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Chapitre 8 : Le Signe.

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Chapitre 8 : Le Signe.

Dès que les plats disparurent, Albus et Arya quittèrent précipitamment la Grande Salle, si bien qu'ils furent les premiers à atteindre le hall.

− On va attendre Hagrid près des Grandes Portes, décida Arya.

− Dépêchons-nous av...

− Hé !

Albus et Arya se retournèrent. Rose se tenait dans derrière eux dans le hall.

− Où est-ce que vous allez ? Demanda-t-elle en faisant quelques pas curieux vers eux.

− Je...on va..., bredouilla Albus.

− On va se coucher. Voilà ! Bonne nuit Rose ! Lança Arya.

La jeune fille entendait le raclement des bancs de la Grande Salle. Le hall ne tarderait pas à grouiller d'élèves. Rose fronça les sourcils, visiblement vexée du ton désagréable d'Arya. Les premiers élèves apparurent dans le hall. Rapidement, Arya tira Albus et Rose dans le renfoncement d'une porte avant qu'ils ne se fassent repérer.

− Mais...mais qu'est-ce que vous faites ? S'indigna Rose en essayant de se dégager.

− On évite de se faire remarquer. Chut ! Lui ordonna Arya.

− On va voir Hagrid, lui expliqua Albus à voix basse.

− Ce soir ? Murmura Rose.

− Non j'avais l'attention de camper dans le hall pour y aller aux aurores, répliqua Arya d'un ton sarcastique. Bien sûr qu'on y va ce soir, pourquoi crois-tu qu'on se cache ?

Rose lui jeta un regard noir qu'Arya fit mine de ne pas remarquer.

Quand le brouhaha des élèves se fut estompé, Arya risqua un coup d'œil dans le hall.

Les Professeurs quittaient la salle. Elle attendit que le dos du professeur Londubat ait disparu en haut des escaliers pour sortir de sa cachette.

− On n'a pas vu passer Hagrid, constata Arya.

− Il y a une autre sortie derrière la table des professeurs. Il doit déjà être arrivé à sa cabane, répondit Albus.

− Bon, allons-y, décida Arya en ouvrant l'une des grandes portes.

− Attendez ! Je viens avec vous ! Arya se retourna, surprise.

− Tu viens avec nous ? Répéta-t-elle, incrédule.

− Oui, répondit la rouquine en lui lançant un regard de défi.

Albus échangea avec elle un regard surpris.

− C'est comme tu veux...

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2 Ils sortirent tous les trois dans le parc plongé dans la nuit. Plus loin, à l'orée de la forêt interdite se tenait la cabane du garde-chasse. Les fenêtres étaient toutes éclairées et projetaient leurs rectangles lumineux sur la pelouse du parc. Un mince filet de fumée s'échappait de la cheminée et montait dans le ciel.

Ils traversèrent le parc en silence et s'arrêtèrent à quelques pas de la cabane d'Hagrid.

− Qu'est ce qui nous dit qu'il ne va pas nous mettre à la porte ou pire, nous dénoncer aux professeurs ? Demanda Rose, inquiète.

− Il connaît bien nos parents, fit Albus hésitant, il ne nous mettra peut-être pas dehors...

Arya, Albus et Rose gravirent les marches de la cabane en silence.

Arya frappa à la porte, déclenchant aussitôt de tonitruants aboiements.

− Tais-toi Crockdur ! Ordonna la voix puissante du garde-chasse.

La porte s'ouvrit d'un coup et Arya fut brièvement éblouie par le feu de cheminée.

Hagrid se tenait dans l'embrasure de sa porte, les dévisageant successivement tous les trois et Arya se demanda s'il n'allait pas les renvoyer à coups de pieds, ou lâcher sur eux son terrible et vieux molosse noir qui essayait de passer entre ses jambes.

− Albus ? Fit-il enfin, surpris. Arya ?

