Dressée par R.
Chichmaninn
DU MEME
AUTEUR
:« La lumière par les Rêves » (Sciences occultes) 1928. - Paul
Leymarie,
Editeur,42,
RueSaint-Jacques
- Paris V°.« A l'Ombre de la Civilisation » (Roman de moeurs arméniennes), 1930 - Même Editeur.
«
Ourvaganner
(Les fantômes) . Drame en prose eten arménien. 1908. -
Imprimerie Sakayan
-_-Constantinople (Epuisé).
« Hétoum aratchin
(Hétoum premier)
Drameen versetenarménien. 1910.-Même éditeur
(épuisé)
A PARAITRE :
« L'Arc-en-Ciel humain» (Roman littéraire national)
« Takoun
zankagner
(Clochescachées), poésies
enar- ménien).« Tristesse et
joie
» (Poésies enfrançais).
Imprimérie « ARAXES », 46, Rue Richer - Paris (#)
%
:
HISTOIRE
_ ARMÉNO
-EUROPÉENNE
,
Fragile
monumentà la mémoire
impérissable
-de mon
vénérabe
etregretté père,
MINAS
-
Décédé le 2NéNERCÈS
en avril1851 à1919 à SisTELLAUAN Sis,
| . Auteur de mon corps etde
monesprit,
Mon naturel et
premier professeur
d'Histoire, Tu n'existesplus
là où tu étais,mais,
monexistence estune preuve dela tienne,
Ta
mémoire mevivifie
et envoie desplwu
spirituelles
sur le désert de ma vie.Tu es entrésous la
Terre, sans pmu:
pourquoi tu
étais«Mais,
ton chemin estgrand et au,
ton
fils,
ainsi quetous
lesindividus
esirpeuples
vivantste suivront.Je
t'envoie un baiser immortel, àtravers
lesanneaux infinis et
fleuris de l'Eternité.
L'AUTEUR
-.AVANT-PROPOS
-Nul ne peut contester
l'utilité
del'Histoire, qui
con- stitue lapartie
laplus
intéressante et laplus
émouvantedes connaissances
humaines.L'Histoire est un
cercle
fatalqui
rallie lepassé
auprésent
et àl'avenir;
c'est un fil d'or indissolublequi
lieintimement
les individus et lespeuples,
au doublepoint
"de vue moral et
physique.
Les dates sont des clousenfoncés
dans le temps. *Avec l'histoirenousvivons
lepassé,
et lepassé
vit enCelui
qui
connaîtl'histoirepersonnifie
en lui mêmevie
de plusieurs siècles,
laforce,
lafaiblesse,
lagrandeur
-et la
petitesse,
lamagnanimité
et la décadence, la joieetre
Toute petite
parcelle
de terrain faitpartie
de lagéo- graphie,
etn'importe quel
fait forme unepagedel'histoire.Chaque
créature humaine,digne
de ce nom, devrait[*
avoir, en même temps que desnotions géographiques,
uneF
j idée sinonprécise,
au moinsapproximative
de l'histoiregé-
] nérale, afin de connaître, tant soit peu le
globe
surlequel,
nous sommes condamnés à vivre,
provisoirement,
on nesait guère, par
quelle
fatalité.Faute de connaître
l'Univers,
dont lagrandeur
nousdonne des vertiges, nous sommes
capables
d'étudier un -peu, notre
petite planète.
!Individus et
pmplq
doivent s'évertuer àprofiter
desavertissements et des
enseignements qui
sedégagent
del'histoire.
M S'il existait un
appareil capable d'enregistrer
les voix humaines,depuis
lesorigines
de notre Terre,qu'est-ce
quenous n'aurions pas entendu,
aujourd'hui
!Mais, les
leçons
du passé neprofitent
pasbeaucoup
aux humains, ce
qui
fait-
que-
éternel. recommencement. l'Histoire devient uncorses
aves
x
Je
me suisproposé
d'écrire unpetit
ouvrage ayantpour
objectif
de donner un coup d'œilrapide
sur lepassé
l du
peuple
arménien, derépandre
un peu de lumière surcertaines
périodes
relativementmodernes,
mais-
et de faireenfin, ressortir les relations quel'Europe obscures,
aentre-"tenues
avec les Arméniens, au cours de cettehistoire.J'ai
.
beaucoup. étudiéles
traditions ciliciennes, en les compa-"Mavècladm historiques,
pour établir des faitsinédit
Je
… mon travail en troisparties
:-
1.- Depuis
lesorigines, jusqu'à
la chute duRoyaume
---
de Cilicie, (1375)
- "2.-
Depuis
cette datejusqu'à
la 'Guerre Généra- le(1914).
--"3.- Dépuis
laGrande
Guerrejusqu'à
nosjours. (1925) (Surtout, l'ocucpation
et l'évacuation de la Ciliciepar
laFrance.)
