FACULTÉ
DEMÉDECINE ET DE PHARMACIE
DE BORDEAUXANNÉE ÎSQQ-IQOO N° 60
L'APPENDICITE
Chez la Femme
THÈSE POUR LE DOCTORAT EN MÉDECIN
présentée et soutenue publiquement le 26 Janvier 1900
PAR
Félix-Marie
LORANSNé àPoulivy (Morbihan), le 30Mars 1875
Élève du Service de Santé de la Marine
/ MM. LANELONGUE professeur.... Président Examinateurs dela Thèse :) LAGRANGE agrege '
'!
) /,luges„(
V1LLAR agrégé)
Le Candidat répondra aux questions qui lui seront faites sur les diverses parties de l'Enseignement médical.
BORDEAUX
IMPK1MEIUE
DU MIDI — PAUL UASSIUNOL01 — RUE PORTE-DIJEAUX — 91
1900
Faculté de Médecine et (le Pharmacie de Bordeaux
M. DE NABIAS, doyen — AI. PITRES", doyen honoraire.
E»9&4> E'"E0f4«S05:ES «
MAI. AIIÇÉ )
D( TUY MOUSSOUS.
Pro fesseurs honoraives.
MAI.
PICOT.
PITRES.
DEAIONS.
LANELONGUE.
Clinique interne ^
Clinique externe
!
Pathologie et théra¬
peutique générales. VERGELY.
Thérapeutique ARNOZAN.
Médecine opératoire. MASSE.
Clinique d'accouche¬
ments LEFOUR.
Anatoniie pathologi¬
que COYNE.
Anatoniie CANNIEU
Anatoniie générale et
histologie VIAIJLT.
Physiologie JOLYET.
Hygiène LAYET.
.AGlifÉinÛS S-I»
«HOTION I)K MÉDECINE (Patholoq
MAI. CASSAET.
*|
AUCHÉ.
SABRAZÈS. I
Médecine légale Physique
Chimie
Histoire naturelle ...
Pharmacie
Matière médicale....
Médecine expérimen¬
tale
Clinique ophtalmolo¬
gique
Cliniquedes maladies chirurgicalesdes en¬
fants
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IUXEIICICH : ie interneet Médecine
MM. Le DANTEC.
HOBBS.
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BERG0N1R.
BLAREZ.
GUILLAIJD.
FIGUIER.
DE NABIAS FERRÉ.
BADAL.
P1ECHAUU.
BOURSIER.
A. MOUSSOUS.
DENIGES.
légale.)
SECTIONDE CHIRURGIE ET ACCOUCHEMENTS
(MAI. DENUCÉ. I Balliolocieexterne;
YILLAR BRAQUEHAYF CHAYANNAZ.
Accouchements.-lAIM. CHAMBRELBN1 FIEUX-.
Anatoniie
SECTION DESSCIENCESANA.TOM1QUES ET 1M1YSIOT.OGIQUES
)MAI. PR1NCETEAU | Physiologie MAI.
N. Histoire naturelle.
PACHON.
BEILLB.
SECTION DESSCIENCES PHYSIQUES
Physique AI AI. SIGALAS. | Pharmacie Al. BARTHE.
€ O liB&« eO SB 8* I. K SB K Si T A B Bl flj :
Clinique desmaladies cutanées etsyphilitiques MAI. DUBREUJLH.
Clinique des maladies des voies urinaires Maladies du larynx, des oreilles etdu nez Maladies mentales
Pathologie interne Pathologie externe
Accouchements ■
Chimie
Physiologie Embryologie Ophtalmologie
Hydrologie etMinéralogie
Le Secrétaire de la Faculté
POUSSON.
AlDUR F.
RÉGIS.
RONDOT.
DENUCE.
CHAMBRE!
DUPOUY.
PACHON.
N.
LAGRANGE GARDES.
LEA1AIRE.
ENT.
du,5 août187t>, la Faculté aarrêté que les opinions émises
d.
présentées"doivent êtreconsidérées commepropres à leursauteurs,
Bar délibération , , ^— —
Thèsesqui luisontprésentées'doivent êtreconsidérées eommep
qu'elle n'entendleur donnerniapprobat:on niimproDation.
clanslis
A LA
MÉMOIRE
DE MES GRANDS-PARENTE1) E MA TAN TE MAR l E L 0R 1 N S
DE MA SŒUR LUCIE LORANS
A MON PÈRE ET A MA MÈRE
Faible témoignage de marecon¬
naissance et de monaffection
A MON ONCLE ALPHONSE LORANS
DIRECTEUR DES CONTRIBUTIONS DIRECTES
A MES SŒURS
A MES CAMARADES DE LA MARINEET DES COLONIES
A MES AMIS AUGE, GRAVOT ET PLOMB
A MONSIEUR LE DOCTEURANDRÉMOUSSOUS
PROFESSEUR DE CLINIQUE MÉDICALE INFANTILE A LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE BORDEAUX
OFFICIER D'ACADÉMIE MÉDECIN DES HOPITAUX
A mon Président de Thèse
MONSIEUR LE DOCTEUR LANELONGUE
PROFESSEUR DECLINIQUE CHIRURGICALE A LA FACULTÉ DEMÉDECINE
DE BORDEAUX
CHEVALIER DE LA LÉGION D'HONNEUR OFFICIER DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE MEMBRE CORRESPONDANT DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE
AVANT-PROPOS
A tousceuxqui de
près
oude loin m'ont suivi dans
mavied'étudiant, j'adresse
l'expression de
mareconnaissance.
