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CHAUDIÈRE, Émilie ; SOTO, Didier. Présentation d’expériences de recherches et d’exploitation de l’information. In 6es Rencontres FORMIST : Exploitation et usages de l’information par les étudiants avancés, l’enssib à Villeurbanne, 15 juin 2006 [en ligne]. Format PDF.
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Présentation d’expériences de recherches et d’exploitation de
l’information
CHAUDIÈRE, Émilie
Étudiante en Master Recherche à l’École de Management de Lyon SOTO, Didier
Doctorant en géographie
6es Rencontres FORMIST, 15 juin 2006 : Exploitation et usages de
l’information par les étudiants avancés
Présentation d’expériences de recherches et d’exploitation de
l’information
Émilie Chaudière, étudiante en Master Recherche à l’École de Management de Lyon
Didier Soto, doctorant en géographie
A.-M. Bertrand : Je vais introduire Émilie Chaudière et Didier Soto que je remercie vraiment
largement parce que ce n’est pas facile de venir s’asseoir et parler devant un aréopage de bibliothécaires et enseignants. Il nous a semblé quand on a préparé cette journée, c’est donc la 6e édition, on s’est dit pour une fois on va peut-être donner enfin la parole à ce fameux public, à ces fameux lecteurs, à ces fameux usagers : que font-ils, que pensent-ils ? Modestement on n’allait pas faire venir un thème d’étudiants ce n’était pas possible, donc ce qu’ils vont vous dire c’est à la fois représentatif des étudiants mais aussi leur démarche à eux reliée à leur discipline, à leur parcours, etc. Émilie est étudiante en Master Recherche à l’École de Management (EM) de Lyon et Didier Soto est doctorant en géographie à l’université Lyon 3, ils vont donc mener la journée en vous expliquant comment ils procèdent pour accéder à l’information, la rechercher, l’exploiter, etc. Je vais donc leur passer la parole et c’est Émilie qui va commencer.
E. Chaudière : Bonjour, je m’appelle Émilie Chaudière. Je me présente : mon parcours est assez
classique, j’ai fait une prépa-HEC suivie du programme EAC à l’EM Lyon et actuellement je termine mon DEA à l’EM Lyon, en collaboration avec l’université Lyon 3.
Donc je rentre tout de suite dans le vif du sujet. Le premier outil que j’ai utilisé pour rechercher de l’information était Google, classique, et cela a montré assez rapidement ses limites notamment pour un cours de littérature où je devais faire une recherche sur le marchandising des fruits et légumes et si un jour vous avez l’occasion faites l’expérience tapez « fruits et légumes » sur Google vous risquez d’avoir des déconvenues. Donc, avec une quantité importante de sites pour adultes je ne pouvais pas vraiment faire mon travail donc je suis allée voir la documentaliste de l’EM qui m’a renseignée sur des outils un peu plus efficaces que cela pour faire ma recherche et sur les formations qui étaient disponibles au niveau de ces outils et donc j’ai suivi ces formations et à partir de ce moment-là je me suis servi majoritairement des outils Factiva et Europress pour faire mes recherches. Puis le cursus évoluant j’ai suivi le DEA, donc là les besoins en information étaient différents et là j’ai tout de suite eu le réflexe d’aller faire une formation et j’ai été formée aux outils
de recherche et pour rechercher de la presse académique. D’ailleurs je trouve que la recherche de presse académique est très simple puisque généralement on a des dates, des journaux, des auteurs ou des références qui permettent de ne pas avoir une quantité d’informations trop importantes et qui sont donc faciles à gérer. Voilà qui est tout pour mes outils de recherche de l’information. Pour ce qui est de la gestion de l’information, pour la rédaction de mon mémoire j’utilise le logiciel de références bibliographiques Endnote qui me simplifie la vie pour beaucoup de choses mais qui également a quelques rigidités notamment dans la bibliographie ou sur les citations que l’on fait on ne peut pas se permettre de faire quelques petites retouches mais à part cela, c’est un logiciel qui m’est très utile.
Voilà qui est tout en ce qui me concerne.
D. Soto : Bonjour, je m’appelle Didier Soto, je suis actuellement doctorant en 3e année à l’université Jean Moulin Lyon 3 et je travaille sur un sujet de thèse spécifique : les variations climatiques anciennes ; donc un sujet quand même relativement de sciences dures on pourrait dire dans une université à majorité littéraire et juridique. Donc cela a pu poser quelques difficultés pour ma recherche d’information.
Je vais articuler ma présentation autour de trois points : ma formation à la recherche d’information, ma méthode de recherche d’information et l’exploitation de cette recherche.
Donc j’ai fait un parcours typique à l’université depuis la licence jusqu’au doctorat et je tenais à faire remarquer que j’ai commencé en 1998, avant la réforme LMD et il est vrai que la formation à la recherche de l’information n’était peut-être pas la même priorité qu’actuellement. C’est-à-dire que, mûre de mon parcours de licence et de master je n’ai pas eu forcément des cours spécifiques de recherche à la documentation et j’aurais pu en souffrir lors de mon entrée en doctorat. J’ai eu quelques séances et sans l’aide de ma documentaliste qui était présente dans cette salle je n’aurai pas pu aboutir à une recherche véritable sur un sujet de doctorat. Et donc on pourrait qualifier ma recherche d’information jusqu’au début de mon doctorat de relativement intuitive, c’est-à-dire, comme Émilie, des recherches Google, des veilles proposées par ma documentaliste mais pas quelque chose de vraiment construit. Il m’a fallu attendre une formation qui m’a été proposée par le CIES de Lyon, donc le Centre d’Initiation à l’Enseignement Supérieur, pour acquérir véritablement cette méthodologie de recherche de l’information. Et je tenais d’ailleurs à remercier les formateurs du CIES de m’avoir permis d’accéder à cette formation. Lors de cette formation j’ai pu apprendre à faire de la recherche par banques de données, accéder à des bases comme Francis ou Pascal, sachant que Francis on n’y a pas accès à l’université Lyon 3, on a uniquement accès à la banque de données Pascal. On a pu également me former à la recherche par moteur de recherche scientifique comme
revues et par éditeurs. Et grâce à cette formation CIES j’ai pu bénéficier d’un partenariat avec l’URFIST de Lyon pour avoir accès à des documentations auxquelles je n’avais pas forcément accès à mon université ni même à mon laboratoire de recherche. Mais comme je l’ai précisé en introduction, cela est uniquement lié à mon sujet de thèse qui est relativement spécifique et qui finalement ne rentre pas dans les problématiques de l’université Lyon III. Si j’avais été à l’université Lyon I cela aurait été beaucoup plus simple. Donc c’est pour cela que mon cas n’est pas une généralité, même si beaucoup de doctorants n’ont pas eu accès à une recherche d’information comme peuvent l’avoir aujourd’hui les étudiants de L ou de M.
Donc on pourrait conclure ma formation sur le fait que c’est essentiellement une recherche intuitive jusqu’à ce que j’aie eu ce stage CIES, stage CIES qui est essentiellement destiné aux allocataires moniteurs et donc pas à l’ensemble de la population des doctorats. Et là se pose la question de savoir si de tels stages ne devraient pas être proposés à l’ensemble des doctorants. Je ne sais pas si c’est le cas mais en tout cas moi je n’en étais pas informé.
Maintenant je vais vous présenter mon mode de recherche actuel que l’on pourrait qualifier d’autonome et d’atypique. Il est vrai que j’ai beaucoup bénéficié de mes relations avec l’URFIST pour travailler et faire des recherches par catalogues, notamment les catalogues universitaires comme celui de Lyon I qui est beaucoup plus fourni dans mon domaine d’étude que celui de mon université, en passant par des moteurs de recherche comme Science direct : à partir de quelques mots-clés j’arrive à avoir accès à une foule d’articles qui sont nécessaires pour mon sujet de thèse qui consiste en une grosse synthèse bibliographique. Je travaille aussi avec des veilles qui sont fournies par les grandes revues disponibles sur Internet, grandes revues généralement anglophones sur lesquelles il est possible de faire des veilles, et j’ai également des veilles proposées par la responsable de mon centre de documentation qui me tient informée systématiquement des nouveautés sur mon sujet. Il y a également un site Internet commun à notre centre de documentation de notre UMR, qui est accessible à tous et qui permet aussi de faire cette recherche d’information. Mais le problème c’était vraiment l’accès aux articles en lui-même et cela, j’ai pu le résoudre grâce à l’URFIST. Cela, c’était vraiment la recherche la plus efficace mais il y a aussi des éléments de recherche qui sont beaucoup moins pertinents. Comme Émilie l’a dit avec les moteurs de recherche généralistes comme Google, il est possible maintenant de faire des alertes selon des mots-clés mais elles ne sont pas toujours adéquates et si on tape une période climatique ancienne on peut tomber sur des sites de vulgarisation, des sites qui ont un rapport peu étroit et des sites qui peuvent être « dépassés ». Donc la recherche de base n’est pas forcément la plus adéquate. Et je suis également informé par listes de diffusion que ce soit auprès de grands organismes ou de listes de diffusion universitaires.
Et enfin, en ce qui concerne l’exploitation de ma recherche, comme je vous l’ai dit mon sujet de thèse consiste en une grosse synthèse bibliographique, et une fois que j’ai fait mon travail à l’URFIST, que j’ai pu acquérir un certain nombre d’articles, je les gère au sein d’une base de données que j’ai créée sous un logiciel très simple Access, qui permet une classification par thème et par intérêt et qui me permet de détecter rapidement mes besoins pour les points chauds de mon travail de thèse. Et donc, - une petite particularité propre à la géographie -, j’arrive à incorporer ces données au sein d’un système d’information géographique qui est un logiciel qui permet de spécialiser des informations, d’habitude cela est fait pour spécialiser des informations géographiques mais là il est vrai que l’on peut l’utiliser aussi pour spécialiser des informations sur des données bibliographiques. Et donc là je suis en train d’élaborer un projet, en ce qui concerne mon sujet de recherche, de détection des zones – comme je travaille sur une vaste ère d’étude qui est l’hémisphère nord – de travailler sur des zones précises où il y a une forte concentration d’information, que ce soit par exemple dans des pays comme la France ou l’Italie ou l’Espagne et des pays où il y a peu d’informations. Et cela permet de créer un outil qui va permettre de gérer spécialement la localisation des informations bibliographiques et d’associer des articles par site d’étude.
Voilà je vous remercie de votre attention.
S. Chevillotte : Nous sommes en avance sur notre programme, donc cela va nous laisser beaucoup
de temps pour des questions ou des commentaires.
D. Aymonin : Bonjour, David Aymonin de l’École polytechnique de Lausanne et ancien formateur
à l’URFIST de Strasbourg. J’aurais une question pour vous deux : quel rôle joue vos professeurs dans votre apprentissage documentaire et quel rôle eussiez-vous aimé qu’ils jouent ?
E. Chaudière : En ce qui me concerne, les professeurs n’ont pas joué de rôle et à vrai dire se
montrent peu concernés, ce sont vraiment les documentalistes qui jouent un rôle à ce niveau-là. Pour ce qui est des formations, nous avons des mails assez régulièrement qui sont noyés dans la profusion des autres mails d’associations d’étudiants etc., qui proposent des formations diverses et variées en informatique et en recherche d’information. Ceci dit, avant d’avoir rencontré des problèmes dans ma recherche, cela était passé inaperçu pour moi, je n’avais même pas lu ces mails et je n’étais pas vraiment au courant des formations et de ce qui était proposé. Et c’est vrai que cela est peut-être regrettable, par exemple moi mes problèmes de recherche en formation se sont déclarés dans un cours qui s’appelle revue de littérature qui, comme son nom l’indique, consiste à lire une presse plus ou moins académique mais en tout cas en quantité et donc nécessite de la
recherche d’information. Au jour d’aujourd’hui je ne comprends pas pourquoi cette formation aux outils de recherche type Europress et Factiva qui m’ont été très utiles par la suite, pourquoi elle n’est pas proposée d’emblée et vraiment introduite dans le cursus, pas simplement optionnel et éventuellement pour ceux que cela intéresse, mais vraiment proposée dès le départ pourquoi pas comme préambule à certains cours. Mais donc les professeurs n’ont joué aucun rôle à ce niveau-là et n’ont même pas indiqué en l’occurrence qu’il existait un type de formation qui allait pouvoir nous être utile.
D. Soto : Moi je partage à peu près la même conclusion qu’Émilie sur le fait que les enseignants ont
joué un rôle mais minimal, c’est-à-dire qu’ils m’ont informé sur le fait qu’il existait des revues académiques standards mais par contre pour la recherche de cette information, j’ai dû prendre des initiatives individuelles pour aller rechercher des informations que je n’avais pas forcément, comme je l’avais précisé, dans mon université et donc j’ai dû faire beaucoup de tâtonnements avant de trouver une méthode efficace. Donc c’est vrai que l’encadrement à ce niveau-là est peut-être à revoir.
Intervenant 1 : Est-ce que vous avez le sentiment que vous étiez un type d’étudiant particulier avec
un sujet de thèse qui impliquait des recherches bibliographiques particulières ou est-ce que vous avez l’impression au contraire d’être un cas tout à fait normal et qu’au fond, quel que soit le domaine, la spécialité il y aurait un problème qui se poserait ?
D. Soto : Non. Je pense plutôt que je suis atypique dans le sens où j’ai mon directeur de thèse qui a
une position particulière et qui se trouve à l’université Lyon 3, dans une université quand même à majorité littéraire et juridique alors que mon laboratoire de recherche aurait très bien pu se trouver dans une université beaucoup plus scientifique comme Lyon 1 où je n’aurais pas eu ce problème d’accès à l’information. Mais il s’est avéré que mon directeur de thèse étant enseignant à l’université de Lyon 3, j’ai choisi d’être avec lui dans cette université. Et donc c’est à ce moment-là qu’a pu se passer le problème de l’accès à l’information. Donc c’est pour cela que mon cas peut paraître atypique. Mais je connais aussi beaucoup d’étudiants qui sont dans mon cas et, lorsque nous avons fait la formation CIES, nous nous sommes tous retrouvés en se disant mais pourquoi on ne nous l’a pas dit avant ! Ce sont des outils qui sont extrêmement simples, qui ne demande aucun savoir faire spécifiques et c’est vrai que nous nous sommes tous regardés en se disant mais pourquoi on ne nous l’a pas appris avant. Donc même si mon cas est atypique, je pense quand même que le fait que je sois dans l’inconnu dans la recherche de l’information cela peut être généralisé à d’autres étudiants.
S. Chevillotte : Je vais préciser : si vous étiez en philosophie et que vous étiez en train de travailler
sur la phénoménologie, est-ce que vous pensez que vous auriez exactement la même attitude vis-à-vis de vos problèmes de recherche documentaire ?
D. Soto : Peut-être pas dans mon université. C’est peut-être le contenu de mon cas spécifique, mais
je ne peux pas vous le dire avec certitude.
Intervenant 2 : Ma question était de savoir si, – vous n’avez cessé de répéter que vous n’aviez pas
eu droit à ces formations avant –, et moi j’aimerais savoir vous en tant qu’étudiant doctorant, à quel niveau de votre cycle vous pensez que ces formations auraient pu vous être utiles ?
D. Soto : C’est-à-dire que je n’ai pas eu aussi accès à ces informations peut-être par manque de
curiosité, peut-être parce que je n’étais pas informé, mais je pense qu’elles devraient être généralisées dès le niveau de master afin que les étudiants ne puissent pas perdre de temps dans la recherche d’information. C’est vrai que le master, surtout la période de master 2, c’est la préparation de la thèse et des grands axes et donc si à ce niveau-là on ne sait pas où il faut aller pour sa recherche documentaire, je veux dire savoir spécifiquement où aller, cela me paraît dommage et c’est vrai que moi j’ai un petit peu tâtonné notamment lors de ma première année de thèse pour avoir cette méthodologie. Donc peut-être suggérer de les mettre en master oui, ce serait une bonne initiative.
Intervenant 3 : Je suis conservateur à Lyon 3 et je suis chargée de donner quelques cours de
documentation aux étudiants de l’université. Et à ce titre-là j’aurais quelques questions à vous poser à tous les deux d’ailleurs. Je voudrais savoir comment on peut à la fois informer les étudiants et comment on peut les motiver pour des séances qui sont des séances auxquelles vous venez de manière libre et individuelle. Par exemple, j’ai animé un séminaire pour les doctorants de l’université. Avez-vous eu l’information ? Si vous ne l’avez pas, avez-vous des idées pour nous dire comment on peut vous informer et surtout comment on peut d’une manière ou d’une autre vous intéresser à des séances qui ne sont pas encore de manière systématiques incluses dans le cursus ?
E. Chaudière : Comme je l’ai dit tout à l’heure, par exemple l’information des étudiants sur les
formations par e-mail est intéressante évidemment mais là en plus c’est vrai qu’à l’EM Lyon nous sommes particulièrement gourmands en e-mails et c’est de l’ordre de la cinquantaine par jour donc cela passe assez inaperçu. Donc je pense que c’est quelque chose qui est nécessaire mais pas
suffisant. Je pense qu’un moyen déjà de motiver les élèves ce serait de leur faire comprendre l’utilité de la chose et de ne pas déléguer ce travail aux documentalistes uniquement, ce qui a été le cas vraiment dans mon cas : c’est en allant voir la documentaliste parce que j’avais un problème que j’ai été informée de cela. Cela aurait été peut-être utile qu’en cours nous soyons informés sans pour autant que ce soit imposé,- puisque tout à l’heure je parlais de l’introduire éventuellement dans le cursus -, si on refuse l’idée d’imposer au moins que chaque professeur soit informé des types de formation qui sont utiles et qui peuvent accompagner les élèves dans les cours qu’ils proposent et vraiment informe les élèves à ce niveau-là. Je ne vois que cela. Et aussi peut-être au niveau de la pédagogie de distribuer des documents etc., c’est vrai que c’est quelque chose qui est utile, que j’ai gardé parce que là après quelques années à ne pas avoir utilisé Factiva et Europress c’est vrai que c’est comme les langues étrangères, cela se perd donc je ne savais plus l’utiliser et cela m’a été utile aussi de pouvoir replonger dans des documents qui expliquaient simplement la base.
D. Soto : De mon point de vue, pour répondre à votre question, je pense que ces stages devraient
être obligatoires parce qu’il y a une mauvaise communication entre les écoles doctorales, les laboratoires de recherche et même les étudiants en général et c’est vrai que, lorsque l’on est allocataires-moniteurs, les stages CIES nous sont imposés. C’est une spécificité du moniteur mais je pense que pour tout doctorant il devrait y avoir des stages imposés et ces stages là devraient être obligatoires et devraient être peut-être mieux communiqués, après c’est peut-être une erreur de la part du doctorant ou une mauvaise communication de la part de l’école doctorale qui propose cette formation, je ne peux pas répondre à cette question, mais je pense qu’ils devraient être obligatoires.
Intervenant 4 (URFIST de Strasbourg) : Vous avez dit que les enseignements doivent être
obligatoires et je suis tout à fait d’accord avec vous. Par contre ce qui devrait aussi être obligatoire c’est que dans tous les établissements on dispose d’un minimum de bases de données mécaniques, électroniques et actuellement il y a quand même ce gros problème de disparité entre les établissements et plus personne n’ose en parler. Je suis très étonné car un pays qui est aussi très régionalisé comme la Grande-Bretagne a toujours un secteur pour les universités avec des grandes bases de données qui en même temps permet d’offrir un minimum, enfin des gros outils à l’ensemble des étudiants et je crois que c’est quand même un problème qui se pose de plus en plus dans les universités françaises.
D. Soto : Je suis d’accord avec vous mais comme je l’ai précisé, je suis dans un cas atypique.
C’est-à-dire que nous avons quand même des outils ; je pense à l’ensemble des littéraires ou des spécialistes en sciences humaines et sociales ils ont accès à des bases comme Pascal ou d’autres
outils. Moi j’ai choisi de prendre un sujet scientifique pointu que j’aurais très bien pu mener à Lyon 1 où ils ont tout le matériel nécessaire mais c’est vrai qu’il y a une disparité dans mon laboratoire de recherche, par exemple nous n’avons accès à quasiment aucun bouquet de revues électroniques et pourtant on est dans un laboratoire de recherche organisé dans une UMR et la moindre des choses serait d’y avoir accès mais c’est vrai que cela n’est pas le cas. Et cela m’aurait évité maintes complications.
Intervenant 4 : Je voulais savoir si Émilie s’était procurée individuellement Endnote ou si son
université lui avait proposé et si un logiciel de bibliographie avait tenté Didier ou pourquoi il a pris Access ?
E. Chaudière : Alors moi Endnote n’a pas été proposé par l’université ni par quoi que ce soit, c’est
par un autre étudiant en DEA de l’année précédente qui me l’a installé. Et donc je sais qu’il y a plusieurs versions d’Endnote, je ne sais même pas si la version est payante ou gratuite etc., c’est quelque chose à la rigueur qui est venu à moi.
D. Soto : Quand à moi si j’utilise Access c’est juste pour gérer les articles que j’ai à lire. C’est vrai
qu’il y a sûrement quelque chose de mieux mais cela mais utile pour l’instant, cela me va bien pour savoir ce que je dois lire au moment voulu.
Intervenant 5 : Je voulais poser des questions au doctorant en géographie : vous êtres en quelle
année actuellement ?
D. Soto : En troisième année.
Intervenant 5 : Donc vous bouclez presque. Et je voudrais savoir si sur votre parcours vous avez
travaillé sur des bases spécifiques comme géobase et géoref ?
D. Soto : Non.
Intervenant 5 : Donc comment vous avez travaillé pour vos recherches en cartographie, aussi bien
en recherche d’information et quel logiciel vous utilisez pour produire votre thèse en cartographie, et d’autre part est-ce que vous avez utilisé des sites, le site de la BNF dans votre discipline et notamment en cartographie ? Et dernièrement, si vous relevez d’une UMR, est-ce qu’on vous a parlé des ressources spécifiques CNRS en documentation électronique ? Parce que les unités de
recherche CNRS ont un meilleur équipement généralement que celles des bibliothèques universitaires.
D. Soto : Je travaille en géographie certes mais je travaille une discipline spécifique qu’est la
paléoclimatologie : la science des climats anciens. Et la cartographie est spécifique dans cette discipline, c’est-à-dire que je vais travailler sur un système d’information géographique, enfin les logiciels de base comme archeologist sur lesquels je vais faire mes cartes. Et comme je travaille essentiellement sur des données ponctuelles et que les fonds de cartes sont déjà disponibles sur ces logiciels je n’ai pas de problème de cartographie.
Pour répondre aux ressources du CNRS : je n’en ai pas eu accès.
Et par contre pour le site de la BNF je pense que cela n’aurait pas été nécessaire que je l’utilise puisque la carte que je dois faire c’est une production de données spécifiques que je collecte sur des serveurs étrangers et donc à mon avis cela n’aurait pas été utile. Mais par contre pour les ressources du CNRS je n’en ai jamais entendu parler, alors est-ce que c’est de ma faute ou pas, je ne peux pas répondre.
Intervenant 6 : J’aimerais savoir quelle part a joué votre communauté dans votre utilisation de la
documentation, à la fois les étudiants de votre promotion, vous avez parlé de vos professeurs mais aussi les personnes qui réfléchissent et travaillent sur les mêmes thématiques que vous ? Ont-ils joué un rôle, vous ont-ils accompagnés ?
E. Chaudière : Je crois qu’à ce niveau-là j’ai déjà tout dit mais je vais résumer. Les professeurs
globalement se sont montrés assez désintéressés des outils de recherche. Eux, ils m’ont plutôt informée de tel ou tel journal qui serait intéressant, de tel article, de tel livre ; ils vous donnent des références mais pas d’outil de recherche. Les personnes qui m’ont aidée au niveau outils de recherche ce sont les documentalistes et en particulier une dans l’école qui m’a informée, qui m’a tout d’abord formée directement puisque dans l’urgence de mon travail il fallait que je trouve quelque chose tout de suite, donc qui m’a formée puis qui m’a informée également des offres existantes de formation. Après pour les étudiants, je vous parlais du logiciel Endnote, il y a des choses comme cela qui circulent un peu, « on se file des tuyaux ». Mais pour ce qui est de la formation vraiment aux outils en ce qui me concerne cela a été les documentalistes et c’est vrai que les professeurs, ne serait-ce qu’en informant sur les formations, puisqu’ils ne sont pas toujours forcément très engagés là-dedans et pas forcément très demandeurs et même pas forcément très bons puisqu’eux-mêmes font appel aux documentalistes pour leurs propres recherches je veux dire. Donc ils ne manipulent pas vraiment eux-mêmes ce type d’outil puisque j’ai pu me rendre compte à
plusieurs reprises que les professeurs avec qui je travaille, la plupart du temps c’est presque à moi de leur montrer comment on va chercher un article. Donc ce sont des personnes qui globalement ne sont pas vraiment intéressées, qui s’intéressent plus au contenu et pas tant à la façon de chercher. Et donc pour les étudiants il y a des logiciels qui peuvent circuler, on peut s’aider sur telle ou telle revue, etc.
D. Soto : En ce qui me concerne je partage à peu près ces mêmes opinions. Dans ma communauté
j’ai eu l’aide fondamentale pour commencer de ma documentaliste, enfin de la documentaliste de notre UMR qui m’a permis d’accéder déjà dans un premier temps à des revues que je ne connaissais pas. Mais il s’est avéré qu’après j’ai eu besoin d’un niveau d’information supplémentaire que mon URM ne me garantissait pas. Et donc à partir de ce moment-là, j’ai dû me débrouiller un peu tout seul. Et sachant qu’à Lyon I il y avait ses ressources, et je ne le savais même pas, j’ai dû faire des pérégrinations aller à Besançon pour trouver cette information alors que, sans reprocher quoi que ce soit aux gens de mon encadrement ni à mon UMR, mais disons que j’ai dû faire des voyages qui ne m’étaient pas forcément très utiles, alors qu’un simple partenariat entre universités mettant en commun tous les catalogues et toutes les inscriptions à des revues nous faciliterait grandement la tâche. Mais je sais que c’est quelque chose qui est à mon avis utopique.
Intervenant 7 : Cela existe déjà !
D. Soto : Oui mais sur tout, c’est-à-dire qu’il y ait un pôle de revues électronique lyonnais. C’est
une suggestion que je fais et qui faciliterait grandement la tâche à tout le monde. C’est-à-dire que tous les universitaires pourraient avoir accès à toutes les revues qui existent auxquelles adhèrent toutes les universités. Je trouve que cela serait vraiment génial.
S. Dubois (Bibliothèque du groupe HEC) : J’ai une petite question à poser peut-être plus à Émile :
vous avez parlé tout à l’heure d’une formation dont vous avez bénéficié, je voulais savoir si c’était une formation individualisée parce qu’elle avait l’air d’être très personnalisée ? Et d’une formation dont vous parliez qui devrait être peut-être proposée en préambule de votre cours qui nécessite une revue de littérature, est-ce que c’est le même type de formations auxquelles vous pensez, si j’ai bien compris ? Quel est votre regard sur la façon de révélation de l’information ?
E. Chaudière : Lorsque j’ai eu justement mon problème au niveau de recherche de l’information,
comme je le disais, j’étais un peu dans l’urgence et la documentaliste d’EM Lyon m’a permis d’avoir une petite « formation personnalisée » en me disant : « non Google ce n’est pas une bonne
idée, je vais te montrer comment… » Et donc elle m’a montré comme cela tout de suite, c’était bien, cela m’a donné les bases et puis j’ai pu à peu près me débrouiller toute seule. Et suite à cela, elle m’a également parlé des formations qui étaient dispensées. Donc ces formations sont me semble-t-il quand même en petit comité, je dirais une trentaine, une quarantaine de personnes, donc cela n’a rien d’individualisé, c’est en amphithéâtre avec le projecteur et ils nous montrent « tapez ceci, tapez cela » et ils nous donnent une documentation avec les explications de base, non ce n’est quand même pas de l’individualisé. Ceci dit, nous n’étions pas non plus en surnombre et en l’occurrence pour les outils dont je parle, à savoir Factiva, Europress, qui, me semble-t-il, sont quand même assez simples d’utilisation, on n’a pas besoin de faire un atelier vraiment où les gens ont besoin de taper eux-mêmes. Donc là en l’occurrence c’était parfaitement utile, cela allait très bien et ce sont les formations auxquelles je faisais allusion pour ce qui était des revues de littérature et des cours ; ce serait pas mal de les présenter en préambule, d’autant qu’elles sont simples.
A. Serres (URFIST de Rennes) : Je voulais juste poser une question sur les outils du web, parce que
vous avez beaucoup parlé des bases de données, des outils bibliothéconomiques et je voulais savoir quelle était votre utilisation (coupure cassette) tout à l’heure, vos outils du web style RSS ou autres (problème enregistrement).
E. Chaudière : cela ne m’a pas été très utile jusqu’à présent. À part en une occasion où vraiment
cela m’avait signalé un article qui était vraiment très pertinent mais en ce qui me concerne les outils du web non.
D. Soto : Moi ce sera à 2 % car je me sers des veilles, par grandes revues mais cela est tout. Nous
n’avons pas eu de formation et nous ne les connaissons pas. Et moi lorsque j’ai regardé le contenu de ce qu’il allait y avoir je pense que l’on est complètement « à la ramasse » on peut le dire !
E. Chaudière : En fait je me suis inscrite à une veille parce que c’était proposé dans le raccourci
dans le site que j’avais visité, sur divers journaux lorsque je cherchais de la littérature mais cela est vraiment intuitif et par hasard en fait, c’est le fruit d’aucune formation.
S. Chevillotte : Merci beaucoup à tous les deux.
D. Soto : Je voulais juste remercier encore une fois les responsables de l’URFIST qui m’ont fait un
très bon accueil lors de ma documentation et Chantal Gérard, ma documentaliste qui m’a beaucoup aidé et qui est présente dans la salle.