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Submitted on 1 Jan 1976
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Calcul sur ordinateur du profil vrai des raies de Raman par une méthode de régression non linéaire
J. Cordonnier, Roland Martin, R. Romanetti
To cite this version:
J. Cordonnier, Roland Martin, R. Romanetti. Calcul sur ordinateur du profil vrai des raies de Raman par une méthode de régression non linéaire. Revue de Physique Appliquee, 1976, 11 (1), pp.133-137.
�10.1051/rphysap:01976001101013300�. �jpa-00243954�
CALCUL SUR ORDINATEUR DU PROFIL VRAI
DES RAIES DE RAMAN
PAR UNE MÉTHODE DE RÉGRESSION NON LINÉAIRE
J. CORDONNIER
(*),
R. MARTIN(*)
et R. ROMANETTI(**) (Reçu
le 7 avril1975, accepté
le 16juillet 1975)
Résumé. 2014 Nous suivons une nouvelle voie pour le calcul du
profil
des raies de Ramandépouillées
de la distorsion due au montageexpérimental.
Nous effectuons leproduit
deconvolution d’un modèle
analytique
représentant la raie pure par la fonctiond’appareil.
Le traite-ment du modèle
global
résultant à l’aide d’unalgorithme
derégression
non linéaire permetl’optimalisation
des valeurs desparamètres
du modèleanalytique.
La méthode est
appliquée
à la raie 03BD1 deKNO3 liquide (400 °C) puis
solide(320 °C).
Abstract. 2014 A new
approach
is followed to compute the trueprofiles
of Ramanlines,
withoutthe
distorting
effect of the apparatus. We first compute the convolutionproduct
of theanalytical model, representing
the trueprofile,
with the apparatus function. The parameters of the model are thenoptimised
with use of a non linearregression algorithm.
The method is
applied
to the 03BD1 Raman line of molten(400 °C)
and solid(320 °C)
KNO3.Classification Physics Abstracts
1.180
1. Position du
problème.
- L’étude par des moyensspectroscopiques
de la structure des sels en fusionnécessite l’utilisation de
paramètres (hauteur,
demi-largeur
àmi-hauteur, position
dusommet...)
résultantdirectement de
l’enregistrement
des raies caractéris-tiques,
raies de Raman dans notre cas.Les valeurs
significatives
de cesparamètres
corres-pondent
à desprofils
de raiesthéoriques
différents desprofils expérimentaux qui
sont le résultat de l’étalementen
fréquence
de la raie incidente et des déformationsapportées
par lesétages
successifs del’appareillage.
Le
problème
est donc de reconstituer cesprofils
vraisconnaissant les
images
déformées de la raie excitatrice et des raies de Raman considérées.Plus
généralement
leproblème qui
se pose est deconnaître l’information
réelle,
débarrassée des défor- mations dues auxappareils permettant
l’observation duphénomène.
Les auteurs
qui
se sontpenchés
sur cettequestion (Buke [1],
Parette[2],
Pourcin[3])
ontgénéralement
utilisé une méthode de
régression
non linéaire pourdéterminer les
profils corrigés
des raies observées. C’est cette démarche que nous avons suivie.2. Produit de convolution. Fonction
d’appareil. -
La raie Laser que nous utilisons est la meilleure réalisa-
tion
expérimentale
de raiemonochromatique.
La fonc-tion
d’appareil F(03C3)
est laréponse globale
del’expé-
rience à une telle raie
monochromatique (0’ repère
ennombre d’onde).
SoitE(a)
la distribution vraie(ou
non
déformée)
de la raie de Raman étudiée.Chaque composante monochromatique E(6)
du dela radiation est modulée par la fonction F et
donne,
en un
point
a’ du domainespectral,
une contribu-tion
F(6’ - 0’) .E( 0’)
du.Prenant en considération les effets de toutes les
composantes
de E nous obtenons uneamplitude
obser-vée au
point
u’égale
àLa fonction P
représentant
la raie observée est doncégale
auproduit
de convolution deE par
F3. Notre méthode de traitement. - Les fonctions P et F mises sous forme de tables
numériques (données expérimentales),
leproblème
est de trouverE profil
vraide la raie. Nous n’avons pas
employé
une méthodedirecte
(déconvolution)
mais décrit la raie vraie par un, modèleanalytique.
Les valeurs desparamètres
de Echoisies
arbitrairement,
nous effectuons leproduit
deconvolution E * F et obtenons un modèle
global
de laraie de Raman. Ce modèle est ensuite
comparé
à la raieexpérimentale
P en l’introduisant dans unalgorithme
de
régression
non linéaire afind’optimaliser,
au sensdes moindres
carrés,
les valeurs lesplus probables des’
paramètres
inconnus.10
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/rphysap:01976001101013300
134
La démarche utilisée
comporte
lesavantages
sui-vants :
- La difficulté
théorique
de la déconvolution estcontournée ;
- La méthode va
plus
loin que lasimple
déconvo-lution car elle fournit les valeurs des
paramètres
de la raie pure, et,accessoirement,
sonprofil ;
- Les valeurs des
paramètres
sont obtenues avec unintervalle de confiance calculé à
partir
de ladispersion
des
points expérimentaux
parrapport
à la courbe reconstituée. Pour obtenir cet intervalle deconfiance,
ilest nécessaire de
procéder
en une seuleétape.
