UN PEUPLE UNI ET INDIVISIBLEPP

Texte intégral

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CONSULTATION

LOGEMENT AU SUD ET DANS LES HAUTS-PLATEAUX

ÉDITORIAL

l

Le dialogue est toujours considéré comme la voie la plus rapide pour sortir de la crise, comme l’ont réaffirmé le chef de l’État et le chef d’état-major de l’ANP ; et le

gouvernement est d’ailleurs en train d’étudier les procédures concernant son organisation afin d’aboutir à la relance du processus électoral le plus tôt possible.

Des partis et des

organisations de la société civile ont déjà exprimé leur volonté d’adhérer à ce processus, même si pour certains cela devrait déboucher sur une période de transition, ce qui n’est pas une option acceptée par tous. Il est même considéré que le gel des dispositions de la Constitution signifie l’entrée «dans le tunnel sombre du vide constitutionnel».

La préférence va à la nécessité de l’exploration d’autres mécanismes consistant en des consultations pour rapprocher les points de vue des différents acteurs et aboutir à la

concrétisation des revendications populaires en faveur du changement radical du système politique, avec l’instauration d’une nouvelle République dans laquelle le droit sera le seul critère dans la conduite des affaires de l’État, loin du népotisme et de la corruption qui minent les institutions et pervertissent la volonté populaire, à travers des réseaux allant jusqu’à fausser les résultats des élections. L’une des actions allant dans ce sens est l’ouverture de

chantiers de la lutte contre la corruption, avec la convocation ou l’incarcération de nombreux anciens hauts responsables et d’hommes d’affaires.

Cette bataille contre l’argent sale est à mettre au chapitre des acquis réalisés jusqu’à présent servant l’intérêt de l’Algérie et de son peuple, car elle est en totale conformité avec ses revendications objectives.

C’est aussi un point qui constitue une jonction claire entre l’action de l’appareil judiciaire et ces mêmes revendications, balayant ainsi d’un revers de la main les arguments de tous ceux qui veulent établir un parallèle entre les deux démarches. Le démenti est apporté par les témoignages de citoyens qui ont exprimé leur satisfaction quant au déroulement de

«l’opération Mains propres».

Plus globalement, c’est l’écart supposé entre les dispositions de la Constitution et l’appel à des réformes porté par les manifestants qui ne serait plus de mise.

EL MOUDjAhID

Tél. : Fax : Algérie : France :

L A R E V O L U T I O N P A R L E P E U P L E E T P O U R L E P E U P L E

18-19 Chawal 1440 - Vendredi 21 - Samedi 22 Juin 2019 - N° 16702 - Nouvelle série - www.elmoudjahid.com - ISSN 1111-0287

MARCHES POPULAIRES

IMPORTANTS PROGRAMMES

CONGRÈS DE L’UGTA

SIDI SAÏD SE RETIRE

Ph. T. Rouabah

l À TRAVERS LE PAYS : POUR

LA POURSUITE DE LA LUTTE CONTRE LA CORRUPTION

l ALGER : UNIS SOUS UN MÊME DRAPEAU l ORAN : NON À LA FITNA,

NON AU RÉGIONALISME ! l BORDJ BOU-ARRÉRIDJ :

FAIBLE PARTICIPATION

lL’opération d’attribution de plus de 100.000 logements entamée avant la fin juin.

P. 12

P. 8

UN PEUPLE UNI ET INDIVISIBLE

PP. 3-4-5 et 6

P. 23

lLE NOUVEAU SG, CONNU AUJOURD’HUI.

CAN-2019

OUVERTURE

OFFICIELLE HIER

(2)

QUOTIDIEN NATIONAL D’INFORMATION Edité par l’EPE-SPA

EL MOUDJAHID

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EL MOUDJAHID

AGENDA

2 L’

DEMAIN À 10H

Des juristes et experts économiques, invités

de notre Forum

«L’argent détourné et transféré à l’étranger peut-il revenir, un jour, en Al- gérie ?» Le Forum d’El Moudjahid ten- tera de répondre à cette question, demain à 10h, avec ses invités, MeHind Benmi- loud, avocate à la Cour suprême et au Conseil d’État, spécialisée en droit des affaires, et M. Mohamed Boukhari, éco- nomiste, expert en finances et ensei- gnant à l’université d’Alger III.

D’EL MOUDJAHID

Météo

Ensoleillé

LUNDI 24 JUIN À 10H À L’INSP

Situation épidémiologique de l’envenimation scorpionique

Le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière organise une conférence de presse consacrée à la situation épidémiologique de l’enveni- mation scorpionique, à l’Institut national de santé pu- blique.

Horaires des prières de la journée du samedi 19 Choual 1440 correspondant

au 22 Juin 2019 - Dohr...12h50

- Asr...16h42 - Maghreb...20h14 - Icha ...21h55 Dimanche 20 Choual 1440 correspondant

au 23 Juin 2019

- Fedjr...03h38 - Echourouk...05h29

CET APRÈS-MIDI À 14H À DIDOUCHE-MOURAD

Leila Souidi signe son recueil

La librairie des Beaux-Arts reçoit Leila Souidi qui signera son recueil, Amel et ses sœurs, éditions El-Ibriz, cet après- midi à partir de 14h.

Températures (maximales-minimales) prévues aujourd’hui : Alger (26° - 17°), Annaba (28° - 17°), Béchar (41° - 24°), Biskra (44° - 33°), Constantine (35° - 18°), Djelfa (38° - 24°), Ghardaïa (44° - 27°), Oran (27° - 19°), Sétif (38° - 21°), Tamanrasset (41°

- 27°), Tlemcen (29 - 14°).

Vie religieuse

CE MATIN À 10H À EL-MOURADIA

FFS : conférence de presse

La session ordinaire du conseil national du FFS se tiendra, ce matin à partir de 10h, au siège national du parti à El-Mou- radia. Les travaux seront inaugurés par les interventions des membres de l’instance présidentielle.

DEMAIN À 8H30 À BEN AKNOUN

La prise en charge des personnes handicapées

Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité so- ciale, M. Tidjani Hassan Had- dam, présidera une journée d’information sur la prise en charge des personnes handica- pées, demain à partir de 8h30, au Centre familial de la CNAS.

