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Une méthode de calcul des modes de vibrations non
linéaires de structures
Remi Arquier
To cite this version:
Remi Arquier. Une méthode de calcul des modes de vibrations non linéaires de structures. Mécanique
[physics.med-ph]. Université de la Méditerranée - Aix-Marseille II, 2007. Français. �tel-00487857�
THÈSE
pourobtenir legradede
DOCTEUR DE L'UNIVERSITÉ AIX-MARSEILLE II
Dis ipline : MÉCANIQUE
Option :SOLIDES
présentéeetsoutenue publiquement
par
Rémi Arquier
le30 mai2007
UNE MÉTHODE DE CALCUL DES
MODES DE VIBRATIONS NON
LINÉAIRES DE STRUCTURES
Dire teur et Codire teur de thèse :
Bruno Co helinetSergio Bellizzi
Jury
MrAntoine CHAIGNE Président MrDenis AUBRY Rapporteur MrClaude-Henri LAMARQUE Rapporteur MrSergio BELLIZZI Examinateur MrBruno COCHELIN Examinateur
THÈSE
pourobtenir legradede
DOCTEUR DE L'UNIVERSITÉ AIX-MARSEILLE II
Dis ipline : MÉCANIQUE
Option :SOLIDES
présentéeetsoutenue publiquement
par
Rémi Arquier
le30 mai2007
UNE MÉTHODE DE CALCUL DES
MODES DE VIBRATIONS NON
LINÉAIRES DE STRUCTURES
Dire teur et Codire teur de thèse :
Bruno Co helinetSergio Bellizzi
Jury
MrAntoine CHAIGNE Président MrDenis AUBRY Rapporteur MrClaude-Henri LAMARQUE Rapporteur MrSergio BELLIZZI Examinateur MrBruno COCHELIN Examinateur
Je tiens à remer ier en premier lieu mes deux dire teurs de thèse Bruno Co helin etSergio
Bellizzipour m'avoir donné unsujet de thèse à lafoispertinent, intéressant et ambitieux,ainsi
queles moyens de leréaliser. Grâ eà vous, es quatreannées ont été l'o asionpour moi
d'a -quérir le sens de la démar he s ientique et des onnaissan es qui onstituent aujourd'hui un
bagagefondamental pourmesfutursprojets.Sa hezaussiquej'aiparti ulièrement appré ié"les
dis utionsdevanttableaublan "quenousavonspartagés,quiave dure uletdemanièreunpeu
surprenante, semblent avoirétéunedesmesprin ipalessour esdemotivation,ellesreprésentent
pourmoiundesaspe tslesplusattrayant delare her hes ientique.Jegardeennuntrèsbon
souvenirdes ongrèsenFran e,auMaro ,enGrè eetauPortugal.Mer id'avoireu onan een
moien me donnant l'opportunité dem'exprimer ave monanglaistrès approximatif devant des
"experts du non linéaire", e fût un peu stressant, mais formateur surtout. Bruno, mer i pour
ta disponibilité, ta bonne humeur toujours présente, etton indulgen e on ernant mes horaires
dé alées.
Mer i également auxmembres du jury,Mr Antoine Chaigne, président, Mr DenisAubry et
Mr Claude-Henry Lamarque, rapporteurs etGaetan Kers hen,examinateur, toutd'abord pour
avoir porté intintérêt à montravail puis pour vos appré iationssurle mémoire etvosquestions
lorsde lasoutenan e.
Ungrandmer ià l'UniversitédelaMéditerranée pourmabourseAMN sansquoirien
n'au-rait été fait. Je souhaite aussi remer ier le personnel administratif du LMA et elui de l'É ole
entrale de Marseille, ave une "spé ialedédi a e" à Dominique Bigliazzi,qui à toujours étélà
pour m'expliquer omment remplir tout esformulairesqui mesemblent siobs urs.
Mer i à Christophe Vergez pour la ollaboration sur MANLAB, ton enthousiasme fut très
motivant.
Un mer i général à toutes les personnes du plot 6 que j'ai toyé tout au long de ma thèse
etbiensûr à l'ensemblede l'équipe MN.Mer i àThierry,Jean etAdnane pour leur débats
en-amméssurlathermodynamique.Mer iàBouboupourtonaides ientiqueetpour tes onseils
avisés sur les autres domaines. Mer i à Fran k tout d'abord pour avoir été l'exemple à suivre
(!), mer i inniment pour ton mémoire. Hélène, mer i pour ta gentillesse, tes onseils pour le
monitorat etpour plein d'autres hoses.Mohamed pour ton ous ous, ne débronzepas trop en
belgique s'il te plaît, Jean Mar pour ta bonne humeur, Julie pour ta joie ommuni ative, ton
humour et pour les dis utions quotidiennes indispensables ave notre opine la ma hine à afé.
Stef, je ne sais omment te remer ier, notamment pour ton aide si pré ieuse ave latex, linux,
les ongs réseaux et imprimantes, que de temps gagné grâ e à toi! Mer i de m'avoir aidé en
gardant lesourirequand jerâlais devant les ma hines.Deux mots pour Romain:Lève toi.
Un très gros lin d'oeil à Denis et Josianne, ainsi qu'à l'équipe d'A tion Synthèse. Je suis
aussiparti ulièrement re onnaissantenversmesamisquiontsupportémamauvaisehumeurlors
desderniers jours,spé ialement Manu,Thomas, etNiokipourles derniersmois(pardon).Mer i
à ma famille, Miette, Mathieu, Floren e, Fadi, Guillaume, Ni ole, et mon Père pour m'avoir
Remer iements v
Introdu tion générale
I Manlab, un outilde ontinuation interra tif
Chapitre 1 Continuation de solutions de systèmes d'équations non linéaires
1.1 Contexte d'appli ation. . . 9
1.1.1 Formalisme en
U
. . . 91.1.2 Théorème desfon tions impli ites . . . 10
1.2 Méthodesde ontinuation . . . 11
1.2.1 Méthode de Newton-Raphson. . . 11
1.2.2 Méthode asymptotiquenumérique . . . 12
1.2.3 Comparaison . . . 13
1.3 Bran hessolutions etbifur ations . . . 14
1.3.1 Quasi-bifur ations . . . 14
1.3.2 Problème perturbé . . . 16
1.3.3 Méthode de bran hement . . . 16
Chapitre 2 Quelques apports autour de la méthode asymptotique numérique
2.1 Introdu tion . . . 21
2.2 Analysedu omportement de laMAN etpilotage. . . 21
2.2.1 Loindespointsde bifur ation . . . 21
2.2.2 Aproximité d'unpoint de bifur ation . . . 22
2.2.3 Propositionde pilotage . . . 23
2.2.4 Complément pour lespointsde quasi-bifur ation . . . 25
2.3 Con eption del'outil numérique . . . 26
2.3.1 Formulation etmiseen donnée . . . 27
2.3.2 Stru turation . . . 28
2.3.3 Intégration dubran hement par perturbation . . . 28
2.3.4 Intégration dusaut tangent . . . 29
2.3.5 Extentions aux systèmesréguliersquel onques (non rationnels) . . . 29
2.4 Bilandu hapitre. . . 31
Chapitre 3 Manlab à l'épreuve 3.1 Introdu tion . . . 35
3.2 Système àdeuxin onnues . . . 35
3.2.1 Miseen donnée. . . 35
3.2.2 Lan ement duprogramme . . . 36
3.3 Flambement de stru turesdis rétiséespar éléments nis . . . 38
3.3.1 Module duproblème destatique . . . 38
3.3.2 Module dumodèle élément nis . . . 39
3.3.3 Bibliothèque de fon tionsélémentaires DKT . . . 39
3.3.4 Cas d'étudedu ambement d'uneplaque . . . 40
3.4 Con lusion . . . 44
II Modes non linéaires 45 Chapitre 4 Vibrations et modes non linéaires 4.1 Introdu tion . . . 49
4.2 Systèmesdynamiques etvibrations non linéaires . . . 49
4.3 Casd'étude en mé anique . . . 50
4.4.2 Modes omplexes . . . 54
4.4.3 Aspe tgéométriqueetinvarian e . . . 56
4.4.4 Modesnormauxpour lessystèmes linéaires . . . 56
4.5 Généralitéssur le asnon linéaire . . . 58
4.5.1 Dénition desmodesnon linéaires . . . 59
4.5.2 Réponses etmodesnon linéaires . . . 60
4.5.3 Résonan es se ondairesetrésonan esinternes . . . 61
4.5.4 Quelquesméthodesde al uldesMNLs . . . 62
4.6 Solutions périodiquesde l'os illateur de Dung. . . 63
4.6.1 Réponselibre. . . 63
4.6.2 Réponsefor ée harmonique onservative . . . 65
4.6.3 Réponsefor ée harmonique non onservative . . . 67
4.7 Con lusion . . . 69
Chapitre5Orbitespériodiquesdesystèmesdynamiquesautonomeset onser-vatifs, formulation appliquéeà la mé anique 5.1 Introdu tion . . . 73