Dans
lesdeux dernièresparties
surtout,j'écris
cer---- tains faits inédits et des
précisions qui
ne sontenregistrés,
-
nulle part.
Parconséquent, je
crois rendre service, toutf
Ïæbgd.
à l'Histoire, engénéral.
Il
y
abeaucoup d'Europééns qui
confondent l'Ar- «_
ménien
avec leRoumain,
et laCilicie,
avec la Silésie.)
(Sans parler
des événementsdignes
d'attention- Mamülshümœgnmdgmfluædmeæsnmdu i|
…wde…um…hmam
…HmLudBym
etd'autres,
ainsi que par'éminentes
personnalités politiques
modernes,françaises,
ÿ
lndumfinüpærsmt&mçmmmalaw
ÎduAm…dofltla juste
cause est trahie parpolitique internationale..
Re-
Quad
onconnaît
l'Histoire delAmûue.
on ne peut‘n'—&&”…
(“…-dm < Sem:-8-
La lecture de
quelques
pagesprend
peu de temps et peut donnerbeaucoup
d'idées.J'aime
à espérer que cepetit
ouvrage est destiné à combler une lacune.KRIMITELL
(Kricor (Grégoire)
MinasTellalian)
Paris, le 20 Novembre 1933PUIS LES ORIGINES JUSQU'A
LA FINDU ROYAUME DE CILICIE (1375)
$.!#=fl#
HISTOIRE. ARMÉNO-EUROPÉENNE
." Le
peuple
arménien a une histoire deplus
dequatre
mille ans.D'après
la Bible, l'arche de Noë s'est arrêtée sur le Mont Ararat, en Arménie.Les Arméniens
appartiennent
à la branche eu-_
ropéenne (Aryenne)
de lagrande
raceindo-européen-
ne(1). On
peut placer
les frontières de l'Arménie*
entre les
mers Méditerranse, Noire etCaspienne,
- ou les limiter entre la Perse; la
Cappadoce,
la Mé--_-
sopotamie,
laSyrie
etle
Caucase.1 Dans ses,
périodes
deprospérité,
lasuperficie
"de l'Arménie était aussi
grande
que celle de la Fran- ce, avec 20 millions d'habitants.Les sources de l'Histoire de l'Arménie sont les arméniens et
étrangers.
Les anciens au-teurs
grecs et latins, enparlent
souvent et avec unegrande
attention. Legrand
historien romain Tacite écrittoujours,
à propos del'Arménie
: « Ce vaste---
royaume, cegrand
royaume, etc.».--- (1) Comme les Latins et les Héllènes.
lis
lara
ia
e
c...
Lsi> 19 o
La
langue
arménienne est l'une desplus
ancien-nes et des
plus
riches du monde entier ; elle est sui generis, aupoint
de vueétymologique
et carac-tères.
Suivant une
légende
(comme tous lespeuples
enont), Dieu a
parlé
avec Adam enarménien,
étant donné que l'Eden est situé en Arménie.L'ancien arménien
classique (Krapar)
estune langue parfaite
etbelle,
mais morte, comme lelatinet le grec, il est l'une des rares
langues privilégiées
destinées à célébrer la messe.
La
position géographique
de l'Arménie est loind'être bonne, au
point
devuepolitique,
surtoutaprès
l'avènement du Christianisme, étant donné que ce pays est entouré de voisins barbares et non-chré- tiens, par
conséquent,
ennemis.Ajoutez
sur ce dé- savantage, l'indifférence oul'impuissance
du monde chrétien.%
Les
origines
de l'histoired'Arménie,
comme cel-les des autres nations, se
perdent
dans les ténèbresdu
passé
et à travers les dédales deslégendes.
)On peut diviser
l'histoire
de l'Arménie en 7pé-
riodes :
1. -
Depuis
lesorigines jusqu'à
Alexandre le. Grand (330 av. J. C.);
2. - A
partir
d'Alexandre,jusqu'à
Jésus-Christ(Tigrane
le Grand;empire arménien).
3. -
Depuis
J. C.jusqu'au
5° siècle-
des Arsacides);(Dynastie
-
5. -
Dynastie
desBagratides (885-1045)
;__
6. -Dynastie
des Roubéniens (Cilicie) (1080- 5);--
T. -
Depuis
la fin duroyaume
deCilicie, jus-
'à nos
jours.
b
La première période, qui
remonte à environ deux)
mille
ans avant J.C., représente
unelongue
sériede
princes
etde rois, dont
l'histoire n'est pas très.
