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BCU/F

|MILLE

FRIBOURG

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FRIBOURG

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L’EMULATION,

REVUE D'RIBOURGEOISIE:

Soyons de notre pays Türrer

TOME CINQUIÈME.

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IMPRIMERIE DE CH. MARCHAND ET COMP.

1856.

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IMPRIMERIE DE CH. MARCHAND ET COMP.

1856.

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TOME CINQUIÈME.

IMPRIMERIE DE CH. MARCHAND ET COMP.

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TABLE DÉS MATIÈRES.

[. HISTOIRE LITTÉRAIRE.

Dacuer, AL. — Revue des principaux écrivains de la Suisse française, p. 1, 65, 321 et 360.

I.

LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE.

Comre-Vaupaux. — La Nature, traduit de Gæœthe, p. 32.

Dacuver, AL. — Pensées de Gæœthe, traduction, p. 332 et 192.

III. NOUVELLES ET ÉTUDES DE MOEURS.

Dacuer, AL. — Maître Henri Meunier ou le Diogène fribourgeois,

p. 25, 52,1311 et 342.

SCIOBÉRET, Pierre. — L'esprit de Tzuatzo, p. 38, 181 et 193.

IV. POÉSIES.

Dacuer, AL. — Le Troubadour Navarrais, p. 120.

Bucxon, Max.

Les

deux Commères, p. 155.

Le même L'Hiver, p. 353.

STErroz. La Belle chevalière, p- 157

Le même. — Sonnet, p. 158.

DUFERNEX. — En passage à Lohmen, p. 287.

Eccis, ETIENNE. — Le Doute amer , p. 288.

TuoriN, Hurerr. L'Espérance (réponse au Doute amer p.351.

De Bons, Cu. L.— Quatorze mois après, élégie, p. 247.

KouLEr, Xavier. Latante Arie, légende jurassienne, p. 352.

Le mème. — Bellerive, p. 356.

Le même. Pierre Pertuis, p. 359.

V. ETUDES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES.

JG

Cuony,Dacuer,ALBERT. —Au. — L'avocat CastellaJ. M. Passali,et lep. 1614.professeur Barras, p. 211. /

» Jean Antoine Thorin, ou le Latude fribourgeois mnoté par MM. Thorin et A. Daguet, p. 275.

TABLE DES MATIÈRES.

- - lQE- -

1. HISTOIlŒ LITTÉRAIRE.

DAGUET, Al •. - Revue dcs principaux éCI'ivains de la Suisse française, p. 1, 65, 321 et 360.

II. LITTÉRATURE ÉTRANGÈ:RE.

CO~ITE-VAUDAUX. - La NatUl'e, tl'aduit de Gœthe, p. 32.

DAGUET, AL. - Pensées de Gœthe, traduction, p. 32 ct 192.

m.

NOUVELLES ET ÉTUDES DE MOEURS.

DAGUE~AL. - Maitre Renri Meuniel'ou leDiogène fl'ibou'1~eois,

p. 25, 52,\,,11 et 31~2.

SGIOBÉRET, PIERRE. - L'espl'iL de Tzuatzo, p. 38, 181. et 193.

IV. POÉSIES.

DAGUET, AL., - Le Troubadour Navarl'uis, p. 120.

BUCHON, Max. - Les deux Commeres, p. 155.

_ Le mêms. - L'Hiver, p. 353.

STERROZ. - La Belle cheyalièl'e, p. 1.57.

Le même. - Sonnet, p. 158.

DUFERi'iEX. - En passage il Lohmen, p. 287.

EGGIS, ETIENNE. - Le Doute amer, p. 288.

THORIN, HUBEIlT. - L'Espérance (réponse au Doute amel'), p'. 351.

DE BONS, CH. L. - QuaLor~e mois apl'ès, élégie, p. 247.

KOHLER, X.-\VIEIl. - La tante Arief légende jurassienne, p. 352.

Le même. - Bellel'ive, p. 356.

Le même. - Pierl'e Pertuis, p. 359.

V. ETUDES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES.

CUONY, ALBERT. - J. M. Passali, p. 16-1.

DAGUET, AL. - 'L'ayocat Ca tella eL le professeur Banas, p. 211.

» - .Jean Antoine Thorin, ou le Latude f,'iboul'geois

'annoté par .MM. Thorin et A. Daguet, p. 275.

(9)

MONTENACH, JEAN. — Souvenirs du congrès de Vienne , ‘édité par A. Daguet) p. 24, 151 et 280.

VI. VOYAGES.

LamBossy, Louis. — Souvenirs d'Italie, p. 91.

BercuToLD, JEAN. — Souvenirs de l'Oukraine, p- 97 et 129.

GRIVET, ADRIEN. Du Havre à Brest, p. 109.

Le même. — De Brest à Rio-Janeiro, p. 299.

