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Revue de presse - Coups de coeur

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122 Correspondances en Métabolismes Hormones Diabètes et Nutrition - Vol. XX - n° 5-6 - mai-juin 2016

R e v u e d e p r e s s e

Coordination : Dr Estelle Louiset (Rouen)

Un futur vaccin pour traiter le diabète de type 1 Quel est le risque de cancer chez les patients atteints de diabète de type 1 ? Quand une puce à ADN identifie un nouveau gène candidat dans les insuffisances ovariennes prématurées…

Phéochromocytome dopé aux corticoïdes

Un futur vaccin pour traiter le diabète de type 1

La tolérance immunitaire dépend des lymphocytes T régulateurs Foxp3

+

, qui suppriment les cellules T auto- réactives. Dans le diabète de type 1, une réaction auto- immune détruit les cellules β qui produisent l’insuline.

À l’heure actuelle, les stratégies de vaccination per- mettant d’induire les lymphocytes T régulateurs ou visant à réduire la réponse auto-immune n’ont eu que des succès modestes et n’en sont encore qu’à leurs débuts.

I. Serr et al. utilisent un modèle de souris humanisées NSG-HLA-DQ8 greffées avec des cellules souches hématopoïétiques humaines. En utilisant un proto- cole de vaccination avec des agents mimétiques de l’insuline, ils montrent que ce traitement induit les cellules T régulatrices humaines Foxp3+ spécifiques de l’insuline. Ces lymphocytes T régulateurs sont efficaces pour supprimer les cellules T effectrices. En conclu- sion, ces vaccins candidats pourraient représenter à l’avenir de nouveaux espoirs thérapeutiques pour des enfants qui risquent de développer plus tard un diabète de type 1.

Bertrand Duvillié, Inserm U1016, institut Cochin, Paris

• Serr I, Fürsrt RW, Achenbach P et al. Type 1 diabetes vaccine candidates promote human Foxp3+Treg induction in humanized mice. Nat Commun 2016;7:10991.

Quel est le risque de cancer

chez les patients atteints de diabète de type 1 ?

Durant ces dernières années, on a constaté que les individus diabétiques, dont la majorité sont des dia- bétiques de type 2, ont une susceptibilité accrue au cancer. B. Carstensen et al. ont étudié le lien entre le diabète de type 1 (DT1) et le risque de développer un cancer dans une grande cohorte de patients de 5 pays différents (Australie, Danemark, Finlande, Écosse et Suède).

Parmi les patients atteints de DT1, 9 149 cas de cancers ont été détectés. L’âge médian à l’apparition du cancer était de 51,1 ans. Par rapport à la population générale, les hommes diabétiques de type 1 n’ont pas de risque accru de cancer, alors que, chez les femmes diabétiques de type 1, l’incidence de cancer est augmentée de 7 %.

Les cancers de l’estomac, du foie, du pancréas, de l’endo- mètre et du rein sont plus fréquents chez les patients atteints de DT1 (risque plus élevé de 25 à 50 %). En

revanche, les cancers du sein et de la prostate sont nettement moins fréquents.

Il s’avère donc que, chez les sujets diabétiques de type 1, la répartition des types de cancer diffère de celle de la population générale. Le lien entre le DT1 et le cancer semble dépendre de la durée de la maladie. Cette étude est la plus vaste menée sur ce sujet, ce qui lui confère un grand intérêt. Néanmoins, la population étudiée est relativement jeune. Il serait intéressant de poursuivre cette étude avec des sujets plus âgés.

Bertrand Duvillié, Inserm U1016, institut Cochin, Paris

• Carstensen B, Read SH, Friis S et al. Cancer incidence in persons with type 1 diabetes: a five-country study of 9,000 cancers in type 1 diabetic individuals. Diabetologia 2016;59(5):980-8.

Quand une puce à ADN identifie un nouveau gène candidat dans les insuffisances ovariennes prématurées…

Les insuffisances ovariennes prématurées (IOP) sur- viennent avant l’âge de 40 ans et touchent entre 1 et 5 % de la population féminine. L’existence de formes familiales et les tableaux d’haplo-insuffisance du chromosome X suggèrent la possibilité d’anomalies géniques transmissibles. Néanmoins, en dehors de quelques mutations sporadiques (FMR1, FOXL2, BMP15, GDF9, NOBOX et NR5A1), la plupart des IOP (> 70 %) demeurent idiopathiques.

C. Hyon et al. rapportent, chez une patiente présentant une aménorrhée primaire associée à des troubles du comportement et à un retard mental, une délétion d’un nouveau gène candidat, CPEB1 (Cytoplasmic Polyadenylation Element Binding protein 1). Situé sur le chromosome 15, CPEB1 code pour une protéine très conservée à travers les espèces qui intervient dans la traduction des ARN messagers et probablement dans l’ovogenèse, puisque son haplo-insuffisance est respon- sable d’un blocage de la méiose au stade pachytène chez la souris.

