INFLUENCE DU PH ET DE LA TEMPÉRATURE
SUR LA SOLUBILITÉ
DES PROTÉINES MUSCULAIRES DU PORC
R. GOUTEFONGEA
Denise GUENE C. DENOYER Station de Recherches sur la Viande,
Centre de Recherches de Clermont-Ferrand, I. N. R. A., 63 - Saint-Genès-Chamfianelle
RÉSUMÉ
Des échantillons de muscle Longissimus dorsi de porc, prélevés immédiatement après la sai- gnée, ont été soumis pendant deux heures à des conditions définies de pH et de température. A
la suite de cette incubation, on a procédé à l’extraction des protéines sarcoplasmiques et myofi- brillaires, ainsi qu’à l’étude du spectre d’absorption de l’actomyosine en lumière ultraviolette.
Les résultats montrent que :
- les
protéines
sarcoplasmiques sont dénaturées par la conjonction des pH bas et de la température élevée ; par contre, les pH élevés exercent pour ces protéines un effet protecteurcontre la dénaturation thermique;
- les protéines myofibrillaires subissent également une perte de solubilité lorsque la tem-
pérature
s’élève, mais ne bénéficient pas d’un effet protecteur des pH élevés;- la solubilité maximum des protéines myofibrillaires est obtenue pour des pH inférieurs
à 5,8, à des températures de 8° à i5OC. Toutefois, compte tenu du temps nécessaire pour amener à des températures de cet ordre les muscles d’une carcasse au moyen d’une réfrigération rapide,
il semble que seule la qualité des muscles superficiels d’une carcasse à chute de pH rapide puisse
être améliorée par une telle technique.
INTRODUCTION
Les travaux réalisés
depuis plusieurs
années dans le but depréciser
les méca-nismes
responsables
de l’existence de viandes « exsudatives » chez le porc semblent montrer que lescaractéristiques physico-chimiques défectueuses,
enparticulier
lepouvoir
de rétention d’eau réduit de cesviandes,
sont dues à larapidité
de laglyco-
génolyse !ost
mortem.En effet,
de nombreux auteurs ont montré que la caractéris-tique biochimique
essentielle des muscles de porcs exsudatifs était la vitesse élevée de la chute depH post
mortem, consécutive à uneglycogénolyse particulièrement rapide :
ces viandesatteignent
donc en très peu detemps après l’abattage,
unpH bas,
alors que latempérature musculaire, qui
a d’ailleurstendance,
en raison de l’in- tensité et de larapidité
de laglycogénolyse,
à êtresupérieure
à lanormale,
est encore élevée. BENDAI,I, et WrSMER-PEDERSEN( 19 6 2 )
ont lespremiers
émisl’hypothèse
que cetteconjonction pH bas-température élevée,
avait desconséquences
néfastes surles
propriétés
desprotéines
musculaires : ces auteurspensent
que sous l’action deces deux
phénomènes simultanés,
lesprotéines sarcoplasmiques
sont dénaturées etprécipitent
lelong
desprotéines myofibrillaires,
modifiant ainsi lespropriétés
desolubilité de ces
dernières,
de même que leuraptitude
à retenir de l’eau.L’action conjuguée
dupH
et de latempérature produirait
donc des modifica-tions
importantes
despropriétés physico-chimiques
desprotéines musculaires,
sen- sibles enparticulier
au niveau dupouvoir
de rétentiond’eau, caractéristique
muscu-laire
importante
sur leplan technologique, puisque responsable
engrande partie
durendement des
produits
transformés d’unepart,
et d’autrepart,
élément fondamen- tal desqualités organoleptiques.
CHARPENTIER
( 19 69)
a montré que lesprotéines sarcoplasmiques
en solutionsubissent une
importante
dénaturationlorsqu’elles
sont soumises simultanément à despH
inférieurs à5 ,8
et à destempératures supérieures
à40 0 C ;
ces conditions depH
et detempérature
se rencontrentfréquemment
au début de lapériode Post
mor-tem dans des carcasses d’animaux à chute de
pH rapide.
