ÉVOLUTION POSTNATALE
DE LA QUANTITÉ D’EAU ET DE LIPIDES DU CORPS ET DU GRAND PSOAS CHEZ LE LAPIN
P. VIGNERON R. BARON L. DAUZIER C. BRESSOT Station de
Physiologie animale,
I. N. R.A.,
École
nationalesupérieure ag y onomique,
Place
Viala,
34 -Montpellier
RÉSUMÉ
.
L’évolution
postnatale
de lacomposition biochimique
du corps et du muscle Grand Psoas a été étudiée chez deslapins
mâles et femelles.Chez des animaux
pris depuis
la naissancejusqu’à plus
d’un an, les teneurs en eau et enlipides passent respectivement
de 79 p. 100à 72 p. ioo etde
p. 100à rg p. 100dans lemuscle,
de
76
p. ioo à 50 p. 100et de 10p. 100à 40 p. 100pourl’organisme
entier.La croissance relative de la
quantité
delipides
et d’eau totale del’organisme
a été étudiée à l’aide de la relation d’allométrie. Dans les deux sexes,après
unepériode d’isométrie,
on note unchangement
d’allométrie silmultané et en sensinverse,
l’allométrie deslipides
devenantmajo- rante,
et celle de l’eauminorante.
La
quantité (eau
+lipides)
évolue defaçon isométrique
à celle du corpspendant
toute la viepostnatale,
et defaçon identique
chez les mâles et les femelles.Il est donc
possible,
connaissant laquantité
d’eau et lepoids
vif del’organisme,
de déter-miner la
quantité
delipides, quel
que soitl’âge
ou lepoids
duLapin.
INTRODUCTION
Au
coursde la croissance l’organisme montre
unedéshydratation importante
alors que le pourcentage de lipides s’accroît. Ceci
est connudepuis longtemps (V ON BE
ZOLD
, 1 8 57 ; cité par Mou> _ ,TON, 1923 )
et aété confirmé par de nombreux auteurs, parmi lesquels A LLEN et al. ( 1959 ), F RIIS -HA NS E N ( 1955 ) chez l’Homme ; E LLEN -
BERGER
(1950), MOUI, T ON (1923) chez les bovins ; P ANAR ETTO (196 3 ), PANAR!!c’r0
et Tm,!, ( 19 6 3 ) chez les ovins
etles caprins ; SPRAY
etW IDDOWSON ( 1950 ) chez le
Porc, le Lapin, le Chat, le Rat ; C HEEK
etHo!,2 ( 19 6 3 ) chez la Souris.
Les études
surles variations de composition des tissus et des organes sont moins nombreuses. Il semble que la composition du muscle varie peu
avecl’âge chez la plupart des mammifères. En particulier les teneurs
enlipides totaux et
en eautotale
intracellulaire
neprésentent que de faibles variations susceptibles pourtant de rendre compte, du moins pendant la plus grande partie de la croissance postnatale, des changements de concentrations des diverses catégories de protéines musculaires, rapportés dans la littérature (Goxno N et al., ig66 ; IvANov, ig6 7 ; BARON et Vmrr>â-
RON
, ig 7 o). Les variations observées chez l’Homme seraient plus importantes (H ELAN -
D ER, i959)!
Il
yaurait donc
unedifférence importante
entrel’évolution de la composition
de l’organisme considéré dans
satotalité et celle de la composition du tissu musculaire.
Aussi
nousa-t-il semblé intéressant d’étudier simultanément, chez
uneespèce domes- tique, l’évolution de la composition corporelle globale, et celle d’un muscle squelet- tique.
MATÉRIEL ET MÉTHODES
i. - Matériel animal
Les études ont
porté
sur une souche delapins
communs élevés au laboratoire et dont on connaît la croissanceglobale
et relative(C ANTIER et al., ig6g;
BARON etal.,
ig7o ; VEZINHET etal., 1971). > .