Elle estsincère; je voudrais que, par
delà la faiblesse des
mots, toussoient
persuadés de la réalité de
messentiments.
Jesuis heureux surtout de pouvoir
ici témoigner
mavive
gratitudeaux maîtres qui m'ont,
soutenu de leurs conseils et
de leursympathie.
M. le Prof, agrégé Villar nous a
donné le sujet de notre
thèse, c'est sous sa direction bienveillanteque nous
l'avons
établie. Nous l'en remercions de tout cœur.
Nousavonsété, de la part de
M. le Prof. Moussous, l'objet
d'une bienveillance qui ne
s'est jamais démentie, il
aété
pour nous le guide sur, cherchant
à écarter les pierres de
notre route. Qu'il soit assuré de notre respectueuse sympa¬
thieet de notre durable reconnaissance.
Nous remercions aussi
spécialement M. le Prof. Lanelon-
gue, qui nous fait l'honneur de vouloir bien accepter
la pré¬
sidence de notre thèse. Nousregrettons que
l'œuvre soumise
à sa hautecompétence nesoit pas plus
digne d'un tel maître.
Enfin, à vous tous, meschers amis et
camarades, je donne
undernier salut. Dansquelques
mois, quelques jours peut-
être, nousserons séparés. J'emporte
le souvenir des affec¬
tionsqui me furent témoignées, et ce sera un
réconfort à
fflonâmeauxheures tristesde solitude, dans les pays
loin¬
tains.
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i
INTRODUCTION
L'appendicitechez la femme constitue par certains côtés spéciauxun chapitre intéressant de l'histoire si curieuse de
l'appendicite
engénéral.
Ce chapitre del'appendicite
mérite d'attirer particulièrement l'attention desgynécologistes,
au point devuedudiagnosticet de la décision opératoire.Comme pour
l'appendicite
en général, ce sont des Améri¬cains et desAnglais qui, les premiers, se sont occupés de la question. Nous citerons les noms de Mundé, Abrahams, Hirst, etc., parmi lesprincipaux.
Ils ont été suivisen France ces dernières annéeset, depuis
cetteépoque, de nombreuses.communicationsont été faites àcesujet.
Dieulafoy,
Bouilly, Vinay, Pinard, Villar ont écritsurcettequestion, et nous avons
pensé qu'il
seraitintéres¬
santde recueillir tous ces documents et essayer d'en tirer
quelques
indications utiles. Notre inexpérience11e nous per¬metpas unegrande part dans cetravail, que nous n'avons réussià mener (à bien que grâce à l'obligeance de M. le Prof, agrégé
Villar,
qui a bien voulu nous communiquer ses recherchespersonnelles.Notreétude se divisera en deux grandes
parties
:1° De
l'appendicite
chez la femmeen dehors de lapuerpé-
ralité. Nousétudierons rapidementFétiologie et les formes ''Uniques
pour nous attarder un peu plus surle diagnostic,
si difficile parfois. Nous réserverons le traitement pour le Présenter en général à la fin de la seconde partie.
De
l'appendicite
chez la femmependant la
grossesseet
Tes suites de couches.
Gomme dans la première partie, le diagnostic nous occu¬
pera surtout et nous dirons quelques mots de la
pathogénie,
encore discutée.
Nous terminerons cette seconde partie par le traitement.
Nousessaierons enfin de tirer de cette étude desconclusions relativessurtoutau
diagnostic
et à la décision opératoire.PREMIÈRE
PARTIEEn dehors de la
Puerpéralité.
Fréquence.
—Depuis les quelques années où l'appendicite
a été une question
à l'ordre du jour,
onavait toujours émis
l'opinion que cette
affection était beaucoup plus
rarechez la
femme que chez l'homme.
Ainsi
II.Treub,
sebasant
sur ceque Glado appelle le ligament
appendiculo-ovarien, disait
«que la femme, ayant des moyens
de défense supérieurs, échappait
plus souvent quel'homme à cette maladie, du
moins à sesformes graves, car
le méso-appendice servirait
àdébarrasser la paroi
appendiculaire d'une partie du
con-tenudeson parenchyme. Or, chez
l'homme, les lymphatiques
amenés de l'appendice dans le
mésentère aboutiraient
au ganglion rétro-caecal; chez la femmeils rejoindraient,
par l'intermédiaire du ligamentappendiculo-ovarien, le riche
réseau du ligament large. »
Mais Barnsby, dans sa
thèse de 1898,
nousdit qu'il
n ajamaistrouvéceprétendu ligament, non
mentionné d'ailleurs
par les
principaux
anatomistes.Dans 484- cas d'appendicite
rassemblés
parBamberger,
Voltz, Murschal, Paulier, Maurin et
Rej. Fitz,
on netrouve
quem femmes.
186 sur667 cas réunis par Rotter
et Sonnemburg.
Talamon trouve 80 hommes et 20 femmes sur 100.
