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Délivré par l'Université Toulouse III - Paul Sabatier Discipline ou spécialité : Informatique
JURY
Corine CAUVET Professeur, Université Aix-Marseille III Rapporteur Claude CHRISMENT Professeur, Université Toulouse III Président du jury Bernard DOUSSET Professeur, Université Toulouse III Directeur de Thèse Péré ESCORSA Professeur, Université polytechnique de Catalogne Examinateur André FLORY Professeur, INSA de Lyon Rapporteur Michel LAMURE Professeur, Université de Lyon I Examinateur Maryse SALLES Maître de conférences, Université Toulouse I Examinateur
École doctorale : École Doctorale Mathématique Informatique Télécommunications de Toulouse Unité de recherche : Institut de Recherche en Informatique de Toulouse
Équipe d’accueil : Systèmes d'Informations Généralisés - Extraction et Visualisation d'Informations Directeur de Thèse : Bernard DOUSSET
Présentée et soutenue par Ilhème GHALAMALLAH Le 18 Décembre 2009
Titre : Proposition d'un modèle d'analyse exploratoire multidimensionnelle dans un contexte d'Intelligence Economique.
Ilhème GHALAMALLAH
Proposition d'un modèle d'anal
Proposition d'un modèle d'anal
Proposition d'un modèle d'anal
Proposition d'un modèle d'analyse multidimensionnelle dans un contexte
yse multidimensionnelle dans un contexte
yse multidimensionnelle dans un contexte
yse multidimensionnelle dans un contexte
d'Intelligence Economique.
d'Intelligence Economique.
d'Intelligence Economique.
d'Intelligence Economique.
Directeur de thèse :
Bernard Dousset, Professeur à l'Université Toulouse III - Paul Sabatier
Résumé
La réussite d’une entreprise est souvent conditionnée par sa capacité à identifier, collecter, traiter et diffuser de l'information à des fins stratégiques. Par ailleurs, les technologies de l’information et de la connaissance apportent des contraintes auxquelles les entreprises doivent s'adapter : un flot continu, une circulation beaucoup plus rapide, des techniques toujours plus complexes. Le risque est d'être submergé par cette information et de ne plus pouvoir distinguer l'essentiel du négligeable. En effet, avec l’avènement de la nouvelle économie dominée par le marché, la problématique industrielle et commerciale de l’entreprise est devenue très complexe. Désormais, pour être compétitive, l’entreprise doit savoir gérer son capital immatériel. L’intelligence économique (IE) est une réponse aux bouleversements de l’environnement global des entreprises et plus largement de toute organisation. Dans une économie où tout se complexifie et bouge rapidement, la gestion stratégique de l'information est devenue l'un des moteurs essentiels de la performance globale des entreprises. L’IE est une démarche et un processus organisationnel qui permet d'être plus compétitif, par la surveillance de son environnement et de sa dynamique. Dans ce contexte, nous avons constaté qu’une grande part de l’information à portée stratégique vient du relationnel : liens entre acteurs du domaine, réseaux sémantiques, alliances, fusions, acquisitions, collaborations, cooccurrences de tous ordres.
Nos travaux consistent à proposer un modèle d’analyse multidimensionnelle dédiée à l’IE. Cette approche repose sur l’extraction de connaissances par l’analyse de l’évolution des données relationnelles. Nous proposons un modèle permettant de mieux comprendre l’activité des acteurs d’un domaine donné, leurs interactions mais aussi leur évolution et leur stratégie, ceci dans une perspective décisionnelle. Cette démarche repose sur la conception d’un système d’information générique d’analyse en ligne permettant d’homogénéiser et d’organiser les données textuelles sous forme relationnelle et, de là, en extraire des connaissances implicites dont le contenu et la mise en forme sont adaptés à des décideurs non spécialistes du domaine de l’extraction des connaissances.
Ilhème GHALAMALLAH
Proposition d'un modèle d'analyse multidimensionnelle dans un contexte
Proposition d'un modèle d'analyse multidimensionnelle dans un contexte
Proposition d'un modèle d'analyse multidimensionnelle dans un contexte
Proposition d'un modèle d'analyse multidimensionnelle dans un contexte
d'Intelligence Economique.
d'Intelligence Economique.
d'Intelligence Economique.
d'Intelligence Economique.
Directeur de thèse :
Bernard Dousset, Professeur à l'Université Toulouse III - Paul Sabatier
Abstract
A successful business is often conditioned by its ability to identify, collect, process and disseminate information for strategic purposes. Moreover, information technology and knowledge provide constraints that companies must adapt : a continuous stream, a circulation much faster techniques increasingly complex. The risk of being swamped by this information and no longer able to distinguish the essential from the trivial. Indeed, with the advent of new economy dominated by the market, the problem of industrial and commercial enterprise is become very complex. Now, to be competitive, the company must know how to manage their intangible capital.
Competitive Intelligence (CI) is a response to the upheavals of the overall business environment and more broadly to any organization. In an economy where everything moves faster and more complex, management
Strategic Information has become a key driver of overall business performance. CI is a process and an organizational process that can be more competitive, by monitoring its environment and its dynamics. In this context, we found that much information has strategic significance to the relationship: links between actors in the field, semantic networks, alliances, mergers, acquisitions, collaborations, co-occurrences of all kinds.
Our work consists in proposing a model of multivariate analysis dedicated to the IE. This approach is based
on the extraction of knowledge by analyzing the evolution of relational databases. We offer a model for understanding the activity of actors in a given field, but also their interactions their development and strategy, this decision in perspective.
This approach is based on the designing a system of generic information online analysis to homogenize and organize text data in relational form, and thence to extract implicit knowledge of the content and formatting are adapted to non-specialist decision makers in the field of knowledge extraction.
Ilhème GHALAMALLAH
Proposition d'un modèle d'analyse multidimensionnelle dans un contexte d'Intelligence Proposition d'un modèle d'analyse multidimensionnelle dans un contexte d'Intelligence Proposition d'un modèle d'analyse multidimensionnelle dans un contexte d'Intelligence Proposition d'un modèle d'analyse multidimensionnelle dans un contexte d'Intelligence
Economique. Economique.Economique. Economique.
Mots-clés
• Modélisation, extraction et gestion des connaissances, découverte de connaissance,
• Système d’information, systèmes interactifs, systèmes d’aide à la décision, entrepôt de données, bases de données relationnelles, gestion bibliographique, indexation automatique, recherche d’information.
• Analyse de données, analyse exploratoire, analyse textuelle, analyse relationnelle, analyse multidimensionnelle, indicateurs, visualisation, fouille textuelle, fouille numérique, bibliométrie, scientométrie, infométrie,
• Veille scientifique, veille technologique, intelligence économique, aide à la décision, analyse stratégique, stratégie, veille stratégique, veille.
Remerciements
Remerciements
Remerciements
Remerciements
Dans le cadre de ma thèse, nombreux sont ceux qui m’ont apporté une contribution scientifique, logistique ou morale. Que chacun trouve dans l’accomplissement de cette thèse l’expression de ma reconnaissance pour sa contribution quelle qu’elle soit.
Cependant je voudrais exprimer ma gratitude à messieurs Gilles Zurflhu et Claude Chrisment, directeurs de l’équipe des Systèmes d’Information Généralisés pour m’avoir accueillie. Je remercie tout particulièrement Monsieur Claude Chrisment pour sa patience et sa disponibilité. Il a toujours été là pour me guider et m’encourager avec beaucoup de rigueur. C’est un honneur pour moi d’avoir travaillé avec lui. Je tiens donc, ici, à le remercier particulièrement pour sa patience et ses qualités humaines. Il a toujours su utiliser les mots justes, m’écouter dans les moments difficiles et me guider dans mes travaux avec beaucoup de pédagogie.
