Licence 3 ème Année Semestre 5 Spécialité Biologie et Physiologie Végétales Cours : Techniques de multiplication des plantes
Ce document est axé sur tout ce qui concerne les techniques du greffage des plantes. Ce cours couvre :
1 – la séance du dimanche 15 Mars 2020 2 – la séance du dimanche 22 Mars 2020 3 – la séance du domanche 5 Avril 2020 La suite des séances seront axées sur :
- Un autre cours suivra sur les techniques du bouturage des plantes - Un autre cours suivra sur les techniques du marcottage des plantes
- Un autre cours suivra sur les techniques de multiplication des plantes par drageonnage, par stolon, par rhizome, par tubercule, par bulbe et bulbille,
- Un autre cours achèvera cette matière sur le clonage des plantes et la micrpropagation ‘in vitro’.
Des Travaux pratiques porteront en serre sur :
- La multiplication des plantes par bouturage à partir d’organes : feuilles, tiges.
- Des séances de greffage et de marcottage seront organisées sur des arbres du jardin botanique de l’université Oran 1.
Une sortie sera progralmmée vers la mi Avril 2020 à la pépinière communale d’Oran pour prendre connaissance :
- Des techniques de semis des graines et l’obtention de plants issus de semis des graines. - Des plants obtenus à partir du bouturage de quelques espèces.
Pr Moulay BELKHODJA Responsable de la matière Département de Biologie Faculté SNV
Cours : Techniques de multiplication des plantes Généralités
La multiplication végétative repose sur l'aptitude d'un végétal à pouvoir reconstituer un individu, identique à lui-même, à partir d'un organe (tige, racine, feuille . . .), d'un tissu ou d'une cellule. Elle est, depuis des siècles, largement utilisée pour reproduire de nombreuses espèces en horticulture, arboriculture . . . Pour la forêt, seules quelques espèces sont multipliées de façon routinière depuis des décennies (Saules, Peupliers, Cryptomeria japonica). Les progrès réalisés dans les équipements de multiplication et dans les connaissances en physiologie des végétaux ligneux ont fait progresser rapidement les techniques. A l'heure actuelle, de nombreux programmes d'amélioration et de production intègrent ou reposent sur la multiplication végétative.
La multiplication végétative fait partie de l’itinéraire technique qui vise l’obtention à partir d’un seul individu (pied mère) un nombre plus ou moins important d’individus nouveaux.
C’est une opérantion qui s’intègre dans une phase de la vie de la plante pour permettre de garantir la perennité de l’espèce. A cet effet, diverses voies techniques sont utilisées,
néanmoins ces techniques exigent des conditions très particulières notamment dans la technicité de l’opération et les moyens matériels mis en œuvre pour obtenir ce nouvel individu à partir de la plante mère.Il faut souligner que cette technicité s’acquiert avec le temps par la pratique. Les techniques les plus utilisées sont décrites dans les parties suivantes du cours.
Partie I - La multiplication des plantes par la voie sexuée ou par semis :
Cette partie a déjà fait l’objet des séances précédentes. Juste à titre de rappel, c’est le procédé de multiplication par semis de graines, résultant de la fécondation qui mettent en jeu les gamètes mâles (le pollen) et les gamètes femelles (l’ovule). La multiplication par semis conserve évidemment aux plantes leurs caractères ‘espèce’, mais elle ne maintient les caractères de variété que si celles-ci sont fixées ; si non le semis donne lieu à des variations.
Quelques avantages et inconvénients de ce mode de reproducion par la voie sexuée : 1- Avantages de la reproduction sexuée
La reproduction sexuée freine l’érosion génétique chez les espèces végétales. Cette forme de reproduction permet une grande variabilité génétique des organismes de la même espèce et même parmi la progéniture d'un seul couple.
Cette richesse génétique aide grandement les améliorateurs dans leur tâche. Le croisement d’individus possédant différents caractères permet d’obtenir des plantes plus productives et plus performantes
A la longue, permet aux meilleures adaptations d'être répandues au sein d'une espèce, surtout dans un milieu changeant.
La variabilité des organismes au sein d'une même espèce sexuée assure qu'une plus grande proportion survivra dans des circonstances contraignantes.
La reproduction sexuée permet aux plantes de mieux s’adapter aux variations du milieu de culture.
Technique rapide, avec un bon taux de réussite et souvent peu coûteuse. 2- Inconvénients de la reproduction sexuée
Il faut déployer beaucoup d'énergie pour entretenir les gamètes et pour trouver un partenaire reproductif.
