Politique
éditoriale
et communication
en Belgique
francophone
7;.. à,;:T i*
14
Âprès
une période d'incertitudes,
les
traits
du
nrarehé
de
l'éditiçn
helg*
se
préeËsentet
laissent
en-tr*v*ir
un
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dr.esecteur
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dans
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Ré*nganisatiens
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Labor, rs*e*rnment aequis
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Rêsurrsctisrç
du Srand
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et
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ftenaissar:ce du
Livr*. apràs ie rsehat par la
sccié-té
Tcurness!
Ccnçe3!s.Et de
narn-lsr*urx
projete.
XT
Media est une société depac-kaging
éditorial
fondéeen
2003par Jean-Marc Dubray. Cette en-treprise ne s'occupe pas d'édition au sens
traditionnel :
son activité consiste à pu-blier des contenus sur des supports variés(livre,
DVD,
fàscicule)pour
desjour-naux et des magazines.
Il
ne s'agit pas non plus d'un label, la marque définitive clu procluit étant définie par 1a clier.rtèle.Il
reste que la trajectoire de sonfonda-teur
s'inscrit dans les métiersdu
livre,entre
le
culturel
et le
commercial,puisque Jean-Marc
Dubray
a travaillésrrccessivemenr
chez Flammarion,
auSeuil, à la tête de Pastel, chez Casterman,
chez Rossel, et enfin chez Paperview. Si les apports de
TXT
Media secanton-nent encore au seul graphisme, ia
colla-boration
avecl'équipe de Labor
seraréellement effective quand les deux en-treprises, autour
d'un
corpus commun,seront en mcsllre de
pubiier
un
mêmetitre pour
la presse etpour la
librairie.Au
conf'luent dela
logique demarke-ting
c1'une entreprise commerciale etdes
préoccupationsculturelies
d'unemaison
d'édition, ce type
d'alliancepose question quant à
la
qualité et à laliberté
destitres
du
catalogue.Autre-menr
dir,
les inréréts financiers neris-quent-ils
pas, àterme,
d'infléchir
leschoix éditoriaux de
la
maison ? Face àces inquiétudes, dont le temps nous dira si elles sont fondées ou non, Jean-Marc
Dubray répond
sereinement: u
Pourpouuoir uiure, payer ses
fais,
s7npersTn-nel, ses auteurs, prendre des risques édito-riaux, une maison d'édition a besoin d'ar-gent et a donc besoin de uendre des /iures.
Certains se uendent mieux que d'autres,
ne Jîtt-ce tlue pltrce qu'ils rencontrent les
/lttentes de
prix,
de
rêue,de
connais-sance... d'un public plus large.
Il faut
ar-riuerà
étluilibrer I'ensemb/e.,
Et
Iepa-tron
deTXT
Media de rappeler que lesÉditions
Laborn'ont
pas été rachetéespar des marchands d'armes.
Si Marie-Paule Eskénazi, ancienne
di-rectrice de Labor, demeurée
un
temps conseillère éciitoriale, et Fabienne Herc, son assistante, nefont
plus partie de la maison, Jean-Marc Dubray compte surI'efficacité
d'éditeurs internes,Muriel
Molhant pour la
littérature,Jean-Fran-çois Fuëg et
Martine
Baurainpour
les sciences humaines, ainsi qr-re denom-breux directeurs de collection. En outre, les Éditions Labor bénéficieront
désor-mais
du
savoir-faire, entant
que con-seiller éditorial, de Jean-ClaudeZylber-stein,
par
ailleurs avocat
à
la
Cour d'Appel de Paris et fondateur duu
Do-maine étranger > chez 10-18.
Un
travail de
réorganisation
est
encours
au
niveau descollections
;
dessuppressions, des fusions
et
descréa-tions sont réalisées dans I'optique de
ra-tionaliser
I'offre
de Labor.Du
côté desabandons, la collection de textes gays et lesbiens
n
Théglacé,
ne fera plus par-tie du catalogue.Il
en va de même pouru Tandem
,,
consacrée aux problèmesde
la vie
quotidienne, maisqui
conti-nuera à exister sous le
titre
deu
La vieen questions
,.
Parmi
les collections qui se déploieront dans les mois à venir, sont déjà programmées uÀ
I'abordage u,ou
aborderont les albums illustrés, etu Belges cuisines
r,
avec des livrcs dere-cettes.
En
cequi
concernela
collectionlitté-raire
u
EspaceNord ",
Ia politiquepa-trimoniale belge sera conseruée, en s'at-tachant comme autref-ois aux rééditions
et à la publication de textes
contempo-rains.
À
cet égard, I'entrée de ColetteNys-Mazure est prévue pour le mois de
juin.
La collection s'ouvrira cepenilant àd'autres
horizons
et
accueillera
destextes des quatre coins
du
monde (Eu-rope, Amérique,Afrique,...).
Les
sentiers de la
légitimité
On
ne connaît pas forcément latrajec-toire de Luc Pire, de sa carrière de
jour-naliste à l'hebdomadaire Pour dans les
années 70 à la fondation en 1991 de la société Tournesol Conseils,
tour
à tourcommercial dans
l'imprimerie
coopCra-rive Infopress, directeur national
d'lnfbr-Jeunes (oir
il
crée la Cartc Jcunes) etex-pert
à
la
CEE.