Je tiens tout particulièrement à remercier les professeurs Corine Cauvet et André Flory de m’avoir fait l’honneur d’être rapporteurs de ce mémoire.
J’exprime toute ma reconnaissance à mon directeur de thèse, le professeur Bernard Dousset. Il a su depuis le début de ma thèse, être là aux moments décisifs. Son optimisme naturel, son humanisme, sa sagesse, son esprit visionnaire, son sens du consensus, m’ont permis d’évoluer dans un environnement stable et m’ont donné des repères précieux.
Je souhaite remercier vivement mesdames Maryse Salles-Colletis et Josiane Mothe pour leurs disponibilités, leurs conseils, pour toutes les réunions qui ont permis de redonner un deuxième souffle à mes travaux.
Merci à Eloise Loubier et Anass Elhaddadi pour avoir égayé l’ambiance du bureau durant nos collaborations studieuses ou encore autours d’un bon café. Mes pensées vont aussi pour tous les membres de l’équipe avec qui j’ai pu travailler ou encore simplement partager de bons moments.
Pendant ces années de thèse, j’ai donné également des cours qui m’ont permis d’acquérir de l’expérience, de prendre du recul par rapport à la thèse et surtout de rencontrer des gens extraordinaires. Je tiens à remercier Bernard Dousset pour m’avoir fait confiance et donné l’opportunité d’enseigner pour la première fois. Un merci sans limite à Alain Berro et Nathalie Vallès pour leur soutien et pour la bonne ambiance qu’ils ont instauré durant les enseignements de C2i. Je remercie également David Panzoli pour son aide pendant ma première année d’ATER.
Toute mon amitié va vers les doctorants, actuels ou anciens, de l’équipe et en particulier Dana Kunhkun, Bouchera Soukkarieh , Ronan Tournier, Désiré Kaomparé, Estella Antoni, Nissou, …
Je remercie également les ex-IRIT, Nadhem, Nico, Mehdi, Olfa et Elie pour leur grain de folie.
Je remercie ma famille et mes amis, qui n’ont jamais cessé de me soutenir et de me faire confiance. Merci à tous mes copains, éparpillés aujourd’hui, Asma, Mounia, Farida, Nadège et Syrine pour tous les moments fous qu’on a passé ensemble et qui me redonnaient la force de travailler. Un merci infini à mes parents, ma sœur et mon frère, et syrine. Rien de ce que je pourrai écrire, ni dire ne pourra exprimer ma gratitude. Merci à syrine d’avoir été là à chaque instant, d’avoir partagé mes peines, mon stress, mes joies, mes espoirs, mes rêves, etc. Merci à mes parents, à ma sœur et mon frère, d’avoir cru en moi, pour m’avoir donné autant d’amour et avoir tout fait pour me donner les moyens et le courage de mener mes études jusqu’au bout.
Table des Matières
Introduction générale
Contexte de travail ... 19 Problématiques ... 20 Contributions ... 21 Organisation du mémoire ... 23Chapitre 1. Intelligence Economique & Stratégique : Les
systèmes d’informations au cœur de la démarche
2.1 Introduction ... 272.2 Intelligence économique : genèse, évolution et élucidation ... 28
2.2.1 Analyse stratégique ... 32
2.2.1.1 Considérations générales ... 32
2.2.1.2 L’analyse par l’activité : le modèle SWOT ... 32
2.2.1.3 L’analyse par les forces concurrentielles : le modèle PORTER ... 34
2.2.1.4 Analyse par les processus de décision : Le modèle IDC ... 35
2.2.1.5 Synthèse : de l’analyse stratégique à l’Intelligence Economique ... 36
2.2.2 La veille ... 37
2.2.2.1 Processus de la veille ... 38
2.2.2.2 Les domaines de la veille ... 39
2.2.2.3 Typologie de la veille stratégique ... 41
2.2.2.4 Synthèse : De la veille stratégique à l’Intelligence Economique ... 42
2.2.3 Les systèmes d’information et aide à la décision ... 42
2.3 L’intelligence Economique par son processus ... 45
2.3.1 Classification de l’information ... 49
2.3.2 Intelligence collective ... 51
2.4 Les modèles d’analyse de l’IE ... 52
2.4.1 La méthode d’analyse MEDESIIE ... 53
2.4.2 Les modèles SITE ... 54
2.5 Un système d’information adapté aux besoins d’une démarche d’IE ... 55
2.6 Evaluation des outils d’IE ... 58
2.6.1 Expression du besoin ... 58
2.6.2 Collecte d’information publiée ... 59
2.6.3 Collecte d’information primaire ... 59
2.6.5 Diffusion ... 60
2.6.6 Evaluation ... 60
2.7 Intelligence économique : synthèse ... 61
Chapitre 2. La découverte des connaissances
3.1 Introduction ... 693.1.1 Spécifications ... 69
3.1.2 Extraction de connaissances à partir de bases de données ... 69
3.1.3 Architecture d’un système type d’ECBD ... 70
3.1.4 De la Fouille de donnée à la Fouille de texte ... 71
3.1.4.1 Approche linguistique ... 71
3.1.4.2 Approche statistique ... 72
3.1.5 Domaine d’application : l’analyse bibliométrique... 72
3.2 Etapes d’extraction de connaissances à partir du texte ... 74
3.3 Document électronique ... 76
3.3.1 Structure logique d’un document ... 78
3.3.2 Exemples de structure logique ... 79
3.4 Des documents à l’entrepôt de document ... 81
3.5 Méthodes de représentation multidimensionnelle réduite des documents ... 83
3.5.1 Unités textuelles ... 83 3.5.2 Mesures de dépendances ... 84 3.5.2.1 Variables quantitatives ... 84 3.5.2.2 Variables qualitatives ... 85 3.5.3 Matrice de Présence-Absence ... 87 3.5.4 Matrice de Cooccurrence ... 88
3.5.4.1 Matrice de cooccurrence simple ... 88
3.5.4.2 Matrice de Cooccurrence Simple Symétrique... 88
3.5.4.3 Matrice de Contingence ... 89
3.5.4.4 Matrice de Cooccurrence Multiple ... 89
3.6 Méthodes de fouilles de texte ... 90
3.6.1 La classification et le regroupement ... 91
3.6.1.1 La classification ascendante hiérarchique (CAH) ... 91
3.6.1.2 La Classification Par Partition (CPP) ... 91
3.6.2 Association ... 92
3.6.2.1 L’analyse en composante principale (ACP) ... 92
3.6.2.2 L’analyse factorielle des correspondances (AFC) ... 92
3.6.3 Séquences ... 93
3.6.3.1 L’analyse factorielle multiple (AFM) ... 93
3.6.3.2 L’analyse procustéenne ... 93
3.7 La restitution ... 93
3.8 Les outils d’extraction de connaissances à partir du texte ... 94
3.8.1 Les solutions intégrées ... 94
3.8.2.1 La Plateforme Tétralogie ... 96
3.8.2.2 Le système Doc Cube ... 97
3.9 Fouille de Texte : Synthèse ... 97
Chapitre.3 Xplor : Modèle d’analyse exploratoire
multidimensionnelle
4.1 Introduction 101 4.2 Présentation du processus d’analyse exploratoire multidimensionnelle Xplor ... 1024.2.1 Spécification ... 102
4.2.1.1 Indicateur relationnel ... 103
4.2.1.2 Indicateur uni-varié ... 104
4.2.2 Présentation générale des étapes du processus Xplor ... 105
4.2.3 Planification ... 105
4.2.3.1 Considérations générales ... 105
4.2.3.2 Fonctionnement général de l’activité « planification » ... 106
4.2.4 Recherche et collecte des documents ... 111
4.2.4.1 Sources et systèmes de recherche ... 111
4.2.4.2 Structure de la collection : attributs ... 113
4.2.4.3 Fonctionnement général de l’activité « recherche et collecte de documents » ... 113
4.2.5 Homogénéisation et/ou structuration des documents ... 115
4.2.5.1 Descripteur de format spécifique ... 116
4.2.5.2 Descripteur de format générique ... 120
4.2.5.3 Fonctionnement général de l’activité « homogénéisation et /ou structuration » ... 121
4.2.6 Représentation multidimensionnelle des documents ... 121