Moïse
de Khoren(1),
historien arménien du V*r
flc|e (appelé
l'Hérodote del'Arménie),
a laissé un… qui
estl'objet
de contestations de lapart
dessavants. D'après
cetécrivain,
lepremier
ancêtre desArméniens, Haïg,
(les Arménienss'appellent
Haï),"Tourser
de Babel,
parce que cedernier
voulaits'impo-
comme
tyran
ets'arroger
le titre de Dieu.Après Haïg
il y a unegrande
série depatriar-
es
et
deprinces arméniens,
dont lesplus
célèbrest
Aram
et Ara leBeau, contemporain
de Sémira-Les
inscriptions cunéiformes,
récemment décou-s a Van et
partiellement déchiffrées,
semblenter l'authenticité de la
plupart
de cesfaits,
ut en ce
qui
concerne lesOurardow, peuple
au-Poumon
ames ven
|
| |
|
le
«V4 »
tochtone de l'Arménie,
(Sémiramis
: 2.000 ans av.JC.). %
Alexandre le Grand, ayant
subjugué
l'Asie,s'em-
para
également
de l'Arménie.Profitant de la défaite d'Antiochus par le
gé-
néral romain
Scipion l'Asiatique
à la bataille deMagnésie
(190 av. J. C.), leprince
arménien Arda- chès (Artaxias) seproclama
roi d'Arménie et Romeratifia ce fait
accompli.
Sous le
règne
d'Artazias leConquérant,
Anni-bal se
réfugia
en Arménie etsuggéra
de bonspro-jets.
Parmi les successeurs d'Artaxias, le
plus
célè-bre est
Tigrane
leGrand,
surnommé roi des rois.(Dikran).
' Il remportades victoires notables dansl'histoire.
universelle contre les Séleucides et
conquit
presque toute l'Asie-Mineure.Il assura ses
premiers
succèscontre
Rome, ens'emparant
de laCappadoce
(Césarée,aujourd'hui
Kaïsseri) et en en chassant les Romains (93 av. J.
C.).
Tigrane
le Granddisposait
d'une armée formi- dablequi,
au dire des historiensromains, comptait plus
decinq
cent mille soldats.Ce nombre est considérable pour les anciens
temps,
étant donné que lesbelligérants
ne mobili-saient pas des millions, comme on l'a vu
pendant
lagrande
guerre de 1914. LaGrande
Armée deNapo-
léon ne
comptait
que deux centaines de milliers de soldats.74
) - 15)
A la tête d'une
puissante armée, Tigrane
leGrand marcha victorieusement de l'Ararat
jusqu'en Egypte.
LaSyrie
se renditspontanément
au vain-queur, ainsi que la Palestine.
Dikran
qui
était legendre
de Mithridate, roi du|
Pont,
luttaavantageusement
contre Rome,pendant
une
quarantaine
d'années. LucullusetPompée
eurent alternativement, dessuccèsetdesreversenArménie.| Finalement,
Pompée
eut raisondes armes arménien-nes, à cause de la
grande
confiance en soi-même, etdu dédain de
Tigrane
leGrand,
envers les forces ro- maines.Le roi d'Arménie
perdit
unepartie
de ses terri-toires,
mais conclut un traité honorable avec Rome.(66
av. J. C.).Montesquieu,
dans son oéuvre intitulée < Consi-tions sur la
grandeur
et la décadence des Ro- mains »critique
sévérementTigrane
le Grand. En effet, celui-ciqui
avaitfondé un véritableempire
ne voulait pas attacherl'importance
etlagravité qu'elles comportaient,
auxaigles
romaines, maîtresses du monde.Certes,
Tigrane
leGrandnedevraitpasêtrevain-cu sur ses
-
territoires, mais, l'histoire a desétapes
étonnantes. Le
grand peuple
russefutvaincu chezlui parNapoléon. Ajoutons
sur cequi précéde
queTigra-
ne le Grandétait
entouré,
dans la dernièrephase
deson
histoire, d'intrigues
et d'ennemis extérieurs etintérieurs,
sansparler
delarévoltedeson fils.16 - r
Tigrane
futadoré parsonpeuple
comme unDieu.Plutarque
racontequ'une
foule de rois lui faisaient lacour etsurtoutquatre
rois lui servaient de domes-tiques.
Cicéronproclame Tigrane
le Grand, le roi leplus puissant
de l'Asie. Cet illustre souverain d'Ar- ménieestmort à 85ans, (55av. J.C.).
Artabaze (Ardavazt) fils et successeur de Ti- grane le Grand, fut un roi instruit et vertueux. Il.
porta
comme sonpère
le titre de roi des rois, Il est l'auteur depoèmes
en verset en proseet dedrames.
Antoine invitaArtabaze amicalement,ets'en empar lâchement. Sa statue fut
érigée
àRome,
selon Ta-cite.
