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Rapport annuel 2007

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Rapport annuel 2007

. Inra

To cite this version:

(2)

A G R I C U L T U R E

E N V I R O N N E M E N T

A L I M E N T A T I O N

2007

R a p p o r t d ’ a c t i v i t é

Ra

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or

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’ac

tiv

ité

(3)

Premier institut de recherche agronomique en Europe, à la 2

ème

place mondiale pour ses

publica-tions*, l’Inra conduit ses recherches dans un continuum allant de la recherche fondamentale aux

chemins d’innovation, de l'échelle locale à celle de la planète, pour une alimentation adaptée aux

besoins des populations, une agriculture compétitive et durable et un environnement préservé.

Organisme public de recherche finalisée, sous la tutelle des ministères en charge de la recherche

et de l’agriculture, l’Inra élabore ses programmes de recherche à partir des questions posées par

tous les acteurs de la société.

L’Inra en bref :

les chiffres 2007

8 504

agents titulaires dont 48 % de femmes

731,6

M€ de budget primitif dont

124

M€ de ressources propres

1 828

chercheurs,

2 427

ingénieurs et assistants ingénieurs,

4 249

techniciens et administratifs

1 784

doctorants,

1 901

stagiaires et

220

post-doctorants

1 150

agents de l’Inra assurent plus de

20 500

heures

20**

centres de recherche en France métropolitaine et outre-mer

234

unités de recherche (dont

147

mixtes),

60

unités expérimentales

14

départements de recherche en sciences de la vie (78 % des effectifs), sciences de la matière et de l’environnement (14 %) et sciences

205

nouveaux contrats de recherche avec le secteur privé Engagement dans

4

réseaux thématiques de

(4)

Participation à

144

projets européens, dont

43

coordonnés par l’Inra, coordination de

3

réseaux d’excellence,

3

projets intégrés,

4

sites d’accueil Marie-Curie

ÉDITORIAL de Marion Guillou

3

PANORAMA 2007,

la recherche agronomique au cœur des enjeux de développement

Principaux événements

4

Prix et distinctions scientifiques et techniques

8

L’INRA, UN ORGANISME DE RECHERCHE FINALISÉE OUVERT SUR LE MONDE

2007 : mise en œuvre des orientations stratégiques 2006-2009 et premiers résultats

du contrat d’objectifs

10

AXE A : ENVIRONNEMENT

Gérer durablement et améliorer l’environnement, maîtriser

les impacts des changements globaux et les activités productrices 14 AXE B : ALIMENTATION

Améliorer l’alimentation humaine, préserver la santé des consommateurs,

comprendre leurs comportements 18

AXE C : PRODUITS ET PROCÉDÉS

Diversifier les produits et leurs usages, accroître leur compétitivité 22 AXE D : RECHERCHES GÉNÉRIQUES

Développer les recherches et produire les données génériques pour la connaissance du vivant 26 AXE E : SYSTÈMES DE PRODUCTION

Adapter les espèces, les pratiques et les systèmes de production agricole 30 AXE F : STRATÉGIES DES ACTEURS ET POLITIQUES PUBLIQUES

Comprendre et améliorer l’organisation des acteurs et leurs stratégies, analyser les enjeux

des politiques publiques, contribuer à leur conception et à leur évaluation, anticiper leurs évolutions 34

ANTICIPER, DIALOGUER, ÉCLAIRER 40

MOBILISER UN DISPOSITIF ANCRÉ AU CŒUR DES TERRITOIRES 44

PARTICIPER À L’ÉVOLUTION DU SYSTÈME FRANÇAIS DE RECHERCHE 48

RENFORCER LE PARTENARIAT SOCIO-ÉCONOMIQUE ET L’INNOVATION 52

INSCRIRE LA RECHERCHE AGRONOMIQUE FRANÇAISE DANS L’ESPACE EUROPÉEN

DE LA RECHERCHE ET À L’INTERNATIONAL 58

LES FEMMES ET LES HOMMES

64

LES OUTILS COLLECTIFS ET LES MOYENS FINANCIERS

67

L’ORGANISATION ET LES STRUCTURES

70

S O M M A I R E

1

2

3

QUELQUES RÉSULTATS

ET TEMPS FORTS

DE LA RECHERCHE

LA COMMUNAUTÉ

PROFESSIONNELLE,

LES MOYENS,

L’ORGANISATION

UNE STRATÉGIE ET UNE

POLITIQUE ADAPTÉES À

UN CONTEXTE EN

ÉVOLUTION

2007

Deux filiales de droit privé : • Inra Transfert, gérant un

portefeuille de

340

contrats de licences ou d’option de licence • Agri-Obtentions, gérant

les innovations variétales,

511

variétés,

1 149

licences sur variétés

(5)
(6)

E

accélérés. Le système français de recherche et d’innovation connaît une réforme profonde. 2007 marque aussi le retour de l’agriculture au centre des préoccupations mondiales. La recherche agronomique est interrogée sur ses capacités à intégrer la question alimentaire au sein des problématiques de la croissance démographique, du changement climatique et de la raréfaction des énergies fossiles. En cette année 2007, nous avons tracé notre route selon les orientations adoptées pour la période 2006-2009, en participant aux grands rendez-vous tant sur la scène française qu’européenne et en prenant la mesure de nos responsabilités, désormais internationales. Nous avons maintenu notre 2èmerang mondial en termes de publications scientifiques dans

le domaine de la recherche agronomique. Nous avons produit des réponses dans toutes les dimensions que recouvre notre mission d’institut public de recherche finalisée, à savoir la production de connaissances impliquées dans un contexte et leur diffusion, l’expertise publique, la formation et le soutien à l’innovation. Nous avons franchi avec succès les premières étapes du contrat d’objectifs. Nous avons anticipé et développé notre vision, grâce notamment à des travaux menés en concertation avec l’ensemble de nos partenaires. Forts d’un ancrage régional solide, nous avons conforté la spécialisation territoriale de notre dispositif, nous nous sommes impliqués dans la construction de pôles régionaux et mis en position de franchir de nouvelles frontières.

Ce rapport illustre les moyens mis en œuvre pour arriver à ces résultats. Le parti pris est de montrer de manière concrète comment les femmes et les hommes travaillant à l’Inra se sont approprié les objectifs et principes de mise en œuvre de la stratégie de l’institut. Il illustre notre alchimie créative, cet équilibre subtil entre quête des savoirs et réponses aux questions de société, entre créativité, dialogue et raison. Il montre comment notre construction nationale se base sur la diversité et les initiatives régionales. Il permet aussi de discerner les voies de l’avenir.

L’avenir interrogera de plus en plus notre capacité d’analyse du contexte et notre aptitude à résoudre les questions sur différentes échelles de temps, d’espace et d’enjeux. L’institut est déjà en marche pour imaginer les voies d’une alimentation durable et d’une agriculture productive, à haute valeur environnementale, robuste face aux incertitudes. L’histoire continue, le monde évolue et les changements s’amplifient. L’institut est prêt à contribuer à l’invention des futurs au service de la société.

Marion Guillou

Présidente-directrice générale

(7)

16 JANVIER

Cérémonie des vœux 2007 durant laquelle ont été réaffirmés les orientations 2006-2009 du contrat d’objectifs et le renforcement des moyens sur l'alimen-tation humaine, la chimie verte et les systèmes agricoles innovants à haute valeur environnementale.

EN JANVIER

Lancement d’une nouvelle revue scientifique en sciences animales « Animal – The International Journal of Animal Bioscience », fruit d’un partenariat européen.

Pour en savoir plus : II- p.43

 DU 3 AU 11 MARS

Participation de l’Inra au Salon international de l'agriculture sur des thèmes de recherche prioritaires (changement climatique, énergie verte, alimentation), lancement d’un nouveau type d’événement « les rencontres Inra - Filières agricoles » et organisation d’un colloque sur « changement climatique et agriculture ». Pour en savoir plus : II- p.43

 7 MARS

Signature des convictions de l’association « Alliés contre la faim » par vingt de ses partenaires, dont l’Inra et le Cirad, pour affirmer leur engagement commun dans la lutte contre la faim, en France et dans le monde.

