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Ostépoporose: une urgence

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Ostépoporose: une urgence

LAMY, Olivier, UEBELHART, Brigitte Florence

LAMY, Olivier, UEBELHART, Brigitte Florence. Ostépoporose: une urgence. Revue médicale suisse , 2019, vol. 15, no. 647, p. 807-808

PMID : 30994981

Available at:

http://archive-ouverte.unige.ch/unige:123836

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ÉDITORIAL

WWW.REVMED.CH

17 avril 2019

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Ostéoporose : une urgence

Pr OLIVIER LAMY et Dr BRIGITTE UEBELHART L’ostéoporose est une maladie systémique

caractérisée par une diminution de la masse osseuse et une altération de la microarchi­

tecture conduisant à un risque accru de frac­

tures. En Suisse, 450 000 personnes en sont atteintes, et chaque année on recense 75 000 fractures ostéoporotiques. Cette jeune disci­

pline (la définition date de 1993) a bénéficié des outils modernes des investigations non invasives et de l’épidémiologie. Mais elle a souffert de nombreux écueils. Malgré des campagnes régulières de sensibi­

lisation, le constat est implacable.

La maladie reste sous­diagnos­

tiquée et sous­traitée. Pire, les traitements reculent. Erreurs de communication ? Manque d’intérêt des pouvoirs politiques ? Erreurs stratégiques de l’industrie phar­

maceutique ? Erreurs dans les axes de recherche clinique ? Ces ré­

flexions sont abordées brièvement sous l’angle des fractures, des traitements et de la prévention.

FRACTURES

La prédiction du risque fracturaire sur la base du FRAX doit être améliorée et intégrer des données sur la sarcopénie (masse et fonction musculaires) et les risques de chute. Trop longtemps, l’attention s’est portée sur les fractures de la hanche et vertébrales, alors que les autres fractures ostéoporotiques sont beaucoup plus nombreuses et engendrent beaucoup plus de coûts (article Chevalley et coll.). La prise en charge de la fracture vertébrale reste insuffisante et la place de la vertébroplastie incertaine (article Brülhart et coll.). Les filières de la fracture ont démontré leur efficacité. Elles augmentent le taux de traitement et d’adhérence, et diminuent la refracture et la mortalité.1 Malheureusement, ni les services de santé publique ni les direc­

tions d’hôpitaux n’investissent dans ces filières, ou trop partiellement. A défaut de s’occuper de la prévention primaire, il y a urgence à s’occuper de la prévention secon­

daire, car c’est dans ces situations que le risque imminent de fractures est le plus élevé (article Uebelhart et coll.).

TRAITEMENTS

Il y a urgence à débuter un traitement après une fracture. Il est probablement nécessaire de développer de nouvelles stratégies en termes d’informations et de traitements. Les anabolisants osseux ayant un effet plus rapide, ils seraient ici particulièrement indi­

qués, mais leurs coûts, leurs contre­indica­

tions d’utilisation (néoplasie, antécédent de radiothérapie) et leurs limitations d’utilisa­

tion à 24 mois une fois dans la vie sont des freins à une large utilisation. Les traitements anti­

résorbeurs, bien qu’efficaces, sont de moins en moins prescrits, avant tout par crainte des effets secondaires de la part des patients et de certains professionnels. En grande partie responsables de cette situation, les industries phar­

maceutiques, dont la stratégie marketing a consisté à nier certains effets indésirables.

Ainsi en a­t­il été avec le risque d’ostéo­

nécrose de la mâchoire avec les bisphospho­

nates aux doses ostéoporotiques. On ne peut nier ou minimiser un risque qui est proche de 1/2500. Ainsi en est­il avec l’effet rebond à l’arrêt du dénosumab, connu depuis 2008, et dont aucune étude à ce jour n’a évalué des stratégies de prévention. Et que dire des fractures vertébrales multiples spontanées pouvant survenir pendant cet effet rebond, qui, pour l’Agence européenne du médica­

ment, n’existent pas ? Reconnaître les effets indésirables et trouver des solutions, telle est la demande des patients et des médecins qui les soignent. Les incertitudes liées à l’utilisa­

tion du dénosumab en ont fait un traitement de deuxième choix pour les centres romands du sein (article Biver). D’autres auteurs ont même proposé de ne plus l’utiliser.2 Le CHUV et les HUG se sont unis pour proposer des solutions (Gonzalez Rodriguez et coll.).

PRÉVENTION

Elle implique toujours une vision globale de la santé. L’exercice physique et l’éviction du tabac en sont de bons exemples. Il a fallu de longues années pour réhabiliter le traitement Articles publiés sous

la direction de

OLIVIER LAMY Centre des maladies

osseuses, Département de l’appareil locomoteur et Service de médecine interne, Département de médecine, CHUV, Lausanne

BRIGITTE UEBELHART Service des maladies

osseuses, Département de médecine interne, HUG, Genève

QUE DIRE DES FRACTURES VERTÉBRALES

MULTIPLES SPONTANÉES QUI, POUR L’EMA,

N’EXISTENT PAS ?

Bibliographie 1

Aubry-Rozier B, Stoll D, Gonzalez Rodriguez E, et al. Impact of a fracture liaison service on patient management after an osteoporotic fracture : the CHUV FLS.

Swiss Med Wkly 2018;148:w14579.

2

Abo Loa C, Livio F.

Pharmacovigilance update. Rev Med Suisse 2019;15:92-5.

3

Bolland MJ, Grey A, Avenell A. Effects of vitamin D supplementation on musculoskeletal health : a systematic review, meta-analysis, and trial sequential analysis.

Lancet Diabetes Endocrinol 2018;6:847-58.

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REVUE MÉDICALE SUISSE

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hormonal de la ménopause qui offre en plus chez de nombreuses femmes un bénéfice cardiovasculaire (article Papadakis et coll.).

La place du calcium et de la vitamine D en prévention a fait l’objet de trop nombreuses publications avec des résultats contradic­

toires et un bénéfice présent uniquement lors de déficits. Des effets miraculeux attri­

bués à la vitamine D, il ne reste que peu et même son bénéfice sur la prévention de la chute est remis en cause.3 Elle a cependant toujours sa place dans le traitement de

l’ostéomalacie et de l’ostéoporose. La con­

sommation ou non de produits laitiers fait l’objet de croyance. Mais si vous pensez qu’ils sont délétères pour les os, n’oubliez pas qu’ils diminuent la mortalité cardiovasculaire de 23 % et le risque d’AVC de 34 %, comme ceci a été démontré dans une large enquête menée sur les cinq continents.4

Nous espérons que ces articles vous seront utiles. A consommer avec un produit laitier au soleil !

Bibliographie 4 Dehghan M, Mente A, Rangarajan S, et al.

Association of dairy intake with cardiovascular disease and mortality in 21 countries from five continents (PURE) : a prospective cohort study. Lancet 2018;392:2288-97.

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