Le dernier
représentant
de ladynastie
desArta- xias,futTigrane
V. La fin de cetteimportante dy-
nastie
qui
dura 190 ans, coïncideaveclavenue deJé-sus Christ. +
Pendant environ un demi siècle l'Arménie
dcv‘ut
la scène de convoitise entre les Romaine et les Par- thesetfut
gouvernée
pardesrois nonarméniens.En l'an-51 -de l'êrechrétienne,commença la
grande dynastie
desArsacides,
dont les roislesplus
connussont :
Tiradate I -(52- 75
après
J.C.). Ceprince
luttapendant plusieurs
années contre legénéral
romainCorbulon. (Tiridate =Dertad).
Les relations armeno-romaines s'étant améliorées, Tiridate fit un voyage solennel
jusqu'à Romefi.
pourêtre couronné roi d'Arménie par
l'empereur.
Néron alla à la rencontre de Tiridate
jusqu'à
Tigrane le Grand
| |
|
|
| à
|
|
» . dun € e:27 ZA
Soi: aire d
et
l'accompagna
àRome. Desfêtesmajestueu-
-sesfurent
organisées
en l'honneur dujeune
roi d'Ar-ménie. (L'an 66),
Néron
et lapopulation
de Rome*
prirent
Tiridateensympathie..
u…æmuamidAmémeœflù:hmMnüflw-ù…
Néron
qui partout,
ailleurs, a uneabominable
ré-putation
a laisséun excellentsouvenir
enArménie.Sienkiewiez,
dans son romanhistorique
«Quo
Vadis » faitmentionde lavisite de Tiridateà Rome.
Le roi Chosr@èsI fut l'ami et l'alliéd'Alexandre
Sévère,
empereur romain (222 - 235) et destroupes.
arméniennesluttèrentavec
l'empereur.
Tiridate III (287 - 336) fut le
premier
roi du mondequi
embrassa officiellement lareligion
chré- tienne, (15 ans avantRome),
sous la direction de - SaintGrégoire l'luminateur.
Maiscedernier commit unacte
qui porte
unpré- judice irréparable
àl'esprit
arménien : Il incendia lesbibliothèques païennes
arméniennes dans. lesquelles périrent
deschefs-d'oeuvre,probablement
pa- reilsaux oeuvresd'esprit
del'antique
Grèce,Parmi les rois
qui
ont succédé à Tiridate III,je
retiens le nom de
Vramchaboih, (391
- 414), dont lerègne
fut unepériode
deprospérité,
surtout avec leconcours des
patriarches
éminents SaintSahag
etSaint Messrole.
Ce dernier inventa
l'alphabet
arménien, (406).Des écoles
furent
fondées et la littérature arménien-ne
prit
un essorconsidérable.leur
| Il
y
a donc environ- 1500-ans, alors queles|_ nations
européennes
actuelles dormaientencore dans lesténébres del'ignorance
et Rome lesappelaient
les Barbares, il y avait en Arménie une civilisation etune littérature d'or.
-
Artazias IV fut le'dernier roi (442 - 428) de ladynastie
desara_a_a‘dæ qui
dura 376 ans.- %
Pendant environ 5 siècles,il y eut un
long
inter-règne,
au coursduquel.
desprinces
-
arméniens etétrangers.
soutinrent des luttes acharnées les uns contreles autres. (Perses,grecs,
arabes).Au V siècle
l'empire
Sassanide perses'éfforcaenvain de
subjugner
l'Arménie etd'y
abolir4@
nisme. Le noblegénéral
arménien VartanMamige-
christia-.
rian
défendit" héroïquement les droits sacrés de sa
patrie
et livra contre les Perses, la célèbre bataille
d'Avaraîr
(451)
pour sauverl'Arménie etle christia-gnome.
"Juste
à la mêmeépoque,
Attilaravageait
l'Eu-rope et Mérovée fondait la
première dynastie royale
en France. La lutte des
princes
arméniens et euro-péens
avait presque les mêmes motifs.La
dynastie
desBagratides
(Pakradonni)qui
fut créée versla fin du IX" siècle et ruinéevers le milieu du XI siècle (885 -1045) donna à l'Arménie des roisdistingués
dont lesplus
connussont :Achod
I, qui
fondaune èredepaix
et deprogrès.
.i
.20-’
Il se rendit à
Constantinople
pour visiterl'empereur
Léon
qui
étaitégalement d'origine
arménienne.Sempad, fut
unprince belliqueux, Kakig,
dernierroi dAni (1046).
La
capitale
desBagratides
fut Ani, célèbrepar
sesbeaux édificesetsesmille et une
églises.
Les rui-nes des monuments de cette ville
inspirent aujourd'-
hui. de l'admiration. .
%
Il n'est pas inutile de relever
qu'une vingtaine d'empereurs
etd'impératrices, d'origine arménienne,
ont
avantagesement
- gouverné l'empire de Byzance
durant ntroissiècles. 2
Pend ces
périodes,
ladynastie
desCapétiens régnait
surla France.LA CILICIE »
Pays privilégié
par la nature etplein
de souve-nirs
historiques,
la Cilicie est la contréequi
s'étendentre la
Méditerranée,
Jconium(Konia),
laCappado-
ce, et Sébaste
(Sivas).