Nous avons
pensé qu’il
était souhaitable decompléter
cette étude par l’examende l’influence des facteurs
pH
ettempérature
sur la solubilité desprotéines
muscu-laires in situ ainsi que sur certaines
caractéristiques spectrales
de laprincipale
pro- téinemyofibrillaire après rigor mortis, l’actomyosine.
MATERIEL
ETMÉTHODES
Un échantillon de muscle Longissimus dorsi d’environ 100g était prélevé aussitôt après la
saignée sur des porcs de race Large White pesant 100 :1: 5kg. L’échantillon était rapidement paré puis broyé dans un hachoir muni d’une grille à trous de 3 mm de diamètre.
Après détermination du pH du broyat, (pHmètre portatif EIL 30 C équipé d’une électrode duplex) des fractions de 5 g étaient homogénéisées (homogénéiseur Biorex) dans 50 ml de diffé- rents tampons tris-maléate préparés de sorte que les pH des homogénats atteignent les valeurs suivantes : 5,0; 5,4; 5,8; 6,z ; 6,6; 7,0.
Les homogénats ainsi réalisés étaient maintenus pendant deux heures à une des températures
suivantes : (thermostat Haake KT 62) + 2°C, + 80C, + 15, + 20, + 25, + 30, + 35, + 3’7.
+ 40, + 42.
L’expérimentation a été conduite de manière que, au total, chaque couple pH-température
soit appliqué à au moins 3 échantillons provenant d’animaux différents.
Après contrôle du pH au sortir du thermostat, les homogénats étaient centrifugés à 3 00o g
pendant 20 mn à 4°C. La teneur en azote total des surnageants était déterminée par microkjeldahl,
de même que la teneur en azote non protéique après traitement d’une aliquote des surnageants à l’acide trichloracétique 10 p. 100. La teneur en protéines sarcoplasmiques était obtenue par différence. Les culots de centrifugation étaient alors homogénéisés avec 60ml de solution de Weber-
Edsall et l’extraction durait 24 h à 4°C. Le lendemain, une centrifugation à 2000o g à 4°C pen- dant 4g mn permettait de séparer les protéines myofibriuaires solubles dans la solution de Weber- Edsall de la fraction insoluble. Ces deux fractions étaient soumises à la détermination de leur teneur en azote par microkjeldahl. L’actomyosine contenue dans le surnageant était purifiée
par deux cycles successifs de précipitation par dilution en milieu 0,2 M KCI puis dissolution du
précipité dans une solution de KCI 0,6 M tamponnée à pH 7,2 (tris HCI 0,02M), La solution d’ac-
tomyosine purifiée servait à l’établissement de son spectre d’absorption en lumière ultraviolette (
2 6 0 - 3
So
m IL )
à pHI3(spectrophotomètre
Safas, Spectralux i 800) suivi de la détermination duE2, 9 3
de la solution, effectuée en tenant compte de la correction de turbidité. Cette correction était effectuée en déterminant le à DO dû à la turbidité à 293mILpar extrapolation à cette lon- gueur d’onde de la droite log (DO) = f (log a) construite à partir des points d’abscisse X = 340,3 6
0et 38o mIL. Sur plusieurs échantillons, nous avons vérifié que la présence de nucléotides amè- nerait à faire une correction inférieure ou au plus égale à 10p. ioo de la correction de turbidité.
Nous avons donc jugé négligeable l’influence des nucléotides.
RÉSULTATS
ET DISCUSSIONI
. - Solubilité des
fractions protéiques
Nous mentionnons pour mémoire les teneurs en azote non
protéique,
dont lesvariations
sont faibles( 10 , 9
à 13,1 p. 100 de l’azotetotal)
et absolumentindépen- dantes
des traitementssubis
par les échantillons. Ce résultat est d’ailleurslogique
car
bien
que l’activité despeptidases
soitfavorisée
par lespH élevés,
la brièveté dutraitement
ne doit paspermettre
une actionsensible.
Le tableau i
rassemble
les valeurs des fractionsprotéiques
solubles en milieude faible force
ionique (que
nousappellerons
dans la suiteprotéines sarcoplasmiques
et en milieu de force
ionique
élevée(protéines myofibrillaires)
ainsi que deleur
somme(protéines
solublestotales), exprimées
en p. 100 desprotéines
musculairestotales.