La décon-volution
seule,
par sonlissage, perd
cette informationstatistique.
Notre méthode nécessite l’utilisation d’un
algorithme
de
régression
nonlinéaire,
outil quepossèdent
laplu- part
des centres decalcul ; l’algorithme
que nous utili-sons a été modifié pour donner un maximum d’infor- mations
statistiques
et de sécurité dans la convergence des itérations.4.
Régression
non linéaire. - 4.1 RAPPEL DESMÉTHODES DE RÉGRESSION NON LINÉAIRE PONDÉRÉE. - Si l’on veut
ajuster
un modèleà n valeurs
expérimentales
yi, y2, ..., yn, un critère souventemployé
est celui des moindrescarrés, qui
consiste à trouver les valeurs
bi, b2,
...,bp
des para-mètres fi qui
minimisent la fonction ..roi étant un facteur de
pondération
que l’onapplique
siles erreurs ne sont pas constantes. On
peut
démontrerqu’il
faut leprendre
inversementproportionnel
au carréde l’erreur.
Nous utiliserons souvent les notations matricielles
en
prenant
pour les vecteurs les mêmeslettres,
mais sans indice.Pour minimiser S nous allons suivre un
procédé
itératif
et,
àchaque
pas, àpartir
d’une solution appro- chée b =(bl, b2,
...,b.)
nous ferons subir aux para- mètres un accroissement 8 =(ôi, ..., bp).
Nous déve-lopperons
g,gradient de S,
autour de b et chercherons les solutions 5qui
annulent g.En
appelant
J une matrice n x p telle queJij
=ofdobj
et 6) une matricediagonale n
x n,avec Wii = cri
Développons f au voisinage
deb,
au 1 er ordreque l’on
remplace dans g (en
faisantl’approximation
Jconstante au
voisinage
deb)
La valeur de b
qui
annule legradient
est :En notant
et
4.2 AUTRES MÉTHODES POSSIBLES. - Une méthode bien connue est celle de la
plus grande pente
descen-dante, opposée
augradient,
et donnée par la direction :Mais elle a de nombreux
inconvénients,
enparticulier
une convergence très lente et une
grande
sensibilité aux échelles sur lesparamètres.
Si l’on note D une matrice
diagonale
p x p telle queses éléments
diagonaux
soient ceux der,
onpeut
définirune direction
que nous avons utilisée et
qui
est uneapproximation
dela méthode de Newton et intermédiaire entre Newton et
gradient ;
comme lapremière
elle est insensible auxchangements
d’échelles sur les b.4.3 MÉTHODE DE RÉGRESSION UTILISÉE. -
Compte
tenu du fait que la méthode de Newton converge mal si le
développement
donné n’est pasvalable,
enparti-
culier
lorsqu’on
est loin de lasolution,
nous avons misau
point
unalgorithme qui
utilise la direction deMarquardt-Fletcher [5, 6].
Cette direction est intermé-diaire entre celle de Newton et celle de la
diagonale :
À est le coefficient que nous
modulons,
tout aulong
desitérations,
suivant la validité dudéveloppement de f en
série de
Taylor, À
faible donnant la direction de Newton et Âgrand correspondant
à la méthode de ladiagonale.
K est un coefficient
ajustable
1qui
sert àempêcher
une éventuelle tendance à la
divergence.
4.4 CALCUL DES DÉRIVÉES. - Le programme que
nous avons réalisé
[7]
estgénéral
et demande à l’utili-sateur
uniquement
un sous-programme décrivant lemodèle f
La matrice J des dérivées est calculée par la relationsimple :
dans
laquelle ebj
estpréalablement
calculé defaçon
à faire un
compromis
entre l’erreur due àl’approxima-
TABLEAU
N. B. Un
seul profil
vrai a été tracé(trait pointillé)
pour ne passurcharger les figures.
Les raiesexpérimentales
sont
indiquées
par descroix,
lesprofils
reconstituésaprès
résolution del’équation
P = E * F sont en traitplein.
tion du 1 er ordre et celle due à l’erreur de
précision
del’ordinateur.
En
effet,
une diminution deAb, qui
fait tendreAf/Ab
vers sa limiteal7ab,
entraîne uneperte
depréci-
sion sur la somme b +
Ab,
Ob devenant peusignificatif
par
rapport
à b.Nous avons la
possibilité
d’entrer les dérivéesanaly- tiquement
dans notre programme mais nous avonsseulement utilisé ce calcul
approché,
du fait de saréussite.
5.
