HAL Id: jpa-00233774
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Qu’est-ce qu’un ion electrolytique?
Eugène Darmois
To cite this version:
QU’EST-CE QU’UN
IONELECTROLYTIQUE?
(1)
Par EUGÈNE DARMOIS.Professeur à la Sorbonne.
Sommaire. 2014 On
pourrait supposer que l’ion électrolytique est identique à l’ion cristallin. La discus-sion d’un certain nombre de propriétés des solutions électrolytiques (densité, conductibilité, nombres de transport, propriétés optiques, etc.) montre que, par suite des actions entre le soluté et le solvant, l’ion est solvaté. Il y aurait lieu de distinguer entre une hydratation chimique, calculable à l’aide de la densité et de la conductibilité, et une hydratation physique, beaucoup plus importante. Le nombre des molécules d’eau faisant ainsi cortège à l’ion semble dépendre du phénomène étudié. Avec certains phénomènes très sensibles, on décèle une action de l’ion qui s’étend, en solution étendue, sur plusieurs
milliers de molécules d’eau.
L’eau pure est un mauvais conducteur de
l’élec-tricité ;
sa résistancespécifique
est de l’ordrede 107 ohms-cm à 20~
C;
de même l’acidechlorhy-drique liquéfié
a une résistivitéqui dépasse
108à -
goo
C. Si l’onmélange
les deuxliquides,
cequi
estpratiquement
réalisé dans les solutions aqueuses de gazchlorhydrique,
on obtient unliquide
trèsconducteur;
la résistivité d’une solution normale est de l’ordre de l’unité. Pourexpliquer
cet accroissement énorme deconductibilité,
on asupposé depuis longtemps
que l’acidechlorhydrique
est dissocié en ions dans la solution aqueuse, lesdeux ions étant
chargés
d’électricités designe
contraire.Depuis
Faraday,
les différents auteurs ont admis des taux de dissociation deplus
enplus
élevés;
en1887,
Arrhénius asupposé
unedissocia-tion très
forte,
complète
en solutionétendue;
la théorie actuelle desélf ctrolytes
forts(sels,
acidesforts,
basesfortes)
suppose une dissociation totale à toutes concentrations. De mêmp, les idées sur lanature des ions ont
également
fort évolué. Ellesse sont
précisées depuis qu’on
admet le modèleatomique
de Rütherford-Bohr et surtoutdepuis
qu’on
a montré que certains cristaux ont un réseau bâti avec des ions. Parexemple,
le réseau du chlorure de sodium est constitué par unarrangement
cubique
régulier
d’ions Na - et Cl-. L’ion Na - est l’atome Naqui
aperdu
unélectron;
l’ion CI- est l’atome Clqui
agagné
un électron. Les études aux rayons Xont
permis
d’arriver à la notion de « rayonionique
».Quand
un atomeperd
desélectrons,
il devientplus
petit
et d’autantplus
que lechamp
de son noyau°
est
plus
intense;
l’inverse a lieuquand
il gagne des électrons. On a doncsupposé
que lagrandeur
de la maille de l’iodure de lithiumILi,
où LiT estpetit
et I- gros, est déterminée par le contact des gros ionsI-,
cequi
apermis
de calculer la dimension de ces ions et deproche
enproche
pour les autres.Ce
système
de « rayons » est dû surtout à Goldschmidt(1) Conférence faite devant la Société française de Physique, le 7 juin 1941.
en
pratique
et àPauling
en théorie. Nous verronsplus
loinquelques
valeurs de ces rayons.Une
première approximation
consiste à admettre que ce sont les mêmes ionsqui
se trouvent dans leliquide.
Elle est insuffisante et laplupart
despropriétés
des solutionsélectrolytiques
nepeuvent
s’expliquer
que si l’on tientcompte
des réactions mutuelles des ions et du solvant. Cette influenceréciproque
des ions et du solvant formera lesujet
principal
de cette conférence.1. Les solvants et en
particulier
l’eau. --~ Lessolvants
électrolytiques
sont très nombreux : eau,alcools, cétones, nitriles,
gazliquéfiés,
etc. Ce sont,en
général,
desliquides polaires;
à cause del’imp
,r.-tance des solutions aqueuses, nousparlerons
surtout de l’eau.L’eau est un
liquide possédant
certaines anomalies(densité,
chaleurspécifique, etc.) qui
l’ont faitlongtemps
considérer comme unliquide
«polo.-mérisé ». Une
conception plus
voisine des idéesactuelles a été
présentée
par J. Duclaux en 1912[4].
A l’aide
d’arguments
purement
physicochimiques,
il montra que l’eaupouvait
être considérée commeformée
d’agrégats
comprenant
une dizaine de moléculesarrangées
comme dans laglace,
cesagrégats
étant dilués dans un
liquide
formant les troisquarts
du volume total. Laconception
actuelle dérive des études aux rayons X. Elles ontpermis
de montrer que l’eau donne undiagramme
de diffractioncomposé
de trois anneauxconcentriques
d’intensité décroissante.L’enregistrement microphotométrique
de cediagramme
est montré sur lafigure
z,empruntée
à un Mémoire de
Morgan
et Warren[8].
De ce dia-gramme onpeut
déduire,
par des méthodesmainte-nant
classiques,
larépartition
des molécules d’eau autour d’une molécule initialeprise
comme centre.La
figure
2,empruntée
aux mêmes auteurs, donne cetterépartition;
leslignes
tracées au bas de lafigure indiquent l’emplacement
des voisins immé-diats dans laglace.
Dans un Mémoire
important [i
b],
Bernal etFowler ont cherché
quel
arrangement
moléculairepouvait
rendrecompte
de cetterépartition
de laFig I.
matière diffractante et ils ont
proposé
d’admettre quechaque
molécule d’eau aquatre
voisines à unedistance de
2,8
À,
puis
douze suivantes à4, 2
Á.Cet
assemblage
n’est pascompact,
commecelui des atomes du
mercure par
exemple,
mais assez « aéré »;
l’assemblage
compact
aurait,
pourl’eau,
unedensité de 1,8 5
envi-ron.