Il faut mettre en place des mécanismes de transport des gamètes, de fécondation, d'attraction du sexe opposé et de compétition avec le même sexe.
Il faut non seulement deux gamètes pour la fécondation, mais l'un doit être mâle et l'autre femelle.
Le résultat génétique d'une méiose est imprévisible et il en est souvent de même pour la fécondation.
Les « erreurs » génétiques sont plus fréquentes parce que la méiose est plus complexe et les organismes diploïdes ont plus de chromosomes à doubler.
La progéniture n'est pas nécessairement aussi bien adaptée à son milieu que le sont ses parents.
Plusieurs organismes ne deviennent jamais parents, faute de partenaire; plusieurs gamètes sont perdus, faute d'infécondité. La pollinisation se faisant de façon aléatoire, il est quasiment impossible que les graines issues d’une plante conservent tous ses caractères génétiques. Les agriculteurs qui semaient les graines issues de la récolte d’une variété améliorée se sont vite rendu compte qu’ils n’avaient pas la même productivité. Ce sont ces limites, qui ont conduit au développement de techniques de multiplication végétative (greffage, etc...).
Partie II - La multiplication des plantes par la voie végétative ou asexuée I – Quelques caractéristiques
1 - Définition
Cette technique de reproduction asexuée est qualifiée de multiplication végétative car elle est pratiquée à partir de fragments spécialisés ou non de l'appareil végétatif (rameaux, feuille, tubercule, etc..). Elle permet de transmettre fidèlement les caractères des variétés et donc d'obtenir des individus identiques entre eux obtenus à partir d'un seul plant : le pied mère.
La multiplication végétative est un mode de reproduction des végétaux qui n'implique pas de fécondation ; elle s'oppose à la reproduction sexuée et ne se réalise qu’à travers les divisions cellulaires par mitoses. Chaque nouvel individu formé par reproduction végétative possède rigoureusement le même patrimoine génétique que le plant mère, il s'agit donc de clone dans lequel toutes les plantes sont semblables entre elles et au pied mère. Cette caractéristique permet à une espèce végétale de coloniser rapidement un milieu qui lui est favorable.
D’autres notions sont apparentées à la multiplication végétative, comme la reproduction végétative, la reproduction asexuée, ou encore d'apomixie.
2- Les avantages et les inconvénients de la multiplication végétative a - Avantages
Produit un nouvel organisme qui est génétiquement identique au parent - si le parent a du succès dans les conditions environnementales, les descendants qui sont
génétiquement identiques devraient en avoir aussi.
Il n’est pas nécessaire de chercher un partenaire. L'énergie peut être déployée pour produire une progéniture potentiellement très nombreuse.
Permet de coloniser rapidement et efficacement un habitat favorable au parent, grâce au grand nombre de descendants qu'il peut engendrer en peu de temps.
Les rejetons sont souvent déjà complets et viables.
Possibilité de conférer à une variété sensible une résistance et une tolérance qu'il serait impossible d'effectuer avec la sélection classique.
Le greffage est la solution la plus viable pour la reproduction végétative d'espèces impossible à bouturer.
N'occasionne pas la diversité génétique des organismes de la même espèce. Une espèce asexuée risque d'être soudainement anéantie par une catastrophe qui affecte tous les organismes de cette espèce qui sont identiques au plan génétique.
L'espèce ne s'adapte pas du tout ou très lentement selon les circonstances changeantes.
La saveur des fruits peut être affectée dans certains cas comme ceux des hétérogreffes.
Les arbres greffés ont une longévité moindre. Les pommiers cultivés par semés de graines peuvent vivre jusqu'à 300 ans, tandis que ceux issus de greffage dépassent rarement 100 ans.
Le greffage entraîne également une érosion génétique des populations ; ce qui peut être préjudiciable en cas d'apparition d'une nouvelle maladie ou d'un nouveau ravageur. II - Les différentes techniques de multiplication végétative
Il existe divers modes de multiplication végétatives: le greffage, le marcottage, le bouturage, la reproduction par stolon, la reproduction par rhizome, la reproduction par tubercule,la reproduction par bulbe et bulbille, le drageonnage comme techniques classiques ; à ces modes de multiplication appelées macro-techniques, s’ajoute la voie de la micro propagation « in vitro » pratiquée au laboratoire et qui prend actuellement de plus en plus d’importance dans la multiplication des végétaux. Cette technique repose sur la maîtrise d’une technicité particulière et exige des moyens adéquats et coûteux pour sa mise en œuvre. Cette partie fera l’objet d’un chapitre dans cette matière et d’un programme de travaux pratiques au laboratoire. 1 – La multiplication des plantes par la voie du greffage
a – Définition
Le greffage est une technique horticole, dans laquelle, les tissus prélevés sur un végétal sont insérés dans ceux d'un autre afin qu’ils puissent fusionner. Cette technique est une invention chinoise. Ainsi le greffage est un mode de reproduction végétatif, largement utilisé en agriculture et en horticulture.