CET APRÈS-MIDI À 14H30 AU PALAIS DES EXPOSITIONS

Conférence de presse d’évaluation de la FIA

Le ministre du Commerce, M. Saïd Djellab, animera une conférence de presse pour l’évaluation de la Foire interna- tionale d’Alger, cet après-midi à Dar El-Djazaïr, à partir de 14h30.

DEMAIN À 9H30 À DAR EL-IMAM

Célébration annuelle de la saison culturelle 2019

Le Centre culturel islamique organise, sous la présidence du ministre des Affaires religieuses

et des Wakfs, M. Youcef Belmehdi, la célébration annuelle de la saison culturelle 2018/2019, demain à 9h30 à Dar El-Imam.

DEMAIN À 9H AU CIC

Lancement de formation dans l’environnement

La ministre de l’Environnement et des Énergies renouve- lables, MmeFatma-Zohra Zerouati, présidera la cérémonie of- ficielle de lancement du programme de formation au profit des médias dans le domaine de l’environnement.

LUNDI 24 JUIN À 8H30 AU CIC

La gestion efficace des centres de traitement des déchets

MmeZerouati présidera l’ouverture d’une journée d’étude sur la gestion effi- cace des centres de traitement des déchets, organisée en coordination avec le programme de coopération algéro-allemand (GIZ).

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3

EL MOUDJAHID

L’ événement

B

ravant une journée canicu- laire, les manifestants ont tenu à poursuivre leur mou- vement citoyen avec comme maî- tres-mots : «Transition démocratique sereine», «Dialogue chapeauté par des personnalités crédibles» et «Récupération de l'ar- gent du peuple». Avec la même dé- termination depuis le début du

«Hirak», des milliers de citoyens des wilayas de l’Est sont sortis dans les rues pour renouveler leurs revendications à leur tête le «dé- part des figures de l'ancien sys- tème».

Des jeunes et moins jeunes ont investi les artères principales du centre-ville de Constantine, bran- dissant l’emblème national et scan- dant : «Pas de dialogue avant le départ des 3 B (Bensalah, Bedoui, Bouchareb ndlr)», alors que depuis Mila, la foule a appelé à un «dia- logue national consensuel».

Depuis Oum El Bouaghi, Skikda et El Tarf, des milliers de citoyens ont battu le pavé dans le calme pour réaffirmer leur déter- mination à continuer leur lutte pa- cifique, jusqu’à la satisfaction de leur revendication principale :

«changement radical du système politique actuel». Sous les cris

«Djazaïr Horra, démocratiya» (Al- gérie libre et démocratique) et

«Silmiya, silmiya» (pacifique, pa- cifique), les manifestants depuis les villes de Batna, Khenchela et Tébessa, entonnant des chants pa- triotiques ont réitéré leur appel à l’unité et la préservation du pays,

«Chaoui, Kabyle, M’zabi ou Ter- gui, tous des Algériens», scandait la foule. A Guelma, les marcheurs, étaient en force, affluant des diffé- rents quartiers de la ville et des ag- glomérations limitrophes ont scandé «Djeich-chaab Khawa- Khawa» (peuple et armée sont

frères) et appelé à l’application des articles 7 et 8 de la Constitution sti- pulant que «le peuple est la source de tout pouvoir». Dans la ville d’Annaba, les manifestants qui ont investi le cours de la Révolution ont salué le «travail de la justice»

et appelé à une «lutte sans relâche contre la corruption».

A Sétif et Souk Ahras, des ci- toyens ont sillonné les principales artères de ces deux villes, scandant

«Oui à des élections chapeautées par des compétences nationales».

La mobilisation des citoyens ne faiblit pas à l'Ouest du pays où des centaines de personnes ont parti- cipé aux marches pour exiger no- tamment «le départ des trois B» et

«la poursuite de la lutte contre la corruption». Dans la wilaya d’Oran, les citoyens sont sortis ré- clamer une «transition démocra- tique sans les résidus du système», soulignant également l'impératif de préserver «l’unité du peuple algé- rien». Les marcheurs ont emprunté

les principales artères du centre- ville jusqu’au siège de la wilaya scandant principalement «Arabes, Kabyles, Chaouis, Terguis, M'za- bis, khawa-khawa». Ils ont égale- ment insisté sur la «poursuite de la lutte contre la corruption» et la «ré- cupération de l’argent détourné».

Les anciens slogans ont été éga- lement arborés par les manifestants qui ont réaffirmé leur volonté de passer à un «véritable Etat républi- cain».

A Mostaganem, des citoyens ont renouvelé leur appel à un «dé- part rapide des symboles restants du système», «lutte implacable contre la corruption» et «consoli- dation de l’unité nationale». Les marcheurs ont également exigé la mise en place d’un organe indé- pendant chargé de superviser l’or- ganisation des prochaines élections présidentielles. A El Bayadh, des centaines de personnes ont pris part à une marche pour réitérer leurs revendications de «poursuite

des corrompus et des auteurs de détournements des deniers pu- blics».

A Aïn Temouchent, les cen- taines de marcheurs ont scandé des slogans appelant à l’unité nationale et au «rejet de tous les germes de la Fitna et de discorde entre les en- fants d’un même pays». Les mêmes revendications ont été le- vées à Tlemcen, Sidi Bel-Abbès, Tiaret, Relizane, Tissemsilt, Saïda.

Pour les wilayas du Centre, des milliers de manifestants ont égale- ment marché pour demander un changement radical du système et le départ de tous ses symboles, réaffirmant leur attachement à une

«Algérie unie et plurielle». Dans les wilayas de Blida, Djelfa, Chlef, Medéa, Aïn Defla et Tipasa, des centaines de manifestants ont battu le pavé pour demander la poursuite de la lutte contre la corruption et exprimer leur attachement à l’unité nationale et la diversité culturel du pays en scandant «Imazighen»,

«Djeich-Chaab Khawa-Khawa» et

«le sang des Algériens s’est mêlé et rien ne pourra les diviser». A Tizi-Ouzou, Bouira, et Bejaia, les marches étaient marquées, par un déploiement sans précédent du dra- peau de l'identité amazighe. Le gé- néral de corps d’Armée, Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Dé- fense nationale, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), avait mis en garde contre la

«tentative d'infiltration» des marches populaires par des mani- festants qui brandissent des dra- peaux autres que l'emblème national.

