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LI\TRE DES BOURGEOIS
DE L'ANCIENNE GENÈVE
Il a été tiré de cet ouvrage 100 exemplaires fur papier de Hollande&400 exemplaires [ur papier vélin.
LE LIV ,R E
DEB
BOURGEOIS
DE L'ANCIENNE
.RÉPUBLIQUE DE GENÈVE
'PUrBLIÉ V'cA'P7\ES LES '"1\.EGIScr7\ES OFFICIELS PAR
ALFRED L. COVELLE
Dr jure
.GENÈVE
J. JULL~EN, ÉDITEUR
MDCCCXCVII
(H~~)
AVANT-PROPOS
Les cArchives de l'Etat de Genève poffèdent deux regiflres d'admijJion à la 'Bourgeoijie :
Lepremier, que nous qualifierons deRegiftre latin (1), com- prend la période de 1442 à 15'1.9. ','
Le fecond, rédigé en français &portant le titre deLivre de Bourgeoifie, commence égalenzent en
1442
& s'arrête le 2 juillet 1779 (2). Il n'ejl d'abord qu'une copie, ou plutôt une traduction du premier, Er la date de ce travail peut être fixée à la fin duXVIe siècle. Il devient enJuite le répertoire officiel, le regiJlre matricule des admijJions à la bourgeoifie, Er c'ejl, évidemment de lui dont il
efl
[réquemment queflion dans les %gijlres du Confeil (ous le nonl de Livre des Bourgeois. Les radiations ou interpola- tions de bourgeoùies opérées à plu(ieurs reprifes, par la main Er ..[ous la fignature des [ecrëtaires d'Etat, montrent bien la valeur(1) Manufcrit in-folio relié en parchemin, coté Ms. 122.Ce document eft ainfi décrit dans Flnroentaire des titres de la Communauté rédigé en 1487 :« ••.••Item librum bUIgenjiumfE!in quo burgelljium nomina ES cognomlna defcribuntur cum juribus (eu duplo quorumdem jurium ad opus Communitatis f'acientium, incoha- tum die quarta menfisfebruariianno Dominimillefima quatercentefimo quadrage- fimo fee undo. •
(2) ManuJcrit in-folio relié en 'Vet,u, cotéMs. 128.
VI c4vant...propos.
qu'on attribuaitàce regiflre qui, en [ait, Tl'a pas cejJé d'être conji- déré comme le cclivre d'or » de notre 'Bourgeoiîie. Etant comme tel fréquemment confultë, il nous a paru pouvoir faire l'objet d'une publication utile& intérelfante.
&f:llgré la valeur que repréJente le &s. 128, il n'a pas été poffible de le prendre comme ba]« de notre travail, car ne commen- çant qu'en 1442 & s'arrêtant en 1779, il laiffe de côté plus d'un millier de réceptions, antérieures ou poflërieures à ce laps de temps, pendant lequel, du refie, bon nombre d'autres réceptions ont t'lé
omi(es.
Il valait '~donc mieux recourir directement aux ..(ourees mêmes, qui font, en première ligne, les RegiHres du Confeil &unenom- breu]e colleélion de Lettrés de bourgèoilie,conjervëesaux câr- chives. c1 défaut de ces ,%giJ1res, qui ne remontent qu'à l'année
14°9 & offrent,[ujqu'en 1)26, de nombreufes lacunes (1), nous
avons eu recours aux deux manufcrits dont il a été precedemment quefiion, le Regillre latin& leLivre de hourgeoifie,mais enn'uri- lifant ce dernier qu.'à partir de l'époque où nous eflimons qu'il celfe d'être un ouvrage de feconde main.Enfin,nous avions à notre difpo- fùion une autre __(ource, les regiJ1res des comples de la Üommu- nautë(2), jort incomplets, malheureujement , & tenus à un point de vue purement fifcal, mais qui nous ont fourni plujieurs centaines de réceptions non mentionnees ailleurs, &nous ont procuré, pour un grand nombre de cas, des variantes&des adjonâions,
(1) Ces lacunes font les [uisoantes : De décembre 14J7à fèrorier 1428; de flcvrier 1431 àfè-urier 1442; de jan-vier14103à fèrorier 1457,.defè-urier145 8"
àfè-urier 1459i de février 1463 à mars 1473; de février à août 1478; de fitvrier 1479 à fèsurier 1480; de fè-urier 1499 à"décembre 15°1; de marsà
août1S26.