Morgan
et Warren sont moins absolus que Bernal etFowler;
ils trouvent que le nombre de voisins immédiats d’unemo-lécule donnée varie
avec
T,
depuis
4,4
à1°,5
C,
jusqu’à
4~9
à 83~ C. Le maintien d’une telle structure fait intervenir lespro-~. 2.
priétés polaires
de
~’ ~ l’eau. Le centre de gra-vité des
charges
+ necoïncide pas avec celui des
charges
- et l’on admetmaintenant le modèle
triangulaire
de la molécule~-I20.
Lafigure
3 areprésente
le modèle suivant Bernal et Fowler.La molécule d’eau s’oriente dans un
champ
électrique;
c’est ainsiqu’on
explique,
selonDebye,
la constantediélectrique
importante
de l’eau :80 à 2oo C. L’eau s’orientera aussi au
voisinage
des ions. Leurchamp peut
atteindre des valeurs énormes. L’ion monovalentNa,
de rayon i~, possède
à sasurface un
champ
de~8.10~
unités C.G.S.S. dans le vide. Un telchamp
serasusceptible
de fixerrigi-dement une molécule d’eau et
probablement
d’y
amener des déformations considérables du
système
électronique.
On doit s’attendre à unedissymétrie
entre les ions + et -, la fixation étantdifférente,
comme le montre la
figure
3 b.Fig. 3 a. Fig. ~ 6.
2. Dimensions des ions
électrolytiques.
- A lasuite de R. Lorentz
171,
on a tenté d’atteindre cettedimension en utilisant la
formule
de Sfokes. Cette formule suppose que la force de frottementqui
s’oppose
au mouvement des ions est 6¡:YJ rv; enl’égalant
à la forceélectrique qh,
on obtient larelation
U,
conductibilitééquivalente
del’ion;
z,valence;
r, rayon; r, coefficient de frottement intérieur ouviscosité. Cette formule a
déjà
été discutée par de nombreux auteurs; la meilleure discussion semble celle d’Ulich[ 15].
En mettant à laplace
de -n la viscosité du solvant pur et utilisant pour U la valeurU f
en solution infinimentdiluée,
on trouve des rayonscomparables
aux rayons cristallins(voir
les Tableaux I etII).
Mais lespetits
ions alcalins et alcalinoterreuxapparaissent plus
gros que les gros ions. On en a concluqu’ils
sonthydratés.
Dessingularités apparaissent
pour les grosions,
par
exemple
l’ion K+ et leshalogènes;
nous y revenonsplus
loin. Enfin les ions Hr et OH- sont nettement anormaux; leur mobilitéexige
un trai-tementspécial.
Nous allons montrer que la formule de Stokespeut
donner desrenseignements
surl’hydratation,
non comme l’a faitdéjà
Ulich,
mais en combinant les données de mobilité avec celles résultant des densités des solutions.3. Densités des solutions. - Elles ont
déjà
été considérées par Bernal etFowler,
mais sans relation avec les données tirées de(1),
que Bernal et Fowlerrejettent
au contrairecomplètement.
4
volume total V
occupé
par lemélange
de n1 mol-g
d’eau et de n2 de soluté; on écritles v sont les « volumes
partiels
» desthermodyna-miciens et ils se déduisent de V =
f (n1n2)
par des méthodes
classiques;
engénéral,
ils diffèrent nette-ment de ceux de l’eau pure et du soluté solide ouliquide.
Parexemple v2
estnégatif
pour certains sels. Les calculs sesimplifient
en solutionétendue;
v1
tend vers le volume moléculaire de l’eau pureet v2
vers le volumeapparent
9 défini par la relationEn
pratique,
les densités sont données pour des titres en soluté croissant àpartir
de zéro. Dans(3),
on
remplacera
les v par les volumesrapportés
à i g;on construira la
fonctions (tlt2)
et l’on cherchera salimite
pour t2
=o, en
multipliant
par le P.M. dusoluté,
on aura ainsi la limitede v2
en solutioninfiniment étendue. C’est ainsi
qu’ont
été calculées les valeurs que nous utilisonsplus
loin. Pour les rendrecomparables
aux volumesioniques,
il y aavantage
à lesexprimer
en Â3 par molécule. Enrésumé,
ces vdésignent
l’augmentation
de volumeproduite
enajoutant
une molécule de sel à unequantité
infinimentgrande
d’eau. On trouveainsi,
à180 C,
une série de nombres tels que :HCI 30,2;
CILI
28,4;
CINa27,5;
Na OH - 8,2;
C1K44,8;
SO~Mg 2013 i5,o,
etc.On vérifie que les différences telles que
(CINa)
-(CIK);
(BrNa)
-(BrK),
etc. sontégales;
ellesreprésentent
donc(Na)
-(K)
et l’onpeut
chercher à fairecorrespondre
une valeur de v àchaque
ion. On supposera que les gros ions ne sontpas
hydratés;
ils sont donc sans action sur le volumepartiel
del’eau;
autrementdit,
ilsgardent
en solution leur volume dans le cristal. Il nepeut
s’agir,
toutefois,
du volume de lasphère,
qui
a pour rayon le rayonionique.
Dans lecristal,
les deux ions designe
contraire doivent se déformermutuellement;
Gold-schmidt a montré que le
rayon
ionique
dépendait
du nombre des voisins immédiats. En
solution,
les ionspeuvent
«prendre
leurs aises » et l’on doitadmettre que le volume est
supérieur
à4/3
Tr3,~ Parexemple
le v de CICs est 65. La maille du cristal est un cube de4,11 A.
d’arête,
de volume69,4 ~B3.
Les volumes dessphères
ioniques
sont24~4
et 20,6.13,
en tout45
_~3@
cequi
vérifie ce que nous venons de dire. La difficulté consiste àpartager
65 entre Cl et Cs:nous admettrons
3 7
et 28, nombres à peuprès
proportionnels
aux volumesioniques.
On obtientainsi :
(H) _ --
6,8;(Li)
= -8,6;
(Na) = -
9,5;
(OH)
= 0,3;
(K) =
7,8,
etc. On trouvera ces nombresplus
loin;
nous les avons arrondis.On remarque, de
suite,
que certains de ces v sontnégatif.
