CHAPITRE 5 : ANALYSE DE CONTENU THEMATIQUE
5.2. Deuxième groupe : les données des six parents de ces élèves
5.2.2. Thème 2 : le processus d’intégration des enfants dans les cours
Les propos sont les suivants :
a) La diffusion de l’information à l’école.
b) Le degré de satisfaction des cours.
c) La présence dans les cours.
d) La progression pédagogique.
e) Le problème de communication avec l’enseignant.
a) La diffusion de l’information à l’école
Quatre parents d’élèves (PEACT1, PEACT2, PEACT4, PEACT5) affirment avoir été
au courant de l’offre du turc, suite à une feuille d’information distribuée à l’école. PEACT4 a
été informé à travers son réseau social par hasard. PEACT5, d’origine tchadienne, précise
enfant, suite à notre demande d’entretien. Elle indique n’avoir signé aucun document et que
ce choix du turc a été totalement fait par son enfant lui-même.
PEACT4 : « Oui depuis l’année dernière. Mais ça fait depuis quelques années qu’il
voulait le suivre. Mais à chaque fois, ils m’ont dit il faut attendre jusqu’au CE1. Lorsqu’il
était au CP, il était dans une autre école. Il n’avait pas le cours de turc. Cette année,
maintenant, il est venu à cette école où il y a les langues et par hasard je l’ai appris dans la
mosquée qu’il y a des cours de turc dans cette école. Je l’ai inscrit. Je lui ai demandé. Il était
d’accord. »
PEACT5 : « Bah, je ne savais pas comment il est parti. Il ne m’a même pas dit. C’était
hier quand vous m’avez appelé vous m’avez dit je suis enseignante etc. Je lui ai demandé :
« tu fais le turc ? » Il m’a dit : « Oui, je fais le turc » et je lui ai dit : « Pourquoi tu fais la
langue turque ? Tous mes copains ils sont partis pour faire le turc c’est pour cela moi aussi je
fais turc. »
b) Le degré de satisfaction des cours
Deux parents (PEACT1, PEACT2) indiquent qu’ils ne connaissent pas le français
suffisamment pour aider leurs enfants lors des devoirs à la maison. Ils soulignent qu’ils sont
frustrésen tant que parents d’élèves. Par contre, en turc, ils ont un niveau suffisant pour aider
leurs enfants. Les cours de turc leur permettent de participer, de partager leurs connaissances
et compétences avec les enfants. L’enseignement du turc devient un moyen de communication
qui leur permet de se sentir utile et valorisé.
PEACT1 : « Je m’occupe avec elle de temps en temps. Je l’aide. Elle m’aide en
français. (Rire) Au moins une heure on travaille ensemble pour réviser le turc. Elle avance
mais pour parler c’est un peu tôt… En été deux mois on va rester dans notre pays. Elle aura
l’occasion pour pratiquer ce qu’elle a appris. C’est vrai qu’elle a qu’une heure et demie par
semaine. Quand même elle avance. »
cours de turc me permettent de partager des moments avec ma fille et je trouve une occasion
pour l’aider en tant qu’une maman. Je souffre parce que je n’arrive pas à l’aider en français.
C’est très difficile pour une maman. »
Seul PEACT5 évoque n’avoir aucune connaissance de ce qui est enseigné durant les
cours de turc.
PEACT5 :« Non, je ne sais pas comment ça se passe. Je ne sais rien du tout ».
Deux parents d’élèves (PEACT1, PEACT4) critiquent l’insuffisance d’heures de turc
car deux heures par semaine ne suffisent pas.
PEACT1 : « Non, les cours sont à la fin de l’école. Après l’école. Une heure et demie
par semaine n’est pas suffisant. »
PEACT4 : « Oui, mais je trouve qu’il n’y a pas beaucoup d’heure. Une heure et demie
par semaine c’est pas suffisant pour apprendre vraiment la langue, c’est un début. »
c) La progression pédagogique.
Tous les parents affirment être satisfaits des cours de turc, même si leur enfant ne le
pratique pas encore suffisamment. Parmi eux, trois parents (PEACT1, PEACT2, PEACT3)
indiquent apprendre le turc grâce à leurs enfants. PEACT2 a progressé dans la lecture dans sa
langue maternelle : l’Azerbaïdjanais qui est une langue proche du turc. PEACT3 pense que
son enfant aime les cours de turc, qu’il a appris de nombreux mots et qu’il commence à leur
enseigner ce qu’il a retenu.
PEACT1 : « Ça va. Quand elle vient à la maison je contrôle son cahier. Elle a
commencé à apprendre les jours de la semaine, les mois. C’est difficile de communiquer avec
l’enseignante. Si je sais bien elle ne parle pas français. Ma fille elle ne sait pas le turc donc
c’est difficile de comprendre ce qui se passe. (…) Je m’occupe avec elle de temps en temps. Je
l’aide. Elle m’aide en français. (Rire) Au moins une heure on travaille ensemble pour réviser
le turc. Elle avance mais pour parler c’est un peu tôt. »
PEACT2 : « J’étais contente d’avoir une possibilité comme celle-ci. Mes fils ont
étudié aussi dans cette école. Ils ont suivi des cours de turc aussi. Ils peuvent parler aussi le
turc. Ils ont appris à lire et écrire en turc et grâce à la langue turque ils arrivent aussi à lire
en azerbaïdjanais parce qu’on a le même alphabet. »
PEACT3 : « Ça va. Il aime bien il apprend quelques mots. Il nous enseigne aussi,
j’apprends quelques mots en turc. »
d) La présence en cours
Les six parents d’élèves indiquent que leurs enfants se rendent régulièrement aux
cours de turc.
e) Le problème de communication avec l’enseignant.
Deux parents d’élèves (PEACT1, PEACT3) affirment que le non maîtrise du français
par l’enseignant réduit la communication avec ce dernier. Ils ont ainsi du mal à communiquer
avec l’enseignant.
PEACT3 : « J’ai vu une fois son maître. J’ai lui ai posé quelques questions mais il n’a
pas compris je pense. »
Dans le document
"L'enseignement de la langue et culture d'origine turque en Alsace depuis 2013 : quel nouveau dispositif, quel nouveau public ?"
(Page 151-154)