Gacnoup

(le

Père). — Lettre de ce jésuite, missionnaire à Con- stantinople, sur l’état de l'Eglise grecque, p. 289.

VII. INSTRUCTION PUBLIQUE.

AYER, CyYPRIEN. — Rapport sur les Conférences des instituteurs fribourgeois, p. 225 et 257.

VIII. CRITIQUE.

CuerpuLiez,

Ja.

Publications historiques de MM. Berchtold el Daguet, p. 158.

DAGUET, AL. — Revue

des

dernières publications fribourgeoises, p. 251.

QUIQUEREZ, Enmonn. Chronique parisienne, p. 218.

Le même. De la Bohème littéraire, p. 245.

95 IX. VARIÉTÉS.

SÉNANCOUR, EuLALIE. — Influence du costume, p. 270.

La même. Définitions nouvelles, p. 244 S**. — Autre chronique française, p.2

——

©

MONTENACH, JEAN. - Souvenil's du congrès de Vienlle, (édité par A. Daguet) p. 24, 151 et 280.

Vl. VOYAGES.

LAMBOSSY, LOUIS. - Souvenirs d'Italie, p. 91.

BERCHTOLD, JEAN.'- Souvenirs de J!Ouhaine, p. 97 et 129.

GRIVET, ADRIEN. - Du Hâvre à Brest, p. 109.

Le même. - De Brest à Rio-Janeil'o, p. 299.

GACHOUD (le Père). - Lettre de ce jésuite, missionnail'e à Con- stantinople, SUI' l'état de l'Eglise grecque, p. 289.

VII. INSTRUCTION ·PUBLIQUE.

AYER, CYPR1EN. - Rapport sur les Conférences des instituteuI's fribourgeois, p. 225 et 257.

VIII. CRITIQUE.

CHERBULIE~, JœL. - Publications histOl'iques deMlVl. Berchtold et Daguet, p. 158.

DAGUET, AL. - Revue des demièl'es publications fl'ibonrgeoises, p.251.

QUI QUEREZ, EDMOND. - Chronique parisienne, p. 218.

Le même. - De. la Bohême littél'ail'c, p. 245.

S*'. - Autl'e chronique française, p.225

IX. VARIÉTÉS.

SÉNANCOUR, EULALiE. - Influence du costu~e, p. 270 . . La même. - Définition nouvelles, p. 244

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L'ÉMULATION,

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REVUE

DES PRINCIPAUX ÉCRIVAINS DE LA SUISSE FRANÇAISE

INTRODUCTION.

Le grand mouvement

littéraire

dans la Suisse française date de la fin du siècle dernier. Genève alors donnait au monde Rousseau et Bonnet. Benjamin Constant naissait à Lausanne séjournèrent Voltaire, Haller, Gibbon. Madame de Staël tenait à Coppet sa brillante cour composée

de

l'élite des penseurs et des écrivains de l'Europe, les deux Schlegel, Châteaubriand, Lewis, etc. L'auteur d'Obermann, M. de Sénancour, égarait ses sombres rèveries sous les sapins d'Agiez, aux portes de Fri- bourg. Les Lettres neuchâteloises sortaient de la plume fine et spirituelle de Madame de Charrière, Ce sont les noms saillants. D'autres noms aimables ou sérieux de

littérateurs

et

de philosophes nous apparaissent à leur suite et nous rappellent les habitudes

littéraires

qui régnaient aux bords du Léman parmi les hautes classes de la société *, Car la littérature était chose

* Mesdames de Montolieux, Wullyamoz de Pont, etc. Les ancedoles suisses de Madame de Polier accusent la transition , sans la déterminer

exactement.

EMUL. JANVIER 1856. !

L'ÉMULATION,

1 8

~

6.

REYlTE

DES PRI CIPAUX ÉCRIVAINS DE LA SUISSE FRANÇAISE.

INTRODUCTION.

Le grand mouvement littéraire dans la Suisse française date de la fin du siècle dernier. Genève alors donnait au monde Rousseau et Bonnet. Benjamin Constant naissait à Lausanne où séjournèrent Voltaire, Haller, Gibbon. Madame de Staël tenait à Coppet sa brillante cour composée de l'élite des penseurs et des écrivains de l'Europe, les deux Schlegel, Châteaubriand, Lewis, etc. L'auteur d'Obermann, M. de Sénancour, égarait ses sombres rêveries sous les sapins d'Agiez, aux portes de Fl'i- bourg. Les Lettres neuchâteloises sOl'taient de la plume fine et spirituelle de Madame de Charrière. Ce sont là les noms saillants. D'autres noms aimables ou sérieux de littél'ateurs et de philosophes nous apparaissent à leur suite et nous rappellent les habitudes littéraires qui régnaient aux bords du Léman pal'mi les hautes classes de la société j. Car la littérature était chose

1 Mesdames de l\lonlolieux, Wullyamoz de Ponl, elc. Les anecdotes suisses de Madame de Polier accusent la lransition, sans la déterminer exactement.

