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HAL Id: jpa-00236799

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00236799

Submitted on 1 Jan 1872

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Sur la capillarité

E. Duclaux

To cite this version:

E. Duclaux. Sur la capillarité. J. Phys. Theor. Appl., 1872, 1 (1), pp.350-363.

�10.1051/jphystap:018720010035000�. �jpa-00236799�

(2)

SUR LA CAPILLARITÉ;

PAR M. E. DUCLAUX.

[Extrait par l’auteur d’un travail inédit intitulé : Théorie élémentaire de la capillarité (1) ].

La partie de la Physique qui traite des phénomènes capillaires a toujours été considérée, à bon droit, comme une des plus difficiles

à exposer avec simplicité et clarté. Les expériences y abondent, il

est vrai, mais elles sont tellement discordantes qu’on est obligé

d’en éliminer arbitrairement quelques-unes pour arriver à établir des lois précises. D’un autre côté, les théories connues sur ce sujet

sont des travaux exclusivement mathématiques, dépassant de beau-

coup le niveau commun des études.

Je voudrais essayer d’en esquisser ici une nouvelle qui n’a pas la prétention de pénétrer aussi loin que ses aînées dans la véritable

nature des phénomènes, mais qui présente l’avantage d’être d’ac- cord avec tous les faits, de les interpréter simplement, et d’avoir

une base exclusivement expérilnentale : c’est celle dans laquelle on

fait intervenir la tension superficielle des liquides, sur laquelle des

travaux nombreux ont récemment rappelé l’attention.

Principe. - Toutes les fois qu’un liquide présente une surface libre, il y est comme enveloppé dans une couche contractile, d’é- paisseur très-faible, constamment tendue, se reformant lorsqu’elle

est brisée, et dont on peut se faire une idée nette, lorsque tout est en

repos, en la comparant à une melnbrane très-mince de caoutchouc

enserrant le liquide.

Voici les expériences qui mettent cette force en évidence :

1 ° A une lame mince verticale de laiton est soudé un fil métal-

lique BC (fig. i ~, courbé en arc de cercle. Un deuxième fil très- (1) Ce travail doit paraître prochainement.

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:018720010035000

(3)

mince, pénétrait en 0 par son extrémité recourbée dans un trou

pratiqué dans la laine, peut tourner librement autour de ce point

en s’appuyant sur BC. Le fil étant en OD, on le mouillc, ainsi que la lame, avec de l’eau de savon, ou mieux avec le liquide glycéridue

de M. Plateau, puis on amène le fil en OD, ce qui détermine la for- mation d’une lame liquide. Si alors on l’abandomne à lui-même, oii

voit cette lame se contracter rapidement et ramener le fil à son point

de départ, malgré l’ action de la pesanteur ( Dupré ~ .

2° Sur un cadre de fil de fer on produit, avec le liquides de

NI. Plateau, une lame liquide sur laquelle on dépose doucement un

anneau de fils de cocon, qui y prend une forme quelconque. Si l’on

crève la portion de lame intérieure à l’anncau, celui-ci se tend brus- cluement en prenant une forme circulaire, qui témoigne qu’en tous

ses points existe une tension constante (van der 8Iensbru~gghe ) .

30 Un vase rectangulaire AliGD (.fi 9-), très-peu profond, a

trois de ses parois latérales fixes. La quatrième CD est une lame métallique mince, bien dressée, posée simplement sur le fond, ap-

pliquée, dans une situation un peu inclinée, contre un butoir C et

maintenue dans cet état à l’aide d’un fil DE. Les choses étant ainsi

disposées, on verse de l’eau dans le vase, de manière à amener la surface au niveau du bord supérieur de la lame mobile qui doit être

mouillée partout, puis on brûle le fil, et aussitôt la tension super- ficielle du liquide fait tourner la lame autour de sa base et la jette

en dedans, malgré la poussée hydrostatique qui tend à produire le

mouvement en sens contraire (Dupré).

4° Si, sur la surface libre d’un liquide, on place un anneau de

fil de cocon, il y prend une forme quelconque. Si ensuite, en son milieu, on dépose une goutte d’un autre liquide ayant une tension

superficielle plus faible que le premier, l’anneau se tend encore,

comme tout à l’heure, en prenant une forme circulaire sous l’ac- tion prédominante du liquide extérieur (van der lVlensbruggl1e ).