(2) roi.1, 1368-1386; vol. 11,1400-1410; vol. Ill, 1418-143°, ces trois premiers avec de grandes lacunes; 'Vol. IF, 1450-1456; vol. l/; 1457& 1496-
"5°5; 'Vol. YI, 1458-1466. Nous pou-vons ajouterà cette lifte leMi. 125, don- nant une lifte deréceptionsde J5 55 à 1563,ES les Ms. 123 ES 12,~"bis,[oit Car- net 'les amendes, 162.0-1669.
o4:vant·propos. VII
En dehors de cette férie de documents originau«& vraiment officiels, les autres rôles Je 'Bourgeois, généralement copiés Jur le etM's. 128, qui fe trouvent aux 04rchives ou que poffèdent diverfes colleélions publiques ou privées, n'offrent pas a./fr( de [écurite pour qu'on puiffe s'en [ervir utilementj il ferait trop long de les énu- mérer ici. La plupart du temps ces divers textes, ~giflre du Conjeil, Lettres & Livres de bourgeoijie &ft complètent les uns les autres ; nous n'avons eu donc qu'à les fondre enjemble. Lor/qu'ily avait divergence ---- & le cas s'eflpréfenté maintes fois - la pré- férence a été donnée, comme texte principal, aux Lettres de bour- geoijie & au 'Rfgifire du Confeil, fur les deux Livres de bourgeoifie es. à ces derniers fur les ~giftres des comptes. On nous fera fans doute le reproche d'avoir, par ce moyen, créé en quelque [orte un texte nouveau. Il n'était pas pofliblede faire autrement. câdopter l'un des textes officiels anciens, c'était, comme nous l'avons vu,110US priver d'une foule de renfeignements utiles,&d'autre part rédiger notre regiflre dans une forme moderne nous eût entrainë, indépen- damment d'autres confiâërations trop longues à enumerer ici, à trancher, par exemple, pour la partie latine, la queflion très grave de la traduction des noms.
Les variantes importantes relatives aux noms de familles ont été données en note, mais nous avons penfé qu'il était inutile d'en fignaler chaque fois les [ources, QEane aux lettres dt bourgeoifie, en revanche, il était inréreJfant de les fignaler, neIde-ce quepour en publier l'inventaire. Il eft évident que nous n'avions pas à tenir compte des variantesportant uniquement fur la latinifation 'des noms propres. On trouve fouvent, en effet, tel nom de famille donné par le[ecràaired'Etat fous fa/orme latine,randis que le receveur des comptes de la Communauté le fronci]e à lamême occafion,&filIOUS
avions dû tenir compte de toutes les variantes neportant pas exclu- fivemml (ur le nom, il
efl
facile de fe reprëjenrer les proportionsqu'aurait prife notre publication.
VIII cAvant-propos.
Tout en rejpeâant lestextes, il ejf,cela vafans dire, des cor- reâions d'ordre-typographique rendues néce.f!aires pour rendrenotre publication comprëhenfible aux perfonnes peu habituées à la leâure des documents anciens, ainti, en ce qui concerne laponâuatlon &
[urtout l'emploi des lettres majufculesàl'égard de/quelles il n'exis- tait, iufqu'aufiècle dernier, aucune règle précife. Les noms propres étaient, en effet, arbitrairement coupés, tandis qu'en revanche, ceux authentiquement pourvus de la particule nobiliaire voyaient parfois cette dernière ne former qu'un avec eux.'Dans nombre de cas la ques..