ÉMUL. ENVIER i8!:i6.

(11)

nobiliaire, aristocratique. À la ville, elle ne franchissait guère les salons de certaines rues privilégiées; à la campagne

,

elle se

venfermait dans les villas et les gentilhommières.

Aussi, à peu d'exceptions près !, qu'était cette littérature?

Aucune pensée propre, aucun esprit patriotique , national , ne l’inspirait. C'était un écho

affaibli,

une imitation plus ou moins servile de

la

littérature parisienne *.

Empreinte d'un autre esprit, d’un esprit plus national,

la

Suisse

allemande se faisait déjà une place à part dans la littérature d'outre-Rhin par ses écrivains et ses penseurs. Trois noms sur-

! Rousseau lui-même, qui se dil Suisse avec complaisance dans ses lettres, ne l'est pas guère dans quelques-uns de ses écrils. La tendance

aristocratique perce dans la Nouvelle Héloïse.

* La Suisse francaise avail alors en liltéralure celle position dépen- dante , qu’ont cherché à lui faire depuis de spirituels, mais peu patrio- tiques écrivains. Notre Suisse française élait un département de la France littéraire. Aujourd'hui même quepar

la

richesse de ces productions litté- raires et par le cachet original qui distingue une partiede ces œuvres, la Suisse française peut prétendre, comme

la

Belgique, à une certaine aulo- nomie intellectuelle, nous voyons plusieurs de nos lettrés se traîner avec affectation à la remorque

des

idées et des formes étrangères. Mais

il a de tout temps élé permis de s'indigner contre cet esclavage, et de chercher à relever le drapeau national en littérature comme en politique.

Dussent les efforts des lilléraleurs vraiment Suisses demeurer infructueux

et leurs productions paraitre aux yeux dessuperbes critiques d’outre-Scine, arriérés d'idées elpauvres destyle ; n'y aurait-il rien de gagné pour notre Suisse, à savoir être elle, dans le champ

de

ses études, lequel est intimé-

ment uni au champ des actions el de la vie publique, Médiocre destyle

mème, notrelittérature aurait toujours pour résultat de nous rendre plus nationaux, plus Suisses, et un esprit enthousiaste, généreux , réellement helvétique animant nos penseurs, nos historiens , nos poèles ,il est impos- sible qu’il n'en jaillisse pas (ôl ou tard quelque grande étincelle qui illu- mine l'horizon intellectuel de notre patrie. — J’écrivais ceci en 1847, dans le journal l'Helvétie: « Quelles modifications les chemins de fer et la fièvre croissante du cosmopolitisme industriel de notre époque doivent-

ils apporter à ces idées?» Nous laissons le soin de répondre aux hommes

qui, n'ayant jamais aimé leur pelile patrie d’un amourbien profond, sont tout prêts à faire le sacrifice de son autonomie sur l’autel du Moloch monarchique ou del'Hésus socialiste.

2

nobiliaire, aristocratiqae. A la ville, elle ne franchissait guère les salons de certaines rues pl'ivilégiées; à la campagne, eUe se renfermait dans les villas et les gentilhommières.

Aussi, à peu d'exceptions près j , qu'était cette littérature?

Aucune pen ée propre, aucun esprit patriotique, national, ne l'inspirait. C'était un écho affaibli) une imitation plus ou moins servile de la littérature parisienne 2.

Empreinte d'Lm autL'e esprit, d'un esprit plus national, la Suisse allemande se faisait déjà une place à part dans la littérature d'outre-Rhin pal' ses écrivains et ses penseurs. Trois noms sm"-

j Housseau lui-même, qui se diL Suisse avec complaisance dans ses lelll'es, ne l'esL pas guère dans quelques-UliS de ses écrits. La lendance aristocmtique perec dans la Nou velle Héloïse.

