point critique.
Considérons le système réaction-dilfusion de FHN lorsque l’instabilité de Turing
se produit dans un voisinage du ixiiiit critique (7c = 1, Oc = 0) en absence de
bifurcation de Hopf des ESH. Dans ces conditions, le système réaction-diffusion peut
se ramener à une équation de Swift-Holienberg généralisée qui contient uni' non-
Figure 1.13: Tracé dans le plan (7,/?) du lieu des seuils d’instabilités de Turing,
ainsi que de la courbe correspondante à l’instabilité noeud-col et transcritique.
que lorsque le seuil de l’instabilité difFusive concide avec celui de la bifurcation
entre ESH, le nombre d’onde critique s’annule. En effet une bifurcation homogène
requiert l’annulation du déterminant det de la matrice linéarisée alors que le carré
du nombre d’onde critique est donné par = sjdet/ô. La longueur caractéristique
intrinsèque (çc~^) d’origine physique diverge, il ne subsiste plus comme échelle de
longueur que l’extension géométrique du système et comme échelle de temps celle
des processus de transport diffusif. Ce phénomène apparaît aussi pour les systèmes
à l’équilibre, où la divergence des fluctuations de densité au point critique donne
lieu a l’opalescence critique (Binney et al. 1995). Notre problème présente au.s,M
une analogie avec l’instabilité de Rayleigh-Bénard en présence de parois faiblement
conductrice, le nombre d’onde critique tend vers zéro et s’annule dans la limite
de parois parfaitement isolante (Chapman et Proctor 1980, Busse et Riahi lOM).
Proctor 1981). Nous reviendrons sur ce point après avoir obtenu l’équation réduite
du système RD.
Il faut souligner que la matrice Jacobienne évaluée au point 7 = 1 et a = 0.
lorsque 5 = e ne présente aucune dégénérescence. Les valeurs propres sont u\ = 0 et
a;2 = 1 — e qui reste négative tant que e > I. c'est-à-dire en absence de bifurcation
de Hopf. Le problème étudié est de co-dimension 1 et de co-rang 1. Dans le ( a.'.
d’une interaction entre bifurcation de Hopf et noeud-col, la période de l’oscillation
diverge, mais le système révèle néanmoins une dégénérescence (Keener 1981 et 1982,
Dangelmayr et Knobloch 1987, Kirk 1991). La trace et le déterminant de la matrice
linéarisée s’annule simultanément, par conséquent la valeur propre présente une
multiplicité algébrique double et géométrique simple (Co-dimension 2 co-rang 1).
Notre situation se distingue aussi de l’interaction Turing-Hopf pour laquelle les deux
instabilités subsistent au point de dégénérescence qui est donc de co-dimension 2
(Kidachi 1980, Guckenheimer et Holmes 1983, Nicolis 1995). Il est aisé de réaliser
qu’il est impossible de faire concider une solution homogène et modulée alors que
rien ne l’empêche d’osciller dans le temps.
Proche du point critique, nous pouvons développer 7 sous la forme;
7 = 1-éa/i^-éO(/i^),
où û: = ±1 respectivement dans le cas monostable et bistable. Rappelons les coor
données des points noeud-col
- ± (1.10)
Dans les conditions du développement, la concentration de u dans le voisinage de
l’instabilité de Turing peut être approximée par u w ~ /i. Nous pouvons donc
introduire les développements suivants;
u = //Ui -I- "t" O(n^)
(
1
.20
)= /XCl
V
Pour le calcul de l’échelle spatiale nous nous référons aux expressions du nombre
d’onde critique en 7 = 1 et ar± :
4
<!c =
-i-(1.22)
i = S — € — 3âul25
La compatibilité entre ces deux expressions impose que
ô-e = Çn + 0{n'^), (1.23)
où C ~ 0(1). Le comportement de Çc ~ fourni la nouvelle échelle spatiale:
Vr = M Vp'+0(m^). (1.24)
Sachant que U3 = l’équation (1.22) permet d’obtenir le développement de n
puisque ~ ~ fj?, nous avons donc :
a — üT± = + O(n^). (l-'-ô)
L’échelle de temps caractéristique se déduit d'un développement en série de Taylor
au premier ordre non trivial du tau de croissance (r{q, a) = Reui autour de {üt±,
qc)-Nous savons que:
rr[q,.,ir)
y
diii
{—)' J <irt:
0
0,
dès lors, nous obtenons
roCT = K-eo{q^-ql)\
où
^■0
K
e.
Comme il suit que
1 /da\-i
ûT± ^da'
«T± >9cü — CIt±
ar±
i'^o
£>T± ,Qca
Tdt
-(1.26)
Introduisons les développements des concentrations (eq 1.20), des paramètres ( eqs
(1.23, 1.25)) du temps (1.26) et de l’espace (1.24) dans les équations (1.5), avec
/5 = 0, nous obtenons ainsi une série de problème linéaire à résoudre en les différents
ordres en
• Ordre 0(/i)
L’équation s’écrit:
• Ordre 0(/x^)
f 1 -1 ) f U2 \ f 0 \
=
[e -e J [v, J 0 J V, J
La solution de ce système s’écrit U2 — U2 = ~
^i-• Ordre 0(/x^)
dr
( Ui \
V /
+ (1.27:
V 0
Il faut exprimer la condition de solvabilité de ce système, pour cela nous cal
culons le vecteur propre de valeur propre nulle de la matrice adjointe L]..