Ils’agit
d’un volumeapparent
déterminépar
application
del’équation
(2)
où l’on fait n, =Ni,
nombre très
grand,
et n2 = i.Supposons
qu’il
y aitfixation par l’ion de n moiécules
d’eau;
ces nmolé-cules ne
figurent plus
dans le volume réel de l’eauqui
n’estplus
que(Nl-n)v,.
D’autrepart.
l’en-semble de l’ion c sec » et desnH20
forme ce que nousappelons
l’ion;
cet ensemble a un volume réel x,on a donc
ce
qui
s’écritEn donnant à n dans cette relation des valeurs entières
successives,
nous allons essayer de rendrecompte
des résultatsexpérimentaux.
Levolume P,
estégal
à18,016/6,02. ic~cm~,
soit 30 Â3 à1/300e
près.
Ion Li-. -
V2 = - 8,5;
d’où,
pour x, lesvaleurs
2I,5; 5I,5;
81,5, etc. La mobilitéU oc
à 8-est donnéeégale
à33,4; ~
=o,oio56.
Oncalcule,
à l’aide de
(1),
r = 2,3 1 -Â.. Le volume de lasphère
ayant
ce rayon est51,6
Â3. Ce nombre est assezvoisin de
5~I,5
pourqu’on puisse
supposer n = 2. L’ion lithium serait ainsi en solutionl’assemblage
(Li .
2H20) ~.
Ion Na-. - On a de
même v1= --- 9,5.
La série des valeurs de x est 20,5;50, 5, ~
etc.V18
=43,5;
on calcule r =
1,76
rk ;
volume22,8
~~3,
nombre assezvoisin de
20,5
pourqu’on
puisse
admettre n = i.L’ion sodium serait donc
(Na . H2 0) .
IonN(C2H5)+.
- On trouve~==91. La conduc-tibilité est une des mieux connues par les recherches
de Walden et ses
collaborateurs,;
on a U =27,4;
d’où r =
2,~g
_~,
volume 91 Â3. On a donc ici n = o. Ces trois succès nous autorisent à penser que,dans tous les cas où la formule de Stokes
s’applique,
elle donne le volume réel de l’ion. Nous avons donceffectué le calcul des rayons r par cette formule pour tous les ions des ’Tableaux I et II. Dans ces
tableaux,
v(St.)
est4/3
7:r’3.Toules les fois que v
~St.)
> v, la valeur de ndoit avoir un sen~. C’est le cas de
Li, Na,
Ag, N(C2Hs)4
pour les cations
monovalents;
c’est aussi celui de tous les cations divalents du Tableau 1(Be
a étéomis,
les mesures de conductibilité nepermettant
pasl’extrapolation).
C’est aussi le cas de Al----et Cr---. Tous les ions dont le v estnégatif
sont ainsi nettementhydratés;
les n décroissentquand
le rayon cristallin croît dans une série donnée; ils sont de l’ordre de ceux que les chimistes admettent pour certains ion:,complexes;
exemple (Al. 6 H20)~+-+-.
Parmi lesanions,
S-- est aussi nettementhydraté;
de mêmeCO, -;
F - aurait unelégère hydratation,
TABLEAU 1. - Cations.
TABLEAU Il. - Anions.
Un
grand
nombre d’ions donnent des v(St.)
inférieurs à v; ce fait estdéjà
connu pourK,
Rb,
Cs, Cl, Br, I,
pourlesquels
le rayon de Stokes estinférieur au rayon cristallin. On ne
peut
admettreun tel
résultat;
dansl’eau,
à la dilutioninfinie,
on
penserait plutôt
à une dilatation desions,
plus
à l’aise que dans lecristal,
où leurs réactions mutuelles doivent amener des déformations sensibles. C’estdéjà
ce que nous avons admis
plus
haut pour effectuerla
séparation
Cl + Cs. Le v devrait être alorscomparé
directement,
pour les ionsqui
ne suivent pas la formule deStokes,
avec un volume un peuplus
grand
que celui de l’ion cristallin. Dans cescondi-tions, KT, Rb-,
Cs-apparaissent
comme nonhydratés
et l’onpeut
admettre que c’est aussi lecas de
Cl-, Br-,
1-. Pour les ionspolyatomiques,
le rayon cristallin est mal
défini;
il faudra de nouveaucomparer au volume dans le cristal. Par
exemple,
pourCl03Na,
la maille est un cube d’arête6,57 A.;
volume283,6
~3;
ellecontient 4
mol, soit 71_B.3 par
molécule. En retranchant 5 k3 pour
Na,
il reste 66 pourCI03,
cequi
coïncide convenablement avecr~ = 61. Et ainsi pour la
plupart
des autres anionscomplexes.
Il faut donc admettre que, pour laplupart
desanions,
l’hydratation
est nulle. Les(o)
ont été obtenus de cette manière.Pourquoi
certains ions suivent-ils la loi de Stokes.pourquoi
d’autres ne la suiventpas ?
Ulich adéjà
supposé
que la viscositéqui
intervient dans la formule est une viscositémicroscopique, qui
peut
être inférieure à la viscositémacroscopique,
à causede la structure discontinue de l’eau. La même diffi-culté a été rencontrée par Millikan dans
l’application
de la formule de Stokes aux ions gazeux. Il n’est pas douteux que les
ions,
qui
suivent la formule deStokes,
sont de deux sortes : Iodes ionshydratés
comme
Li+;
20 des ions nonhydratés
commeN(C2H5)t.
On
pourrait
supposer que la formules’applique
dès que l’ion est assez gros, soit par sa taille proprecomme le
deuxième,
soit parhydratation
comme lepremier.
Cettehypothèse
ne semble pasexacte;
par
exemple,
Na+ suit laformule,
son rayonest
1,76
3x ;
1- ne la suit pas, son rayon est 2,20À,
nettement
plus grand.
