N°438 du vendredi 29 Janvier 2021, Rohero 2, Av. Moso n°25, Tél.: 22 27 78 68
SOCIETE ENVIRONNEMENT
GOUVERNANCE
Un projet de suivi de la montée des eaux du lac Tanganyika mis en place (page 8)
Vendeuses de brochettes, elles s’en sortent pas mal (page 9) Quand Lumitel se rend coupable d’une
extorsion de courant électrique (page 4)
Extorsion de courant électrique LATAWAMA Vendeuses de brochettes
ANAGESSA (page 3)
Une stratégie pour combattre la spéculation
Un décret portant mise en place de l’Agence Nationale de Gestion du Stock a été signé le 18 janvier 2021. Elle a pour mission la gestion de la production agricole, animale et halieutique. Cela de la production à la commercialisation.
Burundi Eco - Vendredi, 29 Janvier 2021 - n°438
EDITORIAL
Mélance Maniragaba, Rédacteur en chef adjoint
Taux de change du 28 Janvier 2021
Acheteur Vendeur Dollar USA
Euro Shi. Kenyan Shi.Tanzanien Shi. Ougandais Fr Rwandais
1935 2340 17,5641 0,8344 0,5265 1,9660
1966 2378 17,8474 0,8479 0,5350 1,9977
Monnaies étrangères
Sources : BRB/www.brb.bi
Marché officiel
Rendez au producteur ce qui est au producteur
Editorial
du marché. Ceux-ci profitent des besoins des producteurs et les enfoncent parfois même dans le pétrin.
Maintenant que l’Etat prend en mains les choses en promettant d’acheter au producteur à un prix rémunérateur et de vendre au consommateur à un prix abordable, des précautions s’avèrent une nécessaire. Ce sont entre autres l’augmentation de la production.
Une fois celle-ci augmentée, des mesures de stockage s’imposent dont la mise en place des magasins d’entreposage.
Qu’à cela ne tienne. En plus de ces magasins, des stratégies de conditionnement, de transport et de conservation doivent être mises en place. On sera tenu également
d’installer des chambres froides et des frigos pour éviter la pourriture de la production. La question qui se pose est de savoir comment on alimentera ces chambres froides et frigos en courant électrique. Va- t-on installer des plaques solaires dans les endroits où il n’y a pas de courant électrique ? Peut-être que les concepteurs du projet ont songé à cela.
Au niveau de la commercialisation, le chemin est encore épineux. La production doit être compétitive non seulement dans le pays, mais aussi à l’international. Malheureusement, l’institution chargée de certifier les produits crient toujours au manque de moyens humains, matériels et financiers. En plus, l’ANAGESSA débutera bientôt l’achat du maïs produit dans le
pays. Or, il est remarquable que le maïs hybride gagne de plus en plus le terrain au Burundi. Pourtant, le système international encourage aujourd’hui la commercialisation des produits bio.
Une attention soutenue doit être accordée à la probité des futurs agents de l’ANAGESSA. L’homme reste l’homme. Ce n’est pas pour jouer au juge, mais il y a moyen de se demander une fois corrompus ou fraudeurs, s’il y a une législation spécifique pour les punir.
Toutefois, l’ANAGESSA est là.
Rendons au producteur ce qui est au producteur et facilitons le consommateur dans ses achats. Et la justice sera rendue. N’en déplaise aux détracteurs de la bonne gouvernance.
No 25 Av. Moso - ROHERO 2 Référence CNC : 100/CNC/236/2012 Parution le vendredi
Tirage : 3000 exemplaires Directeur de publication et Rédacteur en chef :
Benjamin Kuriyo
Rédacteur en chef adjoint:
Mélance Maniragaba Service commercial : +257 22 277868 / 75129129 Imprimé par
C
’est le 18 janvier 2021 que tomba le décret de mise en place de l’Agence Nationale de Gestion du Stock (ANAGESSA).Celle-ci a pour objectif l’appui incitatif à la production, à la collecte, à l'organisation de la gestion des productions agricoles, animales et halieutiques et, partant, l’encouragement des producteurs.
Une bonne nouvelle qui n’exclut pas des inquiétudes. D’habitude, l’agriculture burundaise est une agriculture de subsistance qui est destinée à la consommation. Une quantité importante mise sur le marché est collectée dans plusieurs coins du pays.
Ceux qui la collectent ne sont que des commerçants spéculateurs qui maîtrisent les susceptibilités
VIH/Sida : Le taux de
séroprévalence est de 2,6% à Bujumbura et de 2% à Gitega
Un don de 49.000 kits de tests rapides d'une valeur de 122.000
€ offert par l’ONG allemande Welt hunger hilfe
Quid du rôle des responsables des médias et des journalistes dans le développement du pays ?
Burundi : 50 000 Euros pour la modernisation du secteur santé
M
ercredi le 27 janvier 2021, le ministère de la Communication, des Technologies de l’Information et des Médias a organisé à Bujumbura un atelier de réflexion de deux jours à l’endroit des professionnels des médias autour du thème : « Le rôle des responsables des médias et des journalistes dans le développement du pays : cas du Burundi ». Marie Chantal Nijimbere, ministre en charge des médias précise que le rôle des médias est incontournable dans le développement du pays. C’est pourquoi la déontologie et l’éthique professionnelle doivent être mises en avant.Différents intervenants ont insisté sur la contribution des médias dans le renforcement de l’harmonie sociale et la préservation des droits humains. Par ailleurs, l’exploitation des supports de communication (notamment les réseaux sociaux) et la gestion des fake news doivent être scrupuleuses.
Au 2ème jour de l’atelier, le Président de la République du Burundi Evariste Ndayishimiye a tenu une séance de moralisation à l’intention des professionnels des médias tout en les exhortant à exercer consciencieusement leur métier, car ils participent au renforcement de la culture démocratique et à la vulgarisation des politiques de développement socio-économique. Le chef de l’Etat a demandé également au Conseil National de la Communication (CNC) de s’asseoir avec les responsables des médias suspendus ou en situation de sanction pour trouver des solutions pour le bien du pays.
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ans le cadre d’appuyer le secteur santé du Burundi, l’Ong Enabel financé par l’UE a remis un don au MSPLS, constitué de matériel informatique et bureautique d’une valeur totale de 50.000 Euros. Ce don composé entre autres de 38 ordinateurs, de 18 imprimantes et de photocopieuses de grande capacité multifonction servira à renforcer les capacités opérationnelles des organes de vérification au niveau périphérique. Le résultat escompté est l’amélioration de la qualité des données récoltées et validées sur terrain. Cette étape importante de la stratégie nationale dans la gratuité des soins permettra aux différents bailleurs et intervenants de procéder au financement des subsides. Ce qui servira au bon fonctionnement de tous les centres de santé, des hôpitaux et des autres services de santé du pays. Ce programme envisage de débloquer d’autres fonds pour la digitalisation totale de cette étape importante de la vérification.L
e Ministre de la Santé Publique et de la Lutte contre le SIDA Thaddée Ndikumana a réceptionné mardi le 26 janvier 2021 un don de 49.000 kits de tests rapides d'une valeur de 122.000€ offert par l’ONG allemande « Welt hunger hilfe ». Selon le ministre Thaddée Ndikumana, ce don vient appuyer la campagne "NDAKIRA, SINANDURA KANDI SINANDUKIZA Covid-19 " initié par le Chef de l'Etat Evariste Ndayishimiye. Ce don de Welt hunger hilfe au ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida est constitué de 49000 kits de test diagnostic détecteurs d'antigène (Covid-19) comprenant une cassette, un tube d'extraction avec bouchon à buse, un tampon d'extraction, un écouvillon stérile pour le prélèvement, mode d'emploi et conditions de stockage et transport. Ndikumana a remercié cette ONG allemande qui a apporté son soutien aux efforts du gouvernement dans le dépistage et la prise en charge des cas positifs de Covid-19. Ces kits compléteront ceux à la disposition du gouvernement pour intensifier le dépistage.