Les animaux sont sevrés à 28
jours,
et dès ce momentreçoivent
à volonté des ali- mentscomplets granulés
du commerce, contenant i9p. ioo de matière azotée totale et i4p. 100 de cellulose.Vingt-cinq
mâles et 28 femelles ont été sacrifiés à desâges
divers choisis de tellefaçon
que les données soientplus
nombreuseslorsque
la vitesse de croissance est laplus rapide.
Enoutre,
nous avons sacrifié à ioo
jours
une femelleayant
eu une croissance nettement retardée parrapport
à la moyenne
( 2
Ils g au lieu de 2700 genviron).
2
. - Méthode
d’analyse chimique
Après
étourdissement les animaux subissent unesaignée
aussicomplète
quepossible.
Lecontenu du tractus
digestif
estprélevé
et soumis à dessiccation sous vide à 6ooCpendant
72 heures.Les muscles Grand Psoas sont
désinsérés,
introduits dans des flaconshermétiquement
fermés etconservés à -
25 °C
dans uncongélateur.
Le reste del’organisme, congelé
aupréalable
à -25 °C
est
broyé
àplusieurs reprises
dans un hachoir à viandes refroidi(Scharfen)
en utilisant desgrilles
deplus
enplus
fines. Le hachis obtenu estsoigneusement homogénéisé,
et des fractions de i à 3 grammes sontprélevées
pour subir soit une dessiccation dans les mêmes conditions que le contenudigestif,
soit undosage
delipides
totaux selon latechnique
de FOLCH( 1957 ).
Dans cecas, les échantillons sont au
préalable broyés plus finement,
enprésence d’eau,
à l’aide d’unbroyeur-homogénéiseur
Ultra-Turrax.Les mêmes
analyses
sontpratiquées
sur les échantillons de muscle.La
quantité
d’eau contenue dans le sang recueilli à lasaignée
a étécalculée,
sachant que chez leLapin
le sang contient8 1 , 7
p. 100d’eau(Du KE S, 1947 ).
Pour
chaque
animal nous avonsdisposé
des données suivantesqui
nous ontpermis
uneanalyse mathématique :
- Poids
vif ;
- Poids
vipe (poids
vif diminué de celui du contenu du tractusdigestif
et dusang) ;
- Poids du sang de
saignée (contenant 8 1 , 7
p. 100d’eau) ;
- Poids du contenu du tractus
digestif
etquantité
d’eau retenue dans cecompartiment ;
- Poids du
Psoas ;
- Eau du
Psoas ;
-
Lipides
duPsoas ;
- Eau
totale ;
-
Lipides
totaux.Il n’a été tenu
compte,
dans leslipides
totaux, ni deslipides sanguins,
nides.lipides
ducontenu des réservoirs
digestifs.
3
. -
Analyse
des résultatsa)
La relation d’allométyie.La fonction
puissance
y = kxa(i)
a été introduite par HUXLEY( 193 2)
et TEISSIER( 1934 )
pour décrire la croissance relative de deux
parties
y et x d’unorganisme.
La relation
d’allométrie,
d’utilisation aisée(C ANTIER
etal., 19 6 9 )
adéjà
servi à divers auteurs dans l’étude de l’évolution de constituantschimiques
au cours de la croissance(N EEDHAM ,
1933 ; 3 GUILLAUME etal., 19 66, etc.).
L’interprétation physiologique
du coefficient d’allométrie estclassique :
c’est lerapport
desvitesses
spécifiques
de croissanceb)
Choix de la variable deréférence.
Méthoded’ajustement.
Nous avons choisi le
poids
vif comme variable de référence. Le choix dupoids
vide n’auraitapporté
aucune améliorationpuisque
lepoids
vif et lepoids
vide sont liés linéairement au coursde la croissance
(P RUD ’ HON
etal.,. 19 6 9 ).
Deplus l’usage
dupoids
vif est d’ungrand
intérêt pra-tique
dans cetype
de travail du fait desapplications
éventuellespossibles
lors d’estimations decomposition corporelle
in vivo.Plusieurs méthodes sont utilisées pour le calcul des coefficients de la relation d’allométrie rendue linéaire par transformation
logarithmique :
Ces diverses méthodes ont été
comparées
par KERMACK et HALDANE(i 9 go).