Le pays est doté de tous les
avantages
naturels : Mer : la Méditerranée. Monts :Taurus;
l'une deschaînesde
Montagnes
lesplus
belles et lesplus
riches« A6 -21 -,
"
du monde. Fleuves :
Pyramus
(1), Sarus(2), Cyd-
nus
(3), etc. Chmaps
: leschamps
Alésiens. (Pchou-kour-ova) très fertilesen
céréales,
coton,etc... Ces mêmeschamps
furent chantés par Homère.On
trouve
en Sissouan (Cilicie) toutes les utili- téset
beautésnaturelles,
ycompris
des cascades d'eau.Il y a,
également
des richesses minérales dans le Taurus. On remarque des travaux souterrains im:menses,
entrepris je
ne saisguère
àquelle
date. Cesvastes
grottes
artificielless'appellent aujourd'hui
Demir - Ini et sont
situés,
non loin deSis, près
de l'endrôitdevillegiature
dessissiotes, appelé aujourd'-
hui
Djéréli.
%
Les
premiers
ancêtres des Arméniens, lesHititesont habité la Cilicie. Cette
région
futoccupée
par Rome etCicéronenfut le gouverneur.Ensuite
Tigrane
le Grand s'en empara et des Arméniens l'habitèrent de tout temps. Les Arabes et lesGrecs-y
dominèrent aussi et ces derniers cét dèrent leurplace
aux Arméniens (Rubéniens)qui
y-
régnèrent jusq'à
la fin du XIV*siècle.Ammien
Marcellin,
historien latin du IV* siècleappelle
le Golfe d'Alexandrette (Cilicie) « Armeni-«ousSinus ». A
(1)
Aujourd'hui
:Djihan.
(2) Séihan.
(3)
Tarsous Tchaï.«24 -
H r
La Cilicie fut de tous
temps,
habitée par des coloniesimportantes
arméniennes. Saint JeanChry-
sostome
(347-407), dm.muttht-æufllflœp tégé
par desArméniens.Ia1‘umontmpé
le centre de laCilicie (Sis
et environs)
etuywnt…éæflylipüqm
siècle.
Vu ce
qui précède
etmulg‘zé
tous les.éléments qui
ont habité et habitent encoreSissouan,
cepays
est essentiellement
arménien,
témoins les droits his-toriques
et les monumentsgrandioses,
à moitiédé-
bout, qui jonchent
encore la Ciliciechampêtre
etla
-Cilicie
montagneuse.
%
PRINCIPAUTE DE CILICIE
Une histoire de deux mille ans avait
démontré
que la situation
géographique
de la Grande Armé- nie n'est pas avantageuse aupoint
de vuepolitique.
Le
prince
arménienRoupen (Ruben),
de lady-
nastie des
Bagratides,
s'était bienpénétré
de cetteraison
majeure quand
il descendit enCilicie pour y fonder unnouveau'foyer arménien,
avec le concoursde ses conationaux
qui s'y étaient déjà
établis, de-puis
des siècles (1080-1095).Ruben fit sa
première apparition
auxvillages,
de Gossidar et
Colomozole,
dans le haut Taurus. Oncroyait
que Gossidar est inconnuaujourd'hui.
J'ai découvert
qu'il
existe de nosjours,
dans lehaut Taurus une Commune
qui s'appelle
Gheussdéré"#3 + \
(Gossidar)
dont le centre est Tomarza(Région
Evé- rek-Kaïsséri)village
où les Arméniens onttoujours
uncouvent
historique.
»Par
conséquent,
Ruben se rendit, lapremière fois,
à Goussidaret de là il alla à Colomozole. Cette dernière localités'appelle aujourd'hui
Gurumzé (àune distance de 6 heures de Gossidar) et
produit
del'excellent miel. Ruben alla ensuiteà
Vahga.
Il ne faut pasconfondre Gossidar avec
Gobidar, qui
est une forteresse, etqui s'appelle aujourd'hui
Gheuk-Déré.
' Constantin (1095-1100), fils de Ruben. Ce
prin-
ce
capable,
renforçalesfondements desapetite prin- cipauté
etchoisitcommesièg'e
centrallefort de Vah- .ga
(aujourd'hui Féké).
Ce châteauimprenable,
quej'ai
visité, domine un formidableprécipice.
La bâtis-se en est tellement solide etfraîche, surtout dans la
partie intérieure, qu'on
a l'illusion que lesingénieurs
et les maçonsen sont sortis, il
n'y
a paslongtemps.
Vahgà
domine uneimmense chaînedemontagnes.
