1 Objetifs du ours et li ens ave d'autres matières
Dans e ours de Struture et Evolution des étoiles, nous allonsétudier en profon-
deur les aratéristiques physiques internes des étoiles ainsi que leur évolution au
ours du temps.Dans notre desription de lastruture des étoiles,nous nous atta-
heronsàanalyseretomprendrelesproessusphysiquessous-jaents.Commenous
nous en rendrons ompte, les étoilessont de remarquables laboratoiresde physique
fondamentale :
Les étoilesomme laboratoirede physique quantique :
Dans les étoiles, le monde mirosopique et marosopique sont en lien étroit.
Premièrement,l'interationentrerayonnementetmatièreaetede façonruiale
le transfert de l'énergie du oeur à la surfae de elles-i. Cette interation est
expliquée par la physique quantique, en onsidérant la perturbation des états
életroniques due au passaged'une onde életromagnétique.
Les étoilesomme laboratoirede physique nuléaire:
Comme nous le verrons, la prinipale soure d'énergie des étoiles réside en leur
oeur. Cette énergie y est produite par des réations thermonuléairesde fusion.
Aufur etàmesurede l'évolutionde l'étoile,es réations de fusionvontonduire
à la réation de noyaux de plus en plus lourds. Les étoiles sont les grandes réa-
tries de l'univers : tous lesnoyaux autresque l'hydrogèneet l'helium quionsti-
tuent notre monde (le arbone, l'oxygène, l'azote, le fer, ...) ont un jour été
synthétisés au oeur d'une étoile.
Les étoilesomme laboratoirede thermodynamiqueet physique statistique:
Commenousleverrons,lesonditionsdetempératureetd'entropiedanslesétoiles
sont extrêmes. Dans de telles onditions où un nombre gigantesque d'états est
aessible au gaz de noyaux, d'életrons et de photons, un équilibre statistique
s'établit pour l'oupation de es diérents états : on parle d'équilibre thermo-
dynamique. Les outils puissants de la physique statistique peuvent dès lors être
utilisés pour dérire l'oupation des états et faire le pont entre le monde mi-
rosopique et lemonde marosopique. Des eets purement quantiques tels que
le prinipe d'exlusion de Pauli auront un impat onsidérable sur la struture,
l'évolutionetla stabilitédes étoiles.
Enn, les proessus hydrodynamiques jouent également un rle entral dans les
étoiles.L'exempleleplusimportantest laprésenedegrandeszonesdeonvetion
turbulente. Celles-ijouent un rle fondamentaldans letransport de l'énergie et
des élémentshimiques dans les étoiles.
Ce ours n'a pas l'ambition d'être exhaustif. Le nombre de as de gure pouvant
e présenter dans le monde des étoiles est onsidérable. De grandes simpliations
serontsouventfaitesdansladesriptionmathématiquedesphénomènes,permettant
de mieux omprendretelaspet fondamentaldans la viedes étoiles. Pour terminer,
garderleontatavelesobservations.Danslemondedesétoiles,leprinipaloutilde
onfrontationentre théorieetobservationsestlediagrammedeHertzsprung-Russell,
et'est don par là quenous ommenerons.
2 Luminosité, température eetive, magnitudes, dia-
gramme de Hertzsprung-Russel
Nousommenerons par quelques dénitions fondamentales.
2.1 Luminosité - L
On appelleluminosité d'une étoile, la puissane totale rayonnée par elle-i.
Parexemple, la luminosité du soleilpeut être déterminéeomme suit :
Ladistaneterre-soleil estmaintenantonnueave unetrès grandepréision.Elle
peutparexempleêtredéterminéeparlaméthodedelaparallaxevuedansd'autres
ours d'astronomie.Notons d ette distane.
Le ux rayonné par le soleil ('est-à-dire la quantité d'énergie rayonnée traver-
sant en une seonde une surfae unitaireperpendiulaire àla diretion du soleil)
peut être mesuré depuis la terre. Notons ependant que si ette mesure est faite
depuis le sol, il faut tenir ompte de l'absorption du rayonnement solaire par
l'atmosphère. De plus, les mesures de ux de rayonnement, e qu'on appelle la
photométrie,sontfaitessur une gammerestreintedu spetrevisible. Pour remon-
ter auuxtotalintégrésur toutesleslongueursd'ondes etsansabsorption,ilfaut
appliquerequ'onappellelaorretionbolométrique.Dansleas dusoleil,leux
bolométriqueau sommetde l'atmosphèreterrestre est appeléla
onstante solaire :
C ⊙ = R 0 ∞ C λ dλ = 1367 W/m 2
.Laluminositédusoleilestalorssimplementobtenue enmultipliant
C ⊙
parlasurfaed'unesphère entrée sur le soleiletde rayonégal à ladistane terre -soleil:
L ⊙ = 4πd 2 C ⊙ = 3.846 × 10 26 W = 3.846 × 10 33 erg/s
(1)Les étoiles présentent une gamme très large de luminosités, allant typiquement de
moinsde
10 − 3 L ⊙
àplus de10 6 L ⊙
pour les plus brillantes!On dénit l'élat apparent b d'une étoile omme le ux d'énergie rayonnée reçu sur
terre en provenane de ette étoile.
Commepour le soleil, ilfaut appliquerune orretionbolométrique pour obtenir le
ux total intégré sur toutes les longueurs d'onde. Cette orretion doit également
prendreenomptel'absorptiondurayonnementdel'étoileparlemilieuinterstellaire.
L'élat apparent et la luminosité d'une étoile sont reliés par l'équation suivante
faisantintervenir sadistane
d
:b = L/(4πd 2 )
.2.3 Magnitude apparente - m
En astronomie, l'habitude est d'utiliser une éhelle logarithmique pour la mesure
des ux rayonnés. La magnitude apparente d'une étoile est dénie ommesuit :
m = − 2.5 log(b) + C
(2)Laonstante Capparaissant dans ette expressiona été originellement hoisie telle
quelamagnitude apparentede l'étoileVega soitégale0. Ainsiune étoilede magni-
tudeapparente m=-2.5est 10fois plus brillanteque Vega; uneétoile de magnitude
apparente m=10 est 10 000 fois moins brillanteque Vega. Comparant 2étoiles dif-
férentes de magnitudes
m 1
etm 2
et d'élatsb 1
etb 2
,on trouve:m 1 − m 2 = − 2.5 log(b 1 /b 2 )
(3)Une diérene de magnitudes apparentes orrespond don à un rapport d'élats
apparents donné entre les 2étoiles.
2.4 Elat absolu - B
Pouruneluminositédonnée,nousavonsvuquel'élatapparentdépenddeladistane
del'étoile.L'élatabsoluestdénide façonàfairedisparaîtreettedépendanevis-
à-visde ladistane.
L'élatabsolu B est l'élatque l'étoile auraitsi sa distane à laterre était ramenée
à10 parses.
Soit p la longueur d'un parse omptée en m et
d pc
la distane réelle de l'étoileomptée en p. On a :
L = 4π(10 ∗ pc) 2 B = 4π(d pc ∗ pc) 2 b
(4)Etdon :
B/b = (d pc /10) 2
(5)2.5 Magnitude absolue
La magnitude absolue M d'une étoile est la magnitude qu'elle aurait si elle était
ramenée à une distane de 10 parses. C'est don une grandeur intrinsèque liée à
l'étoileet ne dépendant pas de ladistane de elle-i.Elle est reliée à l'élatabsolu
B par :
M = − 2.5 log(B ) + C
(6)En utilisant les équation 5, , on trouve immédiatement la relation suivante entre
magnitudeabsolue etmagnitude apparente :
M − m = 5 − 5 log(d pc )
(7)Pourpasserdelamagnitudeapparenteàlamagnitudeabsolue,ilfautdononnaître
sa distane. Les inertitudes sur la mesure des distanes sont la prinipale soure
d'inertitudes dans ladétermination des magnitudes absolues.
