De la science pour expliquer l'univers et des frontières pour apprendre à les franchir, SCIENCE-FRONTIÈRES c'est plus qu'un titre, un état d'esprit, un essai d'ouverture, une tentative de regard posé sur le monde. Et sur l'homme.
Et parce que le sens de la mesure n'est rien sans celui de la fête, depuis huit ans, Jean-Yves Casgha réunit à Puy- Saint-Vincent, au festival SCIENCE-FRONTIÈRES, la dernière semaine de janvier, des savants, des artistes et des journalistes qui viennent arpenter les terrains en friche des
savoirs à venir.
Couverture : photo M. Sano/Zefa : maquette : Nicole Lhôte
« LES DOSSIERS SCIENCE-FRONTIÈRES »
FREDERIKA VAN INGEN
LES FINS DU MONDE
R O B E R T L A F F O N T
© Éditions Robert Laffont, S.A., Paris, 1991 ISBN 2-221-06983-8
L'auteur tient à remercier :
Jean-Yves CASGHA, pour qui « passion » rime avec
« partage »,
Nelly PÉGEAULT et Jean-Pierre VILLAIN pour leur soutien et leur présence chaleureuse,
et tous les passagers de Puy-Saint-Vincent 1990, qui, le temps d ' u n festival Science-Frontières, se sont prêtés corps et âmes à la conscience...
Préface
Ces années-là, les dieux se prenaient pour des présidents, à moins que ce ne fût le contraire, la culture se mesurait à l'aune des mètres cube de béton des « Grands Travaux » enluminés au laser et réalisés au rythme endiablé de musiques qu 'on vou- lait à toute force fédératrices, la télévision empruntait à Huxley et Orwell tout ce qu'ils avaient pu cauchemarder de pire en envi- sageant l'avenir auquel ils échapperaient, tandis qu'à la radio un instituteur malheureusement raté, en se prenant pour une nouvelle pythie à borborygmes actualisés, découvrait les joies subtiles de la servilité tout en fascinant un directeur dont la créa- tivité s'arrêtait exactement aux limites du miroir qu'il avait dis- posé en face de son nombril...
Bref, l'État c'était ça, celui des lieux comme l'autre, et la foule amorphe, comme hypnotisée, regardait s'écrouler de manière étrangement apathique des idéaux qu 'elle n 'avait jamais eus que dans les sondages, ces thermomètres enfoncés avec une étonnante voracité périodique dans sa gorge, comme si, para- doxe, on avait en réalité voulu la baîllonner...
Pendant ce temps-là, banalité des banalités, on mourait tran- quillement tous les jours partout sur la planète: poignardé à Jérusalem, torturé à Koweit, embastillé à Pékin, en toute séré- nité pourvu que le petit écran puisse sanguinoler à loisir.
Ces années-là donc, tout allait pour le mieux dans le meil- leur des mondes. Et qui s'en serait plaint puisqu'on n'avait rien d'autre à nous proposer.
Évidemment, il y avait bien la presse. Mais les journaux dits de gauche titraient sur le sexe, les sectes et l'incidence de la
bave des crocodiles sur les crues du Nil et l'Architecture de l'An 2000, quand ceux dits de droite groupusculaient à l'envi en omettant d'aller fouiller dans les fausses factures à usage élec- toral de leurs voisins. Donc tout allait bien. La preuve: on com- mençait à échanger des morceaux de la roche de Solutré au cours de ceux du Mur de Berlin; la Reine médiatique quand même.
Or donc, c'est dans ces années-là que se manifestèrent quel- ques intérêts, disparates d'abord, plus nombreux ensuite mais terriblement confus, pour des mesures anodines de teneurs en pesticides dans les plantes, en mercure dans les poissons, en radioactivité dans l'air ou dans l'eau... On se mit à parler de réchauffement, d'effet de serre, de modification des climats;
en fait, on découvrait, mais on ne le savait pas encore, que la fin du monde, celle de notre monde, était possible. Plus exac- tement, des fins du monde l'étaient. Et même si rien n'était cer- tain, la probabilité était devenue non nulle, à l'insu de tous.
A l'insu ? Pas vraiment, parce qu'après tout l'espèce humaine aussi peut disparaître.
Comme d'autres l'ont déjà fait.
C'était l'essentiel, et tout le monde l'avait oublié.
Jean-Yves Casgha
La Science. Un monde de questions, de réponses, de causes, d'effets, de phénomènes étranges, où le rationnel, pris à son propre jeu de questions et de réponses, atteint lui-même parfois les limites de l'entendement humain. Un monde peuplé d'hommes et de femmes, armés de leurs connaissances et de leur imagination, qui redessinent peu à peu les contours du monde familier, celui que nous voyons, le nôtre, le leur, celui de l'humanité.
Et derrière les microscopes, les télescopes, les calculs des ordina- teurs et autres outils technologiques, un nouveau monde émerge.
Celui de l'infiniment petit où l'on découvre des particules invisibles et insaisissables, comme le neutrino, qui, en permanence, traverse notre peau, les objets qui nous entourent, ou encore les planètes, comme si tout cela n'existait pas. Et de la masse de cette particule pourrait dépendre l'avenir de l'Univers, nous disent les astrophysi- ciens. Fou !
Il y a dans le ciel, loin, très loin, au-delà de ce que nous voyons à l'œil nu, un grand nombre d'astéroïdes, et l'hypothèse que l'un d'entre eux vienne s'écraser sur la Terre n'est pas à écarter.
L'astre, qui se lève tous les jours à l'est et se couche le soir à l'ouest, dispensant au passage ses rayons appréciés par les amateurs de bronzage, est une boule de gaz en fusion. C'est une étoile, comme les autres, qui s'éteindra lentement, très lentement, si lentement même que le terme « lentement » est encore trop rapide.
Le temps, ce « milieu indéfini où paraissent se dérouler irréversi- blement les existences dans leur changement, les événements et les phénomènes dans leur succession », selon le Petit Robert, a aussi son échelle de grandeur. Aucune commune mesure entre celui qui déter-
mine l'heure de votre prochain rendez-vous galant et celui qu'il a fallu pour que s'organise la planète Terre telle que nous la voyons aujourd'hui. « Si l'obélisque de la Concorde représente l'histoire de la Terre, raconte Théodore Monod, le célèbre naturaliste passionné du désert, vous mettez à son sommet un ticket de métro : c'est le qua- ternaire. Dessus, vous posez un papier à cigarettes, c'est l'homme, depuis son apparition. »
L'homme, une espèce comme les autres, disent les biologistes et les paléontologues, qui est apparu à un moment précis de l'histoire de la Terre. Autrement dit, l'homme n'est pas immortel et pourrait être victime d'une extinction massive, comme d'autres espèces l'ont été avant lui.
Mais pendant que la science nous dresse ce tableau terrible d'un monde qui semble porter en lui-même sa propre fin « naturelle », ses laboratoires, où germent les technologies de demain, sont devenus les artisans d'un monde bien perceptible, cette fois : notre quotidien.
Depuis la lampe à incandescence, qui jetait aux oubliettes la bou- gie et la lampe à pétrole à l'énergie nucléaire qui l'alimente, la science entre par la grande porte dans les maisons, qui, demain, seront les fruits des dernières découvertes technologiques. Il faut sept heures aujourd'hui pour faire le voyage que Christophe Colomb fit en neuf mois vers l'Amérique. Après des décennies de course aux armements, le stock d'armes de la planète équivaut à 4 tonnes de TNT par habi- tant. Un milliard de lignes téléphoniques, plusieurs millions de télé- copies, d'un bout à l'autre de la planète, la distance n'est plus une frontière entre les hommes. Désormais, tout va très vite, et demain n'est plus un autre jour.