 EN AVRIL

Création du groupement d’intérêt public Ifrai « Initiative française pour la recherche agronomique internationale », par le Cirad et l’Inra dans le cadre du rapprochement des deux organismes.

Pour en savoir plus : II- p.60

 11 AVRIL

Renouvellement de l’accord-cadre entre l’Inra et l'Académie des sciences de Chine venant renforcer les collaborations scientifiques notamment sur la génomique du blé et la métagénomique du système digestif humain.

Pour en savoir plus : II- p.61

 EN MAI

Mise en place du GIS IBiSA « Infrastructures en biologie santé et agronomie », dont l’Inra assure la gestion administrative. Pour en savoir plus : II- p.45

 DU 2 AU 16 FÉVRIER

Mission en Inde et visite des principaux organismes de recherche indiens avec lesquels l'Inra collabore notamment sur le thème des biotechnologies.

Pour en savoir plus : II- p.60

 21 FÉVRIER

Lancement du réseau d’excellence européen ENDURE « European Network for the Durable Exploitation of Crop Protection Strategies », coordonné par l’Inra.

Pour en savoir plus : I- Axe E

Conférence de lancement de l’European Research Council (ERC) à Berlin

Janvier

Mai

Février

Mars

Avril

LA RECHERCHE AGRONOMIQUE AU CŒUR DES ENJEUX DE DÉVELOPPEMENT

PANORAMA

(8)

EN JUIN

Lancement de la nouvelle revue trimestrielle de l’institut, « Inra magazine », lien entre les acteurs de la recherche agronomique et la société.Pour en savoir plus : II- p.43

 DU 4 AU 8 JUIN

Tétrapartite 2007, réunion annuelle entre les présidents de l’Inra, du BBSRC et du DEFRA (Royaume Uni), de l’ARS (États-Unis) et de l’AAFC (Canada), à Berkeley, Californie, sur le thème principal des bioénergies.

 DU 7 AU 9 JUIN

Participation de l’Inra au Salon européen de la recherche et de l’innovation et présentation des travaux et des collaborations en matière de partenariats.

 27 JUIN

Publication de la résolution du Conseil d'administration de l’Inra en matière de plantes génétiquement modifiées et d’utilisation des biotechnologies à des fins de recherche et de mise au point d’innovations.

Pour en savoir plus : I- Axe D

 6 JUILLET

Signature d’une seconde convention bilatérale entre l’Inra et le Conseil régional de Picardie et inauguration d’un pôle agronomique de référence sur le centre Inra d’Estrées-Mons.

Pour en savoir plus : I- Axe A  12 JUILLET

Signature d’un accord de coopération avec les instituts de recherche agronomique algériens, conjoint avec le Cirad.Pour en savoir plus : II- p.61

 EN AOÛT

Publication de la première analyse détaillée de la séquence du génome de la vigne, avancée majeure en biologie végétale et résultat d’efforts communs de scienti-fiques du Genoscope et de l'Inra, en France, et de plusieurs universités ainsi que de l'Istituto di Genomica Applicata, en Italie.Pour en savoir plus : I- Axe D

 DU 29 AOÛT AU 2 SEPTEMBRE

Congrès de l'Association européenne de science régionale et de l'Association de science régionale de langue française sur le thème « Développement durable et gouvernance des territoires », organisé par l’Inra et l'ESSEC.

Pour en savoir plus : I- Axe F

De juillet à septembre 2007, représentants de l’État et de la société civile se sont rencontrés dans le cadre du Grenelle de l’environnement. L’Inra s’est impliqué dans cette première phase du Grenelle de l’environnement en tant que membre du groupe IV « adopter des modes de production et de consommation durables » et de l’inter-groupe « OGM ».

Juin

Juillet

(9)

LA RECHERCHE AGRONOMIQUE AU CŒUR DES ENJEUX DE DÉVELOPPEMENT

PANORAMA

2007

Michel Barnier, ministre de l'Agriculture et de la Pêche a lancé, le 5 septembre, les Assises de l'agriculture dans le cadre du Conseil supérieur de coordination et d'orientation de l'économie agricole et agroalimentaire. L’Inra a contribué aux assises en mobilisant ses experts et en diffusant dès octobre les résultats d’un travail prospectif sur l’agriculture à l’horizon 2013

 7 SEPTEMBRE

Inauguration d’un nouveau bâtiment consacré aux ressources génomiques à l’Inra de Toulouse Midi-Pyrénées.Pour en savoir plus : I- Axe D

 13 SEPTEMBRE

Visite de François Fillon, Premier ministre, sur le site Inra - AgroParisTech de Grignon, qui à cette occasion, a confirmé son soutien aux organismes de recherche finalisée.

 20 SEPTEMBRE

Rapprochement stratégique entre l'Inra et l'Association Leibniz en Allemagne dans le domaine de la nutrition humaine et de la génomique végétale.

Pour en savoir plus : II- p.59

 25 SEPTEMBRE

Deuxième cérémonie de remise des « Lauriers de l’Inra » en présence des deux ministres de tutelle de l’institut. Pour en savoir plus : Panorama- Prix et distinctions

 28 SEPTEMBRE

Signature d’un accord de coopération avec la Pologne ayant permis le lancement d’un appel d’offres conjoint entre l'Inra et le ministère de la Science et de l'Enseignement supérieur de Pologne.

 1EROCTOBRE

Signature d’un accord cadre de coopération entre l’Inra et l’Université de Liège renforçant la coopération sur les recherches dans le domaine animal.

 4 OCTOBRE

Présentation des résultats de la prospective « Agriculture 2013 », menée en partenariat avec le Crédit agricole et Groupama, sur les évolutions possibles de la politique agricole communautaire.

Pour en savoir plus : I- Axe F

Septembre

Le contexte de la recherche agronomique internationale a été marqué par la publication du rapport annuel de la Banque Mondiale, World Development Report-octobre 2007, consacré à l’agriculture et son rôle dans le développement, qui confirme le renouveau de la place accordée à l’agriculture dans les réflexions et les actions mondiales sur le développement. Au cours de l’année 2007, les différents rapports de l’exercice international IAASTD ont été produits, ainsi qu’un rapport de synthèse, pour être soumis à une Conférence intergouvernementale prévue en 2008.

Octobre

 11 OCTOBRE

Inauguration de l'Observatoire de recherches en environnement sur les prairies permanentes du Centre Inra de Clermont-Ferrand-Theix, qui permet d’étudier, sur une longue période, les interactions entre végétation, sol et atmosphère.

 18 OCTOBRE

Présentation du bilan annuel d’exécution du contrat d’objectifs devant le Conseil d’administration.

(10)

DU 23 AU 25 OCTOBRE

Contribution à l’organisation du symposium interna-tional « Animal Genomics for Animal Health », ayant rassemblé plus de 260 scientifiques et industriels de 34 pays.

31 OCTOBRE

Création du « Comité consultatif d’éthique pour la recherche agronomique », commun entre le Cirad et l’Inra, pour une vision commune des enjeux scientifiques, mondiaux et nationaux.Pour en savoir plus : II- p.42

 2 DÉCEMBRE

Participation à la première réunion de l’Interna-tional Advisory Board de la Chinese Academy of Agricultural Sciences, comité créé pour ancrer cette dernière dans la recherche agronomique internationale.

 18 ET 19 DÉCEMBRE

Visite du président du Conseil scientifique du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI).

 DU 12 AU 16 NOVEMBRE

Présentation des premiers résultats du programme européen GLIP « Grain legumes integrated project », sur les légumineuses à graines, réunissant 67 laboratoires de 25 pays dont 14 laboratoires de l’Inra.

 13 NOVEMBRE

Restitution publique de l’expertise scienti-fique collective « Enjeux et déterminants de la consommation de fruits et légumes » commanditée par le ministre de l’Agriculture et de la Pêche.Pour en savoir plus : I- Axe B  20 ET 21 NOVEMBRE

Présentation des principaux résultats du projet européen SIGMEA « Sustainable Introduction of Genetically Modified Crops into European Agriculture » sur la coexistence entre cultures OGM et non-OGM, dont l’Inra assure la coordination scientifique.

