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Suivi expérimental des transferts d'eau provoqués par l'irrigation dans le périmètre de Ouro Madiou en moyenne vallée du fleuve Sénégal

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Academic year: 2021

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Note de recherche

Suivi expérimental des transferts d'eau provoqués

par l'irrigation dans le périmètre de Ouro Madiou

en moyenne vallée du fleuve Sénégal

Bamba E

l

Hadji Diaw 1 Philippe Ackerer 2 Pascal Boivin 3 Frédéric Laval 4

1 Université Cheikh Anta Diop, école sup

é-rieure polytechnique (ESP), Département de génie civil, BP A 10 Thies, Sénégal

<[email protected]>

2 Institut de mécanique des fluides, UMR CNRS, université Louis-Pasteur 7507, 2, rue Boussingault, 67000 Strasbourg, France 3 Laboratoire de pédologie, ENAC - ISTE, école polytechnique fédérale de Lausanne, CH-1015 Lausanne, Suisse

4 CEDRAT Développement, 10, chemin de Pré

Carré, 38246 Meylan, France

Tirés à part: E.H.B. Diaw

Résumé

Alors que l'irrigation paraît être le recours essentiel face aux besoins croissants de la

population mondiale en nourriture, la dégradation de la qualité des sols et des eaux

annihile presque totalement les efforts d'aménagement. Le suivi de l'évolution des eaux et des sol sous culture apparaît indispensable pour garantir une agriculture irriguée

rentable et durable clans la zone. Dans cette région, les risques de dégradation des sol

résultent de deux processus : l'alcalinisation et la salinisation des sols. Les parcelles étudiées sont mises en valeur par un culture de contre-saison froide (novembre-mars) de

tomate et d'oignon. Dans cet article, l'étude des transferts d'eau clans le parcelles

irriguées par le biais d'un suivi expérimental in situ met en évidence l'évolution des fronts

cl'humiclification due aux apports d'eau et sa conséquence éventuelle sur le comport

e-ment des sols. L'étude a permis une meilleure compréhension de la dynanlique hydrique au sein des parcelles équipées : saturation du profil et processus de recharge de la nappe.

Elle a notamment permis de montrer que les cran ferts d'eau vers la nappe pendant la

période d'irrigation sont négligeables. L'étude montre également que le lessivage des sols est quasi inexi tant durant toute la campagne agricole, ce qui a pour conséquence

d'entraîner une accumulation de sels clans le profil du sol. Cette dernière constitue une

menace sérieuse pour le comportement agricole du sol qui est appelé à se dégrader par

alcalinisation.

Mots clés: Agronomie; Science des sols; Eau.

Summary

Experimental study of water transfers induced by irrigation within the Ouro Madiou area in the middle Senegal river valley

While irrigation appears to be the main approach to meet the worlcl population's growing

food clemancl, soil and water clegraclation nearly annihilate al! efforts in agriculture

clevelopment. The main threat to irrigatecl agriculL1.1re in the miclclle Senegal River valley is soi! clegraclation. These soils are subject to various types of clegraclations, parcicularly salinisation and alkalinisation. To ensure a sustainable clevelopment of irrigatecl agricul

-ture in the area, irrigation must be couplecl wich a complece and permanent monitoring system of soi! and water quality. In this paper, we present a comprehensive stucly of water transfers in irrigaced plots and its effects on soil properties.

The experimental site is locatecl in the Poclor clepartrnent in the Ouro Madiou irrigated

area. The surface area is about 11.4 hectares. Water supply is achievecl by filling a main

canal using a group of pumps on the Doué River. Irrigation of the plots is achievecl by

means of seconclary channels using a pipe or a small channel createcl at the bouncla1y of the plot. Two experimental plots are createcl, one being usecl for an onion crop and the other for a tomato crop during the colcl dry season ( ovember-March). There is no

drainage system in the area.

The soi! consists of a layer macle of a si.le, clay and sancl mixture with a saturatecl hyclraulic concluctivity (Ks = 60 mm/da y) (tomato sector near the river banks) and a second layer macle of clay cleposits with a saturation byclraulic conductivity of 1 mm/day (onion

seccor). Due to ù1e clevelopment of swelling clay, soils in this second layer are mainly

vertisols. Under these rwo layers, we have fine white sand, which represents the aquifer and corresponds to ù1e Nouackchotian transgression.