2 La Suisse frallçaise avniL alors en liltéralure celle position dépen- dante , qu'ont cherché il lui fail'c depuis de spirituels, mais peu palt'io- tiques écrivains, Nolre Suisse française était un déparlement de la France lilléraire, Aujounl'hui même que pal' la richesse de ces productions lillé- rait'es eL pal' le cacheL original qui distingue une parlÏe de ces œuvres, la Suisse française peut pl'éLendre, cornille la Belgique, à une cerlaine auto- nomie intellecluelle, nous voyons plusieurs de nos leLtrés se tl'alner avec atTectation à la remorque des idées el des formes étrangères, 1I1nis il a de tout Lemps été permis de s'indigner contl'e cet esclavage, et de cherchel' à relever le drapeau national en liltératul'e comme en polilique, Dussent les elIorts des liUél'alems vl'aimenL Suisses demeurer infructueux el leurs productions parailre aux yeux des su perbes ('ritiques d'outre-Seine, arl'iérés d'idées eL pauHes de style; n'y aUl'ait-ilrien de gagné pOUl' notre Suisse, à savoir être elle, dans le champ de ses études, lequel est intimé- mcnt uni au champ des aclions et de la "ie publique, Médiocre de slyle même, nolre lillél'ature aurait Loujuurs pour résultaL de 1I0US rendl'e plus nationaux, pIns Suisses, eL un espl'it enthousiaste, généreux, réellement hell'élique animant nos penseurs, nos historiens, nos poètes, il est impos- sihle qu'il n'cn jaillisse pas tôt ou tard quelque grande élincelle qui illu- mine l'horizon intellecluel de nol!'e patrie. - J'ècl'Ïvais ceci en 18/j.7, dans le jourual l'Hcllllitie: «Quellcs modifications les chemins de fer el la fièl'l'e croissante du coslllopoliLisme indusLl'iel de nolre époque doivent- ils apporter il ces idées? Nous laissons le soin de répondl'e aux hommes (lui. n'ayant jamais aimé leur pelite palrie d'un amour bien profond, sont tout prêts il faire le sacrifice de son autonomie SUl' l'au lei du Moloch llIonarchiquc ou dc rHésus socialiste,

(12)

= 3 =

tout, ceux du grand Haller, de Jean de Muller et de Lavater personnifient l'idéal suisse proprement dit dans cette phalange des hautes intelligences à la fin du dix-huitième

siècle.

On

sait

le beau rôle rempli par nos compatriotes dans mouvement littéraire des pays germains, Bodmer

et

Breitinger imprimant au lettres allemandes la direction qui seule pouvait les rendre lécondes et produire les chefs-d’œuvre qui ont immortalisé la

terre de Klopstock et de Schiller: Albert de Haller créant le

genre de la poésie descriptive sur les bords de l'Aar comme Salomon Gessner, celui de la poésie pastorale aux rives”de la Limmat ; Jean de Muller renouvelant entièrement le domaine

de

l'histoire, commePestalozzi rajeunissait le champ del'éducation.

Sulzer celui de l'esthétique, et comme un Suisse allemand encore C. L. de Haller devait quelques années plus tard donner une nouvelle

théorie

de

la

politique , opposée à celle ducontrat social, formulée

par le

Suisse français Rousseau. Saisi d’enthou siasme

à

la vue de ce cortége d'hommes de génie , un émule

de

ces nobles esprits, le philosophe Troxler s’écriait: « Salut à toi

Helvétie,richesses naturellestes grands esprits*. » forment un monde

à

part comme

tes

Enfin Bridel parut.

L'idéal national pénétra dans

la terre

romane

avec

l'Ecole his

torique

et

littéraire qui se forma autour de

cet

initiateur illustre.

M. le pasteur Bridel, érudit et spirituelvieillard, amoureux de son pays et des vieilles chroniques, fut pour

la

Suisse romande

un Walter Scott, moins le génie. Son Conservateur suisse est un

véritable trésor de Joyeuses anecdotes, de populaires chansons d'éloquents discours, de précieux documents et de sérieux mor- ceaux d'histoire ou de statistique nationale.

Tout ce que le canton de Vaud. le plus littéraire de nos can tons français, presque

tout

ce que

la

Suissefrançaise, on peut dire compteinspirés,dedesavants investigateurs,graves historiens, et dede naïfslumineuxconteurs,

critiques

desort depoètes

« Heil dir, Helvetia, dein Geisterreich bildet ein Ganzes, wie deine Kürperwelt, » Naturlehre oder Metaphysik.

- 3 -

tout, ceux du grand Haller, de Jean de Mu"lIer et de Lavater personnifient l'idéal suisse proprement dit dans cette phalange des hautes intelligences à la fin du dix-huitième siècle. On sait le beau rôle rempli par nos compatriotes dans le mouvement littéraire des pays germains, Bodmer et Breitingel' imprimant au leUI'es allemande~ la direction qui seule pouvait les rendre fécondes et produire les chefs-d'œuvre qui ont immortalisé la terre de J(]opstock et de Schiller; Albert de Haller créant le genre de la poésie descriptive Sur les bords de l'Aar comme Salomon Gessner, celui de la poésie pastorale aux rive( de la Limmat; Jean de Muller renouvelant entièrement le domaine de l'histoire, comme Pestalozzi rajeunissait le champ de féducation, Sulzer celui de l'esthétique, et comme un Suisse allemand encore C. 1.. de Haller devait quelques années plus tard donner une nouvelle théorie de la politique, opposée à celle du contrat social, formulée par le Suisse français Rousseau. Saisi d'enthou- siasme à la vue de ce cortége d'hommes de génie, un émule de ces nobles esprits, le philosophe-Troxler s'écriait: cc Salut à toi, Helvétie, tes grands esprits fOl'ment un monde à part comme tes richesses natmelles j . »

Enfin Bridel parut.