− Hum, bonsoir Hagrid, est-ce qu'on pourrait vous parler quelques instants ? Demanda Albus d'une voix hésitante.

− Entrez, entrez, fit Hagrid en s'écartant. Crockdur couché !

Ils entrèrent dans la maison du géant et ils s'arrêtèrent net, découvrant un centaure, couché au bout d'une gigantesque table en bois.

Hagrid se tourna vers eux, les points sur les hanches, visiblement partagé entre l'amusement et la colère.

− Vous savez que vous n'avez pas le droit de vous balader dans le parc la nuit ? Demanda− t−

il d'un air menaçant.

Rose, Arya et Albus échangèrent un regard. Mais un sourire étira soudain le visage hirsute du garde-chasse.

− Ça fait bien longtemps que trois élèves ne sont pas venus frapper à ma porte en pleine nuit

! S'exclama-t-il en riant.

Même le centaure, qui jusque-là n'avait dit mot, sourit.

− Asseyez-vous !

Arya, Albus et Rose s'assirent. Aussitôt l'énorme chien se leva et vint poser sa tête sur les genoux d'Albus qui hésita un instant avant de lui caresser la tête.

− Toi, tu dois être Rose ! S'exclama Hagrid en souriant à la jeune fille.

Intimidée Rose hocha la tête.

− Tu ressembles à ta mère, et je suis presque aussi sûre que tu es aussi intelligente qu'elle.

− Ça c'est bien vrai, confirma Albus tandis que Rose rougissait.

Il s'assit à la table et promena sur les trois élèves un regard joyeux.

− Alors ? J'espère vous avez une bonne raison pour violer le règlement. Ça devient une habitude chez toi Arya, d'après ce que j'ai cru entendre.

Arya se sentit rougir à son tour.

− Je cherche quelque chose qui est tombé dans la Forêt Interdite...

Hagrid hocha la tête comme pour l'encourager à en dire plus. Mais Arya hésitait à tout expliquer devant le centaure. Finalement elle continua.

− Voilà, j'ai entendu parler de la Pierre de Résurrection et d'après Albus, il semblerait que Harry Potter l'ait utilisée avant d'aller mourir − désolée pour l'expression− , et qu'il l'aurait laissée par terre dans la forêt interdite. J'aurais besoin que vous me conduisiez là-bas.

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3 Les sourcils de Hagrid se levèrent si haut qu'ils disparurent presque derrière ses cheveux hirsutes.

− Quoi ?! Demanda Rose, les sourcils froncés.

− Arya à besoin de parler à quelqu'un qui est mort, expliqua Albus. Elle a besoin de la Pierre de Résurrection.

− Je ne sais pas où est la Pierre, répondit Hagrid, perplexe.

− Mais vous pouvez nous conduire sur le lieu où Voldemort a tué Harry Potter ? Demanda Arya avec espoir.

Hagrid jeta un regard au centaure.

− Je m'apprêtais à raccompagner Firenze chez lui, vous n'avez qu'à venir avec moi, nous jetterons un œil en passant.

Firenze se leva.

− Je ne voudrais pas te vexer Hagrid, mais il me tarde de retrouver les miens.

− Oui, bien sûr. Nous partons maintenant.

Hagrid se leva et attrapa une arbalète crochée au mur.

− Pourquoi vous prenez ça ? Demanda Albus, effrayé.

− On ne sait jamais. La forêt n'est pas interdite pour rien.

− Je reste là ! S'exclama Rose.

La jeune fille était blême et elle avait abandonné son air de défi.

− Pas de problème, je te laisse Crockdur.

Le vieux chien releva la tête en entendant son nom.

Albus et Arya suivirent Hagrid et Frienze et sortirent de la maison par la porte de derrière.

Frienze était si grand qu'il dût se courber afin de passer la porte. Sans un mot ils se dirigèrent vers la limite des arbres.

