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BILAN DES RÉSULTATS OBTENUS DANS LE CADRE DU PROGRAMME APPUI POUR LES PROCHES AIDANTS D AÎNÉS AU BAS-ST-LAURENT

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BILAN DES RÉSULTATS OBTENUS DANS LE CADRE DU PROGRAMME APPUI

POUR LES PROCHES AIDANTS D’AÎNÉS AU BAS-ST-LAURENT

2010-2021

Appui Bas-Saint-Laurent

Marie-Hélène Chouinard, directrice générale ÉTÉ 2021

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PRÉAMBULE

Cinq (5) tableaux sont présentés en annexe à la présente analyse :

Tableau 1. Les sommes réservées et réellement utilisées par territoire de MRC selon l’approche de justice distributive adoptée par l’Appui BSL en 2012.

Tableau 2. L’utilisation du financement octroyé par volets de services (information, formation, soutien psychosocial et répit).

Tableau 3. Le nombre d’heures d’intervention « données » dans le cadre des projets financés (une activité d’une durée d’une heure =1 heure d’intervention donnée)

Tableau 3.1. Le nombre d’heures d’intervention « reçues » dans le cadre des projets financés (heures d’intervention multipliées par les proches aidants participants).

Tableau 4. La répartition du financement octroyé par types d’organismes/nombre de projets/valeur moyenne des projets soutenus.

Les pages qui suivent servent surtout à mettre de la « chair autour de l’os » aux données exposées dans les tableaux synthèses. Elles présentent une analyse sommaire des résultats atteints par la mise en place régionale du programme Appui pour le soutien aux proches aidants d’aînés. Il ne s’agit donc pas ici d’une analyse critique du déploiement réalisé, mais plutôt un exposé des principaux constats observés dans la réalisation de la mission adoptée par l’Appui Bas-Saint-Laurent en 2010. Quatre grands thèmes seront abordés :

• Le portrait des besoins des personnes proches aidantes au Bas-Saint-Laurent.

• L’approche de justice distributive adoptée pour soutenir un déploiement des services dans les huit (8) milieux locaux.

• Les résultats atteints en matière de déploiement des services et les effets perçus pour les personnes ciblées par l’offre de service.

• Les partenaires engagés dans l’innovation sociale visant l’amélioration de la qualité de vie des personnes proches aidantes.

L’Appui Bas-Saint-Laurent terminera officiellement son mandat régional au plus tard en octobre 2021 après 11 ans d’existence. Les développements qui ont pu être réalisés au cours de ces années sont les fruits de collaborations diverses et de partenariats ciblés.

Ceux-ci auront permis dans une certaine mesure de rejoindre les personnes proches aidantes dans leurs réalités, qui rappelons-le, sont multiples avec des impacts variables sur leurs conditions de vie et leur qualité de vie en tant que personne aidante.

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1. Le portrait des besoins des personnes proches aidantes au Bas-Saint-Laurent Quelques acteurs régionaux se préoccupaient dès 2008 de la qualité de vie des personnes proches aidantes. Dans la foulée de la consultation publique sur les conditions de vie des aînés, des organisations ont souhaité la mise en place d’un comité régional pour réfléchir à cette question des conditions de vie des personnes proches aidantes auprès des personnes aînées1 dans notre région. Avec la collaboration de la Conférence régionale des ÉluEs du Bas-Saint-Laurent, ce comité a été mis sur pied et ses travaux ont débuté par la réalisation d’une première enquête sur les besoins et les attentes prioritaires de ces personnes.

En 2009, l’Assemblée nationale adoptait la loi instituant le fonds de soutien aux proches aidants de laquelle naissait également la Société de gestion pour le soutien aux proches aidants. À la même période, le comité régional bas-laurentien recevait un premier portrait de situation relatif aux besoins et attentes des personnes proches aidantes. Il couvrait trois volets : un portrait de situation, une concertation régionale à mettre en place et une proposition d’offre de service pour les personnes proches aidantes.

Ce rapport identifiait à l’époque cinq (5) types de besoins prioritaires (dans l’ordre) :

Besoin de répit (service à domicile pour alléger leurs tâches, service de présence surveillance et répit à l’externe pour la personne aidée/centre de jour et hébergement temporaire).

Besoin d’écoute et de soutien (accompagnement, conseils individualisés et groupe d’échange).

Besoin d’un guichet unique pour de l’information (ressource d’information compétente avec orientation et référence à des ressources d’aide).