tian n'a pu fe réfoudre qu'empiriquement, enparticulier nous n'avons mis la particule avec un petit cl que quand le nom propre était celui d'un fief, tout au moins d'une terre noble. Pendant la pé- riode latine, Où la difficulté de reconnaître la particule nobi- liaire
efi
plus grande encore, il nous a paru préférable d'adopter pour tous les noms commençant par de le D majufcule, faut toutefois les cas où cette particule[uivait le mot .'dominus.En réfumé, les noms de famille font trari[crùs tels qu'ils far- taient de la plume du fecrétaire d'Etat ou du receveur des comptes de la Communaute, fans que nousayions cherchéàen donner une meilleure orthographe, malgre tout l'intérêt qu'un travail femblable pourrait préJenter pour l'étude desfamilles genevoifes. Il nous fuf- fifait de donner les renfeignements ejJentiels, noms& prénoms, ori-
gine&- habitat, profe.lJion, conditionsfT motifs de l'admif!ion,&c,J'
entrer dans plus de détails fur les milliers de cas qui fe font pré- [entés aurait forcément dépajJé notre cadre. On entrevoit la quan- tité confidërable de rett[eignemetus [upplëmeniaires qu'aurait pu nous fournir l'étude des documents officiels. C'e]!plujieurs volumes qu'il nous eût fallu, &nous eu.lJions ainfi empiété fur le domaine des travaux biographiques &généalogiques (1).
(1) 'Pour leXl/Ill»fiècle,un très grand nombrede requêtes enbourgeoifie&1 de conclujions du procureur général, à leur égard, nous ont étéconfer-uèes. En gé- néral, les[ecretaires d'Etat, lorjqu"ils infcri-uaient dans les regifires du ConJeil une
cAvant-propos. IX
Cefait d'avoir àpuifer dans plufieurs fources,fans que,par la force même des chofes, il[oitpoJlible d'indiquer àchaque mot, à chaque membre de phraJe, quelle en l'e.ft l'origine, eJlla caufe de difficultés diverfes qu'on ne peut meconnaitre.
Selon, par exemple, que la réception e.ft empruntéeàun regijlre tenu par le [ecrëtaire d'Etat, ou bien aux comptes du receveur, nous trouvons le nom du récipiendaire mis à tous les cas dela langue latine. cA.infi " Petrus:J(., admiffus, ... Erc.j ou bien: ad requi- {itianem 'Petri:J(.; - ou bien : recipimus in burgen(em 'Petrum :J('J' - ou bien encore .. a 'Petro 0(. recepit... Erc. Ile.ft évident que' nous ne pouvions faire autrement que de ramener tous ces noms au nominatif,
Une autre difficulté git dans le fait qu'auXVIIeEr[urtout au XVIlle fiècle, une réception ne provoquait plus feulement dans les
~gijlres du Confeil une unique mention, mais bien deux, trois &
parfois quatre. En effet, cesformalites de receptions à la bourgeoifie pouvaient comporter la communication de la requête du candidat, le ré(ultat de l'enquêteàlaquelle cette requête donnait naiffance, en- quête dont le procureur général fut [pëcialement chargé, la votation d'abord fur le principe même de l'admiffion, puis fur la quotité à payer, la mention du paiement de ces droits, &- finalement la preflation de ferment. Il ne pouvait, cela va (ans dire, être quefilon de reproduire ces diverfes mentions, pas plus que les inter- minables formules accompagnant la requête ou la votation.
c1u milieu du X VIe fiècle nous trouvons fréquemment au
~gijlre du Confeil, fous la rubrique marginale de ccbourgeoùie
H,
la mention de candidats avec la formule l' cc efficiatur burgetuis»
ou telle formule analogue au[ubjonâif[uivie du prix auquel cette admijJion était taxée. De ces individus, les uns[eretrouventàquel-
réceptionàlabourgeoifie, raccompagnaient d'un rèfumè de ces pièces,mais en recourant aux originaux eux-mêmes nousy asuons trouroê un grand nombne de renfeignements utiles1
x câvant-propos,
ques pages plus loin, avec la formule plus complète de réception effeâive . admiifus,Juivie de la mention de preflation de [erment : juravit (1), tandis que les autres ne [ont plus mentionnees, ni là, ni dans le Livre de bourgeoifie. :J(pus n'avions donc pas à tenir compte de ces fortes de réceptions éventuellesEr non [uivies d'effet.