La Forêt Interdite était toujours aussi sinistre que la première fois où Arya y avait mis les pieds. Une brume inquiétante transformait les arbres en silhouettes fantomatiques. Les craquements et grincements de branches avaient des échos lugubres dans la nuit. Arya et Albus restaient collés à Hagrid qui se frayait un passage à travers la végétation, arbalète en main.

− Vous n'avez pas peur d'habiter là ? Demanda finalement Arya à Firenze.

Le centaure esquissa un demi-sourire.

− Bien sûr que non, même si c'est dangereux, nous ne craignons pas les autres créatures de ces bois. Cette forêt, c'est notre maison.

Soudain Hagrid et Firenze s'arrêtèrent. Albus et Arya les imitèrent. Entre les troncs, tels des cavaliers fantomatiques venaient d'apparaître d'autres centaures. Ils étaient une dizaine et restaient en retrait. Finalement l'un d'eux s'avança et Arya reconnu Bane, le centaure qui l'avait retrouvée quand elle s'était perdue avec Scorpius.

− Hagrid, le salua le centaure.

− Bane, répondit Hagrid.

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4 Firenze s'avança et salua Bane d'un signe de tête avant de se retourner vers Hagrid.

− Au revoir Hagrid, Arya, Albus ; que les étoiles veillent sur vous.

− Frienze s'avança vers les autres centaures et ils tournèrent le dos et s'enfoncèrent entre les arbres.

− Que faisait ce centaure chez vous ? demanda Albus.

Firenze est venu me mettre en garde. Des sorciers étrangers ont essayé de pénétrer les limites de Poudlard récemment. Et plusieurs fois, en tentant de passer par la Forêt Interdite.

− Qui sont-ils ? demanda Arya, intriguée.

− Je l'ignore. Mais j'en parlerais demain aux autres professeurs.

Hagrid se remis en marche.

− Les centaures n'ont vraiment pas l'air très amicaux, constata Albus.

− Non, et c'est pour ça que vous deux, vous ne devez pas venir ici. C'est d'autant plus inquiétant que des sorciers rôdent autour des limites de Poudlard...Nous ne sommes plus très loin. Ah voilà, c'était là, indiqua Hagrid en pointant un doigt vers une clairière.

Ils pénétrèrent dans la petite clairière noyée de brume.

− Quand j’ai vu ton père arriver, Albus, il venait de par-là, annonça-t-il en indiquant la direction du château.

Albus se contenta d’observer la clairière, silencieux. Arya devinait sans peine que c’était un sujet qu’Harry ne devait pas souvent aborder avec ses enfants. Parler de sa propre mort…

Elle sortit sa baguette.

− Lumos.

Albus l'imita et se mit à scruter le sol à ses côtés.

Au bout d'un moment, Arya dût se rendre à l'évidence. C'était impossible de couvrir du regard chaque recoin de la clairière. La Pierre avait très bien pu se retrouver cachée dans le méandre des racines ou enfoncée dans le sol, recouverte par les mousses.

− On ne la trouvera pas, fit Arya, dépité. Nous devrions revenir en plein jour.

− A qui souhaites-tu parler ? demanda Hagrid.

Arya hésita avant de répondre.

− Mon grand-père. J'ai besoin de savoir certaines choses...

− Et ces choses, lui demanda-t-il d'une voix compatissante, tu n'as pas un autre moyen de les connaitre ? Quelqu'un qui connaissait aussi Grindelwald ?

− Ma grand-mère, répondit Arya. Mais elle ne m'a jamais parlé de lui. Et je lui en veux beaucoup pour ça. Pourquoi m'en parlerait-elle maintenant ?

− Tu devrais lui demander, ajouta Albus. Elle t'a caché qui il était vraiment, à mon avis tu as le droit d'exiger qu'elle s'explique.

Arya dût admettre qu'il avait raison. Dépitée elle rangea sa baguette. Albus s’empressa de l’imiter. Soudain consciente du malaise que ressentait Albus à être dans cet endroit, Elle demanda à Hagrid de les reconduire chez lui.