Mai 1986. Le monde entier suit à la trace un nuage venu de l'Est, celui de Tchernobyl. C'est arrivé ! Là-bas, l'explosion de la centrale nucléaire a tué des hommes, brisé la vie des habitants de la région.
Ici, on fait croire que le nuage radioactif pourrait s'arrêter à la fron- tière. On savait bien que le nucléaire était une énergie d'une puissance difficilement imaginable. On savait aussi que ceux qui la géraient étaient des hommes et que l'erreur humaine était possible. Mais là, il ne s'agissait plus d'une hypothèse.
Quatre ans après, les images sont poignantes, terribles. Un mor- ceau de planète est mort. Mort? Pour quelques siècles, seulement.
Pour quelques siècles qui verront passer des générations d'enfants qui deviendront des hommes, ou des femmes, qui apprendront que quel- que part, sur la planète, il y a des espaces morts, des zones interdi- tes, dont on ne doit pas franchir la limite, parce que là-bas, leurs ancêtres avaient joué avec le feu.
Depuis Tchernobyl, le temps est passé. C'était une erreur, personne n'avait voulu voir ça. Pendant ce temps, en France, on apprenait que la bougie était idéale pour les dîners intimes, mais un peu limitée pour chauffer l'eau de son bain. Et pendant que le débat se cristallisait sur la question « pour ou contre le nucléaire », sans qu'aucune recher- che ne soit faite, ce qui aurait risqué de détourner la question, ail- leurs, on cherchait d'autres formes d'énergie. Parfois, on les a trouvées, et parfois, on les a appliquées.
Puis il y a eu la menace de l'effet de serre. Le terrible effet de serre qui risque de transformer la Terre, entière cette fois, en véritable Cocotte-Minute, à cause du CO2 qu'émettent notamment les centra- les thermiques.
Si bien qu'on en est arrivé à qualifier le nucléaire d'« énergie pro- pre ». Pour cela, il suffit en effet de faire abstraction des risques, d'une part, et d'autre part, des déchets : un bon million de mètres cubes radioactifs pour trois cents ans à plusieurs milliers de siècles, dont on ne sait pas encore quoi faire, sont attendus en France pour l'an 2000.
Ce n'est pas la fin du monde, certes, mais c'est un problème avec lequel il faudra faire, désormais. Un problème parmi les autres. De l'explosion démographique au désert qui s'étend, en passant par les pollutions, chroniques ou accidentelles, reste à espérer qu'en les addi- tionnant tous, ils n'atteignent pas les capacités limites de ce que peut supporter la planète, et bien avant elle sans doute, de ce que peut sup- porter l'homme. Une capacité limite, d'ailleurs, que personne ne connaît.
Car lorsqu'on l'interroge, la science se borne à rappeler le rôle qu'elle s'est assigné : elle observe, elle reproduit, elle constate. Puis la technologie utilise ce que la science a découvert, et les hommes le consomment.
« Ce qui est le plus redoutable dans la science, c'est quand elle avance toute seule, en perdant toutes ses racines ; alors, elle va n'importe où », remarquait le botaniste Jean-Marie Pelt lors du VIle Festival Science-Frontières à Puy-Saint-Vincent, en janvier 1990.
Ses racines ? Ce sont ceux qui la font vivre, autrement dit les hom- mes et leurs cultures, poussés sur le terreau aussi complexe qu'éton- nant du monde qui les entoure. Monde visible, bien entendu, mais aussi monde invisible, comme celui qui grouille au cœur de nos cel- lules, a u j o u r d ' h u i exploré comme un objet de recherche. Et bientôt, si on n'y prend pas garde, utilisé et consommé à volonté grâce à la génétique. Le mot « technologie » est déjà prononcé, et le « bio » qui le précède — du grec « bios », vie — lui confère une prétention à peine voilée.
Là non plus, la science ne sait pas si sa technique est dangereuse.
Il arrive q u ' o n ne sache pas qu'une voiture est dangereuse tant qu'elle n ' a pas roulé. D'ailleurs, même si elle ne l'est pas, un seul pilote, émé- ché ou lucide, suffit parfois à la transformer en bolide incontrôlable.
Parce que a u j o u r d ' h u i plus que jamais, grâce aux sciences et aux techniques, l ' h o m m e est à la fois pilote et artisan du monde de demain, et qu'il possède les outils capables d'y mettre fin, il est urgent d'explorer j u s q u ' o ù va sa puissance, et où sont ses limites.
Parce que des faits sont là, des éléments se recoupent, s'apostro- phent, se rejoignent, qui tissent peu à peu la toile de fond de notre avenir, et qu'il est urgent de s'en préoccuper.
Ils étaient forts, ils étaient grands, ils dominaient la planète.
Si forts et si grands qu 'aucune espèce ne parvenait à pren- dre le dessus. Certains étaient plus petits, ou plus faibles, mais leur groupe régnait incontestablement sur tous les autres. Certains ne se déplaçaient pas, d'autres voyageaient beaucoup, à travers tous les continents.
Pourtant, ils ont tous disparu, un à un, jusqu'au dernier, emportant avec eux d'autres espèces bien moins célèbres, et ne laissant pour seule trace que de vieux os fossilisés.
Il y a 65 millions d'années, les dinosaures se sont éteints. Les chercheurs, avec toutes leurs valises remplies de connaissan- ces et d'imagination, se penchent aujourd'hui sur l'une des plus grandes catastrophes écologiques qu'ait connue la pla- nète. Et si l'histoire se répétait?...
Voyage scientifique au cœur d'un grand mystère, ou autop- sie d'une disparition :
?
— 230 millions d'années. La Pangée, supercontinent qui regroupe toutes les terres émergées, va bientôt se diviser en deux : le Gondwana, au Sud, et la Laurasie, au Nord. Les Thé- codontes, groupe de reptiles apparus un peu plus tôt à la fin de l'ère primaire, accomplissent une véritable révolution : ils ne rampent plus, ils marchent. Ils peuvent redresser leurs membres reptiliens pour prendre leurs jambes à leur cou.
Peu de temps après, ils donnent naissance à un groupe par- ticulièrement étonnant, les dinosaures. Ils sont bipèdes ou qua- drupèdes. Certains vivent en troupeau, d'autres en solitaire. Les plus gros, à l'éclosion des œufs, pèsent une vingtaine de kilo- grammes. Ils vont ensuite devoir grossir 2 500 à 3 000 fois, 60 fois plus qu'une petite baleine ou qu'un petit éléphant, avant d'atteindre l'âge adulte. Parmi les plus gros, le Brachiosaurus, le « reptile à bras ». Il mesure environ 12 mètres (ou 2 girafes et demie) et pèse au moins 50 tonnes (10 éléphants). Plus grands encore, Supersaurus et Ultrasaurus. Ils pèsent chacun plus de 100 tonnes... A leurs pieds, d'autres dinosaures, bien plus petits, et aussi des grenouilles, des crocodiles. Au-dessus de leur tête, de petits lézards planent d'arbre en arbre, au milieu des pre- miers Ptérosaures, avec leurs ailes de peau. Mais les dinosau- res dominent incontestablement la planète.
Puis le Gondwana se divise, et lentement, les continents vont prendre des formes qui commencent à ressembler à notre globe actuel. Les oiseaux sont apparus, ainsi que les mammifères. Les dinosaures s'adaptent et continuent même à se diversifier. Les
Hypacrosaurus, à « bec de canard », ont fait leur entrée.
D'autres s'arment de plaques osseuses, ou de cornes.
Puis, soudain, c'est le flou total. Les sédiments qui se sont déposés tout au long de l'histoire des dinosaures ont permis de les connaître grâce aux fossiles. Et brusquement, dans ceux qui marquent la fin de la période crétacée, à la limite entre l'ère secondaire et l'ère tertiaire, il n'y a plus un seul os de dinosaure.