L’emblème national a été aussi fièrement déployé par les mar- cheurs de ces wilayas pour rappe- ler le patriotisme et l’engagement de la région de Kabylie qui a donné des cortèges de martyrs durant la guerre de Libération nationale contre le colonialisme français. A Boumerdès les marcheurs ont scandés «un seul peuple, un seul destin, le Hirak continue». Dans les régions du Sud, un petit groupe de manifestants s’est regroupé à la place de la Rose des sables à Ouar- gla, après la prière du vendredi, pour appeler au «changement poli- tique profond». Drapés du drapeau national, ils ont scandé des slogans réclamant notamment le départ des figures de l'ancien système, l’édi- fication d’un Etat civil, la poursuite de la lutte contre la corruption et la préservation de l’unité nationale.

Dans les autres wilayas du Sud et vu les fortes chaleurs enregistrées actuellement dans la région, les manifestants ont préféré la période d’après la prière de l’Asr, en fin d’après-midi, pour sortir manifes- ter, à l’instar des populations des wilayas d’Adrar, El-Oued, La- ghouat, Tindouf, Ouargla et Ghar- daïa.

Pour le 18

e

vendredi consécutif, des citoyens de plusieurs régions du pays ont participé à des marches pacifiques, pour revendiquer, notamment,

«la poursuite de la lutte contre la corruption» et la «préservation de l'unité du peuple», ont constaté des correspondants de l'APS.

À TRAVERS LE PAYS

POUR LA POURSUITE DE LA LUTTE CONTRE LA CORRUPTION

«Ma Kanch Jihawiya, Khawa Khawa» (pas de régiona- lisme, nous tous frères) était l’un des slogans scandé hier par les manifestants dans un majestueux 18evendredi, partout en Algérie. «Ensemble, nous nous servirons de cette diversité pour une Algérie plurielle, meilleure, libre et démocratique»,

«Restons simplement tous unis sous un seul et unique dra- peau représentant tout les fils et les filles d'Algérie», étaient parmi les autres slogans scandés hier.

Chaque vendredi le peuple découvre ce qui fait son unité : ignorer les provocations, rester unis dans les manifestations, et porter la voix de la liberté haut et fort. Les observateurs re- tiendront que les marches d’hier étaient marquées par le refus populaire exprimé à toute tentative de diversion : le vendredi de l’unité nationale contre toute les manœuvres politiciennes irresponsables. Les rues d’Alger étaient, à cet effet, noires de monde, la foule défilant aux cris de «les Algériens Khawa- Khawa».

Tôt le matin, et comme d’habitude les manifestants ont commencé à se rendre vers la capitale, et ce en dépit du dis- positif sécuritaire déployé tout au long de l’itinéraire, à l’image du barrage au niveau de la cité Zerhouni Mokhtar à El Mohammadia (les Bananiers), ou au niveau du rond-point d’Eucalyptus, à l’est d’Alger, explique Khaled, de Larbaa.

Une fois au niveau d’Alger, la marée humaine a investi la Grande Poste, la rue Didouche Mourad, la place Audin, la place des Martyrs. À Alger comme à Oran, Bejaia, Annaba, Tizi-Ouzou, Chlef, les Algériens sont sortis tous avec les mêmes revendications, et pratiquement les mêmes slogans, pour exprimer tous le rejet du système et du personnel poli- tique, et affirmer fièrement qu’«une identité est une partie constituante de l'être». Nul besoin de l'affirmer quand on est

certain de qui on est. C’est ce qui a été rappelé hier par le peuple. Le peuple algérien ne cesse de donner des leçons de patriotisme, de nationalisme et de détermination pour son épanouissement. Hier le peuple, dans toute sa majesté, a scandé : «Partez tous!»

Depuis le 22 février, les Algériens investissent massive- ment la rue, notamment à Alger, pour réclamer un change- ment du système politique en Algérie. Libérés et décomplexés, les citoyens, partout rassemblés, crient leur vo- lonté et ont imposé, par millions, voilà plus de quatre mois, leur présence affirmée. Le peuple réclame ses droits en exer- çant son devoir. S’indignant dans le calme, pacifiquement, il triomphera comme il l’a toujours fait, et ce malgré les inter- dits. Certains s’élèvent contre la «confiscation» du parvis de la Grande Poste et les restrictions.

Rien ne peut diviser ou détourner un mouvement révolu- tionnaire historique, analyse Anis Merraouer. Toutes les bandes de la corruption seront balayées et le peuple a un bien plus précieux à récupérer, à savoir la Liberté, ajoute le poli- tologue. Le 18evendredi intervient, faut-il le rappeler, au len- demain de la publication par les associations de la société civile d’une «feuille de route» prévoyant notamment «une transition d'un an maximum, gérée par des institutions ad hoc», une revendication constante du mouvement populaire, depuis la démission de l’ancien président Bouteflika. Autre fait d’actualité est le discours du chef d’état-major de l’ANP, le général de corps d’Armée, Gaïd Salah, dans lequel, il a mis en garde contre toute tentative de diversion. «L'Algérie ne possède qu'un seul drapeau, symbole de souveraineté d’indé- pendance, de l’intégrité territoriale et de l’unité populaire», avait-il indiqué.

Dans l’union réside la force

Contre toute surenchère politique, les manifestants de ce 18evendredi ont répondu «qu’il n’y a qu’une seule minorité, c’est la issaâba», comme pour affirmer que personne ne peut ôter à un peuple sa liberté, ni la dimension nationale de ce mouvement qui, en plus de s’inscrire dans la durée, se ren- force et se consolide chaque semaine. À la veille des mani- festations, il était clair pour les internautes sur les forums des réseaux sociaux qu’il ne s’agit pas d’aborder les «faux pro- blèmes» qui visent à éloigner les Algériens de vraies ques- tions, à savoir l’instauration des principes démocratiques pour une deuxième République. «Unis dans notre Algérianité, riches par notre diversité, toutes tentatives de diviser un peu- ple uni n'est qu'une perte de temps ! Ça ne marchera plus», disent les manifestants. La dichotomie était illustrée artisti- quement dans cette grande banderole : le «eux» de la Issâba,

«Diviser pour mieux régner», contre un «nous» du peuple,

«S'unir pour se libérer», «C'est dans notre union que réside et résidera notre force» et c’est grâce au Hirak qu’on l’est devenu. Donc restons-le jusqu’au bout pour un seul destin,

«une Algérie unie dans sa diversité», est-il aussi mentionné.