A.-A. Cordier donne L femme pour 6 cas
d'appendicite.
Emile Maurin cite7,s hommes pour l(i femmes sur94cas.
Monod 63 p. 100 hommes et 37 p. 100 femmes.
Guinard fait à peu près la môme
statistique,
maisconstate que depuis son article il a rencontré de nombreux cas chez la femme.M. \illar, sur33 cas d appendicites opérées, a trouvé 10de ces cas se rapportant à desfemmes.
Certains
chirurgiens étrangers,
Abrahams entre autres,ne sont pas de cetteopinion, et celui-ci prétendmêmequ'elle seraitplus
fréquente
chez la femme.«
J'imagine,
dit-il, que plus d'une femme recèle clans son ventre un appendice malade, alors qu'on la traite pour sal¬pingite, ovarite, ou une douzaine d'autres... ites. »
Il est aussi possibleque si, il va quelques années, on ne
diagnostiquait
pas souventd'appendicite
chez la femme, c'est que dans les laparotomies on ne se préoccupaitque de l'ovaire qu'on enlevaitsouvent sain.Age.
— Malgrél'opinion
couranted'après laquelle
le maxi¬mum de fréquence de
l'appendicite
s'observerait de dix àvingt ans, 1 âge ne semble pas avoir une influence sur le
développement
de cette affection. L'observation de Betz, rap¬portée par Balzer, est d'une enfant de sept mois. Celle
de
Tordeus (de
Bruxelles),
d'un enfant de six mois..Guinardaopéré et guéri un malade de soixante-dix-huit ans et
perdu
une petite
opérée
de deux ans. Le DrR. D. Prattcitc 4 cas chez des femmes Agées de onze à soixante ans.Les opérées de M. \ illar étaientâgées de onze, vingt-deux, vingt-trois,
vingt-sept, .vingt-huit,
vingt-neuf, trente, trenteet un. quarante et quarante-neufans.
Jeunes filles ou femmes mariées sont sujettes à
l'appendi¬
cite, et l'un ou l'autre de ces états n'est pas, nous le pen¬
sons, une
prédisposition.
Hérédité.— La diathèse tuberculeuse peut prédisposera
l'appendicite
tuberculeuse: lesmaladiesinfectieuses, comme la fièvre typhoïde, la scarlatine, la grippeégalement.Les irritations
intestinales,
comme celles produitesparles
liquides.corrosifs.- 15 —
La constipation habituelle se retrouve souvent.
Le régimealimentaire, le traumatisme ont été
invoqués.
Clinique.
Formescliniques. Symptomatologie.
L'appendicite chez la femme se présente comme chez l'hommesous les formes
cliniques
connues :1" Appendicite à foyer inflammatoire non localisé, eatar¬
i-haie des Américains, ou colique
appcndiculaire;
2"Appendicite à
foyer
inflammatoire localisé;3°Appendicite avecpéritonite généralisée.
L'Appendicite
chronique
ou à rechutes.1° Dans la première variété le début est brusque, par un point de côté dans la fosse iliaque droite, vomissements, fièvre, constipation et très rarement diarrhée.
Lepoint de côté peut parfois être remplacé pardes dou¬
leurs dansle
bas-ventre,
oii il apparaît seul au début.Dans les quelques jours qui suivent, quand
l'orage
abdo¬minal a un peu
diminué,
on peut alors arriver à localiser la douleur sur la ligne de Mac Burney allant de l'ombilic àl'épine iliaque antéro-supêrieure.
Je dois dire à ceproposque,
d'après
M. Villar, la recherche dupoint douloureux devrait se faireplutôt suivantuneligne allant d'une épine iliaqueantéro-supérieure
à l'autre; ce serait le ■pointde Villar.A cemoment, à la percussion, on peut trouver, mais rare¬
ment, un peu dematité dans la fosse iliaque droite.
La fièvrepeut monter à 38°5 et le
pouls à 110.
ha duréeest courte et les phénomènes s'amendent vite.
La fièvre
tombe,
le pouls reste plus fréquent, les vomisse¬ments
disparaissent
et la maladen'éprouve plus qu'un peu degênedans la fosseiliaque.
Dette variété se rapproche des coliques
néphrétiques
ethépatiques.
Dans
l'appendicite
à foyer localisé la douleur est géné-1oliseo dans
l'abdomen avec
exagération
dans un point cor-— 16 —
respondant à celui de Mac
Burnéy,
mais pas toujoursà cet endroit. Les vomissements sont fréquents et peuvent devenir verdâtres et porracés. La fièvre estintense.Audébut le pouls est faible,
fréquent.
Hyperesthésie de la région iliaque, matité à la percussion.
Souvent les phénomènes s'amendent à un tel pointqueTon peut croire à leur disparition.
Mais on trouve une défense musculaire du côté droit etun
empâtement sensible dansla fosse iliaquedroite.
3» Dans l'appendicite
chronique
ou à rechutes, le débutest le même que dans la première variété. Une première crisea disparu sans laisser de traces, puis tout à coup, aubout
souvent de quelques années, une nouvelle atteintese
produit
et l'on remarque alors des frissons, de la fièvre, des vomis¬
sements, du ballonnement du ventre, de la défense muscu¬
laire, de la matitédans la fosse iliaque,une douleur localisée plus fortement au point de Mac Burney, de l'empâtement, quelquefoisde la
fluctuation;
en somme, lessymptômesren¬contrés dans les deux premières variétés.