Les roches se taisent et leur silence est formel. Les paléontolo- gues l'expliquent facilement : c'est à ce moment-là que les dino- saures se sont éteints, il y a environ 65 millions d'années. Au bout de 130 millions d'années de règne ininterrompu, les 700 espèces de dinosaures qui avaient dominé la planète ont disparu, une à une, en quelques dizaines de milliers d'années, jusqu'au dernier de leur représentant.
Mais trop de silence nuit. Et si la Terre a soigneusement gardé la trace des dinosaures pendant des millions d'années, celle des causes de leur disparition n'existe que sous forme d'indices. Ce qui n'a pas manqué d'attiser les imaginations et d'intriguer les scientifiques.
Évidemment, les hypothèses les plus folles ont été émises, plus farfelues les unes que les autres. Ces imbéciles n'auraient pas respecté les bases mêmes de l'écologie : les dinosaures carnivores auraient mangé les herbivores, puis seraient morts de faim. Les petits mammifères, atteints d'une inexplicable et soudaine bou- limie, auraient mangé tous leurs œufs. Ils seraient devenus si gros e; si maladroits qu'ils n'auraient pu ni se déplacer ni se reproduire. Et c'est vrai qu'ils étaient tellement gigantesques qu'on peut se demander comment une colonne vertébrale de 20 m de long pouvait soutenir un corps aussi énorme, sans qu'ils souffrent de tassements de vertèbres ou de lumbagos...
Appliqué aux hommes, ce type de désagrément serait fort pro- bable. Mais même si cela peut expliquer leur disparition, un lumbago aurait-il attendu 130 millions d'années d'existence, de reproduction et d'évolution, pour se manifester ? En admettant que les dinosaures aient été des ratés de la création, ils seraient
morts bien plus tôt, victimes de la dure loi de la sélection naturelle...
Autre problème de santé, toujours attribué à leur taille : leur petit cœur n'aurait pas eu la force d'irriguer leur immense corps, et le sang n'aurait pas pu atteindre leur cerveau. Imagi- nez ces monstres mourant dans d'atroces douleurs, le bout du nez et les doigts de pieds pétrifiés par une mauvaise irrigation...
Mais, coup final porté à ces théories saugrenues, à l'époque de leur disparition, les dignes représentants des dinosauriens n'étaient pas tous géants.
Alors, puisqu'ils n'avaient pas la même taille, il fallait donc leur trouver un point commun. Ce fut chose faite : tous avaient une petite tête, donc un petit cerveau. Une minuscule prunelle où ne pouvait se loger la moindre intelligence. Selon toute logi- que, ils étaient donc stupides. Une stupidité qui les aurait conduits à un suicide collectif. Mais 130 millions d'années pour se rendre compte qu'on est stupide, c'est effectivement être très stupide.
Mais, visiblement, les dinosaures n'étaient pas tarés. Seule solution : ils ont été victimes de leur environnement. Une épi- démie? Pourquoi pas. Mais il est rare de rencontrer un virus qui décime toutes les populations, sans distinction d'espèces ni de genres. Autre assassin potentiel : les plantes à fleurs, qui se sont justement épanouies sous le règne des dinosaures, il y a 100 millions d'années. Le régime des herbivores se constituait jusqu'alors de prêles, de fougères et de conifères. Voyant poin- dre ces fleurs aux couleurs alléchantes, ils se seraient rués sur les exquises, mais leur venin caché — en admettant qu'elles aient été toxiques, comme certaines le sont aujourd'hui — les aurait empoisonnés. N'ayant plus d'herbivores à se mettre sous la dent, les carnivores en seraient morts.
Quelles que soient ces hypothèses, et pour autant qu'elles aient un soupçon de crédibilité, il y a tout de même une chose qu'aucune d'entre elles n'explique: c'est que les dinosaures n'ont pas disparu tout seuls. Avec eux, les ammonites, les
a avancé, et au fur et à mesure qu'on a fait des erreurs, on a rectifié. La question est de savoir si la force des sciences et des techniques n'est pas telle qu'un jour, il faille prévoir les consé- quences avant de commettre l'erreur. »
L ' h o m m e face à ses gènes : cobaye et apprenti sorcier Lentement, imperceptiblement, la science a fait irruption dans notre vie quotidienne. En un siècle environ, la mort s'est retran- chée derrière les murs des hôpitaux, et sur les états civils, les lieux de naissance sont aujourd'hui urbains, puisqu'on naît désormais en clinique. Les progrès de la médecine moderne ont épargné des vies. Ils l'ont aussi considérablement prolongée. La médecine est devenue un instrument indispensable et incontour- nable, un incontestable progrès. Et aujourd'hui, dans nos pays occidentaux, on confie son corps (voire parfois son âme) à la science en toute confiance et toute sécurité.
Mais pendant que la mort, même cachée et aseptisée dans les hôpitaux garde toujours ses mystères, le secret biologique de la vie se fait jour peu à peu, et la technique s'en empare lentement, même si le pourquoi est toujours sans réponse.
En 1953, James D. Watson, Maurice Wilkins et Francis Crick décrivaient pour la première fois la structure de l'ADN caché au cœur de nos cellules. Ils découvraient que là étaient précieu- sement gardées toutes les informations génétiques sur l'être à venir. Dans chacune de nos cellules, sur une longue molécule d'ADN (1,90 mètre chez l'homme si on la déroulait), les 4 molé- cules de base (symbolisées par les 4 lettres, A, T, G, et C) se succèdent dans un certain ordre, et forment un texte, un code, qui détermine les caractères propres à chaque individu, de la forme de sa bouche à la couleur de ses yeux en passant par d'éventuelles maladies héréditaires. Dans un œuf fécondé, il peut y avoir jusqu'à 3 ou 4 milliards de lettres chimiques, qui copiées ensuite jusqu'à un million de milliards de fois, iront trouver leur siège et faire leur travail au cœur des cellules.
Une grande partie — environ 90 % — de cet ADN est encore inconnue et on ignore toujours sa fonction. Mais on estime d'ores et déjà qu'il existe entre 50 000 et 100 000 fragments d'ADN humain, c'est-à-dire, 50 000 à 100 000 gènes blottis dans nos 46 chromosomes. A l'heure actuelle, environ 4 500 ont été identifiés et 1 500 localisés.
Cela dit, si l'on recense aujourd'hui 3 500 maladies qui seraient dues à une anomalie génétique, comme le diabète, la myopathie, l'hémophilie, ou encore certains cancers, quelques dizaines seulement des gènes correspondants à ces maladies ont été localisés, identifiés et étudiés à l'heure actuelle.
En 1985, des chercheurs américains ont donc lancé une idée folle : déchiffrer l'intégralité du génome humain. Autrement dit séquencer une succession de plus de 3 milliards de lettres chi- miques contenues dans nos chromosomes. Un travail colossal, qui devrait durer, selon les biologistes, quelques dizaines d'années si des techniques nouvelles viennent à leur secours, puisque au rythme des méthodes actuelles, il faudrait compter au moins un siècle. Aujourd'hui, l'Europe, le Japon et les États- Unis se proposent donc de mettre « en carte » le patrimoine génétique de l'humanité.
Avec, à la clé, l'espoir de comprendre le fonctionnement moléculaire du vivant, de l'évolution des espèces au vieillisse- ment, et peut-être de dépister et de prévoir les maladies géné- tiques humaines.
Mais une fois séquencés, il faudra analyser ces gènes. Car de la même façon que localiser l'Australie sur une carte ne suffit pas à décrire son relief, le séquençage de l'ADN humain ne signifie pas connaître la structure de ses gènes : un décryptage plus approfondi sera donc nécessaire pour pouvoir établir leur fonction et leur rôle éventuel dans certaines maladies.