Besoin de soutien financier (compensation des pertes monétaires reliées au rôle)

Besoin de reconnaissance à l’égard du statut de proche aidant (condition préalable à l’obtention de services et d’une compensation monétaire).

La continuité des travaux du comité régional dans la réflexion et les étapes à franchir pour mieux répondre aux besoins des proches aidants s’est inscrite en lien avec les préoccupations soulevées dans le rapport de 2009. C’est ensuite à l’invitation de la Société de gestion pour le soutien aux proches aidants que la région a soumis en juin 2010, un projet concerté visant l’amélioration de la qualité de vie des aidants des personnes aînées. En septembre 2010 une entente permettait la création d’un premier2 Carrefour régional de services aux proches aidants des aînés (CRSA-BSL).

1 C’est suite à la signature d’une entente spécifique à l’automne 2008 entre la ministre responsable des Aînés (à l’époque Madame Marguerite Blais assumait cette responsabilité ministérielle), la Conférence régionale des éluEs du Bas-Saint-Laurent (CRÉBSL), le ministère des Affaires municipales et des Régions, l’Agence de la santé et des services sociaux du Bas-Saint-Laurent et l’Unité régionale de loisir et de sport du Bas-Saint-Laurent, qu’une table de travail régionale a été mise sur pied afin de dresser un portrait des besoins et attentes prioritaires des proches aidants.

2 Le Bas-Saint-Laurent a été choisi (avec la Montérégie et les Laurentides) comme région pilote pour débuter le processus de mise sur pied de ce qui allait devenir quelques années plus tard un réseau d’Appui régionaux à travers

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Lors de son implantation, le CRSA-BSL, alors constitué sous forme de table de

concertation régionale relevant de la Conférence régionale des éluEs du Bas-Saint-Laurent, a rapidement mis en œuvre les modalités organisationnelles prévues

dans le projet concerté déposé. Huit forums locaux ont été tenus ainsi qu’un forum régional. Ces exercices de consultation auront permis d’engager un début de mobilisation, d’établir un état de situation globale et de valider les besoins des personnes proches aidantes afin qu’une offre de service puisse se mettre progressivement en place pour y répondre.

Suivant l’analyse de la situation et des besoins3, le CRSA-BSL a pu confirmé qu’une réponse adéquate à ces besoins devait répondre aux caractéristiques suivantes :

• Des services de répit plus diversifiés pouvant répondre à des besoins différents, engendrés par des contextes de proche aidance différents.

• Des services d’information mieux regroupés pour que la personne proche aidante ait un endroit facilement accessible auquel elle peut référer.

• Des services d’accompagnements plus complets permettant à la personne proche aidante de recevoir un soutien individualisé près de son milieu de vie et la possibilité de participer à des échanges et de recevoir du support.

• Des services de formation et d’apprentissage plus accessibles pour les personnes proches aidantes confrontées à des maladies comme l’Alzheimer ou autres types de maladies apparentées et pour faciliter les interventions d’aide à la vie quotidienne que requièrent généralement les personnes âgées en pertes d’autonomie.

Durant le mandat régional 2011-2021 de l’Appui Bas-Saint-Laurent4 le portrait des conditions de vie des personnes proches aidantes, de leurs multiples réalités et de leurs besoins propres fut actualisé périodiquement. Les besoins identifiés et l’offre de service développée pour mieux y répondre sont demeurés des préoccupations constantes autant pour les acteurs concernés à divers paliers que par l’instance régionale elle- même.

Malgré leur absence de citation dans la nomenclature des besoins, il est important de rappeler que les services d’aide et de maintien à domicile de la personne aidée (AVD- AVQ — soins divers) sont au cœur des besoins de la dyade aidant-aidé. Leur organisation, leur accessibilité, leur stabilité, leur adaptabilité et leur qualité ont été mainte fois nommées comme autant de conditions essentielles à une amélioration significative de la qualité de vie des personnes proches aidantes.

Il faut aussi noter qu’environ 1000 personnes proches aidantes ont été rejointes annuellement grâce aux activités et services déployés par les organismes communautaires partenaires. Une forte majorité était des femmes (80 %). L’âge moyen des personnes proches aidantes rejointes était entre 60 ans et 66 ans5.

3 Suivant la réalisation des forums, les besoins prioritaires identifiés antérieurement (Enquête de 2009) sont demeurés pratiquement les mêmes.

