NOTE
SUR L’EXCRÉTION FÉCALE CHEZ LE LAPIN
F. LEBAS
J.-P.
LAPLACE*G. AUBOURG C. GERMAIN Station de Recherches sur
l’Élevage
desPorcs,
* Laboratoire de
Physiologie
de laNutrition,
Centre national de Rechercheszootechniques,
1. N. R.A.,
78350
jouy
enJosas
RÉSUMÉ
La collecte horaire des crottes dures émises
pendant
28nycthémères
par 10lapins ( 2
à 3 nyc- thémères parlapin)
apermis
l’étudequantitative
de lapériodicité
de l’excrétion fécale de matière sèche.L’excrétion, pratiquement
nulle entre 9 et i6h,
atteint un maximum à 20h et resteimpor-
tante
jusqu’à
8 h.Dans un
précédent
travail(L APLACE ,
LEBAS,Rio p EREZ, 1974 )
relatif au transit d’un mar-queur radioactif dans les divers
compartiments digestifs
dulapin,
l’intérêt d’une étudeparallèle
de l’excrétion fécale du marqueur est apparu. A
l’exception
du travail de PROTO(i 9 6 5 ),
aucunedescription
de larépartition
dans lenycthémère
de la masse des émissions fécales n’a étéapportée.
Il nous a donc paru
utile,
avant d’étudier l’excrétion d’un marqueur, de connaître, dans les condi- tions de notreélevage,
l’évolution de l’excrétion fécale dulapin
au cours dunycthémère.
Dix
lapins
californiensâgés
de 8 semaines ont étéhébergés
dans les conditionsprécédemment
décrites
(L APLA C E , L EBA S, RioPEREZ, i9!!),
avec distribution ad libitum du même aliment. Les animaux sont restés libres depratiquer
lac!cotrophie.
La collecte des crottesdures, séparées
desurines,
est effectuée dans des béchersplacés
sur unplateau
rotatif. La libération contrôlée duplateau permet
la collecte heure par heure des émissions fécalespendant
lenycthémère.
Lescrottes dures collectées sont
pesées
en l’état une fois parjour
à 9 h 30. Leur teneur en matière sèche est déterminéeaprès
dessication de 24 h à103 °C.
L’excrétion de chacun deslapins
a étémesurée durant 2 ou 3
nycthémères consécutifs, après habituation,
soit un total de 28nycthé-
mères
d’enregistrement.
L’étude
des performances
moyennes dechaque lapin
et de l’ensemble de lapopulation (tabl. i)
montre que la teneur moyenne en matière sèche des crottes dures varie peu d’un individuà l’autre. Toutefois si l’on considère les teneurs obtenues sur l’ensemble des collectes
horaires,
le coefficient de variation s’accroît de6, 3
à1 8, 7
p. 100, Ceci tient enpartie
au fait que lapesée
des fèces n’intervient
qu’une
fois parjour,
doncaprès
un délai de o à 24 h deséjour
à l’air libreaprès
leur émission. Eneffet,
la valeur moyenne de la teneur en matière sèche des crottes pro- duites pourchaque
intervalle horaire diminue de 55 à 45 p. 100environ(fig. i)
d’une manièresystématique
au cours de lajournée.
De cefait,
lapériodicité
de l’excrétionquantitative
nepeut-
être valablement étudiée que sur la matière sèche. Cette
périodicité
estexprimée
pour chacun des 28
nycthémères
étudiés dans lediagramme
de lafigure
2. Il est à remarquer que, dans nos condi-tions,
toute excrétion fécale notable estpratiquement
absente entre 9 et 17 h. Lapériode
d’excré-tion la
plus importante
se situe entre 17 et 1h. Un arrêt d’émission dequelques
heures est ensuite observé chez la moitié des animaux. En ce cas, unereprise
de l’émission estenregistrée
durant2 à 3 h. Il en résulte la distribution dans le
nycthémère
de lafréquence
des collectespositives, exprimée
dans lafigure
3. En moyenne, pour l’ensemble desanimaux,
laquantité
de fèces obtenues par collecte(fig. 4 )
s’annule à r2h,
atteint un maximum à 20h( 5 , 3 :1:
0,5g) puis
reste enplateau (de
l’ordre de 3,5g)
de 21h à 8 h. Lesplus
fortesquantités
émises en une heure par un individu donné sont de l’ordre de io à II g. Si l’on tientcompte
de toutes les collectes(positives
ounulles)
dans le calcul de la
quantité
excrétée moyenne, on constate(fig. 4 )
l’absencequasi complète
d’excrétion entre 9 h et 16 h.
Ce dernier résultat est en
opposition complète
avec les résultats de PROTO( 19 6 5 ) qui
observeun maximum d’excrétion de crottes dures entre rz h et 18
h,
et un minimum entre 24 h et 6 h.Il nous semble
important
de remarquer que la faible émission de fèces observée entre 9h et 16 h dans notreélevage, correspond
à uneingestion
d’aliment de seulement 3 g parheure, contre
7g par heure pour lapériode complémentaire ( 1 6
à 9h)
d’excrétionimportante.
Ces observations sont en accord avec les résultats de PRUD’HON(rg 73 )
relatifs à lafréquence
des repas chez lelapin.
L’importance
réduite de l’excrétion de crottes dures et del’ingestion
d’aliment entre 9 h et 16 h donne à penser que cettepériode
estprincipalement
dévolue à lacaecotrophie
cequi
tend à confir-mer le travail de
L APLACE ,
LEBASet RIOPEREZ(r97 4 ).
Reçu pour publication
enjuin
1974.SUMMARY
EXCRETION OF HARD FECES IN THE RABBIT
Hourly collectings
of hard faeces emittedduring
28 circadiancycles by
10rabbits( 2 - 3
cir-cadian
cycles
perrabbit)
allowed aquantitative study
of theperiodicity
in the faecal excretion ofdry
matter. The excretion, almost inexistent between 9a.m.and
4 p,m., reached a maximum at 8 p.m. and remainedhigh
until 8 a.m.RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
L
APLACE
J.-P.,
LEBASF.,
RIOPEREZJ.,
1974. Le transitdigestif
chez leLapin.
I. Utilisation ducérium-1 4’
;
étudeméthodologique
etdescriptive.
Ann. Zootech., 23, 555-576.P
ROTO
V., 19 6 5 . Esperienze
dicoprofagia
nelconiglio.
Prod.Anina., 4,
1-21. PRUD
’
HON
M.,
1973.Comportement
alimentaire duilapin
en croissance mise aupoint
d’uneméthode d’étude et