4.2.6.1 Modèle à deux dimensions ... 123
4.2.6.2 Modèle à trois dimensions ... 123
4.2.6.3 Fonctionnement général de l’activité « représentation multidimensionnelle des documents » ... 124
4.2.7 Calcul des indicateurs et analyse ... 124
4.2.7.1 Fonctions de manipulation ... 125
4.2.7.2 Fonctions d’agrégation ... 125
4.2.7.3 Fonctionnement général de l’activité « calcul d’indicateur et analyse » ... 126
4.2.8 Validation et diffusion ... 126
4.3 Modèle de représentation multidimensionnelle des documents ... 126
4.3.1 Considération générales ... 126
4.3.1.1 Notion de dépendance ... 128
4.3.1.2 Généralisation : tableaux de Burt 128 4.3.1.3 Base de calcul pour ces mesures ... 130
4.3.1.4 Impact d’un document sur les différentes matrices ... 131
4.3.2 Modèle à deux dimensions ... 132
4.3.2.1 Principe ... 132
4.3.3 Modèle à trois dimensions ... 134
4.3.3.1 Principe ... 135
4.3.3.2 Tableau à trois dimensions ... 136
4.4 Fonctions ... ErreurErreurErreurErreur ! Signet non défini.! Signet non défini.! Signet non défini. ! Signet non défini. 4.4.1 Fonctions de manipulation ... 139 4.4.1.1 Sélection ... 139 4.4.1.2 Restriction ... 139 4.4.1.3 Seuil ... 140 4.4.1.4 Ordre ... 140 4.4.1.5 Environnement ... 140 4.4.1.6 Evolution ... 141 4.4.1.7 Document ... 142 4.4.2 Fonctions d’agrégation ... 142 4.4.2.1 Somme ... 142 4.4.2.2 Minimum ... 142 4.4.2.3 Maximum ... 142 4.4.2.4 Comptage ... 142 4.4.2.5 Moyenne ... 143 4.4.2.6 Fréquence ... 143 4.4.3 Combinaison de fonctions ... 143
4.5 Le profil des utilisateurs du processus d’analyse exploratoire multidimensionnelle ... 144
4.5.1 Considérations générales ... 144
4.5.1.1 Aide à la coopération et la coordination ... 145
4.5.2 Modèle utilisateur ... 145
4.5.2.1 Le profil utilisateur ... 146
4.5.2.2 Historique des interactions ... 147
4.5.3 Gestion des exceptions et des particularités ... 148
4.5.3.1 Objectifs ... 148
4.5.3.2 Processus d’apprentissage ... 149
4.6 Synthèse ... 150
Chapitre 4. Implantation et expérimentation
5.1 Introduction ... 1555.2 Motivations & objectifs ... 155
5.2.1 Limites de la plateforme Tétralogie ... 155
5.2.1.1 Problème de pertinence pour l'utilisateur ... 155
5.2.1.2 Problème de performance ... 158
5.2.1.3 Compilation des matrices dans une base de données ... 158
5.2.2 Limites de la première version du prototype Xplor ... 159
5.2.3 Objectifs ... 159
5.3 Notre approche ... 160
5.3.1 Modèle de données ... 161
5.4 Architecture du prototype Xplor ... 164
5.5 Fonctionnalités du prototype XPLOR ... 167
5.5.1 Concepts IE et veille ... 167
5.5.2 Classification des liens IE ... 168
5.5.3 Analyse générale ... 169
5.5.4 Analyse détaillée ... 171
5.5.4.1 Administration des données ... 171
5.5.4.2 Analyse des données ... 172
5.6 Expérimentations ... 174 5.6.1 Enjeux et problématique ... 174 5.6.2 Proposition ... 175 5.6.3 Besoin informationnel ... 175 5.6.3.1 Source d’information ... 175 5.6.3.2 Indicateurs ... 176 5.6.4 Collecte de document ... 176 5.6.5 Structuration ... 178 5.6.6 Homogénéisation ... 179 5.6.7 Représentation multidimensionnelle ... 180
5.6.7.1 La fonction Xplor « Items et champs » ... 181
5.6.7.2 La fonction Xplor Cooccurrences ... 182
5.6.8 Calcul d’indicateur & Visualisation ... 183
5.6.8.1 Analyse de la base de données ... 184
5.6.8.2 Calcul des indicateurs uni-variés et visualisation ... 185
5.6.9 Validation ... ErreurErreurErreurErreur ! Signet non défini.! Signet non défini.! Signet non défini. ! Signet non défini. 5.7 Synthèse ... 190
Conclusion générale et perspectives
Synthèse des travaux ... 192Introduction générale
Contexte de travail...19
Problématiques...20
Contributions...21
Organisation du mémoire...23
Contexte de travail Contexte de travail Contexte de travail Contexte de travailAvec l’ouverture plus large des frontières, se sont intensifiés, à l’échelle mondiale, les échanges de toutes sortes : capitaux, marchandises, services, technologies, personnes, informations, savoirs, etc. Favorisée par les moyens universels de communication, les interdépendances croissantes des états dans les domaines économique, politique, social, culturel, scientifique et technologique ont transformé le monde en un vaste système où tout évènement qui survient à un point du globe a des répercutions au point opposé. Dans un univers de complexité et de compétition, où les flux et les réseaux explosent, le savoir, l’information et la communication se situent au cœur de la gouvernance de toutes les organisations. Ils représentent des atouts stratégiques pour l’entreprise comme pour les institutions de l’état et de la société civile.
En plus de la complexité, la nouvelle société fondée sur l’information et le savoir se caractérise par le rythme exponentiel des progrès scientifiques et technologiques. Ceux-ci ébranlent en permanence les organisations, y introduisant des changements discontinus, des ruptures, des accélérations soudaines qui rendent l’avenir hautement imprévisible. La masse des informations s’accroit inéluctablement avec la capacité de stockage des données que permettent les dernières technologies de l’information et de la connaissance. Le risque pour l’entreprise est d’être surinformée, submergée par l’accélération des flux continus de données éparses et multiformes, sans pouvoir s’y retrouver. Le problème est celui de la navigation dans un océan d’informations en perpétuel mouvement tout en récupérant l’information utile à la décision. Il s’agit d’assembler les pièces éparses d’un puzzle en vue d’en découvrir l’image, donc de repérer et mettre en relation des signaux forts, des signaux faibles, des relations cachés dans la masse des données disponibles et construire progressivement la connaissance de l’environnement de l’organisation. La maîtrise de l’avenir d’une entreprise est conditionnée par sa capacité à collecter, interpréter, protéger, diffuser et utiliser l’information à des fins stratégiques. C’est cette union entre l’information et la stratégie qui est au centre de la notion d’Intelligence Economique (IE). Ainsi que le décrivent Christian Marcon et Nicolas Moinet : « Qu’il s’agisse de surveiller son champ concurrentiel, de protéger ses informations stratégiques, de capitaliser ses connaissances ou d’influencer son environnement, la question est bien celle de l’utilisation stratégique de l’information » [Marcon, 2006]. L’IE intègre ainsi la notion d’intelligence collective parce qu’elle fait travailler en réseau les divers acteurs concernés par chacune des étapes, de la collecte à l’utilisation de l’information, faisant converger leurs activités dans une même vision stratégique. En ce sens, le vocable "système d'intelligence économique" désigne l'ensemble coordonné des pratiques et des stratégies d'utilisation de l'information utile déployées par une organisation [Martre, 1994]. A l’échelle de l’état, le système d’IE se définit par la coordination et l’harmonisation, aux différents niveaux du pays, de la gouvernance et de la gestion stratégique de l’information des diverses organisations qui s’y activent.