Bref, le décryptage intégral de notre patrimoine génétique est loin d'être terminé, et en attendant, d'autres chercheurs optent pour une méthode différente: repérer en priorité les zones
« actives » du génome. Ainsi, en 1986, la découverte du gène de la myopathie de Duchenne, rendue célèbre par les médias et le téléthon annuel, laissait entrevoir l'espoir de comprendre les mécanismes de cette maladie et d'envisager l'élaboration d'une thérapie. Puis ce fut le tour du gène responsable de la muco- viscidose, du diabète, etc. Au total, 3 500 à 4 000 maladies héré- ditaires possèdent leur gène caché qui reste à découvrir.
Exemple : les cancers. On estime qu'entre 1 et 5 % d'entre eux seraient héréditaires. Depuis quelques années, les cancéro- logues ont découvert les oncogènes, responsables de la mala- die. Habituellement « utiles », notamment lors de la division des cellules au moment du développement de l'embryon, ces gènes sont soudain activés, soit sous l'influence de facteurs externes — rayonnements, produits chimiques — ou d'un dysfonctionnement interne et provoquent une tumeur. Puis on a découvert les anti-oncogènes. Autrement dit, des gènes qui empêchent la division et la prolifération cellulaire. Une ques- tion d'équilibre, en quelque sorte. Une tumeur peut donc pro- venir soit de l'activation d'un oncogène, soit de la désactivation d'un anti-oncogène. En fait, dans les cancers héréditaires, il semblerait que ce soit ce second gène qui soit défectueux. Reste que la découverte de cet anti-oncogène peut laisser entrevoir une autre façon de guérir les cancers : au lieu d'empêcher l'hyper- activité de l'oncogène, il suffirait de lui opposer son contraire.
Si ce mode de traitement n'est encore que théorique, les gènes viennent de faire leur entrée dans le domaine de la thérapie du cancer, mais par une autre porte. Le 19 janvier 1989, l'Insti- tut national américain de la santé (NIH) autorisait l'équipe du Pr Steven Rosenberg à faire une expérience de greffe de gène sur des malades du cancer. Quelques mois plus tard, un gène étranger était implanté pour la première fois dans un corps humain. Le but n'était pas de le guérir. Il ne s'agissait que d'une expérience, et comme le demandait le NIH, l'espérance de vie des dix malades en question ne dépassait pas quatre-vingt-dix jours.
Les 10 patients ont donc reçu des injections de leurs propres
cellules prélevées auparavant, et enrichies d'un gène bactérien, qui, en temps normal, protège sa détentrice — la bactérie — contre un antibiotique : la néomycine. La greffe de ce gène à des globules blancs issus de la tumeur devait permettre de sui- vre à la trace leur parcours, et après prélèvement de cellules, de vérifier s'ils avaient bien diffusé leur message. Pas de but thérapeutique, donc, puisqu'il s'agissait simplement de savoir si cela était possible.
C'était possible. En août 1990, on répétait l'expérience, mais cette fois, en grandeur nature. Avec un vrai gène activant la production d'une substance antitumorale répondant au nom de TNF, un vrai rétro virus — ou virus désactivé — chargé de s'intégrer aux chromosomes des globules blancs, eux-mêmes dopés à l'interleukine 2 pour activer leurs réactions immunitai- res, et réinjectés dans la tumeur. Là, les globules devraient se multiplier, les gènes s'exprimer et le TNF attaquer la tumeur.
Ces hypothèses restent à vérifier, bien entendu, tout comme celle de l'innocuité à long terme du retrovirus utilisé comme
« cheval de Troie » pour introduire le gène dans la cellule.
Au même moment, le NIH donnait également une autorisa- tion pour l'expérimentation d'une thérapie génétique destinée aux « enfants-bulle ». Dès leur naissance, ces enfants sont vic- times de l'absence d'un gène, qui contrôle la fabrication d'une enzyme, l'adénosine déaminase ou ADA, essentielle pour le bon fonctionnement des défenses immunitaires de l'organisme. Ils doivent donc vivre dans un milieu totalement stérilisé. Le trai- tement consisterait à greffer des gènes codant pour cette enzyme sur les globules blancs des malades, et de les leur réinjecter.
Ensuite, selon le schéma espéré, ces globules devraient égale- ment se multiplier et sécréter l'enzyme salutaire.
Bien entendu, toutes ces manipulations ne concernent que des cellules somatiques, comme celles du sang, de la moelle, ou de toute partie du corps non impliquée dans la reproduction. Pas question de toucher aux cellules reproductrices, car ce serait alors toute la descendance, l'espèce, qui serait modifiée. Dans
les laboratoires, ce type d'intervention a lieu sur des animaux.
Mais si modifier le génome humain est techniquement possible, le plus difficile serait sans aucun doute de le reconstituer. Et si un Frankenstein moderne ne commet pas de dérapage incon- trôlé, le patrimoine génétique humain devrait rester intact.
A moins que, pris dans l'élan du formidable essor de la méde- cine triomphante, le glissement ne se fasse sans que personne n'y prenne garde, et que tout le monde y participe.
Hier, la médecine soignait. Elle soigne encore. Puis, elle a appris à prévenir, notamment grâce aux vaccins. Elle prévient encore. Mais aujourd'hui, elle prévoit. « Dans l'idée de préven- tion, on évite que des maladies apparaissent, remarque Philippe Marlière, généticien à l'Institut P a s t e u r Les médecines pré- dictives, elles, vous disent : "vous avez des prédispositions, elles vous échappent, mais nous avons les moyens de les prédire." » Aux États-Unis, le marché potentiel d'examens génétiques et de tests de prédispositions est estimé à environ 1 milliard de dol- lars pour 1992.
Si pour l'instant, on ne lit pas dans les gènes comme dans un livre ouvert, les généticiens ont remarqué la présence de « mar- queurs génétiques », qui sembleraient statistiquement associés à des maladies. En clair, ils ont repéré des marqueurs qui ont toutes les chances d'indiquer une prédisposition, par exemple, à une maladie cardio-vasculaire, rhumatismale ou au cancer.
Prévoir de tels risques peut évidemment permettre de les pré- venir. Difficile cependant, dans le cas, par exemple, de la chorée de Huntington, maladie neurologique incurable qui se manifeste aux environs de la quarantaine, de déclarer à une personne saine qu'elle en sera atteinte 10 ou 20 ans plus tard.
Sans compter les éventuelles récupérations à des fins autres que médicales de ces connaissances encore balbutiantes. « Il y a déjà eu des cas de tests à l'embauche qui se sont faits ainsi, note Philippe Marlière. Au Japon, aux États-Unis, certaines entreprises chimiques ont déjà pratiqué des tests génétiques à
* Association « Génétique et Liberté » (voir adresse en annexe).
l'embauche. Ce n'est pas très précis, évidemment, mais on pourra dire, par exemple, qu'une personne a 30 % de chances de développer un cancer. De là à préférer l'embauche de celui qui risque le moins plutôt que de renforcer les procédures d'hygiène et de sécurité, il n'y a qu'un pas. » Qui pourrait être franchi également par les assurances, qui demandent déjà, dans bien des cas, des bilans de santé.