Dans le cas
présent, compte
tenu de la valeur très élevée des coefficients de corrélation entreLog
x etLog
y, de l’ordre de 0,00pour les diverscomposants étudiés,
nous avonsopté
pour la méthode des moindrescarrés,
uneanalyse préalable
nousayant
d’ailleurs montré que le calcul de l’axemajeur
ou de l’axemajeur
réduit n’offrait pasd’avantage particulier.
De
même,
pour l’étude duchangement
d’allométrie de l’eau totale et deslipides
totaux del’organisme,
nous avions lapossibilité
d’utiliser soit unerégression logarithmique polynomiale (BARON
etVIGNERON, 1970 ),
soit la méthodepréconisée
par ROUVIER(in :
CANTIERBEal., 19 6 9 ), qui
consiste à rechercher la variance résiduelle minimale. Nous avons choisi cettedernière, puisque
les variations
ay l dx
ne sont pasprogressives,
etqu’on
observe unchangement
d’allométrie auy x -!
sens strict.
En ce
qui
concerne la variable(eau
+lipides totaux), l’ajustement
est strictementlinéaire,
et les résultats
concordent, quelle
que soit la méthode choisie.RÉSULTATS
Dans le tableau
2sont rapportés les paramètres des droites d’allométrie calcu- lées pour les divers constituants.
L’évolution de la
teneur en eau et enlipides du corps et du muscle Grand Psoas est représentée figure 3 .
ti. -
Évolution de l’eau et des lipides totaux corporels
Au
coursde la croissance postnatale,
uneaugmentation de la quantité d’eau
contenue dans l’organisme accompagne toujours
ungain pondéral global mais selon
deux modalités distinctes. En deçà d’un seuil d’environ
175 o g de poids vif chez les mâles, 203 o g chez les femelles, l’augmentation de la quantité d’eau
estisométrique
à l’augmentation de poids vif. Au-delà elle suit
uneloi d’allométrie nettement mino-
rante(fig.
i a, ib).
I,’évolution de la quantité totale de lipides corporels
sefait également selon
deux phases successives d’allométrie, le passage de l’une à l’autre s’effectuant
versi 50
o g de poids vif chez les mâles
et vers i9 6o g chez les femelles (fig.
i c, id).
I,a première est
unephase d’isométrie (comme dans le
casde l’eau totale), la
seconde est, par contre,
unephase d’allométrie majorante.
Dans les deux
sexes,C ANTI E R
etal. (ig6g)
ontobservé pour la croissance des
dépôts adipeux dissécables,
unepériode de changement d’allométrie. Le changement
d’allométrie des lipides
totaux sesitue pendant
cettepériode. Nous relevons ainsi
une
bonne correspondance entre l’évolution des lipides totaux de l’organisme et
celle des dépôts adipeux dont le développement est tardif.
Quel que soit le
sexede l’animal, l’évolution de la
somme eau!- lipides
estisomé trique, les variations de l’un des composants étant compensées simultanément par
une
variation inverse de l’autre (fig. 2 ).
2
. -
Évolution de l’eau et des lipides totaux du muscle Grand Psoas
Si l’on considère la part prise par l’eau et les lipides dans la croissance pondé-
rale du Grand Psoas,
onnote
uneallométrie légèrement minorante pour l’eau, majo-
rante
pour les lipides, la
sommedes deux étant isométrique
augain de poids du
muscle (tabl. 3 ). Contrairement à
cequi
sepasse pour la composition corporelle,
onn’observe pas de changement de pente pour les droites représentatives, valables
quel que soit le
sexe.DISCUSSION
Déshydratation de l’organisme.