4 Appellation commerciale des Carrefours régionaux de soutien aux aidants à compter de 2012-2013

5 Le lecteur est invité à consulter le portrait des proches aidants d’aînés actualisé en 2017 pour plus de détails.

Nous proches aidants d’aînés au Bas-Saint-Laurent. Novembre 2017. Appui Bas-Saint-Laurent.

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2. L’Approche de justice distributive adoptée pour soutenir le déploiement des

services au Bas-Saint-Laurent

Dès 2009, la volonté des acteurs sociaux6 d’améliorer les conditions de vie des proches aidants de la région était révélée par le rapport d’enquête7. De leur côté, des personnes proches aidantes consultées durant la démarche nommaient un manque de concertation et de communication entre les différents dispensateurs de services dans leur MRC et dans la région.

Dans les premières années de mise en place de l’Appui Bas-Saint-Laurent, s’allier la collaboration, mais surtout une véritable concertation des partenaires apparaissait sans contredit comme l’aspect le plus fluctuant et incertain du développement souhaité. Il fallait donc trouver une façon de rallier les acteurs à une cause commune qui impacterait favorablement et directement les personnes aidantes tout en étant en soutien aux structures communautaires de services. L’approche partenariale en découlant devait aussi s’inscrire dans le respect des capacités et du rythme des différents milieux locaux à déployer une offre de services adaptés.

L’Appui Bas-Saint-Laurent, suivant la convention signée avec la Société de gestion8 pour le soutien aux proches aidants, disposait pour la région d’une enveloppe financière lui permettant de soutenir le déploiement d’une offre de service dédiée spécifiquement aux personnes proches aidantes auprès d’aînés vivant à domicile9. Cette aide financière devait servir à soutenir le déploiement de quatre grands types de services : l’information, la formation, le soutien psychosocial, le répit.

Elle a été calculée ainsi : Population BSL

(65 ans +/2009) Per capita

(65 ans +) Budget annuel

alloué Budget total alloué à la région

2011-2021

36 492 15,90 $ 580 221 $ 5 802 210,00 $

6 Autant les organismes communautaires concernés que des représentants du RSSS-BSL.

7 Comité sur les proches aidants des personnes aînées dans le Bas-Saint-Laurent - Portrait de situation, concertation régionale et proposition d’offre de service – Juin 2009

8 Société de gestion du fonds de 200 000 000$ crée en 2009 suite à l’adoption de la loi 6 par l’Assemblée nationale du Québec. Le gouvernement du Québec est partenaire avec la Société de gestion de la famille Chagnon (Sojecci II Ltée) dans la création de ce fonds.

9Personnes qui contribuent, sans rémunération, au soutien de proches souffrant d’une incapacité significative ou persistante pouvant compromettre leur maintien à domicile. À terme, il est convenu qu’au moins 75 % des fonds soutiendront des services pour les proches aidants de personnes aînées atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de maladies apparentées, et jusqu’à 25 % des fonds soutiendront des services pour les proches aidants de personnes aînées en perte d’autonomie physique ou cognitive résultant d’autres incapacités significatives liées au vieillissement.

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L’Approche de justice distributive adoptée en 2012 était en quelque sorte le fer de lance de la stratégie globale entourant la mise en œuvre de la mission adoptée par l’Appui Bas-Saint-Laurent à l’égard des proches aidants d’aînés. Elle reposait sur quatre piliers :

• Une approche concertée impliquant une réponse concertée.

• Une répartition équitable des ressources associée à une utilisation judicieuse des fonds.

• Une volonté de pérenniser le travail fait localement par une prise en compte des initiatives en cours et des forces du milieu.

• Un souci de soutien adapté à la réalité de chacun des milieux.

Cette approche était fortement inspirée de modèles de développement social issus d’autres ententes sous la responsabilité de la Conférence régionale des ÉluEs du Bas-Saint-Laurent dont était issus l’Appui Bas-Saint-Laurent à cette époque. Elle s’inscrivait dans une logique de répartition équitable de fonds dédiés à l’ensemble de la région et assurait à chacun des huit territoires de MRC de recevoir sa juste part des fonds disponibles.