Si on se restreint à la bande spetrale visible V (entrée à 545 nm), la magnitude
absolue du soleil est par exemple :
M V ⊙ = 4.83
. Les étoiles présentent une trèslarge gamme de magnitudes absolues, allant de
M V = +17
àM V = − 10
. Si l'en-tièretédu spetre életromagnétique est onsidérée, on parle de magnitude absolue
bolométrique.
2.6 Rayonnement de orps noir
Vous avez vu dans vos ours de physique statistique qu'à l'équilibre thermodyna-
mique, l'oupation des diérents niveaux d'énergie d'un gaz de photons suit la loi
de Plank, on parle du spetre d'un orps noir. Le ux d'énergie rayonné depuis
la surfae d'un orps noir de température
T
dans l'intervalle de longueur d'onde[
λ
,λ + dλ
℄est simplement donné parF λ dλ
,ave :F λ = 2πhc 2
λ 5
1
exp(hc/(λkT )) − 1
(8)d'ondes, ontrouve laloi de Stefan-Boltzmann :
F =
Z ∞
0 F λ dλ = σT 4
(9)Enn,notonslaloideWienreliantlatempératureetlalongueurd'ondeaumaximum
du spetre de Plank :
λ max (cm) = 0.29/T (K)
(10)Plus la température est élevée, plus petite est don la longueur d'onde où pique la
ourbe de Plank. Pour des températures inférieures à 4000 K, le rayonnement est
le plus important dans la région infrarouge du spetre. De 4000 K et 8000 K, le
maximum de la fontion de Plank traverse du rouge au bleu la région visible du
spetre életromagnétique. Au-delà de 8000 K, le maximum se trouve dans l'ultra-
violet.
2.7 Température eetive
Le spetre de rayonnement des étoile s'avère être relativement prohe de elui des
orpsnoirs. Cei onduit àla dénition de la température eetive d'uneétoile :
La température eetive est la température qu'aurait un orps noir ayant le même
rayon et la même luminosité que l'étoile onsidérée.
La loi de Stefan-Boltzmann nous donne don, en multipliant le ux par la surfae
de l'étoile :
L = 4πR 2 F = 4πR 2 σT ef f 4
(11)Cette équation n'est en fait pas une loi mais une dénition mathématique de la
températureeetive.Lestempératureseetivesdes étoilessonttypiquementom-
prisesentre 100000Kpourlesplus haudesetmoinsde3000K(étoilesfroides).
Des plus haudes aux plus froides, lesétoiles sont lassées en diérents types spe-
traux :
O B A F G K M (Oh Be A Fine Girl/Guy,Kiss Me!)
Chaquetypespetralest subdiviséen sous-typesdésignés par un hire. Ainsipour
lesétoiles B : B0, B1, ...orrespondent à des sous-types de températures eetives
déroissante.Notresoleilaunetempératureeetive
T eff = 5777
K.Sontypespetralest G2.
spetre de rayonnement est située dans le domaine visible, 'est grâe à ela que
nous lesvoyons!
2.8 Le diagramme de Hertzsprung-Russell
Le diagramme de Hertzsprung-Russell (HR) est fondamental pour e repérer dans
lemondedes étoiles.Il resteaussi leprinipaloutilde onfrontationentre lathéorie
de l'évolutionstellaireetles observations.Y sontdonnésen absisseeten ordonnée
les 2 grandeurs mesurables les plus importantes pour aéder à la struture d'une
étoile.
Commençons par en donner une dénition théorique : en absisse est donnée le
logarithme de la température eetive de l'étoile
log T ef f
(omptée roissante verslagauhe) et en ordonnée le logarithmede sa luminosité rapportée àelle du soleil
log(L/L ⊙ )
.Pour déterminer es 2 grandeurs à partir de mesures photométriques ou spetro-
sopiques, ilfautentre autre faireintervenir des modèlesd'atmosphère stellaire.Un
diagramme de Hertzsprung-Russell observationnel évitant l'utilisation de es mo-
dèles peut aussi être onstruit. On y donnera en ordonnée lamagnitude absolue de
l'étoilemesurée dans une ertaine bandepassante, en généralave le ltreV visible
(autourde 545 nm) :
M V
. Enabsisse, on y donnera l'indie de ouleur de l'étoile,'est-à-direladiéreneentrelesmagnitudesmesurées dans 2bandespassantes dis-
tintes, par exemple
m B − m V
(ltres de Johnson) ou mieuxm b − m y
(ltres deStrömgren).Un indie de ouleurnégatif (resp. positif)signie que l'étoileest plus
bleue(resp.plusrouge)queVega.Commeonl'avulaouleurd'uneétoile,son type
spetraletsatempératureeetivesonten liendiret(les étoilesfroides(K-M) sont
pluttrouges, lesétoiles haudes (O-B)sont plutt bleues).
Lepointremarquableestquehaquetyped'étoiledemassesetstadeetstadeévolutif
donnéoupeune régionbien spéique du diagrammeHR. C'est donlaarte par
exellene pour e repérer parmi les étoiles. Les physiiens stellaires ont beauoup
de hane de pouvoir onstruire une telle arte; un outil aussi utile fait en général
défautdansd'autresdomainesdel'astrophysique.Laprinipalediultépourplaer
les étoiles dans le diagramme HR réside dans la détermination de leur distane
(néessaire pour déterminer leur magnitude absolue). La meilleure détermination
des distanesd'étoiles prohes apu être obtenue par lesmesures du satellitespatial
Hipparos.Toutes lesétoilesdu atalogue de ette missionont ainsi pu être plaées
dans lediagrammeHR, ela donnela gure ...
Les étoiles peuvent avoir des rayons très diérents. Connaissant la position d'une
étoiledanslediagrammeHR,sonrayonpeutimmédiatementenêtredéduit.Prenons
en eet le logarithme de la loi de Stefan-Boltzmann (dénition de la température
eetive,équation 11), ontrouve :
log L = 2 log R + 4 log T eff + log(4πσ)
(12)Lelieu des pointsorrespondant à une valeur donnée du rayonest don une droite
log L = 4 log T ef f
+st. Au fur età mesurequ'on augmente lerayon, onse déplaedu oin inférieur gauhe auoin supérieur droit du diagrammeHR.
2.8.2 La Séquene Prinipale
L'examendudiagrammeHR nousmontreimmédiatementquelaplupartdesétoiles
se regroupent le long d'une ligne allant du oin supérieur gauhe au oin inférieur
droit : 'est la séquen e prinipale. Pourquoi la plupart des étoiles y sont-elles si-
tuées? Tout simplement ar laséquen e prinipaleest le lieudes points orrespon-
dant à laphase la plus longue de lavie des étoiles.Pour le omprendre, je rappelle
(eiseravu endétail plusloindansleours!)quel'énergierayonnéepar laplupart
des étoiles est produite en leur oeur par des réations thermonuléaires de fusion.
Durant lavie del'étoile,diérentesphasesde fusiond'enhaîneront.Parmi elles-i,
la plus longue orrespond à la fusion, au travers d'une haîne de réations, de 4
protons pour former un noyau d'hélium. 90% de la vie d'une étoile telle que notre
soleilorrespond à ettephase.