(2)

D

ans la vallée du fleuve Sénégal,

zone d'agriculture traditionnelle e)..'ten ive, la mise en eau des barrages de Diama et de Manantali ainsi que la sécheresse sahélienne chronique ont créé un engouement certain pour le développement de la culture irriguée. Se-lon les objectif de l'Organisation pour la

m

ise

en valeur du fleuve Sénégal (OMVS),

ces cieux barrages doivent permettre l' irri-gation de 350 000 hectares dans les trois pays membres (Mali, Mauritanie et Séné-gal), dont 240 000 hectares au énégal [l]. Dès lors, les questions de peLformance et de durabilité des système irrigués sont posées [2]. Au demeurant, la performance et la durabilité d'une telle agriculture dé-pendent en partie de la qualité des eaux d'irrigation et du comportement des te r-res irriguées. Des pratiques d'irrigation mal comprises peuvent induire des re-montées des nappes, de la salin.isation, de l'alcalinisation, de l'érosion et de pollu-tion de l'eau. Le uperficie touchées par la salinisation exprimées en pourcentage de la surface irriguée totale sont évaluées

à 10 % au Mexique, 11 % en lncle, 21 % au Pakistan, 23 % en Chine et 28 % au États-Unis [3].

Dans la moyenne vallée du fleuve Séné-gal, plusieurs auteurs [4-6] ont souligné un risqu de dégradation des sols ou montré un pro essus d'alcalinisation en cours [7], ainsi qu'il est généralement ob-servé sur les aménagements hyclro-agricoles en zone aride. Deux types de

The experimental plots were equipped with tensiometers (5 channels mercu,y tens iome-tric systems), piezometers and a neutron probe system (one access tube in each plot). Continuous water content profiles w r measured cluring ù1e irrigation period. An Orstorn evaporation pan was installecl in orcler to evaluate onion and tomato crop evapotranspi ra-tion in ù1e area. This is achieved I y evaluating Ù1e ultural coefficient ofth t'NO crops. Soi!

water movements in ù1e plots are only due to tbe irrigation water input. Tensiometers show th direct effect of irrigation on soi! suction clown to 60 cm, ù1e cleepest tensiometers remaining dry. Thus, wetting front caused by irrigation cannot reach the water table. This is confinned by ù1e water content profiles, wh r no important fluctuations are observecl at a depth of 150 cm. While the water content remains constant below a cl pth of 150 cm,

orne water flux can reach the water table. Regarc.ling me piezometer heacls, no important rise of the water level has been observecl. Therefore we can assume that no groundwater recharge by irrigation water input occurs.

The wat r balance cluring ù1e irrigation periocl showecl that ù1e input due to irrigation is less chan the water required for tomato. In the anion plot, we can have 4 mm of excess water. This water balance performed in the plots showed Ù1at nearly ail water input quantiry due to irrigation i recovered by evapotranspiration and oil leaching doe not occur. Jt also confirms ù1at deep percolation towards ù1e grounclwater is unlikely. While soil leaching is an important factor in the fight against soi! degraclarion in irrigatecl areas,

ù1e soils of our plots are subjecr ro clegraclation by alcalinisation.

Key words: Agronomy; Soil sciences.

dégradation ont usceptibles de se mani -fester: une salinisation, correspondant à une accumulation de sels soluble dan le profil du ol, et une alcalini ation, corre -pondant à une augmentation du pH du sol et de la propmtion de sodium (Na) échangeable sur les argiles. Le processus de dégradation par sali.nisation/alcalini-ation e t provoqué ou amplifié par la remontée de nappes superficielles [4] qui favorise la concentration des solu-tions salines à la surface des sols. Lutter contre cette dégradation des sols ous irrigation en conditions arides (évapo ra-tion u·ès forte) suppo e d'assurer une fraction de lessivage minimale. Cette eau qui percole à traver le profil risque to ute-fois de recharger les nappes supe rficiel-les. Il est clone nécessaire, lorsque l'on soutient le développement de culture irriguées en zones arides, de soutenir également les i.nve tigations néces aires à

la maîtrise du régime hydrique t salin des sol et, clone, à leur gestion con e rva-toire. Le fonctionnement hydrodynami-que des sols et des nappe doit être caractéri , et modélisé. Dans la vallée du fleuve Sénégal, de nombreuses étude e ont focalisées sur l'évolution du sol sous riziculture (7-9] mais u·ès peu de résultats concernent les cultures de diversification sur lesquelles portent aujourd'hui Je ef-forts de développement.