5° On saupoudre de grès fin la surface d’une masse de mercure,

et, en un point quelconque, on enfonce une baguette de verre bien

(4)

propre. Tout se passe alors colmnc si le grès se trouvait sur une

membrane qui recouvrirait le mercure. Le tube qui s’enfonce en-

traîne avec lui la couche superficielle et la poussière qu’elle porte, et, si la cuve est assez profonde, on peut faire disparaître le stable

cn entier. Enlèvc-t-on la baguette, la couche enfoncée remonte à la

surface et lc grès s’étale de nouveau. Avec l’eau et la poudre de lycopode, on peut reproduire le même phénomène. Il faut avoir soin seulement d’employer une baguette assez bien graissée pour que l’eau ne la mouille pas.

Concluons donc que, dans tout liquide, qu’il soit en couche

mince ou en couche profonde, il y a à la surface une membrane

liquide d’épaisseur très-faible et dans laquelle existe une tension.

Si nous la supposons coupée en deux parties par un plan normal quelconque, sur chaque unité de longueur de la section exis- teront, à l’intérieur de la inembrane , deux forces contraires

perpendiculaires au plan sécant, égales entre elles, et qui agiront

pour maintenir au contact les deux surfaces séparées par le plan.

Nous appellerons tension supel.ficielle la v alcur en milligrammes

de ces forces par lnillimètre de longueur de la section, et voici com-

ment on la mesure : il y a pour cela divers procédés que nous ren-

contrerons successivement dans le courant Jde cet exposé ; je Ille

bornerai pour le moment à citer le plus direct, à 1~T. van der Mensbruggl1e.

Un fil fin de coton est tendu horizontalement entre deux points

fixes distants d’environ 12 centimètres. D’autre part, un tube en

verre de i décimètre de longueur et de i millimètre à peu près de

diamètre extérieur, est garni près de chacune de ses extrémités d’un

anneau de fil de fer mince, et supporte, par un fil de cocon attaché

en son milieu, un petit plateau de papier. Pour inesurer une ten-

sion, on mouille d’abord du liquide à essayer le fil horizontal, puis

on transporte le tube sous celui-ci, de manière qu’il le touche par

ses deux petits anneaux. Entre ce tube et le fil horizontal règne

ainsi un espace étroit que l’on remplit du même liquide avec un pinceau, après quoi on abandonne le tube, qui demeure suspendu,

par la tension des deux faces de la laine liquide. On verse alors

doucement du sable fin sur le petit plateau, jusqu’à ce que le tube

se détache. Le poids en milligrammes du tube du plateau et du

sable, divisé par le double du nolnbre de millimètres compris

(5)

entre les deux anneaux, donne alors la tension superficielle du liquide.

C’est par ce procédé et d’autres analogues qu’ont été déterminés

par divers cxpérimentateurs les nombres suivants, qui représentent

les tensions superficielles de divers liquides, à 15 degrés environ.

Théorie capillaire.

Il résulte de ce que nous venons de voir sur la tension superfi-

cielle que, lorsque la surface libre d’un liquide est plane, il n’y a

aucune force normale au liquide. La membrane qui le recouvre,

fortement attachée aux parois du vase par des forces dont l’étude

est en dehors de notre sujet, et qu’il faut admettre, quelle que soit

la théorie qu’on adopte, est tendue seulement dans le sens horizon-

tal. Mais toutes les fois que le liquide présente une surface courbe,

il résulte de la tension superficielle une composante normale dont il est facile de comprendre l’existence et de calculer la valeur.

En un point 0 de cette surface, supposons attaché un fil très- court, dont nous promènerons l’autre extrémité sur la surface, en

le maintenant constamment tendu. Nous aurons ainsi une sorte de courbe sphérique. Sur chaque unité de longueur du contour de

cette courbe s’exerce, comme nous l’avons vu, une force F tan-

gentielle à la surface et normale à l’élément de la courbe. Toutes

ces forces F ont dès lors une composante parallèle à la normale

(6)

354

en 0, dont l’ensemble donne unc pression normale sur l’élément

de surface limité par le contour. Si autour de 0 nous traçons alors une série décroissante de courbes semblables à la première,

le rapport de la pression normale dans chaque cas, à la surfacc

correspondante, tendra vers une Iiiiiiue qui sera la pression en 0.