La séquene prinipale est le lieu dans le diagramme HR où se situent les étoiles se
trouvant dans la phase de fusion thermonuléaire entrale de l'hydrogèneen hélium.
Lesétoilesseformentavedesmassestrèsdiérentes,del'ordrede0.1massessolaires
(
M ⊙
)pourlesmoinsmassivesà70-90M ⊙
pourlesplusmassives.Lesétoileslesmoinsmassivessontsituées dansla partieinférieuredroite de laséquen e prinipaleet les
étoilesles plus massivesdans la partiesupérieure gauhe; 'est une onséquene de
larelationmasse-luminositéqui sera établie plus tard dans le ours.
2.8.3 Les géantes rouges
Après sa phase de ombustion entrale de l'hydrogène, nous verrons que le oeur
d'une étoile se ontratera et simultanément son enveloppe se dilatera. En onsé-
quene,son rayonaugmenterad'unfateur de l'ordrede 10-100(voirmême1000 en
lesgéantes rougesse trouvent en hautàdroite du diagrammeHR.L'étoileenhaîne
àe stade,selonsamasse,diérentesphasesdeombustionsnuléaires:ombustion
de l'hélium,puis du arbone, de l'oxygène, ...
2.8.4 Les naines blanhes
En toute n de vie, une étoile telle que notre soleil éjetera son enveloppe; il ne
restera alors plus que son oeur inerte et très dense en lent refroidissement.Il sera
alors devenu une naine blanhe. Les densités au oeur des naines blanhes sont de
l'ordred'une tonnepar
cm 3
. Leurs rayons sont de l'ordrede 1/100èmedu rayondusoleil. En onséquene, les naines blanhes oupent une région spéique en bas à
gauhe du diagramme HR.
2.8.5 Caratéristiques globales du soleil et des étoiles
Dans le tableau ...nous faisons une synthèse des aratéristiques globalesdu soleil
etdes étoiles. Il est utile de rappeler omment es grandeurs peuvent être obtenues
pour notre soleil. Tout d'abord, ilfaut déterminer ladistane terre -soleil.
Celle-ipeut par exemple être obtenue par la méthode des parallaxes. La première
mesurepréisedeettedistanefutainsiobtenueparCassini.Ilommençaparmesu-
rerlaparallaxediurnedemars aumomentde son opposition(mesures simultannées
depuis Paris et Cayenne, et mesures déalées en temps depuis Paris). Utilisant la
3èmeloi de kepler (voir plus bas), il put ainsi obtenirla distane terre soleil.
Connaissantla distane terre-soleil
d ≃ 149.6 × 10 6
km etson diamètre angulaireθ
,ontrouve immédiatement son rayon:
R = d tan(θ/2) ≃ 0.6955 × 10 6 km
(13)Nousavonsvu (Setion 2.1)ommentlaluminositésolairepeut être déterminée.Sa
température eetive est immédiatement déduite de sa dénition (équation 11), e
qui donne
T ef f = 5777K
. Enn, la masse du soleil peut être déduitede la 3ème loide Kepler :
GM ⊙ = 4π 2 a 3 /P 2
(14)où
a
est le demi-grand axe de l'orbite terrestre ou de toute autre planète etP
sapériode de révolution. Nous trouvons :
M ⊙ = 1.9891 × 10 30
kg. De loin la plusgrandesoure d'inertitudedans ladéterminationde lamasse du soleilprovient de
l'inertitudesur la onstante de gravitation
G
(préision relative≈ 10 − 4
).3.1 Hypothèses
Les étoiles sont en rotation sur elles-mêmes. En onséquene, l'ation de la fore
entrifuge lesaplatitlégèrement(ples plusprohes du entre quel'équateur). Nous
négligeonsiiet eetetsupposeronsqueles étoilessontdes orps àsymétriesphé-
rique. De même, nous négligeons l'inuene du hamps magnétique sur leur stru-
ture.Enonséquene,lesdiérentes grandeursinternesde l'étoile:densité, pression,
température, ux d'énergie, omposition himique, ...seront supposées dépendre
d'uniquement 2 grandeurs : la distane au entre et le temps. Dans ette setion,
nous allonsonsidérer la struture de l'étoile à un moment donné.Nous oublierons
dontemporairementladimensiontemporelleet pourronsdérirelesdiérentes a-
ratéristiquesinternesommefontion d'uneseule variable,ladistane auentre r:
ρ
(r), P(r), T( r),...3.2 Masse et densité
Considéronsuneoquillesphériquesituéeàunedistane
r
duentredel'étoile,ayantune épaisseur
δr
et un volumeδV
supposés petits. Par dénition de la densité,la masse de ette oquille vaut
δm = ρδV
. Au premier ordre enδr
, nous avonsδV = 4πr 2 δr
et donδm = 4πr 2 ρδr
. Divisant parδr
et passant à la limite nousdonnel'équation diérentielle:
dm/dr = 4πr 2 ρ
(15)Dansetteéquation,
m(r)
estlamassedelasphèrederayonr
àl'intérieurdel'étoile.C'estunefontionroissantepartantde
0
auentre del'étoile(m(0) = 0
)àlamassetotale
M
quand on arrive à sa surfae (m(R) = M
). Connaissant la répartition de ladensité dans l'étoile,une simple intégrationde l'équation15 nous donnem(r)
:m(r) =
Z r
0 4πr 2 ρdr.
(16)La densité moyenne de l'étoile est le rapport entre sa masse totale et son volume
total:
< ρ >= M/(4/3πR 3 )
(17)Pour le soleildontnous avons vu omment obtenirla masse etle rayon, nous trou-
vons :
< ρ > ⊙ = M ⊙ /(4/3πR 3 ⊙ ) ≃ 2 × 10 3 kg/m 3 ,
(18)'est-à-direle doublede ladensité de l'eau.
Caluler
m(r)
pour unmodèle de densitéonstanteρ 0
etpour unmodèle de densitéρ(r) = ρ 0 (R 2 − r 2 )
.3.3 Equilib re hydrostatique
Nos sens nous montrent que la formegéométrique du soleilest dans un état global
d'équilibre.Sonrayonparexemplen'a pashangédefaçon signiativeentredisons
maintenant etil y a quelques années. Nous supposerons qu'ilen est de même pour
la plupart des étoiles. Pour qu'il en soit ainsi, il faut que la résultante des fores
exeréesur haque petitvolumede matièreàl'intérieurde l'étoilesoitnulle. Isolons
un tel petit volume matériel situé à une distane r du entre. Nous lui donnerons
pour simplier une forme ylindrique dont la base horizontale a une surfae
δA
etla hauteur dans la diretion radial est
δr
. Quelles sont les fores s'exerç ant sur e volume matériel?Nous avons tout d'abord les fores de ontat exerées au niveau de sa surfae.
Nousnégligerons ii lestensions visqueuse s et ne garderons que lesfores normales
auxsurfaes duesà lapressiondu gaz. Notre hypothèsede symétrie sphériquenous
assure que la résultante de es fores de ontat dans le plan horizontal est nulle,
toutvabienàeniveau.Quandàlarésultantedesforesdeontatdansladiretion
radiale(omptée positivement vers lehaut), elleest tout simplement donnée par :
(P (r) − P (r + δr))δA = − δP δA.
(19)Nous avons d'autre part la fore de volume orrespondant à l'attration gravique
exerée par lasphère située en-dessous :
− g δm = − (Gm/r 2 ) ρ δA δr.
(20)Larésultante totaledoit être nulle:
− δP δA − (Gm/r 2 ) ρ δA δr = 0
(21)Divisant ette expression par
δA δr
et passant à lalimite,nous trouvons :dP/dr = − ρGm/r 2 .
