Faculté des Sciences et de la Technologie Département des Mathématiques et Informatique
MÉMOIRE
Pour l’obtention du diplôme de
MASTER
En Mathématiques
Spécialité :
Analyse Fonctionnelle et Applications
Présenté par
ABED Meriem
Thème
Étude de quelques problème paraboliques et
applications
Soutenu publiquement le 07/06/2018 devant le jury composé de :
M. BOUAZIZ Said Maître assistant A Université d’Adrar Président M. MAMOUNI Touhami Maître assistant A Université d’Adrar Rapporteur M. KEDDI Ahmed Maître de conférence B Université d’Adrar Examinateur
Remerciements
En premier lieu, Je remercie Dieu de m’avoir aidè à accomplir ce travail. Je tient a remercier mon encadreur Mr.MAMOUNI Touhami pour ces conseils , et son encouragement durant la période de la préparation et la rédaction de ce mémoire. Je remercie, maintenant, les membres de jury, Mr. KEDDI Ahmed et Mr. BOUAZIZ Said. Je voudrais également remercier tous les membres du département de mathé-matique et informathé-matique et tous ceux qui m’ont aidè de près ou de loin pour achever ce travail.
Je dédie ce modeste travail À ma chère mère et mon père, pour leurs patiences, leurs amours, leurs soutiens et leurs encouragements.
À mes frères et soeurs. À toute ma famille.
Le but de ce travail est d’étudier l’existence et la régularité d’une solution faible d’un problème parabolique non linéaire à donnée mesure.
Ce mémoire est basé sur le travail de Lucio Boccardo, Andrea Dall’Aglio, Thierry Gallou¨et et Luigi Orsina " Nonlinear parabolic equations with measure data "[14].
Le problème est sous la forme u0+ Au = µ dans Q tel que Q = Ω×]0, T [, Ω un
ouvert borné de RN(N ≥ 2), avec les conditions aux limites homogènes de
Cauchy-Dirichlet, et µ appartient à M(Q) (l’espace des mesures de Borel bornée sur Q). L’opérateur A est un opérateur de type Leray-Lions.
Mots clés : problèmes paraboliques non linéaire, Existence et régularité, Mesures. Abstract
The purpose of this work is to study the existence and regularity of a weak solution for a nonlinear parabolic problem with measure data.
This memory is based on the paper of Lucio Boccardo, Andrea Dall’Aglio, Thierry Gallou¨et et Luigi Orsina " Nonlinear parabolic equations with measure data "[14].
The problem is in the form u0 + Au = µ in Q such that Q = Ω×]0, T [, Ω is in open bounded in RN(N ≥ 2), with homogeneous Cauchy-Dirichlet boundary
conditions, and µ belongs to M(Q) (the space of bounded Borel measures on Q). The operateur A is an operator of type Leray-Lions.
Notations 2
Introduction 4
1 Outils d’analyse fonctionnelle 7
1.1 Mesures de Radon . . . 7
1.2 Espaces fonctionnels . . . 8
1.2.1 Espace de Sobolev W1,p(Ω) . . . . 10
1.2.2 Les espaces Lp(0, T ; X) . . . . 13
1.3 Quelques inégalités utiles . . . 16
1.4 Opérateurs monotones . . . 19
2 problèmes paraboliques à données fonctions 21 2.1 Hypothèses sur les données . . . 21
2.2 Quelques lemmes de base . . . 22
2.3 Résultats d’existence . . . 25
3 Problèmes paraboliques à données mesures 27 3.1 Position du problème . . . 27
3.2 Démonstration du théorème 3.1 . . . 28
3.2.1 Approximation du problème(P) . . . 28
3.2.3 Passage à la limite dans (Pn) . . . 54
Ω Un ouvert de RN. ∂Ω Frontière de Ω. Q = Ω×]0, T [ Le cylindre de RN x × Rt. Σ La frontière latérale de Q. p0 Exposant conjugué de p : p0 = p p − 1. p∗ = N p
N − p Exposant conjugué de Sobolev.
p.p Presque partout.
∂
∂xi Dérivée partielle par rapport à la variable xi.
∇u = ∂u ∂x1, ∂u ∂x2, ..., ∂u ∂xN Gradient de u. div u = N X i=1 ∂u ∂xi Divergence du vecteur u. ∆u Laplacien de u.
∆pu = div(|∇u|p−2∇u) p-Laplacien de u.
|A| Mesure de Lebesgue de l’ensemble A.
supp u Support d’une fonction u.
C(Ω) Espace des fonctions continues sur Ω.
Cc(Ω) Espace des fonctions continues sur Ω à support
compact.
D(Ω) L’espace des fonctions de classe C∞ à support compact dans Ω.
D0(Ω) Espace des distribution.
Lp(Ω) Espace des fonctions de puissance p-ème intég -rables sur Ω pour la mesure dx.
W01,p(Ω) Adhérence de D(Ω) dans W1,p(Ω).
W−1,p0(Ω) Espace dual de W01,p(Ω).
Tk Fonction troncature de niveau k > 0.
Si X est un espace de Banach
Lp(0, T ; X) {u : (0, T ) → X mesurable et RT
0 ku(t)k
p
Xdt < ∞}. C([0, T ]; X) Espace des fonctions contiˆument diff`erentiables
de[0, T ] → X.
L(X; Y ) Espace des applications linéaires continues de X
dans Y .
D(]0, T [; X) Espace des fonctions de C∞ de ]0, T [→ X et à support compact.
D0(0, T ; X) = L(D(]0, T [; X)) Espace des distributions sur ]0, T [ à valeurs dans X.
T01,1(Q) {u : Q → R mesurable, Tk(u) ∈ L1(0, T ; W01,1(Ω)), ∀k > 0}.
M(Ω) Espace des mesures de Radon.
Dans ce mémoire, nous étudions l’existence et la régularité d’un problème pa-rabolique non linéaire à donnée mesure. Précisément, le problème type que nous avons étudié posé sur un domaine borné et régulier Ω dans RN avec N ≥ 2 et
faisant intervenir un opérateur en forme divergentielle Au = −div(a(x, t, u, ∇u)) o`u a(x, t, σ, ξ): Ω×]0, T [×R × RN → RN est une fonction de Carathéodory vérifiant les
hypothèses de type Leray-Lions (vior (2.1)-(2.3) ci- dessous).
L’analyse mathématique de ce problèmes nécessite un choix approprié des espaces fonctionnels et d’y démontrer l’existence et par fois l’unicité et la régularité de la solution.
Illustrons tout d’abord une difficulté qui peuvent apparaître lors de l’étude de ce problèmes en considérant le problème modèle suivant :
(P ) u0+ Au = µ sur Q = Ω×]0, T [, u(x, t) = 0 sur Σ = ∂Ω×]0, T [, u(x, 0) = 0 dans Ω
o`u T un nombre réel positif, et µ appartient à l’espace des mesures de Borel bornées
sur Q. Pour fixer les idées, on peut considèrer comme exemple particulier de problème (P ) le problème suivant : (P1)
u0 − div(|∇u|p−2∇u) = µ sur Q = Ω×]0, T [,
u(x, t) = 0 sur Σ = ∂Ω×]0, T [,
Si A et µ ne dépendant pas du temps, alors A se réduit à un opérateur de type pseudo-monotone elliptique satisfaisant les hypothèses classiques de Leray-Lions qui opère de W01,p(Ω) dans son dual. Dans ce cas, nous étudions le comportement asymptotique des solutions du problème (P ) lorsque t tend vers à l’infini, prouvant qu’il converge d’une manière convenable vers la solution stationnaire du mˆeme
problème c’est-à-dire la solution v du problème aux limites elliptique :
(P2) −div(a(x, ∇v)) = µ sur Q = Ω×]0, T [, v = 0 dans Ω.
Dans le cas p > 2 − N1 avec µ une mesure de Radon, Boccardo et Gallout¨et
[12] montrent que la solution faible du problème (P2) est dans l’espace de Sobolev
W01,q(Ω) o`u 1 < q < N (p−1)N −1 .
Une difficulté dans l’étude de tels problèmes concernent le cˆote droit peut-ˆetre
très singulier, qui force le choix d’une formulation appropriée qui assure à l’existence de la solution.