Grâce à une puce d’hybridation génomique compa- rative (CGH array), cette équipe a montré que cette patiente présentait en fait une microdélétion de 2,5 Mb de la région 15q25.2, qui contient une région de varia- bilité du nombre de copies géniques (Copy Number Variation [CNV]) dans laquelle est situé le gène CPEB1. Ils ont pu identifier cette délétion chez 2 autres patientes atteintes d’IOP (dans une cohorte de 95 femmes). La délétion de CPEB1 est donc rare (1,3 %), mais son méca-

0122_MET 122 19/05/2016 09:05:37

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123 Correspondances en Métabolismes Hormones Diabètes et Nutrition - Vol. XX - n° 5-6 - mai-juin 2016

Revue de presse

c o u p S d e c œ u r

Hodis HN et al.

Vascular Effects of Early versus Late Postmenopausal Treatment with Estradiol.

N Engl J Med 2016 Traitement hormonal de la ménopause : un argument de plus en faveur d’une fenêtre d’intervention précoce !

Instauré dans les 6 ans suivant la ménopause, le traitement hormonal freine la progression de l’épaisseur intima/média carotidienne, à confirmer en termes d’événements cardiovasculaires…

Praagman J et al.

The association between dietary saturated fatty acids and ischemic heart disease depends on the type and source of fatty acid in the European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition-Netherlands cohort.

Am J Clin Nutr 2016

Acides gras saturés : pas d’effet négatif sur le risque de cardiopathie ischémique

Dans cette étude prospective néerlandaise EPIC auprès de 36 000 sujets suivis pendant 12 ans, la consommation d’acides gras saturés est corrélée à une diminution du risque de cardiopathie ischémique.

Cela est surtout observé pour les acides gras laitiers.

Hunt PA et al.

Female reproductive disorders, diseases and costs of exposure to Endocrine Disrupting Chemicals in the European Union.

J Clin Endocrinol Metab 2016

Nouveau réquisitoire à charge !

Endométriose et fibromes utérins : près de 1,5 milliard d’euros attribuables chaque année aux perturbateurs endocriniens en Europe !

Valdez IA et al.

Proinflammatory Cytokines Induce Endocrine Differentiation in Pancreatic Ductal Cells via STAT3-Dependent NGN3 Activation.

Cell Rep 2016 Les cytokines pro-inflammatoires induisent la différenciation endocrine dans le pancréas humain

Dans cet article, IA. Valdez et al. montrent que les cytokines inflammatoires favorisent la transition épithélio- mésenchymateuse (EMT) et la différenciation endocrine des cellules canalaires pancréatiques humaines.

Ces résultats pourraient avoir des répercussions importantes sur la régénération du pancréas.

nisme (modification des régions à CNV) ouvre la porte à de nouveaux gènes candidats dans le déterminisme des IOP.

Nicolas Chevalier, CHU de Nice

Hyon C, Mansour-Hendili L, Chantot-Bastaraud S et al.

Deletion of CPEB1 gene: a rare but recurrent cause of pre- mature ovarian insufficiency (POI). J Clin Endocrinol Metab 2016, sous presse.

Phéochromocytome dopé aux corticoïdes

La région médullaire de la glande surrénale est composée de nombreuses cellules pro- duisant des catécholamines et de quelques cellules sécrétant de l’adrénocorticotrophine (ACTH). Chez certains patients présentant un

phéochromocytome, tumeur de la médullo- surrénale, l’hypersécrétion de catécholamines est associée à une augmentation de la pro- duction intrasurrénalienne d’ACTH entraî- nant le développement d’un syndrome de Cushing. I. Sakuma et al. rapportent le cas d’une patiente atteinte d’un phéo chromo- cytome chez qui le taux d’ACTH plasmatique a diminué après blocage de la stéroïdogenèse par métyrapone, mais a, au contraire, aug- menté en réponse à la dexaméthasone. Après exérèse chirurgicale, les expériences menées in vitro sur les phéochromocytes en culture ont clairement démontré que la dexamétha- sone stimulait l’expression des gènes codant la tyrosine hydroxylase et la phényléthanola- mine N-méthyltransférase, enzymes impli- quées dans la synthèse des catécholamines,

et du gène codant la pro-opiomélanocortine, précurseur de l’ACTH. La dexaméthasone a également augmenté la sécrétion d’adré- naline, de noradrénaline et d’ACTH par les cellules tumorales en culture. Ce travail révèle la communication bidirectionnelle au sein de la surrénale entre le cortex producteur de cortisol et le phéo chromo cytome qui libère des catécholamines et de l’ACTH sous l’action du cortisol. En activant en retour la produc- tion de glucocorticoïdes, l’ACTH génère une boucle d’amplification des sécrétions qui exacerbe les syndromes d’hypersécrétion.

Estelle Louiset, Inserm U982, université de Rouen

• Sakuma I, Higuchi S, Fujimoto M et al. Cushing Syndrome due to ACTH-secreting pheochromocytoma, aggravated by glucocorticoid-driven positive-feedback loop. J Clin Endocrinol Metab 2016;101(3):841-6.

Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

0123_MET 123 19/05/2016 09:05:37

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