5.2 Famille d'orbites périodiquesetmodesnon linéaires . . . 75
5.3 Préliminaires . . . 77
5.3.1 Traje toires dansl'espa e desphases. . . 78
5.3.2 Normalisation temporelle . . . 78
5.3.3 Matri efondamentale . . . 79
5.3.4 Matri ede monodromie etstabilité . . . 80
5.4 Orbites périodiques desystèmes dynamiques autonomeset onservatifs . . . 82
5.4.1 Equation dephase . . . 83
5.4.2 Formulationà gradient d'énergie . . . 86
5.4.3 Formulationamortie . . . 92
5.5 Orbites périodiques desystèmes dynamiques non-autonomes . . . 94
5.6 Con lusion . . . 96
Chapitre 6 Une méthode de al ul des modes non linéaires: la méthode OP-MAN 6.1 Introdu tion . . . 99
6.2.2 Approximationdes stru turesmin es . . . 101
6.3 Dis rétisation spatiale . . . 103
6.4 Dis rétisation temporelle . . . 105
6.4.1 S héma de Newmark . . . 105
6.4.2 S héma de Simo . . . 106
6.4.3 Etude omparative et hoix . . . 106
6.4.4 Erreur depériodi ité etfréquen ede Shannon . . . 107
6.5 Formulation dis rètedu problèmedes orbitespériodiques . . . 109
6.5.1 Méthode detir . . . 109
6.5.2 Méthode simultanée . . . 110
6.5.3 Condensation desvitesses . . . 111
6.6 Continuation desorbites par laMAN (méthode OPMAN) . . . 113
6.6.1 Miseen forme quadratique . . . 114
6.6.2 Problèmeà l'ordre
p
. . . 1146.6.3 Algorithmede al uldestermes desséries . . . 116
6.7 Implémentation . . . 117
6.7.1 Stru ture . . . 118
6.7.2 Niveau1:Manlab . . . 118
6.7.3 Niveau2:Classe MODELEEFOP . . . 119
6.8 Con lusion . . . 121
Chapitre 7 Expérimentations numériques ave la méthode OPMAN 7.1 Introdu tion . . . 125
7.2 Expérimentations numériques surune poutre . . . 125
7.2.1 Présentation delapoutre . . . 125
7.2.2 Réponselibre. . . 127
7.2.3 Analysepar parti ipation modale . . . 130
7.2.4 Dépendan eà ladis rétisation temporelle . . . 135
7.3 Interprétations . . . 137
7.3.1 Présentation dumodèle simplié . . . 137
7.3.2 Solutionspériodiquesdumodèle simplié . . . 140
7.4 Expérimentation numérique surune oquemin e . . . 145
7.4.1 Présentation dupanneau ave raidisseurs . . . 146
7.4.2 Réponselibre. . . 146
XI
Chapitre 8 Con lusion générale
Bibliographie 157
Table des gures 161
Annexe pour la bibliothèque EVEMATLABLIB 165
1 Introdu tion . . . 167
2 Inventaire des onstantes . . . 167
3 Inventaire desvariables . . . 167
4 Inventaire desfon tions . . . 168
4.1 Cal ul de lamatri ede omportement element DKT. . . 168
4.2 Cal ul desfor es internes element DKTnon lineaire . . . 168
4.3 Cal ul duse ond membre element DKTnon lineaire . . . 168
4.4 Cal ul duterme résiduel des ontraintes element DKTnon linéaire . . 168
Depuisledébutdesannées soixante,l'informatique etlare her he,notablement pousséspar les
besoins industriels, ont permis d'importantes avan ées dans ledomaine du al ul de vibrations
destru tures, sibienqu'aujourd'huilathéorielinéairedesvibrationsfondéeparRayleigh(1877)
semble être parfaitement maîtrisée et exploitée. On dispose en eet de te hniques robustes et
ables apables de traiter e a ement les problèmes de réponses for ées et d'analyse modale,
pourne iterquelesdeuxprin ipaux.Leslogi ielsdevibrationsdu ommer e,largementutilisés
dansl'industrie dutransportetdel'aéronautique, autorisent aujourd'huiletraitement de
stru -tures dénies ave plusieurs dizainesde milliers de degrés de liberté et ela sur desordinateurs
depuissan e moyenne.
Parallèlement, lebesoin in essant d'optimiser les stru turesa poussé les entreprisesaux limites
du domaine de validité du linéaire et don vers un intérêt roissant envers la modélisation non
linéaire, la dynamique et les vibrations n'é happant pas à ette tendan e. Les appli ations
vi-sées on ernentlamodélisationdephénomènestrèsdivers;loide omportementhyper-élastique,
plastique, stru tures omportant des dommages, des onta ts, du frottement (notamment dans
lesliaisonsentrepiè es),etbiensûrlamodélisationdesstru turesmin esdeplusenplusmin es
soumises à des eorts toujours plus importants. D'autres domaines sont aussi on ernés, on
pense notamment à l'étude dynamique des instruments de musiques, où les non linéarités sont
né essaires pour la reprodu tion de la ri hesse spe trale ainsi qu'aux vibrations de haînes de
molé ules présentant des for es d'intéra tions non linéaires. Dans tous les as, les te hniques
lassiques utilisées pour l'étude des vibrations, toutes fondées sur le prin ipe de superposition
linéaire,deviennent obsolètes ave esmodèles.Du point de vuedu her heur, il s'agit don de
trouver de nouveaux on epts et te hniques de al uls, adaptés au as non linéaire tout en se
passant du fameux prin ipede superposition etdeses impli ations.
La re her he a pourtant pré édé les besoinsindustriels dans ledomaine du non linéaire.
2
I
NTRODUCTION GÉNÉRALE
XIX
ème(ave laloi de gravitation de Newton), inspirant les travaux ultérieursde Poin aré (1) , Lindstedt (2) ,Liapunov (3)
etprolongéspar euxdeKrylov,Bogoliubov,Hayashi(1864)(Hayashi
(1985)),etNayfeh(NayfehetMook(1979)).Cesderniersonttrèsgrandementparti ipéà
l'éla-borationdesthéoriesd'analysesdessystèmesdynamiquesmultidimensionnelsàfaiblenombrede
degrés de liberté.Cependant esthéories ont été appliquéesà dessystèmes à un seul degrés de
liberté,oulimitéàl'appro he"single-mode" (4)
,oùlaformedessolutionsestdonnéeparlaforme
d'undesmodeslinéaires(Szemplinska-Stupni ka (1990a)ouFertis (1995)).Ces appro hes
permettentl'observationde ertainseets ara téristiquesdesréponsesnonlinéaires:Lienentre
l'amplitude etlafréquen e, phénomènesde sautetrésonan esse ondaires. Cependant,ellesont
montré leurs limites, en o ultant notamment les phénomènes de ouplages entre les modes,
souvents apital pour les stru tures réelles. Rosenberg à proposé dans Rosenberg (1966) une
appro he originale, pour des systèmes à plusieurs degrés de liberté introduisant les notions de
vibration à l'unisson et de ligne modale dans l'espa e des ongurations (voir également
l'ou-vrage deVakakisetal.(1996) à esujet).Mêmesisaméthode estlimitéauxsystèmesàfor es
internes impaires, elle onstitue un pas important pour la dénition des modes non linéaires.
Par la suite, d'autres dénitions ette hniques de al uls ont vule jour, omme la méthode de
l'équilibrage harmonique, la méthode des é helles multiples, elle des perturbations, elle des
formesnormales (voirJezequel et Lamarque (1991)), ainsique laméthode phase-amplitude
(voir Bellizzi et Bou (2005)). En e qui on erne la dénition des modes, Shaw et Pierre
(1991-1994) ont exposé dans Shaw et Pierre (1993a) puis pour les systèmes ontinus dans
Shaw etPierre (1993b) une appro he généraleet modernequi s'appuie surle formalisme des
systèmes dynamiques.Les modesnon linéaires ysont dénis àl'aide de sous-espa es invariants
ourbésdedimension2del'espa edesphases.Ce adre,pluslargeque eluidéniparRosenberg,
permetd'in lure del'amortissement etn'est paslimité auxfor esimpaires. Il onstitue
mainte-nant une théorie a epté dans la ommunauté et peut servir de base aux méthodes de al uls
demodesnonlinéairesainsiquepourlesinvestigationsenmatièred'analysemodalenonlinéaire.