«Ensemble, nous nous servirons de cette diversité pour une Algérie plurielle, meilleure, libre et démocratique. Le drapeau n’a jamais été le problème. La mafia veut se maintenir, faire dans la propagande par médias interposés pour créer la di- version et continuer à spolier les richesses du pays», est-il souligné. A signaler que les forces de l'ordre ont reçu des consignes afin de s'assurer qu'aucun autre drapeau que «l'em- blème national» ne soit brandi dans les manifestations.

Tahar Kaïdi

ALGER

UNIS SOUS UN MÊME DRAPEAU

18 e vendredi des marches populaires

Ph. T. Rouabah

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18 e vendredi des marches populaires

4 L’ événement

EL MOUDJAHID

En dépit de la forte chaleur de ce vendredi de protestation po- pulaire, les manifestants n'ont pas dérogé à leurs habitudes en sortant massivement ce 18evendredi consécutif des marches pa- cifiques à Mascara, saluant les dernières décisions de la justice et réitérant leur refus au dialogue avec les symboles de l'ancien système.

Les manifestants, après avoir accompli la prière du vendredi, se sont rassemblés sur la place Emir Abdelkader, au centre-ville.

Ils ont observé une minute de silence à la mémoire du chahid Ahmed Zabana, le premier guillotiné, l’enfant de Beni Chou- grane. Les foules, visiblement plus nombreuses, ont unanime- ment salué les dernières décisions de la justice, notamment après la mise en détention provisoire d'anciens hauts responsables du pays impliqués dans des affaires de corruption et d'abus de fonc- tion, les manifestants ont brandi des grands drapeaux longs de plusieurs mètres dans toutes les artères sillonnés par les mar- cheurs, une façon de montrer que l’Algérie est une et indivisible sous son véritable visage démocratique et populaire avec un peu- ple d’une civilisation indescriptible.

Une marche pacifique gigantesque d’un autre vendredi de manifestation contre le régime en place qui s’ajoute aux autres et ce, depuis le 22 février de l’année en cours et les slogans ré- pétés tout au long des dix-huit semaines de contestation popu- laires «Djeich-chaab khaoua-khaoua».

Toutes le personnes que nous avons interrogées pour connaî- tre leurs points de vue sont unanimes à dire que rien ni personne ne les fera fléchir et la lutte pacifique pour le changement est en marche et a marqué beaucoup de points, et la diversité culturelle n’est pas une tare, disent-ils à l’unisson et les constantes de la nation ne seront en aucun cas touchées et le drapeau symbole de la souveraineté fait la fierté des Algériens dans les quatre coins du pays. Le mouvement de protestation populaire qui a drainé

depuis le 22 février dernier des centaines de milliers de per- sonnes dans les quatre coins du pays réclamant le départ du sys- tème continue avec une nouvelle journée de mobilisation massive. Au cours de ce vendredi de la contestation populaire contre le régime, les Mascaréens ont répondu à cette lutte contre les corrompus parmi les responsables et les hommes d'affaires.

La réponse était la satisfaction.

C’est ce que nous avons pu déceler des déclarations des mar- cheurs. Des revendications exprimées depuis le début du mou- vement.

Les protestataires ont réitéré encore hier leurs revendications qui consistent en le changement radical en scandant et brandis- sant les slogans hostiles au pouvoir et favorables à une Algérie libre et démocratique et l’organisation d’élection libre et démo- cratique pour faire sortir l’Algérie de l’impasse, ils rappellent que cela ne doit en aucun cas détourner le peuple de son combat principal qui reste la chute du régime qui a enfanté ces corrom- pus et le départ de toutes ses figures.

La volonté du peuple fait briser les chaînes de l'injustice et de l'oppression, nous disent-ils en toute responsabilité et maturité politique en l’absence de la classe politique qui brille par son ab- sence et son immobilisme, à l’exception de quelques partis qui se comptent sur les doigts d’une main, regrettent-ils amèrement.

Ce 18evendredi de mobilisation intervient au lendemain d'un important développement dans le domaine judiciaire quant aux dossiers traités par l’appareil de la justice en toute célérité dans les hautes sphères du pouvoir dans une lutte implacable contre la corruption et l’argent sale. La volonté du peuple est pour une solution juste et durable sur le plan juridique et constitutionnel dans le cadre du dialogue et de la concertation à tous les ni- veaux.

A. Ghomchi

E

n ce 18e vendredi, la ville des Genêts a vibré d’une seule voix :

«Système dégage» et «Maza- lagh d Imazighen» (Nous sommes et resterons toujours des Amazighs).

De belles fresques aux cou- leurs de l’emblème national ont été spontanément exécu- tées par des dizaines de mil- liers de manifestants, hommes, femmes, jeunes et moins jeunes, qui ont déferlé à la ville de Tizi-Ouzou pour rappeler leur détermination à continuer à investir la rue et tous les es- paces jusqu’à la concrétisation de toutes les revendications pour lesquelles se sont soule- vées et continuent à le faire les Algériens depuis le 22 février

dernier. Lors de cette impressionnante mobilisa- tion, les manifestants ont brandi en force l’em- blème national. A Tizi-Ouzou, aucun citoyen n’a été importuné par les services de police de la sû- reté de wilaya qui étaient pourtant présents en force, comme durant les précédentes marches.

Les slogans «Algériens Khawa Khawa»,

«Djeich-Echaab Khawa Khawa…», «Non au ré- gionalisme»… ont été scandés à gorges dé- ployées tout au long de cette marche par tous les manifestants en signe de refus de toutes velléités de division du peuple algérien et de son mouve- ment populaire dont la consolidation de l’unité nationale est son essence même. Hier, les Tizi- Ouzéens ont encore une fois rappelé leur atta-

chement à l’unité nationale qui est un principe sacré mais aussi exprimé de fort belle manière leur opposi- tion irréversible à toute velléité négationniste du référent amazigh dans l’identité nationale. Tout cela a été exprimé pacifi- quement à travers des slo- gans à la gloire de l’identité nationale ama- zighe scandé avec ferveur par les dizaines de milliers de manifestants qui, faut-il aussi le souligner, n’ont pas oublié de crier haut et fort leur détermination à poursuivre le combat pour l’établissement d’un Etat de doit consacrant tous les droits.

