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Submitted on 6 Jun 2020
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Pierre-Henri Aberlenc
To cite this version:
Pierre-Henri Aberlenc. Coccinelles. La faune auxiliaire des vignobles de France, Chap. 2-2, Editions France Agricole, 2011, Agriproduction, 978-2-85557-213-0. �hal-01189792�
Coccinelles
H.-P. Aberlenc
Introduction
Les coccinelles sont de petits coléoptères (entre moins de 1 et 8 mm) du sous-ordre des Polyphaga (le premier segment abdominal visible, en face ventrale, est entier et non séparé en deux parties par les hanches postérieures), arrondis, sou- vent presque hémisphériques mais par- fois plus allongés. Les antennes sont très courtes et terminées en massue.
On peut confondre certains insectes avec les coccinelles, la ressemblance étant parfois si étonnante que même un ento- mologiste peut s’y laisser prendre s’il est inattentif.
Parmi les hémiptères, il est classique que les néophytes prennent le Plataspi- dae Coptosoma scutellatum (Geoffroy, 1785) (voir fig. 4.116) pour un coléoptère et même pour une coccinelle. Mais cette belle espèce noir brillant a un rostre et non des pièces buccales de type broyeur, et ce que l’on peut prendre pour les élytres (qui sont pairs et séparés au repos par une suture longitudinale médiane) est en réalité un organe impair (sans suture longitudinale médiane), le scutellum, qui est hyperdéveloppé et recouvre tout l’arrière du corps.
Parmi les coléoptères, on peut confondre certains Chrysomelidae avec des Coc- cinellidae. Si l’espèce étonnamment coccinellomorphe que nous présen- tons (voir fig. 4.117) vit en Équateur, la
confusion est aussi possible avec des espèces françaises de Chrysomèles. Le caractère le plus simple pour ne jamais risquer une telle confusion est la lon- gueur des antennes : très courtes et ne pouvant jamais, si on les rabattait vers l’arrière, arriver au niveau du bord postérieur du pronotum chez les cocci- nelles (voir fig. 4.118) ; au contraire bien plus longues et, si on les rabattait vers l’arrière, dépassant le plus souvent le niveau du bord postérieur du pronotum chez les Chrysomèles (voir fig. 4.117). Par ailleurs, le tarse des coccinelles est en général cryptotétramère (il a quatre articles, mais il semble qu’il n’en ait que trois, l’avant-dernier article étant minuscule et pouvant passer inaperçu) (voir fig. 4.119), tandis que le tarse des Chrysomèles est cryptopentamère (il a cinq articles, mais il semble qu’il n’en ait que quatre, l’avant-dernier article étant minuscule et pouvant passer inaperçu) (voir fig. 4.120).
Les coccinelles ont un mode de repro- duction sexuée. Comme les autres coléoptères, elles sont holométaboles, c’est-à-dire que leur développement passe par les stades œuf-larve (avec quatre stades larvaires)-nymphe-adulte.
L’adulte ne peut plus grandir et une petite coccinelle ne peut pas devenir plus grande ! Les coccinelles sont ailées, ce qui favorise leur dispersion. Seuls l’adulte et la larve s’alimentent, pas la nymphe, qui est très peu mobile, étant attachée au support par l’extrémité de l’abdomen. C’est le stade adulte qui passe l’hiver et il n’y a en Europe qu’une génération par an.
Tableau des espèces
On ne dispose que de quelques études ponctuelles (Alsace, Beaujolais, Bour- gogne, Languedoc-Roussillon) et un inventaire global n’existe pas. Cette liste n’est donc qu’une ébauche (tab. 2.1) : il est certain que d’autres espèces que celles recensées ici peuvent se rencontrer dans les vignes.
Régime alimentaire
Les coccinelles font partie des rares insectes à susciter, d’ailleurs à juste titre, une sympathie générale dans notre société, privilège dont ne bénéfi- cient malheureusement pas la plupart des autres insectes, pourtant non moins beaux ni non moins inoffensifs, mais qui de manière absurde ne suscitent que
répugnance ou indifférence. Mais ne demandons pas aux dimensions cultu- relles et affectives de la vie humaine d’être rationnelles…
Selon les sous-familles, les genres et les espèces, le régime alimentaire des coccinelles est très différent. Quelques espèces, une minorité, sont phytophages (elles mangent des tissus végétaux : sous-famille Epilachninae) ou encore sont mycétophages (elles mangent des champignons). Les autres espèces, la majorité, sont carnivores tant au stade larvaire qu’adulte et mangent des pucerons (aphidiphages), des cochenilles (coccidiphages), des aleurodes, des psylles, des cicadelles, des thrips, des acariens (acarophages), et même d’autres coléoptères (Harmonia axyridis consomme des pucerons mais peut aussi dévorer… d’autres espèces de coccinelles) Tableau 2.1. Espèces de coccinelles rencontrées occasionnellement
dans les vignes
Sous-familles Tribus Espèces
Scymninae Stethorini Stethorus punctillum Weise, 1891 (fig. 2.33) Diomini Clithostethus arcuatus (Rossi, 1794) (fig. 2.34) Scymnini Nephus (Nephus) bipunctatus Kugelann, 1794
Scymnus (Scymnus) apetzi Mulsant et Rey, 1846 (fig. 2.35) Scymnus (Scymnus) interruptus (Goeze, 1777) (fig. 2.36) Chilocorinae Platynaspini Platynaspis luteorubra (Goeze, 1777) (fig. 2.37)
Coccinellinae Hippodamiini Hippodamia (Adonia) variegata Goeze, 1777 (fig. 2.38) Coccinellini Coccinella septempunctata Linné, 1758 (fig. 2.39)
Harmonia axiridis (Pallas, 1773) (fig. 2.40)
Propylea quatuordecimpunctata (Linné, 1758) (fig. 2.41)
et des lépidoptères (psychophages). Si certaines espèces sont des prédatrices généralistes avec des proies très variées, d’autres à l’opposé sont étroitement spécialisées sur un seul genre, voire sur une seule espèce de proie. Mais la majorité des espèces peuvent manger plusieurs types de proies préférées et de proies de remplacement en l’absence de leurs proies favorites, et ajoutent même parfois à leur menu pollen, miellat ou nectar.
Dans le tableau 2.2, le régime préfé- rentiel est cité en premier, le régime alternatif est ensuite mentionné entre parenthèses, quand les données sont disponibles.
Depuis la raréfaction des foyers d’aca- riens, Stethorus punctillum se fait très discrète. La présence sur vigne des autres espèces paraît aléatoire, sauf peut-être pour Hippodamia variegata et Harmo- nia axiridis, trouvées en nombre mais de façon éphémère sur un foyer d’Heliococ- cus bohemicus.
Tableau 2.2. Régime alimentaire des coccinelles trouvées occasionnellement dans les vignes
Espèces Régime alimentaire
Stethorus punctillum acariens (thrips, nectaires extrafloraux) Clithostethus arcuatus aleurodes (pucerons, acariens)
Nephus bipunctatus cochenilles
Scymnus apetzi pucerons
Scymnus interruptus pucerons
Platynaspis luteorubra pucerons (les larves se développeraient dans les fourmilières)
Hippodamia variegata pucerons (cochenilles, nectar, pollen, miellats) Coccinella septempunctata pucerons, cochenilles (fig. 2.42) (aleurodes, psylles,
autres hémiptères, thrips, chrysopes, autres insectes, pollen, nectar, mildiou) ; parfois pullulante
Harmonia axiridis pucerons (autres hémiptères ; œufs, larves, nymphes et adultes d’autres coccinelles)
Propylea quatuordecimpunctata pucerons
Planche 2.1
Fig. 2.33. Stethorus punctillum (photo : H.-P. Aberlenc).
Fig. 2.34 Clithostethus arcuatus (photo : H.-P. Aberlenc).
Fig. 2.35. Scymnus apetzi (photo : Christopher Benisch, www.kerbtier.de).
Fig. 2.36. Scymnus interruptus (photo : Christopher Benisch, www.kerbtier.de).
Fig. 2.37. Platynaspis luteorubra (photo : H.-P. Aberlenc).
Fig. 2.38. Hippodamia variegata (dessin : H.-P. Aberlenc).
Fig. 2.39. Coccinella septempunctata (photo : H.-P. Aberlenc)
Fig. 2.33 Fig. 2.34 Fig. 2.35
Fig. 2.36 Fig. 2.37
Fig. 2.38 Fig. 2.39
Planche 2.2
Fig. 2.40. Harmonia axyridis (photo : H.-P. Aberlenc).
Fig. 2.41. Propylea quatuordecimpunctata (photo : Christopher Benisch, www.kerbtier.de).
Fig. 2.42. Coccinella septempunctata dévorant une femelle d’Heliococcus bohemicus (photo : G. Sentenac).
Fig. 2.40
Fig. 2.41 Fig. 2.42