Une fois l’ionhydraté,
il semble que les actionsréciproques
entre l’ion et le solvant sont de la nature de celles solvant-solvant.Si l’ion n’est pas
hydraté,
comme la formule deStokes
s’applique théoriquement
pour unesphère
de nature
quelconque,
elle devraits’appliquer
aussi à tous les ions. La démonstration de Stokes, faite pour un milieucontinu,
supposequ’il n’y
a pas deglissement
au contact de lasphère
et del’eau,
autrement ditqu’une pellicule
d’eau estdéjà
collée à lasphère.
Cela doit être inexact pour les ions assezpetits. L’hydratation
doit commencer par unepola-risation des molécules d’eau dans le
champ
del’ion;
si ce
champ dépasse
une certainevaleur,
la défor-mation doit être tellequ’un
réarrangement
descharges
seproduit,
véritable combinaisonchimique.
KT serait ainsi un peutrop
gros pours’hydrater
etbeaucoup tr.~p
petit
euégard
à la structure discon-tinue de l’eau. D’autrepart,
F- et K- ont le même rayoncristallin;
leurcharge
est la même et leur r(St.)
estdifférent;
l’hydratation
doit donc faire inter-venir despropriétés spécifiques
de l’ion. En faisant abstraction de ces différencesindividuelles,
on ne setrompe
guère
en admettant que la coupure est auxenvirons du rayon 1,33 A. Les ions monovalents dont le rayon va de 1,33 à 2,2 À ne sont pas
hydratés
6
dépasse
~,, ~ A, la formule de Stokess’applique;
c’est le cas deN(C2H~)~.
Si c’est lechamp
superficiel
qui
intervient pourl’hydratation,
onprévoit
que,pour un ion
bivalent,
l’hydratation
cesse vers le rayon 1,33rz = 1,88
À. Enfait,
tous les cations bivalents ont des rayons nettementplus
petits
et ils sonthydratés;
l’anion S-- l’est aussi et son rayonest 1,82 1,88. Les ions tels que
C20~-,
CrO~
non
hydratés,
ont certainement des rayons supé-rieurs à 1,88~;
ilssemblent,
dailleurs,
suivre la formule de Stokes.L’ion OH-.- Cet ion occupe une
position
parti-culière ;
son rayon cristallin est le même que celui de F- etK+,
mais sa mobilité est nettementplus
grande.
Si l’onapplique
brutalement la relation(5),
comme v
(St.)
= v, on aurait rt = o.Toutefois,
il est difficile d’admettre que le rayon ait en solution
la valeur
o,44 -~,
déduite de(1).
Il estpréférable
d’admettrequ’il
a effectivement le rayon 1,33 ou unpeu
plus;
ilposséderait
ainsi unelégère hydratation,
de l’ordre de n =
o,3.
Ilfaut,
en mêmetemps,
lui attribuer une conductibilité anormale. On asupposé
souvent que l’ion OH-
peut
prendre
unproton
à unemolécule d’eau
voisine,
lacharge
-progressant
ainsiplus rapidement.
C’estl’explication
que nousrappelons plus
loin pour l’ion H+.L’ion H+. -
Depuis
longtemps
on admet que cet ion nepeut
être en solution le noyau de l’atomeH;
les
physicochimistes
supposent
volontiers que c’est l’ensemble(H. H20)-r-.
Il n’existe toutefois aucunepreuve de l’existence de cet
ion;
parexemple,
il devrait avoir unspectre
Raman et cespectre
estinconnu. Si l’on fait n = i dans la relation
(5),
on trouve, avec V2 = -7, r = 23Â3@
soit unvolume sensiblement
égal
à celui de l’ion Na+. La formule de Stokes conduit à un volumebeaucoup
plus
petit (0,06
_~3).
En utilisant cevolume,
larelation
(5)
donne n = o,3 environ. L’ion H~ serait ainsi fort peuhydraté.
Avant de discuter
l’application
de la formule de Stokes à l’ionH -,
nous allons montrer que son volumeapparent
est d’accord avec une donnéequi
ne semble pas avoir été utiliséejusqu’ici.
La neutra-lisation d’un acide fort par une base forte[12]
estaccompagnée
en solution très étendue d’une variationde volume
égale
à 22 cm3 :mol-g,
soit36,4
-À3 dans notre notation. Cette variation de volumecorrespond
à la réaction H+ + OH- =H20.
Ladisparition
.des deux ions donne une
augmentation
de volumede ~ - 0,3
=6,7.
L’apparition
d’une molécule d’eau donne 30~3,
soit en tout3 6,7;
la concordance estbonne.
A-t-on le droit
d’appliquer
la formule de Stokes à l’ion H- ? Laréponse classique
est non. La conduc-tibilité de HT, 315 au lieu de 55 en moyenne pourles autres
cations,
est considérée comme anormaleet l’on a cherché à
expliquer
la différence de 260environ à l’aide d’un mécanisme
supplémentaire
deconductibilité,
celui où l’on suppose que leproton
saute d’une moléculeH20
à une autre. Les deux travaux lesplus
récents sur la conductibilité des ions Het OH sont dus à Huckel d’une
part
[6],
à Bernal etFowler d’autre
part
[i b].
Huckelimagine
que lacharge
de l’ion H- estexcentrée;
lepivotement
de l’ion dans lechamp
crée un courant deprotons
plus
grand
dans le sens duchamp qu’en
sensinverse,
cequi
favorise les « sauts » dans le sens duchamp.
La théorie introduit destemps
de relaxation et de vie moyennequ’on ajuste
pour rendrecompte
des faits. Bernal et Fowler rhabillent à l’aide de lamécanique
ondulatoire la vieille théorie deGrotthus;
ilsprédisent
(~g33)
que le deuton(ion D+)
ne doit pasprésenter
de conductibilitéanormale,
cequi
a étédémenti
depuis
par les faits.A côté de ce
point
de vueclassique,
onpeut
enprésenter
un autre basé sur la variation de laconduc-tibilité avec T.
4. Coefficient de
température
de la conducti-bilité. -- Le Tableau IIIdonne,
pourquelques
ions,
encentièmes,
la variation de ~I en fonction deT,
au
voisinage
de 1 0, soitI oo . I
oc; les ions U,8 dTsont
rangés
par valeur décroissante de a.TABLEAU III.