(22)C'est la forme diérentielle de l'équation d'équilibre hydrostatique. Si on souhaite
travaillerave la masse plutt que la distane omme variable indépendante ('est
souvent utile),il sut de diviser l'équation 22par l'équation 15et nous trouvons :
dP/dm = − Gm/(4πr 4 )
(23)Intégronsmaintenantl'équation22depuisladistane
r
jusqu'àlasurfae de l'étoileoùlapression est supposée nulle, on trouve:
P (r) =
Z R
r ρ (Gm/r 2 ) dr.
(24)La pression en un point donné de l'étoile est don égale au poids de la olonne de
gaz de setion unitairesituée au-dessus de elui-i.
Si la pression était inférieure à e poids, l'étoile inapable de soutenir les ouhes
supérieures s'eondrerait sur elle-même.Si auontraire lapression était supérieure
aupoids, elleserait susante pour éjeter es ouhes supérieures.
Demanièreéquivalente,sinousintégronsl'équation23sur lamasse,noustrouvons:
P (m) =
Z M
m Gm/(4πr 4 ) dm.
(25)Cette expression nous sera également for utile par la suite. Par simple analyse di-
mensionnelle, nous pouvons en déduire l'ordre de grandeur de la pression régnant
dans lesouhes profondes d'uneétoile de rayons etmasses onnus:
P ≈ GM 2 /R 4
(26)Le temps dynamique
Considéronsbrièvementmaintenantunesituationhorséquilibrehydrostatique.L'équi-
libredesforesétantbrisé,l'étoilevaexploserouimploser,maissur quelleéhellede
temps?Seulunordredegrandeurnousintéresseiietnousferonsdessimpliations
extrêmes pour l'estimer. Supprimons les fores de pression et gardons uniquement
l'attrationgravique.L'étoiles'eondresurelle-mêmeave uneaélérationinitiale
GM/R 2
à la surfae. Comme R diminue ette aélération augmente au ours dutemps. Simplions les hoses et supposons un mouvement d'aélération uniforme
2GM/R 2
. Le mouvement de la surfae estr(t) = R − (GM/R 2 ) t 2
. Le entre seraatteint après un temps
t dyn
telqueR = GM/R 2 t 2 dyn
.Nous en déduisons :t dyn = q R 3 /GM .
(27)C'est letemps dynamique. Notre raisonnement était très approximatif mais l'ordre
de grandeur du résultatreste valable.Si à un moment donné de la vie d'uneétoile,
l'équilibre des fores est brisé, sa struture à grande éhelle va se modier en une
éhelledetempsourtedonnéeparletempsdynamique.Pourlesoleil,noustrouvons
à partir des valeurs de sa masse et de son rayon déterminées plus haut :
t dyn, ⊙
= 26 minutes. En 26 minutes, nous n'observons auune variation signiative de
son rayon! Nous pouvons don pleinement admettre que elui-i se trouve à l'état
d'équilibrehydrostatique.
Déterminerla pression auentre d'une étoile de densitéonstante, sa masse et son
rayon étant donnés.
Déterminerlestempsdynamiquesd'uneétoile àneutron, unenaine blanhe, géante
rouge,super-géante rouge,super-géante bleue.
3.4 Rotation rapide et équilibre hydrostatique
Dans les étoiles en rotation rapide, l'hypothèse de base évoquée en début de ha-
pitre,àsavoirlasymétriesphérique, n'estplusvalable.Examinonsbrièvementleas
général où on tient ompte de la déformation entrifuge de l'étoile. Tout d'abord,
réérivons l'équation d'équilibre dans e as. La résultante des fores par unité de
masse est ette fois-i égale à l'aélération entripède. Quelles sont es fores par
unitéde masse? D'une part,nous avonslarésultantedes foresde surfae parunité
de masse.Asymétrie sphérique, elles'érivait
− (1/ρ)dP/dr ~ e r
. Horssymétriesphé-rique,ellen'estplusorientéeradialementets'érit
−∇ P/ρ
.D'autrepart,nousavonslafored'attrationgraviquepar unitéde masse.A symétriesphérique, elles'éri-
vait
− Gm/r 2 e ~ r
. Hors symétrie sphérique, e qui demeure 'est qu'elle dérive d'unpotentiel,s'érivant
−∇ φ
. Quant àl'aélérationentripède,elles'érit simplement− Ω 2 s ~ e s
oùΩ
est lavitesseangulaire,s
est ladistane àl'axede rotationete ~ s = ∇ s
estleveteurnorméorientéselonuneperpendiulaireàl'axederotation.L'équation
de Newton pour le as d'un orps en rotation s'érit donen haque point:
Ω 2 s ~ e s = ∇ P/ρ + ∇ φ .
(28)On voit lairement par ette équation que la symétrie sphérique est inompatible
ave la rotation : le membre de gauhe est orienté selon
e ~ s
, tandis qu'à symétriesphérique, le membre de droiteserait orientéselon
e ~ r
.Dans le as le plus général, la modélisation des étoiles en rotation rapide est très
omplexe.Cependant, il y a 2 as de gures où la géométrie de l'étoile en rotation
sesimplie,les étoiles en rotation rigide (
Ω
onstant) eten rotationylindrique (Ω
fontion de
s
uniquement, àd onstant sur des ylindres). La rotation rigide étant un as partiulier de la rotation ylindrique, nous nous limiterons au as général.Pour le montrer,onsidérons le rotationelde l'équation 28.
∇ × (Ω 2 s ~ e s ) = ∇ × Ω 2 ∇ s 2 2
!
= ∇ Ω 2 × ∇ s 2
2 = ∇ × ∇ P ρ
!
= − ∇ ρ × ∇ P ρ 2 ,
(29)oùnous avons utiliséles propriétés
∇ × (a ∇ b) = ∇ a × ∇ b
et∇ × ( ∇ a) = 0
. Pourune rotationylindrique,
∇ Ω 2
et∇ s 2
sontoalignés selone ~ s
, leur produit vetorielest don nul. L'équation 29 donne don dans e as :
∇ ρ × ∇ P = 0
. Les gradientsuide obéit néessairement à une équation d'état reliant température, pression et
densité (pour une omposition himique xée), voir hapitre ultérieur, les surfaes
de densité et pression onstante sont en général aussi des isothermes. Enn, pour
unerotationylindrique,laforeentrifuge dérived'un potentiel.Plus préisément,
onpeut dénir le potentiel total (gravique +entrifuge) omme suit :
Ψ = φ −
Z s
0 Ω 2 (s)sds .
(30)L'équationd'équilibres'érit alors tout simplement:
∇ P/ρ = −∇ Ψ .
(31)On voit don que les isobares sont aussi des surfae de potentiel total onstant.
Prenant le Laplaien de l'équation 30, nous trouvons la généralisation suivante de
l'équationde Poisson :
∇ 2 Ψ = 4πGρ − 2Ω 2 .
(32)Partant d'un prol de rotation
Ω(s)
et un prol de densitéρ(r)
(pour une lati-tudedonnée),desméthodesnumériquesrelativementsimplesexistentpourrésoudre
les équations 31 et 32 et ainsi déterminer la forme des surfaes de potentiel total
onstant.Cela failitegrandementla modélisationde es étoiles.
A la rotation rapide est aussi assoiée la notion de vitesse ritique. Au-delà d'une
ertaine vitesse de rotation,la fore entrifuge l'emporte sur l'attration gravique
etl'étoilene peut plus maintenirsaohésion. Un ordrede grandeur de ette vitesse
ritiquepeut êtreobtenuen égalantà lasurfae aélérationentripède équatoriale
etaélération graviquedans un modèleà symétrie sphérique:
Ω 2 R = GM
R 2 .