Au
coursde la croissance postnatale, le Lapin présente donc
uneévolution de la composition corporelle, comparable à celle des autres mammifères. Nos résultats sont voisins de
ceuxde SPRAY et W IDDOWSON (i 95 o). Cependant, les animaux étudiés étant choisis
au coursd’une période de vie beaucoup plus longue,
nousvoyons que la déshydratation relative de l’organisme est beaucoup plus importante chez les
animaux les plus âgés, et qu’elle est contrebalancée par
unenrichissement
enlipides plus marqué. Ceci
nesemble guère compatible
avecles idées de Moui / TON (i 9 2 3 ), qui arrive à la conclusion que lorsque la
«maturité chimique » est atteinte,
versenviron 4 , 4 p.
100de l’âge total possible,
onn’observe plus que des changements
mineurs dans la composition de la
massedélipidée du corps.
La représentation allométrique des phénomènes permet
unemeilleure compré-
hension des mécanismes biochimiques de la croissance.
Après la naissance, deux phases
sontà considérer ; pendant chacune d’elles, l’eau
commeles lipides prend
unepart constante dans l’augmentation de poids vif, comparable dans le première phase (isométrie), mais inverse et complémentaire dans
la seconde (allométrie majorante pour les lipides, minorante pour l’eau). Ceci
restevalable pour des animaux très gras
ouà croissance fortement retardée.
Une semblable évolution avait été notée dans l’espèce humaine. F RIIS -H ANS E N (I955)! reprenant des résultats de diverses origines, observe
untel changement
d’allométrie de l’augmentation de l’eau corporelle
entre3
et 10kg de poids vif.
Complémentarité de l’eau et des lipides totaux de l’organisme.
Depuis longtemps déjà, Vorr HOSS!,IN ( 1 88 1 ) cité par M OULT ON ( 19 23) et RE ID
et al. ( 1955 ), avaient remarqué qu’une sorte d’équilibre existe entre les lipides
etl’eau, les animaux contenant d’autant moins d’eau qu’ils
sontplus gras. Il
enavait été déduit implicitement qu’entre l’eau
etles lipides il existait
unerelation permet-
tant de calculer le pourcentage de l’un, connaissant l’autre, et inversement. Une telle relation
adéjà été établie chez plusieurs espèces, et
enparticulier chez le Lapin
où elle
serévèle linéaire (PANAR!TTO, ig6 3 ).
Des formules telles que celle de P A CE et RAT HBUN (r 945 ).
ont été déterminées, attribuant
unevaleur
constante( 73 p.
100environ) à la
concen-tration d’eau dans la
massecorporelle dégraissée, chez le Cobaye, le Rat, le Chat, le Chien,
cequi n’est pas conforme à la réalité,
et netient compte ni de l’évolution de la teneur
en eau tout aulong de la vie, ni des importantes variations individuelles.
De la même manière des coefficients voisins
ontété déterminés par P ANARET . TO
(ig6 3
) chez le Lapin : 72,6! i,i,
etpar Ouxnyom·r (ig6g) chez la Poule 73,25 ! 2 ,oy.
Cette notion de
massecorporelle dégraissée avait déjà été critiquée par M OORE
et Boyn!rr, zg6 3 . En fait, après la naissance, c’est la
masseglobale d’eau et de lipides qui prend
unemême part dans le gain de poids
tout aulong de la vie. Des variations
individuelles de la quantité d’eau et de lipides semblent d’ailleurs
secompenser presque exactement, puisque la corrélation entre la
sommedes deux constituants
etle poids vif
estmeilleure que celle calculée
entrechacun d’eux et le poids vif. A poids vif égal,
unanimal plus
«gras
!,contiendra
unequantité d’eau inférieure à celle d’un animal
«maigre
!·,la
sommede l’eau
etdes lipides étant cependant égale
dans l’un
etl’autre
cas.Il
enrésulte que si l’on connaît le poids vif
etla quantité de l’un des deux constituants,
onpeut déterminer la quantité de l’autre
avec unebonne précision,
aumoins chez le Lapin.
La formule de M OULTON ( 1923 ) :
«l’état d’adiposité d’un individu n’a pas d’effet
sur
la composition estimée
sur unebase dégraissée
»n’est donc que très approxima-
tive. Il
ne sertdonc à rien d’exprimer des résultats
surla base d’une composition dégraissée.