Ce tableau
appelle
les commentairessuivants,
que nous avons illustrés au moyen desfigures
1-2et 3, où estreprésentée
l’évolution de la solubilité des différentes frac- tionsprotéiques,
pour un nombre limité depH :
5,0,5 ,8
et 7,0- ceci dans un souci de clarté desfigures.
Protéines solubles totales
(fig. z).
Tant que la
température
reste inférieure à25 °,
la solubilité desprotéines
mus-culaires,
considéréesglobalement,
n’est pas diminuée par lespH
bas. Auxtempéra-
tures de 8 et
z 5 o ,
cette solubilité est mêmeplus importante
pour despH
bas( 5 ,o
et5,
4
)
que pour despH
élevés(supérieurs
à5 ,8).
Parcontre,
laconjonction pH
bas-température élevée,
provoque une réduction de lasolubilité,
sensible àpartir
de25 °
et très nette à
partir
de35 0 .
Protéinessarcoplasmiques (fig. 2 ).
Pour des
pH
inférieurs à5 ,8,
la solubilité desprotéines sarcoplasmiques
estconstante ou
légèrement
croissante en fonction de latempérature jusqu’à 30 °, puis
on assiste à une chute de
solubilité,
lentejusqu’à 37 °
etrapide
à 40et42 0 .
Pour despH supérieurs
à5 ,8,
la solubilité estlégèrement
croissante en fonction de latempé-
rature, l’accroissement étant
plus marqué
pour lespH
lesplus
élevés.Protéines
myofibrillaires (fig. 3 ).
Lorsque
lepH
est inférieur à5 ,8,
lesprotéines myofibrillaires présentent
unmaximum de solubilité pour des
températures
de 8° à15 o ,
ce maximum étant d’ail- leursplus
élevé pour lepH
leplus
bas(pH 5 , 0 ).
Apartir
dei5!,
on assiste à une baisse de solubilité au fur et à mesure que latempérature augmente.
Lorsque
lepH
estsupérieur
à5 ,8,
on assiste à une chute lente de la solubilitéen fonction de la
température.
L’évolution
de la solubilité desprotéines
musculaires en fonction des conditions depH
et detempérature
semble donc d’une certainecomplexité.
Enfait,
unphéno-
mène
complémentaire
vient ici se superposer à l’action combinée dupH
et de la tem-pérature :
la forceionique
destampons
utilisés n’est pas constante et croît avec lepH ;
les valeurs de la forceionique
sontrespectivement
de0 , 05 - 0 , 0 6- 0 , 0 8- 0 , 00 - 0 , 15 -
o,
ypour les
pH correspondants
de5 , 0 -5, 4 -5,8-6, 2 -6,6
et 7,0.Or,
on sait queparmi
les
protéines sarcoplasmiques, certaines,
comme lesalbumines,
sont solubles dans l’eau pure, à forceionique nulle,
alors qued’autres,
comme lesglobulines
ne sontsolubles que dans des solutions de force
ionique supérieure
à o,05, certainesglobu-
lines nécessitent même des forces
ioniques supérieures
à 0,1 pour être solubilisées(WEBER
etMEYER, i933)!
Compte
tenu de la forceionique
des solutionstampons
utiliséeslorsque
l’échan-tillon se trouve
placé
à baspH,
seule une faiblepartie
desglobulines
est extraite avecla fraction
appelée sarcoplasmique, le reste l’étant avec la fraction myofibrillaire.
Au
fur et à mesure que le
pH
des solutionscroît,
la forceionique
s’élève et laproportion
des
globulines extraite
dans la fractionsarcoplasmique augmente,
tandis que diminue celle extraite dans la fractionmyofibrillaire.
Ceci
peut
suffire àexpliquer qu’à
unetempérature
donnée où laquantité
deprotéines
solubles totales est peudépendante
dupH
destampons d’incubation,
parexemple
2° ou25 °, l’importance
de la fractionsarcoplasmique
soitcroissante
avec lepH
alors que celle de la fractionmyofibrillaire
soit décroissante dans les mêmes conditions. Eneffet,
la variation de la forceionique
destampons
d’incubationpeut,
à elle
seule,
modifier larépartition
desprotéines
extraites entre les deux fractionssarcoplasmique
etmyofibrillaire,
mais nepeut
avoir d’influence sur laquantité
deprotéines
solubles totales.En ce
qui
concerne lesprotéines sarcoplasmiques,
tant que latempérature
resteinférieure à
30 °,
leursolubilité
ne semble pas affectée par lepH,
et les différences observées semblent surtoutimputables
àl’augmentation
de la forceionique
avecle
pH.
