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Réfutation: Approuvez-vous les 300 M $ pour la vaccination contre le VPH?: NON

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Texte intégral

(1)

Vol 54:  march • mars 2008 Canadian Family PhysicianLe Médecin de famille canadien

345

Débats

Réfutation: Approuvez-vous les

300 M $ pour la vaccination contre le VPH?

L

e  récent  lancement  du  vaccin  contre  le  virus  du  papillome humain (VPH) a été qualifié de réussite de  commercialisation d’un problème de santé «de marque»1  (autrement  dit,  on  en  a  fait  une maladie de publicité). 

Nous  ne  pouvons  considérer  ce  produit  de  manière  isolée;  il  n’y  a  pas  de  réponse  unique  aux  questions  interreliées  concernant  le  cancer  du  col  de  l’utérus,  la  santé  sexuelle  et  les  interventions  de  première  ligne. 

Nous  ne  pouvons  pas  non  plus  être  aussi  optimistes  qu’ils le sont à propos des programmes de vaccination  lorsqu’il  n’existe  que  des  données  limitées  et  à  court  terme. 

Il  est  vrai  que  le  vaccin  semble  relativement  sûr; 

il  pourrait  même  faire  partie  de  la  solution.  Mais,  à  l’heure  actuelle,  nous  devons  examiner  si  oui  ou  non  nous  voulons  allouer  des  fonds  à  ce  seul  élément. 

Plutôt que d’être un «geste de solidarité sans équivoque  envers les femmes canadiennes2», l’attribution des 300  millions $ donne l’impression que l’on tente «d’acheter» 

les femmes. S’il y avait tant de bonne volonté à l’égard  des femmes, les fonds pour acheter ce vaccin coûteux  serviraient  à  des  programmes  généraux  de  santé  sex- uelle  et  de  reproduction,  et  à  d’autres  démarches  de  santé  sexuelle  susceptibles  d’avoir  des  répercussions  de  plus  grande  portée  sur  la  santé  en  général  que  de  seulement  protéger  les  jeunes  filles  contre  4  souches  du VPH.  

Il faudrait clarifier 2 points:  

•  Dans  la  discussion  sur  la  prévention  secondaire,  Dr Steben semble apparier les infections au VPH et le  cancer  du  col.  Oui,  le  dépistage  de  ce  dernier  a  ses 

«limites»,  mais  ces  limites  pourraient  bien  être  les  mêmes  que  celles  qui  laisseront  même  les  femmes  vaccinées  à  risque  d’un  cancer  envahissant  du  col. 

Nous  devons  allouer  des  fonds  pour  améliorer  les  programmes  de  dépistage,  appuyer  des  registres  de  dépistage  et  d’autres  moyens  d’assurer  que  les 

femmes  ne  développent  plus  de  cancer  envahissant  du col en raison d’échecs du système de santé.

•  Dr  Steben  ne  mentionne  pas  que,  chez  les  femmes  infectées au VPH, dans 90% des cas, le virus disparaît  spontanément  sans  intervention.  Il  faudrait  insister  sur ce fait pour éviter la peur et une plus grande con- fusion entre l’infection et le cancer envahissant. 

Les femmes et les filles méritent plus que de se faire  acheter  avec  une  série  de  vaccins.  Elles  ont  besoin  de  données  convaincantes  et  complètes  pour  prendre  des  décisions  éclairées  à  propos  de  leur  participation  aux  programmes de vaccination. Nous devons tous être vigi- lants pour assurer que des intérêts privés ne dictent pas  les politiques publiques ou n’aient pas préséance sur les  besoins en santé publique.  

Mme Lippman est professeure au Département d’épidémiologie, de biostatistique et de santé au travail de l’Université McGill à Montréal, au Québec, et prési- dente du Comité des politiques du Réseau canadien pour la santé des femmes. Mme Boscoe est coordonnatrice de l’action sociale à la Women’s Health Clinic à Winnipeg, au Manitoba, et directrice générale du Réseau canadien pour la santé des femmes. Dre Scurfield est directrice médicale à la Women’s Health Clinic à Winnipeg.

Intérêts concurrents Aucun déclaré

Correspondance à: Abby Lippman, Université McGill, 1020, avenue des Pins Ouest, Montréal, QC H3A 1A2; télé-

phone 514 398-6266; télécopieur 514 398-4503; courriel [email protected]

références

1. Angelmar R, Angelmar S, Kane L. Building strong condition brands. J Med Marketing 2007;7(4):341-51.

2. Steben M. Do you approve of spending $300 million on HPV vaccination? Yes  [débat]. Can Fam Physician 2008;54:174-7 (ang), 178-81 (fr).

NON

Abby Lippman

PhD

Madeline Boscoe

RN DU

Carol Scurfield

MD FRCPC MCHS

Ces réfutations sont les réponses des auteurs aux débats dans le numéro de février (Can Fam Physician 2008;54:178-81).

This article is also in English on page 343.

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