A
part
les ions H~ et OH-toujours singuliers,
les autres serangent
dans un ordre très net; d’abord les ionsqui
obéissent à la formule deStokes,
les ionshydratés
entête,
ensuite les ionsqui
n’obéissent pas à cette formule. Dansl’équation (1),
on voit que,si r est constant, U varie en raison inverse de n
quand
T varie. C’est le cas de l’ion N(C2H5)-:- d’après
Walden. Les valeurs de n à 180 et 250 sont respec-tivemento,01056
eto,oo8g4;
valeur moyenne0,00975,
ce
qui
donne - 1
,2013
= o,o236. Cette valeursépare
T dT
très nettement les ions tels que KT des autres; elle
représente
le coefficient detempérature
théorique
pour un ion de rayon fixe. Les ionshydratés
ont uncoefficient
plus
grand;
pourl’expliquer,
il suffît de supposer que r varie avec T. Comme Ur or¡ = const.Pour LiT, on aurait
On est amené à supposer ainsi que r diminue
quand
Taugmente,
peut-être
par suite d’une diminution del’hydratation.
C’est le sens danslequel
doit évoluer unehydratation chimique,
phénomène
exo-thermique.
’Pour l’ion
HT,
si l’on admet le mêmeraisonnement,
on a
Cette
fois,
raugmente
avecT;
l’hydratation
de l’ion H+augmenterait
aussi. Cettehypothèse
adéjà
été mise en avant autrefois par von
Hevesy
[5].
Elle
éxplique
les fortes variations de v avec Tobservées par
Noyes
et ses collaborateurs[g],
variations
qui
résultent de lacomparaison
des conductibilitéséquivalentes B
de CIK et HCI.La conductibilité de CIH
augmente
beaucoup
moins que celle deCIK,
cequi
prouve que H+ et K+ deviennent semblables à hautetempérature.
La même
explication
serait valable pour OH-. Nous pensons toutefoisqu’il
nes’agit
que d’uneapparence. Si l’on admet
l’explication
des « sauts deprotons
»,l’hydratation
des ions H+ et OH- est une moyenne. Les ionshydratés
Hpeuvent
être aussi bien(H . H20)+
que(H . nH20)+ et
ils n’existent quependant
une certaine « vie moyenne ».Quand
Taugmente,
npeut
varier,
la vie moyenneaussi;
en tout cas, à hautetempérature,
les ionsH-1-ressemblent de
plus
enplus
à un ion ordinaire. Leurcomplexité
à latempérature
ordinaireexpliquerait
l’absence despectre
Ramancaractéristique.
5. Conductibilité aux concentrations
finies.-Nous avons
fait jouer
un rôleimportant
aux conduc-bilitéssupposant
que lefreinage
selon Stokes était le seul efficace en solution infiniment étendue.Quand
la concentrationaugmente,
les Udiminuent;
la théorie de
Debye
et Huckelexplique
convenable-ment cette diminution par l’existence del’atmosphère
ionique,
c’est-à-dire par les actions mutuelles des ions. PourDebye
etHuckel,
l’ion atoujours
lamême
dimension,
à savoir celle en solution infi-nimentétendue;
c’estpourquoi
la théorieignore
l’hydratation.
Les rayonsioniques
introduits par cette théorie ont d’ailleurs unesignification plus
compliquée
et que nous ne discuterons pas. Onpeut
seulement se demandersi,
dans notreconception,
l’hydratation
varie avec la concentration. Aconcen-tration
finie,
il faut faire intervenir le volumeappa-rent de l’eau vl; on sait
qu’il
est lié à v, par la relation de GibbsPour les solutions aqueuses de concentration voisine de la
normale,
on a n, =55,
n2 = I, doncd
t b 1 t’t - .-d
estbeaucou plus etit
p p p que q variedx
donc peu et reste voisin de 18 cm3 :
mol-g.
V2 varie.au
contraire,
plus
nettement et ilaugmente,
Pour CINa parexemple,
à180,
il passe de27,5
pour C = 0 à À’ pourC==o,5M;
de même pourSO~Mg,
il passe de -15 pour C = o à -
?,26
pour C = o,1 M.
Les v2 augmentant
pour lecomposé,
il est
probable
qu’ils
augmentent
aussi pour les ions. Ensupposant
que le volume réel de l’ion n’a pasvarié,
on voit ue le uotientS/)2013p) ,
doit pas varie, on voit que leq
3o doit
diminuer,
cequi
est d’accord avec l’idée quel’hydra-tation doit être maximum en solution infiniment
étendue.
6. Chaleur
d’hydratation
des ions. --r CINa estdissocié entièrement en ions à l’état
solide;
une fois dissous dansl’eau,
les ions sont aussidispersés
etséparés
les uns des autres dans leliquide.
Or,
pourséparer
les ions du sel gemme, il faut vaincre les attractions mutuelles etdépenser
unequantité
d’énergie
considérable,
l’énergie
réticulaireU,..
Cette
énergie
estcalculable,
soit par la théorieélec-trostatique
desréseaux,
soit à l’aide ducycle
de Born-Haberqui
fournitl’équation
Q ~,
chaleur de formation de CINa àpartir
de Na solide etC12
gazeux;Q~, énergie
de sublimation deNa;
-1D,
énergie
de dissociation deCl2
en atomes;E,
énergie
d’affinitéélectronique
deCl; I,
énergie
d’ionisation de Na. On trouve, pourU,.,
des valeursconsidé-rables,
de l’ordre de 15o calories(kilogrammes) :
mol-g.
Pour la dissolution en solution infinimentétendue,
on doitdépenser
cetteénergie;
or, la chaleur dedissolution est seulement de
quelques
calories et elle a souvent lesigne
contraire à celui attendu. Il faut donc supposer que les ions gazeux,provenant
de la destruction duréseau,
dégagent
en se dissolvantdans l’eau une chaleur considérable
qui
fournit à lafois
l’énergie
réticulaire et la chaleur de dissolution. On obtient ainsil’équation
où les
Q désignent
les chaleursd’hydratation
de l’anion et du cation. Le Tableau IV donne,8
TABLEAU IV.
