surtout à celle de l'artério-sclérose, avec laquelle

elle se confond... Il s'agit de neurasthénie vraie, présentant

tout ou partie des stigmates classiques, à savoir: somatique- ment, la céphalée, la sensation d'étau, de craquement ou de

vide crânien, le mauvais sommeil, la rachialgie et les topoal¬

gies, l'amyosthénie, les troubles vaso-moteurs gastriques et génitaux; psychiquement latorpeur, l'impotenceavecdifficulté

de l'effort et fatigue rapide, la diminution de la volonté et de l'attention, l'hypocondrie spéciale avec souci analytique et

(22)

22

émotifde la santé mentale etphysique, les

obsessions diverses

et une tendance àl'angoisse vertigineuse se

produisant surtout

sous forme de topophobies. C'est en un

mot dans

son

tableau

le plus complet la

neurasthénie dite vertigineuse

ou

hypocon¬

driaque suivant le symptôme

prédominant (1).

»

Cette céphalée de la

néphrite chronique qui domine souvent

ce tableau neurasthénique, augmente

à la moindre surcharge

d'intoxication nouvelle agissant sur un

organisme où

une

des

principales fonctions

d'élimination est entravée. Toute fatigue,

tout surmenage exagérant la

production de produits toxiques

d'élimination, toutécart de régime venant

augmenter les fer¬

mentations

gastro-intestinales, amènent

une

véritable exaspé¬

ration du mal de tête.

Ce mal de tête coïncidant avec une lésion

rénale chronique

et ancienne se retrouve souventchez des sujets où

elle est loin

de laisser supposer cette origine.

C'est la céphalée de certains

goutteux que l'on

prend

pour une

migraine et qui trahit la

lésion d'un rein irrité par le passage

de sable, de graviers,

d'acide urique.

C'estla céphalée de certains

syphilitiques atteints de syphilo-

brightisme, que l'on

prend

pour

de la céphalée spécifique et

qui montre l'importance

de l'analyse des urines chez un

syphilitique à n'importe

quelle période.

C'est la céphalée de certaines

anémiques,

que

l'on met sur

le compte d'une chlorose et

qui est,

en

réalité, une manifes¬

tation du chloro-brightisme.

C'est la céphalée de certains

adolescents

que

l'on appelle

parfois

céphalée de croissance et qui coïncide dans ce cas avec

des lésionsrénales ayant suivi une

scarlatine du premier âge.

C'est, enfin, la céphalée

de certaines jeunes femmes dont le

rein a été touché au moment de leur grossesse

et qu'on

déclare être des céphalées nerveuses,

neurasthéniques.

Dans ces états aigus ou chroniques,

la céphalée

a

d'autant

plus de valeur,

qu'elle prédomine dans la symptomatologie et

(') Régis,Auto-intoxicationsetDélires.

(23)

23 _

que souvent même elle est presque isolée, s'accompagnant

d'une légère dyspnée, de légers œdèmes malléolaires, de légère bouffissure de la face, alors que les urines même

11e renferment pas d'albumine. Leur toxicité et leur quantité

ont seulement diminué et, fait important, la céphalée suit

souvent les oscillations de la dépuration urinaire, augmentant

ou diminuant suivant le taux quantitatif de l'urine.

Et quand cette quantité d'urine va en diminuant, que sa toxicité s'affaiblit de plus en plus, trahissant l'imperméabilité progressive du rein, la céphalée est là pour annoncer le danger et donner le signal des grands accidents urémiques, délirants, convulsifs, comateux.

Céphalée et intoxication hépatique. Depuis que le syndrome urologique a permis d'étudier les altérations fonc¬

tionnelles de la cellule hépatique, depuis que fixé sur son

pouvoir antitoxique on a pu suivre par l'examen de la toxicité

urinaire les variations de cette fonction d'arrêt des poisons

dans les différentes affections hépatiques, bien des faits clini¬

ques se sontgroupés autour d'une [même pathogénie, qui est

l'intoxication. Dire quel'une quelconque des fonctions de cette

cellule est amoindrie ou supprimée, c'est dire qu'ily a insuffi¬

sance hépatique; toutes les fonctions de cette cellule sontsoli¬

daires et, comme le ditRoger, « lorsque l'une d'entre elles est perturbée, les autres le sont aussi. » Dans toutes les affections

où cette cellule sera lésée et où il y aura insuffisance hépa¬

tique, la fonction antitoxique sera diminuée ou abolie; le syndrome urologique, témoin fidèle, le prouvera en montrant l'augmentation de la toxicité urinaire, en même temps que

l'apparition de la glycosurie alimentaire, l'urobilinurie, l'hy- poazoturie.