Dansledomainedesvibrationsnonlinéaires,ilestaujourd'huitrès ourantderésoudreles
équa-tionsquidénissentlesmodesaumoyend'uneméthodedeperturbationlimitéàquelquestermes
de séries asymptotiques que l'on al ule analytiquement ou numériquement. On sait pourtant
que esapproximations ont undomainedevaliditéassezfaible etqu'ellesnepermettent pasune
représentation orre tedes hangementderégimes(bifur ations).Lesméthodespurement
numé-riques (équilibrage harmonique ave ungrandnombred'harmoniques, méthodesde tir) tendent
à se développer rapidement ompte tenu des moyens de al ul disponibles a tuellement. Elles
permettent des'aran hirde ettehypothèsedefaiblenonlinéaritésisouvent invoquée dansles
arti lesdu domaine. L'étape suivante estd'appliquer es te hniquespurement numériquespour
des stru tures de géométries omplexes dis rétisés par éléments nis. On rejoint alors l'état de
l'arta tuel desvibrationslinéaires. Ilne s'agitpasd'unsimpleexer i e destyle,oud'untravail
simplement te hnique. Lepassage dequelquesdegrésdelibertéàun grandnombrede degrésde
(1).HenriPoin aréestl'auteurdumémoire"Surleproblèmedestrois orpsetleséquationsdeladynamique", iladé ouvertlephénomènedesensibilitéaux onditionsinitiales. Ilaamenéaussilanotion apitaledeportrait dephase.
(2).LaméthodedeLindstedt-Poin aréapermisuneavan éedanslarésolutions deséquationsdiérentiellesen donnantuneméthodepermettantl'éliminationdestermessé ulaires.Cetteméthodepermetnotammentd'obtenir lessolutionsappro héesdel'équationdeDung.
(3).Le théorème de Liapunov (1892), déni la stabilité (la stabilité de Liapunov) d'un système dynamique donnée.
3
liberté peut poser des problèmes et soulever de nouvelles interrogations, omme nous allons le
onstaterdans e mémoire.
Depuisquelquesannées, leLaboratoire de Mé anique etd'A oustique (LMA), en ollaboration
ave l'ENSTA,l'INSAde lyon,etl'ENTPE, ontforméungroupe nationalde re her he dédiéau
thèmedesvibrationsnonlinéaires. Lesaxes d'étudestraitéssontles suivants:1/Élaboration de
nouvellesméthodesde al ulsde modesnon linéaires;2/ Investigations surune méthodede
ré-du tiondemodèle baséesurlesmodesnonlinéaires;3/ Étude deréponsesfor éesdestru tures
ave une ex itation déterministe ou aléatoire - 4/ Analyse et ompréhension des phénomènes
de bifur ations de mode de vibrations. Au LMA, les appli ations on ernent notamment, les
stru turesmin es en non linéaire géométrique, l'étude desinstruments de musique ( larinette),
l'étudede systèmesà pompaged'énergie (le LMA disposed'undispositifexpérimental de
pom-pagea oustiquepassif),l'étudedesvibrationsd'assemblagesde ombustibles( ollaboration ave
leCEA Cadara he). Pour les stru tures min es, la on eption de odesde al ulde vibrations
pourl'obtentiondesmodesnonlinéairesetdesréponsesvibratoiresfor éesestunepréo upation
majeuredulaboratoire(unpremier odede al ulbasésurlaméthodedelabalan eharmonique
estprésenté danslemémoirede thèse Perignon(2004) etdeuxdispositifsexpérimentauxsont
opérationnels:lepremier étant unepoutremin e doublement en astrée etlese ond uneplaque
en astrées surses4 bords).
Letravailprésenté dans emémoires'ins ritdans e adre.Ilportesurl'étudeetle al ul
numé-riquede vibrationslibres et for ées de stru turesmin es en non linéaires géométrique.On vise
le al ul "exa t (5)
" des modes non linéaires d'une stru ture dis rétisée par éléments nis. Ces
modessont obtenus enee tuant la ontinuation de bran hesde solutions périodiques al ulées
aumoyen d'uneméthode d'intégration temporelle pasà pas. Dansle asde nosstru tures
mo-déliséespar éléments nis, les diagrammes de ontinuation présentent des réseaux de bran hes
omplexes, 'estpourquoiuneméthodede ontinuationadaptéàété hoisie:laMéthode
Asymp-totiqueNumérique(MAN),etunoutilde ontinuation"pilote"du odedevibrationàété onçu
andepar ourirleréseaudebran hee a ement(notammentàl'aided'uneinterfa egraphique
dédiéerendant le al ul intera tif). Il estimportant de mentionner que et outil a été onçu de
manière totalement indépendante du problème de vibration. Ainsi, il peut être utilisé, ave le
ode utilisateurapproprié, pourtraiter unelarge gamme deproblèmes nonné essairement issus
du domaine de la physique. La première partie de e manus rit est don onsa rée à et outil
ainsiqu'auxaspe ts théoriquesliées àla ontinuation desolutions desystèmes d'équations non
linéaires. Ces mêmes aspe ts, serviront ausside baseà la formulation saine du problème de
vi-brationsnonlinéaires,ainsiqu'àla on eptionrobustedu ode de al uldevibrationsprésentés
tousdeuxen se onde partie de e manus rit.
Le premier hapitre du manus rit aborde brièvement les notions relatives à la ontinuation de
bran hesde solutions,on rappellera notamment laméthode de ontinuation utilisé dans e
mé-moire (la MAN). Le se ond hapitre propose quelques apports autour de ette méthode,
per-mettant uneavan éedansle ontrlede son omportement auniveau despointsdebifur ations,
ils'agira ensuitede présenterl'outil de ontinuation pré ité intégrant de nouvelles
fon tionnali-tés de ontrle. Le troisième hapitre présente deux exemples d'appli ations utilisant l'outil de
ontinuation.C'estseulementauquatrième hapitre quel'onaborderaledomainedesvibrations
4
I
NTRODUCTION GÉNÉRALE
non linéaires. Il s'agira de rappeler quelquesnotions fondamentales appartenant au domaine en
s'attardantsurladénitiondesmodeslinéairesetnonlinéaires.Le inquième hapitre estàforte
onnotationthéorique. Onyprésentera uneformulation du problèmesdessolutions périodiques
de systèmes autonomes et onservatifs permettant la onstru tion des surfa es invariantes des
modes non linéaires. Dans le sixième hapitre, on présentera la forme numérique de ette
for-mulation en utilisant laméthode des éléments nis, une méthode de dis rétisation temporelle,
ainsiqu'uneméthode de al uld'orbites périodiquesnomméeméthode simultanée.Ennle
der-nier hapitre ontient les résultatsdesexpérimentations numériquesmenéessur deuxstru tures
Manlab, un outil de ontinuation
1
Continuation de solutions de
systèmes d'équations non
linéaires
C
e hapitre abordebrièvementlesnotions relatives àla ontinuationdebran hesdesolutions,onrap-pelle notamment laméthode de ontinuation qui
estutiliséedans emémoire:laMéthodeAsymptotique
1.1 Contexte d'appli ation . . . 9
1.1.1 Formalismeen
U
. . . 91.1.2 Théorèmedesfon tionsimpli ites . . . 10
1.2 Méthodes de ontinuation . . . 11
1.2.1 MéthodedeNewton-Raphson . . . 11
1.2.2 Méthodeasymptotiquenumérique . . . 12
1.2.3 Comparaison. . . 13
1.3 Bran hes solutions etbifur ations . . . 14
1.3.1 Quasi-bifur ations. . . 14
1.3.2 Problèmeperturbé . . . 16
1.1. C
ONTEXTE D
’
APPLICATION
9
Introdu tion
Il s'agiti i d'obtenirles solutions desproblèmes pouvant semettre souslaforme suivante
R(U ,λ) = 0
(1.1)où
U
est le ve teur des in onnues deR
n
,
λ
le paramètre etR
une fon tion deR
n
× R → R
n
omposéeden
équationsnonlinéairesenU
.Enmé anique,onpeut iterl'exemple lassiquedu problèmedeambementdestru turedis rétiséepar élémentsnisoùleve teurR
représenteles équationsd'équilibre,U
les dépla ements auxnoeudsetλ
leparamètre de harge. La représen-tation d'une proje tion des ourbes solutions dans le planU
i
,λ
(ou parfoisdans le plankUk,λ
se nomme diagramme de bifur ation. Dans le as d'un problème de ambement lassique, onobserveradans ediagramme unepremière ourbepartant dupoint d'équilibre,appeléebran he
fondamentale, puis d'autres ourbes oupant la première en des points nommés points de
bi-fur ation. Les bran hes issues des points de bifur ations sont nommées bran hes bifurquées et
orrespondent dansleproblèmedeambement auxdiversmodesdeambementde lastru ture.