La marche de ce 18evendredi s’est ébranlée du campus universitaire Hasnaoua, nouvelle ville, pour sillonner les principales artères de la ville des Genêts et se disperser trois heures après à hauteur du Mémorial des martyrs sis à l’entrée ouest de la même ville.

Bel. Adrar

Une impressionnante déferlante populaire a investi, hier, 18

e

acte de la dynamique populaire du 22 février, les rues de la capitale du Djurdjura, pour réitérer l’impérative nécessité du changement radical du système politique en place, le départ de tous ses tenants et l’établissement d’une nouvelle

République garantissant les doits de tout le peuple algérien.

MASCARA

LUTTE PACIFIQUE POUR LE CHANGEMENT

TIZI OUZOU

CONSOLIDATION

DE L’UNITÉ NATIONALE

SÉTIF

QUAND LA JUSTICE VA, TOUT VA

La chaleur torride qui pesait sur la cité d’Ain Fouara en ce 18evendredi du «Hirak», n’a pas empêché les adeptes de ce mouvement, de moins en moins nombreux, à réinvestir leur espace de revendications et continuer d’appeler comme depuis le début au changement radical et à la mise en œuvre de réformes profondes.

Entre le Parc mall et le siège de la wilaya, les adeptes du «hirak», qui brandissaient l’emblème national ou en étaient drapés comme d’habitude, continuaient ainsi d’agir pacifiquement, sous l’œil avisé de l’excellent ser- vice d’ordre assuré par les services de police qui encadraient ce mouve- ment. Des jeunes et moins jeunes qui sont sortis par ce temps de canicule pour faire preuve de leur attachement à la patrie et rendre une fois encore hommage à l’institution militaire, l’ANP digne héritière de l’Armée de li- bération nationale non sans faire état de leur détermination à sortir autant de fois qu’il faudra pour se frayer une place dans l’espace de la décision politique et contribuer à construire une Algérie nouvelle forte de ses com- pétences et son unité. Un mouvement au sein duquel les participants n’ont également pas manqué de prendre acte de cette dynamique d’assainisse-

ment engagée par la justice et encourager cette action tendant en la mora- lisation de la vie publique. «Quand la justice va, tout va ! Ceux qui ont ruiné le pays devront payer de leurs actes et ce n’est que par cette voie que le sacrifice de nos martyrs et leur sang pour la liberté aura un sens et ainsi toujours préserver l’Algérie de tous les abus et de toutes les convoi- tises internes et externes», souligne Mokhtar, visiblement fier d’avoir pris part à tous les vendredis du Hirak.

«Autant de revendications qui vont dans le sens de l’édification de l’Al- gérie de demain, fière de sa souveraineté, ses compétences et ses richesses et de tous ces jeunes qui veillent de jour comme de nuit à protéger nos frontières par cette chaleur brûlante», enchaîne Omar drapé de l’emblème national qui qualifie ce hirak de «phase importante que nous devons mettre à profit pour impulser l’Algérie vers des jours meilleurs par notre savoir et les vertus du dialogue. Je crois que ne devons pas rater cette phase et tout faire pour que nous vivions ensemble, en symbiose en Algérie, un seul peuple, une seule patrie».

F. Zoghbi

BÉJAÏA

POUR UN DIALOGUE NATIONAL

Les marches des vendredis se succèdent et apportent leur mobilisation sans faille au changement du système et à l’instauration d’une Algérie démocratique, unie et indivisible. Hier, pour le 18evendredi de la marche populaire pacifique dans la ville de Bejaia, les manifestants venus

massivement des quatre coins de la wilaya ont exprimé leur engagement total à l’unité du peuple algérien, ce peuple qui exige le départ du système qui s’est nourri de la corruption et a dilapidé les deniers publics. Dès 13 heures, l’esplanade de la maison de la culture était bondée d’une foule immense arborant le drapeau national avec comme seul engagement, libérer l’Algérie des voleurs. Des centaines de femmes, hommes, vieillards et enfants scandaient, sous une chaleur caniculaire «Djazair horra democratia»,

«Chaab khawa khawa», «Klitou leblad – Tet hasbou ga3». Tout au long de l’itinéraire emprunté, des dizaines de manifestants arrivés en retard se sont intégrés à la marche pacifique pour démontrer leur mobilisation sans faille jusqu’à la satisfaction de leurs revendications a savoir mettre en place une commission indépendante formée de personnes intègres et indépendants pour la préparation des élections libres

conformément au mot d’ordre «le peuple seul source du pouvoir». Un message fort revendiqué par les manifestants lors des marches populaires des vendredis. Ainsi, quatre mois se sont écoulés de la première marche populaire du 22 février à travers tout le pays.

La mise en marche de la machine judiciaire a été saluée et elle s’est soldée par l’incarcération de responsables auteurs de dilapidation des deniers publics, l’enrichissement illégal et de la faillite de l’économie nationale.

Aujourd’hui le peuple algérien, a travers la mobilisation, l’union et de la solidarité, est plus que jamais décidé à aller de l’avant pour une Algérie démocratique par un dialogue national avec toutes les couches de la société, personnalités nationales, mouvement associatif et citoyen et les partis.

Les prochaines élections seront

déterminantes pour engager une nouvelle république forte de ses institutions et d’une justice indépendante.

Depuis quatre mois, l’Algérie a su démontrer au monde entier la maturité de son peuple durant toutes les marches pacifiques qui se sont succédé pour établir la démocratie et le fonctionnement normal de ses institutions.

M. Laouer

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EL MOUDJAHID

L’ événement

La wilaya de Bordj Bou-Arréridj a bien enregistré, comme elle a l’ha- bitude de le faire depuis le 22 fé- vrier, une manifestation contre le système. Mais cette manifestation qui sert à réclamer des changements politiques radicaux a été plus faible que les éditions précédentes. Même le tifo aux connotations politiques qui ponctuait la manifestation a dis- paru.