Le principe même du greffage repose sur la mise en contact intime d’un tissu méristimatique générateur appartenant aux deux individus, c’est le cambium. L’objectif de ce contact des deux tissus est la soudure entre eux pour ne former qu’un individu (ou plante). Cette soudure résulte de l’accolement des cambiums des deux sujets; ce cambium est une mince pellicule verte située sous l’écorce recouvrant l’aubier, cette zone de croissance cellulaire va permettre la fusion entre les deux sujets, l’un le porte greffe et l’autre le greffon.
Cette partie est matérialisée par des séances de travaux pratiques sur l’anatomie des tiges pour prendre connaissance avec les différents tissus concernés par ce mode de multiplication exemple le cambium.
- Le porte-greffe fournit le système racinaire (sujet), est la plante servant à nourrir la partie aérienne (branche, feuilles, fleurs et fruits). Parfois le porte greffe peut émettre des feuilles et des branches sous le point de greffe, il faut donc les sectionner pour éviter que la greffe ne soit rejetée par la suite. le porte-greffe est, lui sélectionné pour sa rusticité et sa résistance à des maladies ou à des conditions de culture.
- Le greffon représente la partie aérienne de la plante (c’est la variété) et donc il est sélectionné pour son bois, ses fleurs ou ses feuilles.
On ne peut malheureusement pas greffer tout et n’importe quoi sur n’importe quelle plante. Pour fonctionner, le porte-greffe et le greffon doivent être bien souvent de la même espèce mais de cultivars ou variétés différentes. Certaines greffes peuvent fonctionner entre deux plantes d’un même genre mais par forcément d’une même espèce.
On distingue aussi deux formes de greffage à savoir :
- L'homogreffe : le greffon et le porte-greffe sont de la même espèce - L'hétérogreffe : le greffon et le porte-greffe appartiennent à des espèces botaniques différentes. On peut ainsi greffer un poirier sur un cognassier ou un lilas sur un troène. En fonction de la technique utilisée, on distingue divers modes de greffage.
b - Intérêt et conditions du greffage :
Le greffage est pratiqué depuis l’antiquité par l’homme pour plusieurs raisons ; mais pour le réussir on doit satisfaire quelques conditions nécessaires.
- Intérêts du greffage :
Le greffage est pratiqué dans le but de :
Perpétuer (faire durer) des végétaux difficiles à propager par les autres moyens de multiplication (semis, bouturage).
Remplacer une variété par une autre plus intéressante sur le plan productif, ornemental, …).
Cultiver des végétaux dans des terrains qui ne leur conviennent pas, par le choix de porte-greffe adapté (terrain calcaire, terrain sec, …)
Cultiver des végétaux dans des terrains infestés par des parasites par le choix de porte-greffe résistant.
- Conditions du greffage
Les conditions de réussite du greffage reposent sur :
Une bonne affinité naturelle entre le sujet et le greffon qui doivent appartenir à la même famille botanique, cependant toutes les espèces de la même famille ne peuvent se greffer entre elles.
Une vigueur analogue (identique) ou voisine du sujet et du greffon, cependant les résultats paraissent plus satisfaisantes quand le sujet est un peu plus faible que le greffon.
Les tissus mis en contact doivent être de consistance semblable (herbacée, semi ligneuse, ligneuse et sensiblement dans le même état végétatif, soit à l’état de repos, soit à l’état
de végétation plus ou moins active). Cependant pour les greffes de printemps, la réussite est plus assurée lorsque le greffon est en retard sur le sujet (greffon conservé au froid dans un
réfrigérateur ou en jauge).
- La réussite du greffage
Pour qu'une greffe réussisse, il faut prendre en compte une série de variables : - L'environnement : climat, température, humidité, etc. ;
- Le porte-greffe ;
- Le greffage (par rameau ou par bourgeon) ; - L'affinité entre porte-greffe et greffon ;
- L'époque la plus propice pour effectuer la greffe ; - La modalité d'intervention ;
- Les outils les plus adaptés.