Divers auteurs ont
proposé
des méthodespermet-tant de calculer
séparément
lesQ,l
etQ, .
Noussignalerons
seulement Webb[18]
et Bernal et Fowler[
rb).
D’après
cesderniers,
Q
seraitégale
àg4
pourK,
cequi
donne,
pardifférence,
les valeurspour les autres ions. Le Tableau V donne ces valeurs
nous y avons
joint
celle pourH-,
calculée d’unefaçon
indépendante
parFajans,
Webb,
etc.TABLEAU V.
Ces valeurs sont de l’ordre de celles que donnent certaines réactions
chimiques exothermiques.
L’hy-dratation est-elle unphénomène physique
ouchi-mique ?
Un certain nombre d’auteurspenchent
pour lapremière hypothèse;
ils’agirait,
selon eux, de lafixation des molécules
polaires
de l’eau dans lechamp
de l’ion. Born aindiqué
lepremier
[2]
un calculapproché
deQn.
Un ion de valence z, decharge
zs,de rayon r,
possède,
dans un milieu de constantediélectrique
D,
uneénergie
z2Ds2.
Quand
il passe du2 r
vide
{D=1)
àl’eau,
l’énergie
diminue de >soit 2r Co
avec
N=6 . I023. Si l’onremplace r
2r B 7) /
par le rayon cristallin de
l’ion,
on trouve, pourCl-et Li" une somme
égale
à 33o calories(kilogramme)
pourCILi;
c’est de l’ordreattendu,
maisbeaucoup
trop
grand.
Les corrections introduites par les auteurs ultérieurs ontporté
sur la valeur de r et surtout sur celle deD;
enprenant
D = 80 pourl’eau,
on utilise une donnéemacroscopique
qui
doit être fort différente de cellequi
intervient auxdis-tances moléculaires. Une discussion détaillée montre que
l’hydratation
physique
est admissible pour laplupart
desions,
précisément
pour ceux que nous avonsappelés
nonhydratés;
pourLi-,
et surtout pourHT,
il y aurait intervention d’unphénomène
chimique.
En
fait,
laquantité
intéressante à considérer dansl’hydratation
des ions est la variationd’énergie
libre ellepeut
se calculer àpartir
des donnéesthermiques
et de la variationd’entropie.
Divers auteurs ont constitué des tablesd’entropies
d’ions. Ces tables sont tout à faitana-logues
à celle que nous avons donnéeplus
haut pour les volumespartiels;
on y trouve, enparticulier,
des Snégatifs,
dontl’explication
résulte commeplus
haut des modifications de l’eau. Ulich
[16]
a puainsi obtenir des
renseignements
surl’hydratation
des
ions;
les nombres ainsi trouvés sontplus
élevés que ceux que nous avons déduits desdensités;
ainsi Li+ aurait 5
H,O,
K+2H,O,
etc.7.
Transport
d’eau par les ions. - C’est laméthode la
plus
connue de mesure del’hydratation;
proposée
par Nernst,
elle a étéappliquée
parWash-burn
[17].
Elle consiste àmélanger
àl’électrolyte
un nonélectrolyte qui
ne voyage pas avec le courant;sa concentration
permet
de déduire laquantité
d’eau amenée aux électrodes. On obtient ainsi une relation entre lesquantités
d’eau véhiculées par les deux ions. Pour une solution~,25 M
àz5°C,
on trouve,en
appelant
e le nombre de molécules d’eauapportées
par union,
ce
qui
permet,
en attribuant au chlore une valeur arbitraire de e, de constituer le Tableau VI.TABLEAU VI.
Ces nombres sont nettement
supérieurs
à ceuxdéduits de l’étude des densités.
Rémy
[II]
aindiqué
une méthodedifférente,
utilisée
également
parBaborovsky;
c’est uneélec-trolyse
avecdiaphragme;
pour la concentrationM,
on trouveUne variante très
ingénieuse
de cette dernière méthode a étéemployée
parSwyngedauw
[13],
Fig. @.
dans un bel ensemble de recherches sur
l’électrolyse
et l’électroosmose dans la
gélatine. Ayant
mis aupoint
unprocédé
d’obtention degélatine isoélectrique
sans
cendres,
il arepris
l’étude dutransport
de l’eauà travers un
gel
degélatine
contenant desquantités
exactement dosées de sel oud’hydroxyde
alcalin.7,5
pour 100, contenant CINa o,o2 M entre élec-trodes deplatine. Après quelques
minutes. onvoit se
former,
àpartir
dechaque
électrode,
unedépression qui
progresse vers le centre; aucontraire,
deux renflements
apparaissent
aux électrodes. Dans lapartie dégonflée,
lagélatine
estisoélectrique
(pH
=4, ~);
la conductibilitéy est assurée
unique-ment par des ionsH+;
dans les renflementspolaires,
ce sont les ions Na+ et Cl--
qui
conduisent etqui
amènent l’eau aux électrodes. La mesure dudégon-flement au
sphéromètre,
ledosage pondéral
de l’eauaux
électrodes,
sont d’accord pour fournir unecertaine valeur de
l’hydratation
des ions. D’autrepart,
des mesures directes de l’osmoseélectrique
à travers untampon
degélatine
montrent que le courant d’eau n’est pas du toutunilatéral,
comme le suppose la théorie deHelmholtz,
maisbilatéral,
etqu’il
estproduit
par lesions,
l’ion H+transportant
un volume d’eau
négligeable.
Pour de fortes concentrations en
gélatine
dans legel,
leshydratations
sont de l’ordre de celles deWashburn-Rémy;
parexemple,
avec ungel
à 260 g : 1et une solution o,o5 M en
chlorure,
on trouve 16H20
pourK+,
32 pour Na+et 45
pour Li-. Les hydra-tationsaugmentent
considérablementquand
ondiminue la concentration du
gel.