Dans le contexte actuel, toute organisation doit évoluer et s’adapter très vite aux changements de son environnement. L’entreprise qui est en « intelligence » avec son environnement prend l’avantage sur ses concurrents qui le sont moins. En ce sens, elle doit surveiller les indicateurs de bonne santé à leur niveau interne et externe (marché) pour détecter les crises et les défaillances ou les opportunités du système. D’où le problème majeur de la maitrise et de la qualité de l’information. L’information est devenue un actif extrêmement riche et complexe sur lequel se fondent les décisions et l’audit. Si cet actif n’est pas soumis à des règles visant à augmenter sa fiabilité et sa traçabilité, alors l’opacité des prises de risques, quel que soit le secteur d’activité, ne fera que croître et les crises se succèderont.
La mise en place d’un système d’information d’IE représente, pour l’organisation, la réponse indispensable aux défis d’un environnement mondialisé, de plus en plus complexe et imprévisible. Les systèmes d’information pour l’aide à la décision vont permettre à l’entreprise d’être non seulement réactive mais aussi proactive. Réactive, celle-ci visera à s’adapter avec davantage de célérité que ses concurrentes aux changements de son environnement. Proactive, elle cherchera à adopter une attitude anticipatrice, à mieux appréhender le sens de la dynamique de l’environnement. Elle identifiera les menaces actuelles ou potentielles pour s’en prémunir ainsi que les opportunités à saisir.
Problématiques Problématiques Problématiques Problématiques
La démarche d’IE permet de fournir à l’entreprise, ou dans un sens plus large à l’organisation, une compréhension fine de son environnement, à travers les informations internes et externes auxquelles elle a accès. Cette compréhension de l’environnement est destinée à aider les décideurs dans leurs choix de stratégies que ce soit à court, à moyen ou à long terme.
Dans ce contexte, une grande part de l’information à portée stratégique prend souvent une forme relationnelle : liens entre acteurs du domaine, réseaux sémantiques, alliances, fusions, acquisitions, collaborations, cooccurrences de tout ordre. La pertinence des connaissances extraites, à partir des données disponible, dépend très souvent de la prise en compte de l’évolution des données mais aussi de celles de leurs interactions. La gestion et la mise à disposition des informations et des connaissances extraites, peuvent être réalisées au moyen d’un système d’information. Cet outil, permet aux décideurs d’avoir une vision globale sur les activités d’une entreprise par un accès rapide et interactif à un ensemble de vues des données organisées. Ces vues permettent de refléter l’aspect multidimensionnel de l’environnement de l’entreprise [Colliat, 1996].
En se basant sur le constat de la très forte implication du relationnel dans la prospective, nos travaux se situent à l’interface de ces deux domaines, afin d’élaborer un modèle d’analyse multidimensionnel permettant la compréhension des activités humaines, de leurs interactions mais aussi de leur évolution, dans une perspective décisionnelle. Son intérêt réside dans sa capacité à :
• prendre en compte les différentes informations disponibles sous toutes leurs dimensions, • analyser les relations existantes entre elles et leur évolution.
L’objectif du modèle proposé, est de comprendre et résumer en de nouvelles connaissances synthétiques l’environnement d’une organisation dans sa dynamique.
Nos travaux proposent une approche d’analyse de l’environnement informationnel d’un problème décisionnel. Cette approche repose sur l’extraction des connaissances par l’analyse de l’évolution des données relationnelles. Notre but est de proposer un système unifié en ligne pour générer et organiser les données sous forme relationnelle et delà extraire des connaissances implicites dont le contenu et la mise en forme sont adaptés à des décideurs non spécialistes du domaine de l’extraction des connaissances.
Une multiplicité de logiciels a été conçue pour aider la prise de décision, mais leur plus ou moins grande difficulté d’utilisation a plutôt contribué à rendre la gestion de l’information de plus en plus complexe. Il est donc ici question pour nous de proposer un système d’information simplifié, ergonomique et universel,
orienté spécifiquement vers l’analyse stratégique. Le système d’information visé doit pouvoir homogénéiser avec la bonne granularité et déduire de façon automatique des informations synthétiques à caractère stratégique à partir de bases de données ouvertes, en rapport avec l’environnement d’une organisation. Contribution
Contribution Contribution Contributionssss
Dans notre démarche, nous avons recours aux techniques d’extraction de connaissances à partir de corpus textuels pour étudier, dans un contexte d’IE, des données relationnelles évolutives issues de l’environnement informationnel d’une entreprise.
Cette thèse a été soutenue par l’équipe des Systèmes d’Informations Généralisés (SIG), plus particulièrement les membres de l’équipe d’Exploration et de Visualisation d’Information (EVI) de l’Institut de Recherche en Informatique de Toulouse (IRIT).
Les domaines abordés dans le cadre de nos travaux concernent l’IE et la veille stratégique, la fouille de texte, l’extraction de connaissance, la bibliométrie, les systèmes d’information.
Notre démarche cible l’analyse des informations relationnelles évolutives reposant sur un système d’information adapté aux besoins de l’utilisateur voulant effectuer une analyse stratégique d’un domaine spécifique dans un contexte d’IE.
Le système d’information visé repose sur un modèle d’analyse exploratoire multidimensionnelle, basé sur des méthodes d’extraction, d’homogénéisation, de croisement et d’exploration des données textuelles. Nous définissons, pour cela, un modèle générique de création et de gestion de connaissances alimenté par les sources électroniques textuelles ouvertes qu’elles soient structurées ou semi structurées. Ce type de données est le plus riche puisqu’il concerne 80% des informations servant de référentiel aux décisions. Palliant la lourdeur et l’inadaptation aux besoins de l’IE des systèmes d’informations actuels, qui traitent ce type de données, notre modèle va permettre à l’entreprise d’être plus compétitive grâce à une meilleure maitrise de l’information sur son environnement et sur la dynamique de celui-ci.
Le modèle proposé va couvrir les différentes étapes de traitement, d’analyse et de visualisation des données. L’approche adaptée consiste à appliquer les techniques bibliométriques à la démarche d’IE. L’objet principal de la bibliométrie consiste à analyser, à l’aide de méthodes statistiques et mathématiques, un corpus documentaire, afin d’en extraire des relations significatives entre ses divers éléments. Elle a aussi pour objet d’étudier les livres ou revues scientifiques quant à leur usage et leur production. Dans un premier temps, la bibliométrie était destinée à répondre à des besoins purement documentaires. Dans un second temps, les sociologues ont utilisés ces techniques statistiques pour comprendre les phénomènes de la connaissance scientifique. Et ce n’est qu’à partir des années 80 que les techniques bibliométriques ont commencées à avoir des retombées au niveau industriel par l’adaptation de ces techniques notamment aux bases de brevets.
L’application des techniques bibliométriques dans une démarche d’IE permet de dégager des indicateurs de tendances à partir de notices bibliographiques d’articles scientifiques ou de brevets. Ces indicateurs vont offrir aux décideurs une vision synthétique de l’environnement d’un domaine donné en reflétant l'auto-organisation de ses communautés, de ses réseaux de publications, de ses acteurs, etc.