Le al ulnumériquedesbran hesdesolutions
U
(λ)
de(1.1),nommé ontinuationde solu-tion,estnotammentbaséesurlestravauxthéoriquesdePoin aré(1881-1886),Klein(1882-1883),Bernstein(1910),etKeller.LesouvragesSeydel(1994)etsurtoutAllgoweretGeorg(1990)
détaillent lespro édures permettantd'obtenirde façonnumérique essolutions.Deux méthodes
ressortent prin ipalement de es ouvrages, lafamille desméthodesPC (Prédi tion-Corre tion),
trèssouventbasées surl'algorithmede orre tiondeNewton-Raphson,et laméthodePL
(Pie e-wiseLinear),moinsrépandue,basée surune approximationlinéaire parmor eaux deséquations
de(1.1).LesméthodesPCsontgénéralementfa ilesàmettreenoeuvre,ainsilaplupartdes
pro-blèmes omportantdeséquationsnon-linéairestellesque(1.1)sontrésoluspar esméthodes,sous
réserve que lafon tion
R
soit susamment diérentiable pour le al ul du ja obien.Toutefois, es dernières sourent d'un manque de robustesse notamment lorsque les solutions présententdenombreuxpointsdebifur ations. Inversement,laMéthodeAsymptotiqueNumérique(MAN),
basée surun al ulde séries entières à grand nombre de termes ave un al ul automatique et
adaptatif du domaine de validité onserve sarobustesse, e i au prix d'un développement
sup-plémentaire raisonnable.
Dans ette partie, on rappellera quelquesnotions relatives à la ontinuation de bran hes
desolutions, puis on rappellera laméthode de Newton-Raphsonainsi quelaMAN. Lesnotions
serontalorsutiliséesdansle hapitresuivant,pourlaprésentationd'uneméthodedebran hement
utilisant les avantages delaMAN etlasimpli ité duprin ipe de perturbation.
1.1 Contexte d'appli ation
1.1.1 Formalisme en
U
Dansle domaine dela ontinuation de bran hesde solutions de systèmesd'équations non
linéaires, il est outume d'utiliser la forme (1.1) page 9 qui sépare les variables du ve teur
U
etlavariable du paramètreλ
. Cetteforme amène une é riture lisible etadaptée aux méthodes in rémentales enλ
.Ave ette forme,l'ensemble de solution est usuellement paramétré ave le s alaireλ
,on adon10
C
HAPITRE
1. C
ONTINUATION DE SOLUTIONS DE SYSTÈMES D
’
ÉQUATIONS NON LINÉAIRES
.Pour éviter lesproblèmes depointslimites (voir par exemple Seydel (1994) pour leur
déni-tion),onpréfère utiliseri iune méthode de ontinuation ave une paramétrisationpar longueur
d'ar faisant intervenir
U
etλ
.Dans e as,lesé ritures et al ulsnejustient plusvraiment la séparation entre les alaireλ
et leve teurU
. C'est pourquoinous utiliserons laforme suivante pourl'ensemble dumémoireR(U ) = 0
(1.2)ave leve teurrésidu appartenant à
R
n
et leve teur
U
appartenant àR
n+1
.Ave ette forme,
les alaire deparamétrisation estnoté
a
etsera appeléparamètre de hemin de sortequel'on aiU
= U (a)
.Etoninsisterasurlefaitqueleparamètre
λ
setrouvemaintenant parmislesn + 1
omposantes du ve teurU
aumême titre queles autresvariables.1.1.2 Théorème des fon tions impli ites
Très souvent, les systèmes omportant une in onnue de plus qued'équations ( 'est le as
des systèmes de la forme (1.2)) dénissent une fon tion impli ite liant les variables du ve teur
U
entre elles, de façon à e que es dernières évoluent dansun sous ensemble unidimensionnel deR
n+1
, on dit dans e as que la fon tion
R(U )
est submerssive. Pour un tel système, la tangente au voisinage d'unpoint solution est unique etsert de base de al ulà la majorité desméthodesde ontinuation. Cependant, lessystèmes d'équations nonlinéaires peuvent présenter
desparti ularitésquienlèvent ette uni ité, equiestle asauniveau despointsdebifur ations
parexemple,oùplusieursbran hesdesolutionsse roisent.Lespointsdebifur ationsnesontpas
lesseullesparti ularitésdessystèmesnonlinéaires. Laformegénérale(1.2))permetparexemple
l'existen e d'espa e solution de dimension supérieure à 1 (surfa es solutions ou autre). Bien
entendu, les méthodes de ontinuations lassiques sont onçues pour ee tuer la ontinuation
de ourbes solutions unidimensionnelles et les parti ularités pré édemment itées leur posent
problème.
Lethéorèmedesfon tionsimpli itespermetdedénirun adredanslequellesméthodesde
ontinuations doiventopéreren dehorsdetoutes lesparti ularitéspré itées. Cethéorème utilise
les propriétés de surje tivité du systèmelinéaire sous-ja ent pour assurer lasubmerssivité de la
fon tionimpli ite
R(U ) = 0
auvoisinaged'unpointdonné.Cethéorèmeestrappelébrièvement idessousdansle asoùladimensiondeU
estd'unedimensionsupérieureàladimensiondeR
. Théorème 1Silafon tion
R
: R
n+1
→ R
n
estindéniment diérentiableetsi
U
0
est solutiondeR(U
0
) = 0
(1.3)et side plus l'appli ation linéaire dematri e
∂R
∂U
(U
0
)
estsurje tive ( equi revient à direque la matri e∂R
∂U
(U
0
)
estde rangn
.), alors au voisinage du pointU
0
l'ensemblede solution de (1.3) est unsousespa e de dimension un.❏
Ainsi,pour s'assurerquelesystèmed'équation dénisune bran hede solution, ilfaudravérier1.2. M
ÉTHODES DE CONTINUATION
11
1.2 Méthodes de ontinuation
Lorsque le domaine de validité des méthodes de perturbations lassiques n'est pas
su-samment grand, les méthodes de ontinuations prennent le relais en onstruisant les ensembles
desolutions par mor eaux.Les méthodesde prédi tion- orre tion dé rivent etensemblede
so-lutionparunelistedepoints al ulésdemanièreséquentielle.Quandàlaméthodeasymptotique
numérique, elle- idé ouperales ourbessolutions enmor eauxappeléstronçons, ha undé rits
parune sérieentière aussi al ulés séquentiellement (voirplus loin).
Onrappellerai ileprin ipede laméthodedeNewton-Raphsonqui estlaplusutiliséedes
méthodesin rémentalesitérativesetonprésenterabrièvementensuitelaméthodeasymptotique
numérique pour nirsurune omparaison desdeuxméthodes.
1.2.1 Méthode de Newton-Raphson
Cetteméthode onsisteà her herunesu essiondepoints
U
j
solutionsde(1.3)etvériant
le ritèresuivant:
kR(U
j
)k 6 ǫ
nr
(1.4)Le al ul se fait en deux étapes, une prédi tion puis une série de orre tions, l'ensemble étant
fon tion du paramètre de hemin, noté
a
,abs isse urviligne lelong de la ourbe. Le pointU
j
étant supposé onnu(1)
,lepoint suivant estdonné par:
U
j+1
= U
j
+ ∆U
j
| {z }
prédi tion+
k
X
i=1
∆
U
i
|
{z
}
k orre tions (1.5)Onse ontente i i derappeler brièvement les étapesde al ul, sansentrerdansles détails.Pour
ela,onpourra onsulter par exemple Crisfield(1997a).La démar he estdon lasuivante:
prédi tion:
On ee tueunpasde prédi tion,tangent àla ourbe qui onduità larésolution de:
∂R
∂U
U
j
∆U
j
= 0
(1.6)Cesystèmeestsous-déterminé,onle omplètedon paruneéquationquidonnelalongueur
du pastangent:
k∆U
j
k = ∆a
(1.7)ave
a
étant leparamètre de hemin (la ourbe estparamétrée para
). orre tions:Onee tue
k
orre tions,jusqu'à e quele ritère(1.4) soitvérié.Pour haqueitération, il s'agitde résoudrelesystème:∂R
∂U
U
j
∆U
i
= −R(U
i
)
(1.8)Ce système doit aussi être omplété, on peut par exemple hoisir des pas de orre tions
orthogonaux àla prédi tion,soit
∆U
j T
∆U
i
= 0
(1.9)Anoterquelessystèmes(1.6)et(1.8)sontobtenusenselimitantauxdéveloppementsaupremier
12
C
HAPITRE
1. C
ONTINUATION DE SOLUTIONS DE SYSTÈMES D
’
ÉQUATIONS NON LINÉAIRES
{U}
k
U
j
U
j+1
∆U
j
∆U
j+1
∆U
j+2
prédi tions orre tions prédi tion orre tion point nal/initial{U }
l
{U }
k
U
j
U
j+1
U
j+2
prédi tions orre tions prédi tion orre tion pointnal/initial{U }
l
F
igure 1.1Prédiction et corrections pour les méthodes incrémentales-itératives (à gauche) - Calcul
des branches de solutions par la MAN (à droite)
1.2.2 Méthode asymptotique numérique
Onre her helessolutionsdusystème(1.2)sousformedesériesentièrestronquéesàl'ordre
N
en fon tion d'unparamètre de hemina
:U
(a) = U
j
+
N
X
k=1
a
k
U
k
(1.10) aveU
j
unpointsolution dedépart onnudéterminé parexemple paruneméthode lassiquede
orre tion (Newton-Raphson ouHomotopie).