L'idéal national pénétra dans la terre romane avec l'Ecole hi _ torique et littéraire qui se forma autour de cet initiateur illustre.

M. le pasteur Bridel, érudit et spirituel vieillard, amoureux de on pays et des vieiUes chroniques, fut pour la Suisse romande un Walter Scott, moins le génie_ Son Conservateu1' suisse est un véritable trésor de joyeuses anecdotes, de populaires chansons, d'éloquents discours, de précieux documents et de sérieux mor- ceaux d'histoire ou de statistique nationale.

Tout ce que le canton de Vaud, le plus littéraire de nos can- tons français, presque tout ce que la Suisse française, on peut dire, compte de savants investigateurs, de naïfs conteurs, de poetes inspirés, de graves historiens, et de luminem,: critiques sort de

j Heit cli1', Helvetia, clein Geisterreich bildet ein Ganzes, wie deine KOl"penvelt, " Naht1'lehre oder JJletaphysik.

(13)

;

1

l'école du patriarche de Montreux. Ecole bourgeoise, démo- cratique et populaire quand même! On trouve disséminés des volumes des Ftrennes et du Conservateur dans les chaumières

lu

pays de Vaud et sur les pupitres des hommes d'étude,

et des vieux curés fribourgeois. Car le temps de M. Bridel, c'était le bon temps de

la

tolérance

religieuse.

Prètres catholiques et ministres protestants buvaient en- semble à la coupe del'amitié et du patriotisme, dansles

villages

de

la

frontière.

L'impulsion donnée par M. Bridel était historique et

littéraire

dems le sens étroit du mot. Le respect du passé, l'amour de son peuple et de son pays avaient guidé le patriarche de Montreux dans ses recherches. L'esprit philosophique manquait un peu à ce vénérable ami des antiquités nationales.

Imprimer cet esprit à leurs œuvres, le répandre parmi

les

lettrès, ce devait être le mérite propre des écrivains remar- quables que possède la Suisse française actuelle. Formés à l'école de M. Bridel, ces écrivains ont laissé le père des

lettres

romandes bien loin derrière eux pour

la

profondeur

et

l'étendue

de

la

pensée. Mais leur élévation même

à

nui à leur succès au- près des masses, et aucun d'eux n’a jamais atteint au quart de

la popularité qui entoure encore comme d’une auréole le nom respecté du Conservateur suisse.

Dans ces derniers temps, l'esprit philosophique n'a pas été appliqué seulementblèmes de la à

la

littérature

et

àl'histoire

;

les grands pro-

religion et de la morale, l'éducation publique, l'économie

politique,

la géographie, l'origine et la filiation des langues ont été tour à tour soumis à l'examen d’une haute

rai-

son, mùrie par l'expérience et préparée par les fortes études des Universités indigènes et étrangères.

Nous allonsjeter un coup d'œil sur les principaux genres de

la littérature cultivés dans la Suisse française, et indiquer les noms les plus marquants dans chacune de ces branches. Si succinet qu'il soit, ce résumé suffira à faire comprendre que

la valeur intellectuelle d'une contrée ne se mesure point à l'étendue de son territoire, mais à l'activité des intelligences

- q. -

l'école du patriarche de Montl'eux. Ecole bourgeoise, démo- cratique et populaire quand même! On trouve disséminés des

olumes des Et1'ennes et du Conse?'vateu1' dans les chaumières du pays de Vaud et sur les pupitres des hommes d'étude, et des vieux curés fribol.lrgeois. Cal' le temps de M. Bridel, c'était le bon temps de la tolérance religieuse.

Prêtres catholiques et ministl'es protestants buvaient en- semble à la coupe de l'amitié et du patriotisme, dans les villages de la frontière.

L'impulsion donnée par M. Bridel était histor'ique et littéraire dans le sens étroit du mot. Le respect du passé, l'amour de son peuple et de son pays avaient guidé le patriarche de Montreux dans ses recherches. L'esprit philosophique manquait un peu à ce vénérable ami des antiquités nationales.

Imprimel' cet esprit à leurs œuvres, le répandre parmi les lettrés, ce devait être le mérite propl'e des écrivains remar- l'luables que possède la Suisse française actuelle. Formés à récole de M. Bridel, ces écrivains ont laissé le père des lettres romandes bien loin derrière eux pour la profondeur et l'étendue de ]a pensée. Mais leur élévation même a nui à leur succès au- près des masses, et aucun d'eux n'a jamais atteint au quart de la popularité qui entoure encore comme d'une auréole le nom respecté du Conse1'vateu1' suisse.