« Quand un employeur embauche quelqu'un, on ne va pas lui demander des comptes, ajoute Franck Bourrat, neurobio- logiste à l'hôpital de la Salpêtrière et chargé de recherche à l'Inserm. La génétique fait passer la question de l'aptitude à la potentialité. Pour piloter un avion, on ne va accepter quelqu'un qui présente des problèmes de santé. C'est normal. Mais avec la génétique, vous n'avez rien, vous êtes en bonne santé, et on va décréter que vous risquez, par exemple, de développer une maladie neurologique. »
Il ne s'agit là que de dégager, de façon très aléatoire, des pré- dispositions à des maladies. Reste que les chercheurs sont curieux, très curieux, et qu'on est en droit de se demander jusqu'où va ce merveilleux catalogue que constitue le génome.
Y est-il inscrit, via des « marqueurs génétiques », que son propriétaire aurait des tendances à être dépressif? Ou encore qu'il aurait un faible pour la bouteille ? Des questions, qui, bien entendu, trouveront toujours un chercheur curieux à qui se confronter. Même si, parfois, on aimerait mieux ne pas en con- naître la réponse...
Ainsi, en 1990, deux équipes de chercheurs américains des universités de Californie et du Texas ont annoncé les résultats d'une étude menée sur 35 alcooliques et 35 non-alcooliques décédés : ils y ont découvert un gène présent chez 77 % des alcooliques, et chez 28 % des non-alcooliques. Est-ce à dire que les alcooliques sont « génétiquement déterminés », et que les 28 % de sobres auraient fait preuve d'une terrible volonté face à leur propre nature ? Rien n'est moins sûr et mieux vaut modé- rer les interprétations des résultats de cette étude. Car comme
chacun sait, l'alcoolisme est bien souvent déterminé par l'envi- ronnement social et par une foule d'événements extérieurs.
Mais la nouvelle n'est pas restée sans effet, puisque peu de temps après, les fervents défenseurs américains de la lutte contre l'alcool annonçaient la possibilité, d'ici quelques années, de pra- tiquer des tests sanguins pour repérer les futurs alcooliques. Et très franchement, il est plutôt difficile d'imaginer ce que serait la vie quotidienne d'un pauvre personnage qui n'a rien demandé se sachant affublé de ce gène pas très clair au plus profond de ses chromosomes... Entre déterminisme et prédisposition, le gène pourrait bien semer la confusion. Reste que dans l'expé- rience, 28 % des détenteurs du gène n'étaient pas alcooliques, et que 23 % d'alcooliques n'avaient pas l'alcoolisme dans les gènes. Preuve que la science de la conscience n'est pas aux mains de la génétique.
Seulement voilà : avant de débattre avec sa conscience, avant d'avoir à faire à la science, dans l'ordre chronologique des cho- ses, tout être humain est d'abord un bébé. Et avant d'être un bébé, il a été un embryon. Et dans ce domaine aussi, la science arrive au grand galop.
D'abord, il y a eu l'échographie. Grâce à elle, le fœtus pou- vait être suivi de près tout au long de son développement. Puis il y a eu l'amniocentèse, qui permet, grâce au prélèvement de liquide amniotique de l'enveloppe embryonnaire, de détecter plus précisément les anomalies du fœtus. Des techniques récen- tes, mais qui sont aujourd'hui utilisées couramment, instru- ments indispensables du diagnostic prénatal, qui permet d'accumuler des connaissances sur ce que sera l'enfant à naî- tre, voire de permettre à des couples « à risques » d'avoir des enfants. En cas de problèmes, on peut procéder à un avorte- ment dit « thérapeutique ».
Une lacune cependant : grâce à l'amélioration du diagnostic prénatal, la liste des « problèmes » rencontrés est de plus en plus vaste. Exemple : on peut très facilement repérer un bec-de- lièvre, une affection que l'on sait parfaitement corriger aujourd'hui. Mais comme le remarque Philippe Marlière : « Un
médecin pourra très bien dire à la mère : "Statistiquement, le bec-de-lièvre est corrélé à des malformations cardiaques. Donc votre enfant a des risques d'avoir ces malformations." » Les limites de l'avortement thérapeutique, on le voit, sont déjà dif- ficiles à poser.
Mais il y a pire. On s'est ainsi aperçu qu'en Inde, ces métho- des modernes ont été mises au service de pratiques sociales plus anciennes. Sous couvert d'amniocentèses apparemment anodi- nes, les rapports gouvernementaux estiment que, dans la région de Bombay, entre 1978 et 1982, 8 000 à 10 000 fœtus féminins ont été éliminés, parce qu'ils étaient féminins, et qu'en Inde, les filles coûtent plus qu'elles ne rapportent. En 1983, l'État fédéral interdit l'utilisation de diagnostics prénataux à des fins de choix de sexe. Il semblerait cependant que ce soient les cli- niques privées qui en aient pris le relais. En 1988 enfin, l'État de Maharasthra, autour de Bombay, interdisait ces pratiques.
Bien entendu, cela se passe très loin, et ce n'est pas la techni- que qui est dangereuse, mais l'utilisation qu'on en fait. Cepen- dant, il y a d'autres pratiques, dans les pays occidentaux cette fois, que la médecine moderne pourrait éloigner du regard, et par la même occasion, volontairement ou non, faire sombrer dans l'anonymat et la banalité.
En 1799, la première insémination artificielle a lieu en Angle- terre. Pendant un siècle et demi, la technique ne fait pas recette.
Moins de deux siècles plus tard, on l'utilise à l'intérieur et à l'extérieur des couples, avec un sperme de donneur en cas de stérilité masculine : environ 20 000 enfants sont nés en France de l'IAD (Insémination artificielle avec donneur) depuis 1973.
Le 25 juillet 1978, au Oldham General Hospital en Angle- terre, naît Louise Brown. A peine née, on en parle déjà dans le monde entier. On relègue définitivement au placard les his- toires de roses et de choux: désormais, les bébés se font dans des éprouvettes. On peut « créer » un individu hors du corps, en s'affranchissant de la sexualité, et la rencontre entre sper- matozoïdes et ovule n'est plus l'apanage du corps féminin. Le principe est simple : les œufs fécondés en éprouvette retournent
dans l'utérus au bout de deux jours, quand ils comptent quatre cellules. En 1982, la France voit naître « son » bébé-éprouvette, Amandine. Depuis, environ 12 000 bébés issus de la féconda- tion in vitro (FIV) ont vu le jour.
Ces pratiques de procréations médicalement assistées (PMA) ont vu se développer un nombre considérable de techniques nouvelles. Sur le plan de la procréation déjà, on propose des interventions adaptées à chaque type de problèmes. Du GIFT (de « Gametes Intrafallopian Transfer »), où l'on prélève l'ovule et les spermatozoïdes, pour les remettre après traitement et vérification dans les trompes, au TOAST (de « Transcervi- cal Oocyte And Sperm Transfer »), où le même mélange est replacé dans l'utérus en passant par le col, on compte plus de 20 sigles désignant le type d'opération, de cellule, d'organe, et de chemin utilisés.
Sur le plan des techniques destinées à améliorer la réalisation de ces pratiques, ensuite, il y a notamment la congélation des embryons : grâce à une stimulation ovarienne de la mère, on peut recueillir jusqu'à 10 ou 20 (le record est de 48 au lieu de 1 lors d'un cycle naturel) ovocytes — ou œufs non fécondés ; et une fois mis en présence des spermatozoïdes, on recueillera plus d'œufs fécondés que nécessaire. Pour éviter une seconde stimulation ovarienne de la mère, ces embryons peuvent être congelés. Ils seront réutilisés en cas d'échec de la FIV, « gar- dés pour plus tard », ou jetés, ou donnés. Quelque 300 bébés issus d'embryons congelés sont déjà nés en France.
En attendant, on va injecter plusieurs embryons — entre 3 et 5 selon le Centre de procréation assistée choisi — pour être sûr que l'un d'entre eux s'installe. Bien entendu, il arrive que plusieurs s'accrochent. On peut alors procéder à une « réduc- tion embryonnaire », autrement dit, éliminer ceux qui sont en trop... Mais il arrive parfois que ce qu'on n'attendait pas arrive malgré tout : les grossesses multiples sont 25 fois plus fréquentes après fécondation in vitro que dans la nature.