L'introdu tion des développements(1.10) dans(1.2) onduit à:
R(U ) = R(U
j
) + aR
1
+ a
2
R
2
+ · · · = 0
(1.11) e i étant valable pour touta
,onobtient une sériedeproblèmes linéaires:R
1
=
∂R
∂U
U
j
U
1
= 0
. . .
R
p
=
∂R
∂U
U
j
U
p
− F
nl
p
= 0
. . .
(1.12)Ainsi, àl'ordre
p
,R
p
= 0
est équivalent à:∂R
∂U
U
j
U
p
= F
p
nl
(1.13)Les se onds membres
F
nl
p
dépendent ex lusivement des ordres pré édentset sont don entière-ment déterminésàl'ordrep
.Le al ulde es"se ondsmembres"estlepoint ru ialdelaMAN. Commedansle asdeNewton-Raphson, essystèmessontsous-déterminés.Onajoutedon uneondition qui provient de ladénition du paramètre de hemin
a
.Sipar exemple e paramètre de heminestégalàlapseudolongueurd'ar ,inspirée deladénitionduparamètredelongueurd'ar lassique:
U
1
T
(U − U
0
) = a
(1.14)alors la onditionà l'ordre
p
s'é rit1.2. M
ÉTHODES DE CONTINUATION
13
Ainsiave l'équation (1.13) etl'équation (1.15) on peut déterminer les omposantes
U
p
du dé-veloppement (1.10) de manière séquentielle enpartant de l'ordre1
jusqu'à l'ordreN
.Le domaine de validité
a
max
des solutions obtenues par les résolutions su essives des systèmes(1.12) est donné par la onditionpoura ∈ [0,a
max
], kR(U(a)) − R(U
j
)k 6 ǫ
man
(1.16) oùǫ
man
est un ritère de pré ision donné etR(U
j
)
le résidu initial. On a alors la propriété
suivante:
kR(U(a
max
)) − R(U
j
)k = ka
max
R
1
+ ... + a
max
n+1
R
n+1
+ ...k = ka
n+1
max
R
n+1
k
(1.17) Pour des séries (1.10) tronquées à l'ordren
, lesR
i
sont nuls pouri = 1..n
(simple appli ation de(1.12)).Le termeprépondérantesta
n+1
max
R
n+1
etonmontrefa ilement queR
n+1
= F
nl
n+1
et don ,une bonne expressiondea
max
estdonnée parl'équationa
max
=
ǫ
man
kF
nl
N+1
k
!
1
N+1
(1.18)Con rètement,on al ulelestermesdesséries(1.10)enrésolvant(1.12)puisonévalue
a
max
ave 1.18.EnsuiteU
(a
max
)
donne unnouveau pointdedépart notéU
j+1
pour unnouveau al ulde
série.
A noterqu'ilexiste également une variantedelaMAN,permettant d'améliorer la
onver-gen e desséries. Il s'agit d'utiliser desapproximants de Padé, et don de rempla er les termes
desséries(1.10) par desfra tions rationnelles (voir par exempleCo helin etal. (1994)).
1.2.3 Comparaison
Les prin ipaux points forts de laMAN, relativement à Newton-Raphson, se résument en
troispoints:
simpli ité d'utilisation etdu pilotage: e point onstitue leprin ipalavantagede laMAN.
Eneet,le hoixdelalongueurdupasestentièrementautomatiqueetadaptatif( ralentissement
à proximité des points limites, augmentation du pas dans les zones linéaires), etse fait a
posteriori,ave le al uldudomainedevalidité
a
max
.Iln'estdon pasné essairedese pré-o uperdelalongueurdupas, ommeave Newton-Raphsonoùunpastroppetit ralentitl'algorithme etun tropgrandlefaitdiverger.Finalement, dupoint devuede l'utilisateur,
il sut de xer l'ordre des séries,
N
(en pratique,N
est hoisi entre 20 et 40, entre es deuxborneslavaleur hoisien'analementquepeud'inuen esurlaperforman eglobalede l'algorithme), un ritère de onvergen e,
ǫ
qui sera hoisi en fon tion de la pré ision souhaitée. Conformément à (1.18),plus leseuilsera petit, plusles tronçons seront ourts,plus letemps de al uld'unebran he sera long.
une seule inversiondela matri e
K
t
(0)
parpasdeMAN,quandilenfautk + 1
( unepour la prédi tion plusk
pour la orre tions) pour Newton-Raphson, e qui peut représenter un gainentemps de al ul onséquent siles tempsd'évaluationetd'inversion dematri estangentes sont longs. En fait, pour la MAN, l'essentiel de e temps est utilisé pour le
al ul des se onds membres
F
nl
14
C
HAPITRE
1. C
ONTINUATION DE SOLUTIONS DE SYSTÈMES D
’
ÉQUATIONS NON LINÉAIRES
solutions analytiques desbran hesde solutions pluttquedesvaleurspon tuelles.Defait,
lesséries tronquéessont ri hesen informations,notammenten equi on erneles
bifur a-tions.
Onremarque également qu'une MAN àl'ordre 1 orrespond à unpasde prédi tion de
Newton-Raphson(voir terme
∆U
j
de (1.6)etleterme
U
1
de lapremière équationde(1.12)). Enfait la possibilité de prendre un grand nombre de termes dans les séries permetd'avoir une pré isionimportantesansavoir obligatoirement re oursà des orre tions.
1.3 Bran hes solutions et bifur ations
Une des parti ularités importantes des systèmes d'équations non linéaires réside dans la
multipli ité des bran hes solutions de leur ensemble de solution. Selon la nature du système
d'équation, le réseau de bran hes pourra avoir desformes plusou moins omplexes. On pourra
ren ontrer entreautres desbran hesfermées surellesmêmes, desbran hesreliées,desbran hes
isolées, ainsique desensembles desolutions de dimension supérieureà un.
Leslieuxoùlesbran hesdu réseause roisent sont nomméspointde bifur ation oupoints
singuliers, ils onstituent une ara téristique importantedessystèmesd'équationsnon linéaires.
Comme dit pré édemment, en es pointsla tangente n'est pasunique (2)
et lamatri e tangente
du système n'est pas de rang omplet (les hypothèses du théorème des fon tions impli ites
ne sont pas satisfaites en es points). Il s'en suit que les méthodes de ontinuations doivent
adopterunestratégieparti ulièrelorsdupassagede espoints.D'autrepart, espointsétantune
manifestation théorique d'unphénomène physique, ils font souvent l'objetd'études (i.e: points
de ambement destru tures)etpermettent une ara térisationdesbran hesqu'ilsinitient(i.e:
les modesde ambementsde lamême stru ture).
1.3.1 Quasi-bifur ations
Dans emémoire,ondistingueradeuxgrandtypedebifur ations:lespointsdebifur ations
exa tes et les quasi-bifur ations, illustrés tout deux dans la gure 1.2 page 15. Généralement,
les quasi-bifur ationssont des versions perturbéesdes bifur ationsexa tes. C'està dire que es
quasi-bifur ationssontlamanifestationd'unphénomène théoriqueperturbé par unautre
phéno-mène. D'une manière générale en mé anique, on ren ontrera les points de bifur ations exa tes
lors de la résolution de problèmes théoriques où la modélisation du phénomène ne tient pas
ompte des imperfe tions (3)
.Inversement, lors d'une étude expérimentale d'un système non
li-néaire (imparfait par essen e) ou lors d'une modélisation plus poussée du phénomène étudié
(modélisation des imperfe tions), les points de bifur ations exa ts se trouvent perturbés et
de-viennent des quasi-bifur ations. Un exemple typique d'illustration de es onsidérations est le
problème de ambement d'une stru ture parfaite et son homologue réel. Dans le as parfait,
la bran he prin ipale de ompression omporte plusieurs points de bifur ations exa ts, menant
de manière symétrique aux divers modes de ambement. Dans le as réel, à ause des défauts
de formes,la bran he de ompression omportera des quasi-bifur ations(asymétriques)menant
aussiauxmême modesdeambement. Ainsi,lamodélisationd'unproblèmedonné pourra
don-nerlieu aux deuxtypes de bifur ations,et esbifur ations semanifesteront de manière logique
et normaledansles diagrammes desolutions.
(2).Lenombredetangenteestégalaunombredebran hesse roisanten epoint.
1.3. B
RANCHES SOLUTIONS ET BIFURCATIONS
15
PSfragrepla ements
Bifur ationexa te Quasibifur ation
U
b
U
b
A A B B A BF
igure 1.2Exemple de bifurcation exacte et quasi bifurcation. Lors d’un point de quasi bifurcation,
nous désignerons du même nom les branches de part et d’autre du point de quasi bifurcation, comme
le montre la figure de droite.