Du temps de Constantin eut lieu la
première
Croisade et les
Croisés,
étant tombés dans une mau- vaiseposture,
leprince
arménien fit tout sonpossi-
ble pour les secourir, témoin la bulle duPape
Gré-goire
XIII :« Nulle nation
plus promptement
et avecplus
de zèle queles Arméniensne
prêta
son aideaux croi-sés,
enhommes,
en chevaux, en subsistance, en con-seils,
avec toutes leurs forceset avec laplus grande
bravoure et fidélité ils aidèrent les Chrétiensen ces saintes guerres. » {
Josselin de
Coustenay,
comted'Edesse (Ourfa)
se maria avec la fille de
Constantin,
et le frère de celui-ci, Toros, donnasafilleenmariage
à Baudouinde
Boulogne,
frère deGodefroy
deBouillon,puis tard,
roi de Jérusalem.Depuis
lors, les liens deparenté
et d'amitiése multiplièrent
entre l'Arménie et les Francs.Ruben et Constantin furent enterrés au couvent
Castalon
ouGastaghon, aujourd'hui Keusdoghan,
Imonastère dont les ruines existent entre
Vahga
etHadjine
(découvertpar"
moi).A ces
époques, plusieurs
Etats francs furent fon- dés enproche
Orient. Le royaume deJérusalem,
lecomté d'Edesse, celui de
Tripoli,
laprincipauté
d'Ân-tioche, leroyaume de
Chypre,
etc., maisaucuneprin- cipayté,
saufChypre,
ne dura autant que la Cilicie arménienne.TOROS I.(1100-1123). Ce
prince belliqueux
chas-sales grecset
s'avança jusqu'à
laMéditerranée, après
avoir
conquis
la ville d'Anazarbe,aujourd'hui
Ana-varza,
grandiose
forteresse, dont les ruinesgigantes-
ques, retiennentl'attention du
passant.
'Porosconquit également Sis,
Mamestia(Missis),
Adana et Tarse.LEON
(1123-1137),
surnommé le Lion du Tau- rus,malgré
sabravoureet
sonallianceavecles chefsfrancs, fut vaincu par Jean II.
Comnène,
empereur d'Orient et ammené àConstantinople.
+ >
. TOROS II
(1145-1168)
fut unprince
doué degrands
mérites militaires. Ilremporta
de brillantesvictoires sur
l'empire
d'Orient etchassa les ennemis de la Cilicie.RUBEN Il ne
régna qu'un
an(1168-1169). Son
frère
MELEH
(1169-1174) usurpa lepouvoir
etadop-
taune
ligne
deconduite pascommuneàcelledes au-tres
princes
rubéniens. Il se battit contre lesprinces
francs et, faisant alliance avec les souverains musul- mans, il harcelal'empire
deByzance.
Iltyranisa
sessujets
que letuèrent à Sis.RUBEN Ill (1174-1185) eut un
règne
relativement
paisible
et termina sesjours
dans le couventTrazark (Tresarco), actuellement
Tirézék,
situé dansunsite merveilleux des Monts Taurus, entouréde vi- gnes etnon loin de
Sis, près
desendroits devillégia- 'ture qui s'appellent, auojurd'hui, Karadjali.
ROYAUME DE CILICIE
LEON I LE
MAGNIFIQUE
(1186-1219)Cet admirable
prince représente
lapériode
laplus glorieuse
de la Cilicie. Excellentgénéral, diplo-
mate raffiné et homme d'état
supérieur,
Léon eutune vie
pleine
de victoires et deprospérité.
Au début de son
règne,
Saladins'empara
de Jé- rusalem et la troisième Croisade passa en Asie, con:duite par Frédéric
Barberousse,
empereur d'Allema-ice .. »
26
gne,
Philippe-Auguste,
roi de France etRichard,
Coeur deLion,
roid'Angleterre.
Les
Croisés, qui
étaient tombés dans une dtuv tionprécaire, tmuvènntmlÀununp…mflÿ borateur.
Enrécompense
de sonimportant
concourset de ses inoubliables
services,
lemondechrétien,
re-présenté
par ledelegué
duPape
Célestin III et par les ambassadeurs de toutes lespuissances européen-
nes, sacra
Léon,
roid'Arménie,à
Tarse,avecde gran- des solemnités(1198), (Byzance
envoya aussi une couronne).Le nouveau roi transféra sa
capitale
de Tarseà Sis, ville
qui possède
uneforteresseimprenable.
Cechâteau était tellement célèbre au
Moyen-Âge
quedans les litanies, on
appelait Ja
SainteVierge
: SisChristianorum.
Léon,
surnommé àjuste
titre, leMagnifique,
do-mina tous les
princes
francsetbattit tous les Sultansqui
avaient osél'attaquer.
Il étendit les frontières deson royaume et son
drapeau
de lion si loin que ses territoirescorrespondaient
presque à unempire.