4°
L'appendicite
à péritonite généralisée n'est qu'unecom¬plication fort grave d'ailleurs des trois
précédentes. Les
symptômes seront ceux de toute péritonite. La maladeaura le facièspéritonéal,
figuregrippée
et yeuxprofondément
excavés.
Voici donc décrites aussi brièvement que
possible les di¬
verses formes
d'appendicite:
tous cessymptômes peuvent
se résumer en quelques mots. Nous le feronspour
les
rappe¬ler dans notre seconde partie, puisqu'ils ne diffèrent paspar
le fait de la grossesse. Us ne peuvent qu'être
voilés
pard'au¬
tres signes concomitants.
« Dans l'histoire clinique de l'appendicite chez
la femme,
nous dit M. Villar dans sa communication au Congres
d'Amsterdam,
un point m'a paru cligned'intérêt
:c'est la
question des rapports cle cette affection avec la
période
menstruelle. »
Il nous cite une de ses malades,jeunefemme
de vingt-sept
— 17 —
ans. régléeà quatorze ans et toujours bien- réglée, mariée à vingt etun ans, n'ayant pas eud'enfantset qui présenta une
première crise d'appendicite
à la fin de ses règles. Depuiscette première atteinte, elle éprouve des douleurs dans le cotédroit du vonIre à
chaque
période menstruelle. Six mois plus tard une crise violente, au moment du retour de sesrègles, commande l'intervention.
. M. Viilar trouve un abcès
rétro-appendiculaire
et unappendice gangrené ne tenant plus au caecum que par quel¬
ques filaments.
Chez une autre de ses malades, les règles apparaissent le surlendemain de
l'opération,
en avance de dix jours. Une troisième, dont l'observation est relatée plus loin, est prised'appendicite lorsque
les règles venaient de terminer. Et cesrègles font leur réapparition dès que la crise est établie.
Le Prof.
Lanelongue
a, lui aussi, observé cette liaison entre les règles etl'appendicite.
Dans une observation deGuinard nous retrouvons égale¬
mentune malade ayant des poussées
d'appendicite
àchaque période menstruelle.Routier,
dans une observation (que l'on trouvera plus loin,nouscite également une malade dont la première crise d'ap¬
pendicite eut lieu au moment des règles.
Marche et Pronostic.
Commechez
l'homme,
l'appendicite chez la femme peut pendant delongues
années ne pas incommoder la malade, peutmêmedisparaître
complètement sans laisser de traces,daprèsungrand nombre d'auteurs.
Le plussouvent cependant une première crise n'est que le prélude de
beaucoup
d'autres e( une de celles-ci peut enlever ,u malade en quelques heures, s'il existe une perforationdonnant
lieuà unepéritonite généralisée.
Lappendicite peut aussi donner lieu à degrands
.abcès-qui
Lo.
— 18 —
s'étendent parfois fort loin, qui menacent les organesplacés
à côté et qui ne peuvent
guérir
spontanément.M. Delbet cite le cas d'unejeune fille opérée d'une appen¬
dicite avec abcès. La malade entrait en pleine convalescence quand une quinzaine dejours après l'opération, la tempéra¬
tureremonta brusquement., une tuméfaction à fluctuation très difficile à percevoir apparut dans la fosse iliaque gau¬
che. Cet abcèsexigea une seconde incision presque symétri¬
que à la première.
L'infection s'était faite deproche en proche à travers les
anses intestinales sans laisser trace de son passage.
La marche de l'appendicite chez la femme peut êtrecom¬
pliquée
par une poussée de salpingite ; M. Villarapubliéuncas de cegenre.
Le pronostic variera bien entendu avec les diverses formes cliniques que nous avons énuméréesplus haut.
Mais il doit toujours être très réservé et ne peut
changer
de face que si uneopération vient à être faite à propos.
Nous reviendrons sur ce pointau moment oïl nous
parle¬
rons du traitement.
Diagnostic.
Avec quelles maladies pourra-t-on confondre
l'appendi¬
cite? Avec toutes celles qui prêtent à confusion
chez l'homme
et en plus avecles maladies des organes génitaux
internes
chez la femme- Ce diagnostic sera
quelquefois fort difficile a
cause des rapports de voisinage.
Dans la colique hépatique la douleursiège dans
l'hypocon-
clredroit,
beaucoup
plus haut que dans'le casd'appendicite,
elle sepropagedans l'épaule droite ou du côté
de 1 appen¬
dicexiphoïde. Pas de fièvre. Souvent, au bout
de quelque-
jours, léger ictère qui ne permet plus la
confusion.
Dans la colique
néphrétique,
la douleurlombaire se p'°
page du côté des organes génitaux externes. Les
urines non
tiennentsouvent du sang ou des*calculs
d'acide unique.
- 19 -
L'occlusionintestinale à début
brusque
peut simuler uneattaque d'appendicite, mais nous avons ici une constipation absolue, des vomissements fécaloïdes, une température
normale ou au-dessous de la normale.