JI
n'a pas été cependant toujours facile de [uivre une règle au.f1i prëci]e, ainfi quand d'autres paffages du7\.
C. [emblaient bien indiquer qu'il avait été donné fuite à ces admijJions eventuelles, bien que cela n'eut pas été formellement exprimé.c4.u XIV"&au X Vefiècle, il arrive parfois que les documents officiels nous donnent pour une même année plufieurs rôles contenant àpeu près les mêmes bourgeoùies, mais fans indication de date &
difposees dans un ordre différent. O'(ous avons adopté en ce cas la même règle que pour le choix entre diverfes graphies & ren- voyé à la fin de l'année les noms de bourgeois ne figurant pas dans le document conJidéré comme le texteprincipal, C'efi deméme à la fin de l'année que [ont placées les réceptions non pourvues d'une date. ~ppelons, à cette occaiion, que pendant longtemps l'année commençait àO'(oël & qu'il en réJulte parfois Je l'indécijion quant àla placeàdonner àcertaines réceptions. O(pus nous [ommes effor- cés de les mettreàleur véritable date.
O'(ous avons laiJfé de côté, dans les livres des comptes du XVe (iècle, bon nombre de mentions relatives à des individus qui s'acquittaient du droit appelé,' foufferte (Jufferlll loco borgefie). Il s'agiJfait, en effet, non du droit de bourgcoùie proprement dit, mais d'unefortede redevance féodale due, dans certains cas, pour l'ac- quifition de biens fonds &- qui, àGenève, avait au.f1i le Jens' de taxe' pour /'admijJionàl'habitation(2
J.
'Par le paiement de la [oufferte on(1) C'ejl la même différence qu"onpeut remarquer au fiècle précédent entre les exprejJions ordinatus & creatus bUf'genjis. On 1létait créébourgeoisquepar la preflation de fer-ment, petito juramento,
(1,) Yoy.Godefroy(Diétionnaire de l'ancienne langue françaife).
rAvant-propos. XI
acquérait la jouiffance de certains droits civils propres aux feuls bourgeois, d'où l'exprejJion cc loco borgelie )).il{ous n'avons pas davantage tenu compte des diverfes mentions de renonciation à la bourgeoiJie ou de privation, inférées dans le &s. 128, la lifte de ces annulations étant forcément incomplète.
'D'autre part, nous n'avions pas de motif pour ne pas inférer les réhabilitations, [urtout
fi
elles avaient lieu après plufieurs années de privation des droits de la bourgeoifie (reconfiliatus, de novo, de nova adrnillus, confirmatus). En revanche, quand nous nous trouvions en préfence de bourgeois privés de leurs droits par le Con- [eil, mais les recouvrant peu de jours après, il eût été ridicule de conïidërer cette réintégration comme une nouvelle admiffion&nous avons préféré ne pas l'inférer.Vile autre difficulté venait du fait queJouvent on trouve, à quelques années de difiance, deux mentions de réception fe rappor- tant
a
un même individu. Le plus souvent cette répétition était due àce que le récipiendaire n'avait pas rempli toutes les formalités né- ceJJaires,mais, dans le doute, il nous a paru plus correâ de refpec- ter cette double mention.Le paiement des droits de bourgeoiJie était loin d'avoir tou- jours lieu en même temps que la preflarion de [erment , à cet égard les livres des receveurs des conzptes nous fourniffent de longues lifles d'arrérages dûs par des bourgeois reçus fouvent depuis fort longtemps. C'e.ft pour remédier à cet abus que le Confeil eut à prendre quelques mejures. dont nous nous bornerons à citer les fui-
vantes:
Le 1 1 novembre 1
)94 ,.