Pour calculer la valeur de cette limite, menons par la nor-

male OC (fig. 3 ~ n plans prolongés, faisant entre eux des angles

infiniment petits - n égaux, et découpons par suite la courbe sphé- rique de rayon s en petits éléments sensiblement égaux à 2013’ n Soient

P le milieu d’un de ces éléments et f la force qui y est appliquée,

on a f - ~ F 7!S n

La composante de cette force, suivant une parallèle à la normale

en 0, sera Él ii F sina, ou bien, en appelant p le rayon de courbure

~ ~~

en 0, - .

.

ra o

Dans le même angle dièdre s’exercera de même en Q une force

dont la composante normale est identique avec la précédente, et, dans le dièdre perpendiculaire, on trouvera de même deux autres forces é ales chacune à 7! F S2 étant le rayon de courbure de la section

égales chacune a np petant le rayon de courbure de la section

perpendiculaire à P~ .

L’ensemble de ces quatre forces normales aura donc pour valeur 27’, Fs, 1 1

27!Fs2

(~ 1 -i- -

~ P -F j

*

n p P,

Or, d’après le théorème de Meusnier, - 1

_-__

1 --~- I,, en dési-

Or, d’après le théorème de Meusni*er,

p p p’

===

R K en desi-

gnant par R et R’ les rayons de courbure principaux de la surface

en O. La résultante normale des quatre forces considérées a donc

une valeur constante; et, 1 comme on peut former n groupes pa-

2

reils , la résultante normale sera

et son rapport à la surface ~c s‘’, ou bien ce que nous appelons la

i i

pression en 0, sera z - F

(E -1- R’) (Dupré).

°

(7)

On reconnaît là le second terme de la formule de Laplace, celui qui suffit pour l’explication de tous les phénomènes capillaires, et je pourrais borner ici cet exposé en soudant à la formule précédente,

obtenue trés - facilement par la considération de la tension super-

ficielle, tous les développements que Laplace y a rattachés; mais il

vaut mieux reprendre en détail les principaux phénomènes pour

montrer l’interprétation simple qu’cn donne la nouvelle théorie,

en substituant dans la majorité des cas la considération des forces actives aux symboles et aux abstractions des autres théories.

Nous étudierons d’abord les liquides qui mouillent les solides que l’on y plonge; puis ceux qui, comme le mercure , ne les

mouillent pas.

Liquides qui mouillent.

J. Ascension dans les tubes capillaires. On sait depuis Gay-

Lussac que, pour obtenir des résultats constants et réguliers, il faut

que le tube soit bien mouillé au-dessus de la surface libre que le

liquide vient y former dans l’état d’équilibre, et qu’il porte, collée à ses parois, une couche liquide dont la tension fait équilibre au poids du liquide soulevé. Si donc r est le rayon du tube, Iz la hau-

teur du liquide soulevé et A la densité, on a, en égalant le poids

soulevé à la somme des forces actives, l’équation

d’où

ce qui est la loi de Jurin.

On voit ici nettement où est la force active, et pourquoi il faut

s’attacher à ce que le tube soit bien propre et bien mouillé. On

voit, en outre, qu’il faut tenir compte, dans la mesure de fi, du mé- nisque terminal, et cette valeur de lz, en tenant compte du ménisque,

sera désormais ce que nous appellerons hauteur moyenne.

Si le tube est très-étroit, on obtiendra, comme on sait, cette hau-

teur moyenne, en ajoutant à la hauteur du point le plus bas le tiers

du rayon. La loi de Jurin se vérifie alors exactement, ainsi que l’ont

montré les expériences de Gay-Lussac et d’Ed. Desains .

(8)

Si le tube est trop large, la correction du ménisque devient di~i- cile à faire, et cela au moment où, par suite de la faible hauteur d’ascension du liquide, ’cllc’prel1d précisément lc plus d’importance.

D’un autre côté, dans les tubes très-étroits, l’épaisseur de la couche

qui tapisse le tube n’est plus négligeable, conme dans les tubes

plus larges, et il faut en tenir compte pour faire rentrer les résultats

qu’ils présentent dans la formule générale.

Tous les faits observés dans l’ascension des liquides dans les

tubes capillaires s’interprètent facilement, en partant de l’explica-

tion précédente.

L’action de la chaleur diminue à la fois 4à et F. L’abaissement de la colonne ne suivra donc pas en général une loi simple ( W olf~ .