L’existence et l’unicité de la solution faible du problème (P ) (cas o`u u(x, 0) = u0,
et la donnée µ est une mesure de Radon bornée (P3)) a été étudié en 1989 par
Boccardo et Gallou¨et [12], montrent que la solutions faible du problème (P3) pour
p > 2 − N +11 est dans les espaces Lq(0, T ; W1,q
0 (Ω)) o`u q <
(P −1)(N +1)+1
N +1 . Il est donc
hors question que la solution appartient à l’espace L1(0, T ; W1,1
0 (Ω)), puisque le
gradient de u au sens usuel n’existe pas et il plus claire dans quel sens il faut résoudre le problème (P ).
Pour surmonter cette difficulté, Bénilan, Boccardo, Gallouët, Gariepy, Pierre et Vazquez ont introduit dans [11] un nouvel espace T01,1(Q) (qui est une extension de l’espace de Sobolev L1(0, T ; W1,1
0 (Ω))) dans lequel on peut donner un sens au gradient
de u, qui n’est pas en général localement intégrable. L’idée consiste à considérer la troncature Tk(u) de la solution u et à travailler avec la dérivée ∇Tk(u) au lieu de
∇u.
Ce travail est basée essentiellement sur l’article [14] publié par "Lucio Boccardo, Andrea Dall’Aglio, Thierry Gallou¨et et Luigi Orsina" en 1997. l’auteur a utilisé la
(P ).
Le travail se propose de reprendre systématiquement toutes les démonstrations de l’article [14] en les détaillant dans l’espoir de les rendre plus claires pour un public plus large. Cela nous amène à rappeler sans démonstration certaines notions fondamentales utilisées (les espaces de Sobolev, résultats d’intégration, théorème de Rellich-Kondrachov... ). Ces notations préliminaires sont disponibles dans tout ouvrage de référence en Analyse fonctionnelle.
Dans le deuxième chapitre, on montrer le théorème d’existence de solution du (P0). Enfin, le chapitre 3 est consacré à la preuve du théorème d’existence de solution faible de (P ). La résolution du problème (P ) se fait en plusieurs étapes :
1. Approximation du problème (P ) par une suite de problèmes (Pn) réguliers à
données dans un espace de Sobolev réflexif.
2. Estimations à priori sur les solutions approchées de problème (Pn).
Ces estimations sont établies en utilisant l’inégalité d’interpolation de Gaglirdo-Nirenberg :
kukLγ(Ω) ≤ Ck∇ukθ(Lq(Ω))Nkuk1−θLρ(Ω),
o`u 0 ≤ θ ≤ 1, 0 ≤ γ < +∞, 1 γ = θ 1 q − 1 N ! +1 − θ ρ .
3. Passage à la limite dans (Pn).
Il réalisé en adaptant la méthode que Baccardo a utilisé dans le cas elliptique (voir[13]).
Chapitre
1
Outils d’analyse fonctionnelle
Dans ce chapitre, nous présentons quelques définitions et rappels des résultats nécessaires pour la suite de ce travail. Nous introduirons quelques définitions, lemmes, et quelques théorèmes sur les espaces fonctionnels, ensuite nous donnons quelques définitions et résultats sur les opérateurs.
1.1
Mesures de Radon
Soit Ω un ouvert de RN, C(Ω) l’ensemble des fonctions continue sur Ω à valeurs
complexe.
Définition 1.1. Le support d’une fonction continue u, notée supp u, est l’adhérence
de l’ensemble des points o`u u est nulle. Nous posons
Cc(Ω) := {u ∈ C(RN) : supp u est un compact de Ω}.
D(Ω) := {u ∈ C∞(RN) : supp u est un compact de Ω}.
On munit l’espace Cc par la norme
kuk∞= sup
x∈Ω
|u(x)|.
Définition 1.2. Une mesure de Radon sur Ω est une forme linéaire µ : Cc(Ω) → C
telle que pour tout compact K de Ω, il existe cK ≥ 0 tel que, pour tout u ∈ Cc(Ω) supp u ⊂ K =⇒ |hµ, ui| ≤ cKkuk∞.
Définition 1.3. L’espace des mesures de Radon sur Ω est définie par
M(Ω) = {µ : Cc(Ω) → C µ est linéaire et continue} .
Exemple 1.1. (Mesure de Dirac) Si u ∈ Ω, la mesure de Dirac est définie par
hδ, ui = u(0).
Remarque 1.1. L’espace des mesures de Radon sur Ω est donc le dual de l’espace des fonctions continue à support compact, la convergence dans M(Ω) est appelée convergence vague.
En général, la convergence au sens des distributions d’une suite de mesures de Radon,
hµn, ui → hµ, ui ∀u ∈ D(Ω),
n’implique pas la convergence vague. Nous utilisant la notion suivant pour obtenir une condition suffisant. Soient K un compact de Ω et µ ∈ M(Ω). Nous posons
kµkK := sup{| hµ, ui | : u ∈ D(Ω) kuk∞ = 1, supp u ⊂ K}.
Proposition 1.1. Soient µn ⊂ M(Ω), µ ∈ M(Ω). Si, pour tout ϕ ∈ D(Ω)
hµn, ϕi → hµ, ϕi et si, pour tout compact K de Ω,
sup
n kµnkK < ∞ Alors, µn converge vaguement vers µ.
1.2
Espaces fonctionnels
Les espaces de Sobolev sont un outil important dans l’étude des équations aux dérivées partielles paraboliques. Il s’avère donc nécessaire d’en faire une brève présentation avant d’aborder ces équations. Nous reprenons dans cette section certains
énoncés de Brezis [1] et de DiBenedetto [5], pour une présentation plus complète des espaces de Sobolev, on pourra aussi voir Adams [2].
Dans toute la suite désigne Ω un domaine borné dans RN de frontière ∂Ω et T
un nombre réel positif.
On note par Q le cylindre
Q = Ω×]0, T [
et par Σ est la frontière latérale de Q
Σ = ∂Ω×]0, T [
On désigne par L1(Ω) l’espace des fonctions intégrables au sens de Lebesgue sur Ω à
valeurs dans R. On pose :
kf kL1 =
Z
Ω
|f (x)|dx. On définit ensuite pour tout 1 ≤ p < ∞ l’espace :
Lp(Ω) =nf : Ω → R; f mesurable et |f |p ∈ L1(Ω)o
,
que l’on munit de la norme :
kf kLp = Z Ω |f (x)|pdx 1 p .
Lors que p = ∞, on a la définition suivante :
L∞(Ω) = {f : Ω → R; f mesurable et ∃ C ∈ R+, |f (x)| ≤ C; p.p sur Ω} ,
dont la norme est :
kf kL∞ = inf {C; |f (x)| ≤ C p.p. sur Ω} .
Théorème 1.2. L’espace (Lp(Ω), k.kLp) est un espace de Banach pour tout 1 ≤ p ≤
∞.
Démonstration. La démonstration de ce théorème se trouve dans [1].
Théorème 1.3. (Théorème de la convergence dominée de Lebesgue[1]) Soit fn une suite de fonctions de L1(Ω). On suppose que
a) fn(x) → f (x) p.p sur Ω.
b) il existe une f onction g ∈ L1 telle que pour chaque n, |fn(x)| ≤ g(x) p.p sur Ω. Alors
f ∈ L1 et kfn− f kL1 → 0.
Lemme 1.4. (Lemme de Fatou) Soit (fn) une suite de fonctions de L1 telle que pour chaque n ,(fn(x)) ≥ 0 p.p sur Ω,
supnR
fn < ∞,
Pour chaque x ∈ Ω on pose f (x) = limn→∞inf fn(x). Alors f ∈ L1(Ω) et
Z
f ≤ lim
n→∞inf fn.
Théorème 1.5. (Théorème de densité) L’espace Cc(Ω) est dense dans Lp pour
1 ≤ p < ∞ i.e
∀f ∈ Lp(Ω) et ∀ε > 0, ∃f
ε∈ Cc(Ω) tel que kf − fεkLp < ε.
1.2.1
Espace de Sobolev W
1,p(Ω)
Définition 1.4. Pour tout 1 ≤ p ≤ ∞, on désigne par p0 l’exposant conjugué de p c’est-à-dire 1p + p10 = 1.