(33)Isolantla vitesse équatorialeorrespondante, ontrouve :
V crit = ΩR =
s GM
R .
(34)Dans le modèle simplié dit de Rohe, le potentiel gravique est approximé par
φ = − Gm/r
(potentielenr
si lamassem
estonentrée auentre). Pour uneétoileen rotationrigide, lepotentiel total est alors donné par :
Ψ(r, θ) = − Gm r − 1
2 Ω 2 r 2 sin 2 θ .
(35)La surfae de l'étoilesuit une équipotentielle. Notons
R(θ)
le rayonen fontion delaolatitude
θ
.On déduitalors immédiatement de l'équation35 :GM R(θ) + 1
2 Ω 2 R(θ) 2 sin 2 θ = GM
R p ,
(36)où
R p
estlerayonpolaire.IsolerR(θ)
dansetteéquationestimmédiat,equidonnelaformede lasurfae, d'autantplus aplatieque
Ω 2
est élevé.Enpartiulier,onvoit qu'àla vitesse ritique, lerapport entre rayon polaire etrayonéquatorial vaut2/3
.Nous étudierons en détail dans une setion ultérieure l'état de la matière stellaire.
Il est ependant d'ores et déjà possible de mettre en évidene les grandes lignes.
Faisonsune hypothèse (qui va s'avérer fausse!) ettestons-la.
Hypothèse : Serait-il possible que la matière stellaire soit onstituée d'atomes d'hy-
drogènes en ontats?
Calulons tout d'abord la densité d'une telle onguration. Le volume oupé par
haque atome est de l'ordre de 1 Angström
3 = 10 − 30
m3
. La masse d'un atomed'hydrogèneest àpeu prèségaleàl'unitéde masseatomique,soit
m u = 1.67 × 10 − 27
kg. Nous trouvons don une densité
ρ = 1.67 × 10 3
kg/m3
. C'est à peu de hosesprès la densité moyenne que nous avions trouvée pour le soleil!L'hypothèse a l'air
de tenir ...
Maisnousavonsoubliéundeuxièmepoint.Unetelleongurationsera-t-elleapable
de soutenirle poids des ouhes setrouvantau-dessus?
Pour des atomes en ontat, la pression due à la répulsion entre eux-i trouve
son origine dans le prinipe d'inertitude d'Heisenberg. Nous savons qu'en ther-
modynamique la pression est dénie omme
P = − ∂U/∂V | S
(U
,V
etS
étantl'énergieinterne,levolume etl'entropie).Sionomprimelaongurationd'atomes
en ontat sans éhange de haleur (ompression adiabatique), le volume oupé
par haque atome diminue. Le prinipe d'inertitude nous dit don que l'inerti-
tudesurlemodulede l'impulsiondel'életron augmente,donson énergieinétique
moyenne augmente aussi,e qui rée lapression. Plutt que d'invoquer laphysique
quantique, un raisonnement lassique sut ii pour estimer l'ordre de grandeur de
ette pression. Nous estimons la fore de répulsion entre 2 atomes par la répulsion
életrostatiqueentre 2életronsàune distaned
0
=1Angström,puis nousdivisonspar d
2 0
(surfae oupée par haque atome) pour avoir lapression :P el ≃ e 2 /d 4 0 ≈ 2 × 10 12 P a
(37)D'autre part, vous avez estimé lors d'un exerie préédent le poids de la olonne
de matièrede setion unitaireau entre d'un soleil de densitéonstante, e qui
donne:
Poids
≃ 5 × 10 14
Pa>> P el ≈ 2 × 10 12
Pa.Il est don évident qu'une telle onguration est inapable de soutenirle poids des
ouhes supérieures. Lamatièrene peut don pas être dans et état et nous devons
rejeter notre hypothèse de départ.
Cherhonsdonuneautresolutionetsupposons quelamatièrestellairesoitomplè-
tementionisée,onparle danse asde plasma.Nousgardonslamêmedensité, mais
partiulesest toujours de l'ordrede
≈ 10 − 10
m,e quiest bien plus quelatailledesnoyaux de l'ordre de
≈ 10 − 15
m. Les életrons et noyaux peuvent don se déplaerlibrement. Bien qu'il soit onstitué de partiules hargées, nous admettrons que e
gaz est raisonnablementbien dérit par l'équation d'un gaz parfait :
P = kρT µm u
(38)
Dans ette équation
k
est laonstante de Boltzmann,m u
est l'unité de masse ato-miqueet
µ
lepoids moléulairemoyen(usuellementdénide façon adimensionnelle en astrophysique). Nous voyons par ette équation qu'il n'y a auun obstale à eque le gaz exere une pression aussi grande soit-elle; il sut pour e faire qu'il ait
unetempératuresusammentgrande.Jerappellequedans ungaz parfait,l'énergie
inétiquemoyenne de haque partiule est donnée par
E c = (3/2) kT
(39)Grâeàl'espaelibéréparl'ionisation,l'énergieinétiquedespartiulespeutdevenir
onsidérable.Lapression quin'est autre quele uxd'impulsiondes partiules peut
don elle aussi devenir gigantesque et permettre à l'étoile de soutenir son propre
poids. Isolons la température dans l'équation ... et remplaçons la pression (poids
de la olonne de gaz) et la densité par les valeurs estimées préédemment. Nous
trouvons :
T c = P c µm u
kρ c ≈ GM µm u
R k ≃ 10 7 K
(40)Cettevaleurestiméedefaçongrossièren'estpasloindelavraietempératureentrale
du soleilqui est de
T = 15 × 10 6 K
.3.6 Transport d'énergie par la radiation
Nous avons vu que la température entral du soleil est de l'ordre de
15 × 10 6 K
,une valeur si élevée étant néessaire pour qu'il puisse soutenir son propre poids.
D'autrepart,laloideStefan-Boltzmannnousmontrequesatempératuredesurfae
est de l'ordre de 5800 K. Un tel ontraste de température doit obligatoirement
onduireàun transfertde haleur duoeur vers lasurfae,etei indépendamment
del'existene detoutesouredeprodutiond'énergie!Examinonsdonde plusprès
lesprinipauxproessus de transport de l'énergiedu oeur vers lasurfae.
Lesphotonssontporteursd'uneénergie
hν ≈ kT
onsidérableàl'intérieurdesétoiles etils se déplaent on ne peut plus vite.La radiationy est don potentiellement unexellentmoyendetransportdel'énergie.Cependant,nousallonsvoirquediérentes
souresd'absorption peuvent rendre le plasmastellairepartiulièrement opaque au
rayonnement. Celles-iseront étudiées en détaildans une setion ultérieure.Cepen-
dant, nous pouvons déjà les mettre en évidene d'un point de vue qualitatif. Pour
des températures de
10 4
à10 7
K, l'énergie moyennekT
des photons va de 1'eVau keV. Cela orrespond aux niveaux d'énergie typiques des életrons. Par ontre,
es valeurs sont de loin inférieures aux niveaux d'énergie nuléaires de l'ordre du
Mev.Il faudra attendre quedes température entrales de l'ordrede
10 9 K
soientat-teintes auxphases nalesde lavied'une étoilepour quelesphotons soientapables
d'exiter et briser les noyaux. Nous n'en sommes pas enore là. L'absorption du
rayonnement ausein des étoilesest don,sauf exeption, assoiée aux hangements
de niveau énergétique des életrons. Rappelons lesprinipales soures d'absorption
etréémission des photons assoiées auxéletrons.