~. ~.cc a eflé remisàprefler fer-» ment après qu'il aura payé, & que dorefnavant le [emblablefOI-
n faiâ au regard des aultres bourgeois.»
Le 1 1 janvier 1609 "cc a eflé arreflë qu'en défaut de payer,
1) par ceux qui [ont cy devant paffés bourgeois &qui n' ont pas
» paié le prix de la bourgeoifie dans huit jours après la notifica-
XII cAvant-propos.
)) lion du préfent arrefl, ils feront caiJés du bénéfice de leur bour- )) geoiûe.»
Le7 décembre 170r , on réitère la décijion que les lettres de bourgeoiJie ne feront delivrees qu'après entier paiement des diverjes preiiarions impoJées aux nouveaux bourgeois.
JuJqu'en 1429, le taux le plus habituel de l'admiJ/ioll à la
bourgeo~fie était de 5' florins (1), oscillant entre 2 & 20 florins;
dès lors, il s'élèveà 7,puis à 8 florins, chiffre au-deiJous duquel il d~rcendait rarement, & atteignait comme maximum le ch(ffre de
18ou20écus ou celui de 18 ducats. cilpartir de 1)j0, époque à laquelle les émoluments ne Jont plus comptés en florins, mais en écus d'or, le taux moyen continue à augmenter, &,au milieu du XVIIe {iècle, le chiffre de )0 écus, qui était devenu d'un ufage fréquenr, fut fixé par le Confeil (8 janvier 16)'1) comme celui au- deiJous duquel on ne defcendrait plus, fous réferve de certains cas [pëciaux.
Le29mats 16
73,
ce minimum fut porté à 1)00 fl., fomme abaifféeà Iooofl.pour les natifs. Le28decembre 1707, ces chif- fres furent encore élevésà fOOO fla & 3000fl. pour les natifs.Le prix de la bourgeoijie s'était donc fingulièrement accru fr
atteignit même les chiffres de14,000& de21,000fla
Outre le prix principal de la bourgeoiJie, les nouveaux bour- geois étaient généralement [oumis à une taxe Jupplémentaire, par exemple, depuis 17°0,àla Jammefixe de 10écus,Joit 100florins.
pf,ur la bibliothèque,&plus tard aujJi les droits de l'Hôpital. c!Mais antérieurement, on remarque d'autres preflations dont nous avons à parler.
C'ej1 d'abord le [eillot (fellioélum), écrit parfois ceillot,
cc en cuir bouilli, pour la défenfe du feu, » qui apparaît pour la
( 1) Les florins et les écus dontileftd'abordquestion{ont des florins et des écus d'or ; depuis le milieu duXVIIesiècle, il s'agit de florins, monnaie de compte, et d'écus blancs,[oitd'argent.
cAvant-propos. XIII
première fois à lafin de 1446, &dont l'uJage devint fréquent, fur- tout à partir de l
,34
(1).La couleuvrine(colovrina), qui commençe à être mentionnee
en
14)),mais dOtlll'ufage comme redevance diJparait vers -148)'.Le plaftron, pièce d'armure, citée dès 1482, ne fut mentionne que pendant peu d'années.