Définition 1.5. Soient Ω un ouvert non vide de RN et 1 ≤ p ≤ ∞. On définit
l’espace de Sobolev W1,p(Ω) par :
W1,p(Ω) = ( u ∈ Lp(Ω)\ ∀i, 1 ≤ i ≤ N, ∂u ∂xi ∈ Lp(Ω) ) , munit de la norme : kukW1,p = kukLp+ N X i=1 ∂u ∂xi Lp ,
ou bien de la norme équivalente :
kukW1,p = kukpLp+ N X i=1 ∂u ∂xi p Lp ! 1 p . si 1 ≤ p < ∞ pour p = 2 W1,2(Ω) = H1(Ω)
L’espace H1(Ω) est muni du produit scalaire : (u, v)H1 = (u, v)L2 + N X i=1 ∂u ∂xi , ∂v ∂xi ! L2
est un espace de Hilbert. La norme associée : kukH1 = kuk 2 L2 + N X i=1 ∂u ∂xi 2 L2 1 2
est équivalente à la norme de W1,2.
Proposition 1.6. i) L’espace W1,p est un espace de Banach pour 1 ≤ p ≤ ∞.
ii) L’espace W1,p est séparable pour 1 ≤ p < ∞, et réflexif pour 1 < p < ∞.
Théorème 1.7. (Formule de Green) Soit Ω un ouvert borné de régulier de classe C1, alors pour tout u, v ∈ H1(Ω), on a la formule de Green :
Z Ω ∂u ∂xi vdx + Z Ω u∂v ∂xi vdx = Z ∂Ω uvnidΓ o`u n = (ni)1≤i≤N est la normale unité extérieure à ∂Ω.
Définition 1.6. On note pour 1 ≤ p ≤ ∞
W01,p(Ω) =D(Ω)W1,p(Ω).
L’espace W01,p(Ω) muni de la norme
kukW1,p
0 (Ω) = k∇ukL
p(Ω).
Comme pour 1 ≤ p < ∞ , l’espace D(Ω) est par définition dense dans W01,p(Ω), on peut identifier le dual de W01,p(Ω) à un sous-espace de l’espace des distributions D0(Ω) par :
Injections de Sobolev :
Soient B1 et B2 deux espaces de Banach.
Définition 1.7. On dit que B1 s’injecte d’une façon continue dans B2 et on note
B1 ,→ B2 si :
• B1 ⊂ B2.
• Si l’application identité i : B1 → B2 est continue i.e
kukB2 ≤ ckukB1.
Théorème 1.8. Soit Ω un ouvert de RN avec |Ω| < ∞, Alors pour tout 1 ≤ q ≤ p ≤ +∞ on a Lp(Ω) ,→ Lq(Ω).
Nous présentons maintenant un théorème important qui affirme que si 1 ≤ p < N alors W1,p(Ω) ,→ Lp∗(Ω) pour certain p < p∗ < ∞, et on prend Ω = RN
Théorème 1.9. (Inégalité de Sobolev)
Soit 1 ≤ p < N , alors W1,p(RN) ,→ Lp∗(RN) o`u p∗ est l’exposent conjugué de Sobolev donné par 1
p∗ =
1
p −
1
N , et il existe une constante C = C(p, N ) telle que
kukLp∗ ≤ Ck∇ukLp ∀u ∈ W1,p(RN).
Définition 1.8. On dit que B1 s’injecte d’une façon compacte dans B2 et on note
B1 ,→cB2 si
• B1 ,→ B2,
• et tout borné de B1 est relativement compacte dans B2.
Maintenant on présente le théorème de Rellich-Kondrachov qui est un résultat très important dans l’étude des EDP paraboliques, parce que il montre l’injection entre l’espace de Sobolev W1,p(Ω) et espace de Lebesgue Lp(Ω), ce résultat de compacité
est un outil fort dans l’étude des EDP qui nous permet de passer d’un espace de Sobolev à un espace de Lebesgue.
Théorème 1.10. (Rellich-Kondrachov[1])
Soit Ω un ouvert borné de classe C1, et 1 ≤ p < ∞ alors toute partie bornée dans W1,p(Ω) est relativement compacte dans Lp(Ω).
Remarque 1.2. Ceci traduit que l’injection W1,p(Ω) ,→ Lp(Ω) est compacte. Si
on remplace l’espace W1,p(Ω) par W1,p
0 (Ω) alors l’injection précédente est vérifiée
indépendamment de la régularité du domaine Ω.
1.2.2
Les espaces L
p(0, T ; X)
Dans cette section, on présente brièvement quelques résultats utiles sur les espaces des fonctions à valeurs dans un espace de Banach.
Dans toute la suite désigne X un espace de Banach muni de la norme k.kX et T
un réel strictement positif. On définit les espaces suivants :
C([0, T ]; X) = {u : [0, T ] → X continue}, Lp(0, T ; X) = {u : (0, T ) −→ Xmesurable; Z T 0 ku(t)kpXdt < ∞}, 1 ≤ p < ∞ munit de la norme : kukLp(0,T ;X) = Z T 0 ku(t)kpXdt !p1 .
Et L∞(a, b, X) est l’espace des fonctions essentiellement borné sur (0, T ) définie par :
L∞(0, T ; X) = {u : (0, T ) −→ X mesurable; ∃C ≥ 0, ku(t)kX ≤ C p.p},
muni de la norme :
kukL∞(0,T ;X) = sup
t∈(0,T )
essku(t)kX.
Pour tout 1 ≤ p ≤ ∞, l’espace Lp(0, T ; X) est un espace de Banach.
Naturellement, on a
Lp(0, T ; Lp(Ω)) = Lp(Q).
Proposition 1.11. Pour 1 ≤ p < ∞ on a :
(i) Si X est séparable alors Lp(0, T ; X) est aussi séparable.
Démonstration. Voir [4].
Remarque 1.3. (cf. Michel [3]) Soient X et Y deux espace de Banach tels que
X ,→ Y . Alors il est claire que
Lp(0, T ; X) ,→ Lp(0, T ; Y ) 1 ≤ p ≤ ∞
Définition 1.9. Soit 1 ≤ p < ∞. On dit qu’une suite de fonctions (fn)n de Lp(0, T ; X) est p-équi-intégrable si elle vérifie la condition suivante :
∀ε > 0, ∃δ > 0 tel que, ∀n ≥ 1, ∀A ⊂ (0, T ) mesurable avec |A| < δ, on ait
Z
A
kfn(t)k p
Xdt < ε.
Remarque 1.4. Une suite fn de fonctions de Lp(0, T ; X) est p-équi-intégrable (cf.
J. Droniou [4]).
Un théorème important permettant de montrer la convergence forte d’une suite à partir d’une convergence presque partout est le Théorème de Vitali.
Théorème 1.12. (Théorème de Vitali [4])
Soit 1 ≤ p < ∞. Si (fn)n est une suite de Lp(0, T ; X) convergeant presque partout vers f , alors
fn→ f f ortement dans Lp(0, T ; X) ⇐⇒ (fn)n est p − équi − intégrable.
Définition 1.10. On désigne par D0(0, T ; X) l’espace des distributions sur ]0; T [ à valeurs dans X, défini par :
D0(0, T ; X) = L(D(]0, T [; X)
De façon générale L(X, Y ) désigne l’espace des applications linéaires continues de X dans Y . Si u ∈ D0(0, T ; X), sa dérivée distribution est définie par :
∂u ∂t(ϕ) := −u dϕ dt ! ∀ϕ ∈ D(]0, T [).
Si u ∈ Lp(0, T ; X), il lui correspond une distribution encore notée u sur ]0; T [ à valeurs dans X, définie par :
u(ϕ) =
Z T 0
intégrale à valeurs dans X, on peut encore définir ∂u ∂t comme élément de D 0(0, T ; X) par ∂u ∂t(ϕ) = −u dϕ dt ! ∀ϕ ∈ D(]0, T [). On vérifie sans peine le
Lemme 1.13. (cf. Lions [6]) Si u ∈ Lp(0, T ; X) et ∂u
∂t ∈ L
p(0, T ; X), 1 ≤ p ≤ ∞ alors u est après modification éventuelle sur un ensemble de mesure nulle de (0, T ), continue de [0, T ] → X.
Lemme 1.14. (Lemme de Gronwall) Si u ∈ L∞(0, T ), v ∈ L1(0, T ) et u(t) ≥ 0,
v(t) ≥ 0. Si u(t) ≤ C + Z T 0 u(s)v(s)ds, Alors u(t) ≤ Cexp Z T 0 v(s)ds ! .
Lemme 1.15. Soit O un ouvert borné de RN
x × Rt, gµ et g des fonctions de Lq(O),
1 < q < ∞, telles que
kgµkLq(O)≤ C, gµ → g p.p. dans O.
Alors gµ → g dans Lq faible.
