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Discours de M.Oumar Baba Diarra, Président de la quatrième session

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E/CN.14/L.145 21 fevri2r 1963 Original: FRANCAIS

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COMlHSSION DCONOMIQUtl POUR L'AFRIQUE Cinquieme session

Lepoldville, fevrier-mars 1963

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Co N S"E I L

ECONOMIOUE ETSOC I AL

PlUSIDENT DISCOURS DE M. OUMAR BABA DIARRA,

DE LA QUATRIEME SESSION ,,/'

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/ Au torme de La <:11$trieme session do notro Commission !i.l!Ix::Aost.ini3.elti do laquollo j'ai eu 10 grand honneur de pre sidor au nom do la Republique du Mali, je voudrais vous diro avac quelle confianco et quelle esperance j'aborde les travaux de la cinquieme session.

11 y a un an, grace

a

la bonne volonte ot

a

la comprehension d~

representants, l'Afriquo s'ost rotrouveo unio autour des grands ~t diffioiles problemos auxquels nous avions

a

trouver des solutiona. Aucun nationalisms etroit n'a trouve place dans vos intorventions at dans vos propositions. Un ideal, un soul, a toujours eu 10 pas , llin~r9t de l'Afriquo. Car il y a

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beau tomps que los rosponsabl~safricains at lour pouplo ont compris quo leurs inter8ts etaiont inseparablos ct quo leurs souls onncmis etaiont l'oxploitation do co pays avec sos oonsequencos , la faim, l'analphabetismo ot 10 pietinomont do la dignite humaine. On nous chorchait on vain dans les bassossGS dos rivalites mosquinos at, surpris~ on nous rotroliVG sur los hautos cimos de la claire conscience de l'interdepondance de nos inter8ts ot de

nos ideaux. Jo suis convaincu quo cot ~sprit do la quatriemo session dont los divorses delegations ont fait part

a.

lour Gouvornom0nt n'ost pas etranger

a

l'osprit nouvoau ot combien reconfortant qui soufflo presontonont sur touto l'Afriquo.

En offot, dopuis un an, l ' esprit d'unite a fait au chomin. On est sorti dos speculations pour s'ongagor franchement ot formement dans la voie do l'action positive. Nombreuses ont ete los ronco~tros entre chefs d'Etat, entre les r3sponsablos africains, entre organisations specialise os des divers

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Etats. Le courant apparait - non plus on pointille commo il y a deux

ans, mais on traits pleins - de co sOlici d'unite qui n'ost plus un mythe mais uno realiteotresprochaino

a

l'affermissemont de laquolle chaquo pays

consacro 10 moillour do lui-momo.

L'Afriquo on miottos, commo on avait pris coutumo do 10 dire au lendomain dos indepondancos toutos nouvos at toutos alourdios do lour approt dos

porsonalismosj cst on passo do devonir l'AfriquQ geante, un continent oonscient do sos possibilites ot do son poids.

II n'ost plus bosoin aujourd'hui do soulignor tout l'interSt quo l'on peut tiror do cotto unite africaine

a

presjnt vouluo ot attonduo do tous los pouples. Il faut 10 dire, commo los pays africains, les pays industria- lises d'Europo, d'Asio at d'Ameriquo souhaitent voir SO realiscr et se

ronforcor cotto unite africaine. En effot, cos pays n'auront plus

a

fairo los frais dos quorollos passageros ontro los pays africains qui par une confrontation sincero dos urgoncos ot dos plans nationaux arrivoront

a

detorminor los priorites vraios ot los minima

a

attoindre dans los differonts

~tats graco

a

uno cooperation intorafricaino qUi n'ost possiblo que dans l'unite africaino.

Le devoloppoment dos organisations africainos communes, Ie standardi- sation dos divorses normes, dans tous los domainos, sont egalomont des avan- tagos attondus d'une politique reflechie ot raisol1nablo do cooperation

internationalo vors laquollo nous nous acheminons jn ootte annes 1963.

Notre Conference constitue le love de ridoau de la grande conference des Chefs d'Etat africains qUi s'ouvre danb quelquos mois dans la prestigieuse cite d'Addis-Abeba.

C'est pourquoi, de vos intervontions; do vos attitudes vis-a-vis dos problemes dont vous aurcz

a

debattre, depend en grande partie la reussite de cotte conference do la grande reconciliation africaino, factour de paix.

Vous soroz comptablos, ct dovant Ie monde et devant l'histoire, do vos prises de position. Notro Commission, qui a l'avantago de regrouper

en fait tous les pays afrioains independants ot non-independants, se devra do so haussor au niveau de sos rosponsabilites historiquos. Los divers problemos avec lesquols nous sommos confrontes no seront pas resolus avec

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.' :'::/CN.