Onpeutencore avoir à faire le diagnostic avec les abcès
périnéplirétiques,
le psoïtis, les tumeurs iliaques, lecancer du caecum, la tuberculoseiléo-cmcale,
le rein droitdéplacé,
lesaffections de la vésicule biliaire, les kystes de l'ovaire à pédicule tordu, les phlegmons du ligament large, etc. Ce diagnostic sera le plus souvent facile: mais chez la femme,
ce qui a donné lieu aux plus grandes erreurs ce sont les af¬
fections des annexes, soit qu'on oit pris une appendicite pour uneannexite, soit le contraire. Puis il peut y avoir aussi combinaison des deux lésions.
Lacoexistence des crises avec
l'apparition
des règles peut être unedes causes d'erreur.A
droite,
noussavons quel'appendice
est très fréquem¬menten rapport avec les annexes, et il n'y a pas de signes
physiques
pouvant différencier à coup sûr une appendicite d'une tumeurd'origine
ann exici le lorsquel'appendice
oc¬cupeun siège anormal dans la cavité abdominale. Cela tient
ala diversité des élémentsqui peuvent entrer dans la com¬
position d'une tumeur appendiculaire.
Lne des causes qui gène le plus l'examen de la malade est lacontracture de la paroi, que l'on rencontre souvent dans 1appendicite. Pozzi conseillait l'examen sous lechloroforme.
Lesantécédents génitaux de la femme, cle même que son étatgénital actuel serviront
beaucoup
pour le diagnostic, eton doit examiner la virginitéde la femmeavec laquelle l'in¬
flammation
des annexes est très rare. L'examen n'est pastoujours facile,
surtout en pleine crise.Mais, néanmoins,
unefemme déjà atteinte clannexite n'est Pas a1abrid'une appendicite et, quand les annexesà unePiemière atteinte ont été fixées dans une situation plus éle¬
vée que
d'habitude,
l'erreur sera presque fatale. La laparo¬tomieseule
éclairera.
- 20 —
Les inflammations unilatérales de la trompe sont rares, aussi quand on rencontrera les phénomènes d'inflammation d'un seul côté, il sera
probable
que l'onauraaffaireà uneap¬pendicite.
Cequi, d'ailleurs, permettra de faire le diagnostic, c'est à la fois la marche des accidents, la nature des commémora- tifs, ainsi queles troubles de l'état général.
Dans l'appendicite, le débutest brusque; la douleur, plus aiguë, s'irradie dans tout l'abdomen, s'accompagne cons¬
tamment de troubles digestifs : nausées, vomissements, constipation, obstruction
intestinale;
lefaciès devient grippé, le pouls petit, filiforme.Dans l'annexite, la tumeur est plaquée sur l'utérus, les
troublesdigestifs sont peu accentués, au moins dans ledé¬
but; la douleur s'irraclie aux lombes, aux cuisses; il estex¬
ceptionnel qu'elleprenne d'emblée l'acuité qui caractérise
la
douleur de l'appendicite. On l'exaspère surtout par le tou¬
chervaginal ou rectal, enfin on retrouve chez la femme des antécédents génitaux, troubles menstruels,
blennorragie,
écoulement vaginal purulent.
Doléris a insisté avec raison sur la grande valeur
cfêscom¬
mémoratifsen pareil cas.
Dans les deuxcas ou peut remarquer des coliques.
La lo¬
calisation de la douleur est une cause d'erreur
fréquente. Le
point de MacBurney,où
doit se trouver le maximumde dou¬
leur,est très peu fixe et d'autant plus variableque
la position
de l'appendice est
très
inconstante.Très valable chez l'homme, ce symptôme ne
présentera
chez la femme aucune valeur. Dans les annexites droites,
la
siège de la douleur provoquée peutêtreprécisément le point
de Mac Burney et l'erreurest commise presque
toujours aux
dépens de la salpingite.
« Dans certains cas, dit M. Bouilly, les
symptômes dé l'ap¬
pendicite sont pour ainsi dire frustes. La douleur
est d em¬
blée diffuse dans toutl'abdomen,sans localisation
spéciale»'
Si l'on ajoute à cela un passé génital,s'il existe
de la doulem
— 21 —
etdel'empâtement dans le cul-de-sac latéral droit
(forme pelvienne de l'appendicite)
on comprend la difficulté du diag¬nostic. Les traits du tableau
péritonéàl
seraient,d'après
M.Bouilly, plus marqués et mieux dessinés dans l'appendicite,
La marche de cette affection serait progressive et les phéno¬
mènes iraient en augmentant d'intensité dans la forme grave. Dans l'annexite, au contraire, mêmeaprès un début orageux, à grand fracas, ilyaurait une amélioration rapide.
Le tableau de l'appendiciten'est pastoujours aussi sombre et la période d'accalmie survient quelquefois avec une très grande rapidité.
En somme, il
n'y
a pas chez la femme des signes pathog- nomoniques absolus ; aussi donscertains cas le diagnosticentre
l'appendicite
et l'annexite est-il entouré de grosses dif¬ficultés, il est mêmequelquefois impossible.