Soures d'absorption et réémission des photons assoiées aux életrons :
Transitions lié-lié (bound-bound) : Un életron lié absorbe un photon d'éner-
gie bien spéique, e qui lui permet de passer à un niveau exité d'énergie
supérieure.
Transitions lié-libre (bound-free) : Unéletronliéabsorbeunphotond'énergie
supérieure aupotentield'ionisationet devient libre.
Transitions libre-libre (free-free) : Un életron libre absorbe un photon et a-
quière une énergie inétique plus grande. Le proessus d'émission inverse est
bien onnu, 'est la Brehmsstrahlung dans lequel une partiule hargée déé-
lérée sous l'ationd'unhamps életriqueémetun rayonnement. Ceproessus
est importantdanslesrégionsprofondesoùlaplupartdesélétronssontlibres.
Diusion életronique (sattering) : Il s'agit ii en quelque sorte de ollisions
élastiques entre életrons et photons. Après ollision, le photon repart dans
une autrediretion, e proessus ontribuedon à l'opaitédu milieu.
Les transitions lié-lié et lié-libre dominent près de la surfae de l'étoile où ertains
atomes ne sont pas enore omplètement ionisés. Les transitions libre-libre et la
diusion életronique dominent dans les régions profondes de l'étoile où la matière
est omplètement ionisée.
Dans les étoiles, les photons sont ontinuellement absorbés et réémis par es dié-
rents proessus. Siononsidèrela distanemoyenne parouruepar un photonentre
uneémissionetsaréabsorption,'est-à-direlelibreparours moyen desphotons, on
trouve desvaleurs del'ordredu m.C'est minusuleomparativementauxhauteurs
d'éhelle de variationdes diérentes quantité :
| dr/dlnT |
,| dr/dlnP |
, ...(lahauteurd'éhelleest ladistane radialesur laquelleunequantitédonnée hanged'unfateur
e
).Les étoiles sont don opaques aurayonnement. Lesphotons reçus sur terre sont émis depuis la surfae de l'étoile, e qu'on appelle la photosphère mais ne nousdonnent auune information direte sur les intérieurs stellaires. Les absorptions et
réémissions ontinuelles sur de toutes petites éhelles spatiales onduisent rapide-
ment à l'établissement d'un équilibre statistique dans l'oupation des diérents
états : on parle d'équilibre thermodynamique loal. Pour les photons, la fontion
dérivantetteoupationdes diérentsétatsénergétiques estlafontiondePlank
(voir Set. 1.6.). L'intensité spéique, 'est-à-dire l'énergie rayonnée par unité de
temps,de fréquene ,de surfaeetd'anglesolide(voiroursde transfertradiatif)est
également dérite par lafontion de Plank
B ν (T )
:I ν = B ν (T ) = 2hν 3
c 2
1
exp(hν/(kT )) − 1
(41)Eton ala loide Stefan-Boltzmann pour l'intensitéspéique bolométrique:
I = B(T ) =
Z ∞
0 I ν dν = σT 4 /π
(42)Dérivons maintenantle transfertd'énergie par laradiationproprementdit.
3.6.1 Un modèle simple (mais approximatif)
Simplionsleproblèmeen prenantlareprésentationshématiquesuivantedutrans-
fert par la radiation. Nous onsidérons 2 plaques de températures
T
etT + δT
séparées par une distane orrespondant à un libre parours moyen
ℓ
. La loi deStefan-Boltzmann nous dit que le ux d'énergie émis vers le haut par la plaque
inférieure est
F + = σT 4
. Le ux émis vers le bas par la plaque supérieure estF − = σ(T + δT ) 4
.Lebilan desdeux nous donnedon un uxtotald'énergie vers lehaut
F = F + − F −
.Un simpledéveloppementde Taylor limitéaupremierordre,e qui est parfaitement admissible ii vu la valeur minusule du libre parours moyennous donnedès lors:
F = F + − F −
= − σ((T + δT ) 4 − T 4 )
≃ − σ dT 4
dr ℓ = − σ κρ
dT 4 dr
Nous avons utilisé pour la dernière étape la relation entre libre parours moyen et
opaitédonnéepar
ℓ = 1/(κρ)
.LeraisonnementsimplequenousavonsfaitiipermetComme
dT /dr < 0
, leux est dirigé vers lehaut et d'autantplus importantque egradientde températureest élevé.On voitaussi quel'opaitédugaz stellaireest un
frein à e méanisme de transport de l'énergie. Cependant, ette représentation en
2ouhes est très approximative. Faisons maintenantun alulplus rigoureux:
3.6.2 Un modèle rigoureux du transfert radiatif
L'équation de transfert radiatif dans une stratiation à plan parallèle est donnée
par :
µ κ ν ρ
dI ν
dr = − µ dI ν
dτ = B ν − I ν ,
(43)où
I ν
est l'intensitéspéique,µ = cos θ
(θ
étantl'angleentre ladiretion de propa-gationetladiretionradiale),
κ ν
estl'opaitéàlafréqueneν
etτ
estlaprofondeuroptique (
dτ = − κ ν ρdr
).B ν
est la fontion soure, à savoir la fontion de Planksousl'hypothèsed'équilibrethermodynamiqueloal.L'intégrationdeetteéquation
donnela solutionformellesuivante:
I ν (τ) =
Z ∞
τ B ν (T (τ ′ )) e τ−τ ′ dτ ′ ≃ B ν (T (τ )).
La dernière simpliation dans ette expression résulte de la très petite valeur du
libre parours moyen omparativement à la hauteur d'éhelle de température. En
onséquene, une grande variation de
τ
ne onduit qu'à une faible variation detempérature;
B ν (T (τ ))
est don une fontion variant bien plus lentement que l'ex-ponentielle et ellepeut être sortie de l'intégrale.Multiplions maintenant l'équation
43par
2πµ
etintégronssurµ
. UtilisantI ν ≃ B ν
,le membre de gauhe donne :2π
Z 1
− 1
µ 2 κ ν ρ
dI ν
dr dµ ≃ 2π 1 κ ν ρ
dB ν
dr
Z 1
− 1 µ 2 dµ = 4π 3κ ν ρ
dB ν
dr .
(44)Quantaumembrede droite,lepremiertermesesimpliear
B ν
nedépend pasdeµ
.Ledeuxièmetermevaut:
− 2π R −1 1 µI ν dµ = − F ν
.EneetleuxmonohromatiqueF ν
est obtenu en projetant l'intensité spéique sur ladiretion radiale (multipliation
par
µ
) etintégrant sur toutes lesdiretions. Nous avons don :F ν = − 4π
3κ ν ρ dB ν
dT dT
dr .
Intégrons maintenantsur toutesles fréquene s, etnous trouvons :
F =
Z ∞
0 F ν dν = − 4acT 3 3κρ
dT
dr .
(45)Dans ette expression, nous avons introduit la onstante de radiation
a
telle queσ = ac/4
etla moyenne de Rosseland dénie par :κ =
"
π acT 3
Z ∞
0
1 κ ν
dB ν dT dν
# − 1
.
Enmultipliant l'équation45 par
4πr 2
,on trouve:L R = 4πr 2 F
= − 16πr 2 acT 3 3κρ
dT
dr ,
(46)qui est l'équation dérivant rigoureusement le transfert d'énergie par la radiation
dans les étoiles,
L R
étant la puissane rayonnée à travers une sphère de rayonr
.On appelle parfois elle-i l'équation de la diusion (radiative), ar elle résulte du
parours Brownien de type diusif des photons àtravers l'étoile.