Nous définissons deux classes d’indicateurs :
• Des indicateurs uni-variés permettant des comparaisons quantitatives entre des ensembles de publications caractérisés,
• Des indicateurs relationnels destinés à cartographier, de façon figée ou évolutive, les domaines couverts par des ensembles de publications.
Le modèle d’analyse exploratoire multidimensionnelle proposé s’appuie sur deux principaux modèles : • Le modèle de représentation multidimensionnelle des documents
• Le modèle de calcul d’indicateurs
D’autre part, dans le contexte de veille stratégique, Tétralogie [Dousset, 2003] est un outil particulièrement bien adapté aux analyses macroscopiques car il permet de dégager les signaux forts, les signaux faibles et les tendances à partir d'un corpus de documents collectés sur un sujet précis. L'information élaborée, qui en est issue, représente une synthèse obtenue par diverses méthodes d’analyse de données et diffusée via des visualisations graphiques. Mais à l'issue des très nombreuses analyses stratégiques que nous avons déjà réalisé avec ce logiciel, il est apparu que les utilisateurs finaux des analyses produites veulent, en complément de l'aspect global et stratégique (connaissances générales), des zooms plus précis sur certains points et ce afin de satisfaire leurs besoins spécifiques (connaissances ciblées) d'information sur des éléments qu'ils ont déjà identifiés (concurrence, marchés, nouveaux produits ou procédés, partenaires potentiels, etc.) ou afin d’en découvrir d’autres. A posteriori, de nombreux experts ou décideurs sont demandeurs de plus de détails dans sur les éléments traditionnels de leur environnement. Notamment, pour tout ce qui concerne leur vocabulaire spécifique, les acteurs qu'ils côtoient, les marchés qu'ils convoitent, les alliances qu'ils projettent.
Nous proposons donc de continuer à valider le modèle proposé et de compléter les analyses macroscopiques par un système de navigation en ligne au cœur de l'information relationnelle obtenue par des recoupements statistiques, des classifications ou des analyses multidimensionnelles. Le but étant de privilégier l'extraction d'information en fonction du contexte général et non exclusivement par décryptage du contenu de quelques documents pris séparément. Il devient ainsi possible de retrouver, à partir d'un élément connu (acteur, mot clé), toute ou partie de l'information qui lui est connexe (équipes, collaborations, concepts, émergences, mots associés, etc.) et ce par l'utilisation de nombreux opérateurs d'association ou de filtrage et de fonctions de reporting pertinentes.
Ce prototype est destiné à restituer les résultats d’une étude stratégique. Nous avons privilégié différents niveaux, synthétiques, cartographiques, représentant les principaux thèmes et acteurs. Le décideur constitue ses propres filtres de sorte que ses modes de lecture puissent répondre à des questions aussi bien d’ordre stratégique que tactique ou opérationnel, etc.
Le prototype développé permet d'effectuer des analyses stratégiques sur des corpus d'information textuelle issus des sources les plus diverses comme les bases en ligne (publications scientifiques, brevets, portails, annuaires), les Cd, le Web visible et invisible, les news, la presse, les traces de connexions aux sites, les bases internes, … et donne la possibilité aux décideurs de mener par eux même leurs investigations sans la participation d’un analyste confirmé ou d’un expert.
Ses applications sont très diverses :
• identification des thématiques et des acteurs du domaine,
• mise en évidence des stratégies de développement et de coopération, • proposition de scénarios d’évolution technologique (innovation), • extraction des signaux faibles.
Parallèlement, il a été proposé une adaptation de la plate-forme d’analyse stratégique ’’Tétralogie’’ au traitement des langues orientales, en particulier l’arabe et le chinois grâce à un travail sur le codage UNICODE UTF-8 en utilisant les capacités de transcodage d’outils comme MS-Word.
En se basant sur le codage informatique unifié de ces langues, nous pouvons détecter les entités nommées via le traitement de bases semi structurées comme les publications scientifiques, les brevets et la presse. Il est alors possible d’établir des dictionnaires assez complets de termes scientifiques et techniques (mots-clés, classifications, etc.), de noms d’acteurs (auteurs, personnalités, entreprises, organismes publics, laboratoires, etc.), de lieux géographiques, de dates et de les traduire, si possible sans ambigüité, dans la langue de l’utilisateur. Le croisement de ces briques signifiantes de texte permettra l’établissement des réseaux sociaux et sémantiques afin de visualiser les stratégies sous-jacentes du domaine. Si, de plus, le
facteur temps est pris en compte (évolution des réseaux), une vision prospective se dégage aisément (tendances, trajectoires des acteurs, type d’évolution, ruptures technologiques, etc.).
Organisation du m Organisation du m Organisation du m
Organisation du mémoire émoire émoire émoire
Ce mémoire est composé de quatre chapitres, ordonnés selon notre démarche d'analyse, comme le montre la Figure 1.
Les deux premiers chapitres décrivent l'existant dans le domaine d’IE et de la découverte de connaissance. Notre contribution porte sur la proposition d’un modèle d’analyse exploratoire multidimensionnelle dans un contexte d’IE.
Le dernier chapitre présente l’implantation et les expérimentations effectuées pour valider notre modèle.
Chapitre Chapitre Chapitre Chapitre 2222 La découverte de connaissance La découverte de connaissance La découverte de connaissance La découverte de connaissance Chapitre 3 Chapitre 3 Chapitre 3 Chapitre 3
Proposition d’un modèle d’analyse multidimensionnel Proposition d’un modèle d’analyse multidimensionnel Proposition d’un modèle d’analyse multidimensionnel Proposition d’un modèle d’analyse multidimensionnel Analyse stratégique,
Veille stratégique, Processus et modèles d’IE, Système d’information d’IE.
Chapitre 1 Chapitre 1 Chapitre 1 Chapitre 1 Intelligence Economique Intelligence Economique Intelligence Economique Intelligence Economique Processus de l’ECBD, Structure de document,
Techniques de la Fouille de Texte, Plateforme Tétralogie.
Indicateurs uni-variés Indicateurs relationnels
Processus d’analyse exploratoire multidimensionnelle Modèle de représentation multidimensionnelle des documents
Modèle à deux dimensions Modèle à trois dimensions Modèle de calcul d’indicateurs
Chapitre 4 Chapitre 4 Chapitre 4 Chapitre 4 Implantation & Validation Implantation & Validation Implantation & Validation Implantation & Validation
Architecture du prototype Xplor, Fonctionnalités,
Expérimentation, Validation.
L’objectif du premier chapitre est de présenter le contexte général de nos travaux. Au cours de ce chapitre, nous présentons les origines et l’évolution du concept d’IE ainsi que ses objectifs et ses différents besoins. L’IE va permettre aux entreprises une organisation structurelle et informationnelle pour faire face aux nouveaux défis (menaces et opportunités) de la mondialisation. Cette démarche offre une nouvelle vision de l’organisation de l’entreprise qui est principalement orienté vers une organisation basée sur la maitrise de l’information. Les besoins de la démarche d’IE sont centrés vers la connaissance de l’environnement de l’entreprise dans un contexte décisionnel. Nous identifions le processus d’IE à travers les différentes étapes de la démarche et les différents niveaux d’évolution de l’information vers la connaissance et l’intelligence ainsi que les acteurs impliqués. Nous nous intéressons aussi à comment réorienter les systèmes d’informations vers une meilleure maitrise des connaissances et une meilleure circulation des informations aussi bien au niveau interne et qu’externe. Au cours de ce chapitre, nous présentons une évaluation des différents outils d’IE utilisés par les entreprises. Cette évaluation est basée sur un ensemble de critères, définis sous forme de fonctionnalités, que les outils d’IE doivent satisfaire.