Ilestimportantdementionnerquelesimperfe tionstransformantlespointsdebifur ations
exa ts en points de quasi-bifur ations peuvent provenir aussi des approximations faites lors de
l'é riture des équations du problème qui ont pour eet de perturber les solutions exa tes. Par
exemple, et e sera le as dans la deuxième partie de e mémoire, l'utilisation d'une méthode
dedis rétisationspatiale (4)
oudedis rétisationtemporelledeséquationsauxdérivéespartielles,
peuvent ( e n'est pas toujours le as) modier le type des points de bifur ations initialement
présents dans lemodèle théorique. An de se rappro her des solutions exa tes, etdon obtenir
lesbonnesbifur ations,ilfaudraaugmenterlenombred'élémentsutiliséslorsdeladis rétisation.
Enn,uneautresour eimportantedeperturbationestl'erreurdueàl'impré isiondu al ul
numérique. En eet, la majorité des méthodes de al uls numériques utilisent des algorithmes
itératifsutilisant des seuils de pré isions:plus le seuil hoisiest faible, plus le al ul est pré is
maislong. Inversementplusleseuilestgrand,plusle al ulestrapidemaispluslesbran hesde
solutions al uléess'éloignentdesbran hesdesolutionsexa tes, equiapoureetdetransformer
les bifur ations exa tes en quasi-bifur ations. Cette fois i, an de se rappro her des solutions
exa tes(et don obtenir les bonstypesde bifur ations) ilfaudra hoisir leseuilde résolution le
plusfaible possible (au prix d'untemps de al ulpluslong).
Ainsi, le fait d'ajouter une perturbation dans les équations du problème exa t à pour
eet d'éloigner les bran hes solutions du problème perturbé par rapport à elles du problème
initial exa t. Comme dit pré édemment, et eet est visible surtout au niveau des points de
bifur ationsmaisilpeutl'êtreaussisurles ourbesellesmêmessilaperturbationestd'amplitude
16
C
HAPITRE
1. C
ONTINUATION DE SOLUTIONS DE SYSTÈMES D
’
ÉQUATIONS NON LINÉAIRES
1.3.2 Problème perturbé
Derrière lesnotions de bifur ationsexa tes etquasi-bifur ations,se trouve don lanotion
deproblèmeperturbe quiprovient dufaitquelesdiversesapproximations faiteslors del'é riture
duproblèmeexa t ainsique ellesapportéesparlesméthodesderésolutionsrendentleproblème
exa t ina essible, e qui nous ontraint d'étudierleproblème perturbé àlapla e.
Ondénirale problèmeperturbé ainsi
Définition 1
Soit
R(U ) = 0
le problèmeexa t etf
p
une perturbation imposée onsidérée omme onstante, on noteraalors leproblème perturbeR
p
(U ) = R(U ) − f
p
= 0
.❏
ave le ve teur de perturbationf
p
pouvant provenir de sour es diverses. En résumé deslignes qui pré èdent, ondistinguera lessour esde perturbationssuivantes:1. Perturbations duesàl'impré ision de laméthode de résolution numérique (erreurde
réso-lution).
2. Perturbations ajoutées intentionnellement (voir plusloin).
Enpratique, laperturbation due à l'erreur de résolution estmaîtrisable à l'aide du hoix
approprié du seuil de pré ision de al ul. En e qui on erne la perturbation intentionnelle,
elle- iserviraà laméthodede bran hement.
1.3.3 Méthode de bran hement
Lorsde la phasede ontinuation, la ren ontre ave un point de bifur ation et le hoix de
la dire tion à prendre (aller tout droit, tourner à gau he ou à droite), se nomme bran hement.
Ondistingue deuxgrandes lasses deméthodesde bran hements,
Les méthodes basées sur la théorie de la bifur ation.Ellesreposent surun al ulpré isdu
pointdebifur ationetdestangentesaupointdebifur ation.Onpeututiliserunefon tion
indi atri e s alaire dont le signe hange lors de la traversée de la bifur ation. On pourra
prendre par exemple
I(U ) = det(
∂R
∂U
)
etutiliseruneméthodedi hotomiquepourtrouverlepointdebifur ation.Unefoissituésur
e dernier,l'étude dunoyaude
∂R
∂U
donne lestangentes utilisées pour faire desprédi tions desbran hes bifurquées.Une autreappro he onsiste à her herdire tement le point de bifur ation
P
(U ,V ) =
(
R(U ,λ) = 0
∂R
∂U
V
= 0
(1.19)àl'aide d'unsystèmeaugmenté,où
V
estleve teur propre devaleur proprenulle.Les méthodes de perturbation. Celles- i onsistent à ajouterune perturbation dans le
1.4. B
ILAN DU CHAPITRE
17
Lesméthodesbaséessurlathéoriedelabifur ationsontgénéralement omplexesetné essitentun
développement important. Elles fournissent ependant des informations quantitatives et ables
(nombres debran hes se oupant aupoint de bifur ation,donnent expli itement les tangentes).
D'un autre oté, les méthodes de bran hement par perturbation sont extrêmement simples à
mettre en oeuvre mais sont peu ables lorsqu'elle sont utilisées ave la méthode de
Newton-Raphson. En eet, la phase prédi tion n'est pas adaptée à la ontinuation d'une zone de forte
ourbure, ommelemontrelagure1.3page17.Undesobje tifsde emémoireestderedé ouvrir
etteméthodedebran hement autraversdela on eptiond'unoutilàbasedeMAN,don plusà
l'aiseaupassagedesfortes ourbures.Onmontreradansle hapitresuivant omment ontrlerle
omportementdebran hementdelaMANave l'ajoutintentionneld'unve teurdeperturbation
alliéaux hoix appropriésdesseuils de résolution.
A
B
A
C
D
E
(a)
(b)
PSfragrepla ements Bif. Bif.F
igure1.3Passage d’une bifurcation par Raphson (a) et la MAN (b). La méthode de
Newton-Raphson présente le défaut important de sauter les points de bifurcation lorsque la longueur de pas
∆a
est trop grande par rapport au type de bifurcation (voir figure 1.3 page 17). En effet, il se peut que
celle-ci, en effectuant des pas trop grands par rapport à la courbure de la branche située près du point
de bifurcation ignore celui-ci en le sautant purement et simplement. La MAN par contre, en adaptant
sa longueur de pas, tournera systématiquement aux points de bifurcations même si la courbure de la
branche est importante.
1.4 Bilan du hapitre
On a présenté dans e hapitre un adre appli atif à travers une formulation en
U
et au travers des hypothèses du théorème des fon tions impli ites. Sauf indi ation ontraire, ononviendra pour la suite du mémoire que les systèmes d'équations non linéaires étudiés
satis-feront les hypothèses du théorème. Dans les autres as (voir se onde partir du mémoire), on
vérieraexpli itementlasurje tivitédel'appli ation tangentedelafon tionrésidu duproblème
étudié.
Onarappeléet omparé ensuitedeuxméthodesde ontinuationdebran hesde solutions.
On hoisira pour la suite la méthode de ontinuation MAN pour son meilleur omportement
au niveau des points de bifur ations et on hoisira la méthode de Newton-Raphson lors de la
phasede orre tionpoursasimpli itédemiseenoeuvreetsonutilitépourlaphasededébogage.
2
Quelques apports autour de la
méthode asymptotique
numérique
C
e hapitre propose quelques apports autour de la MAN, qui permettent une avan ée dans leontrle de son omportement au niveau des
pointsdebifur ations.Onprésenteensuiteunoutilde
2.1 Introdu tion . . . 21
2.2 Analyse du omportementde laMAN etpilotage . . . 21
2.2.1 Loin despointsdebifur ation . . . 21
2.2.2 A proximitéd'unpointdebifur ation . . . 22
2.2.3 Propositiondepilotage . . . 23
2.2.4 Complémentpourlespointsdequasi-bifur ation . . . 25
2.3 Con eption de l'outil numérique . . . 26
2.3.1 Formulationetmiseendonnée . . . 27
2.3.2 Stru turation . . . 28
2.3.3 Intégrationdubran hementparperturbation . . . 28
2.3.4 Intégrationdusauttangent . . . 29
2.1. I
NTRODUCTION
21
2.1 Introdu tion
Le hapitre pré édent onsistait à rappeler quelquespropriétés importantes des systèmes
non linéairesainsi que les méthodes de ontinuations numériques permettant d'obtenir leur
so-lutions. On se xe maintenant pour obje tif de présenter le travail ee tué pendant la thèse,
relatifau ontrle dubran hement etàla on eptiond'unoutilde ontinuationàbasedeMAN.
Ils'agit de rendre intera tive laphasede al ulen ontrlant notamment le heminement de la
MAN à travers le hoix desdire tions de bran hements à haque points de bifur ations. L'idée
motri eestd'allierlasimpli itédu prin ipedebran hement parperturbationave larobustesse
de laMAN au servi ed'une interfa e graphique ontrlable à lasouris, e qui onstitue en soit
unepremière.