Lemme 1.16. [7] Soit f : R → R une fonction continue, C1 par morceaux telle que
f (0) = 0 et f0 est nulle à partir d’un ensemble compact de R, notons F (s) =Rs
0 f (r)dr. Si u ∈ Lp(0, T ; W1,p 0 (Ω)) avec u0 ∈ Lp 0 (0, T ; W−1,p0(Ω)) + L1(Q), et si ψ ∈ C∞(Q), alors on a Z T 0 hu0, f (u)ψi dt = Z Ω F (u(T ))ψ(T )dx − Z Ω F (u(0))ψ(0)dx − Z Q ψ0F (u)dtdx.
Théorème 1.17. (Théorème de Stampachia)
Soit Φ : R → R une fonction lipschitzienne telle que Φ(0) = 0. Alors pour tout u ∈ Lp(0, T ; W01,p(Ω)), Φ(u) ∈ Lp(0, T ; W1,p
0 (Ω)) et ∇Φ(u) = Φ
0(u)∇u presque
partout dans Q.
1.3
Quelques inégalités utiles
Inégalité de Young
Soient p et p0 deux réels vérifiant 1p + p10 = 1 alors
∀(a, b) ∈ R2 +, ab ≤ 1 pa p+ 1 p0 b p0.
Que l’on utilisera aussi par fois sous la forme ∀(a, b) ∈ R2 +, ∀ε > 0, ab ≤ εap+ Cεbp 0 avec Cε= ε − 1 p−1. Inégalité de Hölder
Soient f ∈ Lp(Ω) et g ∈ Lp0(Ω) avec 1 ≤ p ≤ ∞ alors f g ∈ L1(Ω) et on a : Z
|f g| ≤ kf kLpkgk
Lp0.
Dans le cas particulier o`u p = p0 = 2 on obtient l’inégalité de Cauchy-Schwarz :
Z |f g| ≤ kf kL2kgkL2. Inégalité de Minkowski Si 1 ≤ p < ∞, alors kf + gkLp ≤ kf kLp+ kgkLp. Inégalité de Poincaré
On suppose que Ω est un ouvert borné. Alors il existe une constante C dépendant de Ω et p telle que
kukLp ≤ Ck∇ukLp, ∀u ∈ W01,p(Ω) (1 ≤ p < ∞)
En particulier l’expression k∇ukLp est une norme sur W01,p(Ω) qui équivalente a la
norme kukW1,p.
Inégalité d’interpolation Gagliardo-Nirenberg
Nous rappelons ici un théorème qui sera d’un usage dans ce qui suit.
Soit v ∈ W01,p(Ω), p ≥ 1. Pour tout nombre fixé s ≥ 1, il existe une constante C
qui dépend uniquement de N , p et s telle que :
kvkLq(Ω) ≤ Ck∇vkα(Lp(Ω))Nkvk1−αLs(Ω), (a) O`u α ∈ [0, 1], p, q ≥ 1 vérifie : α = 1 s − 1 q ! 1 N − 1 p + 1 s !−1 , Et valable si : (a.i) Si N = 1, q ∈ [s, ∞], α ∈ " 0, p p + s(p − 1) # , (a.ii) Si 1 ≤ p < N, α ∈ [0, 1] et q ∈ " s, N p N − p # si s ≤ N p N − p q ∈ " N p N − p, s # si s ≥ N p N − p, (a.iii) Si p ≥ N > 1, q ∈ [s, +∞) et α ∈ " 0, N p N p + s(p − N ) # .
On a alors le résultat suivant :
Lemme 1.19. Soit v ∈ W01,q(Ω) ∩ Lρ(Ω), o`u q ≥ 1, ρ ≥ 1. Alors il existe une constante C qui dépend uniquement de N ,q et ρ telle que :
kvkLγ(Ω) ≤ Ck∇vkθ(Lq(Ω))Nkvk1−θLρ(Ω), (1.1)
pour chaque θ et γ satisfaisant
0 ≤ θ ≤ 1, 0 ≤ γ < +∞, 1 γ = θ 1 q − 1 N ! +1 − θ ρ . (1.2) Démonstration. Voir [9].
Définition 1.11. Soient q, ρ ≥ 1, on considérons les espaces de Banach :
Vρ,q(Q) ≡ L∞(0, T ; Lρ(Ω)) ∩ Lq(0, T ; W1,q(Ω)),
et
Et muni de la norme, pour v ∈ Vρ,q(Q)
kvkVρ,q(Q) ≡ sup ess0<t<TkvkLρ(Ω)+ k∇vk(Lq(Q))N.
Si ρ = q on a
Vq,q(Q) ≡ Vq(Q) et V0q,q(Q) ≡ V0q(Q)
La proposition suivante montre l’injection continue de V0ρ,q(Q) dans Lσ(Q) :
Proposition 1.20. [5] Pour chaque v ∈ V0ρ,q(Q), il existe une constante C dépend
uniquement de N ,q et ρ telle que :
Z Q |v|σ ≤ CkvkρqN L∞(0,T ;Lρ(Ω)) Z Q |∇v|q, (1.3) o`u σ = qN + ρ N .
Démonstration. On suppose que N (q − ρ) + ρq > 0, pour σ = qN + ρ
N = q + qρ N on a Z Ω |v(x, t)|σdx = Z Ω |v(x, t)|q|v(x, t)|qρNdx = Z Ω |v(x, t)|N −qN q N −qN
(|v(x, t)|ρ)Nq dx d0apr´es l0in´egalit´e de H ¨older on a
≤ Z Ω |v(x, t)|N −qN q dx N −qN Z Ω |v(x, t)|ρdx q N
Et d’après l’inégalité de Sobolev on a :
Z Ω |v(x, t)|N −qN q dx N −qN ≤ C Z Ω |∇v|q 1 q Ceci implique Z Ω |v(x, t)|N −qN q dx N −qN ≤ CqZ Ω |∇v|q Donc Z Ω |v(x, t)|σdx ≤ CqZ Ω |∇v|q Z Ω |v(x, t)|ρdx q N
On sait que v ∈ L∞(0, T ; Lρ(Ω)) d’o`u
Z Ω |v|ρdx ≤ sup ess 0<t<T Z Ω |v(x, t)|ρdx
On trouve Z Ω |v(x, t)|σdx ≤ CqZ Ω |∇v|q sup 0<t<T ess Z Ω |v(x, t)|ρdx !Nq (1.4) On intégrant (1.4) sur (0, T ) on obtient
Z T 0 Z Ω |v(x, t)|σdxdt ≤ C Z T 0 Z Ω |∇v|q ! sup 0<t<T ess Z Ω |v(x, t)|ρdx !Nq En déduit que (1.3).
1.4
Opérateurs monotones
Nous aurons besoin aussi dans la suite des quelques définitions et propriétés des opérateurs. Dans tout ce suite V désigne un espace de Banach, et V0 son dual topologique.
Définition 1.12. On dit que l’opérateur A définit de V dans V0, est 1. borné s’il existe C > 0 tel que :
kAukV0 ≤ CkukV, ∀u ∈ V.
2. monotone si
< A(u) − A(v), u − v >V0,V≥ 0 ∀u, v ∈ V.
3. strictement monotone si
< A(u) − A(v), u − v >V0,V> 0 ∀u, v ∈ V, u 6= v.
4. hémicontinu de V dans V0
∀u, v, w ∈ V, l0application λ ∈ R → hA(u + λv), wi ∈ R est continue.
5. l’opérateur A, définit de V dans V0 est coercif s’il existe α > 0 tel que : hA(u), ui ≥ αkukpV, ∀u ∈ V, 1 < p < ∞,
où bien
hA(u), ui kukV
Théorème 1.21. Soit V un espace de Banach réflexif séparable. Soit A un opérateur
de V dans son dual V0 borné, hémicontinu, monotone et coercif. Alors A est surjectif, i.e. pour f ∈ V0, il existe u ∈ V tel que
A(u) = f. Démonstration. Voir [6].
Théorème 1.22. [6] Soit V un espace de Banach réflexif et séparable contenu dans un espace de Hilbert H , tel que V ⊂ H ⊂ V0avec V0 son dual de V .
Soit A un opérateur (non linéaire) de V → V0 ayant les propriétés suivantes :
• A est hémicontinu de V → V0, et kA(v)k
∗ ≤ ckvkp−1,
• A est monotone de V → V0,
• hA(v), vi ≥ αkvkp, α > 0, ∀v ∈ V (1 < p < ∞). Soient f et u0 donnés avec
f ∈ Lp0(0, T ; V0), u0 ∈ H.
Il existe alors une fonction u et une seule telle que u ∈ Lp(0, T ; V ), u0+ A(u) = f,
u(0) = u0.
Théorème 1.23. Soit H un espace de Hilbert tel que
V ,→dense H ,→ V0
Si on donne alors une fonction u ∈ Lp(0, T ; V ) telle que u0 ∈ Lp0(0, T ; V0). Alors u
Chapitre
2
problèmes paraboliques à données
fonctions
Dans ce chapitre nous allons montrer qu’il existe une solution du problème parabolique dont la modèle suivant :
(P0) u0 + Au = f sur Q = Ω×]0, T [, u(x, t) = 0 sur Σ = ∂Ω×]0, T [, u(x, 0) = 0 dans Ω.
O`u A est un opérateur du type Leray-Lions qui opère de Lp(0, T ; W1,p
0 (Ω)) dans son
dual, f ∈ L2(Q).
2.1
Hypothèses sur les données
Nous allons présenter dans cette section les hypothèses qui seront utilisées pour étudier le problème (P0).
Soit Ω un domaine borné de RN (N ≥ 2) , T un nombre réel positif, et l’opérateur
A de type Leray-Lions définie par
Au = −div(a(x, t, u, ∇u))
Nous supposons que la fonction a(x, t, σ, ξ) : Ω×]0, T [×R×RN → RN est une fonction
mesurable par rapport à (x, t) pour tout (σ, ξ) ∈ R × RN) qui satisfait les hypothèses
suivantes :
• Il existe une constante α > 0 tel que pour presque tout (x, t) ∈ Q, pour tout (σ, ξ) ∈ R × RN on a
a(x, t, σ, ξ)ξ ≥ α|ξ|p (2.1)
• Il existe une constante β > 0 et η(x, t) ∈ Lp0(Q), o`u p0 = p
p−1 tels que pour
presque tout (x, t) ∈ Q, pour tout (σ, ξ) ∈ R × RN on ait
|a(x, t, σ, ξ)| ≤ βhη(x, t) + |σ|p−1+ |ξ|p−1i (2.2) • Pour presque tout (x, t) ∈ Q, pour tout σ ∈ R, ξ, ξ0
∈ RN, ξ 6= ξ0, on a a est
strictement monotone i.e :
[a(x, t, σ, ξ) − a(x, t, σ, ξ0)] .(ξ − ξ0) > 0 (2.3)
• O`u l’exposant p est donné tel que
p ≥ 2 (2.4)
Ces hypothèses sont classiques pour l’étude des opérateurs non linéaires sous forme divergentielle, les conditions (2.1) et (2.2) sont dite de coercitivité et de croissance respectivement.
2.2
Quelques lemmes de base
Soit Ω un ouvert borné de RN, posons V = Lp(0, T ; W1,p
0 (Ω)) pour 2 ≤ p < ∞
l’opérateur A défini par
Au = −div(a(x, t, u, ∇u))
Lemme 2.1. L’opérateur A est borné, et bien définie de V dans V0 = Lp0(0, T ; W−1,p0
(Ω)) ,
p0 = p
p − 1, o`u L p0
Démonstration. D’après la formule de Green : pour ϕ ∈ V on a
hAu, ϕi = h−div(a(x, t, u, ∇u)), ϕi =
Z
Q
a(x, t, u, ∇u)∇ϕ dxdt
Montrons que l’opérateur A est borné de V dans V0. Rappelons d’abord que A est
borné signifie que :
kukV ≤ 1, ∃C > 0 kAukV0 ≤ C.
Soit u ∈ V tel que kukV ≤ 1
kAukV0 = sup ϕ∈V kϕk≤1 | hAu, ϕi | = sup ϕ∈V kϕk≤1 Z Q a(x, t, u, ∇u)∇ϕ dxdt ≤ sup ϕ∈V kϕk≤1 Z Q |a(x, t, u, ∇u)||∇ϕ| dxdt.
Grˆace à (2.2) et d’après l’inégalité de H¨older et Minkowski, on a
Z Q |a(x, t, u, ∇u)||∇ϕ| dxdt ≤ β Z Q h η(x, t) + |u|p−1+ |∇u|p−1i|∇ϕ| dxdt ≤ β Z Q η(x, t) + |u|p−1+ |∇u|p−1p 0 dxdt 1 p0 Z Q |∇ϕ|pdxdt 1 p ≤ β " kηkLp0(Q)+ Z Q |u|(p−1)p0 1 p0 + Z Q |∇u|(p−1)p0 1 p0 # k∇ϕkLp(Q) ≤ β " kηkLp0(Q)+ Z Q |u|(p−1)p0 1 p0 + Z Q |∇u|(p−1)p0 1 p0 # .
Il est clair que kηkLp0(Q) ≤ C et
Z Q |u|(p−1)p0 1 p0 = Z Q |u|p 1 p !p−1 = kukp−1Lp(Q)
Grˆace `a l’in`egalit`e de Poincar`e on a
kukp−1Lp(Q) ≤ Ck∇uk
p−1 Lp(Q)
≤ C kukp−1V ≤ C.
de mˆeme, on se trouve Z Q |∇u|(p−1)p0 1 p0 ≤ C. Alors, on a Z Q |a(x, t, u, ∇u)||∇ϕ| dxdt ≤ C. Donc kAukV0 ≤ C.
Ce qui montre que, pour u ∈ V , Au est bien définit et que A est borné.
Lemme 2.2. L’opérateur A est monotone, hémicontinu, et coercif.
Démonstration. Montrons que l’opérateur A est monotone
En effet, pour tout couple u, v ∈ V, on a hAu − Av, u − vi =
Z
Q
[a(x, t, u, ∇u) − a(x, t, v, ∇v)] [∇u − ∇v] > 0.
Car d’après (2.3), on a [a(x, t, u, ∇u) − a(x, t, v, ∇v)] [∇u − ∇v] > 0, alors A est strictement monotone. D’o`u
hAu − Av, u − vi > 0. Montrons que A est hémicontinu
∀λn ∈ R, ∀u, v, w ∈ V , on a
hA(u + λnv), wi =
Z
Q
a(x, t, u + λnv, ∇(u + λnv)) ∇w dx dt
On a a est une fonction Carathéodory alors
a(x, t, u + λnv, ∇(u + λnv)) ∇w → a(x, t, u, ∇u)∇w p.p dans Q (λn→ 0)
et d’après (2.2) on a
|a(x, t, u + λnv, ∇(u + λnv))||∇w| ≤ βhη(x, t) + |u + λnv|p−1+ |∇(u + λnv)|p−1i|∇w| puisque quand n → +∞, λn→ 0 nous prenons |λn| ≤ 1, doit être
|a(x, t, u + λnv, ∇(u + λnv))||∇w| ≤ β
h
Grâce à l’inégalité de Young |a(x, t, u + λnv, ∇(u + λnv))||∇w| ≤ β " 1 p0 h η + (|u| + |v|)p−1+ (|∇u| + |∇v|)p−1ip 0 +1 p|∇w| p # d’autre part, on a " 1 p0 h η + (|u| + |v|)p−1+ (|∇u| + |∇v|)p−1ip 0 +1 p|∇w| p # ∈ L1(Q)
D’après le théorème de convergence dominée de Lebesgue, on obtient lim
n→+∞hA(u + λnv), wi = hA(u), wi
d’où l’hémicontinuité de A.
Montrons que l’opérateur A est coercif Soit u ∈ V , d’apr´es (2.1) on obtient
hAu, ui = Z Q a(x, t, u, ∇u)∇u dx dt ≥ α Z Q |∇u|p dx dt = αk∇ukpLp(Q) = αkukpV Alors, A est coercif.
2.3
Résultats d’existence
Le résultat principal du chapitre est le suivant.
Théorème 2.3. Sous les hypothèses (2.1)-(2.4), il existe alors une solution u telle
que u ∈ Lp(0, T ; W1,p
0 (Ω)) du problème (P0).