Application
à la raie vi de Raman du nitrate depotassium.
- Nous avonsappliqué
cette méthode aunitrate de
potassium
fondu à 400 °Cpuis
refroidi à320,OC pour obtenir la raie vi de Raman dans le
liquide
et dans le solide. La formeanalytique
choisiepour le
profil
vrai est une courbe deGauchy (Bol-
deskul et
coll.) [4].
avec p2
demi-largeur
àmi-hauteur,
p3position
dusommet de la raie.
Le maximum est donné par
P1/nP2, l’équation
inté-grale
à vérifier étant P = E * F + p4, avec P4 para- mètrepermettant d’ajuster
laligne
de base de la courbe.X est mesuré en
cm-1 (nombre d’onde),
le pas étant de0,2 cm-1
pour lesprofils enregistrés
P et F.a) Raie V1
de Raman dansKN03
solidifié à 320 °C.La
qualité
de cette raie s’est bienprêtée
à unepremière étude ;
lafigure
1reproduit
la raieexpérimentale,
leprofil
P reconstitué à l’aide de[1 ]
et leprofil
vrai obtenuaprès optimisation
desparamètres.
La valeur
0,69
±0,07 cm-1
trouvée pour p2permet
de vérifier
l’hypothèse
suivantlaquelle
la raie de Ramanvraie a sensiblement pour
largeur
à mi-hauteur la diffé-rence (3,16 - 2,5)
=0,66 cm-1
des valeurs de ce mêmeparamètre
pour lesprofils expérimentaux respectifs
dela raie de Raman et de la raie excitatrice.
b)
Raie vi de Raman dansKN03 liquide
à 400 OC.L’étalement en
fréquence plus important
de cette raie etl’imprécision
sur laposition
de son sommet montrent l’intérêt de la méthodequi
apermis
d’obtenir la valeurdes
paramètres
avec une excellenteprécision (voir Tableau).
La valeur de p2 est encore voisine de la différence
(7,3 - 2,5)
=4,8 cm -1
desdemi-largeurs
à mi-hauteur des raies de Raman et excitatriceexpérimentales (Fig. 2).
c)
Raie vi de Ramanincomplète
dansKN03 liquide
et solidifié. Leproblème
del’exploitation
desraies
incomplètes
fournies par desmanipulations
dequalité
médiocre(sommet masqué
par des fluctuations parexemple)
a pu être résolu par cette méthode. Pour tester la validité des résultats obtenus nous avons fran- chementtronqué
les raiesprécédentes (suppression
de20
points
sur les 200 de définition de laraie)
etcomparé
avec les valeurs
correspondant
aux raiescomplètes (voir Tableau).
Il se confirme que l’information est partout
répartie
dans une raie et que les courbes
incomplètes
sont fina-lement
exploitables,
bien que les résultats soient un peu moinsbons,
la méthode nepouvant
évidemment passuppléer
à laperte
d’information(Fig. 3, 4).
Ceci est
particulièrement
intéressant pour les mani-pulations
réalisées à hautetempérature,
le selproche
dela
décomposition
donnant souvent des raies dont laposition
du sommet est très floue.6. Conclusion. - La méthode de
régression
nonlinéaire
pondérée exposée représente
unprogrès
defond dans l’évolution de notre
travail ;
au niveau des résultatsthermodynamiques
relatifs aux selsfondus,
les valeurs obtenues pour les
paramètres
sont bienmeilleures dans tous les cas
(élimination
des déforma- tions dues àl’appareillage).
Deplus
lapossibilité
offerte
d’exploiter
des résultatsqui jusqu’à présent
nepouvaient
l’être defaçon
satisfaisante évitera désormais larépétition
demanipulations
coûteuses.136
FIG. 1, 2, 3, 4. - Profils expérimentaux et reconstitués des raies Raman de KN03 solide et liquide.
Bibliographie
[1] BUKE, B. J., GIBB, T. C., J. Chem. Soc. (1967) 1478. Nume-rical estimation of Mossbauer spectra parameters.
[2] PARETTE, G. et KAHN, R., J. Physique 32 (1971) 447-459.
Etude de la diffusion critique des neutrons par le fer dans les régions « hydrodynamiques » et « quasi hydro- dynamiques ».
[3] POURCIN, J., ROMANETTI, R., Infrared Phys. 13 (1973)
161-168. Détermination des demi-largeurs et intensité
d’une raie spectrale par une méthode de régression
non linéaire.
[4] BOLDESKUL, A. E. et coll., « Computer calculation of the true profiles of Raman lines », Opt. Spektrosk. 306 (1970) 308.
[5] MARQUARDT, An algorithm for least-squares estimation
of non linear parameters, J. Soc. Indust. Appl. Math.
11 (1963).
[6] FLETCHER, A modified MARQUARDT subroutine for non-
linear least squares A. E. R. E. Harwell (1971).
[7] ROMANETTI, Thèse d’état n° AO 8668.