Les onnaissan esliéesau omportementdelaMANaupassagedespointsdebifur ations
n'étant pas omplètes,on s'essayeradansun premiertemps deles aner.Onprésentera
briève-mentensuite lespointsfortsde laphasede on eptionde l'outil de ontinuation,on s'attardera
notammentsurlesystèmedebran hement ainsiquesurunsystèmede sauttangentpermettant
de traverser les points de quasi-bifur ation. On n'ee tuera pas de des ription exhaustive des
fon tionalités de l'outil, ette des ription étant onsultable dans la do umentation utilisateur
Arquier (2004).
2.2 Analyse du omportement de la MAN et pilotage
L'obje tif de ette se tion est d'étudier le omportement de la MAN lors de la
ontinua-tion desbran hes et tout parti ulièrement aux passages despoints de bifur ations et de
quasi-bifur ations.Onsouhaitepouvoiraner les onnaissan esrelativesàl'évolutionde lanormedu
résiduetdelanormed'erreursurlessolutions elles-mêmeslorsdu al uldesbran hes
(augmen-tation des erreurs d'unpas de MAN au suivant). On souhaite aussiprédire, en vue de pouvoir
ontrler, le omportement de bran hement delaMAN au niveau d'unpoint debifur ation.
2.2.1 Loin des points de bifur ation
Il s'agit don dans un premier temps d'étudier l'évolution puis l'inuen e des erreurs de
résolution (norme du résidu) sur les résultats de al uls lors de la ontinuation d'une bran he
parla MAN,àlasuite d'une orre tion deNewton-Raphson etloind'une bifur ation.
Soit
U
0
lepoint obtenu aprèsune orre tion deNewton-Raphson, on akR(U
0
)k < ǫ
nr
.
(2.1)Rappelons ensuitequed'un pasdeMAN àun autre ona
kR(U
j+1
) − R(U
j
)k < ǫ
man
(2.2)ainsi, après plusieurs pas de la MAN, les erreurs dues aux impré isions de (2.1) et de (2.2)
s'a umulent. Ona don (1)
aprèsune orre tion deNewton-Raphson et
j
pasde MAN,kR(U
j
)k < ǫ
nr
+ jǫ
man
(2.3)e qui onstitue un premier résultat donnant une borne maximale sur la norme des résidus.
Notons que ette borne n'implique pasune roissan e linéaire en
jǫ
man
de la norme du résidu. (1).SoitA,B
etC
3ve teursdeR
n
22
C
HAPITRE
2. Q
UELQUES APPORTS AUTOUR DE LA MÉTHODE ASYMPTOTIQUE NUMÉRIQUE
En pratique, on onstate plutt une évolution roissante, puis une évolution stationnaire telle
que
kR(U
j
)k ≈ ǫ
nr
+ ˆ
kǫ
man
(2.4)ave
ˆ
k
souvent pro he de lavaleur10
.2.2.2 A proximité d'un point de bifur ation
Plaçonsnousmaintenant auvoisinaged'unpointdebifur ation.L'obje tifestde
détermi-nerle omportementdelaMANaupassaged'unpointdebifur ationenfon tiondel'intensitéde
laperturbation (due àuneerreur derésolution ou ajoutéeintentionnellement) eten fon tiondu
seuilde résolution
ǫ
man
.Pour ela,nousreprenonslesystèmeàune équationetdeuxin onnues déjà exposédansBaguet etCo helin(2003),R(U ) = R(x,y) = x(1 − y) = 0
dont l'ensemble de solution est onstitué des deux droites
x = 0
ety = 1
qui s'interse tent au pointde bifur ation exa te(0,1)
.Plaçons nous maintenant dans le ontexte de al ul des pas de la MAN, en onsidérant
que le pas pré édent de al ul ( ou plus généralement une orre tion de Newton-Raphson ) ai
pla é le point de sortie au voisinage de l'origine, ou plus pré isément, au point
U
j
= (x
j
,y
j
)
, avex
j
≈ 0
ety
j
≈ 0
.En sortiede e pasde al ul, lerésidu sera don égalà
R(U
j
) = R(x
j
,y
j
) = x
j
(1 − y
j
) = f
p
onnoteraf
p
lavaleurdeR(U
j
)
.D'après(1.11)page12,onsaitquelerésidu
R(U
j
)
quiestduà
l'impré isiondelavaleurdupasdesortie
U
j
est onservée arseullesrésidusd'ordresupérieurs
sont annulés (voiréquation(1.12) page12). Celarevientàdire quepour lepassuivant,laMAN
ne résout pasleproblèmeexa t maisleproblème perturbé
R
p
(x,y) = R(x,y) − R(U
j
) = x(1 − y) − f
p
= 0
(2.5) pré isonsque e iestvraimême sil'onnesetrouvepasauvoisinaged'unpointdeperturbation.Intéressonsnousmaintenantàlasolutionduproblèmeperturbé(2.5)auvoisinagedupoint
d'origine quipeutseréé rire àl'aide d'unesérieentière ommeil suit
x =
f
p
1 − y
= f
p
(1 + y + y
2
+ y
3
+ · · · ) = f
p
X
p=0
y
p
La MAN utilisant une sérietronquée à l'ordre
N
,onlimitera de même notre série entière de la même manièrex
N
= f
p
N
X
i=0
y
i
en réinje tant ensuitel'expression de
x
N
dansle problèmeperturbé 2.5, onobtientR
p
(x
N
,y) = f
p
(
P
N
i=0
y
i
)(1 − y
i
) − f
p
= f
p
(1 − y
N
+1
) − f
p
2.2. A
NALYSE DU COMPORTEMENT DE LA
MAN
ET PILOTAGE
23
Enn, pour déterminer le domaine de validité de la série tronquée, on utilise le ritère (1.16)
page 13,soit dansnotre as
|R(x
N
,y) − R(U
j
)| = |R
p
(x
N
,y)| = | − f
p
y
N+1
| < ǫ
man
ona dony
max
=
ǫ
man
|f
p
|
1
N+1
Selonlavaleur du rapport
ǫ
man
|f
p
|
lepoint desortie du nouveau passetrouvera avant ouaprès le
point de bifur ation
Cas
ǫ
man
|f
p
|
< 1
:le point de sortiesetrouvera avant lepoint de bifur ation.Dans e as, la
série"déte te"lepointdebifur ationets'arrêteavant.Lepassuivantseradon initiéjuste
avant lepoint de bifur ationetsera aussisolutiondu problèmeperturbé. Cenouveau pas
se stoppera alors une nouvelle fois avant labifur ation. Le s énariose répétera ainsipour
plusieurs pas de al uls, e qui entraînera le bran hement de la pro édure surla bran he
bifurquée (labran he tournera à droite ouà gau he dupoint debifur ation).
Cas
ǫ
man
|f
p
|
> 1
: le point de sortie se trouvera après le point de bifur ation. Dans e as,
on peut dire que la série "ne voit" pas le point de bifur ation (elle passe au travers). Le
point suivant,quisera initiéaprèslepointde bifur ation, ontinueradansladire tiondes
y
positifsparallèlement à l'axedesordonnées. Ces énarioserépétera ainsipourplusieurs pasde al uls, e qui entraînera laMAN àtraverser lepointde bifur ation.Remarque 1
Del'équation (2.4)page 22,onpeutdéduirequ'après unnombresusant depasdeMAN,on a
|f
p
| ≈ ǫ
nr
+ ˆ
kǫ
man
etdans es onditionsonauraǫ
man
|f
p
|
< 1
.Onsetrouveradansle asoùlapro édurede
ontinua-tion"tourne"au niveau d'unpointde bifur ation.Cetypede omportement orrespond à elui
delaMAN"basique"déte tantettournantpresquesystématiquementauxpointsdebifur ation.
❏
De es résultats on peut en tirer une méthode de ontrle du omportement de la MANauniveau d'unpoint de bifur ation en rappelant toutde même queles résultatsde ette étude
sont seulement basés sur etexemple à uneéquation et deuxin onnues.
2.2.3 Proposition de pilotage
Tourner au point de bifur ation:
Pour tourner à un point de bifur ation il faudra augmenter au maximum la norme de la
perturbation due au résidu de al ul. Pour ela on pourra simplement laisser la MAN dévier
de la bran he exa te en augmentant le résidu de al ul (faisant l'o e d'une perturbation),
e qui orrespond au omportement de la MAN "basique". Cependant, il faut remarquer que
ette déviation n'est pas garantie: Il sepeuttrès bien que la MAN reste pro he de la bran he
24
C
HAPITRE
2. Q
UELQUES APPORTS AUTOUR DE LA MÉTHODE ASYMPTOTIQUE NUMÉRIQUE
en hoisissantde plusunseuil
ǫ
man
petit,onpourragarantir lavaliditéde l'inéquationǫ
man
|f
p
|
< 1
etfor er laMANà tourner au point de bifur ation.