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5 Albus et Arya retrouvèrent Rose chez Hagrid. Crockdur avait abondamment bavé sur sa robe de sorcier et la jeune fille paraissait soulagée de les voir revenir.

− Vous avez trouvé ce que vous cherchez ? Demanda-t-elle.

Albus fit non de la tête.

− Allez, il est temps que vous regagniez vos dortoirs ! Déclara Hagrid. Et à l'avenir, si vous voulez me rendre visite, évitez de faire ça pendant la nuit !

− Merci beaucoup de nous avoir aidés, le remercia Arya.

− Ce n'était rien, répondit-il d'une voix bourrue. Allez filez !

Albus, Arya et Rose traversèrent le parc en courant, Arya avait l'impression de flotter dans la nuit et dans le brouillard. Ils atteignirent les portes du château, essoufflés.

Ils attendirent quelques instants, tendant l'oreille aux éventuels bruits de pas provenant du château, avant de pénétrèrent dans le hall désert en se faisant le plus discret possible. Les torches suspendues aux murs avaient été éteintes et il régnait dans le château une obscurité quasi complète. A la lueur de leurs baguettes ils gravirent les escaliers quarte à quatre. Ils purent enfin reprendre leurs souffles dans les escaliers mobiles.

− Surtout Rose, pas un mot à quiconque sur notre sortie du soir, fit Arya.

Rose hocha la tête, elle était aussi impliquée dans l'escapade nocturne, et elle n'avait pas spécialement envie qu'on découvre qu'elle avait enfreint le règlement.

− Il est possible que les filles de notre dortoir aient remarqués notre absence. Qu'est-ce que je dis si on me pose des questions ?

− Si jamais on nous demande, on a qu'à dire qu'on cherchait des passages secrets, inventa Arya. Se sera surement moins terrible que si on raconte notre balade dans la Forêt Interdite...

L'escalier s'était enfin arrêté. Ils s'engouffrèrent dans le couloir menant à la tour des Gryffondors.

− Hagrid est vraiment très sympa, fit Arya.

− Oui, très, approuva Albus. En plus je suis sûr qu'il ne dira rien aux autres professeurs, et même à mon père, bien qu'il soit très ami avec.

− Tant mieux. Je n'ose pas imaginer la tête de mes parents s'ils apprenaient que je suis en retenue, murmura Rose. Mes parents ont beau connaître Hagrid, eux aussi, ils seront surement furieux de savoir que je me balade en dehors du château en pleine nuit.

− Tu aurais dû venir avec nous dans la forêt, on a vu les centaures, expliqua Albus d'une voix réjouie.

− Vraiment ? demanda Rose, intéressée. Le troupeau de ce Firenze, qui était chez Hagrid ?

− Je ne sais pas si on peut parler de « troupeau », rigola Arya en imaginant les fières centaures comparés à un troupeau de banales vaches...On devrait plutôt dire « son peuple », je pense.

− Et bien ce peuple est très austère, affirma Albus. Je n'aimerai pas tomber sur eux alors que je me balade seul et surtout...

− Stop ! S'exclama soudain Arya.

Une lueur vacillante venait d'apparaître au bout du couloir. Quelqu'un venait droit sur eux.

− Cachons-nous ! Chuchota Albus, paniqué.

Arya ouvrit la première porte sur sa droite : c'était un placard à balais étroit et encombré.

− Allez, entrez !

Arya se retrouva plaquée contre le mur du fond. Albus referma la porte sur eux.

− C'était quoi ? Demanda Rose d'une voix étouffée.

− Quelqu'un qui venait pars ici, chuchota Albus.

− Taisez-vous ! Leurs intima Arya.

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6 Albus et Rose se turent. Il régnait dans le placard à balais un silence tellement profond qu'Arya pouvait entendre son cœur battre.

− Il doit être partit, souffla Albus après plusieurs longues minutes de silence.

− Oui, sortons !

Arya n'en pouvait plus d'être tassée au fond, au milieu des balais.

Ils sortirent prudemment dans le couloir obscur. Il faisait nuit, c'était difficile de distinguer clairement les objets et les portes mais le couloir semblait désert.

− Ouf ! On a eu chaud ! S'exclama Albus, soulagé.

− Je ne dirais pas ça à votre place, monsieur Potter !

Albus, Arya et Rose sursautèrent et la baguette du professeur McGonagall éclaira les ténèbres.

La directrice des Gryffondors se tenait devant eux, avec un regard de faucon enragé.

− Monsieur Potter, mesdemoiselles Weasley et Grindelwad, puis-je savoir ce que vous faites dans un placard à balais au beau milieu de la nuit ?

Son ton était lourd de menaces et Arya sentit les autres se faire tout petits.

− Alors ?

− On...on cherchait des passages secrets, bredouilla Rose de manière si convaincante qu'Arya elle-même faillit y croire.

− Des passages secrets ! Voyez-vous ça ! Vous allez retourner vous couchez immédiatement ! Concernant vous et monsieur Malfoy, Arya, sachez que je m’étais finalement abstenue de vous imposer une retenue. Je m’étais dit que votre chute et votre errance dans la Forêt Interdite était une punition bien suffisante. Je me rends compte à présent que j’avais tort. Vous êtes tous les trois en retenue jusqu'à nouvel ordre.

− S'il vous plaît professeur, c'est moi qui les ais entraînés avec moi, avoua la jeune fille.

− Et ils vous ont suivis. Ils sont en retenue, ceci est non négociable.

− Mais ils n'ont...

− Ça suffit !

Les yeux du professeur semblaient prêts à lancer des éclairs.

− Mademoiselle Grindelwald c'est la deuxième fois que je vous trouve au mauvais moment, au mauvais endroit. Je vous demanderais de bien vouloir vous calmer et de respecter le règlement.

Arya déglutit. Elle sentait qu'elle allait regretter cette sortie nocturne pendant longtemps.

La semaine s'écoula sans incident et Arya avait l'impression de passer son temps à esquiver le professeur McGonagall et à se faire si discrète pendant son cours qu'elle pensait sérieusement qu'elle allait finir par devenir invisible.

Elle se sentait d'humeur maussade. Elle n'avait pas pu trouver la pierre et pour couronner le tout, elle avait écopé d'une retenue, s'ajoutant à celle que McGonagall lui avait déjà donné par le passé. Demeurer ainsi sans réponse à ses questions et sans le moindre indice la rongeait,

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7 si bien qu'un matin, sitôt levée elle attrapa une plume et une feuille de parchemin pour rédiger la lettre à sa grand-mère. Elle griffonna quelques instants et relus sa missive, satisfaite.

« Chère Grand− mère.

J'espère que tu vas bien, moi oui, ma rentrée à Poudlard s'est à peu près bien passée. Il faut que nous parlions de mon grand-père. Le plus vite possible. J'ai besoins de comprendre. Tu aurais dû savoir que je poserais toutes ces questions, tu aurais dû m'en parler il y a longtemps.

J'attends ta réponse au plus vite.

Arya. »

Albus l'attendait à la grande table au petit déjeuné. Il avait l'air mortifié et ne cessait de jeter des regards inquiets à la table des professeurs

− Qu'est-ce que tu regardes ? Lui demanda Arya au bout d'un moment.

− Je surveille le moment ou McGonagall va aller parler à mon père.

Potter n'était toujours pas au courant de la retenue d'Albus. Arya jeta à son tour un œil à la table des professeurs.

− Ton père n'est pas là. Détends-toi.

Albus poussa un petit soupir nerveux et attrapa la Gazette du Sorcier que quelqu'un avait laissé à la place vide à côté de lui. Albus parcourut rapidement les titres.