Ce tifo, qui était une tribune pour les meneurs du hirak au niveau local pour manifester leur position à propos de l’actualité politique na- tionale, était très attendu par les ha-

bitants, et même les observateurs nationaux qui considèrent Bordj Bou-Arréridj comme la capitale du mouvement de contestation. Le

«palais du Peuple», lieu de regrou- pement et d’expression pour les ma- nifestants, est resté désespérément vide. Les contestataires du régime politique se sont bien rassemblés aux abords des lieux. Mais c’était pour engager des débats sur la ques- tion du port de drapeaux autres que l’emblème national. Cette question qui divise a été au centre des discus- sions entre ceux qui estiment que les autres drapeaux doivent être

bannis, et ceux qui sont pour l’uti- lisation d’autres symboles de l’identité qui, notent-ils, ne signi- fient aucune orientation anti-patrio- tique. Les premiers continuent quant à eux de soutenir que l’heure est au rassemblement et à l’unité.

Évoquer ce genre de question, selon eux, peut nuire aux revendications populaires dans ces moments cru- ciaux. Le débat n’est pas terminé pour autant. Ce qui explique peut- être la baisse en intensité de la ma- nifestation, qui a, il faut le souli- gner, sillonné la principale artère du chef-lieu de wilaya. Les marcheurs,

qui ont bravé encore une fois la cha- leur torride qui frappe la wilaya, ces jours-ci, ont exprimé leur désir du départ de ceux qui sont responsa- bles de la situation actuelle du pays.

Ils ont rappelé les slogans habituels comme «Silmia, silmia». D’ailleurs, aucun écart n’a été constaté dans les débats qui ont eu lieu entre les dé- fenseurs d’une telle ou telle posi- tion. «Djeich, chaâb, khaoua khaoua» a été également présente.

Ce qui n’a pas empêché beaucoup de manifestants à appeler à l’instau- ration d’un État démocratique.

F. D.

AnnABA

MAINTIEN DES RENVENDICATIONS

Plusieurs centaines de citoyens ont pris part, hier à Annaba, à la marche populaire (Hirak)

hebdomadaire revendiquant le départ du système politique en place et ses symboles. Il s’agit du 18e vendredi consécutif depuis le 22 février dernier, date marquant le déclenchement de la première étincelle du soulèvement populaire à travers les différentes régions du pays. Comme à l’accoutumée, le Cours de la Révolution a été une nouvelle fois le théâtre de

rassemblement des

manifestants  issus de toutes les franges de la société, et ce après la prière du vendredi.

Les marcheurs ont  réitéré leur satisfaction vis-à-vis de la poursuite des arrestations et incarcérations

ciblant  des  hommes politiques et autres

affairistes ayant dilapidé les deniers publics. Brandissant le drapeau national, des affiches et pancartes confectionnées à la hâte portant des slogans mettant en relief les revendications du Hirak populaire. La foule a commencé à se rassembler sur le parvis du Théâtre régional Azzedine-Medjoubi jusqu’à grossir après la prière du vendredi, pour battre le pavé ensuite autour de l’esplanade du Cours de la Révolution.

Ils ont réitéré les mêmes revendications et les mêmes slogans, tout en appelant au départ des trois B, en l’occurrence Bensalah, Bedoui et Bouchareb. Sur certaines affiches brandies, il est fait appel au docteur Ahmed Taleb Ibrahimi pour conduire et piloter la période transitoire et à l’application des articles 7 et 8 de la Constitution. Les marcheurs se disent déterminés à poursuivre les

manifestations et à sortir dans les rues jusqu’à l’instauration d’une

Assemblée constituante ou la création d’une instance indépendante chargée de la préparation des élections.

Les marcheurs insistent dans leurs slogans sur le maintien de la mobilisation jusqu’à la satisfaction des

revendications légitimes du peuple. Ils ont réitéré leur demande à la justice de continuer à faire son travail dans le cadre de la lutte contre la corruption et les détournements des deniers publics au nom de

l’investissement. Parmi les revendications qui consistent en la reconstruction d’un État démocratique où règnent la justice et l’équité.

«Nous voulons un État démocratique», ont scandé les manifestants, demandant l’instauration d’une nouvelle gouvernance dans le cadre des principes de l’appel du 1erNovembre 1954.

B. G.

Fidèles à la tradition qui s’est instaurée au fil des semaines, la 18eou encore depuis plusieurs mois, les manifestants ont marché encore hier pour sillonner plusieurs artères et avenues de la cité de la Mekerra et manifester leur attachement en signe de solidarité et d’union à un élan natio- nal populaire. Jeunes, femmes et hommes se sont donné rendez-vous à la place du 1er-Novembre pour se rassembler, s’organiser et s’accorder sur- tout sur les slogans à scander en fonction de l’évolution des données.

Et le ton semblait être assez élevé relative- ment, comme pour exprimer une détermination à aller jusqu’à la satisfaction totale des revendi- cations formulées, notamment le départ de toutes figures issues de l’ancien système. «Rien ne pourra nous arrêter. C’est la volonté du change-

ment qui est affichée par tout une peuple pour la refondation d’un État dont le fonctionnement re- pose sur les valeurs de la nation.

Une nation solidaire et unie dans sa diver- sité», déclare Mohamed El-Habib, un étudiant en pharmacie qui insiste sur le caractère pacifique à préserver, lors de ce combat. Solidarité et union ont en fait singularisé cette marche qui fut mas- sive pour mobiliser toutes les couches de la so- ciété et résonner fortement en ce vendredi, en dépit de la forte chaleur ayant prévalu.

Du pôle Ouest au pôle Est du tissu urbain, l’itinéraire emprunté se voulait long pour asso- cier toute la population locale à cette manifesta- tion, de lui attribuer plus de popularité et de signifier cette adhésion citoyenne à ses revendi- cations. Et cette adhésion fut trop perçue à tra-

vers ces signaux forts en signe de soutien donnés à partir des immeubles par des habitants brandis- sant fièrement les couleurs nationales et des ban- deroles sur lesquelles étaient portés des slogans divers : «Djeich-chaâb khaoua, khaoua», «L’Al- gérie une et indivisible», «Tous les Algériens unis».

Bref, autant d’expressions formulées pour tra- duire des notions de solidarité et d’union d’une nation, et renseigner surtout le commun des ob- servateurs sur un mouvement déclenché pour l’élaboration d’un nouveau mode gestion de la chose publique et d’édification d’une Algérie guidée par l’esprit de l’État de droit et des droits de l’homme, de la justice, de l’équité, de l’égalité des chances et de la liberté.