Depuis son invention, les indications de la fécondation in vitro se sont élargies. Selon Jacques T e s t a r t 80 % des cou- ples aujourd'hui traités en fécondation in vitro ne correspon- dent pas aux indications prévues initialement : absence de trompes ou trompes bouchées. Des erreurs de diagnostic ou des délais d'attente trop courts pour un retour de fécondité, notam- ment après contraception, se sont parfois glissés dans les dia- gnostics de stérilité, conduisant à une fécondation in vitro injustifiée. Mais dans l'ensemble, ces techniques de procréation, aussi médicalisées et artificielles qu'elles soient, ont permis de répondre ponctuellement aux problèmes des couples dont l'un ou l'autre des conjoints était stérile.
Hélas, dans son avancée philanthropique sur les rails de la connaissance, il arrive parfois qu'imperceptiblement, la science dévie, ou qu'elle soit déviée au hasard d'un aiguillage inattendu.
Aux États-Unis, une société privée propose, avant fécondation, le tri des spermatozoïdes pour choisir le sexe de l'enfant à venir.
Aussi incertaine et abusive soit-elle, cette technique révèle un nouvel enjeu. Demain, on agira sur de minuscules cellules qui, prises indépendamment sont incapables de survivre, sur l'infi- niment petit qui détermine le grand bonhomme à venir. Et rien ne permet de savoir si ce qui était jusqu'alors interdit sur les nouveau-nés, les vrais bébés humains en chair et en os, ne pour- rait pas être alors autorisé sur des cellules apparemment insi- gnifiantes...
L'un des avantages évidents de l'homme en matière de géné- tique, c'est qu'il fait partie, contrairement aux insectes et aux
* Jacques Testart, biologiste à l'Inserm, fut l'un des « pères » scientifi- ques du premier bébé-éprouvette français, Amandine, en 1982, mais se démar- qua de ses collègues en 1986, dans L ' Œ u f transparent, où il dénonce les indications médicales abusives et les risques liés à l'utilisation à grande échelle de la fécondation in vitro. Il récidive en 1990 dans un ouvrage collectif qu'il dirige, Le Magasin des enfants, avant de se voir démis de ses fonctions au Laboratoire de fécondation in vitro de l'hôpital Antoine-Béclère de Clamart, perdant du même coup son rôle d'observateur de première loge.
crustacés, de ce groupe d'animaux dont on peut retirer une ou deux cellules de l'embryon à un stade très précoce, sans que cela change rien à la division des cellules et à son développement.
Et dans ces cellules, il y a le fameux code génétique, le grand livre qui décrit ses caractères physiques, ou ses prédispositions à certaines maladies.
Comme des enfants devant une page d'écriture qui essaient d'en déchiffrer les syllabes, les chercheurs tentent donc d'apprendre à le lire. Mais on se prend soudain à rêver qu'ils restent analphabètes : le 19 avril 1990, au Hammersmith Hos- pital de Londres a lieu le premier sexage d'embryons humains grâce aux possibilités offertes par la fécondation in vitro. Motif : les parents n'étaient pas stériles, mais les femmes étaient sus- ceptibles de transmettre une maladie héréditaire à leurs enfants s'il s'agissait de garçons.
On les a donc soumises à la stimulation ovarienne d'usage, on a fait féconder les ovocytes, on a pris une cellule sur cha- que embryon, on l'a analysée, et on a gardé le nombre d'embryons femelles nécessaires pour la réimplantation. Avant de jeter ceux qui restaient, les chercheurs en ont conservé quelques-uns pour des recherches ultérieures.
Évidemment, la technique de sexage des embryons n'est pas encore vraiment au point, car entre la théorie, les statistiques et la pratique se glissent parfois des faits inattendus. Reste que pour la première fois, des parents ont choisi une caractéristi- que physique de leur enfant, et ceci pour des raisons thérapeu- tiques. Et rien ne dit qu'un jour, on n'accorde pas à une femme la possibilité de sélectionner un embryon aux gènes prometteurs de telle ou telle caractéristique, pour des raisons thérapeutiques, voire psychothérapeutiques... Avant l'enfant à la carte — objet de consommation, qui, par définition, est choisi par le
« client » —, c'est l'enfant sur ordonnance qui pourrait voir le jour. Mais entre la sélection « médicale » de l'embryon et la sélection sauvage, il n'y a que l'espace d'une norme dont on se demande bien sur quoi elle pourrait être fondée.
« Bientôt, à partir d'une cellule, on pourra déterminer de nombreuses caractéristiques, explique Franck Bourrât. Et le problème sera différent de celui de l'avortement. On pourra prendre une partie de l'embryon, l'analyser, et voir si ça vaut la peine de le laisser se développer ou non. »
Mais il y a aussi les maladies. D'une part, les maladies géné- tiques « monogéniques », qui sont liées à l'anomalie d'un seul gène, et d'autre part ces fameux marqueurs génétiques qui peu- vent déterminer des prédispositions. Dans le premier cas, il suf- firait donc de repérer la présence du gène correspondant à la maladie dans l'embryon pour savoir que l'enfant à venir en sera atteint, puis, s'il s'agit d'une maladie incurable, de l'éliminer.
« Avant, c'étaient les maladies qui étaient mauvaises, aujourd'hui, ce sont les gènes, remarque Philippe Marlière. Aux États-Unis, on parle d'éradiquer les mauvais gènes de l'huma- nité. Or, dès qu'on parle d'éradiquer les mauvais gènes, cela sous-entend qu'il y ait des bons et des mauvais gènes. On peut actuellement trouver des marqueurs génétiques pour certaines maladies, qui sont des maladies cruelles. Mais cela ne permet ni de comprendre les maladies et leurs mécanismes ni de les empêcher ou de les guérir. Cela permet seulement d'éliminer les porteurs de tels marqueurs, des porteurs qui ne sont pas encore nés. »
Bien entendu, de tels diagnostics permettraient, par exemple, de faire adopter à l'enfant une hygiène de vie dès son plus jeune âge, si la maladie à laquelle il est prédisposé est évitable. Mais qu'y a-t-il de plus légitime pour une mère que de vouloir avoir un enfant en pleine santé et en pleine possession de tous ses moyens ? La tentation serait grande, alors, d'abandonner la pre- mière tentative en attendant d'avoir un deuxième embryon, plus
« normal » à ses yeux. A noter que dans le cas d'une féconda- tion in vitro, il serait inutile d'attendre, puisque grâce à la stimulation ovarienne, d'autres embryons, probablement nor- maux, attendraient leur tour dans l'éprouvette à côté.
Normal : « qui est conforme au type le plus fréquent ».
Maintenant que la technique humaine est capable de sélection- ner des « êtres humains potentiels », va-t-il falloir déterminer
ce qui, dans le vivant, est normal ou ne l'est pas? Et qui pour- rait le déterminer?
De toute évidence, la science a dans les mains les instruments les plus perfectionnés qui puissent mener les hommes à un eugé- nisme à peine déguisé. Alors, bien entendu, il y a la loi, qui se trouve bien embarrassée d'avoir à statuer sur ce qu'est le vivant.
En Angleterre, le 23 avril 1990, la Chambre des Communes adoptait une loi autorisant les expérimentations sur l'embryon de moins de quatorze jours, déjà baptisé « préembryon » par les chercheurs anglais. On pourra donc pratiquer l'exploration génétique des cellules, à des fins de recherche. L'Espagne s'est déjà autorisée cette recherche depuis 1988.