Les conditions qui déterminent la formation d'un lien solide entre le porte-greffe (qui deviendra la partie souterraine de la plante) et le greffon (qui se développera à l'air libre) sont uniquement liées à la biologie et la physiologie végétales.
2- Période de greffage et types d’espèces à greffer. a - Le greffage se pratique généralement sur :
- des arbres fruitiers comme le pommier, le prunier, le poirier, le cognassier,le néflier, le noyer, le chataîgner.
- des arbres ornementaux comme l’aubépine, le cerisier ornemantal, le tilleul, le chèvrefeuille.
b - Le greffage se déroule sur trois grandes périodes :
Chaque espèce dispose d’une particularité de greffage propre à elle-même. Cependant, quelques généralités permettre de rendre cet art complexe plus simple à comprendre.
• Le greffage de fin d’hiver
Il se réalise lorsque le porte-greffe commence à entrer en végétation et termine son repos hivernal. C’est au cours de cette période que la plupart des greffes en fentes seront réalisées. Le greffon de la variété à sélectionner se récoltera quant à lui en repos végétatif et au besoin conservé au froid pour qu’il le reste. C’est le fait que le porte-greffe commence à monter en sève qui rend possible l’alimentation en sève et l’hydratation du greffon encore dormant.
• Le greffage de printemps appelé greffage à œil poussant
Il s’agit d’un bourgeon appeleé greffon ou eécusson preéleveé durant l'hiver qui entre en veégeétation les semaines qui suivent la greffe c’est à dire lorsque le porte greffe est suffisamment en sève (Mai), l’opération nécessitant un décollement facile de l’écorce. La croissance du greffon (bourgeon) se fait seulement quelques semaines après le greffage et a donc le temps de se développer avant l’hiver suivant. A cette période, vous pourrez envisager une greffe en écusson.
• Le greffage d’été ou en automne appelé greffage estival à œil dormant
Cette technique peut être pratiquée aussi bien sur des arbres fruitiers que sur les plantes ornementales. Elle est appelée greffe à œil dormant car elle se pratique en été avec un bourgeon dormant quie aura tout le temps de forcir et se développer avant le printemps de l’année suivante pour donner un rameau plus vigoureuxPour ce greffage, l’opération se déroule en deux temps, un pour la soudure de la greffe durant l’automne et un second pour la croissance du greffon l’année suivante. En effet, la greffe se fait au vu de l’avancement de la végétation avec un œil dormant prélevé sur le greffon (bourgeon non développé pendant l’année et qui sert de remplacement en cas de taille). Là aussi, la greffe en écusson est conseillée
3 – Les étapes de l’opération de greffage a– Les étapes préliminaires
-Le prélèvement des greffons
Le greffon doit être prélevé sur un arbre productifet sain, exempt de maladies et vigoureux. Ce greffon est choisi dans la partie centrale d'une branche âgée d'un an, des rameaux à bois de la grosseur d'un crayon. Il faut éliminer l'extrémité herbacée et la base et veiller à ce que les yeux soient répartis sur toute la longueur et bien formés à partir d’un rameau de l’année dont les yeux sont rapprochés, un rameau incliné de 30 à 45° par rapport à l'axe vertical, pour une mise à fruit rapide et des fruits plus beaux.
Pratiquement, il faut prélever environ 20 cm de tige, à l'aide d'un sécateur ou d'un échenilloir puis procéder à l’étiquetage des greffons s’ils sont de variétés différentes.
Il faut prélever les greffons lors des greffages estivaux ou en hiver (de la mi-décembre à janvier-février), en période hors gel.
- Conservation des greffons avant l’opération de greffage
Une fois prélevés, les greffons doivent être conservés jusqu'au jour du greffage. Pour cela, ils doivent être plantés au sol, au pied d'un mur exposé au nord, afin qu'ils puissent trouver toute l'humidité nécessaire à leur conservation. Si les greffonssont nombreux à conserver, ils doivent être installés dans une vaste jauge de terre et de sable, opération appelée la mise en jauge. La conservation dans une caisse de sable est également possible à condition que le sable soit toujours humide.
- Choix du bon porte greffe
Il repose d’abord sur l’affinité avec le furur greffon du point de vue famille botanique. Il ne doit présenter aucun symptôme de pathologie quelconque.
b- Opération de greffage
Le greffage doit s’opérer en respectant la bonne période. Que ce soit pour les greffes par rameaux détachés ou de bourgeons, les greffons des greffes de printemps doivent être prélevés au cours des mois de janvier et février, lorsque la plante prélevée est en repos végétatif.