L
e collectif des associations des personnes infectées et affectées par le VIH/Sida (CAPES+) avec l'appui de l'Onu- sida au Burundi a organisé mar- di le 26 janvier 2021 à Bujumbura une journée de réflexion sur les stratégies d'autonomisation des personnes infectées et affectées par le VIH/Sida à l'intention de leurs leaders et de quelques partenaires pour mener un plai- doyer pour leur implication. A cette occasion, Dr Désiré Nduwi- mana, secrétaire exécutif per- manent du Conseil National de Lutte contre le SIDA (SEP/CNLS) se réjouit du pas déjà franchi, car la séroprévalence est de 0,9%.Malgré une séroprévalence qui n'est pas alarmante, des dispa- rités selon les localités du pays s'observent notamment dans les grandes agglomérations comme Bujumbura où la séroprévalence est de 2,6% et de 2% à Gitega.
Selon Abdoul Karim Ben Wa- hab, Représentant de l'Onusida au Burundi, le combat des Per- sonnes Vivant avec le VIH/Sida (PVVIH) et celui des acteurs œuvrant dans la lutte contre le Sida est important pour que le Sida ne soit plus une menace pour la santé publique. Il a réaf- firmé l'engagement de l'institu- tion qu'il représente dans la lutte contre le Sida, spécialement dans cette période de la pandé- mie de Covid-19 où les PVVIH sont plus exposés à celle-ci et les appelle au strict respect des me- sures préventives.
Burundi Eco - Vendredi, 29 Janvier 2021 - n°438
GOUVERNANCE
Démolition des kiosques construits anarchiquement
Pour rendre la ville de Bujumbura plus propre
ANAGESSA : un nouveau-né dans le secteur agricole
Tous les kiosques construits au-dessus des caniveaux et dans les espaces publics sont dans le viseur de la Mairie de Bujumbura
: ils seront démo-lis sans autre forme de procès.
Cette opération a eu lieu dans la zone urbaine de Buyenzi le long de l'avenue de la Santé et se poursuivra dans les autres zones
M
ardi le 26 janvier 2021, la Mairie de Bujumbura a conduit une opération de démolition des kiosques construits de façon anarchique.Cette démolition vise ceux qui sont construits au-dessus des caniveaux d'évacuation des eaux usées de part et d’autre de l'avenue de la Santé dans la zone urbaine de Buyenzi et ceux qui sont bâtis dans des espaces publics. Cette opération s'inscrit dans le cadre de l'assainissement de la ville de Bujumbura et de rendre beaucoup plus praticables les rues urbaines.
Pas mal de propriétaires de kiosques qui étaient construits dans les espaces publics dénoncent ce qu'ils qualifient d'injustice à leur encontre, car la construction de ces édifices commerciaux résulte des contrats signés entre eux et la Mairie de Bujumbura. « Un espace vert est respectable. Avant que je n'y construise mon kiosque, j'ai d'abord signé un contrat avec la Mairie de Bujumbura. J'ai tous les documents sur moi et je paie régulièrement les
Un décret portant mise en place de l’Agence Nationale de Gestion du Stock a été si- gné le 18 janvier 2021. Elle a pour mission la gestion de la production agricole, animale et halieutique. Cela de la pro- duction à la commercialisa- tion. Comment fonctionnera- t-elle ? N’est-elle pas exposée à quelques défis comme la certification, l’enclavement du pays, le déficit énergétique…
pour réussir sa mission ? Bu- rundi Eco vous en dit long dans les lignes qui suivent
L
e fonctionnement del’ANAGESSA est défini dans le décret ci-haut cité. Ainsi, celle-ci a un objet d’appui incitatif à la production, à la collecte, à l'organisation de la gestion des productions agricoles, animales et halieutiques et à l'encouragement des producteurs. Selon le décret, l’investissement dans les domaines agricole, animal et halieutique garantit le marché d'écoulement à un prix rémunérateur. Il est donc mis en place un mécanisme d'appui à la production, à la collecte et à la commercialisation des produits agricoles, animaux et halieutiques.
« L'ANAGESSA détermine les types de produits agricoles, animaux et halieutiques destinés à la commercialisation », indique le décret.
Tout pour l’ANAGESSA ?
Dans le but d’indiquer les prévisions de production par type de culture et d’élevage, le décret du 18 janvier informe que les coopératives ou les privés potentiels s'enregistrent
taxes. Malheureusement, à notre surprise générale, les autorités de la Mairie nous ont contraint de tout détruire », se lamente un habitant de Buyenzi victime de ces démolitions de masse.
La Mairie de Bujumbura pointée du doigt
La plupart des victimes de cette opération n'y sont pas allées par quatre chemins. Ils estiment que la décision des autorités municipales
ne devrait pas être aussi hâtive. Cela cause des pertes énormes pour les commerçants. « J'envisage de porter plainte, car le contrat que j'ai signé avec la Mairie de Bujumbura n'a pas encore expiré. En outre, les autorités locales ne nous ont pas avisé à temps afin que nous nous préparions en conséquence », s'indigne un propriétaire d'un kiosque démoli.
Même si la destruction de ces kiosques est regrettable, le maire de ville de Bujumbura estime qu’elle est favorable à l'intérêt général et
à la bonne image de la ville. A ce sujet, l’administrateur communal de Mukaza Rénovat Sindayihebura affirme avoir adressé une correspondance de mise en demeure plusieurs jours avant l'opération à tout les concernés pour qu'ils soient informés à l'avance. Pourtant, il n'oublie pas de tranquilliser les victimes qui sont en ordre. Il précise : « Jusqu'ici, je ne connais une seule personne qui croit avoir une convention la liant à la Mairie de Bujumbura. Qu'à cela ne tienne, tous ceux qui ont quelque chose à réclamer, ils sont toujours les bienvenus, les services habilités étudieront leurs cas dans les meilleurs délais. »
La population locale ne s'inscrit pas en faux contre cette mesure,
mais elle se demande pourquoi les autorités municipales autorisent les constructions anarchiques en pleine ville. « Cette initiative d’assainissement de la ville est bonne, mais, à mon avis, les commerçants victimes de ces démolitions ne sont pas à blâmer, mais ce sont plutôt les autorités municipales qui ont autorisé la recrudescence des constructions anarchiques », s’indigne Frédéric, un habitant de Buyenzi. Au programme, dans la commune Mukaza, du 26 au 29 janvier 2021, à l'instar de Buyenzi, les activités pareilles se poursuivront dans les zones urbaines de Bwiza, Nyakabiga et Rohero.
Gilbert Nkurunziza Selon la Mairie de Bujumbura, tous les kiosques construits anarchiquement
doivent être démolis.
Sur présentation d'un projet soumis et validé par l'ANAGESSA, un contrat de production garantissant un marché d'écoulement à un prix rémunérateur est conclu entre celle-ci et les coopératives ou les privés potentiels pour s'assurer de la disponibilité des quantités des produits commercialisables.
Ceux qui construisent des kiosques sont appelés à respecter les normes d'urbanisme.