Dan ces derniers temps, l'esprit philosophique n'a pas été appliqué seulement à la littérature et à l'histoire; les grands pro- blèmes de la religion et de la mOl'ale, l'education publique, l'économie politique, la géographie, l'origine et la filiation de langues ont été tour à tour soumis à l'examen d'une haute rai- son, mùrie par l'expérience et préparée par les fortes études des Universités indigènes et étrangères.

Nous allons jeter un coup d'œil sur les principaux genres de la littérature cultivés dans la Suisse française, et indiquer les nom les plus marquants dans chacune de ces branches. Si uccÎnct qu'il oit, ce résumé suffira à faire comprendre que la valeur intellectuelle d'une conlrée ne se mesure point à l'étendue de son territoire, mai à l'activitê des intelligence

(14)

et aux richesses que le génie national exhume de son sein et met encirculation autour de lui. Dans ce tableau, les illustra tions littéraires sont rangées en quatre groupes: les penseurs ou écrivains philosophiques, les historiens, les littérateurs et les linguistes.

Ii Les penseurs ou écrivains philosophiques.

La philosophiepure ou métaphysique n'a jamais eu beaucoup d'adeptes chez les Suisses, peuple éminemment pratique et po sitif. Le dix-huitième

siècle

cependant fut assez riche en fortes intelligences, vouées au

culte

de la spéculation et des questions transcendantales.

Mérian, de Bâle, Lambert, de Mulhouse

(ville

suisse alors Trembley, de Genève, DeCrousaz, de Lausanne, Pierre Prévôt de Genève, sont connus par de beaux travaux, objet d'une récente analyse de M. Bartholmès dans l'histoire de l'Académie de Berlin, dont tous ces écrivainsfaisaient partie sous le règne du grand Frédéric, protecteur et chef de ce corps illustre.

Les lettres cosmologiques et l'Architechtonique

*

de Lambert sont placés par les juges compétents au rang de tout ce que

la

spéculation du grand siècle philosophique a produit de plus lu- mineux et de plus profond. Une seule chose suffirait à mettre

le nom du philosophe de Mulhouse hors de ligne et à le classer

parmi les plus grands esprits de son temps, l'action réelle et avouée

qu'il

a exercée sur Kant, qui à divers égards n'a fait que reprendre en sous-œuvre et développer

les

idées de ce pen seur puissant et original.

La doctrine grave de Kant, prèchant le devoir et se fondant dans la pratique sur la croyance en Dieu, sur

la foi

en

la

liberté

et l'immortalité de l'âme, devait convenir aux Suisses, bien mieux que le scepticisme moqueur de Voltaire et l'égoïsme sensuel d'Helvétius. Toute une Ecole Kantiste existait en Suisse à la fin

du dix-huitième

siècle.

Cette Ecole. à laquelle se rattachèrent

* Histoire de l’Académie de Prusse, par M. Bartholmès, Paris, 1851. 11 p. 161.

et aux richesses que le génie national exhume de son sein et met en circulation autour de lui. Dans ce tableau, les illustra- tions littéraires sont rangées en quatre groupes: les penseurs

0U écrivains philosophiques, les historiens, les littérateurs et les linguistes.

1. Les pensettrs Ott écrivains philosophiques.

La philosophie pure ou métaphysique n'a jamais en beaucoup d'adeptes chez les Suis es, peuple éminemment pratique et po- sitif. Le dix-huitième iècle cependant fut assez riche en forte intelligences, vouées au culte de la spéculation et des questions transcendantales.

Mérian, de Brue, Lambert, de Mulhouse (ville suisse alors), Trembley, de Genève, De Crollsaz, de Lausanne, Pierre Prévôt, de Genève, sont connus par de beaux travaux, objet d'une récente analyse de M. Bartholmès dans l'histoire de l'Académie de Berlin, dont tous ces écrivains faisaient partie sous le règne du grand Frédéric, protecteur et chef de ce corps illustre.

Les lettTes cosmologiques et J'A1'chitechtonique j de Lambert sont placés par les juges compétents au rang de tout ce que la spéculation du grand siècle philosophique a produit de plus lu- mineux et de plus profond. Une seule chose suffirait à mettre le nom du philosophe de Mulhouse hors de ligne et à le classer parmi les plus grands esprits de son temps, l'action réelle et avouée qu'il a exercée sur Kant, qui à divers égards n'a fait que reprendre en sous-œuvre et développer les idées de ce pen- seur puissant et original.

La doctrine grave cie Kant, prèchant le devoir et se fondant dans la pmtique sur la croyance en Dieu, SUI' la foi en la liberté et l'immortalité de l'àme, devait convenir aux Suisses, bien mieux que le scepticisme moqueur de Voltaire et l'égoïsme sensuel d'Helvétius. Toute une Ecole Kantiste existait en Suisse à la fin du dix-huitième siècle. Cette Ecole, à laquelle se rattachèrellt

1 Hisloil'c de l'Académie de PI'usse, pal' M. Bal·thollllès. Paris. 1801. II.

l'. 1 fi l.