De
même,
on
peut ignorer quela
société TournesolCon-seils, SPRL d'abord, société anonyme en-suite avec l'entrée de Rossel au sein du capital en 1998, est une agence de
com-munication institutionnelle,
dans
ia-quelle sont crééesen
1994 les Eclitions Lrrc Pire.Depuis
le
retrait de Rossel durant l'été2004, Luc Pire est I'unique aoionnâire de
Tournesol
Conseils. Aprèsdix
ansd'activité
éditoriale,le
moment paraîtopporrun
de réexaminer les stratégies éditoriales de la maison:
u J'ai pensé àtout abandonner et à me
faire
artisan du liure, en publiant dix titres paran.
,
Lrc
Pire
fait
le bilan, mais ne le dépose pas.Et
soucieux de se consacrer à l'édition,il
cède la majorité des parts duChèque-Lire
(crééen 2000) à la
sociétéSo-dexho. Mais la prise de position décisive
de
Luc
Pire resrele double
rachat du GrandMiroir
er dela
Renaissance duLivre, en faillite depuis peu.
Avec les éditions
du
GrandMiroir
(co-fondées en 2001 par Stéphane Lambert,Marc Filipson
ct
lui-même) et
la
Re-naissancedu Livre
(fondéeen
7926,puis
reiancée parMichel
de Paepe en1997 après une longue période
d'inacti-vité), Luc Pire hérite d'un fonds de
qua-lité.
A
cet égard, les 600 titres de la Re-naissancedu Livre feront I'objet
d'une sélection-
dont on
sair qu'elle aban-donttera lcs rirres pour [.r jeunesse-
etd'une
réorganisation,les
texteslitté-raires passant au Grand
Miroir,
à l'ex-ception de la littérature illusrrée. Quantà la
configurârion
du
catalogue duGrand
Miroir,
à laquelle sera associéStéphane Lambert,
il
esr cncore un peutôt pour en parler.
Luc Pire pourra également doter sa
pro-duction
écliroriale d'une plusforte
co-hérence. Car le catalogue actuel, par sadiversité,
rappellele noine
Salvatore dans le Nom de /a Rose qui, parlant tropde
iangues,n'en
connaît
aucune. Encause d'une paft, une politique
d'ouver-ture à des âuteurs de gauche comme de
droite,
d'oii
a germé l'imaged'un
cer-tain
opportuni5ms
-
bien
que
la confusion s'estompe, à considérer leca-talogue comme
un
espacedémocra-tique. En cause d'autre parr, la diversité des genres et des niveaux des titres pro-posés, et donc des publics visés.
De
cepoint
de vue, les rachats du GrandMi-roir
et dela
Renaissancedu Livre
sont l'occasion de disposer de structures net-temenr définies : la littérature er leses-sais au
Grand
Miroir,
les beaux livres(art, littérature en images et voyages) à
la Renaissance
du
Livre, er les ouvragesde
politique,
d'investigation er
d'hu-mour chez Luc Pire. Dans cet esprit de
clariflcation, une
quatrième
marquesera créée dans les prochains mois, pour
dissocier les titres
n
grandpublic
,
dureste du label Luc Pire.
E,nfin,
Luc
Pire a désormais toutes lescartes
en
main pour
offrir
à
certainstitres de son catalogue, à
l'instar
de lacollection littéraire
u
Embarcadère,,
un
écrin
culturellement plus légitime.En
effet, les nombreusesinitiatives
deLuc
Pire, comme la relance dela
Foiredu
Livre en
1998, sonr cerres l'expres-sion d'un réel engagement citoyen, maiselles
n'ont
pas réussi, desservies par des publications parfoistrop
commerciales,à doter
le
labeld'une
véritablerecon-naissance
.
Rérroactivement,
c'est
1amarque Luc Pire dans son entièreté qui
pourrait bénéficier du prestige des nou-veaux labels.
Désormais à
la
têted'un
groupeédito-rial, celui
qui
ne sedit
pas< éditeur
>,mais
u
opérateurculturel
,,
a fait appel à l'expérience deClotiide
Guislain,édi-trice
pendant près detrente
ans chez Casterman, chezMilan
et chez Rossel,pour
s'occuper dela politique
édito-riale.
Luc
Pire
se consacreraaux
ou-vrages
qui fbnt
le succès etl'identité
dela maison depuis ses débuts.
À
sqivre
En
dépit des questions soulevées par le phénomène des concentratiorrs. er parl'entrée
dela
communication
dans le secteur del'édition,
les récentes muta-tions témoignent del'ambition
decer-tains
acteursdu
marchéde
l'édition
belged'éditer
par-delà les frontières.Pour les Éditions l.abor,
Jean-Marc Dubray évoque l'ouvertured'un
bur-eauà Paris.
Quant
àLuc
Pire, 1esacquisi-tions
quel'on
saitindiqucnt
plus quejamais sa
volonté d'investir le
marché français,voire international.
Grâce auGrand
Miroir,
dont la
poiitique édito-riale est toujours a1lée en ce sens. Grâce à la Rcnaissance du Livre sulcour,qui
apermis à
Luc
Pire de passerun
accordavec
le
diffuseur-distributeur
CDE-SODIS
(Gallimard). C)pportunité
enor, dont on
devineI'importance
pour l'exportation de la production éclitorialc belge.Et
dansle
meilleur des mondes,pour autant qu'elles soicnt bien menées,
ces initiatives pourraienr consriruer un
grand pas
cn
avanr dans Iedéveloppe-menr de la légitimité de
l'édition
belge(dont
on
dit
si souvent que 1es aurcllrssont ceux
qui ont
été rcfusés à Paris). Reste à savoir quels livres bénéficieront de ces nombreux avantages.Tanguy