A côté de ces cas, se trouve heureusement lasérie des faits
ordinaires,
danslesquels
la douleur spontanée et surtout à la pression, limitée à la fosse iliaque droite, la défense musculaire dans ce côté, permettent de seprononcer.Signalons en terminant la grossesse extra-utérine et l'ova- riedes
hystériques
avec lesquelleson a pu confondrel'ap¬
pendicite.
Sonnnemburg
aopéré une femme qui avait une grossesse tubaireen même temps qu'une appendicite.fa coexistence de
l'appendicite
et de l'ovarie des hystéri¬ques nesaurait nous étonnersi, comme on l'a dit, l'appen¬
diciteest
l'apanage
de la diathèse arthritique et que l'on sait que lesnévroses,et
en particulier l'hystérie, sont sous la dé¬pendancede cette même diathèse.
Nousn'avonspas la prétention de publier toutes les obser¬
vations
d'appendicite
chez la femme parues jusqu'à ce jour.Nousen avons reproduit un certain nombre qui nous pa¬
lissaient intéressantes,
les unes sont locales, d'autres tou¬tes récentes; etenfin, dans ce qui a trait à la puerpéralité,
fioelques-unes
d'auteursaméricainsn'avaient pas encoreététraduites:
Observations (A.
Routier)
I. Cettepremière observation date de 189o.
Ils'agissait d'une dame de quarante-sept ans, qui avait étébrusque¬
mentprise de douleurs dans le ventre et à droite,le 18 février 1896,au moment où venaientses règles.
Elle dutgarderie lit; après deuxjours de violentes douleurs, accom¬
pagnées de vomissements répétés, de constipation absolue, elle neput plus uriner etfit appeler son médecin, le Dr Schmitt.
Tousces phénomènes augmentant, celui-ci fit appeler le Prof. Dieula- foy, qui diagnostique appendicite.
Le 24 février,j'étais moi-même appelé auprès de cette dame,etaprès
un examen minutieux, après quelques hésitations,jediagnostiquehéma-
tocèle rétro-utérine.
Au moment oùje la vis,en effet, sijeconstataile transport del'utérus
en avant, avec son col aplati contre le pubis par une tumeur
tendue,
presquefluctuante, il me fut impossible de déterminer la douleur au point « Mac Burney»; quant à la tension musculaire de la paroi
abdo¬
minale, elle meparut diffuse, maisnon paslocalisée aucôtédroit.
Lesphénomènes, sanss'amender beaucoup, étaient moins
effrayants,
je fis entrerla malade dans une maison de santé;làelle demanda àvoir
notre collègue et ami .Labadie-Lagrave, qui confirma mon
diagnostic
d'hématocèle.
Le 7 mars,j'opère cette hématocèle par l'incision vaginale,
j'évacuai
d'abordprès d'un litre de liquide citrin, puis explorant
soigneusement
lepetit bassin, l'utérus et les annexes par cette boutonnière
vaginale,
je constatai l'intégrité des annexesgauches, tandis que mon
doigt sen¬
tait à droiteune masse dure quej'arrivai à perforer et
d'où il s'écoula
un demi-litre de pusenviron. Je lavai cette poche, établis mon
drainage
avec deux tubes de caoutchouc collés avec des mèches de gaze
et la
malade futrapportée dansson lit.
Les suites furenttrèssimples, le 21 marsla malade
rentrait chez elle
secroyant parfaitement guérie.
Le 28 mars, je fus rappelé en toute hâte àdix heures
du soir chez
elle,lesaccidents recommençaient; commela
première
fois, je les loca¬lisai dans lepetit bassin.
Cependantavec laglace surle ventre,l'opium à l'intérieur, je gagnai
dutemps.
Peu à peu, unenouvelle collection rétro-utérine s'affirmait, grossis¬
sant chaquejour davantage dans le cul-de-sac vaginal.
Le15mai,je refis une ouverture vaginale rétro-utérine et j'évacuai
ungrosabcès ; mais à
l'exploration,
cet abcès me parut plus à gauchequeceluiquej'avaisouvert, et plutôt en rapportavec les annexes gau¬
chesqu'avec l'ovaire ou la trompe du côté droit.
Profitant du sommeilanesthésique pour bien palper ma malade, je
constatai bien vite qu'il restait à droite une grosse tuméfaction, inaccessiblepar le vagin, semblant cependant tenir à la corne utérine droite.
Je pratiquai la laparotomie sur la tuméfaction, je découvris un gros abcès qui montait jusque dans la région du ccecum, au-des¬
sous de lui; l'appendice faisait partiè intégrante de la paroi, je ne cruspasdevoirle détacher, mais je laissai ma plaie abdominale bien drainée après avoir soigneusement lavé la cavité de l'abcès ; celui-ci descendaittrès bas dans le petit bassin, était limité en dedans par les
annexesdroites et l'utérus, mais n'arrivait plus jusqu'à l'ouverture vaginalequi conduisait bien dans un abcès annexiel gauche.
Après diverses péripéties, l'issue d'un calcul fécal dans lesmèches quibourraient l'abcèsouvert parl'abdomen venait confirmerlepremier diagnostic
d'appendicite
porté par le Prof. Dieulafov. Cette maladeseporte aujourd'hui parfaitement, et vient de subir la ménopause sans accidents.