Juste avant le placement du greffon avec le porte-greffe, il est nécessaire de préparer les greffons :
Pour une greffe en fente ou en couronne, il faut couper un tronçon du rameau, choisir dans sa partie centrale et portant 2 à 3 yeux, puis taillez-le en double biseau sous l'œil inférieur ;
Pour une greffe de bourgeons à œil poussant, identifiez un bourgeon bien développé. A l'aide du greffoir, il faut découpez l'écorce tout autour du bourgeon, sur une longueur d'environ trois centimètres, sans prélever de bois. L'écusson est ainsi formé.
Pour opérer on doit avoir un minimum d’outils et accessoires tels que : - Le greffoir pour pratiquer des coupes parfaitement sèches.
- Les mastics pour éviter le desséchement des plaies et favoriser leur cicatrisation. - Ligaturer (plastic,raphia, fil de lin …) pour maintenir le sujet et le greffon étroitement unis jusqu’à leur soudure complète.
- Usage d’une serpette pour étêter et fondre les sujets et pour rafraichir les plaies. c- Les signes de la reprise
Lors des greffages de printemps, le départ en végétation intervient au bout de quelques semaines
Si le pétiole jaunit et tombe une quinzaine de jours plus tard, la greffe est réussie. S’il se dessèche et reste accroché, il y a un échec. Quelques jours plus tard, coupez le raphia avec la pointe du greffoir à l’opposé de l’œil pour ne pas l’abîmer. Quand l’œil démarre au printemps, coupez la tige du porte-greffe juste au-dessus.
La greffe réussie, libérer la ligature d’un coup de cutter. Il ne faut pas attendre au risque de provoquer l’étranglement de l’arbuste. En février-mars l'année suivante, juste avant le départ en végétation, il faut couper obliquement le tronc du porte-greffe, à 5 ou 7 cm environ au-dessus du point de greffe.
Si vous avez greffé des plants placés en pépinière, laissez-leur le temps de se remettre de cet acte chirurgical qu’est la greffe. Patienter deux ans avant de les reolacer, en automne, à leur emplacement définitif.
III - Les différents types de greffage 1 - La greffe en écusson
C’est une technique de multiplication très utilisée qui s’applique particulièrement (mais pas seulement) sur les arbres fruitiers à noyaux et les rosiers.
Cette technique permet par exemple :
d’installer des cultivars productifs sur des arbres fruitiers qui ne le sont plus ;
d’ajouter des branches de cultivars pollinisateurs.
de permettre à une variété de mieux résister aux maladies, au froid, etc. Selon les espèces, la greffe en écusson se réalise en été ou au printemps :
Au printemps, on parle de greffe « à œil poussant », car le départ en végétation se fait en quelques semaines.
En été, on parle de greffe « à œil dormant », car le départ en végétation ne se fera qu’au printemps suivant.
La greffe en écusson se fait, quant à elle, en insérant le greffon (un bourgeon prélevé sur un rameau) sous l'écorce du porte-greffe.
2 – La greffe en fente
La greffe en fente fait partie de la famille des greffes à rameaux.
C’est une méthode de greffage qui se pratique la plupart du temps à la sortie de l’hiver, lorsque le porte-greffe commence à sortir de sa dormance. Les greffons, quant à eux, sont conservés traditionnellement au frais afin qu’ils soient maintenus dormants.
La greffe en fente est répandue dans le milieu amateur, car c’était généralement la méthode de greffage par laquelle on s’initiait, étant assez facile à mettre en œuvre.
Elle est peu usitée en milieu professionnel, si ce n’est pour un greffage en tête (c’est à dire à environ 1,80 m. de hauteur) pour les arbres ornementaux.
Comme son nom l’indique, la greffe en fente va nécessiter de fendre le porte-greffe ; c’est donc une greffe très mutilante, à l’origine de bourrelets de greffes souvent disgracieux, des vieux arbres à troncs creux.
Il existe la greffe en fente simple, double, triple qui ne sont pratiquées que par rapport au diamètre du porte greffe.
Le greffage en fente consiste à couper le porte-greffe, horizontalement, à la hauteur souhaitée, puis, muni d'une serpette, à le fendre sur une hauteur de 4 cm environ. Le greffon, taillé en double biseau, est ensuite inséré dans la fente. Le tout est enfin ligaturé et les plaies sont recouvertes de mastic à greffer.