Si à la surface du ménisque dans le tube capillaire on fait arriver

une petite quantité d’un autre liquide, celui-ci se substitue quelque-

fois au liquide inférieur, mouille le tube à sa place, et forme un

nouveau ménisque, capable de soutenir un poids déterminé. De là

une variation dans la hauteur du liquide soulevé. C’est ce qu’ont vu Young, en faisant arriver un peu d’huile dans le tube capillaire, et Quincke, dans le cas de l’alcool et de l’eau, ou de l’essence de téré- bentliine et de l’huile d’olive. Dans ces deux derniers cas, les

liquides employés étant miscibles l’un à l’autre, il n’y a pas, comme dans l’expérience de Young, deux ménisques superposés; il n’y en

a qu’un, qui est celui du liquide supérieur, et le poids soulevé est

exactement celui que comporte la tension superficielle de ce liquide.

Ce fait est en contradiction avec une des conclusions des théories de

Laplace et de Gauss.

III. Ascension entre des lames parallèles. - Considérons un

petit prisme de liquide compris entre ces lames et deux plans verti-

caux perpendiculaires aux lames, et menés à une distance l’un de l’autre égale à l’unité de longueur; on a encore, en égalant la force

soulevante au poids soulevé,

d’ où ou

On voit encore ici qu’il faut tenir compte du ménisque.

(9)

357 Iv..~l dhésio~i des disques inoitillés. Il est facile, en songeant à la tension superficielle du liquide compris entre les deux plans,

de voir d’où provient et comment se mesure la force qu’il faut dé- ployer pour les séparer.

V . Ascension contre un plan ~ZOZCiIIé.

-

La force disponible

dans la couche qui mouille ce plan est F par unité de longueur, et

elle est employée à soulever un ménisque. Le poids de celui-ci est

donc aussi F par unité de longueur.

La considération de la formule z =- F va R R nous conduire

à la même conclusion, et nous donner d’autres résultats qu’il serait

difficile d’établir directement.

Dans le cas d’un plan unique, l’un des rayons de courbure devient

infini, et l’on a, en appelant y la hauteur soulevée au point le

rayon de courbure est p,

’1

1

ou bien, en remplaçant - par sa valeur,

p

d’où l’on tire facilement, en remontant à la fonction primitive,

Or, si nous appelons ce fi~~. 4) l’angle de la tangente en P avec

l’ordonnée,

(10)

358

on a donc

La valeur de la constante se détermine en remarquant que, pour y

=

o, a

-

go°, d’où l’on tire C =-- F ; on a donc

Comme au point de raccordement du ménisque et de la couche immobilisée le long des parois l’angle « est nul, on a en ce point

Cette valeur de l’ordonnée à l’origine concorde avec les expé-

riences de 1VI. Ed. Desains.

Quant au volume soulevé par unité de longueur, il est évidem-

ment exprimé par le même nombre que l’aire de la courbe. L’élé-

ment de cette aire est dx ~ ou bien r ,. ~r , cota 1 ~uis ue ~~ - ~y = " ~ ~ clx cota.

Or l’équation i ~ donne

L’élément de l’aire devient donc

d’où l’oii tire

Le poids soulevé par unité de longueur est donc AA=F. C’est la conclusion à laquelle nous étions arrivé tout à l’heure.

Remarquons en passant que, si l’angle de raccordement n’était pas nul à l’origine et avait une valeur (ù, l’ortlonnéc contre la paroi

deviendrait

(11)

359

et le volume soulevé par unité de longueur,

Nous aurons bientôt l’occasion d’utiliser ces relations.

~TI..flsccnsior2 entre deux laInes inclinées l’une sur l’autre d’un angle a. - Si les plans sont bien I110uillés, leurs surfaces en

regard pcuvent devenir le siége d’une force 2 F l, en appelant 1 la longueur des plans. Si donc ces plans ne sont en aucun point à une

distance l’un de l’autre plus petite que le double de l’épaisseur de

la couche active, le volume d’eau soulevé entre eux sera constant,

quel clue soit l’angle qu’ils font entre eux.

Tension su~~er icielle à la sitiface de contact de deux liquides.