 22 NOVEMBRE

Lancement des « Carrefours de l’innovation agro-nomique » (Ciag), nouveau rendez-vous avec la profession agricole, pour favoriser le transfert des résultats de recherche de l’institut.Pour en savoir plus : II- p.55  30 NOVEMBRE

Inauguration du Centre de microbiologie du sol et de l’environnement sur le site de l’Inra de Dijon et signature d’une convention avec le Conseil régional de Bourgogne. Pour en savoir plus : II- p.47

Le Président de la République a restitué les conclusions issues du Grenelle de l’environnement le 25 octobre 2007. Les attentes vis-à-vis de la recherche se sont révélées fortes et plusieurs thèmes retenus à l’issue de cette première étape rejoignent les priorités de recherche de l’Inra.

Novembre

(11)

Le mardi 25 septembre 2007, la deuxième cérémonie de remise des Lauriers de l’Inra

s’est déroulée en présence de Michel Barnier, ministre de l'Agriculture et de la Pêche, de

Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, de Claude

Birraux, premier vice-président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix

scienti-fiques et technologiques et de Jacques Samarut, président du Conseil scientifique de l’Inra.

Ces Lauriers récompensent et célèbrent des compétences scientifiques, techniques et

humaines remarquables, un engagement et une implication au service du développement

de la recherche et de projets collectifs, des facultés de compréhension, d’innovation et

d’an-ticipation qui convergent vers une interprétation juste des missions confiées par l’institut.

LE LAURIER DE LA RECHERCHE AGRONOMIQUE

récompense l'ensemble de l'œuvre et la carrière d'un chercheur de renommée internationale ayant contribué de manière

exceptionnelle au rayonnement de la recherche agronomique. Jean Denarié, Toulouse

Jean Dénarié, 66 ans, est directeur de recherche émérite au laboratoire des interactions plantes-micro-organismes Inra/CNRS. Il a apporté une contribution majeure à la connaissance de la symbiose formée entre les légumineuses et les bactéries fixatrices d’azote du genre Rhizobium. Il a développé, à partir de cette connaissance, des applications agronomiques innovantes plus respectueuses de l’environnement. Il est officier de l’Ordre du Mérite agricole et deux fois lauréat des Grands Prix de l’Académie des sciences (1993 et 2005). Il a été élu membre de l’EMBO (European Molecular Biology Organisation) et de l’Academia Europaea.

AUTRES DISTINCTIONS

 Médaille d’argent du CNRS- 30 janvier 2007 Hervé Vaucheret, directeur de recherche à l’unité

de recherche en biologie cellulaire de Versailles a reçu la médaille d’argent 2005 du CNRS lors d’une cérémonie organisée à l’Inra. Ce prix distingue un chercheur pour son originalité, la qualité et l’importance de ses travaux reconnus sur le plan national et international. Les travaux d’Hervé Vaucheret contribuent à la compréhension des mécanismes moléculaires de TGS (transcriptional gene silencing) et PTGS (post-transcriptional gene silencing) et à l’élucidation de leurs rôles naturels chez la plante. Ces deux mécanismes font intervenir des petitsARNs et sont impliqués dans le contrôle de l’infection virale et dans de nombreux aspects du développement de la plante. Hervé Vaucheret est l’un des précurseurs d’un domaine scientifique en plein essor : la régulation de l’expression des gènes par les petits ARNs.

 Prix du meilleur article d’économie dans Review

of Industrial Organization- 13 avril 2007 Stéphane Caprice, chargé de recherche exerçant

à l’Université des sciences sociales à Toulouse, a reçu le prix du Best Paper by a Younger Scholar 2006 de l’Industrial Organization Society pour son article « Multilateral vertical contracting with an alternative supply: the welfare effects of a ban on price discrimination », publié dans Review of Industrial Organization. L’article de Stéphane Caprice montre que, pour certains produits de la grande distribution, l’interdiction de discrimination tarifaire sur les marchés intermédiaires (pour les fournisseurs) peut induire un prix d’équilibre sur le marché final plus favorable (pour le consommateur) car plus concurrentiel que dans le cas où la discrimination tarifaire est autorisée. Ce prix international prestigieux est attribué tous les ans au meilleur article publié par un jeune chercheur dans cette revue à comité de lecture.

 Médaille d'excellence Alltech- 22 mai 2007 Jean-Pierre Jouany, directeur de recherche à l’unité

de recherche sur les herbivores de Clermont-Ferrand-Theix, et AlexandrosYiannikouris, le doctorant qu’il encadre (société Alltech, États-Unis), ont reçu la médaille d'excellence 2007 Alltec, pour leurs travaux sur la diminution de la toxicité des mycotoxines. Ce prix récompense ainsi le travail de thèse mené dans l’objectif de comprendre et de modéliser les mécanismes chimiques mis en jeu dans la formation de complexes entre les mycotoxines et certains constituants de la levure Saccharomyces cerevisiae. Il leur a été remis lors du symposium « Nutritional BiotechnologyintheFeedandFoodIndustries»quis'est tenu du 21 au 23 mai 2007 à Lexington (États-Unis).  Prix « Magister » de l'Université Polytechnique

de Valence- 4 juin 2007

Michel Ferry, ingénieur de recherche, mis à la

disposition de la Mairie de Elche, en Espagne, a créé et dirige la station de recherche « Phoenix » sur le

2007

Les candidats sont proposés par les chefs de département, présidents de centre et responsables des services d’appui de l’institut. Les lauréats de la « recherche académique » et « jeune chercheur » sont sélectionnés par un jury international présidé par Jacques Samarut, président du Conseil scientifique de l’Inra ; les lauréats des Lauriers « ingénieur » et « appui à la recherche » sont choisis par la présidente de l’Inra.

LA RECHERCHE AGRONOMIQUE AU CŒUR DES ENJEUX DE DÉVELOPPEMENT

Le palmarès 2007

PANORAMA

(12)

dattier et l'agriculture d'oasis fondée en 1991 par l'Inra et le Cirad, avec plusieurs partenaires espagnols. Le Prix « Magister », qui distingue chaque année une personnalité pour la qualité, l'originalité et l'importance de ses activités dans le domaine du paysage et du jardinage, lui a été attribué pour son action en faveur de la sauvegarde de la palmeraie de Elche et de ses vingt ans de travaux consacrés au développement de jardins familiaux oasiens enAfrique, au Moyen-Orient et, plus récemment, enAmérique Latine.

 Prix 2007 de la recherche en nutrition de

l’Insti-tut français pour la nutrition– 18 septembre 2007 France Bellisle, directrice de recherche à l’unité

mixte de recherche Inra-Cnam-Inserm-Université Paris XIII d’épidémiologie nutritionnelle de Bobigny, a reçu le 27èmeprix de la recherche en nutrition. Ce

prix récompense l’ensemble de ses travaux sur le comportement alimentaire humain, sa façon de dis-séquer les sensations et les situations qui nous poussent à manger ou à cesser de manger, ainsi que

son attachement à faire connaître l’importance de la recherchecomportementaledanslacompréhensiondes mécanismes assurant le bilan d’énergie chez l’homme.  Bourse « Pour les femmes et la science » de la

fondation d’entreprise L’Oréal- 8 octobre 2007

Deux jeunes doctorantes de l’Inra ont reçu une bourse « Pour les femmes et la science », attribuées par la fondation d’entreprise L’Oréal en partenariat avec l’Unesco et l’Académie des sciences.

Angélique Besson-Bard, 25 ans, consacre ses

travaux de thèse à la lutte contre la pollution par le cadmium, en étudiant comment le monoxyde d'azote participe à son accumulation dans les plantes.

MarjolaineVareille,24ans,dédiesathèseàlacompré-hension du comportement dans le corps humain, d'une bactérieresponsabled'unemaladiequipeutêtremortelle.  Prix Nobel de la paix 2007- 12 octobre 2007 Le Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a été désigné co-lauréat du prix

Nobel de la paix 2007. Ce sont près de 600

experts issus de plus de 130 pays qui sont ainsi associés à ce prix, en tant qu’auteurs du 4ème

rapport sur le changement climatique. Parmi eux, deux chercheurs de l’Inra qui ont participé au groupe de travail II « Impacts, adaptation et vulnérabilité ».