La France, elle, au terme d'un moratoire de 3 ans renouvelé en 1990, sur les diagnostics génétiques sur les embryons, cher- che toujours sa voie. Le Comité consultatif national d'éthique, à l'origine de ce moratoire, réaffirmait en 1990 son opposition à ces recherches. D'une part à cause des risques de déviation vers l'eugénisme, et d'autre part parce que « les couples qui pré- sentent un risque élevé de concevoir un enfant atteint d'une maladie génétique grave peuvent bénéficier de méthodes de dia- gnostic prénatal qui ont été largement appliquées et ont fait la preuve de leur viabilité ». Mais ce comité n'est que consultatif et la France attend encore sa loi.
Seul un avant-projet de loi, le rapport Braibant, a imaginé des réponses aux nombreuses questions éthiques que posent la procréation médicalement assistée et les recherches qui en découlent. Il envisage d'éventuelles interventions sur l'œuf avant réimplantation, le don des embryons non utilisés, ou leur uti- lisation pour la recherche avant l'âge de sept jours.
Le Conseil de l'Europe, enfin, s'est timidement prononcé sur la procréation artificielle et sur ses dangers dans un rapport dénué de valeur juridique. En 1989, comme le souligne Jacques Testart, il émettait une recommandation stipulant que la recher- che sur les embryons ne doit être autorisée que s'il s'agit de
« recherche appliquée de caractère diagnostic ou effectuée à des
fins préventives ou thérapeutiques ». Autrement dit, cela empê- cherait les chercheurs de chercher dans des domaines qui ne seraient pas applicables - - ce qui est tout de même très diffi- cile à prévoir avant de commencer les recherches —, mais auto- riserait l'utilisation de cette recherche si elle est « utile » — ce qui nécessite au préalable une définition de ce qui est utile et de ce qui ne l'est pas.
Une recommandation qui, comme l'écrit Jacques Testart,
« annonce le refus de la recherche fondamentale, qui est occa- sion de savoir, et autorise les recherches appliquées, qui sont occasion de maîtrise ». C'est précisément là que cette recher- che pose problème. On le sait, les chercheurs n'aiment pas les interdictions, puisque par définition, leur travail est de chercher.
En fait, la recherche fondamentale est là pour leur permettre de chercher.
Mais la particularité de la procréation médicalement assistée, c'est que son application sur l'homme est, dans certains domai- nes, en avance par rapport à celle que l'on pratique sur les ani- maux. Pour la fécondation in vitro, la femme a précédé la vache de cinq ans. Et dans bien des domaines, les deux sont à éga- lité. Autrement dit, entre la recherche fondamentale et son application, la différence est de plus en plus floue. D'ailleurs, le taux de réussite des fécondations in vitro est parlant : entre 10 et 20 %.
Quant à la recherche sur les embryons, elle n'est possible que si un homme et une femme donnent les « ingrédients » de cet embryon. L'expérience de sexage des embryons anglais devrait permettre à des couples à risques d'avoir des filles en bonne santé. Mais c'est une expérience, qui a aussi permis à ses insti- gateurs de publier des premiers résultats. Difficile, on le com- prend, de mettre des garde-fous quand une méthode, à peine découverte, est déjà consommée. Mais si elle se propage, il est d'autant plus difficile de renier le progrès qu'elle apporte.
Comme le note Jacques Testart : « Si la médecine guérit des maladies, elle n'élimine pas la maladie ; si elle sait allonger la vie, elle n'abolit pas la mort ; si elle calme les douleurs, elle
n'assure pas le bonheur*. » La science, qui fait son entrée fra- cassante dans notre vie dès la naissance et même avant, n'est donc pas toujours « bonne », et n'a pas réponse à tout. En revanche, elle suscite des questions auxquelles, de toute évi- dence, elle ne peut plus à elle seule apporter les réponses, pour la simple raison que les chercheurs sont aussi des hommes. Mais le temps s'est considérablement raccourci entre le moment de la découverte et son utilisation à grande échelle.
La course contre la montre s'est engagée. Dépassé par l'évo- lution de ses techniques et par les utilisations qu'il peut en faire, l'homme construit la plus subtile et la plus sophistiquée de tou- tes ses armes : celle qui tue dans l'œuf. Raison suffisante pour ne pas les mettre tous dans le panier de la science au service du progrès.
* Le Magasin des enfants, ouvrage collectif dirigé par J. Testart, éd. Fran- çois Bourin.
D a n s 3, 4 o u 5 m i l l i a r d s d ' a n n é e s , le Soleil s ' é t e i n d r a . Il e m p o r t e r a avec lui u n e p l a n è t e sur laquelle la vie s'était c o n f o r - t a b l e m e n t installée t o u t a u long de son existence. L ' h o m m e sera- t-il e n c o r e là p o u r le v o i r ? A u r a - t - i l réussi à c o n q u é r i r l ' U n i - vers ? A u r a - t - i l r e n c o n t r é , a u h a s a r d de ses v o y a g e s s p a t i a u x , u n e vie e x t r a t e r r e s t r e , intelligente o u p a s ?
P a r d é f i n i t i o n , rien n ' e s t plus difficile à p r é v o i r q u e l'avenir, mais o n ne p e u t exclure de telles probabilités — ne serait-ce q u e p a r c e q u e les exclure d é f i n i t i v e m e n t signifierait q u e n o u s a v o n s les p r e u v e s d u c o n t r a i r e , et q u ' i l s ' a g i r a i t d o n c de savoir lire d a n s u n e b o u l e d e cristal.
E n r e v a n c h e , l ' a v e n i r p r o c h e , celui d u siècle, des d é c e n n i e s à venir, se dessine dès a u j o u r d ' h u i , et ses c o n t o u r s se p r o f i l e n t a u fil des d é c o u v e r t e s scientifiques, o u des c o n s t a t s a l a r m a n t s q u i d é c o u l e n t d ' u n siècle d ' i n d u s t r i a l i s a t i o n sans g a r d e - f o u s .
Le 17 février 1600, à l ' a u b e à p e i n e n a i s s a n t e de la science m o d e r n e , u n h o m m e est b r û l é v i f à R o m e . Il se n o m m e G i o r - d a n o B r u n o , il est m o i n e d o m i n i c a i n , et il a a f f i r m é q u e l ' U n i - vers était infini et q u ' i l était p e u p l é d ' u n e infinité de m o n d e s a n a l o g u e s a u n ô t r e . Si l ' U n i v e r s est infini, dit-il, c'est parce q u e D i e u est infini et qu'il n ' a u r a i t su créer u n m o n d e fini. Ses argu- m e n t s , o n s ' e n d o u t e b i e n , a u r a i e n t fait g e n t i m e n t s o u r i r e les scientifiques d ' a u j o u r d ' h u i . C ' é t a i t l ' a u b e de la science m o d e r n e . P e u a p r è s , des Galilée, des K e p l e r et des N e w t o n allaient j e t e r les b a s e s d ' u n m o n d e n o u v e a u , t r a n s g r e s s a n t les
certitudes acquises de la religion, qui allaient bientôt être reje- tées en bloc. La science pouvait suivre son cours, jalonné de temps à autre de querelles internes, mais offrant toujours à l'homme plus de confort, plus de bien-être dont il s'accommo- dait très bien.
Aujourd'hui, les scientifiques ne sont plus ces personnages tristes, hirsutes, bizarres ou incompréhensibles gravés dans nos mémoires par des manuels scolaires tout aussi tristes et à peine plus compréhensibles. Plus que jamais, ce sont des hommes, des hommes très curieux, passionnés, qui dans leurs tours d'ivoire, passent des années à traquer l'objet de leur convoitise.