Cet article présente les résultats obtenus à

l'aide d'un dispositif expérimental dont l'obj ctif est d'évaluer, tant qua

litative-ment que quantitativement, les u·ansferts d'eau pro oqués par l'irrigation dans un péri.mètre irrigué villageois, de cultures maraîchères, en moyenne vallée du fleuve Sénégal.

Les observations du système sol-plante-nappe sont analysées d'une manière gl o-bale, par bilan hydrique, et d'une manière locale, par interprétation de profils hydri-ques et tensioméu·iques et des niveaux piézoméu·iques.

Cadre expérimental

Présentation du site

Le site est localisé clans Je département de Poclor (figure 1) clans le périmètre irrigué de Ouro Madiou et a été aménagé en 1979-1980 par la Société nationale d' amé-nagement et d'exploitation de terres du delta du fleuve Sénégal et des vallées du fleuve Sénégal et de la Falémé ( AED). La superficie totale cultivée e t de 11,4 hec-tares.

L'alimentation en eau est assurée par un groupe motopompe in tallé sur le fleuve Doué. Ce groupe remplit un canal princi-pal à partir duquel partent des canaux secondaires. L'irrigation des parcelles cul -tivées est effectuée à la planche à travers des tuyaux enterrés ou, parfois, par une rupture volontaire de la cliguette de la parcelle pendant la période d'irrigation.

(3)

N

î

Barrage de Diama • Chef-lieu de région Podor

î

Ouro Madiou

• Chef-lieu de département

+-Le Doué A moto-pompe Matam • Fleuve Sénégal o 20 40 60 80 100 km Bakel •

a

-

Limites de périmètre Éch. tf.l 000 . _ Route vers Podor

Figure 1. Cartes de situation.

Figure 1. Location maps.

L'eau d'irrigation est répartie dans des

raies, les culture sont plantées sur des

billons. Les deux parcelles étudiées sont mises en valeur par une culture de tomate (parcelle n° 1) et une culture d'oignon

(parcelle n° 2) (figure 2). Ce sont les cieux

cultures les plus fréquentes dans la ré

-gion, après le riz. Aucun système de

drainage n'est présent dans le périmètre. Cette installation est représentative des

périmètres irrigués villageois (PIV) n1ass

i-vement développé à partir des années

1980 en vallée du fleuve Sénégal [5].

Caractéristiques climatiques

et pédologiques

La moyenne vallée du fleuve Sénégal est

située clans la zone climatique sahélienne.

Cette zone est caractérisée par une seule saison des pluies qui s'étend de juin à

octobre avec une moyenne pluviomé tri-que annuelle d'environ 250 mm. Les

pluies ont ouvent très mal réparties,

irrégulières et en général faibles. Elles sont en conséquence inefficaces pour une

agriculture pluviale. Les températures éle

-vées (de

20

°Cà plus de

40 °C)

et les vents réguliers (harmattan) durant la saison è

-che entraînent une évapotranspiration très

forte (jusqu'à 1 cm/jour). Les besoins en

eau des cultures sont loin cl'êu·e satisfaits et l'irrigation s'impose alors comme le

principal moyen pour obtenir une p

ro-duction agricole clans la région.

Le sol du périmètre e t situé ur un tran

-sect qui part d'un bourrelet de berge du

Doué (bras du fleuve Sénégal) et s'achève au début d'une cuvette de décantation. Le

sol est léger, de texture argilo-sabl

o-limoneuse (secteur des tomates) sur le bourrelet, et évolue selon un gradient

texturai assez régulier en un sol lourd, argileux (secteur des oignon ), vers la cuvette de décantation. n peu plus loin, les sol présentent des caractères ve

rti-ques prononcés [10].