Ilse mariaavec la fille
d'Amaury
I deLusignan,
roi de
Chypre, après
avoirrépudié
uneprincesse
d'Antioche. Il emporta des victoires sur mer aussi - contre ses ennemis. Il servit de témoin au
mariage
de Richard I., roi
d'Angleterre.
On
peut
considérer LéonleMagnifique
lafigure
la
plus glorieuse
de l'histoired'Arménie, supérieure
à celle de
Tigrane
leGrand,
et l'une dessingulières
Léon le Magnifique
- 26 -
personnalités
de l'histoiremondiale,
car ceprince
'nefut
jamais
vaincu. *Léon le
Magnifique
était entouré de savants et*
de littérateursarméniens, français,
italiens,anglais,
allemands
D'après l'affirmation
des histo-riens du
Moyen-Âge,
sacour de Sisnecédait enrien,
au
point
de vuemagnificence,
auxCours deParis etde Londres.
La
plupart
des monnaies ciliciennes- que nouspossédons,
portent le nom de cet illustreprince, qui
mourut
paisiblement,
àSis, après
unrègne
de 33 ans,pleuré
par lessiensetadmiré parsesennemis(1219).
Parmi les nombreuses ruines de monuments (châteaux,
églises, écoles,
couvents,jardins, hôpitaux,
édifices
publics),
dont la Ciliciechampêtre
et la Ci-+ licie
montagneuse
et, surtout, Sis sontpleines,
onremarqueencore lesruines
du palais de
LéonleMa-gnifique.
Cetemplacement est appelé
encoreaujour-
d'hui,
même parles
Tures :Tarbas,
motarménien, qui signifie
Courroyale.
dA côté de sesennemis
étrangers,
Léondut,
cons- tamment lutter contre des adversaires intérieurs.Jacques
deMorgan,
dans son ouvrage intitulé«
Histoire
dupeuple
arménien » dit à cesujet
:« Mais il (Léon le
Magnifique)
nesut pas, com-me Louis XI,
triompher
des défauts de sonépoque,
pourréduire, définitivement,saturbulente noblesse».
à
- 29 -HETHOUM (Eython)
(1226 - 1270)-
.Héthoum, prince
arménien, futproclame
roi par sonmariage
avec Zabel(Isabelle) fille etunique
hé-ritière de Léon le
Magnifique.
Héthoumqui règna pendant
44 ans,est'un
roi doué de hautesqualités
etl'unedes
physionomies
lesplus sympathique
de l'his-toire deCilicie, Sa
longue
urflèm futpleine
de suc- césetde malheurs.Il fut l'arbitre des
princes
francs-et fit alliance. avecle
puissant empire
des Tartares. Ilcultivaégale-
3
mentl'amitié de Louis ZX le Saint,roi
de France. (Cesdeux
roisontla même dated'avénementet de mort).+-
L'un de sesfils, Toros
périt pendant
une guerre, etil eutégalement
le malheurdepleurer
la mortpré-
| cocede sa vertueuse reine, Zabel (1252) -
Héthoum
. finit sesjours
au couventde Trazark.Une
pierre
monumentaletrouvée
récemmentlorsd'une fouille,
près
de Sis, portel'inscription
: « Cethôpital
fut édifiéenl'an degrâce 1241,
par les soins de la Reine Zabel » etc.Tous les rois de Cilicie et mrtout Héthoum I.
s'occupérent
constammentdusortde leurscoreligion-
| maires de la Grande Arménie. Comme la
plupart
desautres monnaies
ciliciennes,
celles de ceprince
por-| tent : « Héthoum,
roi
de tousles Arméniens ».Il
afrappé beaucoup
de monnaies. Nouspossédons
le fac-| similé de la
signature
de cegrand roi,
comme celuide_lÀon
JeMagnifique.
|
* Ma remarque
personnelle.
"
È
)
-
-
luttesCesanglantes
monarque.LEON
instruit"contre Il (1270 ses et énergique,
-ennemie1289) héréditaires. soutint
desLéon appuya les
T…_
contresle Sultand'Egypte
à la bataille de
Homs-(1281)..
Dans sonarmée,
il y avait desfrançais
etdesGéorgiens.
Se rendant
compte
de lagrande capacité
commer-'ciale desanation, vantée
depuis
Hérodote ilorganisa
le commerce de son pays de
façon
àavantager
l'Orient et l'Occident.
Il conclut des traités avec Venise,
Gênes,
Ara-gon et d'autres pays de sorte que Tarse et le
port d'Æyas
devinrent des centresimportants
du commer-.ce mondial.
On doit aux bons soins de ce
prince, illuminé
laconservation de la
plupart
des anciensmanuscrits ar- méniens. Ses monnaies'nous sont parvenues.Héthoum Il(1289-1294)
dépourvu
de méritepo-litique
et militaire'se fitreligieux franciscain.