Dans un document d’information détaillé concernant l’application de cette approche,10 le texte suivant en expliquait les principaux fondements :

L’Appui Bas-Saint-Laurent souhaite que l’accent soit mis sur l’accessibilité des services et leur proximité avec la personne concernée. Elle souhaite également un rapport de collaboration plus tangible avec les acteurs locaux en reconnaissant leur capacité réelle à pouvoir lire la réalité des personnes proches aidantes auprès d’aînés de leur milieu et des mesures à mettre en place pour améliorer leur qualité de vie. La Table de concertation régionale constate également que même si tous les territoires de MRC ont des défis similaires à relever pour consolider et développer une offre de service pouvant répondre au mieux aux besoins des personnes proches aidantes de leur milieu, ils ne disposent toutefois pas tous des mêmes conditions et des mêmes leviers pour y parvenir.

Le rythme de développement de l’offre de service pour les proches aidants est donc différent d’un milieu à l’autre. Les buts poursuivis par l’adoption de cette approche sont donc :

• De permettre à toutes les personnes proches aidantes, peu importe leur lieu de résidence sur le territoire, d’avoir accès à du soutien par la mise en place concertée de projets de services et d’activités émergeant d’organismes communautaires.

• D’éviter que les sommes disponibles se concentrent dans quelques territoires seulement.

• De mieux tenir compte de la dynamique de chaque territoire dans le déploiement d’une offre de service aux personnes proches aidantes.

• De permettre aux partenaires locaux d’avoir une vision à long terme du soutien financier disponible, assurant ainsi une meilleure planification et non la planification de projets à la pièce ou à courte vue.

10 Document de gestion. Soutien au déploiement de l’offre de service au Bas-Saint-Laurent. Document d’information pour les membres de la Table L’Appui BSL. Marie-Hélène Chouinard, dg. 2012.

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• De tenir compte des réalités de notre région : grandes distances à parcourir, faible densité de population dans certains territoires, défavorisation matérielle ou sociale de nos populations.

La répartition de l’enveloppe s’est donc effectuée sur la base de trois indices socioéconomiques reconnus : la défavorisation matérielle et sociale, la population de plus de 65 ans, ainsi que la densité/dispersion de la population.

Dans ce nouveau contexte, chaque territoire de MRC se voit attribuer une enveloppe locale dont il peut véritablement influencer l’utilisation. Pour ce faire un devis d’intention est demandé pour chaque MRC. Ce devis présente à la fois une vision et un cadre local d’intervention (orientations, axes d’intervention, objectifs prioritaires) permettant de guider les acteurs locaux dans la mise en œuvre de stratégies liées à la consolidation ou au développement de l’offre de service pour les personnes proches aidantes auprès d’aînés de leur MRC.

À la fin de la période prévue de distribution selon l’approche adoptée, le portrait des enveloppes de soutien au déploiement des services se présente ainsi :

Territoires de MRC

(projets réalisés) Enveloppes

dédiées/MRC Fonds décaissés

au 31-03-2021 Soldes non utilisés /non engagés

Kamouraska (13) 440 849 $ 578 117 $ 0 $

Rivière-du-Loup (7) 516 846 $ 439 428 $ 77 418 $

Témiscouata (13) 512 388 $ 441 879 $ 70 509 $

Basques (12) 352 308 $ 397 219 $ 0 $

Rimouski-Neigette (10) 577 645 $ 487 539 $ 90 106 $

Mitis (9) 432 009 $ 383 644 $ 48 365 $

Matapédia (7) 521 656 $ 448 078 $ 73 578 $

Matanie (13) 531 235 $ 471 730 $ 59 505 $

S-totaux enveloppes

dédiées MRC 3 884 936 $ 3 647 633 $ 419 481 $ Enveloppe régionale

— projets 175 064 $

Distribués :

15 165 $ 159 899 $ S-totaux enveloppes

BSL 2011-2021 4 060 000 $ 3 647 633 $ 579 380 $ Enveloppe extra

(avril 2017) (Janvier 2021-

Bonification de projets)

182 271 $

18 544 $

Distribués : 172 937 $

18 544 $ 9 334 $

0 $

Totaux 4 260 815 $ 3 647 633 $ (86 %) 588 714 $ (14 %)

84 projets réalisés dont la durée varie (1 an, 2 ans, 3 ans) ce qui explique l’écart de nombre entre les territoires de MRC.

• Un investissement moyen de 43 424 $ par projets.

• Une vingtaine d’organismes communautaires ont pris part à la stratégie et certains sont demeurés engagés dans la cause de 2011 à 2021.