Bernard Seguin est directeur de recherche à l’unité

Agroclim d’Avignon. Après avoir dédié ses recherches à l’action du climat sur les cultures puis à la télédétection appliquée au suivi agricole, il est depuis 2002 responsable de la mission Inra « Changement climatique et effet de serre ».

Jean-François Soussana, directeur de recherche,

dirige l’unité d’agronomie de Clermont Ferrand-Theix. Il consacre ses travaux à l’étude des écosystèmes des prairies, en particulier à la compréhension des cycles de l’azote et du carbone, et à l’analyse des impacts de l’augmentation du CO2 atmosphérique et du réchauffement

climatique.

LE LAURIER « INGÉNIEUR »

récompense la contribution remarquable d'un ingénieur dans le développement méthodologique, la valorisation des résultats de recherche ou dans l'administration de la recherche.

Jean-Louis Escudier, Montpellier

Jean-Louis Escudier, 55 ans, est directeur de l’unité expé-rimentale de Pech Rouge. Il a développé un ensemble d’outils expérimentaux qui permettent de mettre au point les dernières innova-tions dans le domaine de la vigne et du vin et de s’adapter ainsi à l’évolution du marché et aux demandes des consommateurs. L’unité de Pech Rouge est un modèle d’unité expérimentale au service des recherches de l’Inra, qui doit beaucoup à l’esprit visionnaire, à l’engagement et à la persévérance de Jean-Louis Escudier.

récompensent la contribution exemplaire d'un technicien de la recherche dans la réalisation de son travail en appui à la recherche. Odile Poux, Clermont-Ferrand

Odile Poux, 58 ans, est assistante de direction à l’unité de recherche sur les herbivores. Elle a accompagné l’évolution de cette unité pendant trente ans. D’abord secrétaire d’un laboratoire de 25 personnes, elle assure maintenant les fonctions de secrétaire de direction d’une grande unité mixte de recherche de 170 personnes. Ses qualités humaines, sa disponibilité et son sens du collectif lui confèrent un rôle clé dans l’animation et la circulation des informations. Daniel Lecourieux, Dijon

Daniel Lecourieux, 58 ans, est technicien de recherche de classe exceptionnelle à l’unité de biologie et gestion des adventices.Au cours des 41 années qu’il a passées à l’Inra, il a été d’abord ouvrier agricole affecté au domaine expérimental où il participait aux essais sur les herbicides, puis responsable d’atelier et concepteur de prototypes, après une courte formation d’électricien et de tourneur-fraiseur. Le service qu’il rend à l’unité en concevant et réalisant des installations expérimen-tales sur mesure (chambres de cultures, salle de stockage des semences, appareil de traitement herbicide entièrement auto-matisé…) est inestimable et a largement contribué au développement des thématiques de l’unité et à son rayonnement.

LE LAURIER « JEUNE CHERCHEUR »

récompense le travail d'un chargé de recherche nouvellement recruté à l’Inra.

Emmanuelle Jousselin, Montpellier

Emmanuelle Jousselin, 34 ans, est ingénieur agronome et docteur ès sciences. Depuis 2003, elle est chercheuse au centre de biologie et de gestion des populations. Ses travaux portent essentiellement sur les mécanismes de co-évolution dans un modèle d’intérêt agronomique constituépardespucerons,leursplanteshôtesetlesbactéries hébergées dans le tube digestif des pucerons. L’objectif est de reconstituer les processus de diversification despucerons et le rôle joué dans cette évolution par les plantes hôtes et les bactéries. Son approche originale qui conjugue les concepts d’écologie évolutive et d’écologie fonctionnelle lui a valu l’attribution d’un financementANR"jeunechercheur"en2006etuneremarquablesériedepublications.

(13)

L’INRA, UN ORGANISME

DE RECHERCHE FINALISÉE

OUVERT SUR LE MONDE

Les orientations 2006 –

2007 : MISE EN ŒUVRE DES

ORIENTATIONS STRATÉGIQUES

2006-2009 ET PREMIERS

RÉSULTATS DU CONTRAT

D’OBJECTIFS

Le 3 octobre 2006, les ministres chargés de la Recherche

et de l’Agriculture et la présidente de l’Inra signaient le

contrat d’objectifs 2006-2009 de l’institut, permettant la

mise en œuvre de ses orientations stratégiques.

Celles-ci sont l'aboutissement d’une réflexion engagée en 2005,

initialement interne, puis ouverte aux partenaires, et

nourrie par des démarches prospectives. L’agriculture,

l’alimentation et l’environnement façonnent l’identité

de l’Inra, ses missions, ses processus d’organisation,

d’évaluation et de mise en place de partenariats dédiés.

La stratégie de l’institut s’insère dans un paysage de la

recherche française en évolution, au sein duquel il exerce

ses responsabilités d’organisme public de recherche

finalisée, à savoir anticiper les questions de recherche,

produire des avancées scientifiques fondamentales, se

doter des outils collectifs nécessaires, permettre la

capi-talisation des savoirs et leur transmission et être à l’écoute

de la société.

Les premières étapes du contrat d’objectifs ont été

franchies avec succès. Aujourd’hui, l’agriculture revient

au centre des préoccupations. La question agricole est

au sein même des problématiques de l’évolution de la

démographie, du changement climatique et de la raréfaction

des ressources. L’Inra est en position de contribuer aux

développements attendus tant en France que sur la scène

internationale.

 LES 6 AXES STRATÉGIQUES A - ENVIRONNEMENT

Gérer durablement et améliorer l’environnement, maîtriser les impacts des changements globaux et les activités productrices B - ALIMENTATION

Améliorer l’alimentation humaine, préserver la santé des consommateurs, comprendre leurs comportements C - PRODUITS ET PROCÉDÉS

Diversifier les produits et leurs usages, accroître leur compétitivité D - RECHERCHES GÉNÉRIQUES

Développer les recherches et produire les données génériques pour la connaissance du vivant

E - SYSTÈMES DE PRODUCTION

Adapter les espèces, les pratiques et les systèmes de production agricole

F - STRATÉGIES DES ACTEURS ET POLITIQUES PUBLIQUES Comprendre et améliorer l’organisation des acteurs et leurs stratégies, analyser les enjeux des politiques publiques, contribuer à leur conception et à leur évaluation, anticiper leurs évolutions

(14)

 LES 10 PRIORITÉS DU CONTRAT D’OBJECTIFS 1 - Ancrer l’Inra dans sa mission d’établissement de recherche

finalisée

2 - Mobiliser les compétences de l’Inra autour de ses priorités scientifiques

3 - Renforcer le partenariat socio-économique de l’Inra et la mise au point d’innovations

4 - Participer activement à l’adaptation du système français de recherche et d’innovation dans le champ de compétences de l’Inra

5 - Faire franchir une étape significative à la construction de l’espace européen de la recherche dans le domaine de compétences de l’Inra

6 - Développer les liens avec l’enseignement supérieur et participer à la construction de pôles régionaux 7 - Renforcer l’attractivité de l’Inra par une politique de

ressources humaines ambitieuse

8 - Conforter les procédures de l’évaluation et leurs conséquences au service du pilotage de l’institut, dans le cadre de la refonte du dispositif national

9 - Développer les cadres d’un dialogue renouvelé entre la science et la société et ainsi renforcer la notoriété, améliorer l’image de l’institut

10 - Moderniser la gestion et simplifier l’administration de la recherche

 LES 6 CHANTIERS THÉMATIQUES PRIORITAIRES

Initiés en 2006 et poursuivis en 2007 :

- Systèmes agricoles innovants : concevoir de nouveaux modes de production à haute valeur environnementale et de gestion de l’espaceagricole tenant compte desenjeuxdudéveloppement durable. - Chimie verte : prolonger la réflexion sur la constitution de pôles spécialisés dans les biotechnologies blanches (génie microbien) et vertes (adaptation du matériel végétal) et la mise au point d’utili-sations nouvelles de la biomasse.