Par contre, au-dessus de 30 à35!, l’action
despH
bas(5,o
etSA)
se manifestepar une baisse
importante
de la solubilité. LespH
élevés(supérieurs
à5 ,8)
ont mani-festement
une actionprotectrice
contre la dénaturationthermique.
Ces résultatssont en accord avec ceux de CHARPENTIER
(ig6g)
montrant que ladénaturation
desprotéines sarcoplasmiques
en solution est trèsimportante
pour despH inférieurs
à5,8
et destempératures supérieures
à40 0 .
Si nous considérons les
protéines myofibrillaires,
nous observons pour lespH supérieurs
à5 ,8,
une décroissance lente maisrégulière
de la solubilité en fonction de latempérature.
Lesprotéines myofibrillaires
ne semblent donc pas bénéficier de l’effetprotecteur
despH
élevés contre la dénaturationthermique ;
ceciexplique
que, aux
températures
élevées( 40 °
et42 °)
les différences de solubilités liées auxpH
d’incubation
soient
bien moins nettes pour lesprotéines myofibrillaires
que pour lesprotéines sarcoplasmiques, puisque
l’élévation detempérature
abaisse la solu-bilité des
protéines myofibrillaires
pour tous lespH employés,
la diminution de solu- bilité auxtempératures
élevées étant néanmoins un peuplus
accentuée pour lespH
bas(5,0).
L’existence
du maximum desolubilité
de la fractionmyofibrillaire
auxtempé-
ratures de 80et
r5!,
maximum d’autantplus
élevé que lepH
estbas, s’explique
par une inhibitionprogressive
de laglycolyse
et de l’activitéATPasique
de lamyosine
(L A C OUR
T, ig 7 o),
inhibition d’autantplus prononcée
que lepH
est bas. En raisonde cette
inhibition,
lacombinaison,
au cours de larigor mortis,
de l’actine et de lamyosine
enactomyosine,
a lieu lentement.Or,
nous avons observé que,lorsque
lesphénomènes biochimiques accompagnant
larigor
mortis se déroulentlentement, (GouT!!orrG!A, 19 6 7 )
laquantité d’actomyosine
soluble dans la solution de Weber- Edsall estplus importante. L’effet
de cette inhibition due aux baspH s’estompe quand
latempérature s’élève,
car la réduction d’activité des enzymesglycolytiques
et de la
myosine-ATPase
n’étant pasinstantanée,
les réactionsbiochimiques
sedéroulent alors à une
vitesse
croissant avec latempérature.
Auxtempératures basses,
2
0 par
exemple, l’importance
de la fractionmyofibrillaire
diminueégalement
parrapport
à la valeur obtenue pour unetempérature
d’incubation de 80.Ici,
nous avons affaire auphénomène déjà
décrit sous le nom de « ColdShortening
»(L OCK E R
etHAG
YARD
, ng6 3 ).
Latempérature
basse provoque une inhibition du réticulum sar-coplasmique lequel relargue abondamment les
ions Ca++qu’il
afixés,
cequi
entraîneune contraction des sarcomères et une association brutale de l’actine et de la
myosine
en
actomyosine
alors quel’activité
de lamyosine-ATPase
n’est pas encore totale- mentinhibée
par le baspH.
2
. -
Caractéristiques spectrales de l’actomyosine
Nous avons
observé, (GouTEFONGEA, 19 6 7 )
que la solubilité del’actomyosine
extraite de muscles de porc
exsudatifs,
c’est-à-direayant
subi unerigor
mortis trèsrapide,
étaitfaible,
et d’autantplus
faible que le caractère exsudatif étaitplus
accen-tué,
et en outreque
cetteactomyosine présentait
unspectre d’absorption
en lumièreultra violette modifié par
rapport
à celuid’actomyosine
extraite d’un muscle normal.Le
spectre d’absorption typique
del’actomyosine
en lumière ultraviolette(fig. 4 ) présente
un maximum à27 8
my s’il est réalisé àpH
neutre, et à 293my, s’il est réa- lisé enpH
fortementalcalin (pH y 3).