Gomme dans l'insuffisance rénale, les troubles nerveux dans

l'insuffisance hépatique suivent une progression dans leur

intensitéet dans leurdurée, proportionnelle au degré de l'alté¬

ration fonctionnelle de l'organe. C'est ainsi qu'il y a un véritable complexus nerveux allant depuis un simple état

(24)

neurasthénique jusqu'aux

grands accidents délirants

ou

con-

vulsifs. Dans cet état neurasthénique décrit par

M. Régis, la

céphalée domine souvent,

céphalée frontale la plupart du

temps, siégeant

quelquefois derrière les oreilles et même à

l'occiput. (Harley.) Toute une

série de troubles nerveux l'ac¬

compagnent, symptômes

analysés

par

Lévi et Régis.

11 y a une véritable

modification du caractère. Le malade

devient triste, irritable,

quelquefois indifférent. Ajoutons

à cela une asthénie musculaire plus ou moins

prononcée,

des vertiges, de l'insomnie, et nous

obtenons

un

véritable état

neurasthénique. (Lévi et

Régis.)

Cette céphalée, la plupart

du

temps sans

caractères fixes

et précis, ne peut

trahir

son

origine

que

grâce à une concor¬

dance d'autres symptômes

pathologiques. C'est ainsi

que

dans

certains états elle ne prend un

caractère hépatique qu'en

s'accompagnant d'ictère ou

de subictère, d'augmentation de

volume du foie, devenu sensible

à la palpation et à la

percussion.

C'est le

cas

de la céphalée qui se produit dans

certaines congestions actives

hépatiques, dans des ictères

bénins, dus à une infection ou

à

une

intoxication gastro¬

intestinale passagère. Dans

la cirrhose atrophique, le mal de

tête peut apparaître avec tout ou

partie du cortège nerveux

que nous avons

étudié plus haut, bien avant que les signes

de l'affection se soient franchement établis. Elle

débute dans

la période préascitique,

mais dans

ce cas, comme

dans

les cas précédents, le

syndrome urologique avait coïncidé dès

le début avec le surmenage ou avec

la lésion de la cellule

hépatique; dès cette

première période, la toxicité urinaire,

si elle est recherchée, traduit l'intoxication

concomitante.

Quand l'insuffisance

hépatique devient de plus

en

plus

marquée, la

céphalée dans cette toxhémie hépatique comme

dans la toxhémie rénale,peut devenir

de plus

en

plus tenace

et violente. Elle précède, annonce, et accompagne

parfois les

grands accidents

de l'urémie hépatique. C'est ce qui a lieu

dansles états de grandes

destructions de la cellule, dans les

périodes

avancées de certaines cirrhoses, dans le cancer

(25)

primitif, dans l'ictère grave

primitif, périodes de maladies

ou

maladies elles-mêmes dans lesquelles la fonction de l'organe

est détruite ou annihilée.

Céphalée et intoxication surrénale.

On connaît

au¬

jourd'hui la fonction si longtemps

mystérieuse de

ces

glandes

surrénales; on sait que leur produit de

sécrétion

a un

pouvoir

antitoxique, en particulier vis-à-vis

des déchets de la

combustion musculaire. Toute la symptomatologie de la

maladie d'Addison marcheparallèlement à l'altération de cette

fonction. Tout à fait au début de l'affection, la céphalée peut

se retrouver avec cette apathie physique et intellectuelle caractéristique de l'affection, associée à quelques vertiges,

à quelques douleurs erratiques musculaires, siégeant

dans les

lombes, dans les membres, symptômes qui, lorsqu'ils se

trouvent ainsi réunis, réalisent un véritable état neurasthé¬

nique, précédant souvent les autres grands symptômes carac¬

téristiques de l'affection.

Céphalée et intoxication thyroïdienne. Gomme les glandes surrénales, la thyroïde a unesécrétion interne quineu¬

tralise ou détruit les substances nocives élaborées au cours des

échanges nutritifs qu'elle active et régularise. Toute une série

de symptômes nerveux apparaissent quand cette fonction est perturbée, soit qu'il y ait hypothyroïdisme et diminution de ce pouvoirantitoxique, dysthyroïdisme et perversion de la sécré¬

tion interne, ou hyperthyroïdisme, et que cette sécrétion

interne devenue par trop abondante exagèrele mouvement de

dénutrition et encombre l'organisme de déchets toxiques.

Gomme exemple de céphalée dans l'hyperthyroïdisme, nous pouvons citer les deux cas de M. Mossé(1) où cet état se trouve

réalisé chez des sujets sains qui se sont volontairement prê¬

tés à une absorption progressive de suc thyroïdien.

Lacéphalée ytient une place très marquée dans la série des

(*) Mossé. Rapportsurl'opothérapie(Congrès de méd. de Montp.,1898).