Celui-ci satisfait à l’équation suivante :
Li '
'01^ 02 -l -f
' -4)\
^ 02
dont la solution est = (-f l). La condition de solvabilité s’obtient en
multipliant scalairement à droite l c<iuation (1.27) par le vecteur adjoint t '.
ce qui nous donne après resommation .inx divers ordres en
e — Idu
e dt = a — (y - l)ii - u'
à - €
U
-e
(1
.28
)Cette équation peut aussi être obtenue strictement en 7 = 1, dans ce cas le
rôle du petit paramètre sera joué par Nous pouvons déduire que Çc qI/6
et 5 — e ~ Pour le cas (/3 0, a = 0) du modèle de FHN quadratique, la
même démarche peut s’effectuer en développant autour de (/? = 0, 7 = 1) qui
Un développement similaire (au cas /? = 0) a été proposé en optique non-
linéaire pour un système passif faiblement dispersif soumis à un signal incident
cohérent dans le cas d’un désaccord en fréquence positif (Mandel et al. 1993).
Une généralisation de cette équation au cas complexe a été obtenue dans le
cas des lasers présentant un faible désaccord en fréquence (Lega et al. 1994.
Lega et al. 1995).
Quel regard porter sur l’équation (1.29) ? Elle se réduit lorsque n ft i
s’annulent au modèle de Swift-Hohenberg introduit dans le contexte de riii.'<tal)ilité
de Rayleigh-Bénard dans l’appro.ximation Boussinesq pour la composante h<ir-
izontale du champ de vitesse et de la température (Swift et Hohenberg 1!)77).
Ce modèle peut aussi s’obtenir par la projection des équations de B()ii.s.»iti<~'q
sur les modes critiques du problème dans la limite du nombre de Prandt 1 inhm
(Cross 1980). Une généralisation a été proposée au cas non-Boussinexi [xnir
lequel la dépendance de la viscosité en la température est prise en cumpfv
itdonne lieu à l’apparition d’une non-linéarité quadratique équivalente à
tn-(Bestehorn et Haken 1984). .Notre approche montre que ce modèle ap[)arait
naturellement pour tout système réaction-diffusion à deux espèces dan.', le
voisinage d’un point critique. Nous en élargissons sa validité et son ( liamp
d’application avec tous les avantages de simplicité qu’il présente pour Ifrudt'
est l’analogue du point critique. L’équation (1.28) est complétée par un terme
quadratique du type f3u^. Elle prend une forme légèrement différente si l’on
pose r = Çg — (7 — 1) avec q'^ = ^ et t =
de la formation de structures.
Comme nous l’avons remarqué ci-dessus dans l’équation (1.29) le nombre
d’onde est fonction de <5 — e, pour la limite Qc = 0 cette équation est alors
du type de celle de Kuramoto-Sivashinsky, dans le sens où le mode homogène
est neutre. Celle-ci a été abondamment étudiée dans de multiples situations
telles que la propagation de fronts de flammes (Sivashinsky 1977 (a) et (b)), la
solidification directionnelle ( Sivashinsky 1983, Brattkus et Davis 1988, Riley
et Davis 1990, Malomed 1992) , l’instabilité de Rayleigh-Bénard en présence de
parois faiblement conductrices (Gertsberg et Sivashinsky 1981), et en optique
non-linéaire ( pour le système déjà mentionné mais en présence d’un désaccord
en fréquence nul (Mandel et ai. 1993)). Elle a aussi été obtenue dans le con
texte d’une description généralisée de la dynamique de phase par Kuramoto
(1976, 1984). Cette équation présente des structures à grande longueur d’onde
tout comme celles que nous avons obtenues en vérifiant numériquement la re
lation Çc “ c’est-à-dire la divergence de la longueur d’onde lorsque les
bifurcations de Turing et homogène coïncide. Pour cela nous avons simulé les
équations de FHN cubique pour a = 0 en fixant (5 = 2 et en évaluant le nombre
d’onde à (7 —
7to)/(Tp-
7to)= 1 (écart au seuil fixe), nous obtenons un très
bon accord avec la relation théorique pour c —>■ 2 (figure (1.14)).
Les simulations numériques ont été effectuées sous des conditions aux bords
flux-nuls. Il est intéressant de noter fine les structures spatiales observées
(figures (1.15)) correspondent toujours au nombre d’onde Çc de la stabilité
linéaire, et ce même lorsqu'il ne subsiste que deux longueurs d’onde. Les
effets de confinement n’apparaissent piis et nous n’observons pas de transitions
entre structures intrinsèques et extrinsé(}ues (induites par la géométrie ou les
conditions aux bords) comme c'est par exemple le cas dans certains systèmes en
optique non-linéaire (Arecchi et al. 1993. 1994, Pampaloni et al. 1994). Ceci
ce comprend aisément dans la rneMire où. pour la longueur L choisie, le nombre
d’onde intrinsèque Qc est toujours excité .ivant le nombre d’onde extrinsèque
Figure 1.14: Vérification numérique de la divergence de la longueur d'onde
lorsque l’instabilité de Turing tend vers la bifurcation homogène. Les paramètres
d’intégration des équations de FHN cubique sont: a = 0, ô = 2, (7 — 7ro)/('p -
= 1. La ligne continue représente la relation théorique, les cercles les résultats
numériques
Qcext = 27rn/L. Dans d’autres conditions des structures extrinsèques peuvent
s’observer dans des systèmes réaction-diffusion soumis à des conditions aux
bords de type Dirichlet (Nicolis et Prigogine 1977).
Figure 1.15: Structures de Turing obtenues par simulations des équations de FHN
cubiques (5 = 2) pour différentes valeurs de e correspondantes à des valeurs de qc
de plus en plus petites en accord avec la figure précédente.
Dans le document
Disponible à / Available at permalink :
(Page 40-49)