Et quand les portes s'ouvrent, quand y entrent les capitaux, suivis ou non de la demande du public ou d'un choix politique, on ne sait plus très bien s'il s'agit de la science au service des hommes ou des hommes au service de la technologie. Les agri- culteurs, entre autres, en font aujourd'hui les frais.
Dans un superbe tour de passe-passe, après un fabuleux lif- ting, la science sort des laboratoires toute fraîchement étique- tée du label « technologie de pointe ». Ni vu ni connu, elle est déjà objet de consommation. Quant à définir ce qui est utile ou ce qui ne l'est pas, — choix qui ne peut, en aucun cas, être objectif —, c'est une question qui ne se pose plus une fois qu'une technique, ou un « progrès » est acquis.
Le vivant, jusqu'alors attaqué de l'extérieur, est aujourd'hui assailli de l'intérieur. Concevoir un embryon comme un objet pour lequel on choisit — ou pour lequel on préfère, ce qui revient au même — certaines caractéristiques, c'est déjà le concevoir comme un produit de sa volonté ; c'est concevoir l'homme, et donc soi-même, comme un produit. Peut-être est-ce aussi concevoir 4 milliards d'années d'évolution de la vie et la nature qui nous entoure, comme des produits purs et simples, destinés à la consommation.
Alors, les fins du monde? Ses germes sont là. Certains enta- ment déjà insidieusement la nature. D'autres sont plantés
au-dessus de nos têtes, comme des épées de Damoclès. Et puis, il y a les fins fatales, qui sont très éloignées de nous, auxquel- les des scientifiques passionnés veillent déjà, mais qui nous lais- sent encore beaucoup de temps ; celui, peut-être, d'envisager d 'autres fins, non pas des fins dues à des moyens trop lourds et parfois incontrôlables, mais des fins qui justifient les moyens, dont le choix réfléchi est déjà une fin en soi...
Index
ADN: 181 à 196, 201 à 203.
Agriculture: 105, 112 à 118, 159, 174 à 177, 186.
Agriculture biologique: 177 à 181, 194.
Astéroïdes, météorites: 26 à 30, 33, 44, 52.
Big Bang : 48, 49.
Biosphère: 158, 164 à 168.
Biotechnologies: 185 à 201.
Bruit: 141, 142.
CFC : 22, 142 à 148.
Climat: 21, 32, 59 à 61, 79 à 90, 118, 147, 148, 150, 168.
C02: 26, 32, 82 à 89, 100, 125, 135, 138, 142, 148, 150, 168.
Cyclones : 85, 86, 111.
Déchets : 97, 100 à 102 (nucléaires), 113, 125, 129 à 133, 142, 153.
Déforestation : 105 à 110, 135.
Désertification: 105 à 114, 118, 176, 193.
Dettes: 106, 177.
Dinosaures: 18 à 35, 158.
Disparition des espèces: 18 à 35, 158 à 180.
Effet de serre: 21, 26, 32, 82 à 89, 118, 137, 142, 148.
Énergies renouvelables: 102, 173.
Engrais - fertilisants : 112 à 114, 116, 127, 146, 175, 177 à 179.
Éruptions solaires : 57 à 64.
Eutrophisation : 124.
Évolution: 19, 34, 35, 53, 156, 181, 202.
Gaïa : 119, 166 à 168, 172.
Géante bleue : 55.
Géante rouge: 50, 53.
Glaciations : 58, 59, 79, 86, 87, 89.
Hiver nucléaire: 148 à 150.
Hybrides: 191, 192, 197.
Hydrocarbures: 122, 124, 135.
Inondations: 86, 110, 111.
Manipulations génétiques : 181 à 201, 203, 204.
Mercure: 122 à 124, 130, 139.
Naine blanche : 51.
Neutrino : 47 à 49.
Nitrates: 112, 138, 146.
Ozone: 22, 23, 83, 134, 138, 143 à 148, 167.
Pesticides, herbicides, insecticides: 113, 115, 116, 121, 122, 126, 175 à 180, 193 à 195.
Photosynthèse: 40, 134, 150.
Plaques tectoniques : 30, 68 à 72.
Plomb: 113, 122, 139, 159.
Pluies acides: 26, 139, 140.
Procréation médicalement assistée (PMA), Fécondation in vitro (FIV) : 208 à 215.
Radiations, radioactivité : 42, 63, 70, 94 à 102.
Réserves naturelles: 170, 171.
Sécheresse: 80, 84, 88, 179, 196.
Séismes : 68 à 79, 111.
Surpopulation: 103, 104, 176, 180.
Trou noir : 56.
VAN: 74 à 77.
Volcans : 29 à 35, 43, 45, 64, 68, 70, 71, 73, 78, 82, 87, 134, 146.
Zoos: 169, 170.
Robert T. BAKKER, Le ptérodactyle rose, Armand Colin & Chabaud, 1990.
Rosalie BERTELL, Sans danger immédiat? La pleine lune, 1988.
Michel BOUNIAS, La création de la vie: de la matière à l'esprit, Le Rocher, 1990.
Michel BOUNIAS, Si Dieu avait créé le monde, Éditions Philippe Lebaud, 1990.
Claude BOURGUIGNON, Le sol, la terre et les champs, Sang de la Terre, 1989.
Jacques BROSSE, La magie des plantes, Albin Michel, 1990.
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François RAMADE, Éléments d'écologie, écologie appliquée, Mc Graw-Hill, 1989.
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Catherine de SILGUY, La saga des ordures, du Moyen Âge à nos jours, L'Instant, 1989.
Pascale SOLANA, Guide du consommateur vert, Rivages, 1990.
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Agence française pour la maîtrise de l'énergie, 27, rue Louis-Vicat, 75015 Paris. Tél. : (1) 47.65.20.00.
Agence nationale pour le recyclage et l'élimination des déchets, 2, square Lafayette, BP 406, 49004 Angers cedex. Tél. : 41.20.41.20.
Agence pour la qualité de l'air, Tour Gan, cedex 13, 92082 Paris La Défense 2. Tél. : (1) 49.01.45.49.
Association française d'astronomie, Observatoire du Parc Montsou- ris, 17, rue Émile-Deutsch-de-la-Meurthe, 75014 Paris. Tél. : (1) 45.89.81.44. Édite également la revue mensuelle Ciel et espace.
Association régionale d'astronomie pour le Languedoc-Roussillon, Observatoire astronomique, BP 14, 34150 Aniane. Tél.:
67.45.60.00.
Astrorama de la Trinité, association Parsec (astronomie) 2, passage du Petit-Parc, 06000 Nice. Tél. : 93.41.23.04.
Bulle Bleue, 18, rue Francis-de-Pressensé, 75014 Paris. Tél. : (1) 45.45.48.76. Problèmes de pollution de l'air.
Centre national de la recherche scientifique (CNRS), 15, quai Anatole-France, 75007 Paris. Tél.: (1) 47.53.15.15.
CRII-Rad (Commission de recherche et d'information indépendan- tes sur la radioactivité), Le Cime, 471, avenue Victor-Hugo, 26000 Valence. Tél. : 75.40.95.05.
Eau :
Agences de bassins :
Adour-Garonne, 90, rue du Férétra, 31078 Toulouse cedex. Tél.:
61.25.21.51
Artois-Picardie, 764, boulevard Lahure, 59508 Douai. Tél. : 27.87.01.94.
Loire-Bretagne, avenue Buffon, BP 6339, 45063 Orléans cedex. Tél. : 38.63.08.16.
Rhin-Meuse, route de Lessy, Rozérieulles, BP 19, 57160 Moulin-les- Metz. Tél. : 87.60.48.88.
Rhône-Méditerranée-Corse, 31, rue Jules-Guesde, 69310 Pierre- Bénite. Tél.: 78.50.16.40.