DEVELOPPEMENT
auprès de l'ANAGESSA à chaque début d'année fiscale.
Sur présentation d'un projet soumis et validé par l'ANAGESSA, un contrat de production garantissant un marché d'écoulement à un prix rémunérateur est conclu entre celle-ci et les coopératives ou les privés potentiels pour s'assurer de la disponibilité des quantités des produits commercialisables. L'Etat, à son tour, est tenu à disponibiliser les fonds pour acheter les productions.
Toute la production des coopératives ou des privés ayant signé des contrats avec l’ANAGESSA est acquise suivant les modalités déterminées dans le contrat.
« La commission mixte composée par
les ministères ayant l'agriculture, les finances, le commerce, l'intérieur et les affaires étrangères dans leurs attributions ainsi que la Chambre Fédérale du Commerce et de l'Industrie du Burundi (CFCIB) propose le prix d'achat des produits agricoles disponibles à l’agence», lit- on dans le décret. Cela en fonction du coût de production. Toute la production fournie est conservée dans les entrepôts de l'ANAGESSA suivant les normes requises de conservation.
Par ailleurs, les coopératives ou les privés doivent présenter leurs factures à l'ANAGESSA. Cette dernière vérifie leur authenticité avant leur transmission au ministère en charge des finances pour le paiement. Ainsi, le ministère des Finances vire l’argent directement
sur les comptes des coopératives ou des privés en tenant compte des quantités de production fournies et des termes du contrat relatifs au paiement.
La commission mixte fixe à son tour le prix de vente des produits stockés par l’AGESSA. Le ministère ayant le commerce dans ses attributions cherche le marché d’écoulement à l'extérieur du pays. Il veille également au rapatriement des devises.
Et de conclure : « Toute institution publique ou organisation œuvrant sur le territoire du Burundi s'approvisionne en priorité à l'ANAGESSA lorsque les produits y sont disponibles. Quant à la commission mixte, elle est chargée d'analyser les besoins nationaux et de dégager le surplus de production agricole à exporter ».
A ne pas oublier !
L’agriculture burundaise est une agriculture de subsistance, c’est-à- dire destinée à la consommation.
La quantité et la qualité de la production permet d’exporter moins et, partant, une faible rentrée des devises.
Toutefois, tout est possible. Il suffit d’avoir une bonne organisation.
L’ANAGESSA aura à faire face à pas mal de défis. Pour produire, le sol a besoin de fertilisant, soit la fumure organique qu’il faut mélanger avec l’engrais chimique. D’où, il faut distribuer le bétail aux agriculteurs.
Par ailleurs, le déficit énergétique constitue un défi pour la conservation de la production.
Celle-ci nécessite des chambres froides ou des frigos pour conserver
les produits à la température voulue et pendant longtemps.
La certification fait aussi toujours défaut. Le Bureau Burundais de Normalisation et de contrôle de la qualité (BBN) a déploré maintes fois le manque de moyens financiers, matériels et humains pour accomplir la mission lui assignée.
L’étude du marché serait également priorisée par l’ANAGESSA. En témoigne par exemple la production de l’usine de l’Associazione Amici Dell Africa « Dutezanye imbere » qui n’arrive pas à trouver un marché d’écoulement. Implantée à Murayi dans la commune Giheta, province de Gitega depuis 2007, l’usine produit l’huile d’avocat.
Ailleurs, maintenant c’est la course à la commercialisation des produits bio.
D’après l’agence bio, en dix-sept ans, les surfaces agricoles cultivées en bio et le nombre de fermes bio ont augmenté à des rythmes plus ou moins rapides suivant les zones.
Les taux de croissance les plus forts ont été observés en Asie et en Afrique, zones où le développement a réellement démarré à partir des années 2000. Entre 2000 et 2017, les surfaces bio océaniennes ont été presque multipliées par cinq. La part relative de chaque continent dans l’agriculture bio mondiale a fortement évolué de 2000 à 2017.
A cela, l’espoir plane. 93 pays s’étaient dotés d’une réglementation pour l’agriculture biologique au début de l’année 2019. Elle était en préparation dans seize autres pays, le Burundi inclus.
Mélance Maniragaba
Burundi Eco - Vendredi, 29 Janvier 2021 - n°438
GOUVERNANCE
Quand Lumitel se rend coupable d’une extorsion de courant électrique
La Regideso subit de lourdes pertes dues aux tricheries et aux vols alors que son intention est de servir tous ses clients sans exception.
La Regideso a encore subi une extorsion de courant élec- trique sur son réseau. Un cas qui n’est pas du tout nouveau ces dernières années. Pour le moment, c’est Lumitel qui est prise la main dans le sac au niveau de son antenne se trouvant dans la commune Ntahangwa. Une autorité de Lumitel s’est excusée et n’a pas d’autre choix que de régler ce problème
M
ardi le 25 janvier 2021, le nouveau directeur général de la Regideso Dr. Ir. Major Jean Albert Manigomba s’est rendu au Nord de la ville de Bujumbura dans la zone de Kamenge de la commune Ntahangwa où il s’est manifesté une fraude de courant électrique fournie par cette entreprise. Cette extorsion désolante a eu lieu au niveau d’une des antennes de la société de télécommunication Lumitel qui se trouve à la 4ème avenue du quartier Kavumu pendant plus de 10 mois.Cette période s’est écoulée sans que Lumitel ne s’approvisionne en unités cash power pour alimenter les engins se trouvant à cet endroit.
Par ailleurs, l’antenne a continué à fonctionner grâce à une énergie fournie via une connexion dite directe, car le courant qui alimente les moteurs de ces engins n’a pas transité par le compteur électrique que la Regideso a installé sur place.
Selon M. Manigomba, cette tricherie a occasionné une perte d’une dizaine de millions de FBu de la part de la Regideso. Il estime que
cette société subit de lourdes pertes dues aux tricheries et aux vols alors que son intention est de servir tous ses clients sans exception. Il a signalé que toute sorte de tricherie doit être découragée et a demandé aux habitants de Kamenge d’être toujours vigilants et de veiller à ce que de telles tricheries ne se commettent plus, car la Regideso est au service de tout le monde. Pour
lui, il est décevant de voir tricher une entreprise sensée être parmi les grands consommateurs d’énergie telle que Lumitel.
Lumitel est reconnais- sante
Dans une audience accordée par le directeur général de la Regideso à celui de Lumitel le 26 janvier 2021, ce
dernier a reconnu la défaillance et s’est fort excusé pour avoir commis des erreurs de branchement direct sur l’installation électrique de la Regideso. Le D.G de Lumitel a fait savoir que de telles erreurs d’installation ont été commises par des agents de cette entreprise à l’insu de ses supérieurs. Il s’est engagé à mieux contrôler ses employés et à veiller à ce que ce
genre d’incidents ne se reproduisent pas. Il a également accepté de payer la totalité de la facture inhérente à cet incident et a promis de faire un contrôle sans faille au niveau de toutes les antennes de Lumitel pour voir s’il n’y aurait pas des défaillances similaires. Par ailleurs, il a rassuré que depuis la venue de Lumitel au Burundi, elle exerce ses activités commerciales dans le strict respect de la loi et des institutions nationales.