- Alimentation humaine : faire évoluer les recherches en épidémiologie nutritionnelle, sur les déterminants sociaux et sensoriels du comportement, sur les mécanismes reliant alimen-tation et réactions immunitaires ou allergiques et exploiter les techniques modernes de l’étude du métabolisme.

Initiés en 2007 :

- Gestion de l’eau : réfléchir à la position de l’Inra dans le domaine des interactions eau / agriculture, déterminer des objectifs de recherche plus ciblés, notamment pour la gestion du cycle de l’eau. - Changement climatique : renforcer les recherches sur le changement climatique et la maîtrise des rejets des gaz à effet de serre dans l’agriculture.

- Sciences économiques et sociales : faire évoluer les recherches pour renforcer notamment les sciences de la gestion, mieux intégrer les équilibres alimentaires mondiaux et développer l’évaluation des risques, des innovations et des politiques publiques.

 AU 2ÈMERANG MONDIAL POUR LES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES

Les indicateurs de production scientifique, produits à partir des bases de données 2004 et 2005 de « l’Institut for Scientific Information » (ISI) par l’Observatoire des sciences et des techniques (OST), sont en ligne avec les objectifs fixés au contrat. La part des publications de l’Inra représente 5,29 % de la production scientifique nationale (objectif : 5,1 %), avec un indice de citation de 1,06 (objectif : 0,9).

Une étude bibliométrique conduite par l’Inra en 2007, à partir des bases de données ISI de 1996 à 2006, montre que la production scientifique totale de l’Inra dans le champ de la recherche agronomique se situe au 2èmerang mondial, après son homologue américain (ARS). Dans ce classement l’Inra se situe à la première place au niveau national dans les domaines « Sciences agricoles », « Sciences des plantes et des animaux », « Environnement et écologie» et à la deuxième place dans le domaine « Microbiologie ».

(15)
(16)

1

ET TEMPS FORTS DE

LA RECHERCHE EN 2007

AXE A : ENVIRONNEMENT

Gérer durablement et améliorer l’environnement, maîtriser les

impacts des changements globaux et les activités productrices

AXE B : ALIMENTATION

Améliorer l’alimentation humaine, préserver la santé des

consommateurs, comprendre leurs comportements

AXE C : PRODUITS ET PROCÉDÉS

Diversifier les produits et leurs usages, accroître leur

compétitivité

AXE D : RECHERCHES GÉNÉRIQUES

Développer les recherches et produire les données génériques

pour la connaissance du vivant

AXE E : SYSTÈMES DE PRODUCTION

Adapter les espèces, les pratiques et les systèmes de production

agricole

AXE F : STRATÉGIES DES ACTEURS

ET POLITIQUES PUBLIQUES

Comprendre et améliorer l’organisation des acteurs et leurs

stratégies, analyser les enjeux des politiques publiques,

contribuer à leur conception et à leur évaluation, anticiper

leurs évolutions

Soixante exemples ont été sélectionnés, parmi les résultats mis en avant par les départements scientifiques, pour illustrer les lignes de force des recherches conduites au sein de l’institut et les temps forts qui ont marqué l’année 2007. Il s’agit de résultats de recherche ayant fait l’objet de publications dans des revues scientifiques internationales, d’avancées ou d’innovations notables, de nouvelles infrastructures, d’aboutis-sements remarquables d’actions menées en partenariat ou pour éclairer la décision des pouvoirs publics.

14 18 22 26 34 30

(17)

L’amélioration de l’environnement est un enjeu prioritaire pour l’avenir des activités

de production qui valorisent les espaces et les territoires ruraux.Aujourd’hui, le défi

est posé de réussir le développement d’une agriculture à la fois hautement

productive et respectueuse de l’environnement. Les perspectives de réponse se

fondent sur l’hypothèse d’une valorisation accrue des processus écologiques et de leurs acteurs biologiques,

en substitution d’apports d’énergie ou d’intrants coûteux ou polluants. Étudier la gestion et la valorisation

de la biodiversité, identifier les voies d’adaptation aux changements globaux, réduire les intrants polluants

et toxiques, imaginer de nouveaux systèmes de production de bioénergies et connaître les interactions

entre les dynamiques écologiques et les comportements des acteurs, sont des objectifs prioritaires sur

lesquels se mobilisent les équipes de l’Inra. Le défi est de développer une interdiscipline entre l’écologie et les

disciplines agronomiques et de déployer des approches systémiques. Elles prennent forme, en particulier,

autour de dispositifs innovants, dont certains de dimension européenne, tels que les Observatoires de

recherche en environnement (ORE), les réseaux d’expérimentation et les plateformes de référence.

Écosystèmes

A

I RÉSULTATS DE RECHERCHE

Des outils de bio-indication spécifiques pour évaluer les effets des pesticides sur la biodiversité et la fonctionnalité écologique des cours d'eau

La présence de pesticides dans les eaux de surface est régulièrement mise en évidence dans les rapports publiés par l'Institut français de l'environnement.Afin de réaliser des diag-nostics environnementaux en vue d'identifier les situations les plus à risque ou d'accompagner les programmes visant à réduire l'utilisation des pesticides, il convient de pouvoir détecter, en routine, l’impact de la présence des pesticides sur les organismes aquatiques et donc de disposer de bio-indicateurs spécifiques de l’effet de ces substances. L’Inra s’est associée au Centre for Environne-mental Research Helmholtz-UFZ de Leipzig (Allemagne) afin d’analyser l’effet des pesticides sur la structure des communautés d’invertébrés benthiques des cours d’eau. Les indices du système SPEAR (déve-loppés initialement par l'UFZ) ont été utilisés, car ils combinent différents traits écologiques et biologiques des invertébrés aquatiques (voltinisme, capacités de migration ou la sensibilité aux toxiques) et ont été pour la première fois couplés à une mesure fonctionnelle (dégradation de la litière d'aulne). Deux

très contrastés en pesticides, la Bretagne (usage intensif, 16 cours d’eau analysés) et le sud de la Finlande (usage faible, 13 cours d’eau analysés) ont été comparées. La réponse des indices du système SPEAR est fortement corrélée aux évo-lutions de la fonctionnalité écologique des cours d'eau. Cette étude a aussi montré l’importance des zones boisées sur les capacités de restauration des communautés perturbées par les pesticides. Ces outils et les résultats de cette étude ont été présentés à la Chambre régionale d'agriculture de Bretagne et ont suscité l'intérêt des animateurs de bassins versants qui mettent en œuvre et accompagnent des plans de réduction de l'usage de pesticides. Des extensions de l’utilisation des indices SPEAR à l'évaluation de la qualité des eaux de transition, entre milieu continental et milieu marin côtier, sont en cours.

I RÉSULTATS DE RECHERCHE

Détection de régions du génome associées à l'efficience d'utilisation de l'eau chez le chêne pédonculé

Les deux chênes les plus répandus en France sont le chêne pédonculé et le chêne sessile. Depuis les années 1980, des dépérissements ont été observés dans les chênaies de diverses régions de France.

Des études antérieures ont démontré que ces deux espèces n’utilisent pas l’eau avec la même efficience (WUE : rapport entre la biomasse produite et l’eau consommée estimée par la composition isotopique du carbone), le chêne sessile étant plus résistant à la sécheresse que le chêne pédonculé. Une

ENVIRONNEMENT

La rivière Scorff près de Pont-Scorff (56 Morbihan).