Le sol léger, ou fondé, clans le ecteur des

tomates (parcelle n° 1) est caractérisé par une conductivité hydraulique à saturation

qui est de l'ordre de 0,06 m/j. Le sol lourd, hollaldé, du ecteur oignon pr é-sente plus de

45

% d'argile dont environ

60 % d'argiles gonflantes (smectites et in

-terstratifiés), ce qui lui confère un cara

c-tère vertique [11]. La conductivité hydrau

-lique à saturation est faible, de l'ordre de 0,001 m/j [12].

Un contact abrupt mène au matériau

sous-jacent de te,·ture sableuse, l'aquifère sableux. Il est constitué d'un sable fin de couleur blanche attribué à la transgr es-sion nouakchottienne [13]. L'aquifère sa-bleux est situé en moyenne à 2 mètres de profondeur au niveau du secteur oignon et à environ

4

mètres au niveau du bour -relet de berge du fleuve, secteur tomate

(figure 3). Il est également le siège

d'échanges entre le fleuve Dou, et la

nappe d'eau qui s'y trouve. Ces échanges sont plus perceptibles en période de crue

du fleuve. Du point de vue hyclroclyna mi-que, il présente une conductivité hy

drau-lique à saturation de l'ordre de 2 m/j [14]

correspondant à celle d'un sable fin [15].

Équipement expérimental

Réalisée en saison sèche froide (de n o-vembre à mars), l'étude vise à mieux appréhender les mécanismes d'infilt

ra-tion, d'évaporation et cl'évapou·anspir

a-tion dans la zone non saturée. Elle 'a

p-puie sur un dispositif agro-pédologique installé à l'intérieur des cieux parcelles suivies [12]. Les apports d'eau par irriga

-tion dans les parcelles sont mesurés à

partir d'un débiu11èu·e constitué de cieux échelles limniméu·iques, l'une dans le ca

-nal d'alimentation et l'auu·e clans un ch

e-nal aménagé à l'intérieur de la parcelle où transite toute l'eau destinée à son irriga

-tion. n seuil a été réalisé dans le canal d'alimentation et un jaugeage préalable

du débit a été effectué avec les différe

n-ces de hauteur lues sur les échelle amont

et aval. ous avons pu ainsi évaluer les

quantités d'eau apport' e à chaque irri

ga-tion.

(4)

...__ Groupe Le Doué moto-pompe

---~----~~

-1-1-

--~

"T

OM 1

0 ~4 ~ ~ ~ . - ----,,~~~....-,r-',r=;,-==---1 7

'.®

@

CID

01 ~ 5 Secteur Jig1ons F'

o~

Secte

Figure 2. Localisation du dispositif expérimental.

Figure 2. Experimental equipment.

Compte tenu du fait que nous sommes en

présence d'une campagne de culture de contre-saison froide, les apports d'eau se

limitent aux quantités apportées par l'

irri-gation.

N

\

&. Borne topographique

0 Tube de sonde à neutrons

D Station de tensiomètres OM 1 • Piézomètre F2 • Fosse pédologique 4 N° de parcelle Canal Limite de parcelle Le Doué (côte 4,50 m IGN)

-

Le Doué (côte 2,00 m IGN)

0 50 m

Éch. 1/1 500

La teneur en eau volumique du sol est mesuré par une sonde à neutrons. ous

avons installé cieux [Ubes d'accès, l'un clans la parcelle n° 1 (tube n° 1 clans la suite du texte) et l'autre clans la parcelle

n° 2 ([Ube n° 2 clans la suite du texte).

Une sonde gamma clensimétrique a été également utilisée pour l'établissement des courbes d'étalonnage de la sonde à

neutrons par la méthode gravimétrique.

Un réseau de six piézomètres (OMl à

OM6) a été installé le long d'un transect perpendiculaire à la direction d'éco ule-ment du Doué pour permettre de suivre

les fluctuations de la nappe (figure 3).

Pour suivre le potentiel de l'eau du sol,

trois batteries de tensiomètres (tensiomè

-tres multivoies à mercure) ont été instal

-lées, une batterie Sl dan la parcelle n° 1

(tomates) et deux batteries 52 et 53 clans

la parcelle n° 2 (figure 2). Cette dernière est mesurée à 4 profondeurs différentes (20, 40, 60 et 100 cm). Le plan de si[Uation

et les éléments du dispositif expérimental

sont présentés sur la figure 2. La figure

3

représente une coupe verticale qui pe r-met de visuali er la topographie du te r-rain, les niveaux des couches de sol supé -rieures et de l'aquifère sableux, 1 s parties crépinées des piézomètres, le niveau de

la nappe avant irrigation et son niveau maximal.

Pour la mesure de l'évaporation nous avons installé un bac de type Orstom. La

relation entre l'évapotranspiration de la cul[Ure de référence ET0 et l'évaporation du bac Ebac a été établie, et nous avons

utilisé la relation :

ET0

-=Kp=0,75

Ebac

Kp

est le coefficient du bac.

L'évapotranspiration maximale des c

ultu-res de tomate et d'oignon est obtenue après établissement des coefficients cultu

-raux (KJ des cieux cul[Ures. Elle est do n-née par la relation :

ET (cu1111re)

=

Kc ETo

Les valeurs de Kc (figures

4

et

5)

sont

déterminées à partir des recommanda -tions de la FAO pour l'estimation des

besoins en eau des cultures [16). Les valeurs proposées dépendent de l' humi-dité relative mininmm (HRmin) du milieu

ainsi que de la vitesse du vent (vent m/s). Ces deux grandeurs ont été obtenues à

parfü de la tari.on météo de Poclor.

Ou alité de l'eau d'irrigation

La qualité de l'eau d'irrigation pompée

clans le Doué (un bras du fleuve Sénégal)

a fait l'objet d'un suivi [7). Elle est d'une

(5)

Altitude IGN (m) 8 6 4 OM6

....

OMS 6,97 Secteu oignons 5,60

Horizon argile-limoneux

U7 OM 4 6,97 8.07

..

OM3

,

.

..

Secteur tomates 6,01

Horizon limona-argileux

2,48 Surface piézométrique le 28/03/96

'

·

"

2,32 2,37 218 2,11 2.11 12,05

.,

.

54

~ l,93 piézométrique

.0

.

93

~,.os le 2/12/95 Sable 2,45 2

"

1,45 30,7 62,1 93,9 0 0 40 80 120 Distance/DM 6 (m)

Figure 3. Coupe verticale à travers la parcelle expérimentale.

Figure 3. Cross section of the experimental site.

OM2 7,18

,.,.

ii.ss

..

129,0

Résultats

OM1 1,25 162,8 b025 160 200

qualité con tante au cour du temps. La

conductivité électrique est de 60 pS.cm -!

et le SAR (sodium adsoiption ratio) est

inférieur à 1. De ce fait, cette eau a été considérée comme d'excellente qualité

pour l'irrigation (classe ClSl (17]).

Cepen-dant, l'alcalinité résiduelle calcite de l'eau

(18] est positive, avec une valeur moyenne

de 0,30 nunolcl -1. En l'absence de lessi

-vage, cette eau pré ente donc un risque

important de sodi ation et d'alcalinisation des sols.

et discussion

Dynamique hydrique

du site

ten iométriques sont illustrés par la

.figu

r

e

6

On observe pour les différents sites

l'influence directe de l'irrigation sur le

potentiel matriciel du ol et ce jusqu'à

60 cm de profondeur, les tensiomètres

clans les profondeurs supérieures ne réa-gissant presque pas à l'irrigation. Certaines

fluctuations s'expliquent par un

désamor-çage des ten iomètres à certains moments

de la campagne. Partant de ce constat, il

est possible de dire que le front d' humidi-fication provenant de la surface n'a pas atteint le niveau supérieur de la nappe. Cela est confirmé par les profils de teneur en eau au niveau des cieux parcelles. En effet, ces derniers montrent que, après

plus de trois mois d'irrigation, le front d'humidification ne dépasse guère la pro-fondeur 150 cm

(figures

7

et

8). En r evan-che, au niveau du tube n° 1, on obse1ve

des fluctuations assez importantes de la teneur en eau, notamment vers 200 cm de profondeur. Ces fluctuations peuvent

s'ex-pliquer par la présence d'une zone assez

humide constituée par la superposition de

couche clrainantes et de couches imper

-méables. Les sondage péclologiques (à la

tarière) effectués clans cette zone révèlent l'existence d'une langue argileuse entra

î-nant la création d'une forme de nappe

perchée. Il faudra nécessairement d'autres

investigations plus poussées clans cette zone pour confirmer ou infirmer cette hypothèse. En revanche, les gradients hy -drauliques établis à partir des relevés te

n-siométriques montrent en général un flux

descendant enu·e 60 et 100 cm de

profon-Coefficient cultural Kc de l'oignon à Ouro Madiou

1,2

"

0, 1,05

"'

:, 1,0 O' ïï

""

m~

0 'O 0,8

l

0,6 Fréquence irrig. 0,4 ; 20 jrs

0,32

0,2 ~Initiale j Développement I Mi-saison

15 Jrs 30 Jrs 35 jrs

0

a"' 'fàv ·'/><:-

·,i

(\'~ (\'~ ro'{ frf,;,

'1, '1, ']; ri;

La dynamique hydrique au sein des

par-celles résulte des apports d'eau par irriga-tion, de l'évapotranspiration et des échan

-ges éventuels avec la nappe. Les relevés

Coefficient cultural Kc de la tomate à Ouro Madiou

•Q) =E ~ .2 0 "'u ::,~

+

0,8 1,4

"

0,

"'

1,2 :, O'

1,2 ·a.

""

-

~

"'"

0 'O 1,0

l

0,8 0,6 Fréquence irrig. 0,4 ; 20jrs 0,32• Arrière-sai~ 40 jrs

~lniti~le ~loppement I Mi-saison

0,2 15 JTS 30 JfS 40jrs ~ .:,,\ ro(:' frf'lf ']; ri; •Q) ·E 2 .a ë5

"'u

::,~

l

0,65 Arrière-sai ~ 40 jrs

Figure 4. Courbe du coefficient cultural de l'oignon (climat sec, HRm;n

faible, vent léger à modéré et ET0 phase initiale - 3 mm/jour).

Figure 5. Courbe du coefficient cultural de la tomate (climat sec, HRm;n

faible, vent léger à modéré et ET0 phase initiale - 3 mm/jour).

Figure 4. Cultural coefficient curve of anion (dry climate, weak HRm;n,

lightto moderate wind and ET0 initial stage- 3 mm/day).

Figure 5. Cultural coefficient curve of tomato (dry climate, weak HRm;n,

light ta moderate wind and ET O initial stage - 3 mm/day).

(6)

1 000 ~ 800 .o .§.

g

600 .g ::,

"'

_Q) 400

ru

"O ai 200 ·~ ë o.. 0

Succion du sol (mbar)

0 20 40 60 80 Apports d'eau (cm) 100cm 60cm 20 cm 40 cm [=i Apports d'eau

100 120 140 0 2 4 6 8 10

Estimation du bilan

hydrique

à

l'échelle

des parcelles

Temps Uours)

Considérant le premier mètre de sol, le bilan hydrique est évalué sur la période d'irrigation dite de contre-saison froide du

6

décembre

1995

(date de la première irrigation) au

1

9

mars

19

96

(date de la

dernière irrigation) au niveau de la pa

r-celle 11° 2, et du

1

9

décembre

1995

(date de la première irrigation) au

19

février

1996

(date de la dernière irrigation) dans la parcelle n° 1. Les apports d'eau totaux

clans la parcelle 11° 1 sont estimés à 272 mm en équivalent lame d'eau et à 432 mm dans la parcelle n° 2. On notera au passage que nous avons sept irri

ga-tions dans la parcelle n° 2 et quatre dans

la parcelle n° 1. Ainsi, à l'échelle de la

parcelle, l'équation du bilan hydrique s'écrit:

Figure 6. Représentation des relevés tensiométriques dans la parcelle oignon (le zéro des abscisses correspond au 1°' jour d'irrigation, soit le 6 décembre 1995).

Figure 6. Succion head profiles in onion plot (zero in abscissa corresponds to the first day of irrigation, i.e. December 6, 1995).

cleur mais les tensiomètres à 100 cm re

s-tent toujours secs (figure 9)

Les relevé piézométriques sont prése n-té sur la figure 10 Au regard de ce graphique, nous pouvons dire qu'aucun mouvement de nappe important n'a été observé, mais on remarque une légère

pente de la surface de la nappe vers le

fleuve Doué. Vers la n.n du mois de mars,

nous observons une tendance générale

Profondeur (cm)

40 80 120 160 200 240 - le 6/12/95 (début 1 e irrig.) - o -le 9/12/95 (fin 1e irrig.) - 1 e 9/01/96 280 - o -le 9/02/96 0 __,._ le 9/03/96 __,,_ le 30/03/96 0,10 0,20 0,30 0,40

de légère hausse du niveau de la nappe

clans l'ensemble des piézomètres.

L'ensemble de ces observations montre

qu'il n'y a pas de relation directe entre les eaux d'irrigation et la nappe : autrement dit, pas de recharge directe importante de

la nappe à partir de l'irrigation. Aucun

lessivage des sols n'a clone lieu sous ces

cultures, ce qui signilie qu'une dégradation par sodisation est à craindre à long terme.

Profondeur (cm)

2:

Ap

p

=

RS

+

ETR

+

IP

où (toutes les valeurs sont exprimées en

litres) :

L

App:

lame d'eau appo11ée par

irri-gation ;

RS : réserve en eau du sol (jusqu'à 100cm

de profondeur) ;

IP : infiltration profonde ;

ETR: évapotranspiration.

o~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~ 0,50 0,60 60 120 180 240 - le20/11/95 300 - o -le 19/12/95 (1" irrig.) - - - 1 e 19/01/96 - o -le 19/02/96 ____.__ le 19/0 /96 0 0,10 0,20 0,30 0,40

Teneur en eau (cm3/cm3) Teneur en eau (cm3/cm3)

Figure 7. Évolution de la teneur en eau volumique dans la parcelle n° 2. Figure 8. Évolution de la teneur en eau volumique dans la parcelle n° 1.

Figure 7. Water content profile in plot n° 2. Figure 8. Water content profile in plot n° 1.

(7)

Gradient hydraulique 40 30 [ a] 20 10 0 -10 - 20 ---Grad : 20-40 ~ Grad : 40-60 - 30 Grad : 60-100 - 40 0 20 Flux descendant

j

l

Flux ascendant 40 60 80 100 Temps Uours) Gradient hydraulique 60 [ b l Flux descendant 40

L

~,~/]\A~}

~

~~

20 0 -20 -40 -20 ~ Grad : 40-60 Grad: 60-100 0 20 40 60 Temps Uours) Flux ascendant 80 100 120

Figure 9. Évolution des gradients hydrauliques: [al dans la parcelle n° 1 et [b] dans la parcelle n° 2 (le O des abscisses est le 1•' jour d'irrigation, le 6 décembre 1995 pour [b) et le 19 décembre 1995 pour [a)).

Figure 9. Hydraulic gradient profiles: [a] in plot n° 1 and [b) in plot n° 2 (zero in abscissa corresponds to

the first day of irrigation, i.e December 6, 1995 for [b) and December 19, 1995 for [a]).

À partir des profils de teneur en eau

obtenus à l'aide de la sonde à neutrons,

nous pouvons évaluer Je stock d'eau

contenu dans le sol par unité de surface traduit en équivalent lame d'eau

[19].

En ce qui concerne la parcelle n° 1, la réserve en eau du sol avant irrigation est

évaluée à 171 mm sur une profondeur de 1 m. Cette valeur semble à première vue

assez importante et s'explique par des

débordements répétés des eaux du canal

principal dans la parcelle ainsi que par les

fuites d'eau provenant des parcelles vois i-nes. Après la première irrigation, c'est-à -dire Je 20 décembre

1

99

5

,

elle est évaluée

à

19

7

mm, soit une augmentation de

26 mm, et à

15

8

mm à la fin de la qua -trième irrigation, à savoir le

1

9

février

1

996,

soit une diminution de

1

4

mm par rapport au stock d'eau initial et de 50 mm par rapport à la fin de la première irri ga-tion.

La quantité d'eau évapotranspirée par la

culture de tomate estimée jusqu'au

30 mars

1

996

(dernier jour de mesure) est de

446

mm en équivalent lame d'eau. Pour la parcelle oignon, nous avons une lame d'eau initiale clans le profil de

1

32

mm. Nous sommes clans la partie la plus argileuse du domaine ( 40 à 50 %

d'argile), ce qui se traduit par une réten -tion hydrique assez importante. Cette même lame d'eau passe à

228

mm après

la première irrigation, soit une augmenta

-tion de

95

mm, et à

1

59

mm à la fin de la dernière irrigation, soit au total une au

g-mentation de la lame d'eau de

1

28

mm.

La quantité d'eau évapotranspirée par la

culture d'oignons estimée jusqu'au

30 mars

1

9

9

6

(dernier jour de mesure) est de

428

nun en équivalent lame d'eau. En observant les besoins en eau des c ul-tures, on constate que l'ensemble des apports d'eau est repris par évapotranspi -ration clans la parcelle n° 1 de même qu'une partie de la rése1ve en eau initiale du sol. En revanche, pour la parcelle n° 2,

nous avons un excédent d'eau d'environ 4 mm. Les infiltrations profondes sont donc négligeables. L'essai de bilan hy dri-que ainsi effectué permet de voir que la presque totalité des quantités d'eau ap -portées est reprise par évapotranspiration et que le lessivage des sols n'est pas du tout assuré. Il confirme également que des percolations profondes pour recha r-ger éventueLlement la nappe ne sont pas envisageables.

Conclusion

L'étude menée au niveau des deux pa r-celles équipées du périmètre de Ouro Madiou permet de voir que, du point de vue hydrodynamique, les variations in1-portantes de la teneur en eau volumique ne dépassent pas la profondeur de

15

0

cm. Mais il faudra noter que l'invaria -bilité de la teneur en eau au niveau des horizons profonds n'exclut pas forcément un transfert de flux d'eau vers la nappe. En ce qui concerne les apports d'eau, le constat général est qu'ils sont faibles co m-parés aux besoins en eau des cultures

( 446 mm p

our la tomate et

428

mm pour

l'oignon). D'un point de vue quantitatif,

l'essai de bilan hydrique a montré que les apports d'eau et les reprises par évapo -transpiration sont quasi identiques, ce qui

laisse supposer que la fraction de less

i-vage minimale des sols pour éviter une

(8)

Altitude IGN du niveau de l'eau (m) 2,6 ~ - - -- - - -- - - -- ~ 2,5 2,4 2,3 2,2 2,1 2,0 1,9 1,8 1,7

~

~

-.,

...

.,.

l~

.

~~

t.

t

1

:

~

.

OM1 - - - 0 -OM 2 - •- OM3 ---o--OM 4 - - OMS ~ OM6 1,6- + - - - ~ - - - ~ - - ~ -- ---l - 20 0 20 40 60 80 100 120 Temps (jours)

Figure 10. Évolution des piézomètres (le zéro des abscisses correspond à la première irrigation de la parcelle n° 2, le 6 décembre 1995 et l'irrigation de la parcelle n° 1 s'est faite 13 jours après).

Figure 10. Piezometric heads (zero in abscissa corresponds ta the first day of irrigation in plot n° 2, i.e.

December 6, 1995 and plot n° 1 irrigation began 13 days later).

accumulation de sels solubles clans le

profil n'est pas assurée. Le sol est alors appelé à se dégrader de manière certaine

par alcalinisation [6]. Dans ces conditions, et contrairement aux reconm1anclations

générales clans ce milieu, il est conseillé

de réaliser de temps en temps une ca m-pagne de riziculture inondée sur ces sols

relativement légers, en alternance après

quelques campagnes de maraîchage.

Bien qu'entraînant une urconsommation d'eau, cela devrait permettre de lessiver

les sols et d'éliminer l'excédent de carb

o-nates stockés. En raison des vitesses

d'écoulement des nappes vers le fleuve, aucune remontée n'est à craindre clans ce cas•

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Figure

Figure  1.  Cartes de situation .
Figure  2.  Localisation  du  dispositif  expérimenta l.
Figure  3 .  C oupe ve rti ca l e  à  tr avers la pa r ce ll e expérimentale.
Figure  6 .  Succion  head  profiles  in  onion  plot (zero  in  abscissa  corresponds  to the  first  day  of  irrigation,  i.e
+3

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