3 – La greffe en incrustation
La greffe en incrustation est aussi appelée greffe en V, greffe en triangle, greffe à la pontoise, greffe Lée, greffe en fente par entaille triangulaire, greffe Rivière.
Elle fait partie de la famille des greffes à rameaux, se pratique dans les mêmes conditions que la greffe en fente, et à l’avantage de moins traumatiser le porte-greffe.
Son inconvénient est d’être techniquement plus difficile que la greffe en fente.
En plus d’être utilisée pour le greffage sur tige, elle est aussi pratiquée dans le cadre du greffage sur racines (pivoines, rosiers…).
Le principe est de débiter dans le porte greffe une encoche en triangle. Suivant le calibre du porte-greffe, cela peut être réalisé au greffoir, voir des scies fines (type scie à métaux, qu’utilisent certains pour ce genre de greffe).
Le rameau greffon quant à lui est taillé en biseau triangulaire, de façon à épouser l’encoche du porte-greffe. Le greffon est ensuite incrusté dans l’encoche.igature fortement serrée (car contrairement à la greffe en fente, le porte-greffe effectue peu de pression sur le greffon) et masticage de toutes les plaies apparentes.
4 - La greffe anglaise simple Le principe est le suivant :
Le greffon doit être d’un diamètre parfaitement identique à celui de l’endroit du porte-greffe où l’opération sera réalisée.
Greffon et porte-greffe seront taillés en biseau simple, biseaux tout deux identiques (angles, dimensions) car devant parfaitement s’unir.
La greffe anglaise, dite aussi greffe anglaise simple, greffe en fente par juxtaposition (terminologie trompeuse), fait partie des greffes à rameau.
De réalisation nécessitant précision et expérience, elle n’est pas conseillée pour débuter ; par contre, c’est une méthode des plus recommandables parmi les greffes en rameau, par la beauté de son point de greffe et l’absence de traumatisme sur le porte-greffe.
Les dimensions du biseau n’ont pas d’importance, généralement la hauteur du biseau est 2 à 4 fois le diamètre, mais cela n’est pas une obligation.
Le tout est ligaturé. La difficulté est de ne pas faire bouger l’ajustement lors de la ligature. En effet, le greffon n’est pas coincé mécaniquement (tel une greffe en fente ou une greffe en incrustation). Pour faciliter l’opération, certains utilisent pour ligaturer du chatterton (adhésif d’électricien) à la place du flexibande : l’adhésif maintient le greffon durant la ligature.
L’extrémité du greffon doit être mastiquée.
5 – La greffe anglaise au galop
La greffe anglaise au galop, connue marginalement sous les noms de greffe de rapport oblique, greffe à languette au galop, greffe à double fente anglaise, est une variante de la greffe anglaise compliquée, ayant la particularité d’avoir un greffon de diamètre inférieur au porte-greffe.
La greffe anglaise au galop peut être réalisée avec un greffon (on dira alors une greffe anglaise au galop simple), ou deux greffons (greffe anglaise au galop double), dans chacun des cas, le ou les greffons sont alignés en bordure du porte-greffe, afin d’assurer une coïncidence des cambiums sur un côté.
6- La greffe en couronne
La greffe en couronne est une technique de greffage plutôt simple à exécuter. Bien qu'elle puisse être utilisée sur de nombreux arbres, on l'utilise généralement pour modifier la variété d'un arbre fruitier à pépins (pommier sur pommier ou poirier sur poirier) déjà bien installé, mais dont la production ne convient plus (productivité en baisse ou changement de cultivar). Le système racinaire et le système aérien étant déjà en place, le nouveau cultivar portera rapidement des fruits.
Le greffage en couronne ne demande pas de fendre le porte-greffe mais juste de décoller l'écorce à l'aide d'un greffoir et de glisser le greffon dessous.
Quelques illustrations sur le greffage:
Différents greffes
Greffe en écusson détaillée Greffage en écusson réussi (œil en vert) 4a : prélèvement du greffon (œil) (2 faces)
4b : incision du cambium sous forme de T 5 : insertion du greffon
Greffe en fente de côté Greffen en fente ligaturée
1 – en préparation 2 – greffon ligaturé sur porte greffe Greffe par approche ou par placage
La greffe en couronne permet de régénérer de vieux arbres c’est l’opération du couronnage pour garder le porte greffe et greffer une nouvelle variété
Cette gerffe est aussi appelée la greffe de rajeunissement.