En 160) apparaù le moufquet, d'abord en remplacement du [eillot traditionnel, puis bientôt concurremment avec lui. En 16)6,
le moujquet
efi
àJon tour remplacépar le fujil. En 1697, la gibe- cière remplace le[eillot, &,en 1708, on commence à parler d' « aJ- [ortimenispour l'arfenal » ou de ccfufils aifortis»,
c'efl-à-dire de fufils munis de leur fourniment 'giberne, etc.). (2)Ces paiements de[eillots, moufquets, &c., s'effeéluaientfortJou- vent en argent, la chofe
efi
évidente,&.nous en aurions, du refle, la preuve dans un paifage du 'I\; C. du 16 mai 1621 (Vol. 120,JO
l37), où il fut arrêté (( que dorefnavanr ceux qui feront reçeus» bourgeois payent leur bourgeoijie en moujquets qui [eront mis en
» 1'c1r/enal, au lieu qu'on avait accouflumé de la faire payer en )) argent:»
Il eJl auJli une redevance accompagnant le paiement des droits de bourgeoijie, dont nous devons dire quelques mots, quoique ce fût plutôt ce que nous appellerions de nos jours des droits de chancel-
el) Le2mai 1585 leR.C.indique le paiement de 15 florins pour le feillot,&
le3feptembre de la même année, il mentionne la rede-vance de '2feillots, à rai- (on de 10florins le feil/ote
e2) fiZuelques autres preflationsifolèes{ontànoter: Ranch. (banchus ),jigni- fiait un banc, une table;--: Lint.(linteum) : une pièce de drap.- Amphora ftanni : une amphore d'étain.- Pannus viridis coloris pro bancho aule Confilii : drap 'Vert pour le banc (ou la table) de la Jalle du Confeil. - Espauleria tapifferie : efpaulière. - Bandofiere ou bandollière: bandoulière. - Les fourchettes ou four- quines étaient les fourchettes dejlinéesàfou tenir les moufquets:- A liebrefl fignifiait probablement une hallebarde.
En re-vanche, il eft difficile de prècifer ce que 'Voulait dire les mots eûampaz fS viojouz, dontileft une feule fois queftion.
XlV cAvant-propos.
lerie. c4. cetitre, &en imitant du refte le Livre de bourgeoifie, nous l'avons paiJée fous {ilence, le 7\; C. lui-même ne la mention- nant pas d'une façon régulière. C'était d'abord une [omme deflinee au ConJeil, une[orte d'énzolument qui devait, nous [emble-r-il, con- filtuer une bonne partie du traitement des conJeillers. cAinji,
au 1erjanvier
1634,
on[e borne àa/outer aux autres redevances d'un nouveau bourgeois, la mention [uivante .. (( & le Confeil )), tandis que de 170l àla fin de 17°7, à prefque chaque réception, Je trouve mentionnée la Jomme de 10écus (par.,fois20écus) (( pourle Confeil JJ.
Parfois aujJi nous trouvons cette expreJ!ion cc&la malvoilie )), était probablement une forte de collation parlaquelle,~rLJivantl'exem- pied'autres pays, dans des cas plus ou moins analogues, le nouveau venu dans uneconfrérie payait Ja bienvenue.
« c4 ellé arrejlé, trouvons-nous au 7\; C. du
23
juin16°9,
cc (vol. I06,jo 1 1 )'), que cy après ceux qui Jeront receus bourgeois
cc au lieu de la malvoùie qu'ils avaient accouflumance de paier,
cc paient 2)
fi.
qui feront diJlribués. J)On pourrait croire qu'il s'agiIJait aujJi d'une collation offerte au Conjeil, dans l'expreJ!ion employée fréquemment au XVIIe fiècle, de cc l'ajJiette au Confeil )) ou bien de deux (ou trois) ajJiettes pour le ConJeil. Il fe peut que le mot d'affierce doive être pris dans le Jens de droit deféance. La choJe n'ejl pas facile à trancher. En tout cas, cette redevance qui n'était pas fpécifiée àchaque réception, devait être paiJée dans les ufages, car on la voit mentionnée au
'lt.