• Au total 86 % du financement disponible bonifié (4 260 815 $) a été utilisé. Sur le financement d’origine (4 060 000 $) le résultat serait de 90 %.

(8)

3.

Les résultats atteints dans le déploiement des services et les effets perçus chez les personnes ciblées par l’offre de service

Si la région peut globalement porter un regard satisfaisant sur le bilan du déploiement des services aux proches aidants d’aînés au cours des dix dernières années, il faut aussi faire le constat que les niveaux de concertation développés, les sommes investies et les résultats atteints dans le cadre des projets réalisés, n’ont pu assurer une réponse complète aux besoins des proches aidants d’aînés.

Sans emprunter le chemin désastreux creusé par la pandémie COVID-19 depuis le printemps 2020, un constat demeure : les nombreux efforts déployés pour mieux répondre aux besoins des proches aidants ciblés par le programme Appui, n’ont pas tous atteint la cible d’amélioration souhaitée de leur qualité de vie. Diverses raisons peuvent globalement expliquer ce résultat dont quelques-unes sont ici énumérées :

• L’innovation sociale à la base du programme a mis du temps à rejoindre les personnes proches aidantes visées en raison d’une très faible identification au concept même de proche aidant.

• Pour des raisons sociodémographiques, le développement et surtout l’accessibilité à des services d’aide et de soutien sont inégaux et variables d’une région à l’autre, d’une MRC à l’autre, d’une municipalité à l’autre.

• La capacité d’entrepreneuriat social est faiblement développée et peu soutenue : o La capacité des organismes communautaires à développer et maintenir des

services d’ordre psychosociaux pour de nouvelles clientèles est confrontée à un sous financement de leur mission de base, à un essoufflement de leurs ressources humaines et à la fragilité de leur structure organisationnelle ; o L’état de santé d’un nombre grandissant de personnes à aider et à soutenir

entrave parfois la capacité des organismes à pouvoir intervenir adéquatement ;

o L’implication et l’engagement collectif des milieux sont variables et sources d’essoufflement. Ces responsabilités sollicitant fréquemment un investissement en temps et en énergies chez un même groupe de personnes pour des « causes » différentes ;

• L’approche de financement par projet plutôt que par programme n’assure pas une stabilité des ressources humaines. La reddition de comptes est une source d’insatisfaction majeure pour les organismes partenaires menant parfois à un désistement ou à un refus d’adhésion à la stratégie.

• Les personnes proches aidantes ont besoin de plus de services de maintien à domicile pour la personne aidée (AVD-AVQ-soins divers) afin de trouver un équilibre de vie sain pour elles-mêmes. Elles les obtiennent rarement de manière personnalisée et en quantité suffisante ;

• Les multiples interventions nécessaires pour soutenir adéquatement les personnes proches aidantes ne peuvent relever uniquement d’une « sphère communautaire ». Elles exigent une offre et une organisation de services coordonnées et complémentaires entre plusieurs acteurs ; une démarche plus facile à conceptualiser qu’à mettre en place et à entretenir.

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La reconnaissance du caractère intrinsèque de la proche aidance a progressé, mais n’a pas encore atteint un niveau suffisamment important pour permettre aux personnes qui assument ce rôle avec une certaine intensité d’en cueillir les fruits.

Cependant, l’ensemble du travail réalisé au cours des dernières années n’a pas été vain puisque le Québec s’engage actuellement dans un virage important concernant la proche aidance :

• Une ministre responsable des personnes proches aidantes a été nommée.

• Un projet de loi (projet de loi # 56) a été sanctionné par l’Assemblée nationale visant à reconnaitre et à soutenir les personnes proches aidantes et prévoit :

§ L’adoption par le gouvernement d’une politique nationale pour les personnes proches aidantes ;

§ L’adoption tous les cinq (5) ans d’un plan d’action gouvernemental pour mettre en œuvre la politique ;

• L’expertise développée par les organisations en matière de soutien aux personnes proches aidantes est significativement importante et permettra assurément de bonifier les façons de faire dans le futur.

• Les personnes assumant un rôle de proche aidant sont mieux conscientisées aux défis pouvant être associés à cette situation qui n’est pas toujours un choix de vie.

L’éclairage mis sur les personnes aidantes, leurs réalités et leurs besoins s’est considérablement intensifié au cours des dernières années et tout mouvement de recul concernant le soutien aux personnes aidantes serait socialement considéré comme inacceptable dans l’état actuel des soins et services aux personnes vulnérables.