L'équation 46 est tout à fait analogue à la loi de Fourrier pour la ondution de
la haleur dans laquelle le ux de haleur est également proportionnel au gradient
detempérature. Lefateur
4acT 3 /(3κρ)
fait donoede oeient deondutionthermique.Nousverronsdansunesetionultérieureque
dL/dr = 0
danslesouhessuperiellesde l'étoileoùauuneénergien'estproduite.Prèsdelasurfae,l'opaité
devient très grande suite aux nombreuses transitions lié-lié et lié-libre possibles.
En onséquene, la luminosité étant xée, le gradient de température augmente
fortement dans es régions opaques pour que letransport de l'énergie soitpossible.
Demême,desmatériauxtrèsisolantsurterrepeuventsupporterdegrandsgradients
de températuresans perte de haleur exes sive.
3.6.3 Transport radiatif dans les étoiles en rotation rapide
Comme nous l'avons vu plus haut, les étoiles en rotation n'ont plus la symétrie
sphérique.Lagénéralisationdel'équationdetransportparlaradiation(equation45)
s'éritalors :
F ~ = − 4acT 3
3κρ ∇ T .
(47)Enpartiulier, pour une étoileen rotationylindrique, nous avons vu que pression,
densité et température sont onstants sur des equipotentielles
Ψ = cst
. On peutdonérire dans e as :
F ~ = − χ(Ψ) dT
dΨ ∇ Ψ ,
(48)où
χ ≡ 4acT 3 /(3κρ)
. Les équipotentielles sont plus resserrées (|∇ Ψ |
plus élevé)au ple qu'à l'équateur. Le long d'une équipotentielle, le ux déroît don du ple
vers l'équateur. C'est en partiulier le as à la surfae. Par dénition, la tempéra-
ture eetive est reliée au ux de surfae par
T ef f = (F/σ) 1/4
. Elle déroît donelleaussi du plevers l'équateur. Dans la littérature sientique, on appelle ela l'
assombrissementgravitationnel.
3.7 Transport d'énergie par la onvetion
Cependant, ette augmentation du gradient de température a ses limites dans les
étoiles aussi bien que sur terre; au-delà d'un ertain gradient, le milieu peut deve-
nir instable vis-à-vis de la onvetion. C'est par exemple le as dans une asserole
d'eauposée sur une plaque hauante:sile hauageest susammentintense, des
mouvements onvetifs ommenent à apparaître dans l'eau. Nous verrons que es
mouvementspermettentégalementdetransporterde l'énergie.Quandlaonvetion
apparaît, la radiationn'est don plus le seul proessus de transport de l'énergie du
oeur vers la surfae des étoiles.
Pour omprendre l'origine de la onvetion, imaginonsla situationsuivante. Consi-
dérons un élément de matière de l'étoile puis déplaçons-le vers le haut. Je suppose
que la vitesse de e déplaement est nettement inférieure à lavitesse du son. Dans
de telles onditions, l'élément a le temps d'équilibrer sa pression ave elle du mi-
lieuenvironnant.J'introduis lesnotations suivantespour lesdensités,températures,
pressions de l'élémentdéplaéet du milieu environnant :
ρ
, T, P : densité, température et pressions initiales (mêmes valeurs pour l'élément etle milieu),ρ
+∆ρ e
,T + ∆T e
,P + ∆P e
: densité, température et pressions nales de l'élément déplaé,ρ
+∆ρ m
,T + ∆T m
,P + ∆P m
: densité, température et pressions nales du milieu environnant.Commementionné plus haut, jesuppose que l'équilibre de pression etmaintenu,e
quime donne:
∆P e = ∆P m = ∆P
.Comparonsmaintenantlesdensités de l'élémentdéplaéetdu milieu environnant àl'arrivée.
1er as :
ρ e > ρ m ssi ∆ρ e > ∆ρ m ssi ∆ρ e
ρ > ∆ρ m
ρ
(49)Dans une telle situation, la résultante des fores de ontat (pression) exerées sur
l'élémentdéplaépar lemilieu environnantest inférieureàsonpoids.Lafored'Ar-
départ:
La stratiation du milieu est stable vis-à-vis de la onvetion.
2ème as :
ρ e < ρ m ssi ∆ρ e < ∆ρ m ssi ∆ρ e
ρ < ∆ρ m
ρ
(50)Dans une telle situation, la résultante des fores de ontat (pression) exerées sur
l'élément déplaé par le milieu environnant est supérieure à son poids. La fore
(poussée)d'Arhimède est don dirigéevers lehaut et pousse enoreplus l'élément
vers lehaut :
La stratiation du milieu est instable vis-à-vis de la onvetion.
Dansette situationinstable, des mouvementsonvetifsà grandeéhelle prennent
naissane.Laforemotrieàl'originedeesmouvementsestlapousséed'Arhimède.
Revenons aux onditions d'apparition de la onvetion. Pour simplier les hoses
et bien que ela ne soit à nouveau pas indispensable pour la démonstration, je
suppose que l'étatdu gaz est déritepar laloi des gaz parfaits
P ∝ ρT /µ
.Cette loipermet de relier immédiatementles variationsrelatives de pression, température et
densité. Pour e faire, j'utilise un résultat mathématique simple obtenu en passant
auxlogarithmesetfaisantun développementdeTaylorlimitéaupremierordre(voir
démonstrationen annexe A), e qui donne :
∆ρ e,m
ρ = ∆P
P − ∆T e,m
T .
(51)Cette expression est valable aussi bien pour l'élément déplaé que pour le milieu
moyen. Substituons etteéquation dansl'inégalité50etrappelons nousque les
∆P
sontidentiques pourl'élémentetlemilieu.On trouvedonquelemilieuest instable
vis-à-visde la onvetion ssi :
∆T e
T > ∆T m
T .
(52)Ce résultat est d'ores et déjà très important. Il montre que dans la situation d'in-
stabilité vis-à-vis de la onvetion,
T e > T m
. Les éléments déplaés vers le haut setrouvent don plus hauds quele milieu environnantet ilstransfèrent de lahaleur
àelui-i.Inversementil est failede voir,en suivantexatement lemêmeraisonne-
ment, queles éléments déplaés vers le bas aquièrent une températureinférieure à
don lair : de la haleur est pompée dans les ouhes inférieures et transmise aux
ouhes supérieures par es mouvements. Ils génèrent don un ux net de haleur
dirigévers lehaut.
Divisonsmaintenantl'inégalité52 par
∆P/P
et passons àla limite pour des varia-tions innitésimales. Comme
∆P < 0
, le sens de l'inégalité hange et nous trou- vons ommeondition d'instabilitévis-à-visde laonvetion :dlnT dlnP
!
e
< dlnT dlnP
!
m
.
(53)Supposons maintenantque la vitesse des éléments onvetifs soit susamment éle-
vée pour qu'ilsn'aient pas letemps d'éhanger une quantité signiativede haleur
avel'environnementlorsde leurdéplaement.End'autres mots,supposons unedé-
tenteadiabatiquedu gazlorsde sondéplaement.Latransformationétantsupposée
réversible, elle est également supposée isentropique. Cette hypothèse simplie les
développements mais n'est en fait pas réellement néessaire omme nous le verrons
plus loin. La pressiondéroissant vers le haut, l'élément subit don ii une détente
adiabatique ave diminutionde sadensité. Dans e as, nous pouvons érire :
dlnT dlnP
!
e
= ∂lnT
∂lnP
S
(54)
Dansla ommunautésientique, on adopteen général lanotation :
∇ ad ≡ ∂lnT ∂lnP S
,et on l'appelle le gradient adiabatique . Je rappelle que, pour un gaz parfait
omplètementionisé sans radiation,le gradientadiabatique vaut par exemple :
∇ ad = 2/5
. De façon générale,∇ ad
est une variable d'état ne dépendant que desonditions loales de température, densité et omposition himique. Le gradient
réel orrespondant àla stratiationdu milieu moyen est noté quantà lui
∇ ≡ dlnT dlnP m
.Ave es notations, nousvoyons quelemilieu est instablevis-à-visdelaonvetionssi :
∇ > ∇ ad .