Afin de répondre aux besoins d’analyse, nous proposons de coupler les besoins des étapes du processus d’IE avec les principes et techniques issues du domaine de la découverte des connaissances à partir du texte. Dans ce contexte, nous présentons, dans le chapitre 2 de ce manuscrit, le domaine de la découverte des connaissances et les techniques de la Fouille de Texte.
Nos travaux vont dès lors consister à définir un modèle de traitement et de gestion des données dans le contexte du processus d’IE en y intégrant deux dimensions incontournables que sont le relationnelle et le temporelle. Ainsi notre modèle d’analyse multidimensionnelle, va se baser sur les quatre principales étapes du processus d’IE, à savoir « La formulation du besoin, La collecte et le traitement des donnée, L’analyse, La restitution et interprétation des résultats ». Dont l’objectif principal est la création de nouvelles connaissances souvent totalement implicites et à visée stratégique, qui se déduisent le plus souvent de l’analyse de l’évolution des réseaux d’acteurs (auteurs, inventeurs, sociétés, villes, régions, pays, journaux, etc.), des réseaux sémantiques (mots-clés, free-terms, multi-termes, ontologies, etc.) et des interactions (acteur – sémantique).
Dans le troisième chapitre, nous présentons le modèle d’analyse exploratoire multidimensionnelle Xplor basé sur la prise en compte de l’aspect temporel au sein de l’analyse. Il repose sur l’extraction des connaissances à partir des données textuelles par l’analyse des données relationnelles évolutives.
Le modèle d’analyse exploratoire multidimensionnelle proposé s’appuie sur deux principaux modèles : • Le modèle de représentation multidimensionnelle des documents
• Le modèle de calcul d’indicateurs
L’objectif du chapitre 4 est d’implanter et expérimenter le modèle d’analyse multidimensionnel. Notre contribution consiste à proposer un système d’analyse et de navigation en ligne, que nous nommons Xplor, exploitant systématiquement les données relationnelles et leur évolution. Notre approche consiste à privilégier l'extraction d'information en fonction du contexte général et non exclusivement par décryptage du contenu de quelques documents pris séparément. Il devient ainsi possible de retrouver, à partir d'un élément connu (acteur, mot clé), toute ou une partie de l'information qui lui est connexe (équipes, collaborations, concepts, mots associés, etc.) ainsi que son évolution (émergence, rupture, etc.). Dans le cadre de la collaboration du Groupe de Recherche en Intelligence Economique, nous avons expérimenté le prototype Xplor sur une analyse stratégique de données chinoises, portant sur le secteur des biotechnologies agricoles en chine. Cette expérimentation est aussi présentée dans ce chapitre.
Enfin, nous concluons sur l’ensemble des travaux présentés dans ce mémoire. Nous présentons nos perspectives de recherche sur ces axes d’étude, en reprenant les résultats du sondage, mais aussi en évaluant les problématiques engendrées par nos travaux et que nous souhaiterions développer par la suite.
1
Chapitre 1. Intelligence Economique & Stratégique : Les
systèmes d’informations au cœur de la démarche
1.1 Introduction ... 27 1.2 Intelligence économique : genèse, évolution et élucidation ... 28 1.2.1 Analyse stratégique ... 32 1.2.1.1 Considérations générales ... 32 1.2.1.2 L’analyse par l’activité : le modèle SWOT ... 32 1.2.1.3 L’analyse par les forces concurrentielles : le modèle PORTER ... 34 1.2.1.4 Analyse par les processus de décision : Le modèle IDC ... 35 1.2.1.5 Synthèse : de l’analyse stratégique à l’Intelligence Economique ... 36 1.2.2 La veille ... 37 1.2.2.1 Processus de la veille ... 38 1.2.2.2 Les domaines de la veille ... 39 1.2.2.3 Typologie de la veille stratégique ... 41 1.2.2.4 Synthèse : De la veille stratégique à l’Intelligence Economique ... 42 1.2.3 Les systèmes d’information et aide à la décision ... 42 1.3 L’intelligence Economique par son processus ... 45 1.3.1 Classification de l’information ... 49 1.3.2 Intelligence collective ... 51 1.4 Les modèles d’analyse de l’IE ... 52 1.4.1 La méthode d’analyse MEDESIIE... 53 1.4.2 Les modèles SITE ... 54 1.5 Un système d’information adapté aux besoins d’une démarche d’IE... 55 1.6 Evaluation des outils d’IE ... 58 1.6.1 Expression du besoin ... 58 1.6.2 Collecte d’information publiée ... 59 1.6.3 Collecte d’information primaire ... 59 1.6.4 Traitement et analyse ... 59 1.6.5 Diffusion ... 60 1.6.6 Evaluation ... 60 1.7 Intelligence économique : synthèse ... 61
1.1
1.1
1.1
1.1
Introduction
Introduction
Introduction
Introduction
A l’instar de la constellation des autres notions qui lui sont associées (celles de gouvernance, veille technologique, intelligence collectives, etc.), l’Intelligence Économique (IE) est apparue au fil des transformations sociales, induites par le processus de globalisation de l’économie de marché et par le développement spectaculaire des technologies de l’information et de la communication (TIC). L’aube du XXI siècle marque, en effet, un changement d’ère pour l’humanité, le passage de la société industrielle à la nouvelle société de l’information et de la connaissance. Ce passage démontre aujourd'hui que la richesse la plus importante n’est plus matérielle, ni physique. Elle est désormais fondée sur l’immatériel et conduite par le savoir [Pinte, 2006].
Au-delà, la compétitivité et l’innovation sont devenues les clefs de voute pour toute organisation ambitionnant la réussite et la maitrise de sa pérennité. La nouvelle compétitivité des organisations se fonde de plus en plus sur leur capacité à valoriser les savoirs externes et à revaloriser leurs savoirs internes en vue de produire, de manière continue, des innovations de produits et de procédés. En conséquence, pour maintenir la compétitivité dans cette économie mondialisée, les organisations doivent relever impérativement le défi de l’innovation. Dans ce contexte, le contrôle de l’information stratégique et sa transformation en savoir et savoir–faire constituent un impératif majeur pour l’entreprise [Julien, 2003]. Ce qui rend incontournable le fait pour les organisations de disposer d’un mécanisme de détection des tendances et enjeux de l’évolution de leur environnement [Jacob, 2000]. L’IE permet d’atteindre cet objectif.
En effet, la mise en œuvre d’une démarche d’IE offre aux organisations l’opportunité de capitaliser leurs connaissances, sur leurs environnements interne et externe, et de décupler leurs capacités d’apprentissage. Des outils, tels que la veille ou l’audit, permettent d’optimiser au mieux leurs processus d’innovation, de recherche et développement, afin d’accéder rapidement aux marchés ciblés et de choisir judicieusement partenaires et sources de financement. L’information sous toutes ses formes est devenue une matière première indispensable pour assurer la survie, le pilotage, le développement et la compétitivité pour une entreprise, une communauté, un territoire ou une Nation. La maîtrise de l’avenir d’une organisation est alors conditionnée par sa capacité à collecter, interpréter, protéger, diffuser et utiliser l’information à des fins décisionnelles. La gestion stratégique de l'information est devenue l'un des moteurs essentiels de la performance globale des organisations [Martre, 1994].
Désormais, la conduite de l’analyse stratégique repose sur la capacité des organisations à accéder aux informations à valeur ajoutée pour mieux anticiper les évolutions et les tactiques des concurrents. C’est cette union entre l’information et la stratégie qui caractérise la notion d’IE.