II. Le 12janvier 181)4, entrait dans le service de l'hôpital Necker une 'eune ferame de vingt-trois ans, présentant des accidents pelviens
paraissanten rapport direct avecun accouchement qui avaiteu lieu six semainesayant.
"nii
evmtsur un
brancard,
le ventre ballonné, avec 40° de ternpéra- tUle'1111 P°uls rapide et filiforme, des vomissements; il me sembla 4Uelle avait une collection liquide à droite, mais celle-ci paraissaitindépendante
de 1utéruset de ses annexes.Lamalade futcouchée, on appliqua de la glace surle ventre, on lui
donna de l'opium à l'intérieur. Les phénomènes s'amendèrent, mais le 23 unepoussée nouvelle me formait à intervenir, -et j'ouvrais par le cul-de-sac postérieur du vagin un gros abcès contenant de la sérosité, du pus etdesfaussesmembranes.
Dans les premiers jours qui suivirent, il passa des matières fécales par le vagin, mais bientôtcette fistule se ferma spontanément, et la malade sortait le 10 mars, guérie, mais conservant une tuméfaction abdominale droite.
Enaoût, elle venaitse faireopérer d'un ongle incarné et nous parais¬
saitguérie du coté de l'abdomen.
En décembre 1897, elle revintpour des crises douloureuses dansson
hypocondre droit qui s'était tuméfié de nouveau.
Après quelques jours d'incertitude, après avoir bien examiné la ma¬
lade, l'avoir purgée, je me rappelai qu'en 1891 l'abcès que j'avais
ouvert par le cul-de-sac vaginal ne m'avait pas paru en rapport direct
avec les annexes; cettefois latuméfaction étaitnettementdans larégion caecale;malgré le repos, elleaugmentait.
Je pensai qu'en 1AH j'avais dû faire une erreur de diagnostic et
ouvrir parle vagin unecollection appendiculaire; cettefois, le diagnos¬
tic ne meparutpas douteux.
Le 7 décembre 1897, j'ouvrais sur le bord externe du
muscle
droit antérieur un abcès qui contenait encore du liquide
séreux,puis du
pus.
Surlesparois de l'abcès, il me semble sentir uncordon,l'appendice,
queje ne crus pas prudent d'enlever,car il faisaitcorpsaveccemagma purulent.
Je lavai et drainai cettecavité, tout se passa bien et,
le 12 janvier,
la malade sortait presque guérie, ne conservant qu'une
petite plaie
superficielle au niveau de l'incision. Mais elle nous revenaitle 31 jan- vier 1898, un abcèsassezgros venait de s'ouvrir au niveau
de la cica¬
trice, etpar cetorifice on pénétrait assez loin.
Convaincu que cette suppuration, que cette
fistule provenaient de
l'appendice malade, je résolus d'aller le chercher.
Le 3 février 1898,je refaisais la laparotomie et
j'isolais à grand peine
une tumeur ronde duvolume d'une orange, qui se
rattachait
ala< oui
utérinedroite, et quej'enlevai.
Lesnombreuses adhérencesintestinales queje respectai, au cours de
cettedécortication pénible,ne me
laissèrent
pasvoir l'appendice; je
ne m'acharnais pasà le chercher.La
tumeurquej'avais enlevée était
comme une éponge purulente, c'étaient évidemment
les
annexesdroites.
Laplaiefut nettoyée,
drainée,
etla malade sortait complètement cica¬
trisée le 19mars 1898.
Cette tumeurbizarre fut examinée etgrande futnotresurprise quand
onapprit qu'il s'agissait d'un carcinome de
l'ovaire
avec une trompe secondairementetbanalementinfectée.III. MmeX..., âgée de trente ans, ayant eu deux
enfants
etunefausse
couche,soignée autrefois pour une métrite, était bien portante quand,
le 28mars 1898,elle fut prise de douleurs dans le ventre, avec maxi¬
mum dansla fosse iliaque droite; cette crise violente
fut
de courte durée,le lendemain tout paraissaitfini, mais le surlendemain la crise reprenait deplus belle; on crut àde l'appendicite, etje fus mandéauprès d'elle le21juin.L'étatgénéraln'était pas mauvais, malgré une nuit passée en che¬
min defer, dans les meilleures conditions, il est vrai. Cependantle pouls
étaità120 et latempératureà 37°. Le ventre étaitsouple, le ballonne¬
mentdelaveille avait disparu, il restaitcependant plus de sensibilité à droitequ'à gauche.
Commecette crise avaitcoïncidéavec ses règles, je pratiquai le tou¬
cher quimerévéla tous lessignes del'hématocèlerétro-utérine;l'utérus, immobile,étaitpoussé derrière le pubis par une grosse masse doulou¬
reuseetsemi-molle; par le col utérin sortait du liquide couleur cho¬
colat.
Silessymptômes desjours précédents, bien observés du reste parle
9'
Honi,
luiavaient permis de porter le diagnostic de poussée appen- (liculaire quej'acceptai
du reste, ceux du'jour présent, joints auxsugnes
physiques,
me permirent d'y ajouter le diagnosticd'hématocèle rétro-utérine.