Démonstration. On a W01,p(Ω) est un espace de Banach réflexif et séparable pour 2 ≤ p < ∞, et
W01,p(Ω) ⊂ L2(Ω) ⊂ W−1,p0(Ω) (2.5) avec injection continue et dense. De plus l’opérateur A vérifie toutes les hypothèses du théorème 1.22, donc il existe une solution u de problème (P0) telle que
Remarque 2.1. Si u vérifie (2.6) alors A(u) ∈ Lp0(0, T ; W−1,p0(Ω)). Il résulte alors de (2.6) et de la premier équation de problème (P0) que
u0 ∈ Lp0(0, T ; W−1,p0
(Ω)). (2.7)
De (2.5), (2.6) et (2.7). Il résulte en particulier grˆace au théorème 1.23 que u
appartient à
u ∈ C([0, T ]; L2(Ω)) (2.8)
de sorte que la dernière égalité de problème (P0) a un sens, et on déduit que
Chapitre
3
Problèmes paraboliques à données mesures
L’objectif de ce chapitre est l’étude de l’existence et la régularité de solutions du problème suivant : (P ) u0+ Au = µ sur Q = Ω×]0, T [, u(x, t) = 0 sur Σ = ∂Ω×]0, T [, u(x, 0) = 0 dans Ω.
o`u Ω un domaine borné de RN (N ≥ 2) . µ appartient à M(Q) (l’espace des mesures de Borel bornées sur Q) et l’opérateur A définie par Au = −div(a(x, t, σ, ξ)) o`u A est de type Leray − Lions, et a(x, t, σ, ξ) est une fonction de Carathéodory. On
supposera vérifiées les mˆemes hypothèses du problème (P0) c’est-à-dire (2.1)-(2.4). Dans ce chapitre, on définit la notion de solution faible du problème (P ). On fait ensuite la démonstration du résultat d’existence de solution du problème (P ). A la fin de ce chapitre, on étudie la régularité de solution du problème (P ).
3.1
Position du problème
Définition 3.1. On dit que une fonction u ∈ L1(0, T ; W01,1(Ω)) est une solution faible du problème (P ) si a(x, t, u, ∇u) ∈ (L1(Q))N et
− Z Q u∂ϕ ∂t + Z Q a(x, t, u, ∇u)∇ϕ dx dt = Z Q ϕ dµ (3.1)
Notre résultat principale dans ce mémoire est :
Théorème 3.1. Supposons que les hypothèses (2.1)-(2.4) sont satisfaits et soit µ ∈
M(Q). Alors le problème (P ) possède au moins une solution u ∈ Lr(0, T ; W1,q 0 (Ω))
pour chaque paire (q, r) telle que
1 < q < min ( N (p − 1) N − 1 , p ) , 1 ≤ r ≤ p, (3.2) N (p − 2) + p r + N q > N + 1. (3.3)
Remarque 3.1. En ce qui concerne la borne sur q, remarquons que
min ( N (p − 1) N − 1 , p ) = N (p − 1) N − 1 si p < N, p si p ≥ N.
3.2
Démonstration du théorème 3.1
La démonstration de Théorème 3.1 est donnée par les étapes suivantes :
1. Approximation du problème (P ) par une suite de problèmes (Pn) qu’on sait
résoudre,
2. Estimations a priori des solutions approchées (un) de problème (Pn),
3. On passe à la limite, grâce à des propriétés de compacité.
3.2.1
Approximation du problème(P)
Supposons que µ ∈ M(Q), et soit (fn) une suite de fonctions de Lp
0
(Q) ⊂ L2(Q)
telle que
kfnkL1(Q) ≤ c, fn→ µ f aible ∗ sur la topologie des mesures.
Nous approchons le problème (P ) par la suite de problèmes :
(Pn)
u0n− div(a(x, t, un, ∇un)) = fn sur Q = Ω×]0, T [, un(x, t) = 0 sur Σ = ∂Ω×]0, T [,
D’après le chapitre 2, il existe une suite des solutions approchées (un) de problème
(Pn) telle que
un∈ Lp(0, T ; W01,p(Ω)) ∩ C([0, T ]; L2(Ω)).
Dans la suite, nous allons utiliser les fonctions suivantes d’une variable réel, définie pour k > 0 :
Tk(s) = max{−k, min{k, s}}, ϕk(s) = T1(s − Tk(s)). (3.4)
O`u la fonction Tk: R → R est appelé fonction ”troncature” valant
Tk(s) = k si s > k, s si |s| ≤ k, −k si s < −k.
Comme cette fonction est lipschitzienne, le théorème de Stampacchia affirme que pour u une fonction Lp(0, T ; W1,p
0 (Ω)), avec p ≥ 1, on a Tk(u) ∈ Lp(0, T ; W01,p(Ω)) et
∇Tk(u) = Tk0(u)∇u.
D’abord on note par T01,1(Q) l’ensemble des fonctions mesurables u : Q → R telle que la fonction troncature Tk(u) ∈ L1(0, T ; W
1,1
0 (Ω)) pour tout k > 0. Par la suite nous
avons besoin de définir la notion du gradient au sens faible de la fonction mesurable
u ∈ T01,1(Q).
Il a été prouvé par P. Bénilan ([11], lemme 2.1) que pour tout u ∈ T01,1(Q) il existe une unique fonction mesurable w : Q → R telle que
∇Tk(u) = wχ{|w|<k}, p.p dans Q, pour tout k > 0,
où χE est la fonction caractéristique de l’ensemble mesurable E.
De plus, si u ∈ L1(0, T ; W1,1
0 (Ω)), alors w coïncide avec le gradient classique de u
et on la note par w = ∇u.
3.2.2
Estimations a priori
Lemme 3.2. Supposant que (2.1)- (2.4) ont lieu. Alors la suite (un) des solutions approchées de problème (Pn) vérifiant les deux estimations suivantes
Z
Bk
|∇un|p ≤ C pour tout k ∈ N (3.6)
o`u Bk= {(x, t) ∈ Q : k ≤ |un(x, t)| < k + 1}.
Nous noterons C toute constante dépendante de (α, |Q|, N, p, q, r et kfnkL1(Q)).
Démonstration. D’après (3.4), la fonction ϕk définie par :
ϕk(s) = 1 si s > k + 1, s − k si k ≤ s ≤ k + 1, 0 si − k ≤ s ≤ k, s + k si − k − 1 ≤ s ≤ −k, −1 si s < −k − 1.
En prenant ϕk(un) comme fonction test dans (Pn), nous obtenons
hu0n, ϕk(un)i +
Z Ω
a(x, t, un, ∇un)∇unϕ0k(un)dx =
Z Ω
fnϕk(un)dx (3.7)
En intégrant (3.7) sur l’intervalle [0, t] ⊂ [0, T [, on voit que :
Z t 0
hu0n, ϕk(un)i dt +
Z
Q
a(x, t, un, ∇un)∇unϕ0k(un)dxdt ≤
Z
Q
|fn||ϕk(un)|dxdt
et le fait que |ϕk(un)| ≤ 1, il vient que
Z t 0
hu0n, ϕk(un)i dt +
Z
Q
a(x, t, un, ∇un)∇unϕk0(un)dxdt ≤ kfnkL1(Q)
D’o`u Z t 0 hu0n, ϕk(un)i dt + Z Q
a(x, t, un, ∇un)∇unϕ0k(un)dx dt ≤ c (3.8)
En particulier de l’inégalité (3.8) que
Z t 0 hu0 n, ϕk(un)i dt ≤ c (3.9) et Z Q
a(x, t, un, ∇un)∇unϕ0k(un)dxdt ≤ c (3.10)
Pour montrer l’estimation (3.5), en utilisant l’inégalité (3.9). Grâce au lemme 1.16,
chapiter1, (lorsque ψ = 1) donne
Z t 0 hu0n, ϕk(un)i dt = Z Ω Z un(x,t) 0 ϕk(σ)dσdx − Z Ω Z un(x,0) 0 ϕk(σ)dσdx
On remplace dans (3.9) devient Z Ω Z un(x,t) 0 ϕk(σ)dσdx ≤ c (3.11) comme Z α 0 ϕk(σ)dσ = α si α > k + 1, 1 2 si k ≤ α ≤ k + 1, 0 si − k ≤ α ≤ k, −1 2 si − k − 1 ≤ α ≤ −k, −α si α < −k − 1. et lim k→0 Z α 0 ϕk(σ)dσ = |α| ∀α ∈ R
En faisant tendre k vers 0 dans l’inégalité (3.11) et utilisant le théorème de convergence dominée de Lebesgue, on obtient pour tout t ∈ [0, T ]
Z
Ω
|un(x, t)| dx ≤ c
Cela montre que la suite (un) est bornée dans L∞(0, T ; L1(Ω)).
Montrons maintenant l’estimation (3.6). Pour ce faire, nous utilisant l’inégalité (3.10)
Z
Q
a(x, t, un, ∇un)∇unϕ0k(un)dxdt ≤ c
il vient, grâce à (2.1) que
α Z Q |∇un|pϕ0k(un)dxdt ≤ c Alors Z Bk |∇un|p ≤ C O`u Bk = {(x, t) ∈ Q : k ≤ |un(x, t)| < k + 1}.