Ces maxima sont dus à laprésence
d’acidesaminés
aromatiques,
enparticulier
detyrosine,
dans la molécule. Engénéral
lesauteurs étudiant les
propriétés spectrales
del’actomyosine
seplacent
àpH
alcalincar le maximum est
plus
net et la turbidité de la solution est fortementdiminuée.
Lamesure de
l’absorption
à 293 m{jLpermet
de déterminer lecoefficient d’extinction
E m
dont la valeur varie en fonction desproportions respectives
d’actine et de myo-sine dans
l’actomyosine
mais se situetoujours
entre les valeurs6, 3
et II,Oqui
sontles valeurs
respectives
duF, 2&dquo;
pour lamyosine
et l’actine àpH
13.(MIHA!,YI
etRowE- 19 66).
Nous avons
enregistré
lesspectres d’absorption
del’actomyosine purifiée
extraitede nos échantillons et déterminé les valeurs
du 293 . Nous avons observé des diffé-
rences très
importantes
tant au niveau de la formegénérale
desspectres qu’au
niveaudes valeurs de E
(lg.
Lafigure
5représente
3exemples
desspectres
que nous avons obtenus.Le
spectre
nc i pourlequel
la valeur ducoefficient E §?
calculé est de8, 24 ,
a lescaractéristiques
de celui d’uneactomyosine
extraite d’un muscle normal. Il corres-pond
à un échantillon dont les conditions d’incubation ont été :pH
5,0,température
8
0et pour
lequel
la solubilité de la fractionmyofibrillaire
est maximum( 32 , 7
p. 100des
protéines totales).
Le
spectre
no 2 neprésente
aucun maximum à 293 mIL. La valeur du coefficientE 111
est de 3,03, cequi
est manifestement aberrant. La solubilité de la fraction myo- fibrillaire de cet échantillon(conditions
d’incubation :pH
= 5,température
=42 °)
est l’une des
plus
faibles que nous ayonsenregistrée. L’actomyosine
extraite de cet échantillon doit être sous une forme moléculaire telle que les acides aminés aroma-tiques
sontmasqués
et ne se manifestent pas par leurabsorption
à 293mIL. ApH
i3,l’actomyosine
devrait être sous forme depelote statistique,
donc ce masquage doits’expliquer
soit par uneprécipitation
deprotéines sarcoplasmiques
sur lesprotéines myofibrillaires (B!NDAI,I,
et WfSMER-PEDERSEN,19 6 2 )
soit par unchangement
deconformation lié à une dénaturation irréversible à ce
pH.
Le
spectre
n° 3(conditions
d’incubation :pH
= 5,4,température 25 °)
est untype
intermédiaire entre les deuxprécédents.
Le maximumd’absorption
à 293 m[lexiste,
mais il est moins net que pour lespectre
n° i. Le coefficientd’extinctionE ijo
calculé est de 7,05, ce
qui théoriquement
est une valeuracceptable puisque comprise
entre
6, 3 o
et n,o. Néanmoins elle n’est certainement pasreprésentative
de la compo- sition del’actomyosine
en actine etmyosine,
car l’examen duspectre
dénote unmasquage
partiel
d’acides aminésaromatiques.
Si nous considérons les résultats
globalement,
nous remarquons quepratique-
ment, les
spectres d’absorption
montrent des anomalies dès que latempérature
d’in-cubation
dépasse 25!,
etégalement,
mais à undegré moindre,
pour latempérature
de 2°.Compte
tenu du fait que, dans les cas lesplus accentués,
c’est-à-dire auxtempé-
ratures
élevées,
la solubilité desprotéines sarcoplasmiques
n’est passystématique-
ment réduite
(elle
est réduite pour lespH bas,
mais non pour lespH élevés)
nous nepensons pas que le masquage des acides aminés soit le fait d’une
précipitation
desprotéines sarcoplasmiques
sur lesprotéines myofibrillaires (B!NDAr,r,
et WISM!R-PE
D E RS E N
, r 9 62).