(26)

26

accidents nerveux qui se sont produits,

coïncidant

avec

de

l'excitation cérébrale, du vertige, de l'insomnie, etc.

Quand cette fonction aulieu d'être

exagérée

se

trouve

sup¬

primée ou

diminuée,

comme

dans le

cas

de myxœdème spon¬

tané des adultes ou dans le cas de myxœdème

post-opératoire,

lacéphalée peut se retrouver

associée à de la torpeur céré¬

brale précédant les grands

accidents convulsifs

ou

psycho-

pathiques qui peuvent se

produire. Enfin, dans le goitre

exophtalmique, la

théorie thyroïdienne explique aujourd'hui

la nature des accidents, soit qu'il s'agisse d'altération,

d'insuf¬

fisance ou d'exagération de la

sécrétion. La céphalée prend

place dans les

crises paroxystiques tout à côté des autres

symptômes nerveux,

tachycardie, palpitation, excitation ner¬

veuse, insomnie, etc.

Céphalée etintoxication

ovarienne.

L'intoxication

par

lésion ovarienne est une question toute récente

de la phy¬

siologie pathologique et

qui doit prendre place à côté des

intoxications thyroïdiennes grâce

à leur analogie dans les

ma¬

nifestations cliniques nerveuses et

dans la pathogénie.

« Le rôle de l'ovaire s'est affirmé et précisé durant ces

der¬

niers temps. Cet organe est

aujourd'hui considéré

comme

:

d 1° Une glande avec

sécrétion externe, celle de l'ovale;

Jouin.Bull,de la Soc. obst. etgyn., oct.1896.

Thouvenaint.Bull,de laSoc. obs.etgyn.,1896.

Maurange.—Bull, de thérap.,1897.

Dalché.Bull, de thérap.,1898.

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1896.

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dela Soc.debiol., fév.1899,etRev. depsychiatrie, mars1899.

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portsauCong.deméd.,Montpellier,1898,

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Démangé.Pathogénie dela chlorose.Opothérapieovarienne.Th. de Nancy.

1898.

Lebreton.—Opothérapieovarienne. Rôle ducorpsjaune. Th. deParis,

1899,

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dysménorrhée).Th.de Paris,1899.

A.Mossé.Prophylaxie desaccidents del'opothérapie. Cong. desSoc. savantes

(Toulouse, 1899), Journ.officiel,8,9 avril1899.

(27)

27

» Une glande chargée

d'éliminer

par

le

sang

menstruel

l'excès des toxines organiques

formées

en

excessive quantité

dans l'organisme féminin et

qui augmentent

encore

pendant la

période cataméniale;

» Commeuneglande ayantune

sécrétion interne jouant

un

rôle important dans la

nutrition

et

dans la neutralisation des

déchets de désassimilation, » (Etienne et

Démangé.)

Ces différentes attributionsconstituentcequ'on peutappeler

la fonction ovarienne, car, bien que ces

trois fonctions soient

en réalité indépendantes, on peut

dire qu'elles sont solidaires

et qu'elles s'exercent ensemble.

L'absence

ou

l'irrégularité

du llux menstruel, quand une lésion

ovarienne est

en cause, permet donc de supposer

qu'il

y a

insuffisance

ou

altération

de la fonction ovarienne, enparticulierde la sécrétion

interne.

Cette fonction ovarienne s'exerce pour ainsi dire d'une façon providentielle à l'époque des

règles,

car

à

ce

moment

« l'organisme de la femme est saturé

de produits de déchets,

la toxicité du sérum du sang est en croissance;

les nourrices

qui par hasard conservent leurs menstrues,

à

ce

moment plus

qu'à tout autre, donnent des diarrhées,

des éruptions à leurs

nourrissons. A ce moment également, chez de

nombreuses

femmes, l'herpès, la fièvre ne sont pas rares;

puis l'écoule¬

ment se produit et tout rentre dans

l'ordre. Les migraines

cessent, les douleurs musculaires disparaissent,

l'appétit

revient, les signes d'empoisonnement

s'évanouissent

»

(Charrin,

Pathogénie appliquée). « Je pense, ajoute Charrin, que cette

fonction menstruelle,qui avant tout prépare la

greffe ovulaire,

purge aussi l'économie de certains poisons. Les organes

géni¬

taux ont un rôle d'élimination. »

La céphalée correspondant à cette période, et que nous

retrouvons citée par Charrin, coïncide donc avec un

état

toxique; elle se rencontre chez nombre de femmes, revient

à l'échéance mensuelle qu'elle annonce, en même temps que

surviennent de l'insomnie, des vertiges, une irritabilité parti¬

culière du caractère,véritable syndrome nerveux qui constitue

le molimen cataménial, et qui disparaît à lafin des règles.

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