Jusqu’ici nous n’avons considéré que les liquides dont la surface

était libre et en contact avec l’air. Voyons ce qui doit se passer

lorsque deux liquides sont en contact l’un avec l’autre. On sait

d’abord que, sauf le cas ces liquides sont miscibles en toutes proportions, la tension superficielle ne s’évanouit pas, et les forces

figuratives continuent d’agir. Ainsi font l’huile, le chloroforme, le

sulfure de carbone, l’éther, etc., dans l’eau. Mais, en se fondant sur

ce qu’un liquide homogène peut toujours être considéré, en l’un quelconque de ses points, comme formé de deux liquides de ten-

sions identiques accolés l’un à l’autre, et que dans l’intérieur de ce

liquide la tension est nulle partout, il est facile de prévoir, par

analogie, que, lorsqu’on mettra en contact deux liquides de tensions

superficielles différentes , ces tensions seront diminuée l’une par l’autre. C’est ce que confirmen t les expériences de ~~.1111cke .

Si donc F est la tension superficielle de l’un des liquides, au con-

tact d’un autre liquide, ou, ce qui revient évidemment au même,

d’un corps solide, elle deviendra ~ F1. Seulement, dans le cas du solide, il faudra que le contact soit parfait, et ne soit empêché ni par

une couche d’air adhérente, ni par une couche d’un autre liquide.

Tel est le cas pour le mercure et le verre, et à ce cas correspondent

de nouvelles conditions d’équilibre que nous allons étudier.

(12)

360

Considérons une masse 1VT (~ f ,~’. 5) de mercure en contact avec

une paroi plane et verticale. Sur toute la surface libre du liquide

existe une tension F; sur la surface en contact avec la paroi, une

tension F - F 1. Pour que ces forces se fassent équilibre, il faut qu’elles fassent cn a un angle cp tel, que F’ cos (p

=

F - I~1’ d’où

F-F, cosy .-_ F .

°

Cet angle ? est ce qu’on appelle l’angle de raccordement relatif

au liquide et au solide considéré. On voit qu’il est toujours plus petit que go degrés, et qu’il dépend non-seulement de la nature du

liquide et de celle de la paroi, mais de l’intimité du contact qui

s’établit entre eux. Comme d’ailleurs le mercure absorbe constam- ment dans l’air l’oxygène ou les vapeurs qu’il y rencontre, F varie constamment sera donc variable aussi, mais ses variations sont

comprises d’ordinaire entre des limites assez étroites, et il reste tou- jours assez voisin de 40 degrés.

Sauf l’existence de cet angle de raccordement, l’étude des phéno-

mènes dans le cas des liquides qui ne mouillent pas cst la même que pour les liquides qui mouillent. C’est ce qu’un rapide exposé va

nous montrer.

Liquides qui ne mOllillent pas.

I. Dépression dans les tubes capillaires.

--

Sur tout le pourtour du tube agit une force égale à F - Fi par unité de longueur. En désignant donc par Il la hauteur moyenne de la dépression, on a

d’où

On voit que la dépression ne dépend pas ici seulement de la nature

(13)

du liquide, comme dans les liquides qui mouillent, mais aussi de la

nature de la paroi. C’est ce qu’ont confirmé les expériences d’Avo- gadro, qui a trouvé la dépression deux fois plus grande dans le fer

que dans le platine.

Il. Dépression entre deux plans.

-

L’étude de ce cas se fait

sans aucune difficulté.

III. T~olzcrrte déprimé contre un plan vertical. - On voit faci- lement que l’ordonnée contre la paroi sera donnée par l’équation ~2~

ce qui est la formule de Laplace pour la flèche du ménisque dans

un tube très-large.

De même on trouve que le volume déprimé est égal à F F cos y.

Ces résultats ont été vérifiés par Gay-Lussac et Ed. Desains.

IV. Goutte de mercure szcj° un plan. - Si elle est suffisamment

petite, elle prendra évidemment une forme à peu près sphérique ;

si son volume augmente, elle s’étalera sur le plan horizontal en

obéissant aux lois générales. Celles-ci donnent un résultat simple lorsqu’on suppose la goutte assez large pour qu’il soit permis de négliger l’un des rayons de courbure et de ne considérer que celui de la section méridienne.

L’épaisseur de la goutte est alors constante. Pour le démontrc.r,

il suffit de remarquer que, sur l’un quelconque des points de la cir-

conférence de base de la goutte, l’angle a, que fait la tangente avec

l’ordonnée, est ’-‘ 2 -I- ~ . L’équation (2) étant applicable, on a, pour l’épaisseur ~~,

ce qui est encore la formule de Laplace, vérifiée par lB11VI. Ed. Desains

et Quincke.