Traverser un point de bifur ation:
Pour traverser unpoint debifur ation ilfaudra,
1. diminuer au maximum la norme de laperturbation due au résidu de al ul. Pour ela on
pourra ee tuer une orre tion avant le passage du point de bifur ation pour annuler le
résidu de al ul(en hoisissantun seuilde orre tion
ǫ
nr
petit). 2. annulerune éventuelle perturbation intentionnelle,3. hoisirun seuil
ǫ
man
grandan de garantir lavalidité de l'inéquationǫ
man
|f
p
|
> 1
Choisirle sens de bran hement:
On a vu pré édemment omment l'ajout d'une perturbation ombiné à une valeur bien
hoisie duseuil de al ul
ǫ
man
permettait de tourner au point de bifur ation. Pour alleren ore plus loindansle ontrle de la ontinuation par laMAN,les lignessuivantemontrent ommenthoisirlesens de bran hement (2)
.
Par une étude au premier ordre, on pourrait montrer que le fait de hanger le signe du
ve teur de perturbation à pour eet de "symétriser"lepoint perturbé par rapportà labran he
exa te(voirgure2.1 page24).
p<0
p>0
PSfragrepla ements Quasi bifur ation -Quasibifur ation + Bifur ationexa teF
igure2.1Le fait de changer le signe du vecteur de perturbation à pour effet de symétriser la branche
perturbée par rapport à la branche exacte
Ilest alors possible d'utiliser les énario suivant pourbifurquer dansune dire tion hoisie
(voir guregure2.2page 25)
1. Se trouvant surla bran he exa teavant une bifur ation,on ajouteune perturbation dans
2.2. A
NALYSE DU COMPORTEMENT DE LA
MAN
ET PILOTAGE
25
2. On lan eun algorithmede orre tion pour rejoindrelabran heperturbée.
3. Sil'on setrouve du"bon oté"on ontinue, sinonon hange lesignedelaperturbationet
on reprend aupoint 2.
4. On al uleune partie delabran heperturbée defaçon à traverser labifur ation.
5. On retirelaperturbation.
6. Onlan eànouveauunalgorithmede orre tionpourrejoindrelabran heexa tebifurquée
que l'onvoulait atteindre.
P=0
P=+c
P=+c
P=0
P=0
P=0
P=0
P=−c
P=−c
P=0
F
igure 2.2En combinant différentes phases de corrections, de calculs de branches et d’ajout de
perturbation, on arrive à choisir la direction de branchement au niveau d’un point de bifurcation.
Le s énariodebran hementpar perturbationquiestdé riti in'est pasnouveau etàdéjà
étéprésenté dansAllgoweretGeorg(1990).La nouveautérésidedansl'utilisation onjointe
de ette méthode de bran hement ave laMAN au lieu d'uneméthode de prédi tion- orre tion
lassique. Ce i à pour eet d'éliminer les problèmes de saut intempestifs (déjà présentés dans
la gure 1.3 page 17) et d'améliorer radi alement la robustesse de la pro édure en la rendant
réellement viable.
2.2.4 Complément pour les points de quasi-bifur ation
La perturbation dénissant l'aspe t du point de quasi-bifur ation est intrinsèque au
pro-blème etindépendante desseuilsetdesméthodesde résolution. Par onséquent, l'utilisateur de
la méthode de ontinuation n'aura au un moyen (3)
pour agir sur la "norme" et l'inuen e de
la perturbation. D'autre part, l'ajout d'une perturbation intentionnelle supplémentaire permet
rarement l'augmentation du rayon de ourbure des bran hes en es points et en ore moins sa
diminution(en vued'unetrès hypothétique transformation du point de quasi-bifur ation en un
point de bifur ationexa te).
respon-26
C
HAPITRE
2. Q
UELQUES APPORTS AUTOUR DE LA MÉTHODE ASYMPTOTIQUE NUMÉRIQUE
Lorsquelaperturbation intrinsèqueserasusammentimportante( 'estàdirelorsque que
lesrésidusde résolutionsont négligeablespar rapportàlaperturbation),la ourbesolution rée
par laquasi-bifur ationauraunrayon de ourbure important, equi neposeraalors au un
pro-blèmepourlaMAN quisuivrala ourbesolutionetbifurquera(tournera)sansau unedi ulté.
Pourallertoutdroitdans emême as,leseulmoyenserad'utiliseruneméthodedesauttangent.
Cette méthode,revient à ee tuer une prédi tion puis une orre tion de Newton-Raphson à la
diéren eprèsquelanormedupasdeprédi tiondevraêtre ontrléeanquelepointdedépart
etlepoint d'arrivéesoientsitués departetd'autre dupointde bifur ation.Laméthodedesaut
tangent, seraprésenté en détaildanslase tion suivante.
Lorsquelaperturbationintrinsèqueestfaible ( 'estàdire lorsquelesrésidusde résolution
sontdumêmeordreousupérieursàlanormedelaperturbation),despré autionssontàprendre.
Pour tourner,onpourrasoit résoudreles équationstrès pré isément ( hoisir
ǫ
man
très petit)au pris d'un patinage(4)
de la MAN,soit onsidérer le point de quasi-bifur ation ommeun point
de bifur ation exa te et appliquer les méthodes dé rites pré édemment. Pour aller tout droit,
l'expérien e montreque lesauttangent est lasolutionlaplus viable.
2.3 Con eption de l'outil numérique
On a vu pré édemment omment le hoix des paramètres de ontinuation ombinés à
l'a tion ontrlée d'une perturbation permettaient de maîtriser le heminement du al ul des
bran hes solutions en tournant "à gau he" ou"à droite" oubien en allant toutdroit au niveau
de haque points de bifur ation. Ce i onstituait une première étape théorique dans l'obje tif
d'une on eption d'un outil numérique apable de al uler de manière intera tive les bran hes
de solutions d'unproblèmedonné.
La se onde étape onsistait à on evoir l'outil lui même et à intégrer ette méthode de
bran hement en son sein. Il s'agissait aussi, d'apporter à et outil les éléments rudimentaires
d'une base de données dans laquelle se trouvait une liste de bran hes déjà al ulées. L'a ès à
la base de données de bran hes, permet à l'utilisateur de se pla er (à l'aide de li s de souris
sur l'interfa e (voir gure 2.3 page 27) puis sur le graphique du diagramme) sur une bran he
pré édemment al ulée,de onsulter/visualiser/sauvegarder lesrésultats, ouderelan erdes
al- uls en séle tionnant desdire tions de bran hements diérentes de elles déjà hoisies de façon
à ompléter lediagramme de solutionde lamanièrevoulue.
Unpointimportant on ernaitlamiseendonnéeduproblèmeparl'utilisateur.Cettemise
endonnéeétaitdéjàfa ilitéeparlelangagedeprogrammation hoisi:l'environnementMatlab.En
eet,lelangagedel'environnementMatlabestunlangageinterprété (5)
equidonnel'opportunité
de dénir le problème utilisateur à l'aide de simples hiers textes ontenant l'expression des
équations. Il restait ependant à dénir un adre dans lequel l'utilisateur aurait le moins de
travail à faire pour dénirson problème touten le on evant le plusouvertpossible de façon à
ne paslimiterlaportéed'utilisation.
Ledernierpoint fut laréda tiond'unedo umentation utilisateur (Arquier(2004)),
per-mettant l'utilisationdel'outil parunepersonnenoninitiée dire tement. Lesgrandes lignesdela
do umentation (40pages) sont dé rites idessous:
Introdu tion
(4).Le"patinage"estle motutilisélorsquelaMAN ee tuedetrèspetits pas,lorsqu'elle setrouvetout près d'un point debifur ation, ou plusgénéralement lorsqu'elle se trouve surunezone ayant un très fortrayonde ourbure.
2.3. C
ONCEPTION DE L
’
OUTIL NUMÉRIQUE
27
F
igure 2.3Interface utilisateur de Manlab.
Prérequis
Typede problèmes traités
Installation Démarrage rapide Mise en donnée Interfa e A hage utilisateur Éléments théoriques Exemples
Dans ette se tion, on reviendra rapidement sur les points méritant le plus d'attention,
à savoir la formulation hoisie pour la mise en donnée du problème, la stru turation du ode,
l'intégrationdu bran hement par perturbation,etl'intégration du sauttangent.
2.3.1 Formulation et mise en donnée
L'algorithme derésolution delaMAN ontient notamment l'étapede al uldestermesde
séries. Selon la forme du système d'équation, l'é riture de l'algorithme de al ul de es termes
peutêtre très omplexe. Cependant, laformequadratique
R
= L0 + L(U ) + Q(U ,U )
(2.6)ave
L0
un ve teur onstant,L(U )
une forme linéaire,Q(U ,U )
une forme bilinéaire, qui peut paraîtrerestri tiveaupremierabord,permetuneé rituresimpledesse ondsmembresdel'équa-tion(1.13) page 12: