• Aucun résultat trouvé

L'Homme trans

N/A
N/A
Protected

Academic year: 2021

Partager "L'Homme trans"

Copied!
4
0
0

Texte intégral

(1)

HAL Id: hal-02488909

https://hal-amu.archives-ouvertes.fr/hal-02488909

Submitted on 24 Feb 2020

HAL is a multi-disciplinary open access archive for the deposit and dissemination of sci- entific research documents, whether they are pub- lished or not. The documents may come from teaching and research institutions in France or abroad, or from public or private research centers.

L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est destinée au dépôt et à la diffusion de documents scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, émanant des établissements d’enseignement et de recherche français ou étrangers, des laboratoires publics ou privés.

L’Homme trans

Maxime Decout

To cite this version:

Maxime Decout. L’Homme trans. French Forum, The University of Pennsylvania Press, 2019. �hal- 02488909�

(2)

(). Overall, this chapter is an important reminder of the ideological decisions which may be present in the editing process of survivor testi- mony, but also the difficulty in identifying these biases for a reader who does not have the ability or means to examine original transcripts.

The book’s conclusion further advocates post-traumatic growth as a model that should be adopted by clinicians and NGOs working within the Rwandan content. In highlighting the work of French psychotherapist Marie-Odile Godard, Sinalo emphasizes the difficulty of cultural transla- tions of trauma. For instance, Godard observed how Rwandans “under- stand traumatic dreams as messages from the abazimu” () meaning the spirits of dead ancestors which Godard then had to reconcile with her own training as a Freudian psychoanalyst. The conclusion reiterates much of the book’s introduction which emphasizes the shortcomings of “event- based” and “symptom-based” therapeutic models as potentially limiting the ability of survivors to grow after genocide.

Rwanda After Genocide raises many necessary questions, including the applicability of Western-models of traumatic experience to other cultural contexts, the marginalization of survivors in contemporary Rwanda, and the risk of reproducing miserabilist visions of Africa through an unrelent- ing focus on narratives of violence and hopelessness. Unfortunately, some of her critiques of trauma theory and medical models of trauma border on the polemical in ways which distract from her incisive and thoughtful anal- ysis of the survivor testimonies. In particular, the category of PTSD, which has led to empirically-supported treatments for trauma, is disparaged in strong terms that will likely draw skepticism from many readers. Her championing of post-traumatic growth also smacks at times of the pre- scriptivism for which she criticizes trauma studies and other medical mod- els of trauma. Overall, Sinalo’s robust analysis of survivor testimonies in the original language is a rarity within humanities scholarship on the geno- cide. Her book constitutes an important intervention in the field of geno- cide studies.

George Macleod, St. Mary’s College of Maryland

Bruno Chaouat. L’Homme Trans. Variations sur un pre´fixe, Paris: E´ditions Le´o Scheer, coll. «Variations»,

, pp.

«TRANS est le pre´fixe de notre temps» () : lapidaire, la sentence qui sert de point de de´part au dernier essai de Bruno Chaouat donne le ton. Le

PAGE 337 ...19408$ REVS 01-17-20 08:00:00 PS

(3)

texte, `a la composition et a` la pense´e libres, progresse a` coups de variations successives autour d’un meˆme the`me. L’unite´ de l’ensemble provient de ce pre´fixe qui suppose une traverse´e, un passage, un refus des frontie`res. Le pre´fixe «trans» est celui «de la transgression des limites», celui qui «affirme l’illimite´ et l’infini des possibles pour l’homme» (), cette cre´ature prome´- the´enne par excellence, depuis toujours livre´e aux se´ductions de l’hybris.

C’est pourquoi «l’homme trans est un hors-la-loi» (), qui en vient `a constituer un prolongement presque naturel de l’eˆtre humain, «seule cre´a- ture qui refuse d’eˆtre ce qu’elle est» (). Tel serait donc «le propre de l’homme» (). Si bien que, de manie`re paradoxale, de`s qu’il tente de trans- gresser les contraintes de l’espe`ce et de transcender les limites de son eˆtre,

«l’homme ne fait pas autre chose qu’affirmer son humanite´» (). Le ver- tige se tient la`, qu’il s’agisse du transhumanisme ou du projet transgenre, eux qui re´futent toute soumission aux chaıˆnes d’un corps qu’on aspire a`

dominer, et, pour cela, qu’on n’he´site pas `a re´ifier.

L’Homme Trans ne dissimule de`s lors pas ses accents pole´miques, en re´ve´ lant les versants sombres des aspirations trans, replace´es dans une socie´te´ de la consommation et de la marchandisation, dont l’industrie bio- technologique et les laboratoires de la Silicon Valley semblent eˆtre le cou- ronnement. C’est la` que se de´livre la promesse d’une libe´ration totale de l’homme face aux accidents et imperfections de la cre´ation. Bruno Chaouat repe`re avec finesse les accents gnostiques qui e´maillent cette me´taphysique de la technologie ou` la cre´ation est pense´e comme une chute et ou` «il revient a` l’homme inge´nieux de la de´faire et de la refaire» (). Si ce n’est que dans ce processus ou` les hommes se fabriquent eux-meˆmes, «agent et patient, sujet et objet s’e´changent et se confondent» de sorte que «le fan- tasme de controˆle total sur le vivant se heurte `a cette aporie, que l’homme devient le mate´riau sur lequel s’exerce la maıˆtrise qui devait le libe´rer de toute passivite´» (). Plus encore : «l’utopie transhumaniste vise a` tuer la mort. Mais pour tuer la mort, il faut tuer le vivant. En cela consiste son aporie.» ().

«Transhumain, transgenre, transparence» () : ce sont donc ces trois notions `a la mode que Bruno Chaouat prend a` contre-courant. Pour cela, l’essai les soumet a` «la critique de la raison esthe´tique» (), en s’appuyant re´gulie`rement sur la tradition litte´raire, philosophique ou exe´ge´tique. Au sein de chaque variation, l’essayiste oppose `a l’homme trans d’autres mode`les, souvent inattendus, qui de´placent notre regard et nos certitudes.

C’est par exemple a` la lumie`re de l’enfance, de la mortalite´, de la me´moire et du temps que le transhumain est re´interpre´te´, et cela en se demandant

PAGE 338 ...19408$ REVS 01-17-20 08:00:01 PS

(4)

ce qu’il adviendrait de la litte´rature a` l’heure du triomphe du transhuma- nisme, d’un homme enfin libe´re´ des entraves de son corps et de sa nature.

«La litte´rature est-elle possible dans un monde de´livre´ du malheur ? Peut- elle s’accommoder du bonheur manufacture´ du meilleur des mondes ? Peut-on s’imaginer d’e´crire ou de penser sans l’angoisse du ne´ant et l’ap- pre´hension du non-eˆtre ?» (). Ce sont de telles questions que Bruno Chaouat fait graviter autour de Blanchot, Sade, Gunther Anders, Proust, Kafka ou Agamben pour mieux souligner a` quel point chacun d’entre nous fait, au quotidien, l’expe´rience d’«une singularite´ non de´termine´e» () qui contrecarre les fantasmes du transhumanisme. C’est aussi l’aspiration transgenre, notamment dans les analyses de Judith Butler, que Bruno Chaouat passe au crible d’un tout autre mode`le de l’eˆtre qui en fera mieux saillir les contradictions et les limites : le sujet juif. Quant a` la socie´te´ de la transparence qui nous entoure et nous guette, intimement lie´e a` un monde ou` tout serait calculable et mesurable, c’est l’opacite´ foncie`re du sujet qui la borne, celle-la` meˆme qui fonde la litte´rature et que l’essai nous invite a`

explorer, entre autres, sous la plume de Modiano.

On constatera ainsi a` quel point le principe de la variation s’adapte a` la de´monstration qu’entend mener Bruno Chaouat. Elle autorise un parcours sinueux au sein d’une constellation de pense´es, nous invite a` arpenter des traditions litte´raires, philosophiques et religieuses qui, face a` notre monde contemporain, conservent tout leur poids. Celles-ci nous forcent a` prendre une distance salutaire face a` l’actualite´ la plus bruˆlante et a` la regarder d’un œil neuf. Elles te´moignent surtout d’une varie´te´ que le transhumanisme pourrait mettre en pe´ril. C’est la raison pour laquelle le lecteur ne peut que souscrire au projet sous-jacent qui anime L’Homme Trans : «servir de prole´gome`nes a` une anthropologie de la de´mesure—une trans- anthropologie» ().

Maxime Decout, Aix-Marseille Universite´-IUF

PAGE 339 ...19408$ REVS 01-17-20 08:00:01 PS

Références

Documents relatifs

La relation entre l ’ homo sacer des Romains, le « musulman » des camps de concentration et l’individu soumis à la biopolitique moderne et contem- poraine s ’ éclaire en faisant

Le même argument est soutenu dans les cours que le critique italien Giacomo Debenedetti donne à Rome entre 1960 et 1966, parus en un volume sous le titre Il

[r]

Cette nouvelle fonction amène des modifications dans la structure et le contenu des documents, comme une structuration plus homogène des données dans chaque fichier, le

Chaque solution renferme un type d’ion positif et un type d’ion négatif parmi ceux dont la formule est indiquée dans le tableau ci-dessous.. IONS POSITIFS

A l’équilibre, le polygone de composition des forces est semblable au tri- angle ABC ; les côtés BC, CA, AB sont vus de P sous les angles π − A,. π − B, π

[r]

Attirées par le Soleil, elles tournent autour de lui sur des orbites presque circulaires, d’autant moins vite qu’elles sont