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Évaluation du programme d'intervention en nutrition «Nutriathlon en équipe (version Web)» chez des adolescents du secondaire

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Academic year: 2021

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Évaluation du programme d’intervention en nutrition

« Nutriathlon en équipe (version Web) » chez des

adolescents du secondaire

Mémoire

Karine Chamberland

Maîtrise en psychopédagogie

Maître ès arts (M.A.)

Québec, Canada

© Karine Chamberland, 2016

(2)

Nutriathlon en équipe (version Web) chez des

adolescents du secondaire :

Évaluation d’un programme d’intervention en nutrition

Mémoire

Karine Chamberland

Sous la direction de :

Vicky Drapeau, directrice de recherche

1

Véronique Provencher, codirectrice de recherche

2

(3)

III

Résumé

Les problématiques de surplus de poids sont en augmentation depuis les dernières décennies, notamment chez les jeunes québécois. Cette augmentation est en lien avec des habitudes alimentaires présentant des différences importantes avec les recommandations nutritionnelles. De plus, le gouvernement provincial a instauré des changements importants au Programme de formation de l’école québécoise afin de stimuler l’adoption de saines habitudes de vie. Afin de contrer ces problématiques de surplus de poids et d’habitudes alimentaires déficientes et de poursuivre dans la lignée de la réforme scolaire, le Nutriathlon en équipe version Web a été développé. Ce programme a pour but d’amener chaque participant à améliorer la qualité de son alimentation en augmentant et en diversifiant sa consommation de légumes, de fruits et de produits laitiers. Les objectifs de la présente étude sont (1) d’évaluer l’impact du programme sur la consommation de légumes, de fruits (LF) et de produits laitiers (PL) d’élèves du secondaire et (2) d’évaluer les facteurs influençant la réussite du programme chez ces jeunes. Les résultats de l’étude ont démontré que pendant le programme ainsi qu’immédiatement après, le groupe intervention a rapporté une augmentation significative de la consommation de LF et de PL par rapport au groupe contrôle. Par contre, aucun effet n’a pu être observé à moyen terme. Quant aux facteurs facilitant le succès du Nutriathlon en équipe, les élèves ont mentionné : l’utilisation de la technologie pour la compilation des portions, la formation d’équipes, l’implication des enseignants et de l’entourage familial ainsi que la création de stratégies pour faciliter la réussite du programme. Les élèves ont également mentionné des barrières au succès du Nutriathlon en équipe telles que le manque d’assiduité à saisir leurs données en dehors des heures de classe, la dysfonction du code d’utilisateur et l’incompatibilité de la plateforme avec certains outils technologiques comme les tablettes.

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IV

Summary

In the past few decades, in Quebec, there are significant increases in the prevalence of at-risk-for overweight and overweight among children and adolescents. Moreover, the majority of children and adolescents do not meet daily recommendations for vegetables and fruits (VF) and dairy products (DP) consumption. Therefore, the Quebec education program has encouraged schools to develop new competencies to improve the adoption of healthy lifestyle habits. The Team Nutriathlon, a computer-assisted school-based nutrition intervention, has been created to support this initiative. This program aimed to increase the consumption and variety of VF and DP in children. The aims of this study were (1) to evaluate the impact of Team Nutriathlon, a school-based nutrition intervention, on VF and DP consumption in children, and (2) to evaluate factors that influence the success of the program among high school students. The results of the study show that during and immediately after the program, children in the intervention group consumed more servings of VF and DP compared to the control group. No effect has been shown ten weeks after the program. Students reveal that the use of technology for recording the number of servings, team work, teacher’s and family’s implication and the use of strategies were facilitating factors contributing to the success of the program. Students also revealed that the lack of attendance with the data collection outside of school hours, the user code dysfunction and the incompatibility of the Web platform with students technologic tools (tablet) were barriers for the success of the program.

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V

Table des matières

Résumé ... III Summary ... IV Liste des tableaux ... VI Liste des figures ... VII Avant-propos ... VIII

Introduction ... 1

Chapitre I : Revue de littérature ... 2

1.1 Obésité infantile ... 2

1.1.1 Statistiques sur l’obésité ... 2

1.1.2 Portrait des habitudes alimentaires des jeunes ... 7

1.1.3 Déterminants de la saine alimentation chez les adolescents ... 11

1.2 Programmes d’intervention en nutrition ... 13

1.2.1 Impact des programmes d’intervention en nutrition en milieu scolaire ... 13

1.2.2 Impact des programmes d’intervention en nutrition en version Web ... 21

1.2.3 Barrières et facilitateurs à la réussite d’un programme d’intervention en nutrition ... 25

Chapitre II : Le Nutriathlon en équipe... 29

Chapitre III : Objectifs et hypothèses de l’étude ... 34

3.1 Problématique ... 33

3.2 Objectifs ... 33

3.3 Hypothèses ... 34

Chapitre IV : Article scientifique ... 36

Discussion/ Conclusion ... 68

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VI

Liste des tableaux

Chapitre 1

Tableau 1.1 : Conséquences de l’obésité chez l’enfant ... 4 Tableau 1.2 : Principaux déterminants de l’obésité infantile ... 6 Tableau 1.3 : Déterminants spécifiques influençant l’adoption des habitudes alimentaires chez les adolescents ... 12

Chapitre 2

Tableau 2.1 : Les cibles du Nutriathlon en équipe ... 31

Chapitre 4

Tableau 4.1 : Caractéristiques des écoles et des groupes de participants ... 61 Tableau 4.2 : Caractéristiques des participants au début du projet ... 63 Tableau 4.3 : Grille d’entrevue pour les élèves ... 66 Tableau 4.4 : Barrières et facilitateurs à la réussite du Nutriathlon en équipe selon les élèves ... 67

(7)

VII

Liste des figures

Chapitre 1

Figure 1.1 : Composantes de la compétence « Adopter un mode de vie sain et actif » ... 20

Chapitre 4

Figure 4.1 : Protocole de recherche ... 62 Figure 4.2 : Consommation de légumes et de fruits en fonction des groupes (contrôle et intervention) pour les différentes périodes de collecte de données. ... 64 Figure 4.3 : Consommation de produits laitiers en fonction des groupes (contrôle et intervention) pour les différentes périodes de collecte de données. ... 65

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VIII

Avant-propos

Dans le cadre de cette maîtrise, le recueil des résultats, l’analyse des résultats, l’écriture du mémoire ainsi que l’écriture de l’article scientifique ont été effectués au cours des années 2014 à 2016. À ce jour, l’article scientifique n’est pas encore publié, mais sera soumis sous peu à la revue scientifique « Nutrition Journal ». Je suis l’auteure principale de l’article et les coauteurs sont Marina Sanchez, M.Sc. (Centre de recherche de l’Institut Universitaire de Cardiologie et de Pneumologie de Québec), Jocelyn Gagnon, Ph. D. (Département d’éducation physique, Université Laval), Véronique Provencher, Ph. D. (Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels et École de nutrition, Université Laval) ainsi que Vicky Drapeau, Ph. D. (Département d’éducation physique, Université Laval). Mes rôles dans la préparation de l’article ont été la saisie, l’analyse, l’interprétation des données ainsi que l’écriture.

Je ne peux passer sous silence l’aide précieuse de plusieurs personnes qui a facilité la réalisation de mon projet de maîtrise et l’écriture de mon mémoire. J’aimerais tout d’abord remercier ma directrice de maîtrise Dre Vicky Drapeau, professeure au Département d’éducation physique dans la Faculté des sciences de l’éducation à l’Université Laval. Conceptrice avec deux collègues, Jocelyn Gagnon et Luc Nadeau, du programme Nutriathlon en équipe qui a fait l’objet de mon projet de maîtrise, elle a su m’offrir une opportunité de cheminement aux études supérieures et construire une question de recherche directement en lien avec mes intérêts professionnels. Ses précieux et nombreux conseils ainsi que son appui tout au long de mon cheminement m’ont permis de me développer sur les plans professionnel et personnel. Malgré tous ses engagements, elle a su superviser avec brio chaque étape de mon cheminement à la maîtrise. Elle m’a également donné plusieurs opportunités professionnelles qui m’ont permis d’agrandir mon champ d’expertise et d’appliquer les connaissances acquises. Son professionnalisme, son ouverture, son écoute, sa disponibilité et sa passion pour la recherche font d’elle une directrice de recherche hors pair. Je lui serai éternellement reconnaissante.