« Dans les années antérieures, des tricheries pareilles étaient sanctionnées par la coupure de l’eau et de l’électricité pendant une période de 6 mois. A cela s’ajoutait le paiement des amendes », indique la chargée de communication de Regideso. Mais actuellement, ajoute-t-elle, comme le retrait des compteurs était en quelque sorte synonyme de perte pour la Regideso parce que le client ne consommait plus d’énergie électrique au cours de cette période, on a adouci l’affaire un tout petit peu. Un client qui commet une tricherie doit payer les frais de rebranchement et les amendes ainsi que les frais qu’il devrait payer dans les conditions normales. Pour illustrer cela, Lumitel doit payer 10 millions de FBu dans les conditions normales et, pris comme amende, on doit multiplier cette somme par deux, soit 20 millions de FBu.
A cela s’ajoute 5 millions de FBu de frais de rebranchement, d’où le total de 25 millions de FBu que doit payer Lumitel à la Regideso. Ce problème a été réglé le jour suiva- nt.
Gilbert Nkurunziza
COMMERCE
Commerce transfrontalier
Bien que le pays n’ait pas connu des lockdowns, le simple fait d’avoir fermé les frontières a eu un impact sur le commerce transfrontalier. Ce commerce qui a pesé pour plus de 92 mil- liards de FBu en 2018, selon la BRB, est aujourd’hui à l’arrêt.
Les femmes qui font le com- merce transfrontalier sont dans la désolation totale
F
ace au nouveau coronavirus, les gouvernements des pays membres de l’EAC ont sorti le 25 mars 2020 un communiqué conjoint appelant à des mesures strictes, comme restreindre provisoirement les mouvements des personnes aux frontières, tout en facilitant la libre circulation des biens et services. Une décision qui ne concerne pas le petit commerce transfrontalier … Suite à la fermeture des frontières, les femmes qui exerçaient le commerce transfrontalier sont tombées dans une désolation sans pareille. La solution pour la plupart de ces femmes qui sont cheffes de ménages était de trouver une activité de reconversion. Une chose pas facile étant donné que ces femmes sont de petites commerçantes disposant d’un capital inférieur ou égal à 50 000 FBu. Ne possédant pas de compte bancaire et n’ayant pas épargné, elles ont consommé tout le capital qu’elles avaient.Que sont-elles devenues
?
Ayant consommé tout le capital
Quand les femmes sont les premières victimes de la Covid-19
Suite à la fermeture des frontières, les femmes qui exerçaient le commerce transfrontalier sont tombées dans une extrême désolation.
dont elles disposaient, ces femmes ont été contraintes de chômer et leur ménage ont été privés de quoi vivre. Les plus touchées sont celles qui faisaient des échanges commerciaux avec la RDC dont Léonie à Gatumba et Yolande à Rumonge. Le temps de s’organiser autrement, c’était impossible.
L’urgence était de chercher un moyen de les faire entrer en activité.
L’Association des Femmes d'Affaire
du Burundi (AFAB) a essayé de cibler ses membres touchés par ce fléau.
Selon Immaculée Nsengiyumva, secrétaire générale de l’AFAB, presque toutes les femmes avaient été touchées et tout était à reprendre à zéro. Pour certaines d’entre elles qui avaient tenté de reprendre le commerce locale sur le marché de Kamenge, leurs biens ont été brûlés.
Avec l’appui du TradeMark East Africa, cette association a dispensé des formations sur l’éducation financière et connaître les besoins
de ces femmes et les pertes encourues.
Une tentative de solution
Avec l’appui du PNUD, ces femmes se sont vues octroyer des chèques allant de 150.000 BIF à 500.000 BIF, selon les besoins évalués. Ceci pour leur permettre de reprendre assez rapidement leurs activités. Pour
« Cet appui a été accueilli comme une manne. Avec mes collègues, nous nous sommes regroupées en
associations pour faciliter l’entraide et la solidarité entre elles dans ce combat », indique Léonie, une femme de Gatumba qui exerçait le commerce transfrontalier
C’est le même cas pour Léa à Kayanza. Elle dit qu’elle a pu reprendre le commerce général, mais cette fois-ci au niveau local. A part le commerce général, il y en a d’autres qui se sont lancés dans la fabrication artisanale des savons et la production des aliments.
Cependant, comme l’indique la secrétaire générale de l’AFAB, il y en a d’autres qui ont bénéficié des fonds de relance alors qu’elles n’avaient pas de projet ou n’avaient pas adhéré à des associations. Ces fonds ne leur ont servi à rien.
Une solution globale se- rait un atout
Au total, ce sont 131 femmes exerçant le commerce transfrontalier dans la Mairie de Bujumbura et dans les provinces de Kayanza et Rumonge, qui ont bénéficié de cet appui financier dont le montant s’élève à plus 55.000.000 BIF. C’est en général la plupart des femmes membres de l’AFAB et quelques autres femmes ciblées. Ce chiffre n’inclut pas toutes les femmes qui faisaient le commerce transfrontalier.
L’idéal serait de continuer la réflexion sur les solutions holistiques pour qu’on puisse inclure les autres femmes afin de résister au covid-19.
Dona Fabiola Ruzagiriza
Burundi Eco - Vendredi, 29 Janvier 2021 - n°438
DEVELOPPEMENT
Marché de Ruziba : De nombreuses échoppes restent cadenassées
Deux ans après l’ouverture du marché de Ruziba, pas mal d’échoppes restent inoccu- pées, non fonctionnelles. Elles sont cadenassées, faute de clients, selon les commerçants.
Néanmoins, la situation n’est pas la même au marché Ngaga- ra II dénommé COTEBU depuis qu’elle a été réorganisée. Les détails dans ce numéro
M
ardi, le 19 janvier 2021.Il est 11h du matin. Nous débarquons au marché de Ruziba. C'est dans la zone Kanyosha de la commune Muha en Mairie de Bujumbura. Le parking se trouvant devant ce marché est quasiment vide. Pas de monde. Pas de voitures. Quelques minutes plus tard, une voiture de marque Probox arrive. Elle contient des poissons en provenance de la province de Rumonge. Elle est pleine de caisses de poissons. Les portefaix se pressent pour porter les caisses de poissons.
A l’entrée du marché, tout semble normal. Les produits halieutiques sont abondants. Dans le hangar en bas, des tables sur lesquelles sont étalés les Ndangalas secs et des poissons pliés en deux et fumés s’observent. De nombreuses tables d’ailleurs. C’est en grande partie les femmes qui les vendent. Le prix d’un kilo de Ndagalas se négocie entre 15 et 18 mille francs burundais. Les Ndagalas sont en abondance de nos jours, précise une vendeuse de fretins sur place. Mais ce n’est pas toujours le cas.
De l’autre côté, dans le hangar en haut, des stands de poissons fraîchement sorti du lac Tanganyika dont certains sont encore vivants, des Ndangala frais. Ils sont également en abondances. Le lac a souri, dit-on. Les prix varient selon les espèces des poissons. Les clients se pressent à négocier les prix et à acheter.
De l’autre côté des hangars, toutes les échoppes sont bien construites.
Certaines échoppes sont ouvertes et fonctionnelles mais, à notre grande surprise d’autres sont fermées, bien cadenassées. Un nombre non négligeable d’ailleurs.
Les clients viennent à compte-gouttes
Les commerçants rencontrés à ce marché font savoir que celui- ci fait face au manque de clients.
Ils indiquent que ce marché est peu fréquenté. Pas de clients.
Joselyne Niyomwungere vend des objets ménagers (assiettes, seaux, casseroles, etc.). Elle vient de passer
5 mois dans ce marché. Elle affirme qu’elle peut passer toute une journée sans vendre aucun objet.
« Pendant le mois de janvier ou au moment de la rentrée scolaire, nous ne gagnons presque rien. Parfois, nous rentrons mains vides ». Selon elle, les commerçants qui ont des clients sont ceux dont les échoppes se trouvent à l’extrémité du marché.