A. B.

Sidi BEL-ABBèS

UNIS DANS LA DIVERSITÉ

«L

es Algériens khawa khawa», «Non à la fitna !» «Non au ré- gionalisme», ce sont, entre autres, les slogans scandés, hier, par les milliers de manifestants qui ont marché, comme chaque vendredi, de la place du 1er-Novembre (ex- place d’Armes, au ronds-point de la wilaya en passant par la rue Larbi- Benmhidi et boulevard Émir-Ab- delkader).

Les pancartes et banderoles dé- ployées pendant la marche ont vé- hiculé le même message qui fait de l’unité nationale, une ligne rouge à ne pas franchir.

Pendant plus de deux heures, les manifestants ont scandé des slogans d’amour et de solidarité à l’endroit de tous leurs compatriotes dans les quatre coins du pays, insistant sur le caractère égalitaire de tous les ci- toyens comme l’une des constantes de l’identité algérienne et l’un des fondements de l’État algérien pour lequel plus d’un million et demi de martyrs ont donné leur vie pour sa libération. On note, par ailleurs, que les deux autres principales revendi- cations ayant marqué les marches du vendredi depuis ces dernières se- maines, à savoir : la construction

d’un état civil et l’application des articles 7 et 8 de la Constitution, qui, disent-ils, restituent la souve- raineté au peuple et le départ de tous les symboles du système, ont été fortement reprises. Ainsi, on pou-

vait lire sur certaines affiches bran- dies par des manifestants, hier :

«Nous marchons et nous allons continuer à marcher pour que vous partiez tous», «Chaâb Yourid Tatna- haou gaâ», «Irhalou Irhalou». Les

craintes d’une confiscation du com- bat, mené par le peuple depuis 18 semaines déjà, ont été largement ex- primées par les manifestants qui ont, aussi, dénoncé les tentatives de récupération. A. S.

Le vendredi d’hier était différent de tous les précédents. Pour ce 18

e

acte du mouvement de 22 février, les manifestants à Oran ont mis de côté — temporairement, semble-t-il — les principales revendications,

pour n’en retenir qu’une seule, du moins la plus dominante, à savoir l’unité nationale.

18 e vendredi des marches populaires

orAn 

NON À LA FITNA ,

NON AU RÉGIONALISME !

Bordj Bou-Arréridj

FAIBLE PARTICIPATION

Ph. T. Rouabah

(6)

6 N ation

EL MOUDJAHID

AFFAIRE KIA

17 PERSONNES DEVANT LE PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE

PARLEMENT ARABE

HAUT SENS DE RESPONSABILITÉ

DU PEUPLE

Le Parlement arabe a invité, mer- credi dernier, l'ensemble des partis po- litiques, associations et personnalités nationales à adopter la voie du dia- logue inclusif et faire prévaloir la sa- gesse et l'intérêt national, garants de la sortie de crise et de la concrétisation des aspirations du peuple. Dans un communiqué sur la situation en Algé- rie publié au terme des travaux de sa 4eséance plénière, le Parlement arabe a salué le caractère pacifique et civi- lisé des manifestations ainsi que le haut sens de responsabilité dont fait montre le peuple algérien, soucieux de protéger son pays. Dans ce contexte, la même instance a souligné qu'elle

«suit avec un grand intérêt ce que tra- verse l'Algérie depuis le début du Hirak populaire», estimant que l'adop- tion d'un dialogue inclusif était la voie idéale pour sortir de la crise politique et concrétiser les aspirations du peuple quant aux réformes politiques, écono- miques et sociales. «Conscient et res- ponsable, le peuple algérien a su montrer son souci de protéger son pays et l'orienter vers un avenir pro- metteur et prospère», a ajouté le com- muniqué.

«Le Hirak pacifique et serein don- nera naissance à une démocratie réelle, consacrée et approfondie par tous les Algériens, qui aboutira sûre- ment à l'indépendance de la décision politique nationale», a conclu le Par- lement arabe.

DES SOLUTIONS FLN

CONSTITUTIONNELLES À LA CRISE

Le secrétaire général (SG) du Front de libération nationale (FLN), Mohamed Djemaï, a affirmé, jeudi dernier à Alger, que «les solutions susceptibles de faire sortir le pays de la crise doivent être envisagées dans le cadre de la Constitution», mettant l'accent sur l'importance d'accélérer l'organisation de l'élection présidentielle.

D

ans une allocution à l'occasion de l'installation de trois commis- sions du parti, le SG du FLN a souligné que les «véritables solutions»

à la crise que vit l'Algérie doivent être envisagées «dans le cadre de la Consti- tution et des lois de la République algé- rienne», relevant, à ce propos, que l'Algérie «n'était ni un terrain, ni un champ d'expérimentation pour les aven- turistes». Appelant à «l'accélération de l'organisation de la présidentielle, une échéance électorale durant laquelle le peuple pourra exprimer son choix en toute souveraineté», il a assuré que «la solution réside dans l'application de la Constitution et de ses dispositions et non pas dans l'adoption de l'expérience des périodes transitoires, menée par d'autres pays». M. Djemaï a mis l'ac- cent, dans ce contexte, sur l'importance du dialogue, qui doit être axé sur «un seul point», à savoir «les modalités de mise en place des mécanismes sérieux et essen- tiels devant faire sortir l'Algérie de sa crise, et ce à travers l'organisation d'une élection présiden- tielle». Par ailleurs, le SG du FLN a salué l'ali- gnement de l'Armée nationale populaire (ANP) et de son Commandement aux côtés du peuple al- gérien, affirmant que cette position a permis la réalisation de plusieurs acquis, notamment la li- bération de la justice qui lutte actuellement contre la corruption et les corrompus. M. Djemaï a saisi cette occasion pour dénoncer «les parties qui complotent de l'étranger contre l'Algérie», les- quelles, a-t-il dit, «misaient sur une position de l'ANP contre le mouvement pacifique et civilisé du peuple algérien, l'alignement de l'armée aux côtés du peuple a déjoué, toutefois, leurs manœu- vres et révélé les bonnes intentions de l'ANP et de son Commandement». Dans ce cadre, il a sou- ligné que «toute atteinte à l'institution militaire est une atteinte aux Algériens et Algériennes», qualifiant ces comportements d'attaques désespé- rées et lâches. M. Djemaï a salué également la te- neur du discours du général de corps d’Armée, Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), dans lequel il a mis en garde contre «les tentatives d'infiltration des marches et porter d’autres emblèmes que notre emblème na- tional, pour lequel des millions de chouhada sont