(15)

plusieurs ecclésiastiques catholiques, dégoûtés des désolantes théories de l'intérêt, qui avaient fait invasion jusque dans

la

chaire chrétienne, eut pour représentant le plus éminent, Phi- lippe-Albert Srarren, de Brugg, dans l'Argovie bernoise;

Stapfer, d'abord pasteur et professeur à Berne, puis ministre (les sciences sous la République helvétique (1798-1802), ambas- sadeur suisse à Paris (1802) et enfin établi comme

simple

parti- culier et homme

de lettres

dans cette capitale (1804-1840).

Bien que Bernois, d'origine et d'éducation, Stapfer appartient

à la Suisse française par ses écrits et par l'influence qu'il a exercée sur les intelligences , et notamment sur les deux hommes

illustres

qui, dans les deux confessions opposées, ont uni au degré le plus élevé la noblesse du cœur et le génie,

le P. Girard et M. Vinet *. Disciple de Kant à son point de départ, alors qu’il était encore simplement philosophe spiri- tualiste, M. Stapler devint chrétien fervent et orthodoxe, et à plus contribué que tout autre à ramener les esprits au Christianisme positif, méconnu et abandonné longtemps en France pour les théories de l'utilité ou d'une philosophie du bon sens qui, comme l'a fait observer M. Vinet, n’est en défi- nitive que la philosophie des premières apparences ?. Démo-

* La Revue Suisse de juillet 1855 renferme un parallèle du corde- lier de Fribourg et du pasteur de Lausanne, où on lit les lignes sui-

vantes« Le

:

Père Girard el Vinet sont sans contredit dans l'ordre des études

» amorales et de l’influence générale et humaine, les deux hommes

» les plus éminents que la Suisse française ail produils dans ces der- nières années. .. Le P. Girard et Vinet ont, dans des conditions di-

» verses, voué leur plume el leur parole à une même cause, le dé- veloppement chrétien de la pensée, »

Le nom de M. Slapfer n’est pas prononcé dans ce parallèle, sorti de

la plume spirituelle de M. Ernest Naville, auquel ce rapprochement n'eùt pas manqué de fournir très-réel, comme

il

sera démontré ailleurs,

malière à de piquantes observations.

Revue des poètes et des prosaleurs français en tète du IT® volume de la Chrestomathie.

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plusieurs ecclésiastiques catholiques, dégoûtés des désolantes théories de l'intérêt, qui avaient fait invasion jusque dans la haire chrétienne, eut pour représentant le plus éminent, Phi- lippe-Albert ST.<\.PFEn, de Brugg, dans l'Argovie bernoise;

Stapfer, d'abord pasteur et professeur à Beme, puis ministre des sciences sous la République helvétique ('1798-/1802), ambas- sadeur suisse à Paris (1802) et enfin établi comme simple parti- culier et homme de lettres dans cette capitale (1804-184:0).

Bien que Bemois, d'origine et d'éducation, Stapfer appartient à la Suisse française par ses écrits et par l'influence qu'il a exercée sUI' les intelligences, et notamment sur les deux hommes illustres qui, dans les deux confessions opposées, ont uni au degré le plus élevé la noblesse du cœur et le génie, le P. Girard et M. Vinet 1. Disciple de Kant à son point de départ, aloI' qu'il était encore" simplement philosophe spi1'i- tucdiste, M. Stapfer devint chrétien fervent et orthodoxe, et a plus contribué que tout autre à ramener les esprits au Christianisme positif, méconnu et aba"ndonné longtemps en Frànce pour les théories de l'utilité ou d'une philosophie du bon sens qui, comme l'a fait observer lU. Vinet, n'est en défi- nitive que la philosophie des premières apparences 2. Démo-

l. I-a RevLle Suisse de juillet 1800 renferme lin parallèle du corde- lier dc Fribourg et du pasteUl' de Lausanne, on lit les lignes sui- vantes:

Le Père Girard et Vinet sont sans contredit dans l'ordre cles études

» momies et de l'influence genérale et humaine, les dcux hommes

» le plus éminenls que la Suisse française ait proùuits dans ces der-

» nières années .... Le p. Girarù et Vinet ont, dans des condilions di-

• verses, VOilé leur plume ct leur parole à une même cause, le dé-

» ,"cloppement chrétien de la pensée. D

Le nom de M. Slapfer n'cst pas prononcé dans ce parallèle, sorti de la plume spirituelle de 1\1. Ernest Naville, auquel ce rapprochement ll"ès-réel, COllIlTle il sel'a démonlré ailleurs, n'eût pas manqué de roumil' llIalièl'e à de piquantes oh ervations.