Un autre commerçant évoque la pauvreté qui sévit dans les familles environnantes. Ce marché est fréquenté par la population environnante, qui, selon lui, a des moyens limités, donc ne peut pas acheter de grandes quantités de marchandises. Il trouve que les clients du centre-ville ne viennent pas s’approvisionner au marché de Ruziba. Ce sont seulement ceux du nouveau quartier de Nyabugete qui viennent y acheter des denrées alimentaires. Ils achètent seulement les fruits et les légumes. Ce marché est beaucoup fréquenté par les clients qui viennent des collines environnantes : Kabezi, Burima, Nyamaboko, etc. Et d’ajouter que ces derniers ont un pouvoir d’achat limité.
D’autres commerçants ajoutent également qu’elles ont du mal à trouver les clients. Ils s’inquiètent de pouvoir payer les loyers des échoppes et les taxes de la Mairie tous les mois alors qu’ils n’ont pas engrangé de bénéfices. Ces commerçants indiquent qu’ils vont quitter ce marché dans les jours à venir si la donne ne change pas.
Au niveau de la Mairie de Bujumbura, on indique que les échoppes sont toutes louées ou données en location par les
commerçants. Une réunion des autorités de la Mairie avec ces commerçants est en préparation pour s’enquérir de la situation et prendre les mesures nécessaires.
Pour rappel, l’Union Européenne a débloqué 5 millions d’euros pour la réhabilitation de sept marchés en Mairie de Bujumbura. Le marché de Ruziba a, à lui seul, coûté à peu près 1 million d’euros. Ce dernier contient plus de 600 places, une chambre froide et trois hangars. Chaque mois, la Mairie de Bujumbura collecte plus de 10 millions de francs burundais de recettes provenant de ce marché. Les recettes diffèrent selon la grandeur des échoppes. Il y a des commerçants qui paient 8000 Fbu, 10000Fbu, 15 000 Fbu, 20 000 FBu, 30 000FBu, 35 000Fbu.
La situation n’est pas la même au marché Ngaga- ra II
Nonobstant, depuis que le marché de Ngagara II connu sous le nom de COTEBU a été réorganisé, les activités vont bon train, indique Aimable Nduwayo, commissaire de ce marché. Selon lui, les commerçants occupent les stands du jour au jour pour exercer leurs activités génératrices de revenus.
Sur autour de 1500 stands dont disposent le marché de Ngagara II, il ne reste que 300 stands qui ne sont pas occupés. Chaque échoppe paie 30 000 FBu par mois et la mini- échoppe 25 000 FBu. Pour ceux qui ont des tables, chacun paie 200 FBu par jour. Et d’ajouter les stands qui paient 10 000 FBu par mois.
Depuis que ce marché a changé de look, Nduwayo fait savoir que les recettes qu’il gère vont crescendo.
En 2019, un montant estimé à plus de 150 millions de FBu a été collecté.
En 2020, on a enregistré des recettes estimées à plus de 262 millions de FBu. Une fois que tous les stands seront occupés, on compte collecter pas moins de 50 millions de FBu par mois.
Ce qui a été fait pour aboutir à ces résultats
Pour aboutir à ces résultats, Nduwayo fait savoir qu’il a travaillé en collaboration avec les commerçants. Dès qu’il a été nommé commissaire de ce marché, celui-ci était doté d’une seule allée qui avait deux entrées. En concertation avec les commerçants, on a tracé six autres allées pour faciliter le mouvement des clients
à l’intérieur du marché. De plus, on a subdivisé le marché selon les produits disponibles. Chaque produit a sa place : les légumes ont leur place, les habits aussi, etc. On ne les mélange pas. Il est interdit d’installer des stands au milieu des allées dans l’objectif de faciliter la circulation des gens à l’intérieur du marché. C’est aussi pour faciliter le passage des véhicules anti-incendie en cas d’incendie.
Actuellement, les commerçants du marché de COTEBU qui se sont entretenus avec Burundi éco font savoir qu’il y a une affluence massive des clients dans ce marché.
Et cela pour plusieurs raisons. Selon Jacqueline Kaneza, commerçante des fruits à ce marché, les clients venaient à compte gouttes suite a l’absence des allées à l’intérieur du marché. Auparavant, elle ne parvenait pas à écouler un sac de fruits. Actuellement, elle parvient à vendre quatre sacs de fruits.
Deux ans après l'ouverture du marché de Ruziba, pas mal d'échoppes restent non fonctionnelles.
Le marché de Ruziba est beaucoup frequenté par les populations des collines environnantes.
Aimable Nduwayo, commissaire du marché de Ngagara II : «Sur autour de 1500 stands dont disposent le marché de Ngagara II, il ne reste que 300 stands qui ne sont pas occupés».
D’après les informations recueillies sur place, le déménagement des bus de la Gare du Nord vers le marché COTEBU a attiré la clientèle au marché Cotebu. « Je suis satisfait, car il y a plus de clients qu’auparavant.
La situation est plus ou moins bonne, car beaucoup de gens ont tendance à le fréquenter plus que celui de «Bujumbura City Market », indique pierre Claver, Ndarugirire, commerçant des habits.
Selon lui, l’affluence vers le marché de Ngagara II est justifié par le fait qu’il existe à cet endroit plusieurs bus de transport en commun qui embarquent et débarquent les passagers à destination du centre- ville et de l’intérieur du pays. Donc, les vendeurs cherchent toujours les lieux les plus mouvementés en espérant vendre plus.
Auparavant, le mouvement de clients était timide, surtout dans les stands du marché de COTEBU. La différence s’observait surtout à ses alentours. Le mouvement des gens était dynamique. Il s’y observait un effectif non négligeable de vendeurs de fruits ou de légumes. D’autres étalaient leurs marchandises par terre en attendant les clients.
A l’intérieur du marché, les commerçants se lamentaient du fait que les clients venaient à compte- gouttes.
Notons qu’on compte élever la hauteur du marché de Ngagara II pour combattre la chaleur qui constitue une menace pour les commerçants de certains produits comme les fruits et les légumes.
Bruce Habarugira et Jean Marie Vianney Niyongabo
Burundi Eco - Vendredi, 29 Janvier 2021 - n°438
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Depuis 2018, le Programme de Développement des Filières (PRODEFI) passe à la vitesse supérieure dans l’intensifica- tion des cultures en passant des marais aux collines. Finan- cé par le FIDA, ce programme du gouvernement fait la fierté du citoyen qui l’applaudit. Le ministère de tutelle salue les actions du PRODEFI. Il invite les bénéficiaires à se désoli- dariser de l’usure, surtout que l’Etat leur achètera la produc- tion à un prix rémunérateur
D
e belles vaches dans les étables, de grandes étendues d’étangs piscicoles et des milliers d’hectares verdoyants de plantations de riz, de maïs et de bananiers jonchent la zone d’intervention du PRODEFI. Les bénéficiaires manquent de mots pour le dire, déclare Epipode Baranyikwa, gouverneur de la province de Ngozi. « Je n’ai vu pour la première fois un centre de collecte de lait que sous les projets de l’Etat financés par le FIDA », précise-t-il.« S’il y a à vanter, ce ne sont que les appuis du FIDA. Que le Tout Puissant bénisse et rentabilise le programme », déclare Jean Pierre Nimbona, président et représentant légal d’Action pour le Développement Economique accès sur l’Aquaculture Intégré (ADECA).