AX

E

Gérer durablement et améliorer

l’environnement, maîtriser les impacts

des changements globaux et

(18)

Biodiversité

déterminisme génétique de ce caractère. Il s’est agi de détec-ter les régions du génome associées au caractère, ou QTL (Quantitative Trait Loci), en analysant la co-variation entre le caractère WUE et les marqueurs génétiques sur des familles divergentes, puis de déterminer leur position (locus) sur une carte génétique. Une série d’expérimentations a été effec-tuée sur une famille de plein-frères de chênes pédonculés, et sur trois années consécutives. Plusieurs régions génomiques impliquées dans la WUE ont été détectées, et, pour certaines, on retrouve les mêmes QTL pour les trois années. Une de ces régions (chromosome 11) se montre déterminante, et

ceci de façon exceptionnelle, puisque les QTL de cette région expliquent toujours plus que 20 % des variations de la WUE. Cette région génomique sur le chromosome 11 est relativement stable dans différents environnements et sa position a été déterminée avec une bonne précision. Ceci facilitera la mise en place d’approches de génomique plus ciblées et en particulier la recherche de gènes candidats. Elles permettront, au-delà de donner de nouveaux outils pour sélectionner sur une meilleure résistance à la sécheresse, d’identifier les composantes fonctionnelles de la variabilité génétique de la WUE.

I RÉSULTATS DE RECHERCHE

La géométrie de l’habitat : une importance vitale pour la biodiversité

Les caractéristiques spatiales de l’habitat de nombreuses espèces, qu’elles soient affectées par la fragmentation liée à l’activité humaine ou les migrations, sont actuellement soumises à des changements globaux. Les modèles temporels clas-siques ne permettent qu’une prise en compte simpliste de ces changements, de leurs effets sur la biodiversité, et sur les potentialités d’invasions biologiques. L’utilisation de mo-dèles plus complets permet de mettre en relation les chances de survie d’une population et les caractéristiques spatiales de l’environnement dans lequel cette population évolue. L’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) a placé la fragmentation de l’habitat comme première cause de perte de biodiversité. Afin de préciser cet effet, des paysages ont été générés de façon aléatoire ce qui a permis de démontrer, par modélisation, que la fragmentation per se a un impact sur la biodiversité, indépendamment de la perte d’habitat. Ainsi, si des prélèvements doivent être faits sur une population alors qu’elle est dans un environnement frag-menté, alors les quotas devront être revus à la baisse pour prévenir l’extinction de la population concernée. Par ailleurs, ces modèles ont permis de définir, dans différentes situations, la forme théorique optimale d’une réserve naturelle et de pré-ciser les variables biologiques et environnementales suscep-tibles d’influencer significativement la survie d’une population en cas de déplacement de son habitat.

Enfin, les recherches ont permis de mettre en évidence que des phénomènes écologiques, tels une distribution inéqui-table des ressources, peuvent entraîner un accroissement de la vitesse de propagation d’invasions biologiques. Des applications opérationnelles seront développées dans le cadre du projet ANR-biodiversité- URTICLIM sur l’impact de la chenille processionnaire du pin, financé en 2008.

I PARTENARIAT EUROPÉEN

Installation d'un réseau européen de 7 sites d’études intensives pour le suivi de la biodiversité des éco-systèmes forestiers

Le réseau de sites ateliers ISS (Intensive Study Sites) a été créé dans le cadre de Réseau d’excellence européen EVOLTREE, coordonné par l’Inra. L’objectif est de fédérer, sur le long terme, les recherches portant sur l'évolution de la biodiversité des écosystèmes forestiers allant du gène au phénotype, de la population à la communauté. Les critères de sélection des sites ont porté sur la représentation des grands

types de forêts européennes, la pertinence dans une perspective de recherche à long terme (appartenance à d'autres réseaux, existence de banques de données...), la valeur intrinsèque de chaque site (gradients écologiques, modes de gestions contrastés...) et la complémentarité entre sites. Les sept sites sélectionnés sont en Finlande, Punkaharju (forêt boréale) - en Allemagne, Solling (forêt tempérée gérée) - en Pologne, Blizyn (forêt tempérée à faible impact anthropique) en Suisse, Valais (forêt alpine) -en France, V-entoux (forêt méditerrané-enne), Loire (ripisylve), Landes (forêt en gestion intensive). Un système d'information des métadonnées est actuellement mis en place selon les standards internationaux ISO19115 et ISO19139. Ce réseau sera rapidement connecté aux autres réseaux de sites ateliers européens.

I RÉSULTATS DE RECHERCHE

Le fonctionnement du sol n’est pas affecté par une érosion drastique de sa diversité microbienne

Actuellement, une des préoccupations majeures en écologie est la capacité à prédire les modifi-cations du fonctionnement des écosystèmes pouvant être entraînées par des altérations naturelles ou anthropiques des communautés biologiques de ces écosystèmes, notamment en termes de biodiversité. La relation bio-diversité/fonctionnement est rarement étudiée pour les bactéries du sol qui jouent pourtant des rôles-clés, par exemple dans les grands cycles biogéochimiques. Pour y remédier, l’Inra, en collaboration avec l’université d’Aberdeen, a initié une étude basée sur la réduction de la diversité de communautés microbiennes présentes dans l’échantillon de sol. Un scénario intéressant d’érosion de la diversité microbienne consiste en

la suppression préférentielle des espèces les moins abondantes par une approche de dilution progressive. On caractérise alors les éventuelles modifications de fonction-nement induites par l’érosion de la diversité microbienne ainsi générée. Cette approche a permis de montrer que le fonction-nement ainsi que les capacités de résistance et de résilience de différentes communautés microbiennes du sol, mêmes celles assurant des fonctions très spécialisées comme les communautés dénitrifiantes et plus encore nitrifiantes, sont largement insensibles à une réduction prononcée de la diversité microbienne. Plus de 99 % des taxons bactériens du sol ont été supprimés sans affecter le fonctionnement des communautés microbiennes !

Dépérissement du chêne en forêt de Tronçais. Sécheresse de 1976. Chêne pédonculé sec tout contre chêne sessile bien vivace.

(19)

Changements

globaux

Agro-écosystème

I RÉSULTATS DE RECHERCHE

Pourquoi le carbone organique des sols est-il stable dans les couches profondes ?

Au niveau mondial, 1 730 milliards de tonnes de carbone organique sont stockés depuis plusieurs millénaires dans les couches profondes des sols (au-delà de 20 cm de la surface). Ce stock représente deux fois la quantité de CO2

atmosphé-rique, principal gaz à effet de serre. Les facteurs de la stabi-lité du carbone dans les couches profondes n'ont pas été identifiés précisément or il est essentiel de déterminer si le changement climatique peut activer ou non la décomposition de cet immense réservoir de carbone et accélérer l’augmen-tation du CO2 atmosphérique. Les travaux de recherche ont

porté sur un profil de sol situé dans l’Observatoire de recherche en environnement (ORE) mis en place par l’Inra dans le Massif central. Le site, occupé par une prairie perma-nente depuis 50 ans, était couvert auparavant par une forêt de charmes et de châtaigniers, dont dérive la matière orga-nique retrouvée dans les couches profondes de ce sol. Cette dernière a été étudiée. Elle contient du carbone ayant un âge moyen de 2 600 ans. La dégradation microbienne de ce car-bone est réactivée lorsqu’on apporte de la litière végétale. Cette litière, qui n'est pas présente à l'état naturel dans ces couches profondes, apporte l’énergie nécessaire au dévelop-pement des micro-organismes qui réalisent la décomposition du carbone « humifié » du sol. Ces résultats suggèrent que, même si les conditions de température et d’humidité sont favorables aux activités microbiennes, le carbone organique présent dans les couches profondes ne contient pas assez d’énergie disponible pour alimenter ces populations micro-biennes. La clé de la stabilité du carbone organique des sols

litière végétale ce qui vient contredire les modèles actuels de prévision qui se basent sur une accélération de l’activité de dégradation des micro-organismes due à l’augmentation de la température. Le stockage du carbone à long terme dans les couches profondes du sol constitue ainsi une alternative intéressante aux approches actuelles, basées sur un stockage à court terme sous forme de biomasse végétale ou de carbone organique dans les couches de surface du sol. I PARTENARIAT EUROPÉEN

Le puits de carbone des forêts est corrélé aux dépôts azotés atmosphériques

Le suivi atmosphérique de concentration en CO2depuis

1990 montre que la végétation de l’hémisphère nord, notamment les forêts, se comporte comme un puits de

I RÉSULTATS DE RECHERCHE

Une nouvelle méthode pour caractériser la diversité des valeurs d’usage des prairies permanentes