À la lumière de l’expérience vécue, des questionnements concernant certains aspects devraient trouver matière à réflexion pour la suite du déploiement et de la consolidation d’une offre de service aux personnes proches aidantes :

• Quels activités ou services sont à prioriser, pourquoi, pour qui, selon quelle fréquence, avec quelle intensité ?

• Est-ce qu’une approche par programme, tenant compte du niveau d’implication de la personne proche aidante et des exigences liées au rôle qu’elle doit assumer, répondrait mieux aux besoins et si oui, comment devrait- on « architecturer » cette approche ?

• La complémentarité des réseaux de la santé et des services sociaux et des organisations communautaires dans l’offre de service aux personnes proches aidantes pourrait-elle tirer parti d’une meilleure coordination, mais aussi, et surtout d’une répartition mieux définie des rôles (qui-fait-quoi : par qui, quand- comment-pour qui, et pourquoi) ?

• La circulation fluide d’informations entre les réseaux directement impliqués dans l’offre de service bénéficierait aux organisations impliquées, mais surtout aux personnes proches aidantes. Comment construire un modèle de

(10)

4. Les partenaires engagés dans l’innovation sociale de soutien aux personnes

proches aidantes d’aînés

Le tableau 4 fournit une image du financement octroyé régionalement par types d’organismes au cours des onze années où s’est écoulé le programme Appui (2010-2021). Bon an, mal an, une vingtaine d’organisations ont pris part au déploiement des services. Les huit territoires de MRC qui forment la région du Bas-Saint-Laurent sont couverts par une offre variable de services communautaires pour les personnes proches aidantes auprès d’aînés. Comme l’indique le tableau 2 présenté en annexe, les principaux volets de services offerts sont de nature psychosociale (81 %) ou de répit (19 %). Sans surprise, les centres d’action bénévole (CAB) et les entreprises d’économie sociale en aide domestique (EESAD) se démarquent en termes de soutien financier reçu (52 %/1 886 603 $). Ces organisations cumulent une expertise certaine en matière d’offre de services à leur communauté incluant les personnes aînées et leurs proches.

Leur participation au déploiement fut déterminante tant par sa constance que par son rayonnement. Les organismes dédiés qui occupent le second rang (35 % du financement/1 266 024 $) ont aussi été des acteurs clés et se sont rapidement inscrits comme des partenaires de choix dans l’offre de service. Finalement, d’autres organisations communautaires (14 % du financement/495 007 $) sont venues prêter main- forte à la stratégie de déploiement des services pour des personnes proches aidantes ayant des conditions particulières.

Déployer les services a demandé à tous les milieux des efforts de collaboration et de communication. Le niveau de concertation locale s’est développé de façon variable entre les différents partenaires. Les retombées sur le nombre de projets réalisés et leurs impacts (heures d’intervention données — tableau 3 et heures d’intervention reçues — tableau 3.1) en témoignent, mais ne peuvent expliquer à elles seules les résultats obtenus. Divers facteurs doivent être considérés : l’étendue géographique d’un territoire, la mobilité des personnes et la capacité à les rejoindre par l’offre de service, les responsabilités des personnes aidantes et les contraintes de temps qui y sont associées et finalement, l’intérêt individuel pour les services offerts. Par ailleurs, la possibilité de compter sur plus d’un organisme porteur de projets par milieu local c’est avérée incertaine et à parfois compromis le déploiement de services dans certains territoires de MRC. De plus, diverses problématiques d’organisation interne au sein même des organismes ont inévitablement influencé le rythme de déploiement au cours de l’expérience.

Il serait souhaitable que la consolidation du déploiement des services aux personnes proches aidantes passe par des changements aux modalités de financement.

Cependant, il est illusoire de penser que l’argent fourni aux milieux, comme seule condition gagnante, contribuera au succès de cette prochaine étape. Des enjeux d’essoufflement des structures de services communautaires, d’attractivité, de recrutement et de rétention de ressources humaines qualifiées, de vieillissement des populations et malheureusement de dévitalisation des milieux sont présents et influencent les potentiels de progression. Ces enjeux ne représentent pas que de simples défis à surmonter, ils sont source de nuisance pour la capacité de résistance et surtout de résilience des milieux dans la réponse aux besoins des populations de leur communauté.