Lemme 3.3. Supposons que les hypothèses (2.1) -(2.4) sont vérifiées et soit µ = fn appartient à Lp0(Q). Alors tout suite (u
n) des solutions approchées de problème (Pn) satisfait l’estimation
kunkLr(0,T ;W1,q
pour toute paire (q, r) d’exposants satisfaisant les hypothèses du théorème 3.1, o`u C1
est une constante dépendant de (α, |Q|, N, p, q, r) qui dépend de fn seulement par sa norme dans L1(Q).
Démonstration. Nous rappelons que si la suite (fn) ∈ Lp
0
(Q), alors la suite (un) des
solutions approchées appartient à Lp(0, T ; W1,p 0 (Ω)).
Soit λ un nombre réel tel que λ > 1, et de (3.6) on obtient
Z Q |∇un|p (1 + |un|)λ = ∞ X k=0 Z Bk |∇un|p (1 + |un|)λ ≤ ∞ X k=0 1 (1 + k)λ Z Bk |∇un|p ≤ C ∞ X k=0 1 (1 + k)λ Donc Z Q |∇un|p (1 + |un|)λ ≤ C(λ). (3.13)
Si 1 < q < p, en utilisant l’inégalité de H ¨older (avec les exposants p q et
p
p − q) , on
peut écrire pour presque tout t ∈]0, T [
Z Ω |∇un(x, t)|qdx = Z Ω |∇un(x, t)|q (1 + |un(x, t)|) λq p (1 + |un(x, t)|) λq p dx ≤ " Z Ω |∇un(x, t)|p (1 + |un(x, t)|)λ dx #pq Z Ω (1 + |un(x, t)|) λq p−q dx p−qp Alors k∇un(t)k q (Lq(Ω))N ≤ " Z Ω |∇un(x, t)|p (1 + |un(x, t)|)λ dx #q pZ Ω (1 + |un(x, t)|) λq p−q dx p−qp
Nous élevons à la puissance r
q , et en intégrant l’inégalitè ci − dessus sur [0, T ], on
obtient Z T 0 k∇un(t)kr(Lq(Ω))Ndt ≤ Z T 0 " Z Ω |∇un|p (1 + |un|)λ dx #r pZ Ω (1 + |un|) λq p−q dx (p−q)rpq dt
Si 1 ≤ r < p, en utilisant l’inégalité de H ¨older par rapport au temps (avec les exposants p r et p p − r), il vient que Z T 0 k∇unkr(Lq(Ω))Ndt ≤ " Z Q |∇un|p (1 + |un|)λ #rp Z T 0 Z Ω (1 + |un|) λq p−q dx (p−q)r(p−r)q dt p−r p
De (3.13), on obtient Z T 0 k∇unkr(Lq(Ω))N dt ≤ (C(λ)) r p Z T 0 k(1 + |un|)λk r p−r L q p−q(Ω) dt !p−r p (3.14) D’autre part on a Z T 0 k(1 + |un|)λk r p−r L q p−q(Ω) dt !p−rp ≤ C 1 + Z T 0 kun(t)k λr p−r L λq p−q(Ω) dt !p−rp (3.15) Alors (3.14) donne Z T 0 k∇unkr(Lq(Ω))Ndt ≤ C 1 + Z T 0 kun(t)k λr p−r L λq p−q(Ω) dt !p−r p (3.16)
En appliquant le lemme 1.19 avec ρ = 1 et γ = λq
p − q, ce qui donne pour presque
tout t ∈ [0, T ] kun(t)k L λq p−q(Ω) ≤ C k∇un(t)k θ (Lq(Ω))Nkun(t)k1−θL1(Ω) et de (3.5), il vient que kun(t)k L λq p−q(Ω) ≤ Ck∇un(t)k θ (Lq(Ω))N (3.17)
avec θ définie par
p − q λq = θ 1 q − 1 N ! +1 − θ 1 (3.18)
Nous élevons à la puissance r
θ, et en intégrant l’inégalité (3.17) sur [0, T ], on obtient
Z T 0 kun(t)k r θ L λq p−q(Ω) dt ≤ C Z T 0 k∇unkr(Lq(Ω))Ndt (3.19)
Maintenant, on suppose que
r θ =
λr
p − r (3.20)
Ainsi, (3.16) et (3.19) impliquent que
Z T 0 k∇un(t)kr(Lq(Ω))N dt ≤ C 1 + Z T 0 k∇unkr(Lq(Ω))N dt !p−r p (3.21)
puisque p − r p < 1, il vient que k∇ukr Lr(0,T ;(Lq(Ω))N) ≤ C " 1 + Z T 0 k∇u(t)kr (Lq(Ω))Ndt #
Grâce au lemme de Gronwall, on obtient k∇ukr Lr(0,T ;(Lq(Ω))N) ≤ C On pose p − q λq = θ 1 q − 1 N + 1 − θ 1 r θ = λr p − r Nous obtenons λ = N pq + pq − N qr + N r − qr − N q N q θ = p − r λ
Les conditions sur les différents paramètres que nous avons utilisé ci-dessus sont : 1 < q < p, 1 ≤ r < p, (3.22)
λ > 1, (3.23)
λq
p − q ≥ 1, (3.24)
0 ≤ θ ≤ 1. (3.25)
Les inégalités (3.22)-(3.25) sont équivalents à
N (p − 2) + p r + N q > N + 1, 1 < q < p, 1 ≤ r < p, p − N r + N q ≥ 1. (3.26)
puisque les deux courbes (dans les variables q et r)
N (p − 2) + p r + N q = N + 1, p − N r + N q = 1
intersecter pour q = N (p − 1)
N − 1 et r = p − 1, la condition (3.26) de plus le thèoréme
d’inclusion entre les espace de Lebesgue impliquent l’estimation à priori désirée dans
Lr(0, T ; W01,q(Ω)) pour tout q et r tels que
1 < q < min ( N (p − 1) N − 1 , p ) , 1 ≤ r < p, N (p − 2) + p r + N q > N + 1.
Il nous reste à montrer que dans le cas r = p, dans ce cas (3.3) correspond à 1 < q < p
2, alors on peut choisir λ de telle sorte que
λ = p − q q > 1
En utilisant l’inégalité de Hölder par rapport au temps, on obtient
Z T 0 k∇u(t)kp(Lq(Ω))Ndt ≤ Z T 0 " Z Ω |∇un|p (1 + |un|)λ dx #Z Ω (1 + |un|) p−qq dt ≤ " Z Q |∇un|p (1 + |un|)λ # sup 0≤t≤T h 1 + kun(t)kL1(Ω) ip−qq
d’après (3.5) et (3.13), il vient que
Z T
0
k∇u(t)kp(Lq(Ω))Ndt ≤ C
Lemme 3.4. Soit 1 < m < (N +2)p−N(N +2)p . On suppose que les mˆemes hypothèses du lemme 3.3 sont vérifiées, alors tout suite (un) des solutions approchées de problème
(Pn) avec fn = µ appartient à Lp
0
(Q) satisfait l’estimation kunkLq(0,T ;W1,q
0 (Ω)) ≤ C1 (3.27)
pour tout q vérifiant
q = [N (p − 1) + p]m
N + 2 − m (3.28)
o`u C1 est une constante dépendant de (α, |Q|, N, p, q) qui dépend de fn seulement
Démonstration. Soit λ un nombre réel avec 0 < λ < 1. Nous définissons pour τ ∈]0, T [ la fonction :
φ(un) = ((1 + |un|)1−λ− 1) sign(un)χ(0,τ )
où la fonction sign définie par :
∀s ∈ R, sign(s) = 1 si s >1, 0 si s =0, −1 si s <1. et la fonction caractéristique définie par :
∀s ∈ R, χ(0,τ )(s) = 1 si s ∈ (0, τ ), 0 si s /∈ (0, τ ).