2 I\evue des poèles et des prosateurs français en tête du lIle volume de la Chl'eslomathie.

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crate sincère et ardent partisan de l'Unitarisme qu'il soutini devant Napoléon avec la mème courageuse indépendance qu'il avait mise à empêcher le démembrement de sa patrie en 1802 *, Stapfer avait aussi fini par modifier quelques-unes de ses vues en politique. Il fut l'un des premiers à conseiller et à

mettre en pratique ces tempéraments ingénieux et cette im- partialité loyale qu’on a honorés d’abord, dans le monde poli tique, puis stigmatisés plus tard à cause de certains abus. sous

le nom de Doctrinarisme.

M. Guizot, comme on sait, fut le protégé et le disciple de

M. Stapfer, en philosophie du moins et en littérature. Mais tou jours large, généreux et bienveillant dans ses tendances, M.

Stapfer défendait dans le Semeur (Revue protestante de Paris

la cause de l'abolition de l'esclavage, fondait la Société de

la

Worale chrétienne, vengeait des accusations intéressées et ba- nales de leurs détracteurs, anciens et modernes, la mémoire des deux philosophes qui ont le plus ennobli l'espèce humaine par

leurs

vertus privées, en mème temps qu'ils l’ont fait pro- gresser par leur génie inventif, Socrate et Kant. Les études de Stapfer sur ces deux grands hommes ont paru dans la Biogra- phie universelle, et ont été reproduites avec d'autres mémoires du savant Argovien dans les deux volumes qu'a édités M. Vinet.

Cette édition contient aussi une description pittoresquedel’'Ober- land et une

histoire

de Berne, véritable modèle

de

ce genre de monographies,

Grand semeur d'idées l'expression est de M.Vinet), M. Stapfer qui consacrait en philosophie l'union de

la

science

et

de

la

révé-

lation, était enlittérature

le

promoteurde l'alliance intellectuelle

de

la

France

et

de ] (llemagne. L'excellente traduction du Faust de Gœthe , due au fils de M. Stapfer, est un exemple de

* Lorsque le premier Consul voulut réunir le Valais à la France, M Stapfer protesta contre cette séparation par trois notes admirables d'éner gie el de civisme, el la voix de ce citoyen vertueux et intrépide relarda pour plusieurs années la consommation de l'acte de spoliation projeté par le dictateur de l’Europe,

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~rate sincère et ardent partisan de l'Unitm'isme qu'il soutint devant Napoléon avec la même courageuse indépendance qu'il avait mise à empêcher le démembrement de sa patrie en

~ 802 f, Stapfer avait aussi fini pal' modifier quelques-unes de ses vues en politique, Il fut l'un des premiers à conseiller et à mettre en pratique ces tempéraments ingénieux et cette im- partialité loyale qu'on a honorés d'abord, dans le monde poli-

~ique, puis stigmatisés plus tard à cause de certains abus, sous le nom de DoctTinaTisme,

M, Guizot, comme on sait, fut le protégé et le disciple de M, Stapfer, en philosophie du moins et en littérature, Mais tou- jours large, généreux et bienveillant dans ses tendances, M, Stapfel' défendait dans le Semeur' (Revue protestante de Paris) la cause de l'abolition de l'esclavage, fondait la Société de la Momie ch1'étienne, vengeait des accusations intéressées et ba- nales de leurs détracteurs, anciens et modernes, la mémoire des deux philosophes qui ont le plus ennobli l'espèce humaine pal' leurs vertus privées" en même temps qu'ils l'ont fait pro- gresser par leur génie inventif, SOCl'ate et Kant, Les études de Stapfer SUI' ces deux gt'ands hommes ont pam dans la Biog1'a- phie univer'seUe, et ont été reproduites avec d'autt'es mémoires du savant Argovien dans les deux volumes qu'a édités M, Vinet, Cette édition contient aussi une description pittoresque de j'Ober- Jand et une histoire de Beme, véritable modèle de ce genre de monographies.

Gr'and semeur' d'idées (l'expression est de M, Vinet), M. Stapfer qui consacrait en philos,ophie l'union de la science et de la révé- lation, était en littérature le promoteur de l'alliance intellectuelle de la France et de l'Allemagne. L'excellente traduction du Faust de Gœthe, due au fils de M, Stapfer, est un exemple de

1 Lorsque le premier Consul \'oulut l'éunir le Valais à la Fl'ance, M. Staprer protesta contre celle séparation pal' trois notes admirables ù'éner- gie et de civisme, et la voix ùe ce citoyen vel'tueux el intl'épide l'elarùa pOlir plusieurs années la consommation de l'acle ùe spoliatioll projeté par le dictateur de l'Eul'ope.

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