(11)

Conclusion

L’expérience réalisée au cours de dix (10) dernières années n’est pas qu’une affaire de résultats. La démarche a été porteuse de changements dont les suites s’inscriront normalement dans l’amélioration des services aux personnes proches aidantes de tout horizon. En effet, l’éclairage mis plus spécifiquement sur les proches aidants d’aînés a contribué à mettre un tant soit peu en lumière d’autres personnes aidantes qui elles aussi demandent que de la considération et un regard juste soient portés sur leurs conditions de vie. Sans présumer que l’adoption d’une loi et la mise en place d’une politique viendront améliorer tous les aspects de la vie des personnes proches aidantes, il est permis de croire que les travaux en cours dont découleront des plans d’action quinquennaux ne pourront pas nuire.

L’organisation des services de soutien et de maintien à domicile demeure cependant une clé maitresse et il est plus que souhaitable que les sommes consacrées à ce domaine soient protégées, accrues, réellement investies et équitablement partagées pour le mieux-être des personnes en situation de besoin. Parmi ces personnes, plusieurs sont proches aidantes à des degrés variables et certaines ont un réel besoin de ces services pour équilibrer leur vie et ainsi poursuivre un rôle essentiel dans notre société, sans pour autant donner en sacrifice leur santé physique et psychologique.

Bien que ce message du « chez soi le premier choix » soit fréquemment véhiculé, il ne faudrait pas baisser la garde quant aux conditions incontournables à mettre en place pour en assurer la concrétisation, ni répéter les erreurs du passé où des personnes proches aidantes ont été, d’une certaine façon instrumentalisées, pour donner l’impression « qu’on y était ! ». Les prochaines années seront donc importantes pour les personnes proches aidantes et les organisations qui ont à cœur de leur offrir des services qui devront répondre à des besoins qui ne peuvent plus être négligés.

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ANNEXES

2011-2021

Tableau 1. Les sommes réservées et réellement utilisées par territoire de MRC selon l’approche de justice distributive adoptée.

Tableau 2. L’utilisation du financement octroyé par volets de services (information, formation, soutien psychosocial et répit).

Tableau 3. Le nombre d’heures d’intervention « données » dans le cadre des projets financés (une activité d’une durée d’une heure =1 heure d’intervention donnée)

Tableau 3.1. Le nombre d’heures d’intervention « reçues » dans le cadre des projets financés (heures d’intervention multipliées par les proches aidants participants).

Tableau 4. La répartition du financement octroyé par types d’organismes/nombre de projets/valeur moyenne des projets soutenus.

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Tableau 1. Les sommes réservées et réellement utilisées par territoire de MRC selon l’approche de justice distributive adoptée en 2012

Territoires de MRC

Bas-Saint-Laurent Enveloppes

dédiées Fonds engagés Soldes disponibles 2021-2022

Kamouraska 440 849 $ 578 117 $ 0 $

Rivière-du-Loup 516 846 $ 439 428 $ 77 418 $

Témiscouata 512 388 $ 441 879 $ 70 509 $

Basques 352 308 $ 397 219 $ 0 $

Rimouski-Neigette 577 645 $ 487 539 $ 90 106 $

Mitis 432 009 $ 383 644 $ 48 365 $

Matapédia 521 656 $ 448 078 $ 73 578 $

Matane 531 235 $ 471 730 $ 59 505 $

Enveloppe régionale

(ABSL — 2018) 175 064 $ 15 165 $ 159 899 $

Enveloppe extra (SG-2017) (SG 2021) 200 815 $ 191 481 $ 9 334 $

Totaux 4 260 815 $ 3 647 633 $ 588 714 $

• Un dernier appel à la prolongation des projets durant l’exercice 2020-2021 a été lancé en novembre 2020. Malgré les mesures sanitaires en place, tous les territoires avaient des projets en cours.

• À compter de 2021-2022, soit suivant l’année de transition du « modèle Appui », l’Appui national prend le relais du processus de financement de projets et transigera directement avec les organismes pour l’émission des aides financières.

***

Tableau 2. L’utilisation du financement octroyé par volets de service au 31-03-2021 11 (information, formation, soutien psychosocial et répit).