Signification des changements d’allométrie.
Le problème
sepose de la signification physiologique du changement d’allo-
métrie observé
auniveau global. On peut faire plusieurs hypothèses à
cesujet.
D’une part,
onpeut considérer que la phase la plus active de la croissance pondé-
rale
estachevée lorsque les lapins étudiés ici atteignent
unpoids vif de
2kg. Sachant
que d’une façon générale l’apport énergétique alimentaire intervient de façon impor-
tante pour la multiplication cellulaire (Cx!Ex et al., ig65 ; D URAND
etal., 19 6 7 )
etqu’à
cestade elle n’aurait plus qu’un faible rôle à jouer (C ORD E SS E, ig 7 o),
onpeut penser que
cetapport sert dès lors essentiellement à la constitution des réserves
adipeuses,
unefois couverts les besoins d’entretien.
Il
estpossible également qu’une telle modification des phénomènes métabo- liques soit
enrapport
avec unemodification de l’équilibre neuro-endocrinien, le tissu adipeux, dernier à
sedévelopper dans l’organisme, prenant alors
unepart impor-
tante dans la croissance pondérale, la contribution de l’eau étant diminuée d’autant.
Y ANN
ET et D ARROW
ontmontré chez le Chat ( 193 8) que parmi les secteurs liquidiens de l’organisme, la concentration de l’eau intracellulaire varie peu
au coursde la vie. Nous voyons ici que la teneur
en eaudu muscle varie moins que celle de
l’organisme. Chez le Lapin, c’est donc probablement
enrapport
avec unediminution relative de l’eau extracellulaire que
sefait le développement du tissu adipeux, après
ce
poids vif de
2kg environ.
CONCLUSION
Nous voyons ainsi que, chez le Lapin après la naissance,
uneaugmentation de poids s’accompagne toujours d’un changement de composition corporelle. Mais, quelles que soient les variations individuelles dans le degré d’adiposité, l’eau et les lipides totaux
secomportent ensemble
comme unsecteur unique de l’organisme,
prenant
unepart
constantedans la croissance pondérale. Cette propriété, ainsi systé- matisée, semble d’un intérêt pratique considérable. En effet, connaissant le poids
vif de l’animal et la quantité d’eau contenue dans l’organisme,
onpourra déterminer
la quantité de lipides présente chez cet animal, même vivant, quels que soient
sonâge
et sonpoids. Cela semble pouvoir contribuer à faciliter les recherches d’ordre nutritionnel.
Reçu pour publication
en avril 19i1.SUMMARY
POSTNATAL CHANGES IN WATER AND LIPID AMOUNTS OF’ THE WHOLE BODY AND THE PSOAS MAJOR MUSCLE IN THE RABBIT
Postnatal
changes
in the biochemicalcomposition
ofthe
wholebody
and thepsoas major
muscle were
investigated
on male and femalerabbits.
Total
lipids
were estimated frombody
and musclehomogenates by
Folch’stechnique.
Totalwater was estimated
by
vaccum desiccation at 6ooC.The
composition
of thepsoas majox
muscle fluctuated less than that of the wholebody
irres-pective
of sex(fig. 3 ).
The relative
growths
of total water andlipid
amounts of thebody
wasinvestigated using Huxley’s allometry equation.
In both sexes, after an isometricperiod,
there was a simultaneousallometry change, accelerating
for thelipids
anddecelerating
for the water from i 750 and z o3
o gm.
body weight
for the male and thefemale respectively.
After thischange,
thepart played by lipids
inbody weight gain
washigher
in the female(slope 2 . 03 )
than in the male(slope 1 .86) (table z).
The
(water
+lipids)
amount increase andbody growth
were isometric for the wholepost-
natal life
irrespective
of sexlogarithmic plotting
was as follows :y = 0.252
-E-
i.or2 xWhere
y = log (water
-!-lipids)
and x =log (live weight)
It is therefore
possible, given
the amount of water and thebody
liveweight,
topredict
theamount of
lipids, regardless
of the age orweight
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