Lessymptômes n'étaient pas alarmants, il n'y avait pas d'occlusion
intestinale,
nousavions des gaz et desgarde-robes; malgré deux ou Loisélévationsde température, qui ne dépassèrentpas du reste38°G, jecrus pouvoirtemporiser.
Quelques
jours après, l'état général se maintenait toujours bon, la— 26 —
douleurpersistant à la pression sur la fossé iliaque droite, les signes donnés par le toucher avaient changé, la tumeur rétro-utérinesemblait dissociéeet formée par deux tuméfactions annexielles, dontla droite était plusgrosse et plus douloureuse que lagauche.
Encore quelques jours, la tuméfaction gauche avait disparu et il ne
persistait que la tuméfaction droite, avec toujours l'immobilité de 1 utérus. 'N ers la fin dejuin, la malade eut ses règles, nous en restions toujours àla salpingite droite et à l'appendicite, car lepoint de Mae Burney était toujours resté sensible.
C'est en facede cet état que je proposai l'opération, cinq semaines
sétaient écoulées depuis le débutdes accidents. L'intervention fut réso¬
lue avec l'assentiment de mon collègue et ami Ballet, quisoignait aussi
cette malade.
Le2juillet,j'ai pratiqué cetteopération, je fis une incision médiane et sous-ombilicale:j'arrivai sur une pelvi-péritonite, caractériséepar des adhérences rougeàtres et comme ecchymotiques derrière l'utérus qui étaitretenu penché à droite par des annexes rouges, hémorragiques
et adhérentes dans le petit bassinen même temps qu'un appendice épi- ploïquedel'S iliaqueet quelecm eu m fermait le toutparen haut.
La décortication de la trompe fut pénible,j'ouvris un abcès
qu'elle
cachaitparles adhérencesde son pavillon;je le liai et le réséquai.
Je nettoyai l'abcès et détachai l'appendice qui en faisait partieet qui était colléà la face postérieure du petit bassin; je réséquai
les
Iragmentsépiploïques
et l'appendice iléo-cfecal qui étaitperforé; je
drainai par le vagin en ouvrantlecul-de-sacpostérieur.
Les suites furent assez simples et la malade est
aujourd'hui bien
guérie.
()bservatîons
(Richelot)
T. Jeune fille vierge, accusée d'hématocèlesuppurée, de phlegmon
du
ligamentlarge etqui, lorsqu'on l'examina, n'avait plus quunléger
empâtementdu côté droit.
Laparotomie exploratrice, annexes parfaitement saines, et
derrière le
coecum, bien à saplace et
d'apparence
normale, foyerd'appendicite
en-%
dormie
qu'on ne soupçonnapas.Pendant lesannées suivantes, elle eut des coliques
appendiculaires
trèsnetteset,un beaujour,je finis parlui enlever son appendice ma¬
lade. Cfuérisonrapide et complète.
II. Jeune fille vierge, dix-huit ans, avait une tumeur douloureuse et franchementinflammatoire, simulant unpvosalpinx ; le toucher rectal
montraitqu'elle était accolée au bord droit del'utérus. Douleur égale¬
mentàgauche où l'on sentait unepetite fluctuation.
Alalaparotomie,jetrouvai unovaire gauche doublé de volume par
ungroskyste séreux dontjefis la résection; à droite, des adhérences épiploïquesqueje dissociai peu à peu et qui me conduisirent sur la trompe. Je ladisséquaide dedansen dehorsettrouvai bientôt,aumilieu deslobulesadipeux, un cylindrefluctuant, gros comme le petit doigt;
c'étaitl'appendice étroitement accolé à latrompe et à l'ovaire et con¬
fondudansla même masseépiploïque. Résection et guérison.
III. Femme devingt-trois ans, ayant dans la fosse iliaque un foyer
nettementinflammatoire, adhérent à laparoi, qu'il semble impossible
deconfondre avec unetuméfaction des annexes. 11 est très haut situé, indépendant de l'utérus; au touchervaginal, le cul-de-sacestlibreet il fautporterledoigt profondément pour arriver à sentir ou plutôt à soupçonnerlapartie inférieuredu foyer. Du côté gauche iln'y a rien.
Aprèsl'incision de laparoi abdominale dont lescouches profondes sont infiltrées,jetombe, au milieu d'adhérences épiploïques,sur une surface quimeparaîtappartenir aucmcum, et un cylindre contourné que je prendspourl'appendice. En disséquant je m'aperçois quej'ai affaire à latrompe, dont la partie externedilatée estremplie depus, et dont la moitiéinterne
cylindrique
me conduit sur la corne del'utérus. Aprèsavoirréséquéce pyosalpinx, l'utérus, mobile, selaisse attirer versla plaieetmemontre les annexes gauches libres et saines. Guérison.
IV. Jeune femme de vingt-sixans. Souffre depuisune fausse couche quiremonte à trois années. La douleur est à droite, elle a augmenté depuistroissemaines, leventre estsensible aupalper. Il n'y a pas eu
decoliquesappendiculaires. pas de crisesavecnauséesouvomissements.
La tumeurestbasse, accolée au bord droit del'utérus, dont elle se dis¬
tingue facilement;le côtégauche est indemne. Enprésence decessignes
peu