Usage de l’approche par- ticipative et implication de toutes les parties pre- nantes
« Les bénéficiaires directs et indirects du programme sont des groupes sociaux identifiés en fonction des critères de pauvreté, d’accès aux ressources et d’insécurité alimentaire », déclare Jean Paul Bitoga, coordonnateur du PRODEFI. Ceux-ci sont répartis en 5 grands groupes dont les ménages ou personnes sans terre ou ne disposant que d’un accès très limité à celle- ci, les ménages ou les personnes disposant d’un accès limité à la terre mais sans surplus pour les marchés, les ménages disposant d’un accès à la terre, et qui participent déjà à la production des cultures pour le marché, les ménages pratiquant une ou plusieurs cultures de rente et les ménages disposant d’un accès à la terre et d’animaux en stabulation permanente.
Au sein de ces groupes, fait remarquer le coordonnateur du PRODEFI, des catégories spéciales seront ciblées d’une manière plus spécifique. Il s’agit des jeunes, des femmes, des veuves et des orphelins chefs de famille ainsi que des membres de l’ethnie minoritaire des Batwa. Ils représentent 77 588 familles au total dont 33 534 familles bénéficiant directement des appuis du programme.
« En vue de réaliser l’objectif global du projet, la stratégie générale retenue pour la mise en œuvre du PRODEFI est basée sur l’approche participative et l’implication de toutes les parties prenantes (les bénéficiaires, l’administration, les prestataires de services et les partenaires financiers », certifie M.Bitoga.
Les activités du programme sont articulées autour de trois composantes qui sont l’accroissement durable du capital productif, le renforcement des capacités institutionnelles des acteurs des filières, la valorisation et le renforcement des filières
Les réalisations du PRODEFI PHASE 2, une fierté pour les agri-éleveurs
PRODEFI
ainsi que l’accompagnement des structures de gestion du savoir et la facilitation.
La sécurité alimentaire et les revenus des ménages renforcés
« Le PRODEFI a pour finalité d'augmenter les revenus et d’améliorer la sécurité alimentaire des ménages pauvres dans la zone d’intervention du programme
», rappelle Jean Paul Bitoga, coordonnateur du programme. Les objectifs du programme, explique- t-il consistent à renforcer les capacités des petits agriculteurs pauvres et des jeunes ruraux. Cela afin d’augmenter leurs revenus et leur sécurité alimentaire et nutritionnelle à travers notamment le renforcement des filières agricoles et d’élevage prioritaires dont le riz et le lait.
Pour Bitoga, le PRODEFI vise la résilience des systèmes de production face aux changements climatiques et un partenariat durable avec les institutions publiques, privées et la société civile.
Cependant, informe-t-il, la base d’une bonne production est l’usage
de la fumure organique mélangé avec l’engrais chimique.
« Normalement, la plante valorise correctement l’engrais chimique quand celui-ci est mélangé à la fumure organique.
Malheureusement, tout le monde sur la colline ne dispose pas de bétail pour produire en suffisance la fumure organique », fait remarquer le coordonnateur du PRODEFI.
Comme pas mal de projets, le programme a maintenu la cadence en distribuant le grand bétail (vache et taureau), grands producteurs de fumier et le petit bétail comme les porcs, les chèvres, les poules…
Parmi les résultats atteints, renchérit M.Bitoga, figurent la productivité agricole et les revenus des petits agriculteurs dans les zones retenues qui se sont accrus.
Les pratiques résilientes aux changements climatiques ont été adoptées. Il en est de même de la rentabilité et la durabilité des filières agricoles dans la zone d’intervention du programme qui se sont accrues. Ce qui a offert des opportunités d’emplois aux jeunes.
« Le processus de développement des filières agricoles est renforcé par un partenariat de qualité
entre les institutions publiques, les organisations paysannes et les opérateurs privés », poursuit-il avant de marteler que les efforts fournis ont permis d’avoir de bons résultats dans l’intensification des cultures des marais.
L’expérience a demarré à Kayanza comme le signale M.Bitoga. Elle a ensuite été répliquée dans beaucoup de marais du pays et dans beaucoup de provinces.
L’intensification des cultures des marais comme inspiration
Le coordonnateur du PRODEFI estime que l’intensification des cultures des marais est une réalité bien qu’elle ne soit pas suffisante.
Elle ne représente que 120 mille hectares contre plus de 2millions d’hectares sur les collines.
La question qui se pose est effectivement, selon toujours lui, de migrer des marais vers les collines.
Cette stratégie a été tentée par le programme depuis 2018.
Au départ, témoigne M.Bitoga, cela n’a pas été facile. Il fallait que les gens mettent en commun les parcelles comme les parcelles le sont dans les marais.
« Néanmoins, dans les marais, il n’y a pas de bananeraie, d’arbres forestiers, d’arbres fruitiers ou d’autres cultures pérennes comme le café, les avocats...Ce qui facilite la culture en bloc. Là où cela a été possible, les expériences montrent que les cultures en bloc sont bien concluantes. Même les privés commencent à s’y lancer », fait remarquer le coordonnateur du PRODEFI.
Malgré cela, il évoque les difficultés rencontrées pour concrétiser cette stratégie, notamment la répartition anarchique de plusieurs cultures sur les exploitations collinaires.
La culture en bloc se heurte à la gestion des rotations des cultures, poursuit-il. M.Bitoga signale également un autre défi lié à l’insuffisance de la fumure organique. « Sur plus d’1 million 500 mille agri-éleveurs en besoin de bétail pour produire de la fumure organique, environ 4 mille en ont bénéficié. Le chemin est encore long, car plus d’un million d’agri- éleveurs n’ont pas encore bénéficié du bétail », informe M.Bitoga.
L’élevage a été promu dans une approche de chaîne de solidarité communautaire bovine, porcine, caprine.
A cela s’ajoute l’approvisionnement en semences de qualité. «La variété que nous distribuons est le maïs hybride importé. Elle coûte chère, soit entre 4 mille et 6 mille FBu le kilo. La qualité qui s’adapte mieux à tous les coins du pays est importée de l’Afrique du Sud. Elle coûte 6 mille FBu le kg. Or, nous n’avons pas de brevet pour cette variété. Nous sommes obligés de l’importer», avise-t-il.
Pour la transformation, le PRODEFI a déjà installé 4 unités de transformation maïs du qui seront opérationnelles à partir de cette année. M.Bitoga rassure que le programme arrive au niveau de la commercialisation.
Le FIDA accompagne les projets du gouvernement
Selon Emmanuel Ndorimana, secrétaire permanent au ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage, le FIDA contribue à la réalisation du slogan du gouvernement qui veut que chaque bouche ait à manger et que chaque poche soit remplie d’argent ! Nul doute, apprécie-t-il, que la production est bonne grâce aux interventions des projets financés par le FIDA. Ce qui cadre bel et bien avec le slogan ci-haut cité. Le gouvernement veut que tous les enfants du pays fréquentent l’école, que toute la population ait une alimentation équilibrée et, partant, participe au développement du pays. « Tout cela n’est facile que si la production agricole est bonne », renchérit M.Ndorimana.
Et de marteler : « Je salue l’initiative du PRODEFI, un projet pas comme les autres. Pour pas mal de projets, il arrive qu’au lieu que les responsables de ces projets ou programmes travaillent pour l’intérêt de tous, ils ne fassent que remplir leurs poches. Toutefois, même si le financement a été octroyé par le FIDA, le programme n’appartient pas au FIDA. C’est un programme du gouvernement.
Le gouvernement c’est vous les citoyens, c’est vous les producteurs.