Je voudrais également souligner la contribution à la réalisation de mon projet de maîtrise de Dre Véronique Provencher, co-directrice de recherche. Je tiens à la remercier pour ses

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IX

conseils judicieux, la correction de l’article scientifique et du mémoire, son soutien tout au long de mon cheminement ainsi que l’apport de son expertise professionnelle à mon projet. Je voudrais également remercier Marina Sanchez, professionnelle de recherche en Kinésiologie et co-auteure de l’article qui figure dans ce mémoire. Comme elle a coordonné le projet du Nutriathlon en équipe sur le terrain, son aide au niveau de la saisie des données au tout début de mon cheminement a été précieuse.

Un grand merci à toutes les professionnelles de recherche et étudiantes à la maîtrise qui ont croisé mon chemin au Peps de l’Université Laval et avec lesquelles j’ai eu la chance de collaborer sur différents projets qui m’ont permis d’acquérir de l’expérience.

Finalement, j’aimerais remercier tous mes proches, amis (es) et membres de ma famille, qui ont su me soutenir tout au long de mon cheminement à la maîtrise. Il y a certainement une partie de vous tous dans mes écrits. Une mention spéciale à mes parents pour m’avoir encouragé à poursuivre mes études, pour m’avoir donné confiance en mes capacités personnelles et professionnelles et pour leur soutien inconditionnel.

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1

Introduction

L’obésité et les problèmes liés au surplus de poids sont en perpétuelle augmentation depuis les dernières années. Au Canada, plus de 25 % des enfants et des adolescents sont touchés par cette réalité (Statistique Canada & Santé Canada, 2004). Par ailleurs, l’adolescence représente une période critique caractérisée par des changements importants en ce qui a trait aux habitudes de vie et par une augmentation des besoins énergétiques (Santé Canada, 2012). En ce qui a trait plus précisément aux habitudes alimentaires des jeunes, celles-ci comportent certaines lacunes, notamment pour la consommation de groupes alimentaires spécifiques tels que les légumes et les fruits ainsi que les produits laitiers. Parallèlement à ces problématiques sociétales, le ministère de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche du Québec a instauré des changements et a sollicité la participation des milieux scolaires dans l’intégration de nouvelles compétences visant l’acquisition de saines habitudes de vie (Ministère de l'Éducation du Québec, 2001).

Étant donné l’ampleur du phénomène d’obésité et de surplus de poids, la qualité diminuée de l’alimentation des jeunes ainsi que les efforts apportés en milieu scolaire afin de favoriser les saines habitudes de vie, il est intéressant de se questionner sur l’impact des programmes d’intervention en nutrition sur les habitudes alimentaires des jeunes. Il serait d’autant plus pertinent de questionner l’intégration de la technologie dans ce genre de programme, considérant l’utilisation régulière qu’en font les jeunes d’aujourd’hui (Lenhart, Arafeh, Smith, & MacGill, 2008).

Le présent mémoire est composé de quatre chapitres qui suivent l’introduction. Le premier chapitre porte sur la revue de littérature traitant de l’obésité infantile (statistiques sur l’obésité, portrait des habitudes alimentaires et déterminants de la saine alimentation chez les jeunes), des programmes d’intervention en nutrition (en milieu scolaire, version Web) ainsi que des barrières et facilitateurs à la réussite d’un programme d’intervention en nutrition. Le deuxième chapitre porte sur le Nutriathlon en équipe. Le troisième chapitre porte sur la problématique, les objectifs et les hypothèses de l’étude. Le quatrième chapitre présente l’article scientifique. Finalement, une discussion et une conclusion sont présentées.

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2

Chapitre I : Revue de littérature

1.1 Obésité infantile

1.1.1 Statistiques sur l’obésité

La problématique du surplus de poids a connu une augmentation marquée depuis les dernières décennies, et ce, à l’échelle mondiale (Lobstein, Baur, & Uauy, 2004). L’Organisation mondiale de la Santé (2003) qualifiait, en 2003, d’épidémie cette hausse de problèmes liés au poids. Bien que cette réalité touche principalement les pays occidentaux industrialisés, elle est également présente dans les pays sous-développés et en voie de développement (Lobstein et al., 2004).

Les problèmes reliés au poids concernent toutes les tranches de la population, les enfants et les adolescents n’étant pas épargnés par cette réalité. Déjà en 1990, 32 millions d’enfants de moins de cinq ans avaient un excès de poids ou étaient considérés obèses (Organisation mondiale de la Santé, 2014a). En 2013, ce chiffre est passé à 42 millions, ce qui représente en soi un enjeu majeur de santé publique (Organisation mondiale de la Santé, 2014a). Au Canada, les chiffres sont également préoccupants. En effet, le taux d’embonpoint et d’obésité combiné des adolescents de 12 à 17 ans a plus que doublé entre 1978 et 2004, passant de 14 % à 29 % (Shields, 2006; Statistique Canada & Santé Canada, 2004). Dans ce même groupe d’âge et pour le même intervalle de temps, la proportion des jeunes obèses a triplé, passant de 3 % à 9 % (Shields, 2006; Statistique Canada & Santé Canada, 2004). En bref, plus du quart de ces jeunes étaient considérés comme faisant de l’embonpoint ou comme étant obèses (Statistique Canada & Santé Canada, 2004). De plus, la hausse de la prévalence de l’embonpoint et de l’obésité est indépendante du sexe (Statistique Canada & Santé Canada, 2004). À noter que dans l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (Statistique Canada & Santé Canada, 2004), le système de classification du poids de l’Organisation mondiale de la santé a été adopté afin de classer les participants en catégories (poids insuffisant, poids normal, excès de poids/embonpoint ou obésité). Ainsi pour les adultes de 18 ans ou plus, les catégories de l’indice de masse corporelle (IMC) sont

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définies comme suit : < 18,5 = poids insuffisant ; entre 18,5 et 24,5 = poids normal ; entre 25 et 29,9 = excès de poids ; ≥30 = obésité (Statistique Canada & Santé Canada, 2004). L’IMC fait référence au rapport établi entre le poids et la taille d’une personne (Statistique Canada & Santé Canada, 2004). On calcule l’IMC en divisant le poids en kilogrammes par la taille en mètres carrés (kg/m2)(Statistique Canada & Santé Canada, 2004). Dans le cas

des enfants et des adolescents, l’IMC a été calculé à partir des seuils internationaux d’excès de poids et d’obésité établis en fonction de l’âge et du sexe. Ces derniers ont été définis à partir des courbes de rangs centiles qui croisent respectivement les seuils de 25 ou 30 de l’IMC, à l’âge de 18 ans (T. Cole, Bellizzi, Flegal, & Dietz, 2000; Statistique Canada & Santé Canada, 2004). Les rangs centiles associés à l’embonpoint et à l’obésité sont le 91e et

le 98e, respectivement.

L’IMC moyen des adolescents de 12 à 17 ans a également subi une hausse significative entre 1978 et 2004, passant de 20,8 à 22,1. Cette augmentation représente un déplacement de la répartition de l’IMC vers des valeurs plus élevées (Statistique Canada & Santé Canada, 2004). Des statistiques plus récentes dans l’étude de Roberts C., Shields, de Groh, Aziz, and Gilbert (2012) démontrent qu’entre 2009 et 2011, 32 % des jeunes Canadiens de 5 à 17 ans étaient considérés comme faisant de l’embonpoint ou comme étant obèses. Cette catégorisation a été basée sur la classification de l’indice de masse corporelle (Roberts C. et al., 2012). Finalement, dans le rapport de l’UNICEF (2013) sur le bien-être des enfants dans les pays riches, le Canada est au 3e rang des pays présentant le taux d’obésité infantile

le plus élevé parmi les 29 pays à l’étude.

À l’échelle provinciale, la situation est similaire. En effet, près d’un jeune québécois sur quatre présenterait un surplus de poids ou de l’obésité (Lamontagne & Hamel, 2009). Les adolescents sont particulièrement touchés par cette problématique, 27 % d’entre eux étant considérés comme en surplus de poids ou obèses (Lamontagne & Hamel, 2009). Selon Lamontagne and Hamel (2009), le taux de jeunes Québécois étant touchés par le surplus de poids aurait augmenté de 55 % durant les 25 dernières années. Ainsi, ces problématiques reliées au poids représentent également au Québec un enjeu complexe de santé publique. L’augmentation de la prévalence de l’obésité et l’augmentation des valeurs moyennes d’IMC ne sont pas sans conséquence (Roberts C. et al., 2012). Ces augmentations peuvent

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causer des effets néfastes sur la santé des jeunes, tant sur les plans physique que psychologique (Lau et al., 2007; Roberts C. et al., 2012). De plus, certaines maladies habituellement perçues chez l’adulte apparaissent maintenant chez les enfants et les adolescents (Roberts C. et al., 2012). En effet, A. M. Sharma, Bar-Or, and Ur (2005) et Lamisse (2007) affirment que la prévalence du diabète de type deux a augmenté de façon exponentielle au cours des dernières années, alors que cette maladie était quasi inexistante chez les jeunes il y a 30 ans. Le diabète est seulement un exemple parmi plusieurs autres problèmes de santé ayant fait leur apparition chez les jeunes au cours des dernières décennies. Le tableau 1.1 présente les problématiques de santé liés à l’obésité les plus communément retrouvées chez les jeunes.

Tableau 1.1 : Conséquences de l’obésité chez l’enfant

Types de conséquences reliées à l’obésité Exemples

Cardiovasculaires Hypertension

Métaboliques Diabète de type 2, dyslipidémie

Respiratoires Apnée obstructive du sommeil

Orthopédiques Glissement épiphysaire de la tête

fémorale, maladie de Blount, spondylolisthésis, arthrite axiale

Endocriniennes Syndrome des ovaires polykystiques

Psychosociales Dépression, faible estime de soi, boulimie

Gastro-intestinales Stéatose hépatique non alcoolique, reflux

gastro-œsophagien, calculs biliaires Source : (Lau et al., 2007)

L’obésité est un facteur de risque important pouvant perdurer à l’âge adulte (Organisation mondiale de la Santé, 2014a). Selon Klish (2010), 85 % des adolescents obèses le

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demeureront à l’âge adulte. Ceux-ci sont également enclins à développer d’autres types de pathologies à long terme (Organisation mondiale de la Santé, 2014a). De plus, l’augmentation de la prévalence de maladies chroniques chez les jeunes obèses peut entraîner des conséquences sur la santé à l’âge adulte, dont l’augmentation du taux de mortalité et l’apparition de maladies chroniques (Daniels, 2009; Lambert et al., 2008). Ces complications reliées à l’obésité entraînent des coûts très élevés pour la société. En effet, en 2006, l’estimation du coût direct de l’obésité en termes de soins de santé au Canada chez les enfants et les adultes était de 4,3 milliards de dollars (Mollard, Wittmeier, McGuire, & McGavock, 2007). Il devient donc primordial de mettre de l’avant des programmes visant à réduire le surplus de poids dès l’enfance, non seulement pour améliorer l’état de santé des individus, mais également pour diminuer les coûts futurs reliés à la santé (Dessureault, 2010).

Le phénomène complexe que représente l’obésité est caractérisé par une interaction entre plusieurs facteurs qui peuvent expliquer la variation de sa prévalence (Agence de la santé publique du Canada, 2011b). Il s’agit de déterminants de l’obésité (Tableau 1.2). Parmi ceux-ci, on retrouve les déterminants culturels, biologiques, sociaux, familiaux, environnementaux, économiques ainsi que les déterminants reliés aux habitudes de vie (Dessureault, 2010). Bien que plusieurs de ces déterminants constituent des facteurs non modifiables, certains sont directement reliés aux habitudes de vie des enfants et des adolescents et peuvent être changés. Selon Shields (2006), ces facteurs modifiables pourraient favoriser le renversement de l’obésité. L’auteur mentionne que le fait de manger plus de légumes et de fruits permettrait de diminuer la prévalence de l’obésité (Shields, 2006). Ainsi, il serait pertinent de viser les facteurs modifiables relatifs aux habitudes de vie lors de la création de programmes d’intervention

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Tableau 1.2 : Principaux déterminants de l’obésité infantile

Catégorie des déterminants Exemple de déterminants

Culturels Origine ethnique

Biologiques Susceptibilité familiale à prendre du poids, sexe, âge, état psychologique, état physique (ex. maladies chroniques), prise de poids rapide à l’enfance, poids de naissance élevé

Sociaux Interactions/influences des pairs

Connaissances nutritionnelles

Familiaux Poids de la mère avant la grossesse, statut pondéral des parents, préférence des parents pour l’activité physique, soutien familial, préférences et apports alimentaires des parents, tabagisme de la mère pendant la grossesse

Environnementaux Situation géographique, accessibilité des aliments, taux de criminalité et sécurité du voisinage, programmes d’éducation physique en milieu scolaire, accessibilité des restaurants, proximité des installations de loisirs, programmes de dîners scolaires

Économiques Statut socio-économique

Habitudes de vie Habitudes alimentaires, pratique d’activité physique, sédentarité, sommeil, tabagisme, loisirs, travail, introduction rapide des aliments solides à l’enfance

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Source : (Davison & Birch, 2001; Dessureault, 2010; Weng, Redsell, Swift, Yang, & Glazebrook, 2012)

En bref, l’obésité constitue une problématique multifactorielle ayant des conséquences importantes sur la santé. Les adolescents sont plus que jamais touchés par cette réalité, les statistiques affichant des taux élevés d’obésité dans cette population. De plus, l’adolescence représente en soi une période de la vie propice à l’acquisition et au développement de saines habitudes de vie. Considérant que l’augmentation de la prévalence de l’embonpoint et de l’obésité chez les jeunes est une problématique directement reliée à leur alimentation, il devient pertinent de développer des programmes d’intervention en nutrition destinés à cette population (Lamontagne & Hamel, 2009; Mongeau, Audet, Aubin, & Baraldi, 2005). L’alimentation des jeunes est un enjeu majeur de la santé publique puisqu’elle influence leur état de santé. À long terme, celle-ci a également un impact sur l’état de santé à l’âge adulte. La qualité et la variété de l’alimentation à l’adolescence deviennent alors des facteurs importants à surveiller puisque les habitudes adoptées dans cette période ont tendance à perdurer dans le temps (Paquette, 2005).

1.1.2 Portrait des habitudes alimentaires des jeunes

L’adolescence est une période caractérisée par un rythme important de croissance et de changements associés à des besoins énergétiques élevés (Santé Canada, 2012). Il s’agit également d’une période transitoire où vont être adoptés de nombreux comportements qui peuvent avoir une influence sur la santé à court et à long terme (Institut national de santé publique du Québec, 2014; Organisation mondiale de la Santé, 2012).

Plusieurs enquêtes réalisées au Canada et au Québec révèlent des lacunes dans l’alimentation des jeunes, et ce, de façon plus importante chez les adolescents. Les habitudes alimentaires des jeunes ont été analysées dans l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) (Statistique Canada & Santé Canada, 2004). D’autres auteurs se sont également penchés sur le sujet. Des écarts importants sont observés entre les recommandations et les apports alimentaires chez les jeunes Québécois de 6 à 16 ans (Lavallée, 2004). En moyenne, seulement 10 % de ces derniers consomment les quantités minimales requises pour chacun des groupes d’aliments du Guide alimentaire canadien

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(Lavallée, 2004). La situation semble plus critique chez les jeunes filles adolescentes (Lavallée, 2004). Ces dernières sont plus nombreuses que les garçons à consommer des portions quotidiennes inférieures aux recommandations en ce qui a trait à chacun des groupes alimentaires (Lavallée, 2004). De plus, certains groupes d’aliments sont plus problématiques que d’autres ; le groupe des « autres aliments » étant surreprésenté dans l’alimentation des jeunes d’aujourd’hui. Cette grande catégorie englobe tous les aliments et les boissons n’étant pas compris dans les quatre principaux groupes alimentaires du Guide alimentaire canadien, soit les graisses et les huiles, les aliments composés principalement de sucre, les aliments à haute teneur en sel ou en gras, les boissons gazeuses, l’alcool, les condiments, etc. (Garriguet, 2006). Selon les résultats de l’ESCC, environ le quart de l’apport calorique total chez les adolescents proviendrait du groupe « autres aliments » (Garriguet, 2006; Lavallée, 2004). L’attrait pour les boissons gazeuses permettrait d’expliquer ce haut pourcentage, car elles détiennent le premier rang des aliments les plus consommés par les jeunes (Garriguet, 2006). Au Canada, en moyenne, 37 % des jeunes de 6e année consomment des aliments de types sucreries (bonbons ou chocolat) à raison de

cinq jours ou plus par semaine (Boyce, 2004). Ce pourcentage augmente avec l’âge, atteignant 50 % chez les adolescents de troisième année du secondaire (Boyce, 2004). Au Québec, la situation est similaire (Bédard et al., 2008). Il est possible de constater que les aliments riches en sucre, en sel et en gras représentent une bonne proportion de l’alimentation des jeunes, soit au-dessus de 21 % de l’apport calorique total (Bédard et al., 2008). Chez les adolescents, particulièrement chez les garçons entre 14 et 18 ans, l’apport en aliments du groupe « autres aliments » est comparable à celui des produits céréaliers en termes de pourcentage de l’apport calorique total (Bédard et al., 2008). En ce qui a trait à la consommation de boissons gazeuses, cette dernière aurait doublé entre 1997 et 2001 pour ensuite diminuer en 2009 (Agriculture et Agroalimentaire Canada, 2012; Statistique Canada, 2009). Au Canada, la consommation de boissons sucrées chez les adolescents de 14 à 18 ans varie d’un tiers à un demi-litre par jour (Garriguet, 2008). Au Québec, la situation est aussi préoccupante, car plus du quart des élèves du secondaire consomment une boisson sucrée (boisson aux fruits ou boisson gazeuse) ou plus par jour (Institut de la statistique du Québec, 2012).

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Une autre lacune importante de l’alimentation des jeunes constitue leur apport en légumes, en fruits et en produits laitiers. Les résultats de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) ont démontré que la consommation de légumes et fruits et de produits laitiers était insuffisante, tant chez les jeunes canadiens que chez les jeunes Québécois (Bédard et al., 2008; Statistique Canada & Santé Canada, 2004). Plus précisément, les données relatives à la consommation de légumes et fruits révèlent que 57,7 % des jeunes Québécois de quatre à huit ans consomment moins de cinq portions de légumes et fruits par jour (Bédard et al., 2008) alors que selon le Guide alimentaire canadien (GAC), ces derniers devraient en consommer au minimum cinq portions (Santé Canada, 1997). Il est important de noter que ces données proviennent de l’ancienne version du Guide alimentaire canadien. En ce qui a trait aux enfants de 9 à 13 ans, les résultats varient selon les sexes. Pour les garçons, 52,6 % d’entre eux consomment moins de cinq portions de légumes et fruits quotidiennement alors que chez les filles, 66,7 % d’entre elles ne respectent pas les recommandations (Bédard et al., 2008). Pour cette catégorie d’âge, les enfants devraient également consommer au minimum cinq portions de légumes et fruits par jour (Santé Canada, 1997). Il est possible de noter que la consommation de légumes et fruits semble plus problématique chez les jeunes filles de 9 à 13 ans.

En ce qui a trait aux produits laitiers, les données de l’ESCC (2004) révèlent que 39,6 % des enfants de quatre à huit ans ne respectent pas les anciennes recommandations du GAC (Bédard et al., 2008), établies à un minimum de deux portions quotidiennes (Santé Canada, 1997). Quant aux enfants de 9 à 13 ans, les résultats varient également selon le sexe. Pour les garçons, 27,6 % d’entre eux ne respectent pas les anciennes recommandations du GAC représentant un minimum de trois portions par jour, alors que pour les filles, le taux est de 47,2 % (Bédard et al., 2008; Santé Canada, 1997). Tel qu’observé avec la consommation de légumes et fruits chez les jeunes filles de neuf à treize ans, la consommation de produits laitiers semble également être plus problématique pour ce groupe.

L’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2010-2011 a également fait ressortir des résultats concernant la consommation de légumes et fruits et de produits laitiers (Institut de la statistique du Québec, 2012). Ces résultats révèlent que seulement un tiers des élèves du secondaire respectent les recommandations les plus récentes du GAC

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(Institut de la statistique du Québec, 2012) soit six à huit portions par jour selon l’âge et le sexe (Santé Canada, 2007). Plus précisément, environ 44 % des jeunes du secondaire de 13 ans et moins respectent les recommandations du GAC (Institut de la statistique du Québec, 2012). Pour les élèves de 14 ans et plus, seulement 28 % d’entre eux suivent les recommandations, ce qui laisse présager que l’atteinte des recommandations est nettement plus difficile à respecter chez ce groupe d’âge (Institut de la statistique du Québec, 2012). Concernant la consommation de produits laitiers, les résultats révèlent qu’à peine la moitié des jeunes consomment le nombre minimum de portions recommandé (Institut de la statistique du Québec, 2012), soit trois portions de produits laitiers selon la version la plus récente du Guide alimentaire canadien (Santé Canada, 2007). Une différence est également visible entre les sexes, 54 % des garçons ne respectent pas les recommandations versus 42 % chez les filles (Institut de la statistique du Québec, 2012).

À la lumière de ces résultats, il est possible de constater que le nombre de jeunes n’atteignant pas les recommandations quant à la consommation de légumes, de fruits et de produits laitiers est toujours aussi problématique. Il n’est pas surprenant de constater que l’apport en gras saturés et en sodium est assez élevé chez les jeunes alors que leur apport en fibres et en certains micronutriments est plutôt faible comparativement aux recommandations nutritionnelles (Bédard et al., 2008). Cela démontre donc la nécessité de miser sur un programme d’intervention en nutrition qui vise à augmenter la consommation de légumes, de fruits et de produits laitiers.

Le phénomène grandissant d’obésité observé depuis quelques décennies à l’échelle provinciale, canadienne et mondiale serait associé à la modification des habitudes alimentaires (Raine, 2005). En ce sens et tel que mentionné précédemment, il serait pertinent de chercher à augmenter la consommation de légumes, de fruits et de produits laitiers chez les jeunes. Afin de pouvoir influencer les habitudes alimentaires des jeunes, il est primordial de s’attarder aux déterminants qui peuvent les inciter à adopter des changements dans leur alimentation (Raine, 2005).

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1.1.3 Déterminants de la saine alimentation chez les adolescents

Selon l’Agence de la santé publique du Canada (2011a), les déterminants de la santé constituent des facteurs définissables ayant une influence sur l’état de santé d’un individu. Individuellement, les déterminants de la santé ne permettent pas d’expliquer un comportement alimentaire, c’est plutôt l’interaction entre eux qui le permet (Raine, 2005). Ainsi, ils deviennent des déterminants de la saine alimentation. Taylor, Evers, and McKenna (2005) définissent la saine alimentation comme étant « des habitudes ou des comportements alimentaires qui favorisent l’amélioration ou le maintien de la santé ». Les nombreux déterminants de la saine alimentation sont répartis dans deux catégories, soit les déterminants individuels et les déterminants collectifs/environnementaux (Raine, 2005; Taylor et al., 2005). Les déterminants individuels regroupent l’état physiologique, les facteurs biologiques, les préférences alimentaires, les connaissances en nutrition, l’attitude par rapport à l’alimentation, les perceptions de la saine alimentation et les facteurs psychologiques (Raine, 2005; Taylor et al., 2005). Bien que ces déterminants puissent expliquer une partie du comportement alimentaire, celui-ci est également influencé par le contexte environnemental. Les déterminants environnementaux regroupent donc l’environnement interpersonnel (la famille et les pairs), l’environnement physique (accessibilité et disponibilité des aliments, portions servies, environnement scolaire), l’environnement économique (publicité, industrie alimentaire, revenu, statut socio-économique, coût des aliments, niveau d’instruction des parents, emploi des parents), l’environnement social (normes sociales, médias, stratégies de marketing alimentaire, statut social, milieu culturel) et les politiques publiques (Raine, 2005; Taylor et al., 2005). Ces divers déterminants permettent de mieux comprendre l’adoption de comportements alimentaires et ainsi, de construire des priorités de recherche en promotion de la santé (Raine, 2005).

Plusieurs auteurs ont également fait ressortir les déterminants les plus susceptibles d’influencer spécifiquement les habitudes alimentaires des adolescents. Ces déterminants peuvent être catégorisés selon leur niveau d’influence, soient le macrosystème, l’environnement et l’individu (Tableau 1.3). Ces multiples déterminants influençant

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l’adoption des habitudes alimentaires chez les jeunes démontrent la complexité de mettre en place des programmes d’interventions efficaces. Il demeure toutefois très pertinent de prendre en considération ces déterminants lors de la mise sur pied de ces programmes. Par la suite, l’implantation de ces programmes, notamment en milieu scolaire, est plus susceptible d’avoir un impact significatif sur divers aspects de la vie des adolescents, dont les changements de comportements alimentaires.

Tableau 1.3 : Déterminants influençant l’adoption des habitudes alimentaires chez les adolescents

Catégories des déterminants Exemples de déterminants

Individu Âge et sexe, valeurs et croyances personnelles,

attitude, préférences alimentaires, efficacité personnelle, besoins physiologiques, prédispositions génétiques

Environnement Normes et valeurs sociales et culturelles,

tendances alimentaires, environnement scolaire, environnement familial, influence des pairs

Macrosystème Système politique et socio-économique,

production alimentaire, systèmes de distribution alimentaire, accessibilité alimentaire, médias Source : Story (2005); Taylor et al. (2005)

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1.2 Programmes d’intervention en nutrition

1.2.1 Impact des programmes d’intervention en nutrition en milieu scolaire

Les données préoccupantes sur les taux d’embonpoint et d’obésité infantile ainsi que sur les habitudes de vie des jeunes justifient l’urgence d’agir dans la société québécoise. En ce sens, en 2004, le ministère de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche du Québec a instauré des changements au Programme de formation de l’école québécoise avec la mise sur pied de diverses compétences reliées au développement de saines habitudes de vie (Ministère de l'Éducation du Québec, 2001). L’objectif général de cette réforme ministérielle était de « proposer une organisation des savoirs sous forme de compétences de manière à leur donner sens et ouverture et, d’autre part, de retenir un cadre conceptuel qui définit l’apprentissage comme un processus actif et continu de construction des savoirs » (Ministère de l'Éducation du Québec, 2001). Par le biais des compétences, les élèves sont sensibilisés aux choix qu’ils ont à faire et à leurs conséquences sur leur bien-être présent et futur (Ministère de l'Éducation du Québec, 2001). Plus spécifiquement en lien avec les saines habitudes de vie, la compétence 3 : « Adopter un mode de vie sain et actif » a été créée afin de proposer des activités qui sollicitent un engagement réel et responsable de la part des élèves (Ministère de l'Éducation du Québec, 2001). Selon le Ministère de l'Éducation du Québec (2001), la simple transmission d’informations sur les saines habitudes de vie ne suffirait pas à motiver les jeunes quant à l’adoption de comportements sains.

En termes d’implantation d’initiatives, le milieu scolaire posséderait un bon potentiel de réussite en ce qui a trait à l’adoption de comportements sains. D’abord, puisque les élèves passent beaucoup de temps à l’école, c’est une occasion de promouvoir les saines habitudes de vie (Raine, 2004). Selon plusieurs auteurs, l’environnement scolaire (curriculum, infrastructure, politiques, personnel scolaire, etc.) pourrait influencer positivement le développement cognitif ainsi que la santé physique et mentale des élèves (Brown & Summerbell, 2009; Ministère de l'Éducation de l'Ontario, 2010; Peterson & Fox, 2007). Les comportements, les attitudes et les préférences des élèves pourraient également être influencés par cet environnement (Agence de la santé publique du Canada, 2012; Baril,

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Ouimet, Bergeron, Béguin-Tremblay, & Gauthier, 2011). Le Ministère de l'Éducation du Québec (2001) ajoute que l’école devrait avoir comme rôle principal d’outiller les jeunes afin que ces derniers puissent faire des choix éclairés quant à leur mode de vie (alimentation, sommeil, loisirs, activité physique, relations affectives, etc.). L’école serait une « courroie de transmission des saines habitudes alimentaires » (Baril et al., 2011). Le milieu scolaire est également reconnu comme étant un lieu privilégié d’intervention puisque les jeunes le considèrent comme le milieu de vie le plus important après le milieu familial (Baril et al., 2011). L’environnement scolaire leur permet d’établir des relations avec les pairs et avec d’autres personnes significatives, dont les enseignants (Baril et al., 2011). Une personne possédant une autorité sur l’élève, comme l’enseignant, pourrait influencer l’alimentation des jeunes, notamment par l’exposition aux aliments, par la transmission de messages et par les normes véhiculées (Taylor et al., 2005). Finalement, la revue de littérature de Ganann, Fitzpatrick-Lewis, Ciliska, and Peirson (2012) démontre que le milieu scolaire est l’endroit où est implantée la majorité des interventions visant l’amélioration de l’accès et de la consommation de légumes et fruits chez les jeunes de cinq à 18 ans. Le milieu scolaire représente donc un contexte favorable à l’implantation de programmes d’intervention en nutrition.

À ce titre, la littérature abonde d’initiatives implantées en milieu scolaire. Les retombées de ces initiatives portent sur la prévalence d’obésité (poids, indice de masse corporelle) et sur les comportements (ex. habitudes alimentaires, pratique d’activités physiques, absentéisme, etc.). Certains programmes d’intervention scolaire visant à réduire le surpoids chez les jeunes ont démontré leur efficacité. Plusieurs auteurs ont d’ailleurs fait ressortir les caractéristiques qui rendent ces programmes bénéfiques. D’abord, la revue systématique de Brown and Summerbell (2009) démontre que les programmes misant sur une intervention qui intègre tant l’aspect de la saine alimentation que celui de l’activité physique pourraient aider à prévenir le surpoids à long terme chez les jeunes. Katz, O'Connell, Njike, Yeh, and Nawaz (2008) et Lee, Ho, Keung, and Kwong (2014) abondent dans le même sens en démontrant que les interventions combinées favorisentla diminution du poids ainsi que la diminution de l’indice de masse corporelle (IMC) chez les jeunes. Toutefois, ces effets demeurent modestes. De plus, la revue systématique de Silveira, Taddei, Guerra, and Nobre (2011) et la méta-analyse de Gonzalez-Suarez, Worley, Grimmer-Somers, and Dones

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(2009) démontrent que les programmes d’intervention de longue durée échelonnés sur plusieurs mois, voire plusieurs années, influencent favorablement les données anthropométriques (diminution de l’IMC) et ainsi, diminuent la prévalence d’obésité chez les jeunes. Finalement, plusieurs autres caractéristiques des interventions en milieu scolaire pourraient contribuer à prévenir l’obésité infantile et à réduire l’IMC, dont l’implication parentale, l’introduction des notions d’éducation en nutrition dans le curriculum scolaire, l’auto-évaluation des habitudes de vie, l’utilisation de récompenses, l’amélioration de l’offre alimentaire dans les écoles ainsi que le support des enseignants (K. Cole, Waldrop, D'Auria, & Garner, 2006; Silveira et al., 2011; Waters et al., 2011).

Les programmes d’intervention en nutrition en milieu scolaire auraient également un impact non négligeable sur les habitudes alimentaires des jeunes (Baril, 2008). D’abord, l’étude de Lee et al. (2014) démontre que les programmes d’intervention combinée comprenant des sessions d’activités parascolaires interactives sur la saine alimentation et l’activité physique permettraient d’améliorer les habitudes alimentaires des jeunes (ex : augmentation de la consommation d’aliments sains, diminution de la consommation d’aliments malsains, augmentation de la participation à différents sports). Selon Briggs, Fleischhacker, and Mueller (2010), ce type d’interventions éducatives, spécifiquement celles axées sur l’alimentation, contribueraient davantage aux changements de comportements lorsqu’elles sont implantées dans le milieu scolaire à long terme, soit sur plusieurs mois, voire plusieurs années. En effet, des interventions ponctuelles pourraient être efficaces pour favoriser le changement de comportement, mais ne suffiraient pas à rendre les apprentissages nutritionnels plus efficaces (Briggs et al., 2010). En termes d’heures attribuées à l’éducation en nutrition, Celebuski and Farris (2000) avancent que peu d’élèves reçoivent le minimum nécessaire afin de favoriser un changement de comportement, soit 50 heures pour une année scolaire.

En plus des bienfaits observés sur la diminution de l’obésité infantile et sur l’amélioration des habitudes alimentaires, les programmes d’intervention en nutrition en milieu scolaire pourraient favoriser la persévérance et la diminution du taux d’absentéisme. En effet, selon Knai, Pomerleau, Lock, and McKee (2006), les programmes d’intervention en milieu scolaire basés sur la santé et l’alimentation pourraient encourager les enfants et les

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adolescents à poursuivre leur cheminement scolaire. De plus, le fait de créer un environnement scolaire sain via ce genre de programmes permettrait également de diminuer le taux d’absentéiste à l’école (Langford et al., 2014). Finalement, l’étude de Sherman and Muehlhoff (2007) a démontré qu’un programme d’intervention en nutrition misant sur l’intégration de notions d’éducation en nutrition dans le curriculum scolaire, sur l’implication des parents ainsi que sur la formation des enseignants permet d’augmenter la confiance, la motivation, l’attention des jeunes lors des activités pédagogiques ainsi que leur taux de fréquentation scolaire.

Par ailleurs, la littérature scientifique permet de faire ressortir plusieurs critères d’efficacité des programmes d’intervention en nutrition. En effet, une intervention en nutrition efficace devrait miser sur divers éléments, tels que l’intégration d’activités en nutrition dans le curriculum scolaire (Briggs et al., 2010; Fleischhacker, Schure, & Contento, 2009; Sherman & Muehlhoff, 2007), la disponibilité d’aliments sains à la cafétéria (Briggs et al., 2010; Habib-Mourad & Ghandour, 2015; Raine, 2004), la diminution de l’exposition aux aliments non nutritifs (Raine, 2004), l’implication des parents (Briggs et al., 2010; Habib-Mourad & Ghandour, 2015; Sherman & Muehlhoff, 2007), l’intervention sur un comportement ou une pratique spécifique (ex. consommation de fruits et légumes) (Fleischhacker et al., 2009), l’intérêt et la motivation des élèves (Fleischhacker et al., 2009), l’attribution d’un temps d’intervention adéquat pour favoriser un changement de comportement (Fleischhacker et al., 2009), la formation des enseignants (Fleischhacker et al., 2009; Habib-Mourad & Ghandour, 2015; Sherman & Muehlhoff, 2007), l’approche écologique basée sur une intervention à plusieurs niveaux (individuel, environnemental, sociétal) (Fleischhacker et al., 2009), la notion de plaisir (Habib-Mourad & Ghandour, 2015), l’adaptation du matériel en fonction des caractéristiques socioculturelles de la population cible (Habib-Mourad & Ghandour, 2015) ainsi que l’engagement de la communauté (Habib-Mourad & Ghandour, 2015). D’ailleurs, les résultats de l’étude de Sherman and Muehlhoff (2007) ont démontré qu’à la suite d’une participation à un programme misant sur l’implication parentale, l’intégration des notions de saine alimentation au curriculum scolaire et la formation des enseignants, un plus grand nombre d’élèves ont rapporté avoir mangé avant de venir à l’école, avoir apporté de la nourriture à l’école et avoir mangé davantage de légumes en comparaison à un groupe contrôle.

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Tel que révélé par la revue de littérature de Ganann et al. (2012), l’école est l’endroit où est implanté la majorité des interventions visant à améliorer l’accès et la consommation de légumes et fruits chez les jeunes de 5 à 18 ans. Certains programmes d’intervention en nutrition en milieu scolaire ont pour cible l’amélioration d’un comportement spécifique comme la consommation de légumes et fruits. D’ailleurs, plusieurs auteurs ont prouvé qu’il était possible d’augmenter la consommation de légumes et de fruits chez les jeunes par différents programmes d’intervention en milieu scolaire (Cohen, Kraak, Choumenkovitch, Hyatt, & Economos, 2014; Evans, Christian, Cleghorn, Greenwood, & Cade, 2012; Howerton et al., 2007; Knai et al., 2006; Reynolds et al., 2000; Siega-Riz et al., 2011). Ces auteurs ont noté une augmentation significative du nombre de portions de légumes et fruits par jour chez des groupes intervention en comparaison avec des groupes contrôle. Plus spécifiquement, la revue systématique de Knai et al. (2006) fait ressortir les résultats de 15 études différentes portant sur l’analyse de programmes d’intervention en milieu scolaire ayant pour but de promouvoir la consommation de légumes et fruits chez les enfants et les adolescents. De ces 15 études, 10 d’entre elles ont démontré une consommation de 0,3 à 0,99 portion de légumes et de fruits de plus par jour pour le groupe intervention. De plus, l’étude d’Howerton et al. (2007) démontre que la consommation de légumes et de fruits a augmenté de 12 % à la fin du programme d’intervention en nutrition en comparant avec les chiffres de consommation de légumes et fruits en début de programme. Sherman and Muehlhoff (2007) ont également comparé la consommation de légumes et fruits en début et en fin de programme d’intervention. Les résultats de cette étude ont démontré qu’à la fin du programme, les élèves étaient plus conscients quant à l’importance de varier leur alimentation et consommaient des légumes et des fruits de façon plus régulière (Sherman & Muehlhoff, 2007).

Plusieurs auteurs ont démontré que des caractéristiques spécifiques des programmes d’intervention en nutrition en milieu scolaire favoriseraient l’augmentation de la consommation de légumes et de fruits chez les jeunes. D’abord, les parents auraient un rôle primordial à jouer en tant que modèles en adoptant des comportements sains et en faisant la promotion d’un environnement encourageant les saines habitudes alimentaires et le mode de vie actif (Maatoug et al., 2015). Ainsi, l’implication familiale permettrait d’augmenter la consommation de légumes et de fruits chez les jeunes (Knai et al., 2006; Langford et al.,

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2015; Langford et al., 2014; Maatoug et al., 2015; Silveira et al., 2011). Dans le même ordre d’idées, les pairs auraient également une influence sur la consommation de légumes et de fruits chez les jeunes (Horne et al., 2004; Knai et al., 2006; Lowe, Horne, Hardman, & Tapper, 2006; Maatoug et al., 2015; Molaison, Connell, Stuff, Yadrick, & Bogle, 2005). Selon la revue de littérature de Krolner et al. (2011), l’influence et la pression provenant des pairs constitueraient un déterminant de la saine alimentation (incluant la consommation de légumes et de fruits) notamment chez les adolescentes. Plusieurs autres caractéristiques des programmes d’intervention ont été identifiées dans les interventions efficaces à augmenter la consommation de légumes et de fruits, telles que la durée d’intervention de minimum douze mois (Knai et al., 2006; Silveira et al., 2011), l’intégration de notions reliées à l’éducation en nutrition dans le curriculum scolaire régulier (Knai et al., 2006; Langford et al., 2015; Langford et al., 2014; Maatoug et al., 2015; Silveira et al., 2011), l’approvisionnement adéquat en légumes et en fruits par les cafétérias scolaires (Silveira et al., 2011), les changements dans l’environnement physique de l’école (Langford et al., 2015; Langford et al., 2014), les interventions qui ciblent spécifiquement la consommation de légumes et de fruits (Knai et al., 2006), l’exposition aux légumes et aux fruits via des activités de développement de compétences de préparation des aliments et de dégustation en opposition aux lectures traditionnelles (Knai et al., 2006), la formation des enseignants (Knai et al., 2006; Maatoug et al., 2015), l’établissement d’une politique alimentaire scolaire (Knai et al., 2006), l’implication de la communauté via la participation d’organismes œuvrant auprès des jeunes ou de producteurs locaux (Knai et al., 2006; Langford et al., 2015; Langford et al., 2014), l’approche portant tant sur l’environnement de l’élève que sur son propre comportement (Knai et al., 2006; Wang et al., 2013) ainsi que la distribution de légumes et de fruits (Reinaerts, de Nooijer, Candel, & de Vries, 2007).

Bien que plusieurs programmes d’intervention en nutrition aient démontré leur efficacité à augmenter la consommation de légumes et de fruits chez les jeunes, il est tout de même possible de constater que la consommation de fruits est souvent plus significativement augmentée que celle de légumes (Anderson et al., 2005; Bjelland et al., 2015; Davis, Cullen, Watson, Konarik, & Radcliffe, 2009; Hoffman, Franko, Thompson, Power, & Stallings, 2010; Perry et al., 2004). L’étude d’Anderson et al. (2005) démontre bien cette réalité. Dans cette étude, les auteurs ont mis sur pieds un programme d’intervention misant

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sur l’accessibilité aux légumes et aux fruits à l’école, les activités de dégustation, les stratégies promotionnelles aux points de vente des aliments, l’implication des parents, la formation des enseignants ainsi que les activités d’éducation en nutrition intégrées dans le curriculum scolaire (Anderson et al., 2005). Bien que les élèves ayant participé à ce programme aient démontré avoir une consommation de fruits significativement plus élevée, l’intervention a eu peu d’impact sur la consommation de légumes (Anderson et al., 2005). Selon l’auteur, l’augmentation de la consommation de légumes est probablement un des plus gros défis (Anderson et al., 2005). Perry et al. (2004) et Hoffman et al. (2010) ont obtenu des résultats similaires dans leurs études respectives.

Par ailleurs, l’efficacité des programmes d’intervention en milieu scolaire ciblant l’augmentation de la consommation de produits laitiers est moins documentée. Malgré cela, certaines études ont fait ressortir des résultats significatifs. D’abord, l’étude d’Albala et al. (2008) a démontré l’efficacité d’un programme d’intervention portant sur l’incitation à consommer un nombre précis de portions de produits laitiers auprès des enfants. Les jeunes soumis à l’intervention ont été plus enclins à augmenter le nombre de portions consommées par rapport au groupe contrôle. Dans le même ordre d’idées, Nicklas (2003) suggère l’intégration d’un programme d’éducation à la consommation de produits laitiers dans le curriculum scolaire pourrait inciter les jeunes à augmenter leur consommation. Finalement, la revue de littérature d’Hendrie, Brindal, Baird, and Gardner (2013) identifie certaines stratégies favorisant l’augmentation de la consommation de produits laitiers chez les jeunes. Selon ces auteurs, les études portant sur des programmes d’intervention encourageant la consommation de produits laitiers dans un contexte de saine alimentation, augmentant l’accessibilité et la disponibilité des produits laitiers et engageant les parents ont obtenu des résultats significatifs quant à l’augmentation de la consommation de produits laitiers (environ une portion de plus par jour).

L’ensemble de ces résultats confirment que les initiatives en nutrition en milieu scolaire constituent une avenue intéressante quant à leur potentiel de réussite en ce qui a trait à l’adoption de comportements sains.

Bien que plusieurs études aient rapporté des résultats significatifs quant à l’augmentation de la consommation de légumes et de fruits et de produits laitiers chez les jeunes, peu d’entre

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elles ont inclus un processus de régulation formel qui favorise le développement de l’autonomie chez les jeunes. Pourtant, le processus de régulation est au cœur du développement des compétences du Programme de formation de l’école québécoise (Ministère de l'Éducation du Québec, 2001). En effet, le processus de régulation permet à l’étudiant, en participant activement à sa propre évaluation en cours d’apprentissage, « de porter un regard sur les avoirs qu’il acquiert et sur la manière dont il les utilise » (Ministère de l'Éducation du Québec, 2001). Ce processus de régulation comporte 4 étapes (Ministère de l'Éducation du Québec, 2001). La première étape consiste en l’analyse des effets de certaines habitudes de vie sur sa santé et son bien-être, il s’agit d’une première réflexion sur les risques et les bénéfices associés aux comportements actuels. La deuxième étape porte sur la planification d’une démarche visant à modifier certaines de ses habitudes de vie, les élèves sont invités à développer des pistes concrètes d’action. La troisième étape consiste en l’engagement dans la démarche visant à modifier certaines de ses habitudes de vie, il s’agit de prendre part activement au changement Finalement, la quatrième étape porte sur l’établissement du bilan de sa démarche, soit la réflexion portant sur les changements entrepris précédemment (Figure 1.1).

Figure 1.1 : Composantes de la compétence « Adopter un mode de vie sain et actif » (Source : Ministère de l'Éducation du Québec (2001))

Selon le Ministère de l'Éducation du Québec (2001), cette pratique de régulation favoriserait la réussite scolaire. Dans le même ordre d’idées, selon Michie, les interventions

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combinant des concepts de régulation comme l’auto-évaluation étaient plus efficaces que celles n’en contenant pas (Michie et al., 2015).

L’ensemble de ces constatations suggère que la création d’un programme d’intervention en nutrition impliquant les pairs, ciblant tant la consommation de légumes et de fruits que de produits laitiers et intégrant un processus de régulation formel serait tout indiqué, notamment en milieu scolaire auprès des jeunes. Ce programme pourrait être offert sous différents formats (en classe, à la maison, etc.) incluant un programme d’intervention via le Web.

1.2.2 Impact des programmes d’intervention en nutrition en version Web

Bien que plusieurs programmes d’intervention en nutrition aient démontré leur efficacité quant à leur impact sur l’adoption de saines habitudes alimentaires chez les jeunes, les habitudes alimentaires de ces derniers demeurent insatisfaisantes selon les recommandations nutritionnelles. Afin de répondre à cette problématique, de plus en plus d’auteurs ont intégré une composante technologique à leurs études, et ce, plus spécifiquement auprès des adolescents. Selon Whittemore, Jeon, and Grey (2013), les programmes d’intervention en nutrition utilisant le multimédia interactif (ex. Internet) constituent une solution prometteuse au défi que représente l’obésité chez les adolescents, entre autres, puisque cette technologie leur est attrayante. En effet, ce type de programme pourrait influencer les comportements alimentaires chez les adolescents, spécifiquement lorsqu’il est intégré en milieu scolaire (Hamel & Robbins, 2013). Le milieu scolaire permettrait d’augmenter l’efficacité de l’intervention Web due à une meilleure supervision offerte en classe et un soutien social offert par les pairs (Hamel & Robbins, 2013).