Les prairies permanentes, naturelles ou semées de longue durée, représentent 68 % des surfaces françaises toujours en herbe. Elles sont donc d’une importance première sur le double plan agricole et environnemental, notamment parce qu’elles correspondent à des

agro-systèmes très diversifiés. Suite à une demande de la profession pour produire un outil permettant de qualifier cette ressource, les chercheurs de l’Inra ont développé une méthode visant à construire une typologie des prairies dans l’objectif d’évaluer l’effet des pratiques agricoles sur la valeur d’usage agricole de ces dernières (période de production, valeur alimentaire, souplesse d’utilisation), ainsi que sur leur valeur environnementale (diversité des espèces). Cette typologie permet donc de raisonner l’utilisation des prairies en tenant compte de leurs fonctions. L’approche

fonctionnelle a permis de modéliser les relations entre la valeur de traits biologiques des espèces et leurs caractéris-tiques agronomiques. Quatre types fonctionnels de plantes (TFP) servent d’indicateurs : la composition des prairies en TFP permet de caractériser la diversité fonctionnelle de la végétation à l’échelle de la parcelle et la complémentarité des types de végétation à l’échelle de l’exploitation agricole. Cette méthode de diagnostic renouvelle la caractérisation de la valeur d’usage des prairies permettant ainsi de mieux définir les modes d’exploi-tation et les pratiques de fertilisation en cohérence avec les valeurs d’usage recherchées, au niveau d’une parcelle comme à celui du système de production. Cette étude a été réalisée en partenariat, au sein du projet européen Vista (Vulnera-bility of Ecosystem Services to Land Use Change in Traditional Agricultural Landscapes), et en collaboration avec les chambres d’agriculture. Elle doit permettre de renouveler le conseil sur des bases plus génériques, en conciliant valeur d’usage agricole et valeur environnementale. Parcelle du dispositif expérimental

de l’ORE (observatoire de recherche en environnement) du centre Inra de Clermont-Ferrand - Theix.

(20)

Dépollution

I PARTENARIAT SOCIO-ÉCONOMIQUE

Institut des technologies de l’environnement

L’Institut des technologies de l’environnement (ITE) est une structure associative, créée à Narbonne fin 2003, à l’initiative de l’Inra et des partenaires institutionnels locaux. Hébergé pour partie à l’Inra, qui lui apporte un soutien scientifique et technique, les domaines de compétences de l’ITE sont axés sur le traitement biologique de la pollution, de l’eau et des déchets. Sa mission consiste à aider les acteurs socio-économiques à exprimer leurs besoins en matière de R&D et de technologies dans ce domaine et à y répondre grâce à une plateforme technique (halle Inra) avec l’aide de ses partenaires de la recherche publique. Au plan national, l’ITE réalise des prestations technologiques pour les structures de R&D d'industriels : analyses physicochimiques d’effluents ou de résidus solides, tests de biodégradabilité

anaérobie, analyses de microflores de dépollution… Au plan régional, les activités de l’ITE sont orientées vers la fourniture de services aux PME-PMI, bureaux d’études et collectivités : réalisation de bilans pollution, plan d’action pour l’élimination et la valorisation des déchets, formation dans le domaine de la dépollution, montage de dossiers d’aide... En 2008 l’ITE intégrera ses nouveaux locaux au sein du centre Biodyssée qui comprend plusieurs structures dédiées à l’accueil d’entreprises (hôtel d’entreprises), à la formation (IUT génie chimique, génie des bioprocédés) et au transfert de technologies dans le domaine des biotech-nologies de l’environnement. L’ITE doit jouer un rôle fédérateur créant un lien direct entre la recherche et le secteur socio-économique, avec pour mission l’accompa-gnement des entreprises hébergées sur le site et, en relation avec l’Inra, la réalisation de prestations technologiques et tertiaires.

carbone accumulant 0,6 à 0,7 milliard de tonnes de carbone par an. On ne sait pas comment relier ce comportement aux facteurs environnementaux, sylvicoles ou encore à l’âge des forêts et leur histoire. Les projets européens CARBOAGE, CARBOEUROFLUX, AMERIFLUX et CARBEUROPE fournissent près de 20 chrono-séquences, sur lesquelles il est possible de décomposer les effets de l’âge des forêts sur le cycle du carbone, de ceux des facteurs environne-mentaux. Il a été montré que la force du puits de carbone de l’hémisphère nord varie considérablement avec l’âge d’une forêt. Elle est généralement négative au début du cycle de vie, puis la fixation de carbone augmente avec l’âge pour culminer à la fermeture du couvert qui intervient entre 5 et 30 ans suivant la zone climatique et la vitesse de croissance

des arbres. Elle diminue ou reste stable par la suite. Le puits de carbone moyen sur l’ensemble de ce cycle de vie est de 56 % de sa valeur maximale. L’étude montre qu’il est très étroitement corrélé au taux annuel de dépôt azoté en voie humide. Cette corrélation suggère que l’apport atmosphérique continu de dépôts azotés sur les forêts pourrait jouer un rôle important, mais jusqu’alors ignoré, dans la fixation nette de carbone par la biosphère terrestre. Il est donc important de développer les moyens d’obser-vation à long terme et en réseau sur le fonctionnement des éco-systèmes forestiers, qui prennent en compte globale-ment les flux de carbone, eau, azote, ozone, gaz à effet de serre… Ceci est prévu dans le projet européen ICOS et grâce aux Observatoires de recherche en environnement.

Biomasse

I PARTENARIAT RÉGIONAL

Un pôle agronomique de référence en Picardie

Les nouveaux locaux du pôle agronomique Inra d’Estrées-Mons ont été inaugurés le 6 juillet 2007 et, à cette occasion, l’Inra et la Région Picardie ont signé leur seconde convention bilatérale (2007-2011). Ce pôle a vocation à devenir un site de réfé-rence pour les recherches en faveur d’une agriculture performante et respectueuse de l’environnement, notamment dans le domaine de la valorisation non alimentaire des cultures. Par cette convention, les deux partenaires s’engagent à soutenir le développement d’un axe stratégique « Agro-ressources et

environnement », en articulation avec le pôle de compétiti-vité « Industries et agro-ressources » de la région. Ce pôle agronomique participe également aux recherches sur l’amé-lioration de la qualité des produits issus de l’agriculture pour l’alimentation. Le coût global de l’opération s’élève à 1,02 M€ pris en charge par le Fonds européen de développement ré-gional (FEDER), le Conseil réré-gional de Picardie, le Conseil général de la Somme, la Chambre d’agriculture, Arvalis-l’Institut du végétal et l’Inra. Le Conseil régional de Picardie a financé cette extension à hauteur de 326 000 € dans le cadre du contrat de plan État-Région 2000-2006.

Vue d’ensemble de l’essai de cultures énergétiques du site expérimental d’Estrées-Mons (80).

(21)

Santé

À l’Inra, l’alimentation humaine est traitée dans sa globalité, avec la volonté de

développer une approche intégrée de la chaîne alimentaire et de mieux qualifier

l’alimentation dans toutes ses dimensions : hédonique et santé, qualité et

sécurité des aliments. Afin de mieux définir les liens entre alimentation et état

nutritionnel, l’Inra cherche à développer une analyse intégrée du comportement

du consommateur, à expliquer l’impact des aliments et de l’alimentation sur les

fonctions physiologiques et à comprendre les mécanismes d’élaboration de la qualité des aliments, dès

l’amont des filières végétales et animales. L’objectif d’évaluation et de prévention des risques dans la filière

alimentaire est complété par l’analyse et l’évaluation des instruments de politique nutritionnelle. Ainsi, l’Inra

a la volonté d’intégrer réellement l’ensemble des processus allant des fonctions cognitives et des fonctions

psychologiques à la sociologie et de l’élaboration de la qualité des matières premières à la « valeur santé »

des aliments.