Vous avez le devoir de pérenniser le projet ».
Jean Paul Bitoga, coordonnateur du PRODEFI : « Le PRODEFI a pour finalité d'augmenter les revenus et d’améliorer la sécurité alimentaire des ménages pauvres dans la zone d’intervention du programme ».
Les Exploitations Modèles Economiquement Rentables (EMER) sont les prototypes d’exemples réussis des interventions du PRODEFI. Les appuis du PRODEFI changent la vie des agri-éleveurs via la concrétisation de leurs rêves. Ce qui permet aux EMERS de changer l’agriculture de subsistance en agriculture de marché.
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Complétant le secrétaire permanent du ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage, Rémy Cishahayo, gouverneur de la province de Kayanza témoigne que les interventions des projets financés par le FIDA ont augmenté et augmenteront encore la production dans sa province. Il met en garde les commerçants usuriers que l’administration va se conformer à la législation en vigueur pour les punir. Et de conseiller aux agri- éleveurs : « Ne soyez pas distraits par les commerçants usuriers!
Le gouvernement a un projet d’acheter votre production à un prix rémunérateur et abordable pour les consommateurs ».
EMERs, l’exemple d’une mission réussie
Les Exploitations Modèles Economiquement Rentables (EMER) sont les prototypes d’exemples réussis des interventions du PRODEFI. Dans ce sens, les appuis du PRODEFI changent la vie des agri-éleveurs via la concrétisation de leurs rêves.
En plus des formations sur les bonnes pratiques agricoles, les EMERS suivent des formations sur la nutrition, l’élaboration des plans d’affaires, le « Gender Action Learning System (GALS) », … ce
paquet de formation permet aux EMERS de changer l’agriculture de subsistance en agriculture de marché.
François Manirakiza de la colline Mugitega, commune Bugendana de la province Gitega est conseiller de 30 membres de l’EMER. Il atteste qu’il a bénéficié d’une vache de la part du PRODEFI en 2015. « Depuis cette date, mes rêves se sont réalisés. Pour le moment, j’ai deux vaches qui me procurent du fumier et 20 litres de lait par jour.
J’ai ensuite entretenu un champ de banane qui s’étend sur 2 hectares.
A partir de ce champ, je récolte des régimes de banane que je vends au minimum à 10 mille FBu le régime.
J’ai acheté une moto. Dans trois ans, je construirai une maison … », se réjouit-il
Des produits laitiers di- versifiés
La filière laitière ne joue pas le rôle de la fertilisation du sol seulement.
Il a permis la diversification des produits laitiers : le lait caillé, le lait pasteurisé, le yaourt, le fromage et le beurre. A Muhanga, dans la province de Kayanza, un Centre de Collecte de Lait (CCL) collecte et vend entre 1000 et 1500 litres par jour.
Un barrage hydroagri- cole sur la Ruvubu d’une valeur de 12 milliards de FBu
La filière riz est l’une des priorités du PRODEFI. Ce programme a réhabilité et aménagé des milliers d’hectares dans les marais dans l’optique d’y introduire le Système de Riziculture Intensif (SRI). Ce qui a permis d’augmenter les rendements de 1,5 tonnes/hectare à 6 tonnes/hectare tout en réduisant les semences de 60 kg/hectare à 12 kg/hectare.
De plus, des infrastructures de stockage et de valorisation ont été construites pour augmenter la qualité du riz et réduire les pertes post-récolte. Des mini-rizeries sont fonctionnelles avec une capacité de décorticage de 3 tonnes par jour.
Une plus-value, un barrage hydroagricole a été inauguré le 18 janvier 2021 sur la rivière Ruvubu dans la province de Kayanza.
Selon Ati Salem, chef de la mission de contrôle de la construction dudit barrage du bureau ERA International de la Tunisie, le barrage a une valeur de 12 milliards de FBu et a été financé par le PRODEFI.
« Le barrage a un débit de 1,75m3 par seconde. Il permettra d’irriguer 800 hectares. La récolte sera de 4 mille tonnes par saison, soit 8 mille tonnes par an. Les exploitants du marais sont estimés à 11 mille agriculteurs », éclaire-t-il.
Les collines touchées par les bonnes pratiques agricoles
Le PRODEFI ne cesse d’introduire des techniques culturales modernes comme la distribution des semences de maïs hybride et la culture en bloc des pommes de terre.
La culture du maïs hybride permettra d’augmenter la production de la coopérative « Dukire inzara » de la colline Gatika, commune Busiga dans la province de Ngozi. Une production de 120 mille tonnes de maïs est attendue sur une superficie de 30 hectares.
Sur la colline Kibimba de la colline Giheta et sur les collines Gaterama et Nyakabinda de la commune Bugendana dans la province de Gitega, les agriculteurs attendent successivement une production de 110, 25 tonnes de maïs sur 18,64 hectares, 22,5 tonnes de maïs sur 9 hectares et 83,88 tonnes de maïs
sur 24,5 hectares. « Avant, chaque tige de maïs naturel portait un épi.
Avec l’appui de PRODEFI, nous avons planté le maïs hybride. Il ne porte pas moins de deux épis. La production sera multipliée donc par deux ou trois », applaudit Julienne Sindahora de la colline Kibimba, commune Giheta de la province Gitega.
Quant à la pomme de terre, sur la colline Kagwa, commune Muruta de la province Kayanza, la Coopérative de Commerce et de Développement de la commune Muruta compte récolter 600 tonnes de pomme de terre sur 30 hectares.
Les interventions du PRODEFI vont jusqu’à l’aquaculture. Sur la colline Mugerero, commune Gihanga de la province Bubanza, le PRODEFI a appuyé l’implémentation de 10 étangs piscicoles. Jean Pierre Nimbona, président et représentant légal d’ADECA confirme qu’avec cet appui, la coopérative est parvenue à élever 100 mille alevins.
Lancé en 2015 pour une durée de 5 ans, le PRODEFI phase 2 intervient dans huit provinces du Burundi, à savoir : Bubanza, Cibitoke, Gitega, Karusi, Kayanza, Muramvya, Muyinga et Ngozi.
Les victimes des VBG sont appelées à briser le silence.
GENRE
Victimes des VBG, elles ont pu surmonter le traumatisme psychologique subi
Des centaines de femmes sont victimes des Violences Basées sur le Genre chaque année.
Certaines n’arrivent pas à se remettre des blessures et d’autres ont pu les surmonter.
A la rencontre de quelques- unes. Elles témoignent com- ment elles ont pu les surmon- ter
N
ous sommes mardi le 19 janvier 2021. A 11h, nous arrivons à Ruziba dans la zone de Kanyosha de la commune Muha en Mairie de Bujumbura.Précisément, au marché de Ruziba. A 1 km de ce marché, nous rencontrons deux femmes qui ont été victimes des VBG pendant dans la crise politique qu’a connue le Burundi.
Jeanine Niyonzima, est native de la zone Ruziba dans la Mairie de Bujumbura. Elle a été violée en 2006 par deux hommes, alors, elle avait 22 ans. « Un jour, vers 19h, je venais d’un centre de santé appelé Dieu Merci où je venais de rendre visite à un patient qui y était hospitalisé.
Deux hommes étaient au bord de la route. Quand je les ai dépassées, ils ont couru derrière moi et m'ont attrapé. Ils m'ont plaqué au sol avec une écharpe dans le visage et dans la bouche. Ils m'ont tous violé.