(55)Avantde ontinuer ave le ritèred'instabilité,il est utilede préiser un point:que
l'onsoitdansunerégioninstablevis-à-visdelaonvetionounon,detoutefaçonun
gradient de température est présent et onduit à un transport au moins partiel de
l'énergieparlaradiation.Partonsdel'équation46etfaisons-yapparaîtrelegradient
réel en multipliant etdivisant par
dlnP/dr = − ρGm/(P r 2 )
,on trouve :L R = 16πacGmT 4
3κP ∇ ,
(56)ouenore en isolant
∇
:∇ = 3κP L R
16πacGmT 4
(57)Revenons maintenant au ritère d'instabilité vis-à-vis de la onvetion. Un ritère
érit sous laforme de l'inégalité53n'est pas pratique.En eet, le gradient de tem-
pérature est en général une inonnue. Le problème se pose plutt en es termes :
on onnaît les onditions loales de température et densité, on veut transporter
une quantité d'énergie
L
par unité de temps, et la question est : le milieu est-ilstable ou instable vis-à-vis de la onvetion dans es onditions? Pour répondre à
ette question, on introduit une nouvelle grandeur appelée le gradient radiatif
etnotée
∇ rad
. On obtient∇ rad
en remplaçant la luminosité radiativeL R
apparais-sant dans l'équation 57 par la luminosité totale
L = L R + L c
(L c
est la puissanetransportée par la onvetion) :
∇ rad ≡ 3κP L
16πacGmT 4 .
(58)Legradient radiatif est donlegradient (tif) quedevrait avoirlemilieu pour qu'il
soit apablede produire une luminosité
L
donnée.Le ritère de Shwarzshi ld
Partantdeettedénition,onobtientleritèred'instabilitévis-à-visdelaonvetion
appelé le Critèrede Shwarzshild :
Lemilieu est instable vis-à-visde laonvetionssi :
∇ rad > ∇ ad .
(59)Démonstrationdu ritèrede Shwarzshild :
Supposons lemilieu instablevis-à-visde laonvetion.Don
∇ > ∇ ad
(55).D'autrepart on a vu que la onvetion transporte de l'énergie, on a don
L > L R
et laomparaisonentre les équations 57et58 donne :
∇ rad > ∇
. Don∇ rad > ∇ ad
.Supposonsmaintenantquelemilieusoitstablevis-à-visdelaonvetion,onadon:
∇ ≤ ∇ ad
. D'autre part, omme iln'y a pas de onvetion, toute l'énergieest trans-portée par laradiation :
L = L R
etdon∇ rad = ∇
. Don∇ rad ≤ ∇ ad
.Il est important de remarquer que dès le départ des développements onduisant
au ritère de Shwarzshild, nous avons supposé que le milieu est homogène en
omposition himique. Plus préisément, nous sommes partis de l'équation des gaz
parfaits et avons négligé les variations du poids moléulaire moyen pour obtenir
l'inégalité 52. Cela n'est pas toujours aeptable. Un autre ritère tenant ompte
des variations du poids moléulaire a été proposé, 'est le Critère de Ledoux
dunom de PaulLedoux,astrophysiien liégeoisremarquablepouvantêtre onsidéré
ommelepèrede lathéoriedespulsationsstellaires.Noussupposeronsuneéquation
d'étattout à fait générale
ρ = ρ(T, P, µ)
. Saforme diérentiellenous donne don :dρ
ρ = α dP
P − δ dT
T + φ dµ
µ .
(60)Pour un gaz parfait, nous avons simplement
α = δ = φ = 1
, mais nous travaillons ii en toute généralité. Partons de l'inégalité 50 et substituons l'équation 60 danshaquemembre.Notonségalementquelaompositionhimiquedel'élémentdéplaé
reste onstante(
∆µ e /µ = 0
),on trouve don :∆T e
T > ∆T m
T − φ δ
∆µ m
µ .
(61)Divisonsette équation par
∆P/P
et passons àla limite pour des variationsinni-tésimales,nous trouvons le ritèred'instabilité:
dlnT dlnP
!
e
< dlnT dlnP
!
m
− φ δ
dlnµ dlnP
!
m
.
(62)Lasuite du raisonnement est similaireà e qu'on avait déjà fait, eton trouve na-
lement le
Critère de Ledoux : le milieu est instable vis-à-vis de la onvetion ssi :
∇ rad − φ
δ ∇ µ > ∇ ad .
(63)Dansetteequation nousavons utiliséla notation
∇ µ = dlnP dlnµ
m
.Ce ritères'inter-
prètefailement.Considéronsune région de l'étoileoùle poids moléulairediminue
vers la surfae. Un élément déplaé vers le haut emporte ave lui son poids molé-
ulaire qui se trouve don plus élevé que le milieu environnant. A température et
s'exer e vers le bas et ilretombe. On voit don que
∇ µ > 0
a un eetstabilisateur ontrant l'apparition de la onvetion; 'est bien dans e sens que va l'inégalité63.Inversément, un poids moléulaire augmentant vers l'extérieur est favorable à l'ap-
paritionde la onvetion.
Situations physiques onduisant à la onvetion
Revenonsauritère de Shwarzshild.Celui-inous permetfailementde mettreen
évideneles situationsphysiques favorables à l'apparition de la onvetion; e sont
ellesonduisant àde grandes valeursdu gradient radiatif (éq.58).
Coeur onvetif Dansles régions entrales des étoiles,nous verrons que des réa-
tionsnuléairesprennent plaeonduisantàune grandeprodutiond'énergie.Cette
énergieproduitedoitêtretransportéeet
L
yestdonélevée.Dansertainsas,etteprodutiond'énergie selimiteàune petitefration de lamassede l'étoileprohe du
entre. Cei est une onséquenede latrès grandesensibilitédu tauxde prodution
d'énergie par les réations nuléaires vis-à-vis de la température. La masse oner-
née
m
est don petite,L
est grand, donL/m
est très grand,don∇ rad ∝ L/m
estgrand et devient supérieur au gradient adiabatique. Dans ette situation,l'étoile a
un oeur onvetif.
Enveloppe onvetive
Danslesrégionssuperiellesd'uneétoile,l'opaitédevientbienplusélevée.Ceiest
uneonséquenedel'étatpartiellementionisédesélémentsàesbassestempéra-
tures.Ainsi,denombreusestransitionslié-liéetlié-libresontpossibles,rendantlegaz
nettement plus opaque. Cette région superiellede grandeopaité etrelativement
faibletempérature est d'autant plus grande que la température eetive de l'étoile
est basse. Comme
∇ rad ∝ κ/T 4
, il y devient supérieur au gradient adiabatique et une enveloppe onvetive est présente. Dans le as de notre soleil(T ef f = 5777
K),l'épaisseur de l'enveloppe onvetive est de l'ordre d'un tiers du rayon total. Pour
des étoiles enoreplus froides, elle-i englobe presque tout leur volume.
Caratéristiques physiques des régions onvetives
Un nombre sans dimension bien onnu permet de se rendre ompte du degré de
turbulenedes mouvements onvetifs, 'est lenombre de Reynolds :