Il résulte, comme on le sait, des expériences faites avec soin par ce

(14)

362

dernier observateur que 1’angle de raccordement n’est pas constant,

et qu’une goutte de mercure, avec quelque soin qu’elle soit pré- parée et conservée, est toujours en équilibre instable et tend à

s’affaisser de plus en plus. On devine tout de suite la cause de ces

effets, qui avaient d’abord paru singuliers. L’épaisseur de la goutte

dépend de F, et toutes les causes qui font v arier cette tension, une

trace d’impureté dans le mercure employés, l’oxydation au contact

de l’air, la condensation à sa surface des vapeurs que l’air rcnfcrme,

font diminuer F et écrasent la goutte. Si l’on agite celle-ci de façon

à répartir dans la masse les impuretés superficielles, la goutte se relève un peu. La correction du ménisque lorsque ce ménisque est exposé à l’air, comme dans le baromètre de Gay-Lussac, est donc

variable et impossible à faire exactement.

~’T~CCL72lslî2e de la ~ fo~°mation des gouttes. - Supposons un vase

assez large rempli d’eau et communiquant par sa partie inféricure,

par un tubc étroit, avec un orifice de faible section. Une petite

goutte d’eau vient perler sur l’orifice, dont elle mouille toute la sur-

face, et former un mamelon arrondi à l’ombilic duquel existe une pression dirigée de bas en haut et égale à 2 F, R étant le rayon de

P g ~ il Y

courbure en ce point. Si la pression hydrostatique est plus grande

2 F 1 .,..1’ d

que 2013? la ii goutte continue à grossir, et il n’y aura pas de nouveau

point d’arrêt, puisque R augmente de plus en plus; sinon elle s’ar-

rêtera, et pour la forcer à se gonfler il faudra ou augmenter la pres- sion hydrostatique ou diminuer F. On arrivera facilement à ce

dernier résultat en passant à une certaine distance, en dessous de

la goutte, le doigt mouillé d’alcool ou d’éther. La petite quantité

de ces liquides qui se dissoudra dans la couche superficielle du

mamelon liquide permettra à la bulle de grossir.

Une goutte d’eau se développe donc à l’intérieur d’une espèce de petit sac élastique, qui se gonfle tant que sa résistance sur un péri-

mètre égal à celui de la section de l’orifice reste suffisante, et qui se

brise lorsque le poids à soutenir est devenu trop grand.

Suspension des liquides dans les tubes eapillcei~°es oit de faible

section.

-

Supposons un tube de faible section renfermant une

colonne de liquide qui le mouille, et qui vient faire saillie à l’exté-

rieur, à la partie inférieure du tube. Soit ce l’angle du premier élé-

(15)

ment du liquide en ce point avec la paroi verticale. Les forces qui

soutiendront la colonne sont 9- 7r r F cos a en bas et 2 7t 7~ Ii en haut.

Si donc Iz est la hauteur de la colonne, on aura

-

Cette hauteur sera maximum lorsque a

=

o, et égale au double

de celle qui serait soutenue dans un tube de même diamètre plon-

geant dans l’eau, ce qui devait être cc ~nioni, puisque alors il y a deux forces agissantes égales, l’iule au haut, l’autre au bas du tube.

Il est facile de reconnaître que l’équilibre qui se produit alors

est stable pour tout mouvement d’élévation de la colonne, mais in-

stable pour tout mouvement inverse, ce qui le rend difficile à ob-

server.

L’existence de ce maximum a été démontrée pour la première

fois par NI. Bertrand.

Nous bornerons ici cet exposé, trop long déjà et pourtant fort incomplet, car il nous resterait encore à parler des remarquables

travaux de Plateau sur les surfaces libres des liquides sans pesan-

teur, sur les polyèdres laminaires, de ceux de M. van der Mens- brugghe et d’autres observateurs; mais je n’ai pas eu la prétention

de tout passer en revue; j’ai voulu seulement, en rassemblant en

corps de doctrine les résultats épars sur la tension superficielle,

montrer qu’on peut en faire une théorie qui explique tous les faits

connus, qui éclaircit toutes les difficultés, et qui, par sa clarté et sa

simplicité, l’emporte au point de vue pédagogique sur toutes celles qui existent dans l’enseignement.

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