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dos mots ou des faux-fuyants, mais graco

a

uno comprehension mutuello sans reserve et sans arriere-pensee,

a

l'osprit do sacrifice sans limito et sans calcul et un souci const~lt du bien public •

Notre Commission ost uno commission economique qui doit rocherchor des solutions au problemo du developpomont harmonioux at rapido d'un continont qui n'a deja quo trop attondu. Tous los instants sont precieux qui doivent nous rapproohor du but at c'ost 10 lieu do rappelor la declaration si a-propos du Premier Ministre Cyrille Adoula "le pain du peuple passe avant la politique". Car, il faut bien le dire, notr;:, but doit otro

d'aosuror partous los illoyens do moilleur;:,s conditions de vic aux populations qui nous ont fait confianco.

Ce quo 10 mondo attend do nous,c'ost de ne pas decovoir l'ospoir justifie do nos populations. L'indepondance est un moyon qui doit nous

permettro de mioux repondro aux soucis do bion-otro dos populations africaines.

Dt cola est possible g-r5.ce

a

un rapprochement dos divors Iltats africains, gr5.co

a.

uno coope ra tion intor-africairio 6'abo rd ot intorna tionale ensuito.

Dn co debut d'anneo

1963,

los espoirs sont grands d'un rapprochement veritable ot il faut des

a

present saluer et soutonir l'action des chefs d'Btat, des responsablcs politiques qui ont fait do l'unite africaine leur cheVal do bataillo.

Los initiateurs do la Conference d'Addis-Abeba meritont tout notro soution car otcst en defi,.i tivo d ' uno collaboration ot d 'une cooperation ronforcees quo sortira le veritablo bonheur dos populations africaines •

.. Avant. do terminer, jo mo. dois de presentor nos voeux de bionvenue

aux ncuvocuxucmbr-oe de notre jounc Commission. :'::n effe1l"~.chaquo jour, gra.ce

a

la prise do conscience des populations opprimoos, la raison et la justice gagnent du. torrain.

11 y

a cinq ans,

a

sa creation, cotte Ccmmission ne comptait quo quinzo mombros; aUjourd'hui, 0110 en compte trento-quatre ot pour cotto cinquieme session nous souhaitons la bienvenuo

a

l'Algerie

mar tyro ou la raison et la justico ont fini par triomphor graes au soutien sans reservo do l'onsombl0 des pays afrioains at de toutos los democraties qui ont compris quo la democratie no souffro pas do partage. Jo salue egalomont 10 Rwanda, 10 Burundi et l'Ouganda dont la contribution, nOUll. en

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sommes persuades, augmentora l'officacite des travaUX de notre Commission.

Notre VOOlW:ost quo tres prochainement tous los pays africains enfin devonus indepJndants puissent prondr8 place parlni nous et parler de lours proprosaffaires. Nous sommes convaincus que la sixieme session vOrraenfin l'ontree dans notre Commission des pays non encere independants. Nous osons en appolor

a

la conscience des pays colonisateurs et du monde entier pour mettre un termo

a

l'oppression dont souffrent encore certains de nos ~tats

tols quo l'Angola, 10 MozambiquQ ot la Guineo dite portugaiso. La fiction juridique de la province de la soi-disant mere patrio sora balayee grace au soutien unanime de toutes los populations africainos qui connaissent maintenant Ie gout succulont do l'indepondanco.

Je me dois egalomont de dire de tout coeur au Gouvernement central congolais combien nous sommes houreux et fiers de nous retrouver

a

Leopoldville. Nous adressons auxdirigoants et

a

la population touteontlere du Congo nos plus vives felicitations pour l'offort qu'ils ont fourni afin d'assuror

a

notro Conferonce los moilleuros conditions de reussite. Quli l s veuillont bien acceptor notre gratitude car uno fois do plus, la traditionnelle hospitalite afr1~ainc se trouvor verifiee avec eclat.

Un mot onfin pour l'Organisation des Nations Unies ot Ie personnel du secretariat de la CliA qui, malgre los difficultes quo posont toujours les demenagements, n'ont epargne aUcun effort pour que notre Conference se

de.rouLo dans los tres bonno s conditions que ch aoun de nous a pu constater

Vous alloz,

a

present, aborder votre ordre du jour ot je resto convaincu quo comme los anneGs passees, la comprehansion, Ifunite africaine, llinterot de nos populations saront nos seuls soucis. JG souhaito au nouveau Buroau ot singulieromont

a

son President, plein succes ~ans la tache difficile qu'ils auront

a

accomplir. Je suis sur que par Sa foi, par son GxpGrience et par son souci de reussir, notro President menora do main de maitro les travaux de cotto cinq~iemo session pour quo vivont l'Afriquo ot l'amitie des pouples.

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