Plusieurs auteurs ont mis en évidence l’efficacité de programmes en version Web sur l’adoption de comportements alimentaires sains (Casazza & Ciccazzo, 2007; Frenn et al., 2005; Neville, O'Hara, & Milat, 2009; Portnoy, Scott-Sheldon, Johnson, & Carey, 2008; Whiteley, 2008; Whittemore, Chao, Popick, & Grey, 2013; Whittemore, Jeon, et al., 2013). L’étude de Whittemore, Jeon, et al. (2013) démontre d’ailleurs cette efficacité avec le programme « The HEALTH[e]TEEN© ». Ce dernier a été développé à partir des principes de technologie interactive. Les élèves étaient encouragés à enregistrer leurs apports

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alimentaires ainsi que leurs dépenses physiques sur une plateforme Web (Whittemore, Jeon, et al., 2013). Cela leur permettait d’évaluer leur progrès et, par la suite, d’ajuster leurs objectifs (Whittemore, Jeon, et al., 2013). Le programme donnait également accès à un blogue mis sur pieds par un entraîneur et la possibilité d’interagir avec des professionnels ou des pairs. Les résultats de cette étude ont démontré que ce type de programme pourrait aider à améliorer les comportements de santé (saine alimentation et exercice physique) chez les jeunes, à court terme (Whittemore, Jeon, et al., 2013). Ainsi, l’éducation via le Web pourrait avoir une influence sur l’adoption de comportements sains. De plus, la grande participation et la satisfaction des adolescents ayant participé à cette étude permettent de conclure que les programmes utilisant le Web sont attrayants pour cette tranche de la population (Whittemore, Jeon, et al., 2013). Par contre, plus de recherches sont nécessaires afin de démontrer l’efficacité de ces programmes à long terme (suivi de plus de 6 mois) (Whittemore, Jeon, et al., 2013). Dans le même ordre d’idées, l’étude de Casazza and Ciccazzo (2007) suggère que les programmes utilisant les médias technologiques (ex. Internet) influencent davantage les comportements des adolescents que les programmes d’éducation traditionnelle. En effet, ce type de programme permettrait non seulement d’améliorer les connaissances nutritionnelles chez les jeunes, mais également d’améliorer les habitudes/comportements alimentaires (ex : diminution de la consommation de gras, régularisation de la prise des repas, augmentation de la consommation de produits laitiers). Finalement, la méta-analyse de Portnoy et al. (2008) abonde dans le même sens en démontrant que les individus ayant participé à une intervention utilisant une plateforme Web ont amélioré davantage leurs habitudes alimentaires (ex : augmentation de l’apport en légumes et fruits).

Certains auteurs ont démontré l’efficacité d’un programme version Web sur la consommation de légumes et de fruits spécifiquement. L’étude de Di Noia, Contento, and Prochaska (2008) démontre qu’un programme de quatre semaines intégrant un contenu éducationnel sur CD-ROM, donné à raison de quatre sessions de 30 minutes par semaine, augmente significativement la consommation de légumes et de fruits chez les jeunes participants au programme par rapport à un groupe contrôle. Par contre, cette intervention n’a pas été implantée en milieu scolaire et les effets significatifs ont été observés seulement à court terme. L’étude de Ezendam, Brug, and Oenema (2012) a démontré qu’une

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intervention intégrant un contenu informatique et implanté en milieu scolaire a un effet positif sur les habitudes alimentaires des adolescents. Dans cette étude, les adolescents devaient survoler huit modules accessibles sur l’ordinateur proposant diverses thématiques reliées à la santé sur une période de 10 semaines. Les enseignants avaient comme tâche d’allouer 15 minutes pour chacun des modules. Les résultats ont démontré que les jeunes faisant partie du groupe intervention ont rapporté avoir mangé significativement plus de portions de fruits que le groupe contrôle après quatre mois de participation au programme. Un résultat similaire a été observé en ce qui a trait à la consommation de légumes. Dans le même ordre d’idées, l’étude de Mauriello et al. (2010) a démontré que le programme « Health in Motion » s’adressant aux élèves du secondaire a eu une influence positive sur les habitudes alimentaires de ces derniers. Ce programme utilisait la technologie (ordinateur) afin de transmettre des messages aux jeunes à trois reprises (départ, un mois et deux mois) sur les recommandations en nutrition (ex. consommation de légumes et de fruits), en activité physique (ex. nombre de jours avec un minimum de 60 minutes d’activité physique) ainsi que sur le temps passé à regarder la télévision. Les jeunes ayant participé à ce programme ont rapporté avoir consommé plus de portions de légumes et de fruits après deux mois, six mois et 12 mois d’intervention en comparaison avec le groupe contrôle. Finalement, Winett et al. (1999) ont aussi observé des effets bénéfiques de leur programme Web sur la consommation de légumes et de fruits chez les adolescents. Le programme « Eat4Life » comportait une série de cinq modules informatiques portant sur les changements de comportements favorables à la santé, dont l’augmentation de la consommation de légumes et de fruits (Winett et al., 1999). Ce programme incluait des capsules interactives, des graphiques ainsi que des images offrant un contenu personnalisé quant aux stratégies à adopter pour atteindre des buts spécifiques ainsi qu’un retour sur l’atteinte des objectifs (Winett et al., 1999). Ainsi, ce programme incluait un processus de régulation.

L’efficacité de programmes d’intervention version Web sur la consommation de produits laitiers n’est pas aussi bien documentée que celle portant sur la consommation de légumes et de fruits. Par contre, certains auteurs se sont tout de même penchés sur le sujet. L’étude de Randi Schoenfeld, Ng, Henderson, and Wu (2010) a démontré que l’éducation à la santé via un site Web pouvait favoriser la consommation de produits laitiers. Dans cette étude, les

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adolescents étaient invités à consulter un site Web proposant du contenu d’éducation à la santé de manière interactive. Plus précisément, les jeunes étaient sensibilisés à la prévention de l’ostéoporose (Randi Schoenfeld et al., 2010). Les résultats ont démontré que les participants au programme étaient davantage sensibilisés et étaient plus sujets à augmenter leur consommation de produits laitiers par rapport au groupe contrôle (Randi Schoenfeld et al., 2010). Ceci démontre la pertinence de programme d’intervention chez les adolescents intégrant une composante Web et visant à augmenter la consommation de produits laitiers. Différents facteurs peuvent expliquer l’efficacité et l’attrait des programmes intégrant le Web pour les adolescents. D’abord, les interventions utilisant la technologie permettent de mieux rejoindre la clientèle adolescente puisque cette génération a grandi avec l’avènement d’Internet (Roberts & Foehr, 2008). Selon les statistiques de l’étude de Lenhart et al. (2008), 94 % des jeunes de 12 à 17 ans sont des utilisateurs réguliers d’Internet. De plus, la hausse de la présence des technologies dans les écoles augmente son accessibilité et son exposition chez les jeunes, d’autant plus que les enseignants intègrent les technologies dans la réalisation des différents travaux scolaires (Lenhart et al., 2008). Les jeunes ont aussi souvent accès à Internet en classe ou à la bibliothèque scolaire (Lenhart et al., 2008). Selon Lenhart et al. (2008) et Tate (2008), 77 % des adolescents utilisent Internet dans leurs établissements scolaires. Ainsi, les écoles représentent un milieu idéal pour implanter ce genre de programme considérant que les technologies sont disponibles dans ces milieux. L’étude de Neil, Batterham, Christensen, Bennett, and Griffiths (2009) démontre que les adolescents sont plus enclins à participer à une intervention intégrant le Web lorsque du temps leur est alloué en période de classe plutôt qu’une intervention leur demandant du temps à l’extérieur du curriculum scolaire. De plus, dans l’étude de Casazza and Ciccazzo (2007), les adolescents ont rapporté préférer les programmes utilisant les médias pour la transmission d’informations plutôt que le matériel imprimé. Finalement, selon l’étude de Tate (2008), les aspects des programmes qui peuvent expliquer le succès relié à l’utilisation de la technologie consistent en la présentation d’un contenu misant sur l’interaction et l’engagement, le rapprochement avec la réalité des adolescents, la possibilité d’effectuer un suivi individualisé, la possibilité pour les élèves d’évoluer à leur propre rythme, la flexibilité du programme, l’accessibilité à la plateforme directement en milieu scolaire, la large portée potentielle de l’intervention (impact au-delà de l’individu) ainsi que la

Figure

Tableau 1.1 : Conséquences de l’obésité chez l’enfant   Types de conséquences reliées à l’obésité  Exemples
Figure 1.1 :  Composantes  de  la  compétence  « Adopter  un  mode  de  vie  sain  et  actif »  (Source : Ministère de l'Éducation du Québec (2001))
Tableau 4.1 : Caractéristiques des écoles et des groupes de participants
Figure 4.1 : Protocole de recherche
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