− Tiens, encore un sorcier qui a disparu. C'est le deuxième depuis la rentrée. Ordre de Merlin...

− Ils sont peut-être en vacances, répondit Arya qui s'en fichait pas mal. Tu veux lire la lettre que je vais envoyer à ma grand-mère ?

− Si tu veux.

Arya lui tendis le petit bout de parchemin. Albus le déroula et lu rapidement la missive.

− Heu... c'est un peu sec comme lettre non ?

− C'est mieux que « ramène toi on doit s'expliquer », non ? J'avais prévu de lui envoyer ça au départ.

Albus sourit.

− Arya, tu es vraiment....

Mais Arya ne sut jamais ce qu'elle était car c'est le moment que choisirent deux chouettes effraies pour atterrir dans son bol de chocolat.

Elle échangea un regard effrayé avec Albus. Les deux chouettes tendaient la patte, l'invitant à prendre le courrier.

Albus l'aida à détacher l'enveloppe de la seconde chouette tandis qu'Arya détachait avec des gestes tremblants l'autre lettre qui lui était adressée. Sans demander leurs restes, les deux oiseaux s'envolèrent.

Arya regarda les deux enveloppes brunes. Elles étaient en tous points identiques.

Machinalement elle jeta un regard à la table de Serpentard. Scorpius l'observait.

Avec appréhension, Arya ouvrit la première enveloppe. Bien qu'elle s'y attendait, elle eut un frisson en sortant la marque dessinée au sang sur une feuille pliée en quatre. Elle la, sans un mot, à Albus avant d'ouvrir la seconde enveloppe. A intérieure de celle-ci, il n'y avait pas de message avec la marque. Juste une photo... Une photo de sa maison.

− Qu'est-ce que ça veut dire ? Fit-elle dans un souffle.

− C'est chez toi ?

− Oui.

(8)

8 Arya sentit son pouls s'accélérer quand elle pensa à sa mère. Elle pressentait là une effroyable menace. Elle serra les points, refoulant les tremblements qui l’avaient brièvement secouée. Il fallait agir vite.

− Je dois aller là-bas ! Décida-t-elle en se levant, sentant une bouffée de panique monter en elle.

− Comment ?

− Le Pendentif...

− Tu ne l'as plus...

− Je vais le chercher...

− Mais mon père...

− James va m'aider.

Arya gagna le hall à grand pas, suivie d'Albus qui devait presque courir pour rester à sa hauteur.

− Arya, tu ne crois pas que ça a assez duré et que tu devrais en parler à un professeur ? La jeune fille s'arrêta brusquement.

− Jamais ! Je ne veux pas qu'on me découvre mêlée à une quelconque histoire de mage noir ! Je vais demander à James de m'aider, il sait où ton père range ses affaires, je dois aller voir si ma mère va bien ! Elle est peut-être en danger !

Albus hocha la tête. Arya lui tendis la lettre de sa grand-mère.

− Envoie ça pour moi s'il te plaît.

Avant qu'il n'ait eu le temps de protester, Arya partit en courant vers la Salle Commune, en priant pour y trouver James.

Elle tomba sur Fred et James au moment même où ceux-ci s'apprêtaient à partir en cours.

− James, j'ai besoins de toi, fit-elle essoufflée.

Arya lui expliqua rapidement la situation.

− Pas de problème, Arya. Il a sûrement mis ton Pendentif dans un de ses tiroirs de bureau viens.

Fred et Arya suivirent James qui le mena devant une vieille tenture, non loin de la salle de classe de défense contre les forces du mal, qu'il écarta, livrant un passage secret.

− On sera plus rapide comme ça.

En effet ils arrivèrent rapidement dans une petite salle jouxtant la salle de classe de Potter.

− Il met ses affaires là, expliqua James.

− Procédure habituelle ? Demanda Fred d'un ton très professionnel.

− Oui.

James sortit sa baguette.

− Alhomora !

La porte pivota sur ses gonds comme pour les inviter à entrer.