En prenant φ(un) comme fonction test dans (Pn) et en intégrant sur [0, τ ], on obtient
Z τ 0 hu0n, φ(un)i dt + Z τ 0 Z Ω
a(x, t, un, ∇un)∇unφ0(un)dxdt ≤
Z τ 0 Z Ω |fn||φ(un)|dxdt (3.29) D’autre part on a Z τ 0 hu0n, φ(un)i dt = Z Ω Φ(un(τ ))dx − Z Ω Φ(un(0))dx
o`u la fonction Φ définie par :
Φ(s) =
Z s 0
φ(σ)dσ
il vient, grâce à (2.1), et le fait que |φ(un)| ≤ (1 + |un|1−λ) l’inégalité (3.29) donne
Z Ω Φ(un(τ ))dx+(1−λ)α Z τ 0 Z Ω |∇un|p (1 + |un|)λ dxdt ≤ Z τ 0 Z Ω |fn|(1+|un|1−λ)dxdt (3.30)
D’après la définition de Φ(s), remarquant que il existe deux constantes positives cλ
et dλ tels que
Φ(s) ≥ cλ|s|2−λ− dλ
Nous obtenons, pour presque tout τ ∈]0, T [
cλkunk2−λL∞(0,T ;L2−λ(Ω))− dλ|Ω| + α(1 − λ) Z Q |∇un|p (1 + |un|)λ dxdt ≤ Z Q |fn|(1 + |un|1−λ)dxdt
Mais le deuxième membre de l’inégalité ci-dessus est majoré d’après l’inégalité de H ¨older, par kfnkLm(Q) Z Q (1 + |un|)(1−λ)m 0 1 m0 Donc cλkunk2−λL∞(0,T ;L2−λ(Ω))+ α(1 − λ) Z Q |∇un|p (1 + |un|)λ ≤ C + CkfnkLm(Q) Z Q (1 + |un|)(1−λ)m 0 1 m0 (3.31) Soit q < p, et on définie σ = (N + 2 − λ)q
N . En appliquant l’inégalité (1.3) avec ρ = 2 − λ, on obtient Z Q |un|σ ≤ kunk (2−λ)q N L∞(0,T ;L2−λ(Ω)) Z Q |∇un|q (3.32)
Maintenant, grâce à l’inégalité de Hölder (avec les exposants p
q et p p − q), on voit que Z Q |∇un|q = Z Q |∇un|q (1 + |un|) λq p (1 + |un|) λq p ≤ Z Q |∇un|p (1 + |un|)λ !qpZ Q (1 + |un|) λq p−q p−qp
D’autre part, en particulier de l’inégalité (3.31) que
Z Q |∇un|p (1 + |un|)λ !qp ≤ C + CkfnkLm(Q) Z Q (1 + |un|)(1−λ)m 0 q pm0 On trouve Z Q |∇un|q ≤ C + CkfnkLm(Q) Z Q (1 + |un|)(1−λ)m 0 q pm0 Z Q (1 + |un|) λq p−q p−q p (3.33) Il résulte de (3.31), (3.32) et (3.33) que Z Q |un|σ ≤ Z Q (1 + |un|) λq p−q p−qp C + CkfnkLm(Q) Z Q (1 + |un|)(1−λ)m 0 q N m0+ q pm0 (3.34)
Choisissons maintenant λ et q tels que λq p − q = (1 − λ)m 0 = (N + 2 − λ)q N (= σ) C’est λ = (N + 2)(p − q) N + p − q , q = [N (p − 1) + p]m N + 2 − m Alors σ = [N (p − 1) + p]m N + p − mp
Ce choix de λ et q qui 0 < λ < 1 si seulement si p > q et q > p − N
N + 1. Ainsi nous obtenons Z Q |un|σ ≤ C + C Z Q (1 + |un|)σ 1−q p+ q N m0+ q pm0
Cette inégalité donne la norme de un est borné dans Lσ(Q), si seulement si
1 − q p+ q N m0 + q pm0 < 1.
Cela est vrais si seulement si m < 1 +N
p ce qui est satisfait, puisque pour tout p > 1
(N + 2)p (N + 2)p − N < 1 + N p De (3.31) on obtient Z Q |∇un|p (1 + |un|)λ ≤ C On déduit de (3.33) que Z Q |∇un|q ≤ C1
Ce qui montrer que (3.27).
Lemme 3.5. pour tout (q, r) vérifiant (3.2) et(3.3), on peut extraire de la suite (un) des solutions approchées une sous-suite, encore notée (un) telle que
un* u f aiblement dans Lr(0, T ; W01,q(Ω)).
Démonstration. Grˆace au lemme 3.5, la suite (un) est bornée dans Lr(0, T ; W01,q(Ω)) pour tout (q, r) vérifiant (3.2) et (3.3), et comme l’espace Lr(0, T ; W1,q
0 (Ω)) est réflexif
(q > 1, et f ini). Alors on peut extraire de la suite (un) une sous-suite notée de la
Lemme 3.6. Si la suite (un) des solutions approchées est bornée dans Lr(0, T ; W01,q(Ω))
pour tout (q, r) vérifiant (3.2) et (3.3), et la suite (fn) est bornée dans L1(Q). Alors la suite (u0n) est bornée dans L1(0, T ; W−1,q0
(Ω)), et on peut extraire de la suite (un) des solutions approchées une sous-suite encore notée (un) telle que
un→ u f ortement dans L1(Q) et presque partout (p.p) dans Q. (3.35)
Démonstration. Montrons que la suite (u0n) est bornée dans L1(0, T ; W−1,q0
(Ω)) De la premier équation du problème (Pn), pour tout n ≥ 1 on a
u0n= fn+ div(a(x, t, un, ∇un))
comme (fn) est une suite bornée dans L1(Q), il nous reste à montrer que :
vn = div(a(x, t, un, ∇un))
est une suite bornée dans Lr0(0, T ; W−1,q0
(Ω)), c’est-à-dire on montrer que :
Z T
0
kvnkr
0
W−1,q0(Ω) ≤ C
Pour ce faire, on remarque que vn = Aun et on a montrer que l’opérateur A est
borné, de la même manière, on se trouve
Z T
0
kvnkr
0
W−1,q0(Ω) ≤ C
et utilisant le fait que (un) est bornée dans Lr(0, T ; W01,q(Ω)). Cela montre que la
suite (u0n) est bornée dans Lr0(0, T ; W−1,q0
(Ω)), on déduit que la suite (u0n) est bornée dans Lr0(0, T ; W−1,q0 (Ω)) + L1(Q). On a L1(Ω) ⊂ W−1,q0(Ω) si q > N, i.e q0 < N N − 1 de sorte que L1(Q) ⊂ L1(0, T ; W−1,q0(Ω)) et Lr0(0, T ; W−1,q0(Ω)) ⊂ L1(0, T ; W−1,q0(Ω))
donc
Lr0(0, T ; W−1,q0(Ω)) + L1(Q) ⊂ L1(0, T ; W−1,q0(Ω)) Par conséquent, la suite (u0n) est bornée dans L1(0, T ; W−1,q0
(Ω)). Maintenant on a besoin du lemme suivant :
Lemme 3.7. (J.Simon[10]) Soient X, B, Y trois espaces de Banach tels que X ⊂
B ⊂ Y et l’injection X → B est compact, alors si :
• F est bornée dans Lp(0, T ; X) tel que 1 ≤ p < ∞, et
• ∂F
∂t est bornée dans L
1(0, T ; Y ),
Donc F est relativement compact dans Lp(0, T ; B). Il est claire que :
W01,q(Ω) ⊂ L1(Ω) ⊂ W−1,q0(Ω)), q0 < N N − 1.
et l’injection W01,q(Ω) ⊂ L1(Ω) est compact, car d’après le théorème de Rellich Kondrachov on a W01,q(Ω) ⊂ Lq(Ω) avec injection compact pour tout q, et puisque q > 1 alors Lq(Ω) ⊂ L1(Ω). Donc l’injection W1,q
0 (Ω) ⊂ L1(Ω) est compact.
De plus la suite (un) est bornée dans Lr(0, T ; W01,q(Ω)), et (u0n) est bornée dans L1(0, T ; W−1,q0(Ω)), q0 < N
N − 1
Par le lemme 3.7, la suite (un) est relativement compact dans L1(0, T ; L1(Ω)).
Par conséquent, on peut extraire une sous-suite encore notée (un) qui converge
fortement vers une fonction u ∈ L1(Q) et presque partout dans Q.
Lemme 3.8. Soit u la fonction donnée par (3.35), et (un) la suite des solutions approchées de (Pn). Alors la suite Tk(un) demeure dans un bornée de Lp(0, T ; W01,p(Ω))
et on a
Tk(un) * Tk(u) f aiblement dans Lp(0, T ; W01,p(Ω)), (3.36)
Tk(un) → Tk(u) f ortement dans L1(Q) et p.p dans Q. (3.37) Démonstration. Soit k > 0. En prenant comme fonction test dans (Pn) la fonction :