De 1294 à 1308 la Cilicie fut
gouvernée
par les rois Toros,Sempad,
Constantin etLéon III,Ce dernier essaya
vainement
de convaincreEdbuard
II, roid'Angleterre, d’orgamser
une coali-tion contre les états musulmans.
Ochine (1308 - 1320). Ce
prince vigilant
envoyaégalement
desdélégations
à toutes les Coursroyales
de l'Occidentdans les
quelles,
il avaitdes liensde pa-renté,
afin de former uneexpédition
contre les Ma-meluks
d'Egypte, mais,
sansrésultat.Parmisesconstructions
grandioses,
oncompte
lagrande
etbelleéglise
deTarse, aujourd'hui
transfor-mée en
mosquée.
Il afrappé
des monnaies.A
l'époque d'Ochine,
DanteAlighieri
écrivait saDivine
Comédie.DYNASTIE DES LUSIGNAN
. Léon IV -
(1320
-1342)
étant mort assassinésans
progéniture,
la couronnedel'Arriéno-Cilicie
fut offerte àGuy
deLusignan
(1342 -1344) prince énérgique
et
belliqueux, qui
essaya vainement,auprès
des sou-verains
européens, d'organiser
une nouvelle croisade.Il fut un bon
général,
mais un mauvais administra- teur.Sessuccésseurs : ConstantinIIet
Constantin
III(1344 - 1373), furent les témoins
impuissants
de ladécadence de la Cilicie.
Tousces rois
guerroyrent héroïquement
contreles états musulmans, dont le nombre,
incomparable-
ment
supérieur,
les écrasait.LEON V. DE LUSIGNAN
(1374-1375)
»Dernier roi
d'Arménie,
ceprince,
doté de gran- desqualités,
maismalheureux, neparvint
pas à tenirtête aux invasions barbares.
- 33 -
Echref Chaban,
sultand'Egypte, s'empara
de Sis et des environs et amena Léon et sa familleenEgypte. Après
unecaptivité
de 7 ans et sur l'inter-vention réitérée des souverains
d'Occident,
Léon futmis en liberté.
Après
avoir visitéJérusalem,
l'Italie etl’ha—
gne, oùil futaccueilli avec de
grands
honneurs,Léon
vint à Paris.
Charles
VI,
roi deFrance,
fit à l'infortunéroi
d'Arménie, sonparent,
unegrandiose réception.
Lesouverain de
Krance
et sa suite, ainsi que lapopula-
tion
parisienne,
allèrent à la rencontre de Léon.Ensuite, le roi de Cilicie se renditen
Angleterre
et
partout
où il passa, il fut comblé degrands
ca-deaux en argent etenvilles. Le
projet
de Léon étaitde formeren
Europe
uneorganisation
contrelesmu-sulmans pour rentrer en
possession
de son royaumeperdu,
mais,malheureusement,
ll neput
arriverà laréalisation de son but.
C'était à
l'époque
dela Guerre decentans. Léon- fit lanavetteentre Paris et Londres, afin de réconci- lier les deux nations ennemies, mais
l'intrasigeance
|des
belligérants
rendit l'accordimpossible.
Le roi
d'Arménie, exaspéré,
neménages
pas ses mots aux souverains de France etd'Angleterre.
Ildit
notamment
: « C'est votre désaccordqui
fait laruine du christianisme en Orient. ».
Fatigué
etdésespéré,
Léon mourut à Paris, auPalais deTournelles, le 29 novembre 1393. Il fut en-
+ 33 -
terré dans le couvent des
Célestins,
à côté des rois deFrance.Après
lagrande Révolution,
sadépouille
futdé-posée
dans les catacombes de-Denfert-Rochereau,
comme celles des autres
princes français.
Son monu-ment
setrouveaujourd'hui
dans labasilique
de SaintDenis.
Les historiens mahométans du
Moyen-Âge expri-
mentleur
grande
satisfaction ausujet
de la destruc-. tion du
royaume
deCilicie, unique
état chrétien en- Orient.
__
Ainsi fut éteinte la dernièredynastie
des Armé-niens et
aujourd'hui,
environ 6 sièclesplus
tard, lasituation
politique présente
presque le mêmeaspect
|
qu'au Moyen-Âge.
| Le royaume arménien de Cilicie se maintint en- trois
siècles,
c'est-à-direplus
que les autres| états latinsfondéspresque
simultanément,
enProche|
Orient.Tandis queLéonV était hacelé et battu à cause du
Christianisme,
enOccident,
lespuissances
chré-tiennes se battaient pour d'autres motifs.
L'ignorance
etlefanatisme furentlemobileprin- cipal des
luttesqui
ontensanglanté
la Terre et con-tinuent de l'être.
|-
L'Arménie, qui
futl'avant-garde
du Christianis- me et de la civilisation en Orient, futl'objet
d'atta-ques continuelles de la
part
desesvoisins musulmans.Rien n'était, et n'est,