Parexemple,
avec ungel
à 1,7 pour 100 degélatine
et une teneur deo,oo35
M enchlorure,
on obtient 147o
H20
pour
K+,
1 770 pour Na+ et 2 56o pourLi+,
avec une moyenne de 1 100 pour Cl-. Il faut supposer que lagélatine
gêne
l’hydratation
desions,
proba-blement parcequ’elle s’hydrate
elle-même;
enl’absence de
gélatine,
on doit s’attendre à destrans-ports
d’eau encoreplus importants.
Nous allons voir que l’étude del’absorption
de la lumière par l’ion Cl nous a conduits à des chiffresanalogues
àceux de
Swyngedauw.
8.
Absorption
de la lumière par leschlo-rures. - C’est le
sujet
d’un travail effectué dansmon laboratoire par R. Tréhin et dont une
partie
a étépubliée
par le Journal dePhysique [ ~ C[].
Parphotométrie photographique,
Tréhin a déterminé lecoefficient d’extinction moléculaire s pour des
longueurs
d’onde allant de 2800 à destempératures
de 20° àgo°,
des concentrationsallant de la saturation à
o,5 M
pour leschlorures,
à 0,01 M pour varieavec ).;
l’absorption
croît vers les courtes
longueurs
d’onde. s varie fortement avecT;
l’absorption
d’une solution donnéeaugmente
avec T.Enfin, a
varie avec laconcentration;
la loi de Beer nes’applique
pas. Le Tableau VIIdonne,
à 2ooC,
pour À = 2 170~,
les valeurs de ¿ pour diverses concentrations.
L’absorption
augmente
nettement avec la dilutionet la variation devient
rapide
au delà de 1 M. Lafigure
5représente log E
en fonction delog
C pour H Cl etCINa;
on y voit pour HCI une inflexion vers le haut àpartir
de C = I et iln’y
a aucunetendance vers une limite de 2 pour C =
0,01. En
extrapolant
pour la concentrationo,oo35
M deSwyngedauw,
on trouve s > 5,8. On nepossède
pas, pour le moment, de valeurs de 1-r pour CINa auxfaibles
concentrations;
mais les valeurs doivent tendre vers celles relatives à HCI.TABLEAU VII.
Le sel gemme est
beaucoup
moins absorbant que lessolutions;
sa concentration en volumepeut
être.prise égale
à38,6,
cequi,
avec la valeur ducoeffi-. Fig. 5.
cient
d’absorption,
donne lepoint
marqué
sur lafigure
5. Lepointillé
indique
le raccord de cepoint
à la courbe de
CINa;
le sel gemme serait ainsi la limite dessolutions,
qui
sont à toute concentration des solutions d’ions.Dans le domaine
spectral
étudié,,l’absorption,
aussi bien pour les solutions que pour le sel gemme,
intéresse
uniquement
l’ion Ci- et il estprobable
que l’acte élémentaired’absorption
estl’expulsion
d’un électron parquantum absorbé,
pour donner unatome Cl.
L’absorption
estplus
facile dans l’eau et d’autantplus
facile que la solution estplus
étenduepuisque s
augmente
avec la dilution. En collabo-ration avec L. Herman[3],
nous avonsproposé
d’admettre que cette variation de s est due à
l’hydra-tation croissante des ions Ci". L’ion CI- et l’eau
adjointe
forment un ensemblequi
offre auhydra-10
tations,
onpeut
négliger
le volume propre de l’ion vis-à-vis de celui de l’eau annexée. Si R est le rayonmoyen de
l’amas,
on Pour HCI, 7 variedans le
rapport
43
entre i M et 0,011B1;
. varieà peu
près
de I à 7, le volume de l’amas de 1 à3I o
et le nombre des molécules d’eau à peu
près
dans le mêmerapport.
Enadmettant,
d’après
Washburn,
5H20
pour 1 ion Cl- à la concentration iM,
onaurait 1 700
HsO
à 001 A la concentrationo,oo35,
on
dépasserait
nettement les 1 100H20
queSwynge-dauw attribue à l’ion
CI-;
ce nombre est d’ailleurs un minimum à cause de laprésence
de lagélatine.
Cetteexplication
supposequ’un
quantum
tombant dans l’amas provoque finalementl’expulsion
d’un électron de l’ionCl-;
d’après
les idéesactuelles,
lacharge
de l’ion est diffuse et les sections efficaces que notre théorie introduit n*ont riend’invraisem-blable.
Nous avons d’ailleurs montré que la fixation successive dedipôles H20 produisait
au centre de l’amas unpotentiel qui
facilite l’extraction del’électron.
L’explication
semble aussi en accord avec la variation de 8 avec T.D’après
les chiffres deTréhin,
pour ~. _ ~ 200Â,
oncalcule,
pour lerapport
deys à7oo
et20’) C,
les valeurs du Tableau VIII, d’où l’on celles deTABLEAU VIII.
L’hydratation augmenterait
ainsi avec T. Apre-mière vue, il semble que
l’agitation thermique
doivedétruire ces amas et l’on s’attendrait ainsi à une
hydratation
décroissante à hautetempérature.
L’ac-cord se rétalilit si l’onadmet,
comme il estprobable,
que la fixation de l’eau fait intervenir les forces d~ Coulomb. Aux distancessuffisantes,
ces forces ont,au
dénominateur,
la constantediélectrique
D del’eau,
qui
diminue fortementquand
Taugmente.
L’énergie d’agitation thermique
est, d’autrepart,
proportionnelle
àT,
de sorte que c’est leproduit
DTqui règlerait
en gros la variation del’hydratation;
il a une tendance à décroîtrequand
Taugmente
etl’hydratation
peut,
de cefait, augmenter.