Territoire

Bas-Saint-Laurent (région 01)

Sommes engagées

(31-03-2021)

%/total

Volets de service couverts %/totaux

sommes investies par volet de service

Information

soutien psychosocial

formation répit

Secteur ouest

Kamouraska Rivière-du-Loup Témiscouata Basques

1 856 644 $

51 %

1 617 405 $

87 % (secteur ouest)55 %

239 239$

13 % (secteur ouest)34%

Secteur est

Matanie Mitis Matapédia Rimouski-Neigette

1 790 990 $

49 % 1 330 099 $

45 % 74 % (secteur est)

460 892 $

66 % 26 % (secteur est)

Totaux 3 647 634 $

100 % 2 947 503 $

81 % 700 131$

19 %

(14)

Tableau 3. Le nombre d’heures d’intervention « données » dans le cadre des projets financés (une activité d’une durée d’une heure =1 heure d’intervention donnée) /31-03-21 ___________________________________________________________________________________

Territoire

Bas-Saint-Laurent (région 01)

Sommes engagées

(31-03-2021)

%/total

Heures

de services données

%/total

Volets de service couvert %/totaux

nombre d’heures données dans les milieux Heures Heures___

information soutien psychosocial

formation

Répit

Secteur ouest

Kamouraska Rivière-du-Loup Témiscouata Basques

1 856 644 $

51 % 26 074

44 % 13 811

51 % 53 % (secteur ouest)

12 263

38 % 47 % (secteur ouest)

Secteur est

Matanie Mitis Matapédia Rimouski-Neigette

1 790 990 $

49 %

32 993

56 %

13 095

49 % 40 % (secteur est)

19 898

62 % 60 % (secteur est)

Totaux 3 647 634 $ 59 067

heures 26 906 heures

68 % 32 161 heures

32 %

Tableau 3.1. Le nombre d’heures d’intervention « reçues » dans le cadre des projets financés (heures d’intervention multipliées par les proches aidants participants) /31-03-2021

Territoire

Bas-Saint-Laurent (région 01)

Sommes engagées

(31-03-2021)

%/total

Heures

de services reçues

%/total

Volets de service couvert %/totaux

nombre d’heures reçues par les personnes proches aidantes

Heures Heures___

information soutien psychosocial

formation

répit

Secteur ouest

Kamouraska Rivière-du-Loup Témiscouata Basques

1 856 644 $

51 %

53 636

52 %

41 347

59 % 77 % (secteur ouest)

12 228

23 % (secteur ouest)37 %

Secteur est

Matanie Mitis Matapédia Rimouski-Neigette

1 790 990 $

49 %

50 228

48 %

29 213

58 % (secteur est)41 %

21 016

42 % (secteur est)63 %

Totaux 3 647 634 $ 103 864

heures 70 560 heures

68 % 33 304 heures

32 %

N.B. (beaucoup d’heure d’activités de sensibilisation ou d’information visant un public en général n’ont pas été comptabilisées annuellement, mais ont contribué à mettre en valeur la notion de proche aidance)

(15)

Tableau 4. La répartition du financement octroyé par types d’organismes/nombre de projets/valeur moyenne des projets soutenus.

Place

occupée/rang financement reçu

Types

d’organismes Financement

obtenu au % Nombre de projets

Valeur moyenne des projets financés 1er rang

41 % du nombre de projets financés

(35) et 52 % du financement

octroyé

(1 886 603 $)

Centres d’action

bénévole (4) 1 048 065 $ 29 % 19 55 161 $

Entreprises d’économie sociale en aide domestiques (3)

838 538 $ 23 % 16 52 409 $

2e rang 33 % du nombre de projets financés

(28) et 35 % du financement

octroyé

(1266 024 $)

Maison des Familles

(1) 295 859 $ 8 % 3 +

1 projet ponctuel

98 620 $ Organisme de

soutien aux

proches aidants (1) 364 752 $ 10 % 10 36 475 $ Centre

communautaire

ainés/aidants (1) 301 544 $ 8 % 4 75 386 $ Centres des

Femmes (3) 303 869 $ 8 % 10 30 387 $

3e rang 25 % du nombre

de projets financés (21)

et 14 % du financement

octroyé

(495 007 $)

SABSL (1) 256 159 $ 7 % 11 23 287 $

Maison de fin de

vie (1) 118 777 $ 3 % 2 -

Autres (5) 120 071 $ 3,5 % 8 15 009 $

Totaux 3 647 634$ 100 % 84 43 424 $

1) La MME a obtenu deux financements de projet : un premier de plus de 100 000 $ et un second moins de 16 000 $

MHC/23-06-2021

(16)

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