Nous pensonsqu’elle
estplutôt
laconséquence
d’une modification de conformation del’actomyosine elle-même, qui
est àrapprocher
duphénomène
mis en évidence par
J OHN S ON
et RowE( 19 6 4 ).
Ces auteurs ont montré que, dans certaines conditions depH
et de forceionique, l’actomyosine pouvait
sedissocier, puis
les molécules de G-actine s’associer en unpolymère
différent de laF-actine, lequel
donnerait avec la
myosine,
uncomplexe
formant ungel,
auxpropriétés
trèséloignées
de celles de
l’actomyosine.
KING( 19 66)
a étudié cephénomène
et a constatéqu’il s’accompagnait
d’une nette diminution de solubilité.CONCLUSION
L’étude
de l’influence dupH
et de latempérature
sur la solubilité desprotéines
musculaires du porc
permet
depréciser
les influencesrespectives
de ces deux fac-teurs et d’observer que la réaction des
protéines sarcoplasmiques
est différente de celle desprotéines myofibrillaires.
. En
effet,
lesprotéines sarcoplasmiques
sont dénaturées à baspH lorsqu’elles
sont soumises en même
temps
à unetempérature élevée.
Par contre lespH
élevésexercent un effet
protecteur
contre ladénaturation thermique.
La solubilité des pro- téinesmyofibrillaires
est abaisséelorsque
latempérature s’élève,
mais lespH
élevésn’exercent
qu’une
très faibleprotection
contre les effets néfastes de l’élévation detempérature.
En outre, on obtient une solubilité maximum desprotéines myofibril-
laires pour des
pH
inférieurs à5 ,8
et destempératures
de l’ordre de 80 àig!.
Commeces conditions de
pH
et detempérature
sontégalement
favorables au maintien de la solubilité desprotéines sarcoplasmiques
il semblerait intéressant d’amener lescarcasses à une
température
de cet ordre aussitôt quepossible après l’abattage.
D’après
les résultats obtenus par CHARPENTIER(ig6g),
sur les vitesses d’abaissement de latempérature
dans divers muscles de la carcasse enfonction
dela température
deréfrigération,
il semblequ’une réfrigération rapide puisse
êtrebénéfique
seulementpour des
muscles
relativementsuperficiels
où latempérature
pourra êtreabaissée
relativement vite. Par contre, pour des musclesprofonds,
lelaps
detemps
s’écoulantavant que la
température
soitsuffisamment
basse nepermet
pasd’espérer
une amé-lioration sensible par cette
technique.
Reçu pour publication en décembre 1970.
SUMMARY
INFLUENCE OF PH AND TEMPERATURE ON SOLUBILITY OF’ MUSCLE PROTEIN IN PIGS
The object of Lhis study was to observe the effects of pH and temperature during the first
two hours after killing on the extractability of muscle proteins in pigs.
Samples of
Longissimus
dorsi muscle of Large White pigs taken immediately after bleedingwere kept for two hours in defined conditions of pH and temperature. After this period of holding sarcoplasma and myofibril proteins were extracted, the amount extracted was estimated and the absorption spectrum of purified actomyosin in ultraviolet light was recorded.
Results showed (table I) that :
Sarcoplasm proteins were denatured by the combined effect of pH below 5.8 and temperature
above 37°C. In contrast, high pH had a protective effect for these proteins against denaturation
by heat (fig.
2 ).
Similarly, myofibril proteins became less soluble when the temperature was raised but did not enjoy any protective effect from high pH (fig. 3). Solubility of myofibril proteins was greatest with pH below 5.8 and temperature between 8° and 15°.
When holding temperature passed above 25°, whatever the pH, the absorption spectra of actomyosin irregularities which indicated the obscuring of aromatic amino acids such as tyrosine.
This masking probably results from changes in conformation of the actomyosin molecule or
the agglomeration of these molecules among themselves (fig. 5).
It would seem, then, that to improve quality of meat, there is some purpose in reducing temperature of the muscle to about 15° as quickly as possible. However, considering the practical
conditions of slaughter and the speed at which muscle temperature can fall in the conditions of rapid refrigeration, this technique would only be effective in superficial muscles.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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