I RÉSULTATS DE RECHERCHE

Des lactocoques en transit peuvent transférer du matériel génétique dans la muqueuse intestinale et moduler la réponse de l’hôte

La prévalence et la sévérité des allergies alimentaires sont en constante et rapide augmentation dans les pays industrialisés. Les travaux cherchent à prévenir les allergies alimentaires au lait et à l’arachide. Des approches fondées sur l’administration de bactéries lactiques recombinantes, portant un plasmide contenant le gène de la β-lactoglobuline (BLG), allergène majeur du lait de vache, sous le contrôle de différents promoteurs, ont été développées. L’utilisation de ces bactéries lactiques comme vecteurs capables de délivrer le gène ou la protéine in situ permet de moduler la réponse immunitaire de l’hôte et de l’orienter vers une réponse non allergique. Ces travaux ont montré que des bactéries non invasives en transit dans le tube digestif pouvaient transmettre un plasmide fonctionnel. Dans le cas présent, ce transfert a entraîné une réponse de l’hôte, à savoir une expression de la protéine BLG exogène, et a induit une réponse immunitaire protectrice contre une sensibilisation allergique ultérieure par la même protéine. L’application de ce phénomène pour prévenir le risque allergique par immunisation génique ou vaccination orale est pour l’instant limitée, notamment du fait qu’un tel transfert de

plasmide est probablement peu fréquent. Les travaux se poursuivent pour en étudier les mécanismes et en améliorer l’efficacité en développant de nouveaux vecteurs plasmi-diques et bactériens.

I PARTENARIAT INTERNATIONAL

Le projet Métagénome humain mobilise la recherche internationale

Le corps humain héberge, sur la peau et au niveau de toutes les muqueuses, des communautés microbiennes, dynamiques et complexes, qui ont une profonde influence sur la physiologie, la nutrition, l’immunité et le dévelop-pement. Cette symbiose contribue sans doute fortement au maintien de la santé. Dix fois plus nombreux que nos propres cellules, l’ensemble de ces micro-organismes comprend vraisemblablement 100 fois plus de gènes que n’en contient la totalité du génome humain. Cependant, contrairement à ce dernier, l’ensemble complexe des génomes de ces communautés ou métagénome, est largement inconnu, en particulier parce qu’une proportion élevée de ces micro-organismes n’est pas cultivable. Le projet « Initiative Métagénome Intestinal Humain » a pour objectif de constituer un "set de référence", correspondant au répertoire génétique des micro-organismes intestinaux. Pour cela, la séquence du génome complet de micro-organismes cultivables sera déterminée et les techniques permettant le séquençage des génomes des micro-organismes non encore cultivés seront développées. Les gènes de la communauté microbienne pourront alors être inventoriés. Pour atteindre ces objectifs, un large consortium international s’est mis en place en 2007, Epithélium colique et flore intestinale.

Améliorer l’alimentation humaine,

préserver la santé des consommateurs,

comprendre leurs comportements

B

AX

ALIMENTATION

(22)

afin de standardiser les procédures, de coordonner les analyses, d'assurer la circulation des données et des ressources à travers la communauté scientifique et de maintenir à jour le répertoire génétique des micro-organismes intestinaux. Deux projets coordonnés par l’Inra ont été acceptés fin 2007 pour contribuer à l’Initiative Métagénome Intestinal Humain : le projet Européen MetaHIT et le projet ANR MICRO-Obes réalisé en collaboration avec la Chine. Les attendus sont innombrables et hautement significatifs, allant de la caractérisation de l’écosystème (diversité des micro-organismes, flux génétiques et réseaux métaboliques), à l’identification de signatures métagénomiques de santé ou des pathologies chroniques, en passant par la caractérisation des signaux moléculaires et les mécanismes du dialogue entre les micro-organismes et leur hôte, pour aller jusqu’aux pistes de développement de nouveaux produits par l'industrie pharmaceutique ou agro-alimentaire.

I ÉCLAIRER LA DÉCISION

Une expertise scientifique collective sur les « enjeux et déterminants de la consommation de fruits et légumes » La consommation de fruits et légumes est considérée par de nombreuses instances comme un enjeu de santé publique majeur et fait l'objet de recommandations nutritionnelles au niveau mondial. Cependant, en France, la consommation moyenne n'augmente que très peu et reste caractérisée par de fortes disparités dans la population. Dans le même temps, le marché des fruits et légumes représente un enjeu économique pour les producteurs nationaux qui exercent leurs activités dans un contexte commercial international et européen générant une concurrence accrue sur les prix. De surcroît, leurs activités sont soumises aux contraintes réglementaires et aux règles européennes de l’Organisation commune du marché (OCM) des fruits et légumes qui limitent les possibilités d’intervention de l’État. Dans ce contexte, le ministère de l’Agriculture et de la Pêche a commandé à l’Inra une expertise scientifique collective sur les « enjeux et déterminants de la consommation de fruits et légumes » qui a mobilisé une vingtaine d’experts, épidémiologistes, agronomes, généticiens, technologues, économistes et sociologues de divers organismes. Cette expertise a examiné les fondements scientifiques des recommandations nutrition-nelles, les déterminants socio-économiques de la consom-mation, l'impact des politiques de promotion de la consommation, et les liens entre caractéristiques des produits et fonctionnement des filières. Sur le plan nutritionnel, sans rapporter de lien de causalité évident entre la consommation de fruits et légumes et la prévention des maladies, les experts s’accordent à reconnaître l’importance de ces produits dans une alimentation équilibrée. La teneur en nutriments est très variable pour une même espèce et diminue fortement au cours du stockage. Les produits transformés présentent des caractéristiques nutritionnelles intéressantes. Au plan des comportements, une consommation des fruits et légumes apparaît comme un marqueur social d’appartenance à une catégorie favorisée. Par ailleurs, les forts consommateurs de fruits et légumes appartiennent aux tranches d’âge élevées et les jeunes générations n’ont pas d’habitude de consom-mation. Les politiques visant à stimuler la consommation, basées sur l’éducation et l’information, se révèlent d’autant plus efficaces qu’elles s’inscrivent dans un contexte global

de santé publique et qu’elles mobilisent tous les outils d’inter-vention (prix, information…). Au plan économique, l’analyse bibliographique confirme que les prix élevés constituent un obstacle à la consommation. L’évolution des prix est multifac-torielle, liée aux coûts de main-d’œuvre, aux faibles niveaux des soutiens publics à la production, à l’organisation des échanges commerciaux... Une augmentation de la segmen-tation des marchés pourrait permettre de répondre à des demandes qualitatives variées et faciliter l’accès pour les faibles consommateurs.

I POLITIQUES PUBLIQUES

Conception et mise en place d’un observatoire économique de la qualité nutritionnelle de l’alimentation (OQALI) Les ministères chargés de l’agriculture, de la santé et de la consommation ont confié à l’Inra et l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) la conception d’un observatoire, prévu par le Programme national nutrition santé (PNNS) 2006-2010, pour suivre l’évolution de la qualité nutritionnelle de l’alimentation. Il s’agit de compléter le dispositif d’observation de la consommation alimentaire par une capacité d’analyse des caractéristiques de l’offre alimentaire. L’étude de faisabilité a permis de définir le contenu technique de l’observatoire, son mode de gouvernance, en particulier l’organisation des relations avec l’industrie et la distribution, ainsi que d’évaluer les moyens financiers nécessaires. Le nouveau dispositif suivra l’évolution de la qualité de l’offre alimentaire sur le plan nutritionnel (composition nutritionnelle, taille des portions…) et

sur le plan socio-économique (prix, segments de marché…), ainsi que les efforts des industriels engagés dans cette démarche de qualité. Ce suivi renforcera de manière pérenne l’approche partenariale développée par les pouvoirs publics pour inciter les filières agroalimentaires à aller dans le sens des objectifs de santé publique et des attentes des consommateurs, afin que les progrès réalisés profitent au plus grand nombre. La mise en œuvre de l’Observatoire de la qualité de l’alimen-tation (OQALI), décidée début 2008, a été confiée à l’Inra et à l’Afssa, en partenariat avec les professionnels des secteurs alimentaires.

Figure

FIGURE 1 : ÉVOLUTION DU SOUTIEN TERRITORIAL DE 1994 À 2006 (EN MILLIONS D'EUROS)
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