James l'entraîna à l'intérieur et referma la porte sur eux.

− Et Fred ?

− Il fait le guet.

La pièce était petite et plus qu'on bureau, elle servait surtout à entreposer des dossiers et des affaires. Sans hésiter, James ouvrit l'un des tiroirs en usant du même sortilège.

− Haha ! S'exclama-t-il au bout d'un moment.

− Tu l'as ?

− Heu non désolé, c'est juste la Carte du Maraudeur.

(9)

9 James fourra la carte du maraudeur dans sa poche et ouvrit un second tiroir.

− Je l'ai ! S'écria-t- il ravit.

Il lui jeta le pendentif qu'Arya attrapa au vol.

− Tu sais comment faire ?

− Je crois que oui.

Arya passa le pendentif à son cou et serra le caducée d'Hermès entre ses mains.

− Essaie de faire vite, l'avertit James.

− Je vais faire au mieux.

Arya ferma les yeux et se concentra sur l'image de sa maison.

L'espace d'un instant elle se sentit comme soulevée et une désagréable pression lui serra le ventre. Enfin ses pieds heurtèrent le sol brutalement et elle ouvrit les yeux.

Elle se trouvait sur une colline, à quelques pas de sa maison. Secouée, elle réprima un haut-le-cœur avant de se précipiter sur le chemin de sa maison. A peine eut-elle atteint la porte de sa maison qu'elle sut que quelque chose clochait.

Une énorme copie du symbole avait été peinte en rouge sur la porte. Arya sentit la peur l'envahir, elle poussa la porte de la maison et entra précipitamment.

− Maman ! Cria-t-elle avec énergie.

− Arya ?

Sa mère surgit de la cuisine, un tablier autour de la taille et les mains enfarinées.

− Mais qu'est-ce que tu fais ici ?

− Je...heu...

Sa mère avait l'air d'aller bien et elle l'observait, stupéfaite de la trouver ici. Arya se sentit tout à coup stupide.

− Je...je passais dans le coin et je me suis dit «pourquoi ne pas passer dire bonjour à maman»..., répondit-elle en sa balançant sur ses talons.

− Tu passais dans le coin ? Demanda sa mère. Tu es censée être à l'école. En Angleterre !

− Oui, c'est un truc magique, je peux me téléporter. Maman, qu'est-ce que c'est que ce signe sur la porte ?

− Aucune idée. Je me suis réveillée avec ça sur la porte, ce matin.

− Tu n'as pas vu ceux qui ont fait ça ?

− Non, et heureusement pour eux ! Fit sa mère en prenant un air menaçant.

− Tu devrais dormir chez une amie, ne pas rester seule ici...

− Arya je n'ai pas dix ans, à mon âge on ne fait plus de soirées pyjama chez des amis.

− Imagine que ceux qui l’on dessiné reviennent ?

− J'ai le fusil de chasse de ton oncle, sourit sa mère.

Arya resta un instant sans voix en train d'imaginer sa mère dégommant des sorciers à la carabine.

− Ha, d'accord, comme tu veux. Sois prudente. Je dois repartir. Je t'aime maman !

− Je t'aime Arya, répondit sa mère. Ne fais pas d'imprudence...

Arya serra son pendentif et repensa à l'obscur bureau où l'attendait James.

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10 Quand elle réapparut dans le bureau, elle manqua de s'évanouir et James la rattrapa à temps avant qu'elle ne s'effondre dans une pile de livres.

− Ça va ?

− Oui...c'est le voyage, je crois que ça puise dans mon énergie...

− C'est peut-être parce que tu franchis la barrière magique de Poudlard. Ça doit demander plus d'effort.

James attrapa le pendentif et le replaça dans le tiroir.

− Levons le camp !

− Attend encore un peu...

Arya se sentait épuisée.

− Non, on ne peut pas traîner trop longtemps ici, tu te reposeras en cours.

© Jess Abraxas

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