D’autre part, l’entrée dans la société de la connaissance représente pour beaucoup une plongée dans un océan d’information. Les organisations sont presque saturées par l’information. L’essor des technologies connexes, avec l’avènement d’internet et des réseaux, a accru les volumes disponibles. Les organisations se heurtent aux problématiques liées à la gestion et l’exploitation de ces ressources dans un but de création de connaissance. Les systèmes d’information permettent aux organisations de répondre à ces problématiques. En effet, un système d’information peut être considéré comme un ensemble de ressources humaines (le personnel), de ressources matérielles et de procédures et méthodes permettant d’acquérir, de stocker, de traiter et de diffuser les informations à caractères stratégiques au sein d’une organisation.
Le système d’information se trouve alors au cœur de la démarche d’IE, par ses fonctions de stockage, d’analyse, de traitement et de diffusion des données. Il ne s’agit plus aujourd’hui simplement de brasser l’information sur internet, mais plutôt d’intégrer cette dernière dans des savoirs, des savoirs dans des connaissances et des connaissances dans des cultures [Massé, 2000].
• Le premier consiste à offrir une vision synthétique des pratiques de la démarche d’IE en tant que maîtrise de l'information stratégique pour une entreprise, ou plus largement une organisation, dans un but de gestion et de création de connaissance.
• Le second objectif est de dégager une vision générale des systèmes d’informations sur lesquelles pourra s’appuyer une telle démarche.
Ce chapitre est organisé en cinq sections. Dans la première section (1.2) nous définissons tout d’abord les fondements de la démarche d’IE à savoir l’analyse stratégique, la veille et les systèmes d’information. Cette section va permettre de les identifier et mettre en avant le rôle de chacun. Dans la seconde section (1.3), nous proposons une définition de la démarche d’IE selon un processus coordonnant l’ensemble de ses fondements. Nous détaillerons, dans cette section, les différents niveaux d’évolution des données vers les connaissances et les réseaux d’acteurs qui constituent l’intelligence collective de la démarche. Dans la troisième section (1.4), nous présentons deux modèles d’analyses dans un contexte d’IE. Ces derniers sont issus des principaux travaux de recherches universitaires français. C’est trois premières sections vont donc exprimer notre vision de la démarche d’IE dans le cadre de nos travaux.
La quatrième section (1.5) de ce chapitre a pour objectif d’identifier les caractéristiques des systèmes d’information permettant de supporter et répondre aux besoins de la démarche d’IE. La cinquième section (1.6) consiste à dégager une représentation synthétique des principaux outils d’IE utilisés dans le monde industriel. Enfin, nous concluons ce chapitre par une synthèse sur le contexte général de nos travaux.
1.2
1.2
1.2
1.2
Intelligence é
Intelligence é
Intelligence é
Intelligence économique
conomique
conomique
conomique :
: :
: ggggenèse,
enèse,
enèse,
enèse, évolution
évolution
évolution
évolution
et
et
et
et élucidation
élucidation
élucidation
élucidation
L'IE n’est pas une pratique novatrice née exclusivement du développement de la technologie et de la société de l’information. Chaque pays, en fonction de son histoire, de son passé culturel et religieux, de sa situation géographique, de ses richesses naturelles ou industrielles, a conduit, au cours des siècles, à une démarche que l’on peut qualifier d’IE. De remarquables témoins de leur temps, tels Thucydide1 ou
Machiavel2, nous décrivent comment convoiter les richesses, les savoir-faire de territoires proches et
lointains à travers la guerre ou encore par le développement d’ententes faites par la "bonne intelligence". Très tôt, l'IE montra que si la qualité des institutions et la culture, liées à la dynamique de l’investissement, ont joué un rôle essentiel, c’est la capacité à accéder et à gérer le savoir qui a, dès le début des révolutions technologiques, fait la différence [Conesa, 2003].
Le concept d’IE est en vogue depuis la fin des années 60 aux Etats-Unis, la première définition moderne du concept fut développée sous le nom d’ « intelligence organisationnelle » dans un ouvrage intitulé : « Organisational intelligence : knowledge and policy in government and industry », par [Wilensky, 1967]. Il y est défini comme l'activité de production de connaissance servant le but économique et stratégique d’une organisation, recueilli et produit dans un contexte légal et à partir de sources ouvertes. En parallèle, le Japon a développé un modèle de vision stratégique de coopération entre les entreprises qui peut être assimilé à de l'IE. En France, la première définition officielle du concept est apparue en 1994, à l’initiative du Commissariat Général du plan, dans un rapport présidé par M. Henri Martre, intitulé : « Intelligence
économique et stratégie des entreprises ».
1 Thucydide, homme politique et historien athénien, auteur de l’Histoire de la guerre du Péloponnèse, qui retrace
l’origine du conflit en s’attachant à rechercher les causes derrières les faits.
2 Machiavel, est un penseur italien de la Renaissance, théoricien de la politique, de l'histoire et de la guerre. Il montra
dans son ouvrage ‘prince’ comment manipuler les opinions et en utilisant la force te la ruse, il était possible de se faire aimer par la foule.
Une étude des origines du concept d’IE montre qu’il relève d’une construction complexe. En effet, l’émergence du concept et sa compréhension font appel à de multiples champs scientifiques. Il se rattache aux sciences de la sociologie des organisations, sciences politiques, sciences de l’information, technologies de l’information et de la communication et aux sciences de gestion de l’information et des connaissances. L’IE est alors un champ de recherche extrêmement vaste et prometteur.
La jeunesse du concept et l’instabilité des connaissances, tant théoriques que pratiques, des terminologies expliquent le caractère polysémique de l’IE. Au problème de divergence d’auteurs, s’ajoute celui de la traduction des expressions anglo-saxonnes en leurs équivalents francophones. En effet, le terme d’ « Intelligence » présente un double sens. Selon la signification anglo-saxonne, « Intelligence » signifie recherche d’informations ou activité de renseignement. On parle ainsi d’« Intelligence service », réseau constitué par les spécialistes du renseignement à des fins militaires ou économiques. Mais l’ « Intelligence » c’est aussi la capacité pour une entreprise d’anticiper les changements, de s’adapter, d’être capable de répondre rapidement aux sollicitations qui lui sont faites. Selon Larousse, l’« Intelligence » est :
La faculté de comprendre, de donner un sens ; l’aptitude à s’adapter à une situation, à choisir en fonction des circonstances ; la capacité à comprendre telle ou telle chose ; l’aptitude à résoudre des problèmes
[Larousse, 2004].
L’intelligence de l’entreprise sous entend la mise en œuvre et l’utilisation d’un « Système nerveux » constitué de réseaux de communication interdépendants qui la rendent plus réactive, mieux informée et en définitive plus compétitive [Massé, 2000]. La gestion de cette forme d’intelligence, qu’il s’agisse de la collecte d’informations ou de la gestion des connaissances est ainsi devenue un des éléments stratégiques de la vie d’une entreprise moderne. L’intelligence est alors la faculté de s’informer et de comprendre son environnement. Si la stratégie militaire est l'art de diriger les moyens en vue de la victoire, la stratégie économique pour une entreprise doit être l'art de diriger les moyens dont elle dispose en vue d'assurer sa réussite. Pour diriger, il faut :
• Voir : détecter, écouter ou reconnaître, • Savoir : comprendre et interpréter, • puis Pouvoir : agir et réussir.
Après avoir cerné, dans un premier temps, la notion d’« Intelligence », il convient dans un second temps d’approcher les contours de l’IE en indiquant ce qu’il convient d’en exclure et ce qu’il convient d’y inclure. Pour Leonard M. Fuld3, l’IE ne doit pas être substituée à :
• De l’espionnage, ce qui implique des activités illégales alors que l’IE est une démarche qui se base sur des données disponibles légalement.
• Une boule de cristal ou une science exacte prédisant l’avenir d’une entreprise. Or l’IE vise à détecter les menaces et les opportunités issues de son environnement.
• Une activité de recherche sur les bases de données, les bases de données n’offrent rien d’autre que des données. L’IE consiste à analyser ces données afin d’offrir une meilleure vision du marché et des concurrents de l’entreprise.
• De la recherche sur Internet ou la chasse aux rumeurs, Internet est avant tout un moyen de communication et non un fournisseur d’intelligence. Les données sont brutes et ne peuvent être interprétées qu’après avoir été analysées.
• Le travail d’une personne, une personne seule ne peut accomplir toute l’activité d’IE. Au mieux, elle coordonne l’ensemble de l’activité. La démarche d’IE se base sur un réseau d’acteurs interne et
parfois externe à l’entreprise qui coordonne les actions de traitement, d’analyse et de diffusion des informations utiles.
• Une invention du vingtième siècle, l’IE a toujours existée. Son apparition dans les entreprises date du début des années 80 aux Etats Unis. Mais le concept existait auparavant, surtout dans le domaine militaire.
• Un travail fait par des logiciels, on ne peut réduire l’IE à la simple utilisation des logiciels. Ils sont les outils au cœur de la démarche mais ils ne peuvent remplacer l’expertise des intervenants. La notion d’IE est alors une notion aux frontières peu stables. En effet, ces dernières années ont vu les définitions de l’IE se multiplier et évoluer. Le rapport du Commissariat général du plan « Intelligence
économique et stratégie des entreprises », document de référence, donne à l’IE une dimension nationale
globale qui dépasse les frontières de l'entreprise. Il a été conçu comme un ensemble de repères sur lequel repose le socle théorique de l’IE en France. Selon le rapport [Martre, 1994]:
L’intelligence économique peut être définie comme l'ensemble des actions coordonnées de recherche, de traitement et de distribution, en vue de son exploitation, de l'information utile aux acteurs économiques. Ces diverses actions sont menées légalement avec toutes les garanties de protection nécessaires à la préservation du patrimoine de l'entreprise, dans les meilleures conditions de délais et de coûts. L’information utile est celle dont ont besoin les différents niveaux de décision de l’entreprise ou de la collectivité, pour élaborer et mettre en œuvre de façon cohérente la stratégie et les tactiques nécessaires à l’atteinte des objectifs définis par l’entreprise dans le but d'améliorer sa position dans son environnement concurrentiel. Ces actions, au sein de l'entreprise, s’ordonnent autour d’un cycle ininterrompu, générateur d’une vision partagée des objectifs de l'entreprise.
L’IE découle d’une intention stratégique et fait interagir l’ensemble des acteurs économique d’une entreprise, une communauté, un territoire, nationaux, transnationaux, États. Cette définition permet de dégager une vision globale des environnements d’actions dans lesquelles l’IE doit émerger. La coordination de ces actions offre en particulier à l’entreprise une visibilité sur ses différentes relations avec son environnement par une observation permanente des comportements de leurs concurrents et des réalités des marchés. La prise en compte de ces actions au niveau de l’élaboration des stratégies va permettre aux entreprises de maitriser leurs positions concurrentielles.
La définition officielle du rapport Martre n’est donc pas très éloignée de celle de Wilensky. Elle y ajoute la notion de coordination, au sens le plus large (entre divisions, entre entreprises, entre acteurs de différents niveaux : entreprises et collectivités locales…), qui sera développée dans les travaux de [Colletis, 2007]. Avec l’avancement des travaux de recherche, une nouvelle génération de définitions a émergé au cours des années 2000, en favorisant une approche pluridisciplinaire dans la perspective d’une économie fondée sur la connaissance. De définitions quasi exclusivement centrées sur la description des processus et des techniques de l’IE, elles sont passées à des définitions incluant des objectifs stratégiques puis, depuis peu à des définitions incluant les fonctions de gestion des connaissances, d’apprentissage collectif et de coopération [Salles, 2000]. Cette vision valorise l’intelligence en réseau en passant d’une entreprise hiérarchisée, isolée face à son environnement, à l’entreprise réseau insérée dans son environnement. Nous retrouvons à travers ces différentes définitions, un ensemble de fonctions qui sont associées à la notion d’IE, nous les résumons dans le Tableau 1.
Fonctions Fonctions Fonctions
Fonctions AuteursAuteurs AuteursAuteurs
Maitrise du patrimoine scientifique, Maitrise du patrimoine scientifique, Maitrise du patrimoine scientifique, Maitrise du patrimoine scientifique, technique et des savoir
technique et des savoir technique et des savoir
technique et des savoir----fairefairefaire faire [Clerc, 1997] ; [Levet, 1996] Détection des menaces et de
Détection des menaces et de Détection des menaces et de Détection des menaces et des s s s opportunités
opportunités opportunités
opportunités [Clerc, 1997] ; [Levet, 1996] Influence et contre influence
Influence et contre influence Influence et contre influence
Influence et contre influence [Clerc, 1997] ; [Levet, 1996] Coordination des stratégies
Coordination des stratégies Coordination des stratégies
Coordination des stratégies [Levet, 1996] Coordination des activités
Coordination des activités Coordination des activités
Coordination des activités [Colletis, 1997] Renseignement
Renseignement Renseignement
Renseignement [Besson, 1996] ; [Hassid, 1997] ; [Baud, 2002] ; [Lointier, 2000]; [Larivet, 2002]
Gestion de risque informationnel Gestion de risque informationnel Gestion de risque informationnel
Gestion de risque informationnel [Larivet, 2002] La création de connaissances
La création de connaissances La création de connaissances La création de connaissances
[Levet, 1996]; [Besson, 1996] ; [DeVasconcelos, 1999] ; [Bournois, 2000] ; [Guilhon, 2003] ; [Levet, 2001] ; [Jackobiak, 2004]
L’aide à la L’aide à la L’aide à la
L’aide à la décisiondécisiondécisiondécision [Bloch, 1995] ; [Revelli, 1998] ; [Bournois, 2000] ; (AFDIE4, 2001)
L’innovation L’innovation L’innovation
L’innovation [Martre, 1994] ; [Bloch, 1996] ; [Bournois, 2000]
Tableau 1: Les Fonctions associées à la notion d’IE.
Le concept d’IE est aujourd’hui sorti de sa phase d’émergence mais, néanmoins, Il est encore nécessaire de produire un cadre référentiel s’appuyant sur une réflexion pluridisciplinaire [Favier, 1998], [Larivet, 2001], [Alabdulsalam, 2006]. Dans le cadre de nos travaux, nous coordonnons la démarche d’IE autour des trois concepts à savoir analyse stratégique, veille et système d’information. La Figure 2 représente un plan qui illustre la coordination de ces trois concepts, ce qui permet d’avoir un point de vue global de ces trois concepts, qui constituent chacun une partie de cette section :
Analyse stratégique Analyse stratégique Analyse stratégique Analyse stratégique Veille Veille Veille Veille Système d Système dSystème d
Système d’’’’informationinformationinformationinformation
Figure 2: Coordination des concepts liés à l’IE.
• L’analyse stratégique (1.2.1) permet de dégager les besoins informationnels de l’entreprise, portant sur son environnement, en vue de diminuer l’incertitude et de faciliter la prise de décision, • La veille (1.2.2) va guider et piloter le processus de collecte, traitement, analyse et diffusion des
informations afin de répondre aux besoins informationnels exprimés,
• Le système d’information (1.2.3) sert de support aux différentes actions, allant de la collecte jusqu’à l’analyse et la diffusion.