Ici,
l’hydratation
augmente
avecT;
notrehydra-tation «
chimique
)) pour Li+diminuait;
cet effetdifférent de la
température
prouvequ’il s’agit
de deuxphénomènes
très différents. Laréponse
de l’ion auxphénomènes
demobilité,
detransport d’eau,
d’ab-sorption
est différente.Notre méthode d’étude de
l’absorption
n’est pas limitée à l’ion Cl-. Des résultats tout à faitanalogues
ont été obtenuségalement
dans mon laboratoire par I.Peychès
avec les solutions aqueuses des tartrates de Na et K. Entre les concentrations Met o,oo5
M, ~ augmente
dans lerapport
de 20 à 30 pour des i,analogues
à ceux utilisés par Tréhin.Ici
l’absorption
est celle de l’ion et sonmécanisme est sans doute
analogue
à celui de l’ion CI- . Si l’on sereporte
au TableauII,
on verra quel’hydra-tation «
chimique
>f de l’iontartrique
est nulle. Dans des travauxpersonnels,
repris
et étendus parPeychès,
nous avons montré que lespropriétés
optiques
de cet ionindiquent
unehydratation
« physique
7~;jusqu’ici
les études depouvoir
rotatoirene donnent sur cette
hydratation
que des indica-tionsqualitatives.
Dans un travail
publié
ailleurs(Mém.
Sc.Phys.,
ig4i),
nous traiteronsplus
en détail d’un certain nombred’aspects
del’hydratation
des ions.9. Solvants autres que l’eau. - Le
présent
travailpourrait
êtreétendu,
enadoptant
les mêmesprincipes,
à des solvants autres quel’eau;
les mesuresde Walden et de ses collaborateurs fournissent des
documents sur les conductibilités. Nous en tirerons pour le moment un seul résultat. L’ion N
possède
une conductibilitéU~
.qui
est exactementen raison inverse de la viscosité pour divers solvants
dont les r~
s’étagent
à 250 entreo,oi24
eto,oo316.
Cela prouve très certainement que la formule de Stokes
s’applique
et que le rayon r de l’ion est le même dans tous ces solvants. Il sera intéressant de confronter cette donnée avec celles concernant les densités des solutions.10.
Hydrates
solides. --~ Leproblème
del’hydra-tation des ions est lié intimement à celui de la
préexistence
deshydrates
en solution. Il estinté-ressant de
regarder
ce que donne l’étude deshydrates
solides.
Quand
le selcristallise,
l’eau fixée sur lesions
peut
disparaître
totalement. Cela semble êtreprécisément
le cas des ions alcalins à fort P. A. Eneffet,
les sels de Rb et Cs sont presquetoujours
anhydres,
ceux de K etNH,
quelquefois
hydratés,
ceux de Na et Li presque
toujours
hydratés.
Demême,
en
comparant
des anions àcharge
croissante,
onobtient des séries telles que CICs . 0
H20,
Cl2Ba .
2H,O
CIgLa,
6H,O.
Des remarquesqualitatives
de ce genre se trouvent dans les oeuvres deFajans
et deWerner;
ce dernier pense, par
exemple,
que, dansS04Cu,
5H.0,
onpeut
admettre les ionset
(S04’ H20 )---.
L’étude des
hydrates
aux rayons X a confirmépar-tiellement ce
point
de vue. Dansbeaucoup
d’hydrates,
les moléculesH20
sont coordonnées aux atomesmétalliques.
C’est ainsi que pourCIO,Li.3H,O;
lafigure
6 montre laprojection
des molécules et atomes sur leplan
de base de lamaille;
l’arran-gement
comprend
desgroupements
Li.6H20;
il n’est pas douteux que le sulfate deglucinium
doit s’écrire(S04) (Be . 4H20);
on trouve demême,
(SOJ (Ni . 6H20), (SnCI6) (Ni. 6H20).
Demême,
dans le sulfate decuivre;
on retrouve bien leexistant en solution. Ce n’est pas d’ailleurs un cas
général puisque,
dansS04Li2.H20,
il nepeut
y avoird’arrangement analogue.
Dans d’autres
hydrates,
les moléculesH20 occupent
simplement
des trous dans leréseau;
c’est le cas de la 5emolé-cule
H20
dansS04CU;
l’eau duplâtre
serait dans ce cas.Enfin,
l’eau « de
constitution »,
qu’on
ne
peut
fairepartir
à chaud sansdétruire le
composé, figure
proba-blement sous forme de groupes OHcomme dans
Si; donc,
certainshydrates
apportent
unargument
en faveurd’une liaison entre l’eau et les
° °
cations, rien n’autorise à croire que cette liaison est exactement celle
qui préexiste
ensolution,
ni que cette liaisonsoit d’ordre
chimique plutôt
quephysique.
11.
Rayons
X et solutionsélectrolytiques.
-Dans un travail assez récent
[ z ],
J.Beck,
à l’aide d’un tube à rayons X à anode tournante de 10kW,
a étudié la diffraction des solutions aqueuses
élec-trolytiques.
Il aemployé
des corps assez solubles :CILi,
BrLi,
BrRb,
de sortequ’on peut
suivre la variation dudiagramme depuis
l’eau purejusqu’à
une solution assez concentrée. La
figure
7 montre cette variation pour CILi. On y voitapparaître,
pour CiLiconcentré,
un maximumqui
n’est pas à lamême
place
que pour l’eau. L’auteur y voit même trois maxima situés a 0 = 32°,6/)0.
IJ a étudiécomparativement
CILi)
H20
cristallisé,
où il retrouve trois maxima à 2oO, 330,5g-6g~.
Il en déduit que lasolution concentrée renferme des
arrangements
qui
rappellent
ceux-du solidehydraté.
Fig. 7.
Conclussions. - Il résulte de tout ce que nous avons dit que les actions . soluté-solvant sont très
importantes;
les ions sont souventhydratés
ensolution. On doit
probablement
distinguer
entre unehydratation chimique,
assez rare,qui
retentit sur ladensité des
solutions,
et unehydratation physique,
beaucoup
plus générale,
mais dontl’importance
sembledépendre
duphénomène
étudié. Certainsphénomènes indiquent
unehydratation
considé-rable en solution
étendue,
comme si lesions,
grâce
aux forces de Coulomb sensibles à trèslongue
dis-tance. contrôlaient un nombre
important
dedipôles
de l’eau.BIBLIOGRAPHIE.
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[1 b] BERNAL et FOWLER, J. Chem. Physics, 1933, 1, p. 515. [2] BORN, Zeit. für Physik., 1920, 1, p. 45.
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