tombés en martyr», qualifiant ce discours de

«courageux». Par ailleurs, il a renouvelé son appel au président de l'APN, Mouad Bouchareb, à démissionner de son poste de président de la Chambre basse, mettant l'accent sur «la nécessité de satisfaire la revendication du hirak populaire et de respecter la volonté du peuple algérien». Le FLN compte organiser un forum national avec la participation de jeunes et compétences pour dé- battre des développements que connaît le parti et la scène politique nationale, a fait savoir M. Dje- maï, ajoutant que sa formation politique compte également créer un espace consacré aux actions de solidarité. Lors de cette réunion, il a été pro- cédé à l'installation de trois commissions, à savoir la commission des finances, présidée par Mo- hammed Djellab, la commission des cadres, pré- sidée par Aissa Khellaf et la commission du contrôle et du suivi de la situation juridique, pré- sidée par Ali Sadiki.

Le rôle de la justice en matière de lutte contre la corruption, salué

Le Bureau du groupe parlementaire du FLN à l'APN a annoncé mercredi l'entame des prépara- tifs pour le renouvellement des structures de l'as- semblée parallèlement à l'expiration de la période légale, indique un communiqué de l'APN. Dans

le cadre du suivi des derniers dévelop- pements et de la situation de l'APN, le Bureau du groupe parlementaire du FLN, réuni mercredi dernier sous la pré- sidence de Khaled Bouriah, président du groupe, a annoncé après «examen et en- richissement», la préparation de renou- vellement des structures de l'assemblée parallèlement à l'expiration de la période légale, et ce, conformément au règle- ment intérieur de l'assemblée, précise le communiqué.

Le bureau, ajoute la source, a souli- gné en outre la nécessité de répondre aux revendications des députés en ce qui concerne les dossiers relatifs à la gestion des affaires de l'APN, et ce pour assurer

«la transparence dans leur gestion». Le groupe parlementaire a réaffirmé son soutien «absolu» au rôle de l'institution militaire «à travers ses dirigeants moud- jahidine qui visent à protéger le pays et à préserver la paix et la stabilité», sa- luant en même temps le rôle de la Justice en ma- tière de lutte contre la corruption. Le bureau a affirmé, en outre, la nécessité pour le président de l'APN de répondre aux revendications du mouvement populaire et se retirer de la prési- dence dans le but de consacrer les aspirations du peuple et la stabilité de l'assemblée pour que cette dernière ne reprenne ses activités». La même source a dénoncé en même temps les attitudes

«de représailles et provocatrices» de la part du président de l'assemblée, visant à «semer la dis- corde et les dissensions parmi les rangs des dé- putés du groupe FLN».

Dix-sept individus impliqués dans des faits à caractère pénal ont été présentés, mercredi, devant le procureur de la République près le tri- bunal de Sidi M'hamed, dans le cadre de l'af- faire de l'homme d'affaires et propriétaire de la marque «KIA», Hacène Arbaoui, a indiqué, jeudi dernier, un communiqué de cette juridic- tion. «Suite à l'enquête préliminaire diligentée par la section de recherches de la Gendarmerie nationale (GN) d'Alger, sur instructions du pro- cureur de la République près le tribunal de Sidi M'Hamed, dix-sept personnes ont été présen- tées, le 19 juin 2019, devant le procureur de la même juridiction pour des faits à caractère pénal», a précisé le communiqué. Après avoir été entendues sur les faits qui leur sont imputés,

«une enquête judiciaire a été ouverte à l'encon- tre de 14 personnes physiques» pour des crimes liés aux «blanchiment d'argent et transfert de biens obtenus par des faits de corruption», et

«bénéfice du pouvoir et de l'influence des agents de l'Etat durant l'établissement de contrats et de marchés» et «dilapidation des de- niers publics». Ces crimes portent également sur «la participation à la dilapidation et à l'uti- lisation de fonds de banque», «abus de fonction intentionnel à l'effet d'accorder d'indus privi- lèges à autrui», et «exercice d'une activité pro- fessionnelle par un agent public dans une entreprise qu'il est chargé de contrôler et conclusion de marchés avec la même entreprise dans un délai inférieur à deux ans», ajoute le communiqué. Les personnes poursuivies péna- lement sont : «l'homme d'affaires Hacène Ar- baoui et deux de ses frères, cinq fonctionnaires

relevant du ministère de l'Industrie et des Mines, le directeur général de la Banque natio- nale d'Algérie (BNA), deux anciens directeurs de deux entreprises publiques, un chef de dé- partement au sein d'une entreprise publique et le président actuel d'une APC ainsi qu'un com- merçant», poursuit la même source. Deux per- sonnes morales ont été également accusées, à savoir deux entreprises commerciales en rap- port avec l'activité du principal mis en cause, ajoute le communiqué du tribunal de Sidi M'Hamed. Notifié du dossier de l’affaire, le juge d’instruction, après avoir entendu les pré- venus lors de la première comparution, a décidé de placer sept personnes en détention provi- soire. Il s'agit de «l'homme d'affaires Hacène Arbaoui, de deux cadres actuels relevant du mi- nistère de l’Industrie et des Mines, de deux fonctionnaires du même ministère, de l'actuel directeur général de la BNA, et d'un ex-direc- teur d'une entreprise économique publique».

Par ailleurs, «le juge d’instruction a placé trois personnes sous contrôle judiciaire. Il s’agit de l'ex-directeur général de la promotion de l'in- vestissement au ministère de l'Industrie et des Mines ainsi que les deux frères de l'accusé prin- cipal et remis quatre autres en liberté». Concer- nant les personnes restantes et compte tenu de leurs fonctions à la date des faits, il a été décidé de transmettre le volet de leur dossier au procu- reur général près la cour d'Alger «pour prendre les mesures nécessaires à leur encontre». Il s'agit de l'ex-Premier-ministre, Ahmed Ouyahia et deux anciens ministres de l'Industrie et des Mines, Mahdjoub Bedda et Youcef Yousfi».

Figure

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Références

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