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Article p.227 du Vol.43 n°5-6 (2013)

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ÉDITORIAL /EDITORIAL

Enseigner l ’ endoscopie digestive en 2013

Teaching digestive endoscopy in 2013

G. Lesur

© Springer-Verlag France 2013

André Gide avec son sens de la formule le disait il y a long- temps déjà : « Un bon maître a ce souci constant : enseigner à se passer de lui ». Tel doit être, par exemple, l’objectif en endoscopie digestive : apprendre au jeune en cours de for- mation à acquérir expertise et autonomie. En quelque sorte, à savoir faire bien, vite et si nécessaire seul.

Ce numéro d’Acta Endoscopica contient pour la pre- mière fois un dossier thématique, ici consacré à l’enseigne- ment de l’endoscopie digestive qui, je l’espère, vous inté- ressera. En effet, quoi de plus important et de gratifiant que la transmission de gestes quotidiens qui peuvent sauver des vies mais qui sont aussi parfois à risque de complications ? Trop longtemps, l’endoscopie a été le parent pauvre de l’enseignement de la spécialité « maladies de l’appareil digestif ». Il faut dire qu’à l’époque, ceux qui avaient le pouvoir d’organiser l’enseignement tenaient l’endoscopie en piètre estime… sans parler même de ceux qui la prati- quaient. La formation en endoscopie était alors acquise grâce au seul compagnonnage et personne ne vérifiait rien des acquis ni des éventuels manques en endoscopie des gas- troentérologues en fin de formation. De plus, cette forma- tion était entièrement dépendante de la disponibilité (inconstante !), de l’humeur (qu’on espérait bonne !) et des qualités pédagogiques (variables !) des endoscopistes des différents services dans lesquels l’apprenant passait.

Tout le monde savait d’ailleurs à l’époque où ne pas aller et surtout où aller pour progresser en endoscopie. Cet ensei- gnement était donc par nature inégal et inégalitaire, laissant certains très malhabiles et imparfaitement formés à la fin de leur cursus. Advienne que pourra après !

Ce temps est heureusement définitivement révolu. Car le monde change et il lui arrive même parfois d’aller dans le bon sens. Ainsi, en 1996 en Île-de-France, l’évaluation pra- tique en endoscopie digestive en fin de cursus du DES

d’hépatogastroentérologie devenait un passage obligé per- mettant de s’assurer que les bases de l’endoscopie avaient été assimilées. Puis, en septembre 2001, à l’initiative de Denis Sautereau naissaient les « Universités d’Endosco- pie », centre de formation dédié à l’endoscopie sur l’animal et utilisant le désormais célèbre modèle « EASIE® ».

Depuis sa création, ce centre a accueilli 2250 gastroentéro- logues, d’abord et avant tout des internes en formation mais aussi de plus en plus des gastroentérologues déjà expérimentés, exerçant parfois hors de France, et venant y chercher une formation continue de qualité et/ou appren- dre de nouvelles techniques. L’étape la plus récente de cette professionnalisation de la formation en endoscopie est certainement l’introduction de la simulation électro- nique (les robots) lors de la formation initiale. On remar- quera au passage que dans le rapport sur la simulation médicale publié en juin 2013, la HAS a émis dix recom- mandations avec pour objectif éthique premier « jamais la première fois sur le patient ». Cette formation initiale en endoscopie digestive, avant le contact avec le malade, doit donc être développée et encouragée. Si elle est essentielle au premier temps de la formation, en aucun cas elle ne rend caduque le compagnonnage, temps toujours essentiel de la formation ultérieure à des actes diagnostiques comme thérapeutiques.

Xavier Dray, très investi depuis longtemps sur cette thé- matique de l’enseignement de l’endoscopie digestive et membre du comité de pilotage du DES d’hépatogastroenté- rologie d’Île de France, était sans doute le mieux placé pour coordonner ce dossier dédié à la formation pratique en endo- scopie digestive en France en 2013. Yann Le Baleur et Marine Camus, jeunes endoscopistes, tous deux également investis dans cette formation, se sont quant à eux intéressés respectivement à l’apprentissage de l’endoscopie haute, de la coloscopie diagnostique, de la polypectomie et de la muco- sectomie et des techniques d’hémostase endoscopique.

Qu’ils en soient ici remerciés. Bonne lecture !

PS : Si vous souhaitez qu’Acta Endoscopica aborde d’autres thèmes sous forme de dossier thématique, n’hésitez pas à me faire part de vos souhaits à l’adresse électronique ci-dessous.

G. Lesur (*)

Rédacteur en chef de la revue,

hôpital Ambroise Paré, 9, avenue Charles de Gaulle, F-92104 Boulogne-Billancourt cedex

e-mail : [email protected] Acta Endosc. (2013) 43:227 DOI 10.1007/s10190-013-0361-x

Cet article des Editions Lavoisier est disponible en acces libre et gratuit sur archives-acen.revuesonline.com

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