Après l'acte, ils se sont enfuis vers les montagnes », raconte Jeanine Niyonzima avant d’expliquer qu’elle a perdu connaissance et conscience pendant un moment.
J'étais inconsciente. Je suis rentrée à la maison, mais je n'ai rien dit à mes parents pendant cette soirée. « Je suis allée me coucher directement.
Mais le matin, ma mère a constaté que je ne me sentais pas bien.
J'étais mal à l'aise. J’ai été obligée de lui dire ce qui s'est passé. Je lui ai raconté ce qui m’est arrivé.
Elle m'a obligé de ne rien révéler à personne. Même mon père ne l'a pas su immédiatement ».
J'ai gardé le silence, mais je ne savais pas que j’étais tombée enceinte. Après des mois, j'ai constaté également que je souffrais des Maladies Sexuellement Transmissibles(MST), révèle-t-elle.
Le calvaire commence
Après des mois de silence, l'entourage et son père ont fini par le savoir. « Quand mon père a su que j'étais enceinte, il m'a chassé de la maison. Il n'a pas cru que je me suis fait violer. Alors je me suis réfugiée au site des déplacés de Kanyosha, chez une veuve. J'ai passé là-bas de nombreux mois et j'ai accouché. Je menais une vie misérable. Des fois, nous mangions des mangues qui ne sont pas mûres», révèle-t-elle.
Selon Mme Niyonzima, pendant la période de guerre, des rebelles ont violé pas mal de femmes et de filles.
Quand mon père reconnaît que le viol existe, il m'a fait retourner à la maison où j’'ai continué à vivre le calvaire, fait savoir Mme Niyonzima.
Mon mari ne m'a pas cru
Joséphine Nsabimana est aussi une femme qui a été victime des VBG.
Elle a été violée en 2007 pendant la crise politique qu’a connue le Burundi. en 2007. Elle était mariée et avait deux enfants. Son mari travaillait à Mwaro. Elle nous raconte son histoire. « Un jour, le soir, des gens ont toqué sur la porte de ma maison. C’étaient des rebelles. Je dormais avec mes deux enfants. J’ai refusé d’ouvrir la porte et ils l’ont défoncé. Deux hommes m'ont violé à tour de rôle. Les autres ont saccagé notre petite boutique.
Je vendais de petits articles. Des savons, des cigarettes, etc. Le matin j’ai raconté ma mésaventure à une amie. Cette amie m'a conseillé d’aller au centre Seruka avant 72h pour une éventuelle prise en charge, raconte Nsabimana.
A son retour, son mari ne l'a pas cru. Il lui reprochait de l’avoir fait par consentement, de n’avoir pas été violée. Depuis lors, il l'a chassé de la chambre conjugale.
Elle dormait avec les enfants dans une autre chambre. Il ne donnait même plus la ration. Il lui disait d'aller demander la ration à ceux qui l’ont violée. Il ne donnait même pas aux enfants le matériel scolaire.
Nsabimana a raconté cela aux autorités locales pour qu’elles lui viennent en aide. Le chef de quartier a expliqué à son mari que cela arrive à plusieurs femmes. Mon mari a fini par comprendre et m'a soutenu.
Après quelques mois, on s’est marié légalement.
Des écoutes psycholo- giques pour se rétablir
Après l’apparition de nombreuses de victimes de VBG, des organisations dont le centre Seruka ont consacré leurs efforts à la prise en charge des victimes.
«Après plusieurs cas de viol dans la zone Ruziba, le Centre Seruka est venu chercher les victimes des VBG. C'était en 2008 », se rappelle Jeanine Niyonzima. De nombreuses réunions de sensibilisation ont été organisées. Des séances d’écoute psychologiques aussi.
Les assistances médicales et psychologiques étaient de la partie.
« On nous enseignait de briser le silence, de ne pas rester silencieux, de parler aux administratifs, aux agents de santé communautaire». Jeanine Niyonzima informe également qu’elle a bénéficié des médicaments contre les IST, l’hépatite B. «J'ai été guérie. Actuellement, je mène une vie normale comme les autres», se réjouit-elle.
Des groupements de femmes pour s’auto-dé- velopper
Ces femmes témoignent que le centre Seruka les a aidés à former des groupements de femmes victimes des VBG. Chaque groupement est constitué de 20 femmes. Dans ces groupements, nous échangeons également nos expériences. Après avoir entendu les témoignages des
autres, tu réalises que tu n’es pas la seule victime des VBG.
Dans ces groupements, on octroie des micro-crédits aux membres qui en ont besoin. «On cotise hebdomadairement. De 1000 à 5000 francs burundais. Si une personne a un problème, on lui accorde un crédit qu’elle rembourse progressivement », précise Mme Nsabimana.
Grâce à ces groupements, Jeanine Niyonzima révèle qu’elle fait le petit commerce. Avec des crédits que je contracte, j’achète des noix de palme pour 5000 FBu à Ruziba et je les vends à 10000 FBu au quartier industriel près de l’endroit communément appelé Chanic. Elle indique qu’elle loue également des terrains pour planter des cultures vivrières. «Je cultive le manioc, le maïs et les haricots que je vends plus tard». Elle révèle que cela l'a aidé à faire face aux problèmes qu’elle a vécus. Elle a sa propre maison dans laquelle elle vit avec ses deux enfants. De son côté, Nsabimana s’adonne au défrisage des cheveux des femmes. Au minimum, je gagne 2000 FBu par jour. Même si c'est peu, je parviens à avoir de quoi manger. J'arrive à acheter la farine de manioc et les légumes pour nourrir mes enfants. Et d’ajouter que pendant les périodes de fête, elle peut gagner 10 000 FBu.
Elles aident les autres à se remettre
Ces deux femmes victimes de viol affirment qu’elles sont actuellement
guéries du traumatisme psychologique. «Aujourd'hui, j’aide les autres à se remettre à travers des témoignages. Je suis leader d’un groupement», martèle Jeanine Niyonzima.
Cette dame recommande aux victimes de viol de surmonter les défis, de briser le silence et de révéler les violences qu’elles subissent aux autorités locales. Les jeunes filles sont appelés à se méfier des hommes qui leur donnent des objets de valeur et les violent. « Les jeunes filles ne peuvent pas refuser les téléphones androïdes. Cela c'est du viol».
Des sanctions sévères s'avèrent nécessaires
Les femmes victimes des VBG sollicitent, de la part de l'Etat, le soutien aux organisations œuvrant dans la prise en charge des victimes des VBG. Elles insistent également sur la multiplication des sensibilisations sur les violences basées sur le genre.
Les sanctions doivent être sévères pour les fautifs. Selon Niyonzima, les procès en justice trainent.
Les administratifs qui violent les femmes ne sont pas punis. D’où l’exigence des sanctions sévères.
Des chiffres alarmants
1236 cas de victimes de violences basées sur le genre ont été reçus par le centre Seruka en 2020.
Parmi eux, 1159 femmes, soit 94%
et 77 hommes qui représentent 6%.
Selon, Emmerentienne Kamariza, coordinatrice a.i du centre Seruka, 190 sont des enfants de moins de 5ans, soit 15%. 385 sont des enfants de 5 ans à 12 ans, soit 31%. 356 sont des jeunes de 13 à 17 ans, soit 29%. 296 sont des personnes de 18 à 45 ans, soit 24%. 9 ont plus de 45ans, soit 1%. Les violences basées sur le genre sont de différentes formes. Mme Kamariza signale que les violences basées sur le genre sont de différentes sortes. Des violences économiques, physiques, psychologiques, sexuelles, etc.
Bruce Habarugira