C. du4juin 1670, àtitre d'habitude - cc l'ajJiette ... qu'on . a accouflume de bailler. ))Un rapide examen des noms qui vont fuivre frappera, par le nombre
fi
reflreint de familles exiflant encore de nos jours. Voici l'explication qu'on en peut donner. En toute première ligne il faut Je rendre compte qu'au XIve
fiècle & au commencement du XVe on était bienplus large pour les admiJlions qu'on ne le devint plus..cAvant-propos xv
tard, quand Genève, ayant conquisJon indépendance politique, le droit de bourgeoijie acquit une importance beaucoup plus grande. Il était primitivement accordéfacilement ànombre de perfonnes n'ayant pas l'intention de fe fixer définitivelnent à Genève Er fe rapprochait beaucoup plus de ce qu'on appellerait de nos jours le permis de féjour ou d'établissement. La preuve en efl dans les comptes des receveurs où leur comptabilite mentionne un grand nombre de nou- veaux bourgeois comme introuvables: qui non reperirur, ou comme infolvables, ou [ùnplement comme incapables de s'acquitter de tout ou partie de leur droit d'admijJion; c'efl ce fait qui expli- que la préfence dans nos archives de bon nombre de lettres de bour- geoifie non retirées. ,%marquons au.fli que la bourgeoijiefUI très fouvent conféréeoccajionnellement, honoris caula, àdes perjonnes qui n'avaient pas l'intention de fe fixer dans notre ville ou qui n'ont eu avec elle que des rapports momentanés.
C'efl ainji qu'on voit figurer dans les nouveaux bourgeois de la période fëodale un grand nombre de
fonâionnaires,
[ecrétaires,no- taires, officiers de tout ordre du duc de Savoie, de l'évêqf:le ou du vidomne, 'Puis ce fut, très fréquemment, àde grands perjonnages que cet honneur fut conféré,[oit en reconnaiffance de [ervices rendus pendant les moments difficiles de notre hifloire, [oit pour les atta- cherà notre caufe.La table alphabétique des noms propres ne comprend que les formes mêmes employées par les différents redaéleurs des documents que nous avons énumérés plus haut. :J\..ous n'avons pas cédéà la tentation féduifante, mais illuJoire, d'intercaler dans la férie alpha- bétique les formes aâuelles; avec leurs très nombreufes variantes, en renvoyantà la forme officiellement employee au moment de l'admis- fion. 'D'une part, ces attributions ne préfentaient, fans de vafles recherches généalogiques, aucune garantie d'exaâitude ; d'autre part, il était impo.flible d'établir la férie abfolument complète des variantes. :J\(sJus avons aujJi abandonné le projet, déjà mis en exé-
XVI câvaru-propos,
cution Er qui peut-être verra le jour, d'établir une feconde table, Joit de concordance entre les formes aéluelles &les formes an- ciennes, d'abord pour les raifons que nous donnons ci-deffus, enfuite parce que la traduâion des formes latines, allemandes, italiennes Er azures, de même que leur concordance avec la forme actuelle, demandait un travail énorme pour un réJultat incomplet(1).
On sait qu'à partir de 1792 il
ny
eut plus de réception à la bourgeoiJie proprementdite. En vertu de l'édit du 12 decembre, tous les bourgeois, natifs, habitant ou domiciliés, tant de la ville que de lacampagne.furentdéclarés ou adoptés citoyens.Il nous fera permis, en terminant, de remercier &. Louis 'Dufour-Vernes, archivifle d'Etat, dont l'inépuifable complaijance nous a grandement aidé, & CM'.
J.
CM'ayor, bibliothécaire de la Société d' Hifloire, qui a bien voulu revoir les épreuves.(1)Cetra-uail d'identification de noms n'aurait pu s'effeéluer en toute [ûretè que dans un nombre relati-vement reflreint de cas, tels que ceux de Bordier à rattacher Audeoudà Audod, Bourdier, Bau/acre à Bolacre, Des Gout/esà De Goutes, Odierà Hodier,de Chapeaurougeà Pili Rubei, &Je.
ABRÉVIATIONS
Habit. Geben., Hab. Geb., - Gen : Habitator Gebennarum, habitant de Genève.
par: parrochia,paroisse, fi :jlorinus, floria.
scut. : scutum, écu.
é. écu.
s. : solidus, sol.
gr.: gros.
duc. : ducatus, ducat.
plastr., pl. : plastron.
col. : colo-urina, coulouvrine.
st : sellioctum,seillot.
lut: mousquet.
fus. : fusil.
- ass. : - assorti.
assort : assortiment.
- de grena : de grenadier.
gib. : gibecière.
prla b., àla b. : àla Bihliothèque.